- Speaker #0
Nous avons passé tout le premier mouvement à regarder derrière nous, à repérer les guerres qui continuaient alors qu'elles étaient finies, ce qui nous aidait à oublier qu'une partie de nous ne voulait plus continuer ainsi, les systèmes qui s'étaient organisés autour de notre manière de tenir, puis enfin les voix plus anciennes qui avaient parfois contribué à écrire certaines de nos règles. À la fin, nous avons honoré la flèche. Je t'ai invité à ne pas la jeter à la mer, simplement à cesser de lui demander de t'indiquer à elle seule comment vivre la suite de ta vie. Nous voici maintenant à l'endroit que je trouve probablement le plus inconfortable de toute transition, le territoire du milieu. Ce moment où quelque chose s'est défait, où l'ancien monde a perdu une partie de son autorité et où le suivant n'a pas encore eu l'amabilité de se présenter. C'est terriblement inconfortable. Tu te sens perdu, cassé, malade, indigne. C'est là que nous entrons dans le deuxième mouvement de l'Odyssée qui a été spécialement conçu pour t'aider à traverser ce moment délicat. Ce mouvement, je l'ai appelé « Traverser sans se perdre » . Parce que le problème, évidemment, tu l'as bien compris, c'est que nous voudrions traverser cet entre-deux, vite fait, bien fait, avec une carte, idéalement une très bonne carte, à jour, avec l'itinéraire surligné, le temps de trajet, les travaux en cours, et tant qu'à faire, la garantie qu'il n'y aura pas de bouchons à l'arrivée. Alors oui, on est, tu es extrêmement doué pour cela, un morceau de l'incertitude fait surface, et hop, avant la fin de la journée, tu as tracé des colonnes sur un morceau de papier, ou, si tu préfères, dégainé un. tableau Excel, trois onglets de benchmark ou encore, pris rendez-vous avec quelqu'un qui saura te dire quelle décision serait la plus raisonnable. Cela fonctionne très bien lorsque tu sais à peu près où tu vas. Par contre, lorsque tu cherches n'existe pas encore, ça ne fonctionne pas. Au champ 5 de l'Odyssée, Ulysse est coincé depuis 7 ans sur l'île de Calypso. Ogier, c'est le nom de l'île, est magnifique. C'est le paradis, tout y est luxuriant, opulent. Point de saison, ni début ni fin. Le jour où Ulysse veut, ou disons plutôt peut partir, il n'a pas de bateau. Il a perdu sa flotte, tout son équipage est mort, et malheureusement pour lui, il n'y a pas un chantier naval discrètement installé derrière les palmiers. J'ai dit avant qu'Ulysse puisse partir, car il n'arrive pas à décider tout seul. Il faut que les dieux s'en mêlent, Zeus et Hermès qu'il missionne en messager, pour imposer finalement à Calypso, qui veut le garder juste pour elle, de le laisser repartir. Calypso, la déesse, elle va s'exécuter et elle est plutôt sympa, de bonne volonté, mais il ne faut quand même pas abuser. Pour aider Ulysse, elle ne fait pas apparaître par miracle une galère immédiatement. équipée et toute parfaite pour aller sur l'Ithac, elle lui donne des outils, lui montre où poussent les bons arbres et Ulysse se met au travail. Il abat vingt troncs, il les écarie, les assemble, fixe un mât, fabrique une voile et quatre jours plus tard, il pousse sur l'eau quelque chose qui ressemble suffisamment, vaguement à une embarcation pour quitter l'île. Et il part. Le mot qui est important ici, c'est suffisamment. Parce que le radeau de fortune qu'il a construit n'a rien à voir avec un bateau haut de gamme. Bien au contraire, il est très rudimentaire. Entre nous, Poséidon finira par le mettre en pièce, Ulysse sera projeté à la mer, luttera encore deux jours contre les vagues et arrivera chez les phéasiens, épuisé, dépouillé de presque tout. Si nous jugeons son embarcation, nos embarcations, à l'aune de ça, de notre capacité à rejoindre Ithac, nous pourrions conclure. assez sèchement que celle-ci est ratée et décider de ne même pas la jeter dans l'eau ou, tant qu'on y est, pour gagner du temps, de ne même pas commencer à la construire. Sauf que l'objet du radeau n'est pas d'être parfait. C'est de sortir Ulysse d'Ogier, peu importe. Et ça, il le fait. Je crois que nous construisons... énormément de nos décisions de vie, comme si chaque embarcation devait déjà être capable de nous conduire jusqu'à Itaques. Avant de bouger, nous voulons savoir si ce nouveau messier sera vraiment le bon, si cette activité nous plaira encore dans cinq ans, si nous serons capables de gagner notre vie avec, si travailler quatre jours nous conviendra, si déménager améliorera réellement notre existence, si cette idée mérite que nous lui consacrions du temps. Il faudrait que le premier geste porte déjà la preuve du dernier. C'est une exigence absolument impossible à tenir. Et surtout, Cette hypothèse, elle est vaine. Elle suppose que nous pourrions suffisamment bien, depuis la rive où nous sommes aujourd'hui, connaître la personne que nous deviendrons une fois en mer ou même de l'autre côté de la rive. C'est précisément ce qu'Irmana Ibarra a étudié pendant des années chez des hommes et des femmes qui changeaient profondément de trajectoire professionnelle. Avant que je te parle d'elle, rendons à César, ou disons plutôt à Cléopâtre, ce qui lui appartient. Ibarra est professeure de comportement organisationnel et experte mondiale en leadership et transition de carrière. Elle a commencé sa carrière à Harvard avant de rejoindre l'INSEAD puis la London Business School et elle est vraiment calée sur le sujet de la transition. Son travail m'intéresse particulièrement ici parce qu'il prend à rebours une grande partie de ce qu'on nous enseigne sur le changement. A savoir que la méthode classique, ça ressemble plus ou moins à ça. Commence par bien te connaître, clarifie tes valeurs, tes talents, tes besoins, ce que tu veux vraiment. Et une fois cette vérité intérieure mise à jour, décidée, gravée dans le marbre, choisis la voie qui te correspond et construis le plan qui va t'y mener. C'est propre, c'est rationnel, c'est très rassurant sur le papier. Le problème, c'est que dans la vraie vie... Pendant les transitions, les choses se passent rarement, j'ai envie de dire jamais ainsi. Les personnes ne découvrent pas d'abord qui elles sont avant de commencer à changer. Elles apprennent aussi et surtout et bien plus qui elles peuvent devenir en faisant des choses qu'elles ne faisaient pas encore, en entrant dans de nouveaux milieux, en côtoyant des personnes différentes, en essayant un rôle avant de savoir s'il leur va. L'expérience précède une grande partie de la connaissance. Autre notion que je veux aborder avec toi aussi ici, c'est les possible selves, et soit possible en français. Je ne te parle pas de ce qui pourrait être une nouvelle identité cachée quelque part au fond de toi, qui attendrait patiemment d'être découverte, mais je te parle d'un ensemble de versions encore incomplètes, encore en potentiel. Il y a celle qui pourrait travailler autrement. Il y a celle qui vivrait en Italie. Il y a celle qui dirait plus souvent non. Il y a celle qui ferait une place dans sa vie à du dessin, des conversations, des voyages, choses qui, jusqu'ici, n'avaient droit qu'à des miettes. Certaines de ces versions ne t'iront pas du tout. D'autres te surprendront. Et il y en aura d'autres encore que tu ne soupçonnes même pas. encore d'exister parce qu'elles ne peuvent apparaître qu'en chemin. C'est peut-être cela, à mon sens, qui est difficile à accepter. Nous voudrions que la réflexion nous épargne l'incertitude de l'expérience alors qu'une partie, une grande partie de la réponse n'existe tout simplement pas avant elle, mais avec elle. Pourtant, tu le sais, tout le processus d'apprentissage repose sur le fait d'être nulle au départ. de l'accepter et de persévérer suffisamment pour pouvoir acquérir plus de maîtrise. C'est l'histoire de la marche du vélo. Mais peut-être ce qu'on oublie bien souvent quand on sort ces sempiternels exemples, c'est que ce n'est pas la même chose d'être débutante à 18 mois ou même 20 ans que de redevenir débutante après 20 ou 30 ans, passer à construire sa compétence et à être devenue une experte. Et ça... C'est important de le reconnaître pour éviter de se flageller et de culpabiliser, car ce n'est pas la même aventure et c'est normal que ça coince aux entournures. Pour être dans cette équipe, il faut allier la volonté, la grâce, le rythme et une grande hygiène de vie. Tu t'en sens capable de ça ? Tu sais nager au moins ?
- Speaker #1
Oui, pas mal.
- Speaker #0
C'est bon, tu es dans l'équipe. J'aime beaucoup cet extrait qui vient du film Le Grand Bain de Gilles Lelouch. Un pitch rapide si tu ne connais pas, le grand bain c'est l'histoire d'une équipe de natation synchronisée masculine composée d'hommes tous un peu cabossés par la vie. et qui se retrouve dans une piscine à tenter quelque chose qu'aucun d'eux n'avait imaginé faire. Celui que tu viens d'entendre, c'est Bertrand. À ce moment-là, il n'a pour ainsi dire aucune des compétences que sa coach vient démunérer, il ne sait pas faire de natation synchronisée, il ne sait même pas encore très bien ce qu'il vient chercher là. Elle lui demande simplement s'il sait nager et il répond « pas mal » et il y va. J'adore ça, parce qu'à 20 ans... « Ne pas savoir » est encore assez largement prévu au programme, et on sait le faire. Plus tard, la compétence a parfois simplement cessé d'être simplement quelque chose que nous possédons. Elle est devenue une partie de la manière dont le monde nous reconnaît. Tu es celle qui connaît le dossier, celle qui sait comment faire, celle qui trouvera la solution. À force, cette compétence devient un passeport. Elle ouvre les portes, sécurise une place, produit du respect. et aussi un revenu, un statut, une appartenance. Redevenir novice touche donc à quelque chose de beaucoup plus sensible que notre amour propre. C'est une question d'identité. Identité dans le regard des autres. Pendant un moment, nous devenons moins lisibles, mais aussi et surtout, identité interne. Car nous devenons aussi moins lisibles à nos propres yeux. La personne qui savait exactement... pourquoi on l'a payée se retrouve à bricoler quelque chose dont elle ignore encore la valeur. Celle qui avait 30 ans d'expérience dans une pièce entre dans une autre où personne n'a particulièrement besoin de ce qu'elle sait déjà faire. Et le plus intéressant, c'est que cette gêne ne nous appartient pas entièrement. Nous l'avons vu dans l'escale de l'autre déole, qu'un système s'organise autour des places que chacun occupe. Lorsqu'une famille te connaît comme celle qui anticipe tout, ton envie soudaine de ne plus le faire crée. un vide concret. Lorsqu'une équipe a pris l'habitude que tu arrives avec la réponse, te voir dire « je ne sais pas » modifie aussi la position des autres. Un couple peut s'être construit autour d'une répartition très précise des compétences, des risques, des revenus ou des responsabilités. Ce qu'il faut retenir, c'est que ton changement n'entre jamais dans une pièce vide. Il déplace des meubles. Et parfois, avant même que quelqu'un s'y oppose franchement, tu sens déjà le frottement. C'est l'une des raisons. pour lesquels je me méfie beaucoup des grands discours sur le courage de se réinventer. Ils transforment facilement un problème d'architecture en examen de bravoure personnelle. Comme si, pour changer, il suffisait d'avoir suffisamment confiance en soi pour sauter de haut de la falaise. À cette image, je préfère très nettement celle du radeau. Le radeau ne te demande pas de supprimer la peur. Il réduit simplement la taille du pari. Il ne réclame pas que toute ta vie se réorganise autour d'une intuition encore fragile. Il crée un morceau de réalité assez petit pour que tu puisses l'observer sans obliger immédiatement ton couple, ton compte bancaire, ton équipe, ton identité entière à monter à bord. C'est ici que j'ai envie de faire rentrer une deuxième chercheuse que j'aime beaucoup. beaucoup aussi dans notre bateau. Anne-Laure Lecunf travaille précisément sur cette manière d'avancer quand on ne connaît pas encore la destination. Elle l'oppose à cette tendance très contemporaine à vouloir sécuriser la réponse avant même d'avoir commencé à vivre la question.
- Speaker #2
Ma première question par rapport à ce livre, c'est s'il y avait une chose que les auditeurs et auditrices pourraient retenir par rapport à tout ce que tu vas nous dire,
- Speaker #0
ce serait quoi ?
- Speaker #2
Expérimenter. À chaque fois qu'on se trouve en phase de doute, de questionnement, d'incertitude, on a vraiment tendance à vouloir être dans le contrôle, à vouloir trouver une solution. Parfois, on se retrouve à faire plein de recherches pour essayer de voir s'il n'y a pas quelqu'un qui a partagé une recette qu'on peut copier-coller pour nous donner vraiment la réponse instantanée qui va régler tous nos problèmes. Mais notre situation, elle est unique. On est unique. Les personnes dans notre vie, elles sont uniques. Nos relations sont uniques. Et donc, si vraiment... vous n'avez pas le temps de lire le livre et vous voulez juste avoir l'essence du livre, c'est à chaque fois que vous avez un doute, un challenge devant vous, posez-vous la question, OK, quelle est la petite expérience que je puisse essayer, quelque chose que je puisse tenter, pas parce que je veux une solution immédiate, mais parce que je suis curieuse de découvrir ce qui va se passer.
- Speaker #0
C'est exactement le déplacement que je te propose de faire dans ce deuxième mouvement. Face à l'incertitude, Anne-Laure propose de quitter un instant la mentalité. linéaire, définir le résultat, prévoir les étapes, mesurer l'écart, pour entrer dans une mentalité expérimentale. Nos intuitions deviennent moins des décisions à défendre que des hypothèses à éprouver. On observe quelque chose ? On essaie, on recueille ce qui s'est passé, puis ce que nous avons appris modifie l'essai suivant. Ça peut paraître minuscule, mais en réalité, ça change le contrat. Si je décide, par exemple, je vais devenir indépendante, chaque mauvaise journée où je n'ai pas signé un client fait du chiffre peut être interprétée comme une preuve que j'ai pris la mauvaise décision. Si je choisis d'expérimenter pendant quelques temps, Ce que produit davantage d'autonomie dans ma manière de travailler, je n'ai plus besoin que l'expérience me donne raison. J'ai besoin qu'elle m'apprenne quelque chose. Par exemple, je suis du matin pour les tâches intellectuelles. Quand j'arrive préparer un call client, c'est fluide, mais je ne dois pas tout scripter, sinon je ne suis plus dans l'écoute. Comme tu le vois, ça change profondément la place de l'échec. Un radeau qui prend un peu l'eau fournit une information. Peut-être... Faut-il renforcer avec une planche ? Peut-être ce matériau ne convient-il pas ? Peut-être que tu découvres une fois assise dessus que la direction qui t'a tiré depuis la plage ne t'intéresse finalement plus tant que ça. C'est une excellente nouvelle ! Tu viens d'apprendre quelque chose sans avoir eu besoin d'y consacrer 5 années de vie. Évidemment, notre ancien monde sait très bien récupérer cette idée aussi. On lui dit expérimente et hop ! il ouvre immédiatement un programme de 12 semaines avec indicateur de progression, objectif final, bilan intermédiaire et petite récompense à la fin. Je te l'ai déjà dit, la flèche sait très bien se déguiser. Et dans ce cas précis, elle a au moins trois costumes que j'aimerais que nous abordions et que nous sachions reconnaître avant que tu construises ton radeau dans l'expérience qui va suivre. Le premier ressemble énormément à du changement, simplement parce que le décor a changé. On va l'appeler le caméléon. Tu quittes une entreprise pour faire exactement le même métier dans une autre, avec les mêmes règles intérieures, la même manière de te rendre indispensable et la même définition de la réussite. Ça peut sembler être une excellente décision, mais ce qui m'intéresse est de voir si le nouveau ouvre réellement quelque chose ou s'il prolonge simplement le scénario précédent avec un autre logo sur la porte. Le deuxième costume est plus élégant encore. Je vais l'appeler Don Juan. C'est quand tu choisis une nouvelle voix parce que tout le monde la comprend et l'applaudit immédiatement. Une activité valorisée, un projet dont tu peux facilement raconter la cohérence, quelque chose qui rassure parce que les gens autour de toi reconnaissent encore très bien sa valeur. Là encore, aucune raison de rejeter cette piste. Mais si tu es simplement... motivé par le regard des autres pour prendre cette décision, là, il y a un souci. Dernier costume de notre flèche, mon préféré, le grand récit épique. Quitte à changer, trouvons enfin la vocation, la mission. Je vais l'appeler Mère Thérésa. C'est quoi ? C'est le projet qui donnera rétrospectivement un sens lumineux à tout ce qui précède. Je comprends parfaitement l'attrait. Nous avons passé le premier mouvement à démonter une partie de notre récit héroïque, ce serait presque dommage de ne pas en fabriquer immédiatement un nouveau. Sauf qu'un radeau n'a aucune vocation à devenir une destinée. Il sert juste à quitter un peu la rive. La distinction la plus importante de cette escale tient à cette phrase. Essayer n'est pas décider. Essayer de travailler autrement que pendant quelques semaines ne t'engage pas à restructurer toute ta carrière. Dire une fois je ne sais pas ne t'engage pas à devoir tout le temps reporter une réponse. Par contre, laisser une personne prendre la main sur un sujet te donne une information sur ce que cela produit en toi, chez elle et dans le système autour de vous. Refuser une demande que tu aurais automatiquement acceptée ne signifie pas que tu aies devenu une femme qui dit non. Tu observes simplement. ce qui arrive lorsqu'une autre version de toi dispose de quelques centimètres carrés pour exister. Ça peut paraître très peu, mais c'est immense. Parce qu'à cet endroit, nous cessons de demander à la pensée de fabriquer seule une personne qu'elle ne connaît pas encore. Nous lui donnons de la matière, une situation réellement vécue, une réaction imprévue, un soulagement que nous n'avions pas anticipé. Peut-être aussi une déception, un ennui, ah non. En fait, surtout pas ça. Tout cela est extrêmement précieux. Au cours d'une transition, Chaque expérience apporte un morceau de réponse et fabrique en même temps une meilleure question. C'est une manière beaucoup plus fidèle de penser le milieu de la traversée. Nous n'allons pas obtenir progressivement toutes les réponses jusqu'à ce que le brouillard se lève et qu'il tâche apparaissent en haute définition. Nous allons plutôt apprendre à naviguer dans l'incertitude avec davantage d'informations hier et moins que demain. Et surtout, je vais t'inviter à deux rythmes différents. Commencez plus vite, mais éprouvez et conclure plus lentement. Commencez, testez plus vite, éprouvez et conclure plus lentement. Ne pas passer six mois à décider quel radeau mérite d'être construit et une fois qu'il est à l'eau, lui laisser assez de temps pour nous apprendre quelque chose avant de prononcer notre verdict. Partez sans mentir, sans me dire qu'est-ce que je vais devenir Stop, ne réfléchis plus, me guise Stop,
- Speaker #3
ne réfléchis plus, vas-y Partez sans mentir, sans me dire qu'est-ce que je vais devenir Stop, ne réfléchis plus, me guise Stop, ne réfléchis plus, vas-y
- Speaker #0
Dans la deuxième capsule de cette escale, je vais donc te proposer de construire ton radeau. Ce n'est pas le radeau qui doit t'emmener jusqu'à Ithac, j'espère que tu l'as compris, mais c'est quelque chose de plus modeste et à mon sens beaucoup plus utile. Une petite expérience dans la vie réelle, autour d'une version de toi que tu n'as pas encore besoin de revendiquer. Elle pourra flotter, prendre l'eau, changer de forme en route, tu n'as pas à choisir aujourd'hui qui tu vas devenir. Tu as seulement besoin de rendre une possibilité suffisamment réelle pour pouvoir l'éprouver. Ton radeau n'a pas besoin de connaître Ithac, il doit simplement quitter l'île de Calypso.
- Speaker #3
Je me disais qu'il y a pire, si c'est comme ça va faut qu'la vie d'artiste Je sais que ça fait cliché de dire qu'on est pris pour cible, mais je veux dire juste pour la rire