- Speaker #0
Il y a des trajectoires qui semblent tracées d'avance et d'autres qui se révèlent chemin faisant. Alix Duranty est aujourd'hui une figure montante de la gestion de patrimoine. Mais avant les responsabilités, avant le management d'équipe, il y a eu Dauphine, un master banque finance et un premier saut à Londres pour vendre des produits structurés. De ce début de carrière en salle de marché, à la banque privée chez Odo, sa courbe n'a rien d'une ligne droite. C'est une accumulation de choix, de rencontres, et d'un instinct qu'elle a appris à écouter. 13 ans dans la même institution, c'est une forme de fidélité, mais c'est aussi, quand vient le moment de partir, le poids de ce qu'on laisse derrière soi. Elle rejoint aujourd'hui le groupe La Place, en direction générale et au COMEX. Un choix fort, mûri, qui dit quelque chose sur ce qu'elle est, et sur ce qu'elle veut encore construire. Comment une trajectoire se construit, dès les années d'études ? Sans qu'on en connaisse encore le tracé. Bienvenue dans la courbe. Avant de commencer, si la courbe vous accompagne, vous inspire, ou vous fait découvrir des parcours qui valent le détour, laissez-nous 5 étoiles et un commentaire sur la plateforme de votre choix. C'est ce qui nous permet de grandir et de continuer à vous présenter des profils comme celui d'aujourd'hui. Merci ! Bonjour Alix !
- Speaker #1
Bonjour Michael !
- Speaker #0
Alix, j'espère que tu vas bien, je suis ravi de t'accueillir dans le podcast. Donc aujourd'hui, on accueille Alix Deranty. Alix, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Merci, en effet. Donc moi, je suis une mère de famille, un taux de deux filles qui ont 8 ans et 6 ans, d'année au l'heure. Je suis une... passionnée d'éducation financière depuis maintenant plus de dix ans et par ailleurs depuis peu j'ai intégré le COMEX de Cristal qui est un groupement de CGP et pour être un direction général de Laplace qui représente toute la structure B2C donc il y a des conseillers en gestion de patrimoine à l'intention de particuliers et de personnes orales, évidemment, donc leur société ou leur holding. J'ai un parcours très classique. J'ai démarré en finance. J'ai toujours aimé les maths et aussi le côté commercial, puisque j'ai beaucoup été, je dirais, vendeuse, etc. Donc, je suis rentrée à Dauphine. Ensuite, j'ai été en salle de marché à Londres. où je priceais et vendais, enfin à Paris puis à Londres, où je priceais et vendais des produits structurés. En 2013, toute la banque dans laquelle je travaillais, qui s'appelait Rabobank, a arrêté toute l'activité de structurer. Et donc, on m'a suggéré d'aller travailler en banque privée et j'ai intégré en revenant en France, Odo BHF, où j'ai travaillé pendant 13 ans, jusqu'à il y a quelques semaines. Voilà. J'ai travaillé en gestion de fortune en France et en Suisse.
- Speaker #0
Ok, écoute, merci pour le résumé. On va regarder un peu dans le détail et on va creuser. Tu dis que tu es passionnée d'éducation financière, que tu étais passionnée par les maths, le commercial. Est-ce que tu sais d'où ça te vient, cette passion ? Est-ce qu'il y a eu un élément ? Est-ce qu'il y a quelqu'un dans l'entourage quand tu es un peu plus jeune ? Comment ça se traduit ?
- Speaker #1
Alors, je pense que c'est... deux sujets différents. Je commencerai par le plus facile. Pourquoi j'aime la vente, etc. Parce que j'adore le contact humain. J'adore échanger. C'est amusant. Il n'y a pas très longtemps, on m'a dit, non mais en fait, quand je te vois, tu es quelqu'un qui de toute façon aime débattre, pas pour des vains débats, mais tu aimes connaître l'avis des uns et des autres, discuter, échanger en fait sur les sujets. Et ce n'est pas tant finalement la finalité qui t'intéresse que l'échange. Et je me dis, je vais nourrir beaucoup des échanges. Et je trouve que ça apprend beaucoup. Donc, j'ai toujours aimé ça. Et dans la vente, il y a à la fois le contact humain, mais aussi la culture un peu de la gagne, de la telle de diariser, alors quelque chose. Donc, ça, ça me plaît depuis toujours. Après, l'éducation financière, c'est autre chose. Il faut savoir qu'en France, c'est un énorme tabou. Donc, on a tous vécu avec ce tabou, je pense, enfant. Et moi, c'est vrai qu'assez rapidement, J'ai réalisé, compris que je serais indépendante, libre, autonome quand j'aurais... mon argent. Et donc, je l'ai assez vite appréhendé. Donc, j'ai toujours fait des petits boulots, très jeune, etc. Quand j'ai intégré du coup la banque privée de chez Odeh HF, j'ai vraiment réalisé que il y avait une méconnaissance de cette industrie et en fait de tout ce qu'on peut faire en gestion de patrimoine. Et donc, c'est là où j'ai réalisé, si tu veux, la différence. le fait que les gens, même ayant beaucoup d'argent, étaient peu cultivés sur ce sujet, et surtout l'immensité de toutes les petites astuces à connaître, finalement, pour prendre soin de son patrimoine, et même parfois, dès le premier euro gagné, avoir les bons réflexes. Et c'est ça qui m'a fait, donc c'est un peu réaliser qu'il y avait une certaine injustice, et à la fois que juste avoir... quelques éléments de base pouvaient te donner accès à beaucoup, beaucoup plus.
- Speaker #0
Et donc, tu as ce côté aussi pédagogie transmission qui t'anime parce que, alors on saute une étape, mais on va y revenir, on reviendra un peu avant sur les débuts Dauphine, etc. Mais en fait, quand tu arrives chez Odo, on est en 2013, je crois que c'est un an plus tard où tu fondes, tu crées, on va dire, Ladies Bank.
- Speaker #1
Tout à fait. En fait, c'était né d'un constat, il y avait 45% de femmes, 80% d'hommes qu'on voyait en rendez-vous. Et donc là, le sujet, c'était donner envie aux femmes de prendre soin de leur patrimoine et donc de venir dans les institutions bancaires. Quand on a croisé ces datas, c'était à peu près les mêmes partout. Donc, le sujet, c'était vraiment de décomplexer la relation bancaire des femmes dont on a rencontré. entre 200 femmes, un peu partout, qui n'étaient pas du tout forcément clientes. Et puis, on a demandé de... Voilà, qu'est-ce qui se passait ? Quelle était la relation qu'elles avaient avec leur institution bancaire ? Et comment elles percevaient les choses ? Donc, il y avait trois aspects qui étaient assez forts. C'était déjà le marketing, qui était les présentations, etc. En règle générale, dans les banques, il y avait beaucoup de détails. Banque, institution financière, trop de détails, probablement. Et donc, ça noyait un peu les interlocuteurs. Alors ça, c'est quelque chose qui était le cas pour les hommes et les femmes. Mais ça braquait un petit peu plus les femmes. Ensuite, il y avait plus pour les femmes, là, une forme de condescendance qu'on pouvait retrouver. En tout cas, ne vous inquiétez pas, signez là, etc. Ça, c'est vraiment très old school, cette vision-là. Le fait de dire, de pouvoir imaginer qu'un client final signe sans comprendre, maintenant, ça semble complètement absurde et impensable. Mais voilà, ça a pu arriver et ça c'est quelque chose sur lequel il y a un certain agacement. Et enfin, ce sont des lieux où il y a majoritairement des hommes. Alors souvent dans les professionnels du milieu, mais aussi quand on est invité à un cocktail dans une institution financière, on se retrouve avec majoritairement des hommes. Et donc ça fait que les uns et les autres ne se sortent pas forcément à l'aise. Donc, c'est pour ça qu'on a créé des événements BD, créé un site Internet, mais aussi initié des ateliers de gestion de patrimoine et d'éducation financière au sens large qui ne sont devenus du coup pas que pour les femmes.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Et comment tu convains, à l'époque, en interne, un projet comme ça ? Puisque aujourd'hui, on va dire qu'il y a une tendance à la démocratisation. de l'éducation financière. C'est même parfois usé sous un aspect plutôt marketing, etc. Mais là, on fait un recul en arrière. Il y a quasiment 12 ans de ça. C'est sûrement, d'un point de vue entreprise, peut-être pas encore vu comme un élément porteur. Comment tu arrives à lancer le sujet, à convaincre en interne ? C'est quoi les clés à l'époque ?
- Speaker #1
Alors, je pense que... Un, c'est bien comprendre son... Alors déjà, il faut avoir un sponsor quand on a des idées comme ça, intrapreneuriales, je dirais. Donc déjà, là, il y avait un appel à projets innovants. On nous avait interrogés. Donc le fait qu'on arrive avec un projet, forcément, on s'attend à ce que ce soit bien entendu. Mais après, ce sujet-là, c'était assez, effectivement, novateur. Donc il faut avoir un sponsor en haut lieu qui estime que ce sujet est important. Ensuite, il faut avoir bien baqué sa recherche. Et donc, au début, c'était une intuition. Et ensuite, on a vraiment été interrogé 200 femmes. pour pouvoir appuyer et dire, regardez, voilà le constat qu'on a fait. Donc, avoir fait une étude, c'est sûr que derrière, c'est plus difficile après de dire que ce n'est pas important. Et ensuite, comment on fait ? Eh bien, c'est toujours la même chose. On me demande souvent, est-ce que c'est devenu ton boulot ? Non, jamais. Ça a toujours fait quelque chose à côté de mon job. Et donc, il faut le faire comme si c'était un engagement associatif. Voilà. On ne s'attend pas à avoir... un quelconque reward sur cette démarche-là. Et du coup, on le fait avec les moyens du bord. Et ça permet aussi de faire venir avec soi, parce que bien sûr, on ne réussit pas seul. Donc, il faut s'engager et attirer d'autres personnes pour travailler sur ces sujets. Et là, ce qu'on avait en commun, c'est qu'on était tous prêts à faire évoluer les choses sur l'éducation financière tout en étant bien conscients que ce n'était pas notre job.
- Speaker #0
Comment tu gères les deux ?
- Speaker #1
Alors, je dis souvent qu'il ne faut pas tenir d'agenda fixe, etc. Et que de toute façon, les choses se nourrissent l'un et l'autre. Parfois, j'ai passé beaucoup de temps sur cet engagement, mais la réalité derrière, c'est que soit ça me donnait une énergie incroyable, parce que finalement, avoir une action positive, une action sociale sur une population, c'est Ça vous nourrit, ça vous amène de la joie, ça vous amène une expérience, etc. Et puis, vice-versa, dans mon boulot, parfois, ça me donnait des idées. Et donc, l'un et l'autre se sont nourris depuis toujours.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Aujourd'hui, tu peux nous en dire quelques mots, ce qui est devenu l'ampleur peut-être de Ladies Bank aujourd'hui ? Voilà,
- Speaker #1
aujourd'hui, l'avantage, c'est qu'on a pu mettre ça en place en Allemagne, en Suisse, avec ces démarches. Il y a un certain nombre d'acteurs qui sont venus nous voir pour faire des partenariats. On a démultiplié les ateliers gestion patrimoine un peu partout. Et pourquoi ça a eu un impact positif aussi ? Parce que d'un point de vue RH, avoir des équipes qui étaient contentes d'aller dans un incubateur, dans une association, dans une université, pour faire un atelier gestion patrimoine adapté à un public à chaque fois très diversifié. Ça a permetté aux équipes de se préparer à la prise de parole publique, à faire évoluer leur pitch. Et puis aussi, ils étaient confrontés à ce bien-être qu'on a quand on donne. Finalement, on reçoit de l'énergie, une attitude positive, des sourires, de merci. Et donc, aussi, permettre à d'autres membres de notre équipe de le faire, ça a été très porteur et donc c'est pour ça que ça vit toujours.
- Speaker #0
Super. Écoute, belle initiative, beau projet. et à ton image de ce que l'on en connaît, du partage, de la transmission et de la pédagogie. On revient un petit peu en arrière, quand tu parlais de passion pour l'éducation, passion pour les maths, le côté commercial, quand tu es, on va dire, collège, lycée, est-ce que tu as déjà cette vocation à te dire « moi je vais travailler dans la finance » . Alors je te demande un… Voilà, un petit effort pour se remémorer tout ça. Mais est-ce que pour toi, il y a eu un déclic ? Ou est-ce que tu t'es dit, en fait, j'aime tellement les maths, il faut que je trouve quelque chose où je vais faire des maths ?
- Speaker #1
J'ai eu un déclic scolaire à partir de la seconde. Avant, j'étais correcte. Et en en avance, mes parents m'ont toujours laissé travailler seule. Et puis, ils me disaient, au pire, tu renouveleras. Et en seconde, je me suis mise à être très forte en maths, en biologie, en physique. Jusqu'à ce que, effectivement, des professeurs me disent, il faut vraiment que tu fasses une prépa. Ça m'intéressait beaucoup, la biologie et la physique, je dois dire. Mais je ne me voyais pas travailler comme ça. Et d'ailleurs, mes parents n'ont pas du tout poussé pour en disant, tu sauras très bien t'épanouir dans un système plus classique. On ne veut pas que tu te mettes à travailler du matin au soir. perdre ta santé, alors que t'as pas besoin qu'on te tape dessus pour bosser. Donc, on va pas te mettre dans un système compétitif à outrance. Et donc, je pense que c'est aussi important de bien se connaître pour ça. Parfois, quand on est un peu... Je te prends compte qu'on a les soucis de faire bien les choses, etc. Être dans un système où, si important, peut-être qu'on va travailler à outrance, on va s'épuiser. Je sais pas ce que j'en serais devenue, mais en tout cas, j'ai intégré l'OPFIN. À ce moment-là... Le volant commercial me plaisait bien, mais je me suis dit, j'y vais, économie, et je me suis dit, non, c'est large, ça touche à tout, je pourrais tout faire. Et puis, de fil en aiguille, les choses se sont précisées. Mais bien plus tard, je dirais, pour la finance de marché, en l'occurrence.
- Speaker #0
Quand tu dis bien plus tard, c'est une fois que tu avais déjà avancé dans le cursus ?
- Speaker #1
Oui, parce qu'en première année, c'était assez large, je n'avais pas de préférence. Tout ce qui était microéconomie, macroéconomie me semblait bien. En macroéconomie, ça me semblait très loin. J'étais plus concret avec la microéconomie, ça me plaisait bien. En troisième année, je suis partie à l'étranger faire une année de césure. Alors là, j'avais pris des matières assez différentes, donc honnêtement, c'était plus abstrait. Et la quatrième année, je suis vraiment rentrée dans le concret, où c'était là où on commençait à choisir. Et là, j'ai choisi un cursus financier, là où certains m'ont choisi marketing, RH et autres. Et donc, en intégrant après ce volet financier, les choses se sont précisées. J'ai fait une année de césure. Et là, j'avais postulé, parce qu'à l'époque, c'était un peu le Graal, pour faire du M&A. Et donc, j'étais prise dans une société qui faisait ça exclusivement. existe encore, et donc très corporate, je dirais. Et par chance, un de mes oncles m'a dit, mais tu sais Alice, je ne suis pas sûre du tout que ça te convienne, tu es beaucoup plus intuitive, tu sais que dans ce métier-là, tu vas être sur ton tableur Excel toute la journée, et je pense que tu seras plus quelqu'un à qui les marchés financiers conviendraient mieux, postule à la Société Générale, en salle de marché. Donc vraiment, j'ai fait ça par hasard. Enfin, par hasard. parce qu'il m'a dit que c'était pur. Et donc, finalement, j'ai été prise. Et c'est comme ça que je suis arrivée à Assistant Sales Produits Structurés. Et j'ai pu faire, finalement, un mois, parce qu'au bout de quelques mois, se passe l'Emanbrowser. Tout le monde est à la chute de l'Eman. Donc, tout le monde des structurés bouge énormément. Et à ce moment-là, j'ai été la petite main d'ingénieur. qui, eux, repricaient tous les boucles de produits structurés de Lehman Brothers pour les racheter. Donc, ils étaient collés sur leur desk de 5 heures du matin à minuit. Donc, j'allais chercher les cafés, imprimer les contrats, revenir, en disant, bon, je leur fais un coup de main, ça m'est complètement égal. Et résultat, par chance, à la fin, je devais faire un autre stage derrière. Je crois que je devais faire de l'audit. Et à la fin, ils m'ont dit, écoute, Alix, tu nous as tellement aidé. Si tu veux, reste avec nous pour les six mois d'après, on va t'apprendre. après, essayer les structurer. Et être structureur, il faut avoir fait, ils avaient fait, grosso modo, l'X. Donc, vraiment, ce n'était pas du tout mon profil. Donc, j'ai pu passer six mois au milieu d'eux. Ils m'ont appris énormément et j'ai vraiment, du coup, mieux découvert tout l'univers de la salle de marché, les interactions, etc. J'étais là, passé un an comme ça, baignée dans une salle à un moment où c'est aussi dense. C'était extrêmement précieux. Et ça, c'est quelque chose qui m'a marquée sur la suite parce que, évidemment, en... en faisant ces cafés et ces photocopies, je ne me disais pas que ça me mènerait, du coup, à remplacer six mois supplémentaires avec eux. Et je pense, quand j'avais donné quelques conférences dans les universités, je disais toujours, entreprendre sa vie, c'est aussi, finalement, chercher à se rendre utile quoi qu'il arrive. Et il y a toujours du bon qui ressortira de tout ça. Donc, c'est ce qui s'est passé in fine. Alors, bien sûr, une fois que j'avais fait ça, j'ai terminé mon cursus marché. les épluchons. repartir en salle. Une fois qu'on a goûté à la salle de marché, c'est un challenge, une excitation en environnement tellement prenant que c'est difficile d'en sortir. C'est comme ça qu'après, je suis repartie à Londres.
- Speaker #0
Est-ce qu'à l'époque, tu prends la mesure de la période ? Parce que là, tu parlais, tu donnais l'exemple des rachats de positions de structurés sur des positions de Lehman, etc. J'imagine... et que la période n'était pas la plus agréable potentiellement en termes de densité, de stress ? Comment toi, tu le vivais à l'époque ? Tu étais un peu en recul de ça ou tu sentais qu'il y avait quand même un sujet ?
- Speaker #1
Je pense qu'on ne se rend pas compte parce que quand on ne gagnait pas dedans à l'origine, donc non, on ne se rend pas compte. Mais après, on réalise. On réalise la chance qu'on a eue et c'était très précieux.
- Speaker #0
Trop bien. Est-ce que, pour autant, tu parlais tout à l'heure de ton amour pour le côté commercial, l'être humain échangé. Là, on t'imagine pendant un an, même si tu échanges avec les ingénieurs, etc. Il n'y a pas ce côté commercial, j'ai le sentiment.
- Speaker #1
Le côté commercial, non. Mais il faut savoir que la salle de marché, il y a 350 personnes. C'est comme arriver dans un quartier. C'est-à-dire que les salles, elles n'ont qu'une seule rangée d'ordinateurs, donc il y a trois écrans. Mais par contre, les ingénieurs et les traders, il y a deux, parfois trois colonnes d'écran au-dessus d'eux, donc il peut y avoir neuf écrans. C'est un monde à part et donc on passe, c'est comme des rues. Là, on est sur le UK, les traders UK, là on arrive sur les traders, c'est un autre monde. Et quand on a ce système où on price, on va demander les paramètres pour pouvoir pricer les produits aux traders correspondants. Donc il y a aussi tout ce jeu d'interaction qui se crée. C'est vrai que c'était en vase clos, c'était un univers restreint, là je n'ai pas du tout vu de clients, je n'ai pas du tout... mais je me suis complètement... baigné dans cet univers. On n'était pas du tout 10 dans notre coin et 350 personnes. C'est un monde à part.
- Speaker #0
C'est une expérience qui t'a marquée. Comment tu fais la transition vers le métier de banquier privé ?
- Speaker #1
Du coup, de Londres, les choses, je ne l'aurais pas fait naturellement parce que je ne me serais pas arrêtée, je ne serais pas sortie après mes années à vos banques si facilement. parce que Rabobank a fermé son activité, que je me suis posé la question et que je me suis dit, bon, ça fait quatre ans, là, je suis dans cet univers. La réalité, c'est que c'est quand même une niche. Je crains le jour où, en fait, on ne voit pas le temps passer et tout d'un coup, on se dit, je suis un peu bloquée. Donc, j'ai vu ça comme une opportunité de faire autre chose. Et donc, j'ai été découvrir d'autres métiers pendant trois mois. Je me suis laissée un peu de temps parce que je n'avais fait que ça. Et j'ai rencontré plein d'autres univers, asset management, hedge fund. assez marché. Et puis, il y avait ces clients qui m'avaient dit dès le départ « Alexandre verrait bien en banque privée » . Alors moi, je pensais bien à la gestion. Je ne m'imaginais pas du tout banquier à ce moment-là. Je me disais que je suis tellement marché que ça me semblait loin. Et puis, j'avais une vision de cet univers très old school, les cheveux blancs gominés en arrière. Je me disais peut-être... plus tard, mais en fin de carrière, ça a l'air d'être un métier de fin de carrière. Et puis, après avoir passé trois mois à analyser, je me suis dit, j'ai envie d'avoir un métier qui ait du sens, qui, sous l'humain, soit présent, où j'ai un impact indirect sur l'économie réelle. Et quand on accompagne les entrepreneurs, les dirigeants, finalement, on les aide à se délester de tout ce qui est patrimonial pour pouvoir se concentrer sur, eux, l'impact qu'ils ont sur le monde. Donc, c'est toujours magnifiant de dire que finalement, je contribue de cette manière-là aussi à ce genre de monde. Et c'est pour ça que je me suis dit, tiens, c'est ce qu'il me faut. Je suis rentrée en France, j'ai vu plusieurs maisons et j'ai intégré.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Est-ce que là, sans dévoiler de secret, bien évidemment, mais est-ce qu'il y a un ou plusieurs clients qui t'ont marqué de par la création d'une entreprise, de par...
- Speaker #1
C'est beaucoup les aventures que j'ai vécues avec eux. Quand on suit des clients sur plusieurs années, j'ai passé 13 ans, même si c'était plus ou moins en direct, mais c'était mes équipes, ils vont se recroiser, il y a toutes les aventures. Il y a ceux qui ont des enfants, puis après la défense Marie, puis il y a les petits-enfants, puis ils vendent les boîtes. Il y a eu beaucoup un peu le cas de la dépression du dirigeant. post-session, c'est quelque chose qui existe qui est assez fort. Celui qui n'a pas préparé tant que ça, il peut avoir un choc. Donc, une fois qu'on le voit dans ses clients, après on se dit, je ne veux plus jamais qu'un de mes clients le vive. Donc, on essaie de les aider à anticiper cette situation. J'en aurais mille d'anecdotes assez personnelles parce que justement, ce qui m'a marqué toutes ces années, c'était à quel point cette relation est riche et c'est une relation de... Confiance mutuelle, il faut que le client vous fasse confiance pour que ça ait de l'intérêt et pour qu'on puisse apporter un conseil qualifié, assez holistique, global. Et donc pour ça, il faut vraiment comprendre les besoins, les enjeux, les préoccupations, les peurs. Et donc ça va loin, ça va loin, mais c'est ça qui permet de structurer un patrimoine qui vous ressemble avec les contraintes dans le temps, géographiques, qui correspondent exactement. à ce dont vous avez besoin et pas à l'idéal qu'on peut imaginer de quelqu'un qui a X millions d'euros. Et je pense que c'est ça qui est très, très important en ce matière.
- Speaker #0
Ça me fait penser, j'ai deux questions. La première, c'est que tu as officié en tant que banquier privé et plusieurs années plus tard, tu diriges une équipe, comme tu l'évoques. Pour autant, dans ton cursus scolaire... Est-ce que tu as eu des formations pour le management, etc. ? Ou c'est des choses que soit tu as appris sur le tas ou tu as fait des formations ? Comment ça s'est passé pour toi ? Parce que c'est plusieurs métiers différents dans une même carrière.
- Speaker #1
Tout à fait. Et je pense qu'assez rapidement, j'avais discuté avec... mon boss, et en disant qu'il y a deux formes d'évolution dans ces carrières très experts. C'est qu'on peut être banquier, conseiller patrimonial, conseiller financier toute sa vie avec ses clients, grandir avec ses clients. L'avantage, c'est que c'est un métier qui vous passionne tellement et où il y a une diversité de clients et d'enjeux que vraiment, on ne s'ennuie jamais. Donc, ça peut être une solution de dire, je fais ce métier-là et je pousse mon expertise au maximum. Et je construis mon groupe, cette entreprise, etc. Moi, j'avais besoin d'être face à des enjeux aussi stratégiques, de changements, de modifications. Et donc déjà, dès le départ, finalement, le premier projet entrepreneurial, les 10 banques que j'ai faits, ça n'était un peu ça. C'était comment faire évoluer les choses à côté, en parallèle de mon métier. Et à côté, j'ai pris plein de petits projets sur l'expérience client, créer des rencontres pour les nouvelles générations, donc clients de nos enfants. énormément de petits projets transverses pour les gros qui m'ont permis finalement de me dire c'est ça aussi que je l'aime, c'est-à-dire créer de nulle part, accélérer, trouver les bonnes personnes, faire fusionner ces savoirs et puis développer. Et donc, c'est comme ça que je me suis dit, moi ce qui me passionne beaucoup aussi, c'est de travailler en équipe et c'est comment je fais en sorte que dans mon équipe, la performance soit la meilleure. C'est-à-dire que je pense que quand on est front, comme ça, donc on est au contact des clients en permanence, il faut être de bonne humeur, en forme, avoir de l'énergie. Et que ça, ça vient tant de ton hygiène de vie que de l'atmosphère dans laquelle tu travailles, donc les conditions. Et que aussi d'avoir, évidemment, les expertises qu'on te met à disposition, on te pousse à apprendre en permanence davantage. Et aussi d'avoir quelqu'un qui va te stimuler en permanence, te pousser à donner le meilleur de toi-même. Moi, j'ai adoré faire ça toutes ces années. C'est vraiment quelque chose que voir grandir les personnes, c'est quelque chose qui m'a autant enrichie que ce que j'espère. Je suis arrivée à enrichir leur parcours, mais je garde en moi chacun, chacune des personnes que j'ai managées pour une raison et c'est vrai qu'à chaque fois, ça m'a beaucoup appris. Et ça, j'ai trouvé que pour ça, le management était extraordinaire. Je n'ai pas bénéficié de beaucoup de formations parce qu'au début, on m'a un peu fait. et prendre ces responsabilités sans être particulièrement formée. Et après, je me suis formée sur le tard avec des choses un peu classiques, mais aussi beaucoup de communication non-violente, de programmation neuro-linguistique, tout un tas de petits outils qui me permettaient de mieux aider, surtout face à une génération où, si on voit pas du tout en rite, on nous dit, voilà, il faut faire ci, ça, me pose pas de questions. Donc, c'est un management très participatif où l'idée, c'est de faire décider les gens et que chacun prenne ses responsabilités et qu'on soit là pour démultiplier finalement leur effort. Ce n'est pas la même chose que d'imposer, avoir sa trajectoire, sa vision et on déroule.
- Speaker #0
C'est une vraie difficulté. Alors, c'est un vrai challenge. J'entends le côté où ça te nourrit. d'apporter, parce que toi, tu récupères de l'énergie, mais comment, au fur et à mesure des années, on arrive à garder ce côté j'apporte de l'énergie, parce que j'imagine qu'il faut souvent être dans le renouveau tout de même. Tu ne peux pas manager de la même façon ou avoir tout le temps les mêmes idées pendant des années et des années. Et tu as quand même fait ça pendant quelques années. Comment...
- Speaker #1
Alors déjà, j'ai changé, parce que j'ai changé d'équipe, typiquement en partant en Suisse, donc nouveaux enjeux, etc. Ok. Donc déjà, ça, c'est un sujet. Et ensuite, parce que quand on laisse les gens parler, les gens n'ont qu'un idée. Et donc, c'est ça aussi. Et c'est en discutant entre nous, en disant quelles sont vos idées, et inciter chacun à aller se creuser les méninges. Là, on a plein de nouvelles idées. Et après, mon boulot, c'était de faire en sorte qu'elles puissent être menées à bien. Donc, ça devient un peu de la gestion de projet. Dire, OK, on fait un BSA, on va monter ça comme projet. Qu'est-ce qu'on peut se faire en permanence ? Si on réfléchit tout seul dans son coin, c'est sûr qu'on ne va pas très loin. mais moi, j'ai vraiment de la façon de faire et puis ce que j'aime, c'est travailler en équipe.
- Speaker #0
Pour toi, c'est aujourd'hui impensable de ne pas travailler en équipe. Ça faisait partie des... Ah, impensable. Impensable. Je pense que je serais extrêmement malheureuse toute seule derrière mon ordinateur toute la journée. Et j'admire ceux qui peuvent le faire, mais c'est un autre métier. Des métiers où ils sont souvent un peu plus experts, alors que moi, je vois notre métier un peu comme étant commando. On arrive, on a des petites bribes de savoir et puis on déroule derrière et on va chercher l'expert pour épauler nos sujets. Donc oui, je ne vois pas ça.
- Speaker #1
Et j'ai une question parce que dans ton parcours perso qu'on évoquait tout au long de l'échange, il y a une nouvelle direction pour toi après 12 ou quasiment 13 ans dans la même structure. Il y a peut-être pas mal de personnes qui nous écoutent, que ça peut aussi aider, inspirer. C'est à un moment donné, comment tu fais ce choix ? Est-ce qu'il y a un déclic ? Alors, j'utilise beaucoup le mot déclic, mais je me dis quand tu as ce confort, où tu es en zone totalement connue. Ah ben voilà,
- Speaker #0
exactement. C'est un confort. C'est une zone connue. Même si la Suisse, quand je suis partie, en plus j'ai parti, mon mari et mes fils sont restés en France. Donc voilà, c'était particulier. C'est pour ça que c'était sur une période courte. Mais c'était aussi pour apporter de la diversité. Et je pense qu'il y a un moment, surtout quand on est dans des sociétés qui sont si attachantes, si incarnée. Je n'ai pas vu le passé de temps toutes ces années. Et je me suis dit, attention, parce que je peux me réveiller 30 ans plus tard et j'aurais passé toute ma carrière. Ce n'est pas impensable, mais ce n'était pas du tout ce que j'imaginais à la base. Je ne me suis jamais dit que je vais passer toute ma carrière dans une société et encore moins 10 ans, je veux dire, évidemment. Donc, je me suis dit que c'était le moment aussi d'aller me nourrir d'autres choses. Peut-être que je reviendrai travailler avec eux, peut-être qu'on aura d'autres occasions de travailler ensemble différemment. Mais c'était important pour moi d'aller découvrir un autre mode après avoir connu la salle de marché qui est vraiment un univers à part. Voilà cet univers de société familiale, indépendante, fort essor. Là, j'étais contente d'aller voir autre chose et de me nourrir d'autres choses. Alors quand on fait ce move, il faut se dire que c'est très difficile psychologiquement de faire ça. parce qu'on a un peu l'impression de trahir les tiens. Donc ça a été plus facile pour moi d'imaginer ça. J'ai eu quelques mois pour y réfléchir parce qu'en travaillant pour la Suisse, déjà je suis sortie de mon cocon de base. Donc je n'avais pas quitté le groupe, mais déjà je suis sortie de mon cocon de base. Et puis là on se dit, on y continue, on apporte d'autres choses et peut-être que c'est précieux. Donc je pense que ça m'a aidée en fait de faire un demi-pas de côté. Et pour pouvoir avoir le courage de dire, je vais faire autre chose. Et après, bien sûr, c'est des projets. On ne fait pas ça juste par principe. J'ai été aussi très attirée par le projet du groupe La Place. Déjà parce que quand on est autant engagé sur l'éducation financière, mais qu'on suit une clientèle ultra fortunée, de temps en temps, on est un peu à deux écarts. C'est à faire le grand écart en permanence. Donc là, j'étais contente d'aller voir aussi. Une maison qui peut accompagner les entrepreneurs dans la durée, en ayant un patrimoine de départ plus faible et le faire grandir, en ayant toutes les compétences dans la maison pour l'aider à grandir, plutôt que d'attendre qu'il ait fait sa fortune pour venir. Je pense que c'était important pour moi d'aller vers cette typologie de maison. Ensuite, dans un monde qui va être attaqué par... la digitalisation, l'intelligence artificielle, qui est déjà attaquée, que la gestion de fortune, il va y avoir des transformations très importantes. Et c'est très précieux. Moi, je pense que c'est important, parce qu'aujourd'hui, on est un peu anéantis sous l'administratif, on perd du temps. Or, la qualité de notre métier, elle vient beaucoup de l'humain. Je suis persuadée qu'on ne va pas être remplacé par des machines, mais il n'empêche, il va falloir apprendre à travailler différemment, et notamment... utiliser beaucoup plus les nouvelles technologies et l'intelligence artificielle. Pour autant, il n'est pas évident pour des groupes bancaires de permuter et de faire cette transformation qui, parfois, est carrément une transformation à 180 degrés dans les usages, dans les modes de travail, etc. Donc, aller vers un acteur qui est plus souple, qui n'est pas une banque, qui est déjà très au fait avec des outils digitaux et qui a cette vision très forte, c'était important pour moi. Et de me dire, voilà, je le mets sur un cheval qui sera encore là dans cinq ans, dans dix ans, parce qu'il embrase ce sujet-là. Et du coup, ça va permettre de démultiplier le contact client. Christral a 350 conseillers en gestion de patrimoine, la place en particulier, le B2C, 350 personnes sur tout le territoire. C'est merveilleux. Il y a déjà des gens sur le terrain. Il faut leur apporter tous les outils pour qu'ils puissent travailler plus efficacement, l'administratif, tout ce qui est pénible, soit fait par... entre guillemets les machines, et qu'ils puissent vraiment nouer le contact avec le client, mieux le comprendre, parce que justement, cette discussion, quand on livre ses peurs, ses préoccupations, ses enjeux, on ne le fait pas face à un ordinateur. Donc l'humain reste clé. C'est pour ça que j'étais contente d'aller chez cet acteur qui est ancré dans les territoires, mais qui va axer sa croissance sur ses outils.
- Speaker #1
Pour ceux qui nous écoutent, est-ce que tu peux... Comment tu traduirais, parce qu'on l'entend, mais peu de gens peut-être le comprennent ou visualisent, quand tu dis « je suis au COMEX de telle structure, etc. » Pour toi, en tout cas, qu'est-ce que ça représente ? Comment tu l'expliques à des gens de ton entourage qui ne sont pas dans ce milieu ? Si tu devais leur expliquer, c'est quoi ton rôle quand tu participes au COMEX ?
- Speaker #0
Le but, c'est d'aller vraiment définir la stratégie. et la direction qui va être donnée par une entreprise. Pourquoi il y a une différence, comme on peut dire, alors là, il y a, disons, un groupe qui détient plusieurs entreprises. Donc, je suis au comex du groupe. Et ensuite, en dessous, je suis sur l'opérationnel dans une autre entreprise qui a des clients directs. Donc, c'est deux axes. Il y en a un endroit, on va définir la stratégie, le long terme, etc. Et de l'autre côté, on va faire la mise en pleuvre. Et donc... C'est des enjeux un peu différents. Généralement, dans certaines structures comme celle-ci, ne sont au COMEX que des gens qui sont opérationnels. Il n'y a pas de gens qui sont juste au COMEX et qui n'ont pas vocation à être opérationnels. Ce qui permet d'avoir une efficacité dans la mise en œuvre des stratégies et du déploiement des projets.
- Speaker #1
Ok, Merci Alix pour ces précisions. Ton parcours, il me fait penser, il y a deux sujets que je voudrais évoquer. tu disais que tu avais multiplié les petits boulots à droite à gauche parce qu'assez vite tu voulais avoir ton expérience est-ce que le fait d'avoir fait ces petits boulots ça t'a aidé pour ta carrière future je dirais ?
- Speaker #0
Alors oui à deux égards déjà ça m'a permis de mieux me connaître et savoir ce que j'aimais faire ça peut paraître anodin mais par exemple j'ai beaucoup gardé des enfants j'étais à J'ai gardé des étés entiers, j'ai animé des enfants, des groupes d'enfants. Et ça, je me suis toujours sentie assez facilement responsable de cet ensemble d'enfants, sans problème, entre guillemets. Et aussi, ça m'a beaucoup plu d'organiser les choses autour d'eux, de gérer ce groupe, etc. Donc ça, je trouve que finalement, plus tard, je me suis dit, c'est pour ça que finalement porter ces responsabilités d'une équipe. avec chacun, toutes ces individualités, me plaisaient. Et je pense que ça me plaisait déjà à l'origine. Et il y a d'autres choses. Effectivement, la vente, ça m'a permis de réaliser que ce côté commercial de l'humain qu'on retrouve en face de soi, avec qui on discute, avec qui on essaie de trouver ce qui lui plaît, ce qui lui convient, ça, c'était aussi important pour moi. Mais par exemple, à contrario, je dirais l'instantanéité, le peu de relations. Je n'ai jamais aimé être serveuse. Tu vois, le côté taré. En fait, tu n'as pas beaucoup de relations. Eh bien, ça, ça ne me plaisait pas trop. Donc, j'ai beaucoup travaillé sur ce que j'avais fait. Et après, il y a eu d'autres éléments. Par exemple, j'avais fait un stage en comptabilité dans un groupe, les groupes NR, duquel. Et donc, j'étais arrivée, franchement, troisième sous-sol. J'exagère, mais bon. avec, à l'époque, il y a très longtemps, il fallait ouvrir et aller mettre les numéros de chèque, retrouver sur tout un Excel, évidemment imprimé en version papier, le numéro de chèque, et remettre, c'était la bonne date, la bonne machin, clac, hop, stabilité, et mettre le numéro suivant. Et ça, j'ai fait ça pendant un mois.
- Speaker #1
Ça, ça t'a pas passionné, étonnamment.
- Speaker #0
Et ça, j'étais curieuse. Et donc, c'est vrai que, d'aucun moment, on m'a dit, quelle horreur et tout. Oui, mais la responsabilité, responsable de ce pôle-là, avec qui, du coup, je travaille au quotidien, était dans la boîte depuis toujours. Et justement, elle le savait bien. On sait bien, quand on prend des stagiaires, c'est pas des boulots. Mais justement, quand on a quelqu'un qui donne de sa personne, fait pas la gueule, avance, et au bout d'un moment, on dit, bon, allez... on échange avec lui. Et typiquement, du coup, elle m'a raconté toute l'entreprise, ses débuts, parce qu'elle l'était depuis le début de sa carrière. Et puis, elle m'a fait visiter aussi tous les autres services. C'était quand même assez marquant, ça, pour moi, de me dire, finalement, par fond de la compte à troisième sous-sol, j'ai eu accès. Et elle m'a dit, si tu veux, tu passes une journée là, une journée là, une journée là. Et ça, ça a été très précieux. Et c'est vraiment aussi ça que je voulais ressortir aussi. Aussi de mon expérience avec les ingénieurs, bien sûr que ça n'avait aucun intérêt d'aller chercher le café et de faire les photocopies. Aucun intérêt intellectuel. Mais rendre service, en fait, les gens veulent rendre au centre-sup derrière. Et puis après, la vie vous joue bien des tours. J'ai retrouvé le père d'enfant que je gardais en tant que familier officier. Parce que mon équipe aussi accompagnait tous les multifamilies office et familie office. donc je l'ai retrouvé en face et lui avait ses propres clients qui l'accompagnaient etc donc voilà c'est un petit monde parfois qu'on peut retrouver c'est amusant donc nouer des bonnes relations et développer ce réseau-là sachant que tous ceux que j'ai rencontrés en salle de marché à la Société Générale je suis encore en contact avec eux chacun a des parcours très différents mais je trouve que c'est très précieux et bien écoute ce sera peut-être un Merci.
- Speaker #1
Prochain invité du podcast, sait-on jamais. Je crois que tu as une actualité qui était quand même assez chargée ces derniers temps. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?
- Speaker #0
Oui, en effet. Écoute, j'ai finalisé l'écriture d'un livre. Ce qui m'est arrivé, une aventure un peu amusante, extraordinaire dans mon contexte, mais amusante quand même, l'année dernière. Albin Michel m'a contacté pour écrire un livre sur l'éducation financière. Alors honnêtement, je ne suis pas fan de rester derrière mon ordinateur et encore moins rédigé. Donc de prime abord, ça me semblait absolument insurmontable et c'est ce que je leur avais dit. Ils m'ont dit « mais non, toutes les conférences que tu as faites, ça devrait pouvoir se faire très bien » . Et donc on a travaillé, on a réfléchi à un plan parce que l'éducation financière, même, ça me paraissait un peu… un peu brut, un peu ardu. Je n'étais pas sûre de vouloir acheter un livre. Il y avait écrit éducation financière, moi-même. Et donc, j'ai eu le temps de réfléchir à tout ce qui pouvait donner envie aux uns et aux autres de s'occuper de ces sujets. Et ça passe par différentes sphères. D'abord, mieux se connaître et mieux connaître sa relation avec l'argent. Connaître, dans ce cadre-là, tous les enjeux qui nous sont propres. Notre impôt, notre chiffre de paye, etc. Ça va les lire. Être en couple, appréhender les enjeux qu'on a à deux avec le patrimoine, donc le choix notamment des régimes matrimoniaux et tout ce que ça incombe, parce que souvent on ne réalise pas ce que ça engendre comme conséquence. Parler aussi d'argent finalement en famille, parce qu'éduquer ses enfants, comme je disais, à cette notion d'argent sans qu'ils aient des tabous, je pense que c'est important. Donc il y a des choses qu'on peut dire à 6 ans, à 12, à 18 et qu'il faut qu'ils connaissent. mais aussi tous les sujets qui sont liés aux donations qu'on peut faire pour aider les enfants, à la préparation du décès potentiel de nos parents. Je ne dis pas tant de la succession, mais c'est vraiment… Pourquoi ? Parce qu'il y a une forme de dépendance qu'on peut avoir. Il faut envisager ce sujet avec les parents, et puis après, parfois gérer, toujours à une finée, mais gérer de succession. Là, c'est un autre savoir-faire. Ensuite, il y a aussi développer sa relation à l'argent en lien avec l'entreprise. en tant que salarié, en tant qu'indépendant, quelle est ma valeur, comment je la négocie. Et puis, avec le cas particulier du chef d'entreprise qui, lui, a comme valeur son outil professionnel et comment il peut le détenir, comment il peut, disons, valoriser celle-ci et puis recréer derrière de la valeur une fois qu'il l'a vendue. Et enfin, comment on fait pour échanger, une fois qu'on a tout ça au clair, avec... sont un interlocuteur privilégié financier, parce qu'il peut prendre plusieurs formes, avec les grands principes sur les enveloppes fiscales qu'on doit connaître, appréhender, et puis les classes d'actifs. Et quand on a tout ça au clair, qu'on a placé son argent de sorte à ce qu'il serve uniquement nos projets, là, on peut aussi réfléchir à tous les aspects philanthropiques, parce qu'il y a plein de façons de le faire. Et pour moi, ça, c'était finalement avoir construit ce livre comme ça. Donc, je l'ai écrit tous ces derniers mois. Il sort en septembre, 16 septembre précisément. Il s'appelle « Votre argent, vos choix » . Et le but, c'est vraiment de donner à tout un chacun les clés pour mieux appréhender finalement ce vaste sujet que sont les finances personnelles et la relation à l'argent avec des tips très concrets, très pratiques, très pragmatiques. Parce qu'aussi dans un monde comme le nôtre, ne pas faire de choix, ne pas se préoccuper de tous ces enjeux-là, c'est quand même faire un choix. Sauf que c'est un choix qu'on subit. Donc, j'espère que ça donnera les moyens à tout un chacun de pouvoir embarquer ces sujets. Et je le vois de façon assez… un livre qu'on parcourt rapidement, en ayant en tête plein de sujets. Et puis après, qu'on va approfondir en fonction de ses besoins.
- Speaker #1
Un livre qu'on peut relire plusieurs fois et différemment. Ok, écoute, le plan est assez agréable, en tout cas, je pense, à la compréhension pour le grand public. donc à tout de suivre, tu as dit le 16 septembre ?
- Speaker #0
Le 16 septembre, tout à fait.
- Speaker #1
Ok. Ça m'interroge, tu dis que tu es néo-écrivaine, pour le coup. Ah oui,
- Speaker #0
alors après, fort heureusement, quelqu'un aide sur la structuration. Donc moi, c'était une autre Alix qui a un profil plus journalistique et qui, elle, sait tout de suite dire en fait, ça, il faut rendre le livre « didactique » agréable à lire. Sinon, ce sera juste des... pavé beaucoup trop lourd. Ce n'est pas un roman. Donc, c'est ressortir, mettre en exergue une définition. Ça, le saviez-vous ? J'ai fait aussi intervenir de nombreux experts, donc des avocats, des notaires, une psychologue au début pour expliquer la relation à l'argent, des médiateurs familiaux. Donc aussi pour avoir des témoignages de gens très experts. Parce que nous, dans notre univers, on est chevraillé avec beaucoup d'experts. Et donc, se rendre compte que oui, c'est normal aussi d'aller creuser avec des experts en tant que de besoin. Et donc, Alix m'a vraiment aidée à cet aspect de structuration, appréhension de toute cette matière qu'il y avait et d'en faire un livre qui, j'espère, sera très agréable pour prendre connaissance, pour commencer à avoir les bons réflexes. Et puis quand... Quand il y a besoin,
- Speaker #1
elle est beaucoup plus loin. Ok, trop bien. Un vrai travail d'équipe, un peu à l'instar que tu décrivais depuis tout à l'heure. J'allais te poser la question parce que tu le dis, ce n'est pas ton habitude de te mettre derrière un écran, d'écrire, etc. Est-ce que tu t'es dit, je vais me bloquer une plage de telle heure à telle heure ou est-ce que de temps en temps, il y a des idées qui venaient et dans ce cas-là, tu te dis, là, il faut que je commence.
- Speaker #0
Je suis bloquée toutes les semaines. Je suis bloquée toutes les semaines. Mais moi, je marche vraiment comme ça. C'est dans l'agenda, toutes les semaines. Comme ça, la matière vient. Et puis après, il y a eu toute cette réflexion. Une fois qu'il y avait toute la matière et beaucoup trop de caractère par rapport à ce qui était tendé, de repenser tout. Et donc, par chance, j'ai eu quelques semaines entre mes deux jobs pour pouvoir reprendre cette matière et puis la restructurer, la réorganiser, etc. etc. Et donc, c'est vraiment ce travail-là qui en fait un livre, parce que sinon, c'est beaucoup, beaucoup de matière. Mais quand on a un plan, je me suis rendue compte, structuré, finalement, on peut se dire « Aujourd'hui, il faut que j'avance sur tel sujet, tel paragraphe, etc. » Après, le plan détaillé vient et on le remodifie dans le temps, mais comme ça, on aborde les gros sujets. une fois que j'ai ces chapitres bien en tête la structure,
- Speaker #1
ça déroule hyper intéressant, merci pour finir, j'aime bien toujours demander une recommandation culturelle est-ce qu'il y a quelque chose toi, qui t'accompagne ou qui t'a accompagné dans ta carrière ça peut être une citation, un ouvrage est-ce que tu as quelque chose à nous partager ?
- Speaker #0
comme tu disais culturelle, je voudrais recommander quelque chose qui est la Cité Éco et donc qui est comme un musée de l'économie et de l'argent, qui est vraiment extrêmement précieux, sur lequel on comprend tous les flux financiers. Je pense que c'est extrêmement important dans la vie d'appréhender ces enjeux-là. Et ce qu'ils font très bien, c'est qu'ils ont des parcours adaptés à tous les âges. Donc, c'est aussi bien pour les adultes, les ados, que les enfants en bas âge. Donc, ça, c'est vraiment, si vous voulez, deep dive dans ce que c'est. approfondir, comprendre les flux financiers, etc. Et puis, la naissance de la monnaie. Enfin, voilà, il y a plein de choses à apprendre. C'est un très bel endroit. Par ailleurs... réussit pas seul. Et donc, je pense que c'est important chacun de se faire aider et donc de parler. Donc ça, je pense que dans l'équipe, on dit, on apprend des uns des autres, mais parfois, il faut aussi pas hésiter à se faire accompagner par un coach. Et je pense qu'il y a des moments dans la carrière, dans notre vie, où c'est important, parce qu'il va avoir cette vision extérieure à l'entreprise et pour redonner parfois un mode de travail, une vision différente, voilà, un peu un cadre. qui peut être précieux. Et enfin, dans notre quotidien très riche, qui avance très vite, etc., j'aime toujours dire qu'on ne sauve pas des vies. Et donc, il faut prendre ce qu'on fait aussi avec du recul, beaucoup d'enthousiasme et d'énergie, mais repositionner, parce que souvent, sinon, on se retrouve avec des équipes qui sont épuisées, qui sont beaucoup trop stressées. Et donc, l'idée, c'est de garder la niaque, l'enthousiasme, le dynamisme, mais de garder en tête que la performance vient parce que si on sait relativiser les choses, quelqu'un qui est beaucoup trop stressé ne sera pas performant. Donc, ça n'a pas d'intérêt de mettre dans cette zone-là les équipes.
- Speaker #1
Super. Écoute, merci beaucoup pour ce témoignage, Alix. On suivra, je mettrai la reco de la Cité Éco, etc. on suivra la sortie de de ton ouvrage au mois de septembre.
- Speaker #0
Un grand merci, Mickaël, pour ton écoute et tout ton travail qui, à mon avis, accompagne et permet à beaucoup de personnes soit de se projeter dans la vie active, soit de pouvoir peut-être changer de job et voir que tout est possible.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Alix. A bientôt et bonne continuation. Si cet échange vous a plu, abonnez-vous pour ne rien manquer des prochains épisodes. Rejoignez-nous sur Instagram. sur La Courbe, le podcast, et partagez autour de vous si vous pensez que ce podcast peut inspirer ou aider quelqu'un de votre entourage. Et surtout, souvenez-vous, il n'y a pas qu'une seule bonne voie. Parfois, c'est hors de la courbe que se cache le vrai potentiel. A très vite pour un nouvel épisode.