- Speaker #0
Il tout dalle,
- Speaker #1
Mon invité du jour avait 9 ans quand son père lui a parlé de la bourse pour la première fois. Un déclic et une curiosité qui ne l'a plus jamais quitté. Il a passé presque 20 ans en banque privée avant de franchir le pas et de se mettre à son compte. Aujourd'hui, il est le banquier privé des entrepreneurs tech et il a donné son nom à son family office en hommage à ce père. qui a tout déclenché. Bonne écoute sur la courbe. Avant de commencer, si la courbe vous accompagne, vous inspire ou vous fait découvrir des parcours qui valent le détour, laissez-nous 5 étoiles et un commentaire sur la plateforme d'écoute que vous utilisez. C'est ce qui nous permet de grandir et de continuer à développer le podcast. Merci. Bonjour Jérémy !
- Speaker #2
Salut Michael !
- Speaker #1
Jérémy, comment vas-tu ?
- Speaker #2
Très bien et toi ?
- Speaker #1
Ouais super, je suis ravi de t'avoir dans le podcast, merci de ton temps et de ton partage.
- Speaker #2
Ravie également et bravo pour ton podcast qui est de qualité.
- Speaker #1
Merci, c'est gentil. Écoute, Jérémy, pour ceux qui ne te connaissent pas, on va rentrer dans le vif du sujet. Est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #2
Alors oui, je m'appelle Jérémy Blackwell, j'ai 41 ans, petit garçon de bientôt 7 ans. Donc moi, j'ai un peu une double casquette, à la fois d'investisseur, puisque j'ai la particularité d'avoir commencé à investir très jeune. J'ai commencé à acheter les premières actions vers 10 ans, donc vraiment jeune. J'ai commencé à investir dans l'immobilier à 18 ans et en startup autour de 22 ans. J'étais assez précoce sur l'investissement. J'ai étudié après en gestion de patrimoine à Dauphine en me disant que j'allais apprendre à gérer mon propre patrimoine. Et puis finalement, je suis devenu moi-même gérant de fortune. Et après 18 ans dans diverses banques privées, j'ai créé mon propre family fee, qui s'appelle BlackBank. Aquel Family Office, simplement de mon nom, avec un associé qui s'appelle Franck Mouchel, qui a passé 8-30 ans chez AXA.
- Speaker #1
Ok, et ça vient d'où ce côté ? J'ai investi très jeune, tu disais 10 ans, tes premières actions, ça vient d'où ?
- Speaker #2
En fait, c'est mon papa qui n'était pas dans le domaine, mais qui aimait bien la bourre. Donc, c'était un hobby pour lui. Lui, il était plutôt dans l'alimentaire, donc rien à voir. Mais il aimait bien ça. Puis, en fait, ma mère... plutôt médecin, même si c'est surtout consacré à l'éducation de ses enfants. Mon frère est cardiologue. En gros, ça n'intéressait personne dans la famille. Et du coup, il m'en parlait, il me parlait de bourse, il me racontait un peu ce qu'il faisait, l'action qu'il achetait, pourquoi il achetait. On a commencé un petit peu à en débattre, à en discuter. Il me parlait vraiment de ça quand j'étais même à 8-9 ans. Il m'en parlait comme si j'étais grand. Et puis, c'était un petit moment privilégié avec mon papa aussi qui travaillait pas mal, donc il ne le voyait pas beaucoup, il ne s'occupait pas trop. trop de nous, c'était un peu notre époque, c'était plutôt ma mère qui gérait les enfants et lui qui travaillait, et donc c'était un petit moment qu'on partageait tous les deux, donc c'était un petit moment sympa, et puis petit à petit je me suis pris au jeu, et puis je pense qu'à 12 ans j'étais déjà beaucoup plus actif sur la bourse que mon papa.
- Speaker #1
C'est un joli clin d'œil. Est-ce que tu te rappelles, c'était quoi ta première action alors ?
- Speaker #2
Alors, je ne me rappelle pas forcément la première, mais je me rappelle à peu près les premières, oui. Dans les actions que j'avais achetées assez tôt, c'était notamment, il y avait des introductions en bourse, comme des introductions en bourse de France Télécom. Il y avait juste après l'introduction en bourse d'Amazon aussi, que j'aurais dû garder. Il y avait beaucoup de boîtes aussi qui ont disparu depuis, mais tout ça parlera peut-être aux vétérans de la bourse, des boîtes comme Fisystem, Valtech, Wavecom, Divertisurf, des boîtes qui ont explosé à un moment. avant la bulle internet et puis qu'après, on disparu.
- Speaker #1
Ok, donc est-ce que le parallèle, il est assez vite trouvé, vu qu'il y a cet échange avec ton papa et cette envie d'investir ? Après, tu as parlé d'immobilier, tu as parlé d'immobilier à 18 ans notamment, de start-up à 22. Est-ce que le chemin, il a été tout tracé ou tu t'es dit, en fait, moi, je veux faire des études dans ce monde-là ?
- Speaker #2
Alors, moi, je voulais, en fait, à la base, je voulais plutôt travailler, du coup, en gestion de portefeuille, en bourse, même si j'ai, dès le début, fait une spécialité en gestion de patrimoine. Je pensais plus pour gérer mon propre patrimoine et moi, vraiment travailler dans la bourse. Donc, moi, j'ai, alors, quand j'étais tout petit, je voulais être blanché quand j'avais genre 5 ans parce que je voyais les pièces. Je voyais bien que ça me paraissait être la grosse cash machine. en même temps c'était sympa, c'était bon et en même temps je voyais qu'il y avait quand même beaucoup de billets, de pièces qui s'échangeaient et assez rapidement je suis passé à la finance, donc on va dire que j'étais cupide d'un enfant mais c'était même pas vraiment l'argent en soi c'était le côté, moi je voyais ça un petit peu comme un jeu, investir si t'as raison tu gagnes de l'argent le côté, j'ai toujours trouvé ça assez stimulant que ce soit la bourse ou l'investissement en général trouver l'action qui est sous-évaluée anticipé. le futur, acheter un bien immobilier pas cher dans des zones qui va exploser. Moi, j'ai commencé à acheter pas mal à Levallois. Donc, il y a plus de 20 ans de ça, 25 ans de ça. Donc, effectivement, c'était plutôt un bon pari parce que c'est vrai que ça va bien exploser après. Et puis, pareil, pour les startups, en fait, comme j'investissais pas mal en bourse dans des valeurs tech, j'avais beaucoup investi sur les valeurs tech américaines et chinoises. Et après, beaucoup sur les petites valeurs, même des small-co par des micro-cap, donc vraiment des Merci. et valeur avec des petites capitalisations boursières. En fait, il n'y a qu'un pas entre investir dans les petites sociétés technologiques et dans des startups. Au début, je l'ai fait via des amis-amis dans des startups un peu obscures ou en tout cas qui étaient un peu trop tôt. Une des premières startups où j'ai investi, ça s'appelait Ilou. Ils avaient inventé la location de biens entre particuliers. En fait, ils auraient mieux fait de faire le bon coin, la vente de biens entre particuliers. Parce qu'à l'époque, tout ce qui était géolocalisation, ça marchait quand même assez moyen. Mais par exemple, tu pouvais louer tes skis ou tes perceuses à ton voisin. Enfin, je trouvais ça assez sympa. Tu avais un côté aussi un peu écolo, un peu impact. Et je pense que d'ailleurs, ils auraient lancé ça maintenant. Ça aurait peut-être bien marché, mais c'était il y a peut-être 20 ans maintenant.
- Speaker #1
Ok, c'est intéressant parce que tu as aussi ce côté business angel où tu investis dans des startups.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Est-ce que tu te rappelles de ton premier ticket ? Ta première leçon, on va dire.
- Speaker #2
Oui, je crois que mon tout premier investissement, il me semble que c'était même avant, il était dans une boîte qui s'appelait Sugar Price, qui était un petit peu un groupon, mais encore une fois, avant groupon. Oui,
- Speaker #1
ok.
- Speaker #2
Et donc, tu avais une petite carte Sugar Price, il signait des commerces, puis il y avait des réductions. En gros, c'était un peu un groupon qui a moins explosé que le groupon. Le groupon, d'ailleurs, a d'abord explosé, virus. je crois, après, plus ou moins disparu.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, je me rends compte aussi, pour avoir quelques clients qui ont aussi cette casquette de business angel, c'est que parfois, tu peux avoir un dossier où c'est une super idée, mais c'est juste que ce n'est pas le bon timing ou ce n'est pas le bon moment ou ce n'est pas la bonne techno. Oui,
- Speaker #2
il y a beaucoup d'allers où ce n'est pas la bonne équipe aussi ou alors il y a une dispute aussi entre les associés. Il y a plein de cas de figure, mais en fait, Bon. La transition s'est faite ainsi, c'est que la bourse, du coup, j'ai gagné pas mal d'argent très jeune. J'avais même acheté 1% de Gaumont à un moment dans le cinéma, parce que j'avais adoré le cinéma. Puis pour des raisons aussi évidemment économiques, le titre a été souverainisé. Mais en fait, c'est assez solitaire quand même la bourse. On l'achète, on vend, on passe plein d'ordres sur un ordinateur, sur un téléphone. C'est stimulant, ça fait de la raline, mais c'est vrai que... Moi, j'adore rencontrer des gens, j'aime bien rencontrer des gens qui sont plus intelligents que moi, etc. Donc, j'ai rapidement été content d'investir plutôt dans les startups pour le côté rencontre, effectivement. Et puis, je pense que quand on sait déceler qu'il y a un bon dirigeant pour une boîte de côté, en fait, on arrive aussi bien à déceler la même chose pour une startup. Et surtout, les dirigeants, moi, j'ai quelques dirigeants avec qui j'ai eu la chance d'échanger, notamment, par ailleurs, à l'époque, la patronne de Gaumont, Sidonie Dumas, Et tu joues. je ne suis pas là pas très actuellement donc ça fait longtemps qu'elle est CEO mais c'est vrai que là du coup j'avais l'opportunité de vraiment échanger avec les entrepreneurs et voilà moi j'ai toujours adoré le côté un peu stratégique de créer des boîtes le côté entrepreneurial donc voilà le AVC dans les startups c'est quand même plus sympa il y a plus d'impact bon je ne dis pas qu'on influe énormément sur la stratégie mais on peut un peu donner des petits conseils des coups de pouce trouver des autres investisseurs donc voilà je pense qu'il y a et... pas mal de boîtes que j'ai bien aidées et qui sont bien contentes que j'ai investi chez eux aussi.
- Speaker #1
Ça te nourrit, ça se sent au travers de ton discours ? Est-ce que c'est essentiellement le dirigeant que tu rencontres, l'équipe que tu rencontres, qui te dit oui ou non sur un dossier où tu investis, où tu suis la boîte ?
- Speaker #2
Tu veux dire, qui c'est qui dit oui ou qui dit non ?
- Speaker #1
Non, alors plus pour toi à titre perso.
- Speaker #2
Ah oui, qu'est-ce qu'il va faire que j'investis ?
- Speaker #1
Ouais, il y a des critères bien spécifiques où il y a vraiment cette... Bah effectivement...
- Speaker #2
Au début, j'investissais vraiment un peu à l'arrache, on va dire au feeling. Et du coup, j'ai investi dans pas mal de primo-entrepreneurs qui n'avaient jamais créé de boîte. Et il y en a qui ont très bien marché, il y en a qui se sont complètement plantés. C'est vrai que c'est quand même beaucoup plus risqué d'investir dans des primo-entrepreneurs qu'on n'a pas forcément fait justement à HEC, à Polytechnique. J'ai essayé de casser un peu les codes. Il y avait des belles réussites, mais il y avait aussi quelques boîtes qui se sont crashées parce que les entrepreneurs n'étaient pas forcément assez... assez mature ou se disputant entre eux. Il peut toujours y avoir des cas comme ça. Avec les reculs, je dirais que si je devais avoir une thèse d'investissement, ce serait vraiment investir dans la meilleure équipe. C'est le plus important. Qui va résoudre un gros problème. Parce que parfois, il y a des startups qui résolvent des problèmes, mais ce ne sont pas des problèmes fondamentaux non plus. Donc, il n'y a pas une utilité si importante que ça. Et aussi, sur un gros marché. parce que c'est sérieux d'investir sur une boîte qui cartonne si son marché est vraiment minuscule. C'est bien parfois d'investir sur des boîtes de niche, mais il faut quand même que le marché soit assez étendu pour qu'il y ait vraiment un gros potentiel. Mais en tout cas, vraiment, ce qu'il faut retenir, je pense, c'est investir dans l'équipe parce que moi, dans les plus de 50 boîtes que j'ai financées, je pense qu'il y en a au moins 40 qui font aujourd'hui complètement autre chose que ce qu'ils faisaient quand j'investis. Donc en fait, il faut vraiment investir dans des... des fondateurs qui sont à l'écoute, qui sont assez humbles pour se remettre en question, qui sont persévérants. Et j'ai des boîtes où j'investis qui, maintenant, cartonnent, qui ont pivoté 7-8 fois avant de réussir à bien marcher. Ou alors même, ils ne marchaient pas si mal que ça, mais les fondateurs voulaient toujours plus. Je pense à une boîte comme Arcades, par exemple, qui est publicitée sur IA. Moi, quand j'investis, c'était au tout début, j'étais encore à l'école, ça s'appelait Frécheur, c'était le premier chatbot d'actualité IA. Ils étaient déjà sur l'IA avant, bien avant l'IA, TETDPT et tout. Mais ils ont pivoté, ils ont fait plein de trucs différents. Ils ont même fait l'application de fitness, qui sont revendus. Ils ont fait plein de trucs. Ce n'était pas des gros échecs à chaque fois. Donc, ça leur a permis de vivoter sans avoir forcément besoin de relever l'argent. Mais à chaque fois, ils disaient, ça ne s'est pas assez ambitieux. Nous, on va créer une énorme boîte, etc. Et donc, du coup, ils se sont accrochés. Ils ont osé aussi abandonner des apps qui ne marchaient pas si mal que ça. parce qu'ils étaient très ambitieux. Et puis voilà, je pense qu'ils n'ont aucune raison.
- Speaker #1
OK. Moi, je t'ai connu à une époque où tu te décrivais comme le banquier privé de la tech ou des entrepreneurs tech, je ne sais plus.
- Speaker #2
Oui, en fait, ce n'est pas vraiment moi. J'avais appris en mode punchline. En fait, j'avais fait une couverture de Forbes. Gratuitement, je précise, je n'ai rien payé. Et en fait, ils avaient fait un portrait de moi. Et c'était chouette. depuis en 2022, ou autre comme ça. Et il m'avait appelé le banquier des stars de la tech. Ouais, c'est ça. Comme les entrepreneurs de la tech. Et du coup, chaque fois que j'allais dans une soirée et que je voyais les entrepreneurs à des événements et tout, tout le monde me disait « Ah, le banquier des stars de la tech ! » Et du coup, ça a un peu resté. Je l'ai repris un peu en... Je l'ai repris en un mot sur mon LinkedIn aussi. Ça avait marqué les esprits, on va dire.
- Speaker #1
Moi, ça m'a fait poser une question où je me suis dit « Comment tu trouves ta limite ? » Parce que d'un côté, tu avais ce rôle de banquier privé, donc tu pouvais financer effectivement certains dossiers, et ton rôle d'investisseur privé. Où est-ce que tu pouvais mettre les limites ? Est-ce qu'il y avait...
- Speaker #2
Alors, en fait, c'est deux métiers vraiment différents. Et souvent, il y a une confusion. En fait, le banquier privé, c'est vraiment... Moi, c'était vraiment en mode gérant de patrimoine, gérant de fortune. C'est-à-dire que je gérais le patrimoine, notamment... donc pas mal d'entrepreneurs de la tech, effectivement, quand ils vendent à leur boîte, quand quelqu'un fait un exit, souvent, il vient me voir, on met en recommandation avec lui, en relation avec lui, et après, je l'accompagne sur ses placements, donc la bourse, ça peut être ouvrir un concours sur 11 vies, investir dans le privé des petits, investir dans des startups, s'il veut, dans tout ce qu'on peut imaginer. Et c'est vrai qu'il y a un peu cette confusion entre banquier privé et banquier d'affaires qui, lui, effectivement, va plus faire des levées de fonds, qui n'a jamais été mon métier, même si j'ai déjà donné des coups. coup de main, notamment des startups où j'étais moi-même investisseur. Donc voilà, en fait, moi, je gérais l'argent de mes clients, mais j'investissais mon propre argent. Alors parfois, c'est vrai que parfois aussi, j'investissais mon propre argent et du coup, je pouvais avoir des amis ou des clients qui investissaient dans la même boîte puisque quand j'avais des bons dossiers aussi, je pouvais les partager comme ça, les startups, ils étaient contents, ils avaient un top entrepreneur qui investissait chez eux et puis au final, c'était bénéfique à tout le monde.
- Speaker #1
Du coup, je ne vais peut-être pas te demander comment tu l'expliques à ton garçon qui a 7 ans, mais comment tu expliques ton métier à des gens qui ne sont pas du secteur ? Qu'est-ce que tu leur dis ?
- Speaker #2
Pour expliquer simplement, mon métier, c'est des personnes qui se retrouvent souvent avec une somme d'argent à placer, ou alors, idéalement, même, qui anticipent et qui vont avoir une somme d'argent à placer. Ça peut être aussi bien quelqu'un qui vend une entreprise. Ça peut être quelqu'un qui vend un appartement, une maison, quelqu'un qui a un héritage, ou ça peut être un cadre dirigeant d'une boîte qui vend des actions de sa boîte. Il y a plein de raisons pour lesquelles on peut toucher un montant un peu conséquent. Moi, je travaille à partir de vraiment minimum 500 000 euros à placer. C'est quand même des montants assez conséquents. Et donc, il y a beaucoup de gens qui se retrouvent à toucher une somme d'argent sans trop savoir comment faire, comment gérer. Comment gérer financièrement, évidemment, mais même quand mes clients me demandent Le... J'ai des jeunes de 25 ans qui ont touché 40, 50 millions d'euros et ils me disent, mais moi, qu'est-ce que je fais ? Je pars en vacances avec mes amis. Est-ce que je les invite au restaurant ? Est-ce que je leur paye leurs vacances ? Et puis avec ma copine, je fais comment ? Et puis avec mes parents, je fais comment ? Il y a tout un accompagnement, au-delà de l'accompagnement financier, on va dire un petit peu, je vais dire psychologue, mais un peu comme un coach qui est assez intéressant. Et puis évidemment, il y a l'accompagnement sur la fiscalité pour essayer de ne pas se faire trop battraquer quand même en termes d'impôts, de structuration du patrimoine. Et puis de placement, comment on va placer ? Pour ça, déjà, il faut que je discute pas mal avec les clients pour connaître leurs projets. Parfois, ce n'est pas très clair dans leur tête. Donc, il faut que je leur fasse me dire clairement ce qu'ils veulent sur le long terme. Est-ce qu'ils ont des projets de dépense ? Est-ce qu'ils ont besoin d'un certain revenu par mois ? Et après, je structure leur patrimoine à partir d'une bonne base. Ensuite, on va établir une sorte de business plan. On va se projeter sur 10 ans, par exemple, pour pouvoir... si on place de telle façon maintenant, combien il va y avoir dans 10 ans ? Est-ce que ça leur convient ? Est-ce qu'ils veulent plus de rendement, plus de performance, etc. ? Et après, c'est moi qui vais les terminer avec eux en les conscient sur la meilleure location. Il y a une partie bourse sur laquelle j'interviens directement, une partie, je ne sais pas, obligataire, une partie privée des petits. Est-ce qu'ils veulent investir aussi dans les startups ? Est-ce qu'ils veulent investir dans l'immobilier ? Et voilà, je les accompagne sur tout. Après, je leur fais un suivi, je monite tout ça. Et puis, l'idée, c'est de les... les décharger au maximum et puis qu'ils aient une performance la plus élevée possible en termes de rendement. Et puis de leur expliquer aussi ce qui se passe. Là, ça a baissé parce qu'il y a une crise, il y a une guerre, etc. Il y a un côté aussi assez pédagogique. Et d'ailleurs, parfois, j'ai beaucoup de clients qui, après, essaient de se lancer un peu à côté aussi en bourse, par exemple, où je leur donne des conseils. Ils investissent aussi une petite partie de leur patrimoine en bourse aussi. En général, j'ai quand même des meilleures performances. qu'eux quand ils le font directement. Mais je veux dire qu'il y a un côté assez pédagogique également. Je leur apprends aussi un petit peu à mieux gérer leur argent.
- Speaker #1
Ok, c'est intéressant parce que c'est un peu l'objectif aussi du podcast quand on a des invités du secteur de la finance parce qu'on a eu toutes sortes, on va dire, de profils. Mais c'est un peu effectivement de désacraliser ce rapport à l'argent parce que d'en parler, ce n'est pas une mauvaise chose et plus les gens vont être à l'aise avec... avec ces questions d'organisation, parfois de transmission, tu parlais de structuration, etc. Et plus ce sera bénéfique pour le plus grand monde.
- Speaker #2
Et d'ailleurs, j'ai aussi parfois des parents, ça m'est arrivé, moi j'ai des enfants qui me recommandent leurs parents mais j'ai une clientèle assez jeune mais j'ai aussi parfois des parents qui me demandent de faire un peu d'éducation financière à leurs enfants pour qu'ils apprennent à gérer leur budget, à ne pas tout dépenser, etc.
- Speaker #1
Oui, c'est un vrai... Non mais, Tu as raison parce que c'est un vrai sujet. J'étais en rendez-vous clientèle cette semaine et un client qui vend sa boîte et en fait, du coup, on discute d'optimisation, de donation, précession, etc. Et je mets les pieds dans le plat en disant que l'objectif, quand on accompagne nos clients, ce n'est pas que ce soit un cadeau empoisonné et qu'un enfant à 18 ans ou 22 ans, il récupère X centaines de milliers ou millions d'euros. Il ne faut pas que ça... Il ne faut pas que ça dévie sa trajectoire de vie si ça lui enlève l'envie de faire des études, l'envie de créer des choses, l'envie de travailler aussi. Parce que quand tu reçois des sommes conséquentes à un certain âge, moi à 18 ans, je n'ai pas reçu cet argent. Mais si j'avais reçu autant d'argent, je l'avoue, je n'aurais pas eu la capacité à le gérer.
- Speaker #2
C'est une peur que moi j'ai bien connue avec des clients. Moi j'ai un de mes clients, un milliardaire qui a plus ou moins déshérité ses enfants. parce que justement, il ne voulait pas qu'il soit un petit peu pourri par l'argent et qu'il voulait qu'il mérite l'argent qu'il gagne.
- Speaker #1
C'est un vrai sujet.
- Speaker #2
C'est assez compliqué. En France, on ne peut pas déshériter ses enfants complètement. C'est assez compliqué. Mais en tout cas, ça pose une vraie crainte pour certaines personnes d'avoir des enfants un peu pourrigatés et qui, du coup, ne travaillent pas bien à l'école, ne sont pas assez travailleurs, etc. Et donc, voilà. Après, chacun a sa vision. Moi, je serais peut-être plus pour un juste milieu que complètement déshériter. Mais en tout cas, je comprends aussi.
- Speaker #1
La vigilance.
- Speaker #2
La vigilance, oui.
- Speaker #1
Et tu parlais d'école, effectivement, et de travailler à l'école. Et toi, si on fait un petit retour dans le passé, est-ce que tu te rappelles quel étudiant tu étais ?
- Speaker #2
Ouais, je me rappelle... Moi, c'est drôle parce que comme j'ai toujours été... Même dans le travail, on m'a presque déjà reproché le moment d'entretien. J'ai toujours été très avenant, très souriant, très cool, etc. Et donc souvent, au début... Les autres camarades prenaient un peu pour un golo et ne pensaient pas forcément que j'étais hyper sérieux dans le travail. J'ai eu le cas pour Badoffine où au début, du coup, je n'avais pas de choix en cours non plus, etc. Et donc, au début, il y avait souvent des personnes qui me prêtaient leur cours pour que je puisse après réviser quand même les parcelles, je faisais des photocopies avec un de mes amis qui faisait pareil. Et puis souvent, au bout d'un certain temps, même si je m'entendais avec tout le monde, il y avait un peu des jalousies et du coup, des personnes qui ne voulaient plus me prêter leur cours parce que finalement, j'étais souvent toujours un peu... J'aurais été à peu près deuxième moi normalement. Parce que là, dans tous les cas, j'étais toujours deuxième. Je ne voulais pas non plus forcément être le premier. Et c'était souvent une femme d'ailleurs la première. Donc j'étais souvent le premier des garçons. Et c'est vrai que je pense que les gens avaient un peu l'image de quelqu'un de très cool qui ne travaillait pas, etc. Et bon, je n'avais pas non plus beaucoup à part à vendre et vous allez par ciel. Mais voilà, j'ai quand même toujours été... J'ai toujours été sérieux, je me suis toujours intéressé quand même. Enfin, j'ai toujours aimé, moi, les études. C'est vrai que j'avais du mal à écrire, recopier en cours. Je parlais pas mal, mais j'étais parfois un peu dissipé. Mais en tout cas, les profs m'aimaient en général bien. Et puis, ça se passait bien. Moi, j'ai toujours bien aimé les cours, que ce soit le lycée. Donc, moi, j'étais au lycée. J'ai fait collège à Château et après le lycée au Véziné, donc toujours dans le public. Et puis après Dauphine, moi, j'ai que des bons souvenirs.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui fait que tu aies choisi Dauphine ? Il y avait un élément en particulier ?
- Speaker #2
Oui, c'est assez drôle. En fait, j'avais hésité. Moi, j'étais pris aussi dans des bonnes écoles de commerce type Jean-Saïd, etc. sur dossier. Et en fait... C'est peut-être un peu bête de ma part d'ailleurs, mais en fait, je ne voulais pas faire d'études payantes. Je ne voulais pas payer pour faire des études. Et comme moi, de toute façon, je savais que je voulais travailler en gros dans la finance et qu'il n'y avait pas une différence énorme entre Dauphine et puis une bonne école de commerce pour faire le métier que je souhaitais faire après. Voir même Dauphine avait un très bon master de gestion de patrimoine. Du coup, j'ai vraiment pris Dauphine par rapport à ça, alors que mes parents auraient pu... ça fait toujours des gros montants, mais dans l'absolu, ils auraient pu, enfin, je sais très bien qu'ils m'auraient aidé si j'avais voulu faire une école de commerce, puis j'aurais pu faire un emploi, mais oui, je ne voulais pas, je ne voulais vraiment pas payer pour faire des classes. Mais bon, j'ai toujours été un peu perturbé quand j'étais petit, à partir de 4 ans, je ne voulais pas faire des manèges parce que je trouvais ça bête de payer pour ton emploi.
- Speaker #1
Ah oui, donc j'allais dire, avant que tu me livres cette anecdote sur les manèges, j'allais dire, c'est ton côté investisseur. Une dépense, c'est déjà une dépense, donc pour gagner de l'argent, ouais bon. On limite les défenses.
- Speaker #2
Il y a de ça. Je ne sais pas si c'était le truc le plus intelligent, parce que c'est vrai que l'école de commerce, tu as réussi à un réseau, tu as plein d'avantages aussi. En vrai, j'avais vu qu'il y avait aussi des soirées qui étaient assez sympas à Dauphine. Ça avait joué aussi, je pense, à mes trucs.
- Speaker #1
Argument massue quand on est étudiant.
- Speaker #2
Exactement. Et puis, c'était bien placé. Parfait.
- Speaker #1
C'était un ensemble de pas mal de facteurs qui t'ont fait choisir Dauphine. euh Tu as toujours eu ce côté, effectivement, finance qui t'a attiré très, très jeune, en fait. Est-ce que tu penses que si ton père ne t'avait pas sensibilisé à ça, tu serais quand même allé dans le monde de la finance ?
- Speaker #2
Bonne question. C'est difficile de répondre. Peut-être pas. Je pense que si quand même, parce que je pense qu'il y a quand même des chances que je serais revenu là-dessus. Parce que, effectivement, même s'il m'en a parlé, c'est vrai que c'est la seule personne vraiment qui m'en a parlé. Moi, je n'avais vraiment personne dans mon entourage qui était dans ce domaine. Donc, non, honnêtement, je ne peux pas savoir. Aucune idée. Je pense que c'est vraiment ça qui compte là. Après, j'en ai fait d'autres, évidemment, mais qui ont été provoqués par le fait que je suis passionné de bourse. J'ai fait plein de stages. J'ai fait des alternances en bourse. Et du coup, j'ai rencontré des gérants, des gérants de fonds un peu stars de l'époque, notamment sur les valeurs moyennes, que j'aimais bien. Mais c'est vrai que tout est parti de cet échange avec mon papa, qui est malheureusement décédé en décembre dernier. Et le dévers, c'est un peu pour ça que j'ai appelé mon family fixe, Blackwood Family Fix, pour lui rendre un petit hommage. Parce que je pense que c'est vraiment grâce à lui, grâce à nos échanges, que j'ai découvert à la bourse et puis globalement tout ce qui est investissement.
- Speaker #1
Écoute, c'est un beau clin d'œil et ça doit te porter au quotidien. J'en suis convaincu.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
J'en suis convaincu. J'avais une question parce qu'on parlait tout à l'heure, tu sais, des entrepreneurs tech et on va dire cette spécialisation qui t'a été attribuée par Forbes, mais du coup, il y a aussi une réalité. Ces entrepreneurs tech, ils ont souvent une problématique de mon point de vue. c'est que tout leur patrimoine est quasiment concentré sur leur société, puisqu'on est sur des valorisations parfois hallucinantes. Comment toi, en tant que conseil, tu protèges un entrepreneur un peu de lui-même ?
- Speaker #2
En fait, c'est vrai que du coup, comme j'ai un très bon réseau, notamment dans la tech, j'ai beaucoup de clients entreprenants tech, mais j'ai des clients un peu dans tous les domaines et je vois quand même souvent cette très forte concentration. sur le balcon G. J'ai beaucoup de clients, CEO de grosses boîtes, avec CAC 40, SBF 120, etc., qui en fait ont 90% de leur patrimoine sur l'action de leur entreprise. Et ça, ça arrive assez souvent. Dès lors qu'on a des acteurs de radio-comics, on gère une très grosse part de son patrimoine avec des actions gratuites, autrefois des secrétions, etc. Et donc, il y a toujours ce côté effectivement un petit peu dangereux. Pour les... Pour les personnes qui ont des actions cotées, c'est plus simple de les protéger parce qu'on peut, par exemple, évidemment déjà leur dire d'en vendre une partie. Ou alors, on peut mettre en place des couvertures pour se couvrir contre la baisse. Ça, j'ai déjà fait aussi sur certaines valeurs. On peut aussi obtenir un crédit lombard pour avoir après gagé sur des titres et après se diversifier. On peut faire plein de choses. C'est vrai que pour les entrepreneurs vraiment qui n'ont que les titres de leur boîte, pour des entrepreneurs qui ont des boîtes rentables, j'arrive à leur obtenir des crédits de l'embarre pour qu'ils se diversifient aussi donc ça ça va permettre en gros un crédit d'embarre s'ils ont 10 millions d'euros d'actions de leur boîte il y a une banque qui va accepter de leur faire un prêt de 5 millions 4 millions et ils vont pouvoir diversifier sur d'autres actifs par contre pour les entrepreneurs de la VET c'est plus compliqué il n'y a pas grand chose à faire pour se diversifier après il faut qu'ils fassent progressivement ce qu'on appelle des cash-out donc quand il y a des levées de fonds qui vendent à pas. 2%, 5%, par-ci, par-là. C'est un peu le seul moyen pour eux de se diversifier, sachant qu'après, évidemment, ils ont toujours aussi, ils ont comme des salaires, des revenus, un peu d'immobilier. Ils ont quand même un petit peu de placement aussi. Parfois, ils ont même aussi déjà vendu du boîte avant. Mais c'est vrai que pour la première boîte, quand on la vend, avant de la vendre, on est quand même très, très dépendant de cette boîte. Mais c'est aussi ce qui fait qu'ils... qu'ils sont intéressants parce qu'ils donnent toute leur énergie dans leur boîte et moi j'aime bien ce côté d'entrepreneur qui est à fond qui est all in moi j'ai une nature du risque assez je ne suis pas du tout averse au risque donc voilà c'est pour ça que j'aime bien aussi ce type de client parce que je pense qu'on est assez proche aussi même dans la manière de se comporter de raisonner etc. même de communiquer donc voilà c'est vrai qu'ils sont un peu all in moi j'ai aussi été par le passé un peu all in sur certains investissements donc je comprends bien Ha !
- Speaker #0
Est-ce que tu as une anecdote ? Alors bien évidemment, anonymisé, on respectera le secret professionnel, mais est-ce qu'il y a une anecdote d'un dossier qui t'a marqué et auquel tu penses encore aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors j'ai un dossier assez à la fois drôle et triste qui m'est arrivé il y a deux ans quand j'étais encore directeur d'une grosse banque privée. En fait, j'ai un ami d'ami, entrepreneur de la tech justement, qui me parle d'une dame qui... qui est française, mais de Réunion Asiatique, et qui a hérité de 18 millions de livres d'un cousin qui était trader à Londres et qui avait fait fortune. Donc voilà, il me la présente, on fait des rendez-vous. Une dame plutôt assez simple, je crois qu'elle était fonctionnaire. Et donc voilà, je regarde pour commencer à lui ouvrir son compte. Elle m'explique, oui, voilà, c'est un cousin qui est parti de Hong Kong, il y en a beaucoup, qui est parti à Londres, qui a fait fortune, n'a pas de famille. donc voilà j'ai hérite de... de 10 millions de livres, ça fait 2 ans que ça dure, etc.
- Speaker #0
Elle avait une idée, excuse-moi je te coupe, mais est-ce qu'elle avait une idée 1 de la fortune de son cousin éloigné et est-ce qu'elle avait une idée qu'elle allait pouvoir en hériter une partie ?
- Speaker #1
Elle était persuadée effectivement d'hériter 10 millions de livres puisqu'elle avait rencontré plein d'avocats, elle avait une tome de documents, mais en fait j'ai compris plus tard que ce cousin lointain, finalement elle ne l'avait même jamais vu en fait, avant. ça n'a même pas vraiment qui c'était c'était vraiment le truc qui tombait du ciel mais bon ça lui semblait effectivement être vraiment son cousin en tout cas ça n'était pas plus que ça et puis je pense que quand t'as 10 millions qui arrivent t'as pas envie aussi de te poser les bonnes questions et donc en préparant les documents d'ouverture de compte en gros la personne elle ne me demandait même pas de crédit c'était simplement en gros pour voir ensemble pour placer l'argent donc euh On avait placé l'argent, une partie défensive, une partie épidémique. On avait commencé à travailler dessus. Et puis, au moment de l'ouverture du compte, une fois qu'on s'est mis d'accord sur les placements qu'on va réaliser, je lui demande des documents d'origine des fonds, etc. Et là, vu que c'est un dossier de 50 pages vraiment chargé, assez bien fait, mais dans tous ces documents, il y a à un moment Une adresse mail, je me suis dit que c'était bizarre cette adresse mail de la Royal Bank of Scotland. Elle est chelou, ce n'est pas l'adresse que j'ai vue habituellement. C'est un petit truc, mais je ne sais pas si c'était au lieu de .com, c'était pour autre chose. Il y avait un truc qui était dedans, il y avait bien le .com, mais il y avait une lettre en trop. C'était peut-être Royal, il y avait un RBS pour Royal Bank of Scotland au mauvais endroit. Il fallait déjà connaître la vraie adresse pour voir le truc, mais il y a un truc qui me fait un petit peu interloquer. Et puis, je commence à regarder les documents et je me dis, c'est bizarre, j'ai des rapports de police et tout, sur la mort du mec et tout. C'est bizarre ces documents. J'avais plein, plein de documents, mais ça m'a un petit peu alerté. Et donc, du coup, on a regardé avec la conformité et tout. Il y a eu des coups, on s'y est rendu, c'est quand même bizarre et tout. Et après, j'ai échangé un petit peu avec un ami et puis la dame. En fait, j'ai appris que cette dame avait déjà dépensé en gros à peu près 800 000 euros. pour cette succession, c'est-à-dire qu'elle avait soi-disant des frais à chaque fois, des frais d'avocat, ou à un moment l'argent était parti soi-disant aux Etats-Unis, puis il était revenu, elle avait dû payer des taxes et tout. En gros, en fait, cette dame avait déjà vendu son propre vie à l'immobilier, elle avait emprunté de l'argent à tous ses voisins, et ça faisait deux ans que ça durait. Et donc, en fait, j'ai compris que le pot au rose, c'est qu'en fait, il n'y avait pas d'héritage. C'était complètement fictif, et elle se faisait soutirer de l'argent par des escrocs vraiment organisé un peu qui avait déjà se tiré 800 000 euros. Alors, l'argent n'arrivait jamais. Et du coup, je lui ai dit. Et elle ne m'a pas cru. Elle ne m'a pas cru. Elle a continué à être dans le déni. L'ami d'ami qui essayait de l'aider a fini par me dire qu'effectivement, pareil, il avait essayé de la raisonner, mais elle était toujours dans le déni à croire que c'était un héritage et qu'elle était retournée à Londres voir les mecs. Je n'ai pas la suite de l'histoire, mais c'est un peu triste. Merci. La personne ne voulait pas avouer qu'elle s'était ruinée pour de l'argent qu'elle n'aurait jamais. Et voilà, aux dernières nouvelles, parce qu'après, elle avait arrêté de me parler quand je lui ai dit, malheureusement, je pense, la vérité. Elle a coupé contact avec tout le monde et je pense qu'elle a dû finir par se rendre compte que c'était une arnaque. Mais après, on a regardé les documents, il n'y avait plus de manque de doute, il y avait des faux et tout. Donc, triste histoire, un peu essentielle émotionnelle, quelqu'un qui pense qu'il va toucher énormément d'argent, qui en fait se fait déplier avec un réseau de faux avocats, il y a un faux site internet, une fiche d'avocat, des fausses personnes qu'il va rencontrer à l'ombre, enfin voilà, un truc vraiment de mafieux. Non,
- Speaker #0
mais c'est affolant parce que malheureusement, ça devient de plus en plus sophistiqué. Et j'ai une cliente qui s'est fait... qui s'est fait arnaquer, alors pas sur les mêmes montants, mais tu vois, un truc assez basique initialement. Et une cliente plus agréable, etc. Mais surtout, une cliente intelligente qui comprenait énormément de choses sur les investissements, qui avait vraiment la logique des investissements et qui, à un moment donné, se fait happer par l'appât du gain. Et je crois qu'elle reçoit une publicité sur Internet où elle voit quelque chose et elle commence à mettre, je ne sais pas, 400, 500 euros. En se disant, je regarde juste ce que ça donne.
- Speaker #1
Elle récupère plus et puis après elle remet.
- Speaker #0
Exactement. Et en fait, là où c'est sophistiqué, c'est que c'est en deux étapes. La première étape, bien évidemment, le truc assez classique. Elle se fait happer quelques centaines d'euros de façon assez simpliste. On lui augmente la visibilité sur le compte, tout ça. On lui dit, tenez, c'est devenu 800 et c'est devenu 1200. On l'appelle et on lui dit, vous voyez que ça fonctionne pour être totalement rassuré. Faites un retrait. Et vous verrez, vous pourrez récupérer votre argent quand vous voulez, etc. Donc, tu vois, déjà, il y a un niveau d'ingéniosité dans le... Ouais,
- Speaker #1
ils arrivent à rassurer, en fait, la victime. Exactement.
- Speaker #0
Elle rachète, elle reçoit l'argent en 24 heures. Elle avait racheté peut-être la moitié. Et elle se dit, tiens, je vais mettre un peu plus. Et donc, elle met, je ne sais pas, entre 20 et 30 000 euros. Et tu sais, c'est une sorte de plateforme un peu de trading, etc. Et au bout d'un moment... Quand elle dit je vais récupérer un peu d'argent, comme par hasard, tout se bloque, plus rien n'est accessible, etc. Et là où il y a un deuxième niveau, et j'ai trouvé ça scandaleux, elle reçoit quelques temps plus tard un courrier dans sa boîte mail d'une sorte de confrérie d'avocats qui lutte contre les arnaques, trading, crypto, etc. On a identifié votre compte et en fait, elle était comme ta cliente. Enfin, pas ta cliente, mais en tout cas la personne qui aurait pu devenir cliente. Elle était totalement dans le déni. Et elle l'a très, très mal vécu. Moi, elle m'a dit, écoutez, j'en ai parlé qu'à vous. Je n'en parlerai jamais à mes enfants.
- Speaker #1
Ouais, les gens ont honte un peu, je pense.
- Speaker #0
Exactement. Et en plus, ça les met dans un système où, même là, elle me disait, mais tu sais, un peu ce biais du survivant, je peux récupérer mon argent. Je lui ai dit, mais non, mais regardez, je lui montre, on fait les démarches ensemble. Je regarde avec elle, je cherche les avocats, machin. Je lui ai dit, non, ça n'existe pas.
- Speaker #1
Oui, alors moi, mon dossier, en l'occurrence, en fait, c'est... Quand j'ai cherché effectivement aussi les références de l'avocat à Londres, parce qu'il y a des numéros d'avocats, chaque avocat a vraiment un numéro. Et c'est là que j'ai vu qu'il n'y avait pas de numéro d'avocat. Et c'est ça plus l'adresse mail. C'est là que j'ai compris que quand j'ai essayé de retrouver dans l'ordre des avocats en anglais et que j'ai vu qu'il n'y était pas, je me suis dit, c'est l'arnaque. Et juste par rapport à ce que tu disais, moi j'ai une histoire assez drôle aussi à Dauphine. Ce n'est pas une arnaque, mais en fait, il y a un jour où le distributeur de billets de Dauphine a buggé. du coup Du coup, en gros, tu retirais 100 euros, tu avais 300 euros. Et du coup, tout le monde s'est jeté dessus. Il y avait la queue, c'était la folie. Alors, tout le monde a retiré. Je ne sais pas, moi, j'avais retiré 1 000 euros. Et donc, du coup, j'avais des erreurs trois fois de plus. Et donc, tout le monde était hyper content. Grosse soirée, champagne et tout. Moi, après, je l'avais investi l'argent. Je n'avais pas fait un peu de folie. Et puis, évidemment, un mois après, on reçoit un mail de la société générale qui nous dit, en gros, il y a eu un bug à telle date, vous avez retiré tant. Donc, on a retiré tant sur votre compte. donc moi ça va l'argent je ne l'avais pas je ne l'avais pas jeté par la tête et j'avais deux trois copains qui avaient tout cramé en bout de nuit et là c'était un peu plus relou mais de toute façon c'est toujours cette maxime à la fin c'est le casino ou la banque qui gagne donc il
- Speaker #0
faut être donc ne pensez pas que vous allez arnaquer votre banque c'est pas possible ça ne marche pas ça ne marche pas ok bah écoute c'est bien parce qu'en plus ça fait toujours un peu de prévention je pense qu'on n'en fait jamais assez et malheureusement Merci. On parlait des arnaques. Ça ne va aller que dans le mauvais sens. C'est clair. Sur ce point de vue-là, en tout cas. C'est clair. Ça me fait penser parce que tu es quand même très concerné par tout ce qui est tech, IA, etc. Et navré parce que la question, elle est peut-être un peu classique, mais c'est intéressant, je pense, d'avoir ton point de vue. Comment tu vois évoluer le métier aujourd'hui avec l'IA, les fintechs, etc. Est-ce que toi, tu as une position là-dessus ?
- Speaker #1
Oui, alors moi, c'est des sujets qui me passionnent. Moi, j'investis aussi dans... plusieurs fintechs d'ailleurs, notamment une qui s'appelle Jared d'ailleurs, qui aide les CGP à obtenir des leads. ils ont un podcast d'ailleurs aussi associé qui fonctionne bien où ils parlent pas mal justement des arnaques qui a pu avoir un peu prévention que je trouve assez sympa mais par rapport à ta question précisément moi j'utilise pas mal l'IA pour plein de choses notamment pour les allocations ça m'aide bien à trouver tout de suite les meilleurs fonds, les meilleurs ETFs ceux qui ont moins de frais ça m'aide à la construction des allocations ça m'aide aussi au suivi des risques Merci. et donc ça m'aide pour pas mal de choses. Après voilà effectivement en me posant la question est-ce que en gros vous n'avez pas peur d'être remplacé par par une IA un jour ? Ben non j'ai pas peur parce que bon déjà déjà c'est utile pour les allocations mais l'IA va toujours te donner en fait le passé et ce qui est intéressant ce que le client veut c'est ce que tu veux apporter comme valeur c'est plutôt de prévoir le futur d'anticiper le futur et ça l'IA Pour l'instant, elle n'en est pas capable puisqu'elle est basée que sur des données passées. Même si elle peut te donner des éléments de réflexion, ça serait toujours basé sur des historiques. Donc voilà, une difficulté à se projeter. Il peut toujours y avoir des bugs, il peut toujours y avoir des erreurs. Il peut y avoir aussi du vol de données. Donc évidemment, nous, nos données de clients ne sont pas câblées à l'IA parce qu'on ne sait jamais ce qui peut se passer. Ça, c'est complètement séparé. oui, je pense que pour certains... Pour certains métiers plus un peu banque retail, là, il y a vraiment un gros danger. Après, je vois mal des personnes confier plusieurs millions d'euros à une IA. Ce qu'ils veulent, c'est avoir quelqu'un qui est responsable, pas qu'on ait un watch-out du péter en face. C'est un bug, on ne sait pas trop vers qui se retourner. Et puis, il y a aussi un aspect relationnel. Je pense que les gens, ils choisissent leur CGP, leur fameux fisseur pour ses performances. Mais avant tout, je pense pour la confiance qu'ils ont. peut-être la sympathie qu'ils ont pour lui. Donc oui, je pense qu'il y a... T'es sûr que c'est pas une IA qui va t'inviter à déjeuner ou qui va t'inviter à rendre les grosses. Donc je pense qu'il y a... Pas encore. Donc l'IA, c'est une aide, mais autant, pour placer 2000 euros, oui, tu peux le faire avec de l'IA, tu auras sûrement des performances meilleures que celles si tu... Voilà, c'est pas un expert en bourse, mais pour placer des montants importants, il y a la juridiction qui change tout le temps, la fiscalité qui change tout le temps. L'IA est quand même très, très américaine, donc elle n'a pas forcément savoir connaître toutes les subtilités qu'il peut y avoir en France. Donc là, je pense qu'on a encore pas mal de temps devant nous et que l'IA, c'est plutôt un accompagnement, une aide supplémentaire à utiliser, je pense, par tous les CGP, banquiers privés, familles d'officiers.
- Speaker #0
Oui, alors j'ai une position, mais encore une fois, tout évolue tellement vite que peut-être que ce que je dis aujourd'hui ne tiendra pas dans quelques mois, années. Dans mon esprit, les IA aujourd'hui sont nourries par une moyenne de tout ce qu'on leur donne, de tout ce qui est accessible, etc.
- Speaker #1
On a des choses fausses d'ailleurs.
- Speaker #0
Oui, exactement. Bien sûr, puisque c'est nous qui les alimentons. Mais là où je me dis, est-ce que c'est pour me rassurer ? Je ne sais pas. Mais sur des métiers ou des choses très spécifiques, quand on rentre un peu dans le côté ingénierie, effectivement pour 2000 euros, on dénature pas les montants, sur des choses assez simplistes. il n'y a pas de sujet mais pour des choses qui deviennent un peu complexes,
- Speaker #1
spécifiques l'IA n'a pas été assez nourrie là-dessus donc je pense qu'on a encore un petit temps où le côté expérimental je suis d'accord sur tout ce qui est ingénierie patrimoniale c'est vraiment ça me paraît vraiment très risqué de faire de l'IA et tant mieux pour nous encore pour l'instant parce qu'après si on a un contrôle fiscal on est quand même content d'avoir le tampon de l'avocat ou de l'expert
- Speaker #0
on ne pourra pas se retourner contre elle c'est ce fameux mème où tu as une personne qui est par terre et qui Ausha lui dit peut-être que finalement ce champignon est fait là c'est un peu la même chose peut-être que le contrôle fiscal est possible je vais travailler sur une image dans ce sens là pour des rendez-vous clients il y a deux choses que j'aimerais aborder avant de clôturer notre échange Jérémy Si tu pouvais parler à ton toi de 2009, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #1
Si je pouvais me parler à mon moi de 2009, je lui dirais, je pense, de ne pas attendre aussi longtemps pour me lancer dans l'entrepreneuriat et créer ma propre boîte. C'est vrai que je ne suis resté qu'un 18 ans salarié en banque privée, en gestion de fortune. En réalité, au bout de 10 ans, j'avais déjà un très bon réseau, j'avais déjà des très bons clients. Les banques dans lesquelles je travaillais ne me servaient pas à grand-chose. D'ailleurs, je faisais un peu ma vie. Je venais au travail quand je voulais, au bureau. J'étais hyper indépendant. Tous mes clients, c'est moi qui les trouvais tout seul. Donc, c'est vrai que je pense que j'aurais pu me lancer plus tôt. Je pense que j'étais un peu dans cette position assez confortable, avec un bon salaire, des horaires qui n'étaient pas énormes, des collègues sympas, une bonne ambiance. Mais c'est vrai que je pense que j'aurais pu me lancer plus tôt. et d'ailleurs c'est C'est beaucoup mes clients qui sont eux-mêmes, pour la plupart, entrepreneurs, qui m'ont beaucoup dit « Bon, c'est sympa, tu es le banquier de collègues entrepreneurs de Paris, mais toi, tu n'es pas entrepreneur, en fait. » Et il y avait même cette confusion. Beaucoup de gens pensaient que j'étais entrepreneur. Ma manière de communiquer, notamment sur LinkedIn, j'étais invité à plein d'événements d'entrepreneurs. Et j'avais un petit peu ce syndrome d'imposteur. En fait, je ne suis même pas entrepreneur. Et donc, j'ai un peu ce regret de ne pas m'être lancé plus tôt. Je me suis lancé à 41 ans. Je pense que j'aurais pu le faire. à 30 ans, voire au moins à 35 ans. De plus tard que jamais. Je pense que c'est un bon exemple aussi pour dire qu'il n'y a pas d'âge pour entreprendre, pour entreprendre si bien à 20 ans, à 40 ans, à 50 ans, à 60 ans. Pas de règle.
- Speaker #0
Pas de règle, j'aime bien cette idée. Pour clôturer notre échange, j'ai un rituel dans mes podcasts. J'aime bien demander une reco, une recommandation culturelle. Ça peut être en lien avec le boulot, ça peut être quelque chose de totalement à part. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu apprécies, qui t'accompagne ? Ça peut être une citation, une musique, un film ?
- Speaker #1
Oui, écoute, moi, j'ai beaucoup été inspiré, notamment, moi qui suis avant tout un énorme fan de bourses, j'ai beaucoup été inspiré par Warren Buffett. Et moi, j'adore le côté un peu psychologie en bourse, où effectivement, même parfois plus que le fondamental, c'est vraiment la psychologie des individus qui... qui font le marché. Et donc, il y a une phrase que j'aime bien qui n'est pas très connue, c'est ce que je te l'ai dit de Warren Buffett, parce que tout le monde dit toujours la phrase, c'est quand la mer se retire, on voit ceux qui se baignent nus, qui est sympa. Mais moi, c'est le climat le plus marqué et qui est peut-être le plus intéressant, je pense, pour gagner de l'argent en bourse, c'est, il a dit quelque chose, il a dit, ayez peur quand les autres sont avides et soyez avides quand les autres ont peur. En gros, en fait, il faut acheter des actions. à ceux qui sont en train de paniquer, qui ont peur, et puis on leur revend plus cher, donc on leur revend trop cher, à ceux qui sont trop confiants. Et je trouve que ça, c'est assez vrai en bourse. Il y a toujours cette irrationnalité. Très souvent, soit les marchés sur une action, par exemple, vont complètement s'emballer, elle va exploser, et ça peut être un petit peu exagéré par rapport au fondamentaux. Soit on peut avoir une belle action qui est complètement valorisée, et puis les gens se dépriment parce qu'en fait, elle baisse, donc les gens en vendent, et c'est un peu un cercle vicieux. Donc, Donc il y a souvent ces extrêmes et je trouve que la phrase de Warren Buffett résume bien ça et globalement résume bien la bourse.
- Speaker #0
Ok, top. Merci pour ce partage, merci pour l'échange en général qu'on a pu avoir. Je laisse les auditeurs te retrouver sur les réseaux si besoin, je mettrai le lien dans les publications du podcast.
- Speaker #1
Avec plaisir, n'hésitez pas à me suivre sur Instagram et surtout sur LinkedIn où je viens de passer mes 60 ans. 1000 abonnés.
- Speaker #0
Félicitations Jérémy, merci beaucoup pour l'échange.
- Speaker #1
Merci à toi, salut !
- Speaker #0
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