- Speaker #0
Moi j'ai jamais cru aux artistes maudits. « Ah ça marche pas, le public a rien compris. » Non, non, il a compris que t'étais mauvais. C'est un métier d'égocentrique et d'égoïste. Le stand-up c'est super facile. Il suffit que t'aies un peu les couilles de monter sur scène, d'oser raconter des trucs sans intérêt. Et je soupçonne Bert Reynolds de m'avoir dragué. Les gens connus, souvent, ils ont pas une grande forme d'empathie. Et je peux lui dire que, bah déjà que je l'emmerde, les filles qui font rire, elles sont toutes hyper trinches. Il n'y en a pas une qui parle. pas de sa chatte, de ses règles. Si un wokiste vient voir mon spectacle, il va me détester. Il est sans filtre, il va dire des conneries encore, et je l'ai dit.
- Speaker #1
Peut-être parce qu'on ne dit pas les choses. La FEM, la FEM, la FEM. La FEM, la FEM, la FEM. La FEM, la FEM, la FEM. La FEM, la FEM, la FEM. La FEM, la FEM, la FEM. La FEM, la FEM, la FEM. La FEM, la FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM, la FEM. La FEM. La FEM Bonjour, bonjour, bienvenue dans La Femme, le podcast qui ausculte la célébrité en compagnie des gens célèbres. On s'est rendu compte la dernière fois qu'on avait oublié de se présenter pour le premier numéro, donc je vais réparer cette erreur. Je m'appelle François Léger et mon acolyte en face de moi s'appelle Pierre-François Caillot. Ça va bien Pierre-François ?
- Speaker #2
Ça va très bien, merci François. Et aujourd'hui, en deuxième invité, on accueille un réalisateur, acteur, doubleur, scénariste, chanteur, écrivain, amoureux des plantes et bien sûr, humoriste en tournée dans toute la France pour son spectacle Cactus. Trêve de suspense parce qu'en plus tous les auditeurs savent qu'ils ont cliqué sur la vignette. On accueille Elie Semoun. Bonjour Elie.
- Speaker #0
Bonjour, je suis la deuxième victime après Jérémy Ferrari. C'est ça ? Ah d'accord. Bon très bien. Ça va, il a été poli avec vous ?
- Speaker #2
Il a été adorable.
- Speaker #0
Il ne vous a pas trop insulté ?
- Speaker #2
Un tout petit peu, mais après.
- Speaker #0
peu après, bien sûr, une fois qu'il a entendu le résultat. François et Pierre-François.
- Speaker #2
Est-ce que vous, petit, enfant, vous rêviez d'être Elie Semoun, la personne que je viens de présenter ? Est-ce que c'était votre rêve d'être cette personne ? Je sais aussi que vous faisiez des poèmes lorsque vous étiez...
- Speaker #0
Quand on est petit, on ne sait pas trop ce que c'est, mais quand on a 11, 12 ans, quelque chose comme ça, on peut penser que ça existe. On sait que ça existe, parce qu'on a des idoles. Oui, oui, tout à fait. Si je m'étais vu, moi, petit Eli, à 11-12 ans maintenant, bon, c'est sûr que j'aurais dit mais qui est cette personne âgée ? Deux jours à vivre, certainement. Mais donc, oui, oui, ça va. Je pense que je suis à la place où je voulais être, à peu près, à quelques détails près.
- Speaker #2
Et c'était quoi pour vous la célébrité ? Alors juste Pierre-François je me permets de te couper Parce que tu refais encore ce truc de dire Effectivement je m'arrête tout de suite Les mecs si vous entendez pas Il est trop poli Pierre-François J'ai été habitué à vous voyer toute ma vie Mais on a dit Il faut tutoyer pendant le podcast Le vouvoiement moi je trouve ça très beau Moi aussi
- Speaker #0
C'est un truc de séduction mais là on est entre mecs Donc ça n'a pas de valeur Mais moi je trouve que quand tu rencontres Une femme et que tu veux la séduire Le vouvoiement je trouve ça et hyper sexy. Mais là, on n'est pas dans un truc de séduction. On est entre braguettes.
- Speaker #2
On est ensemble en quatrième jaune. Quelles étaient tes idoles et qu'est-ce que c'était pour toi d'être célèbre ?
- Speaker #0
C'était plutôt des idoles littéraires. J'aimais bien Boris Vian, j'aimais bien Georges Brassens, j'aimais bien Annie Cordy, j'aimais bien Claude François. Et après,
- Speaker #1
c'était quoi pour toi, ces gens-là ? C'était des gens inaccessibles ? Qui accompagnaient...
- Speaker #0
Ah oui, complètement inaccessibles. D'ailleurs, le premier autographe que j'ai fait, Mais vous, vous êtes trop jeune, vous ne connaissez pas, c'était le présentateur des dossiers de l'écran. Et j'avais aussi demandé à Michel Polnareff.
- Speaker #1
Ah, pas mal !
- Speaker #0
C'est des gens qui semblent complètement inaccessibles. Et puis c'est surréaliste. Moi la question, la phrase que j'entends le plus c'est « Oh, ça fait bizarre, je ne vous ai jamais rencontré en vrai » . Alors moi parfois je réponds « Bah moi non plus, tu vois, c'est la première fois que je te vois en vrai » . Donc moi aussi ça me fait bizarre. Donc oui, on va dire que c'était l'inaccessibilité. Et puis ce côté, on arrive d'une autre réalité dans la réalité. Donc pour les gens, ça fait bizarre.
- Speaker #1
Mais ça fait quoi de créer ça chez les gens ? C'est étonnant toujours ?
- Speaker #0
On va dire que c'est une habitude, mais c'est maintenant en toute modestie. Oui, bien sûr. On va dire que j'ai... Enfin, c'est marrant parce que quand tu es connu et que tu vas dans un endroit, tu sais qu'il va se passer un truc. C'est intéressant.
- Speaker #2
Est-ce qu'il y a un bruit ? Quand vous arrivez quelque part, il y a une sorte de silence.
- Speaker #0
Je ne suis pas Alain Delon.
- Speaker #2
Tout le monde dit
- Speaker #0
Alain Delon quand il rentrait dans un restaurant, tout le monde se taisait ou Johnny Hallyday.
- Speaker #2
Il y a une sorte de moment de suspension, c'est lui, c'est pas lui, les gens chuchotent.
- Speaker #0
Moi je fais un truc souvent, je ne devrais pas parce que ça peut paraître prétentieux en fait. Je repère tout de suite les gens. qui m'ont reconnu et je leur dis oui, oui, moi aussi je vous ai reconnu. Et les gens me disent, ben non, c'est moi qui vous ai reconnu. Puis je dis, non mais c'est une blague. Ah oui, d'accord. Enfin, j'inverse la situation. C'est comme pour démystifier l'instant. En fait, je leur fais comprendre que moi, je les ai vus me voir. Je casse un peu cette espèce de fil qu'ils ont installé où ils vont me regarder par dessous, où ils vont peut-être de prendre des photos en douce. Tout d'un coup, je casse tout ça en leur disant je sais très bien que vous m'avez reconnu.
- Speaker #1
Parce que c'est trop pénible sinon ?
- Speaker #0
Oui, ce regard-là est un peu... C'est un regard assez déshabilleur. Je ne me sens pas très à l'aise avec ces trucs-là.
- Speaker #2
De savoir que potentiellement, là, on est pris en photo, vous êtes, je ne sais pas, dans le train ou il y a quelqu'un derrière. Oui, ça m'est arrivé hier. Qu'est-ce que ça vous fait ? Ça te fait.
- Speaker #0
C'est pas grave. Il y a une dame qui m'a pris en photo de loin, à la gare, et je me suis approché d'elle. Je ne savais pas qu'il y avait des paparazzi à Saumur. Alors elle rigole et je lui dis, vous savez, ce serait mieux que vous demandiez. Et puis si vous voulez, on la fait, ce serait plus proche et elle sera moins ratée.
- Speaker #1
Et elle s'est sentie bête ?
- Speaker #0
Non, elle a rigolé. Je pense qu'elle l'a bien pris.
- Speaker #1
Mais tu comprends ce...
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ce système-là, pourquoi les gens se mettent à faire ça ? On en parlait avec Jérémy Ferrari la dernière fois, c'est vrai que c'est quand même un peu étonnant, tu vois. Lui, il trouvait ça un peu humain que les gens se... Oui, c'est normal,
- Speaker #0
j'étais à leur place. Par contre, il y a des choses que je ne ferai jamais ou que je n'ai jamais fait. Interrompre quelqu'un de connu quand il est au téléphone, s'incruster dans des conversations quand on est dans un café ou dans un restaurant, dire excusez-moi de vous déranger alors que...
- Speaker #1
Tu sais que tu déranges.
- Speaker #0
J'ai tout... Oui, oui, franchement, ça fait... longtemps que les gens me connaissent. Donc oui, j'ai vécu toutes les agressions. Enfin, ce n'est pas des agressions, mais il peut y avoir des agressions. Oui, oui, oui, toutes les phrases ridicules. Mais vous êtes vous ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
je suis moi. Ah, mais c'est marrant parce qu'on dirait que vous êtes un synonyme. Non, je veux dire... Enfin, bref, ils perdent un peu leurs moyens. Mais ça peut paraître prétentieux de se moquer de ça. Donc je ne veux pas trop le... Non, ce n'est pas prépensieux,
- Speaker #1
je comprends. C'est ta vie, j'imagine, c'est ton quotidien et ça doit arriver un nombre incalculable. Forcément, au bout d'un moment, il vaut mieux en rire.
- Speaker #2
Est-ce que ça a changé après toute cette carrière ? En plus, au début, tu as commencé, vous étiez à deux, vous faisiez des sketchs qui étaient quand même assez corrosifs. Après, tu as eu ta carrière solo, maintenant il y a du cobu. Est-ce qu'il y a eu un changement de rapport avec le public au quotidien quand il te parle ? Est-ce que ça a changé ? Est-ce que c'était la même chose en gros dans les années 90, dans les années 2000 et aujourd'hui ?
- Speaker #0
C'était plus fort avant. Parce que je ne sais pas ce qu'on était avec Dieudonné, on était une nouveauté. Donc les gens, ils hallucinaient. Et souvent, il y a un truc que je remarquais quand j'étais en tournée avec mon régisseur, c'est qu'on arrivait dans des restaurants ou dans des cafés et ça parlait, les gens me reconnaissaient. Et régulièrement, j'entendais des assiettes se briser parce qu'ils faisaient n'importe quoi et ça les déstabilisait. Ils pétaient des... Un autre truc aussi, c'est quand tu vas au McDo, ils sont tellement troublés qu'il faut vraiment regarder ce qu'ils t'ont mis dans le papier, ce qu'ils ont mis n'importe quoi. Ils sont complètement troublés. C'était plus l'hystérie avant que maintenant. Mais c'est normal, maintenant je ne suis plus du tout le sex-symbole que j'étais.
- Speaker #1
Bien sûr. Mais tu l'as vécu comment cette explosion avec Dieu Donné ? Parce que vous êtes devenu assez vite très très important. Vous étiez énorme dans l'humour français.
- Speaker #0
Il n'y en avait pas beaucoup.
- Speaker #1
Oui, il n'y en avait pas beaucoup, mais vous étiez assez jeune. On le dit comment, ça t'est monté un peu à la tête ? Non,
- Speaker #0
franchement, ça ne m'est jamais monté à la tête parce que je ne me suis jamais pris au sérieux. Je n'ai jamais pensé que j'étais quelqu'un d'important. Jamais, jamais. C'est plutôt sain. Oui, c'est plutôt sain. Et puis, la reconnaissance, elle est arrivée progressivement, pas du jour au lendemain, pas comme une star de télé-réalité. qui est connu du jour au lendemain et qui, là, peut péter un câble. Nous, ça a été progressif. On a été à la mode, mais pas trop. Et là, ça fait peut-être 35 ans, un truc comme ça, qu'on a commencé et que je suis connu. Mais ça a toujours été gentil. Et puis, tout le monde ne me reconnaît pas. J'ai fait une vidéo, il n'y a pas longtemps, sur TikTok. Ça a fait 3 millions de vues, 5 millions de vues sur TikTok, d'une petite nana. J'allais jouer à Hasbrook, je suis monté dans le TER. Je lui ai dit, vous êtes de Hasbrook ? Oui, oui. Je dis, oui, parce que je ne connais pas du tout ce que je vais jouer. Et puis elle me dit, mais vous jouez à quoi ? Au basket ? Je dis, non, je vais faire mon spectacle. Je dis, ah, vous ne savez pas qui je suis en fait. Et puis elle me dit, non, quand je vous ai vu, elle avait 17 ans. Oui, du cobu. Oui, oui, c'est ça. Donc, tout le monde ne me connaît pas. Il y a la génération des 17-20 ans qui ne me connaissent pas du tout parce qu'ils ne sont que sur Internet et je ne fais pas partie des gens qu'ils connaissent. Par contre, les plus âgés, oui. Et les plus jeunes, oui. Mais entre les deux, je ne sais pas. Il y a un pouls noir. Peut-être.
- Speaker #2
Et quand ça a explosé avec Dieudonné au début, est-ce que c'était justement plus agréable d'être à deux pour vivre tout ça, ces changements de vie ? Oui,
- Speaker #0
oui. Parce qu'à deux, on peut se moquer des gens. Et nous, on se foutait de la gueule de tout le monde, à commencer par nous. À deux, c'est vachement plus drôle. D'abord parce que quand on faisait des interviews, par exemple, on disait n'importe quoi. Et ça nous faisait beaucoup rire. On inventait des conneries et on en pleurait de rire. Et puis avec les gens qui venaient nous parler, on les embrouillait. Donc tout est plus drôle à deux. J'ai beaucoup regretté quand je me suis retrouvé tout seul. C'était moins drôle.
- Speaker #2
D'ailleurs, tu t'es pas mal entouré de duos après. Il y a eu Dubosc dans...
- Speaker #0
Juste avec Franck. Mais oui, bien sûr, moi j'aime bien le partage. J'aime beaucoup ça.
- Speaker #2
Et après, justement, d'ailleurs, Dieu Donné, tu n'as pas eu l'idée de faire un autre duo sur scène ?
- Speaker #0
Avec un chinois peut-être. Il faut encore me changer. C'est compliqué parce que c'est pas comme un casting de télé-réalité ou un casting de... Tu sais, les groupes de boys band où ils réunissaient des gens artificiellement. C'est pas comme ça que ça se passe.
- Speaker #1
Mais avec Franck Dubosc, il n'y a jamais pensé.
- Speaker #0
À monter sur scène ? Mais Franck, il a... Comme souvent, on nous demande si on va reprendre les petites annonces, mais Franck, il est ailleurs, il est dans le cinéma. Donc c'est pas sa priorité. Puis on parle souvent, lui il me dit qu'il m'envie pas quand je fais en tournée, il envie pas les transports, les hôtels. Et je peux comprendre parce que c'est épuisant. Et c'est pas la partie la plus sexy. Ce qui est génial c'est jouer. C'est comme au cinéma, l'intérêt c'est quand ça tourne, mais sinon entre les deux c'est chiant, c'est technique et tout, c'est insupportable. Donc il est pas du tout dans ce délire là. Mais j'aurais adoré, quand j'ai écrit Cactus, je l'ai écrit quasiment tout seul. Tout le monde m'a laissé tomber. J'ai appelé tous mes potes. Ouais, tu ne veux pas écrire avec moi. Ça n'intéressait personne. Ni Muriel Robin, ni Franck, il n'avait pas le temps. Manu Payet, j'ai un peu ramé pour le retrouver. Donc, je me suis retrouvé à écrire tout seul. Et puis finalement, c'est mon meilleur spectacle.
- Speaker #2
Tu as tourné avec Bert Reynolds, j'ai vu ça. Ah oui, Est-ce que tu en racontes un peu ça ? Est-ce que tu as tourné là-dedans parce que Bert Reynolds était... fasciné par... Non, non, non,
- Speaker #0
pas du tout. J'ai tout simplement passé des essais avec un réalisateur qui s'appelle Klaus Biedermann, un Allemand, tu vois, comme quoi il n'est pas très rancunier. Enfin, non, moi. Et donc, j'ai passé des essais pour ce film. C'était un film d'auteur. Et je me suis retrouvé comme ça là-dedans, mais le réalisateur me connaissait, mais Bert Reynolds, évidemment, il ne me connaissait pas du tout. Et j'ai halluciné quand on m'a dit oui. et que je me suis retrouvé à tourner trois mois à New York. C'était formidable. Et j'ai appris, j'ai côtoyé la psychorigidité des Américains avec ce côté insupportable où l'acteur principal n'a pas le droit de parler aux costumières ni de manger avec l'équipe technique. Enfin, que des conneries. Maintenant, ça doit être encore pire, ça doit être horrible. Pile poil ce que je déteste. Et c'est ça qui m'a motivé à écrire mon spectacle d'ailleurs, ce politiquement correct insupportable.
- Speaker #2
donc côtoyer Bert Reynolds au quotidien formidable,
- Speaker #0
génial, on était devenus copains je l'ai même invité à Paris on est allé voir des concerts de jazz ensemble je lui ai fait rencontrer Daniel Auteuil parce qu'il en rêvait et je soupçonne Bert Reynolds de m'avoir dragué je pense qu'il y a un truc super bizarre il m'offrait plein de choses bon je les ai jetés je suis con mais des bottes de cow-boy,
- Speaker #2
des Santiago qu'il avait signé Tu les as balancés ? Ouais,
- Speaker #0
c'est ça, c'est super bizarre. Mais oui, il m'a raconté plein d'histoires avec Frank Sinatra, Elvis Presley. Il m'a même raconté qu'à l'époque où il était méga connu, il y a une meuf qui s'est postée elle-même dans un colis par la poste pour arriver jusque chez lui.
- Speaker #2
Là, c'est un niveau de célébrité ?
- Speaker #0
Là, on parle d'un truc, mais là, ce n'est pas humain.
- Speaker #1
Est-ce qu'il t'est arrivé des choses comme ça ? Pas ça, mais quelque chose d'assez étonnant, des trucs assez dingues de fan ?
- Speaker #0
Oui, une nana qui m'a écrit pendant 8 ans par mail. J'ai fait la connerie de lui écrire. À l'époque, il y avait un truc qui s'appelait MySpace. Mon album venait de sortir et elle a beaucoup aimé. Elle s'est projetée sur moi. Grosse connerie, je lui ai parlé. C'était une fille qui n'était jamais sortie de chez elle, qui était hypersensible, qui avait beaucoup de problèmes psychologiques. Et donc, à un moment, j'ai arrêté de communiquer avec elle. Ça l'a rendu dingue. J'ai eu ses parents qui m'ont écrit, qui m'ont dit, s'il vous plaît, ne faites pas ça, elle va se suicider. Je crois qu'elle a fait une tentative. Un jour, elle m'a attendu à la sortie du casino de Paris. Ça m'a fait super peur. Un peu comme dans la valse des pantins.
- Speaker #1
J'espère qu'elle n'en prend pas On l'embrasse
- Speaker #0
Non non Pas du tout
- Speaker #1
Et peut-être pour en revenir A la célébrité et à l'explosion Que vous avez connue d'abord
- Speaker #0
Le concept de votre émission c'est la célébrité Ah mais bon
- Speaker #1
Une fois qu'on a dit ça Ça ouvre plein d'autres sujets Et alors justement quand tout ça est arrivé J'imagine que vous avez eu Des énormes rentrées d'argent que vous n'aviez jamais eu Dans votre vie Comment on gère ça Et puis alors pour les plus jeunes qui nous écoutent Il faut savoir qu'à l'époque Les humoristes vendent des gigatonnes De palettes de DVD De cartelettes YouTube, il n'y a pas de ça. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #0
On avait vendu... À chaque fois qu'on faisait des petites annonces, on avait des avances. Des avances d'argent de la part de... Qu'est-ce qu'ils nous produisaient ? C'était Universal. Ils nous donnaient des avances. Avec ces avances, c'était des avances de 700 000, 800 000 euros. Et là-dedans, tu prenais de quoi tourner tes petites annonces. Et puis après, le reste, tu le conservais. Mais c'était des avances, c'est-à-dire qu'il fallait vraiment rembourser cette somme en vendant des DVD pour pouvoir la conserver, sinon tu devais la rendre. Donc oui, ça fait des sommes importantes. Et puis à l'époque, oui, c'était dingue.
- Speaker #1
Vous ne venez pas d'un milieu forcément riche. Vous vous êtes retrouvé du jour au lendemain, peut-être pas du jour au lendemain, mais à payer l'ISF. Ah oui, complètement. Comment on ne pète pas les plombs et comment on gère ça ?
- Speaker #0
Ces choses-là n'arrivent pas du jour au lendemain. Ça met du temps. Ce n'est pas du tout comme si j'avais gagné au loto. Évidemment, je passais de pas grand-chose à beaucoup. Sauf que ça n'arrive pas comme ça. On écrivait pendant un an, les petites annonces, les spectacles aussi. Ça prend beaucoup de temps. Celui-là, j'ai mis un an et demi pour l'écrire. Et puis, il y a les impôts qui t'attendent au tournant. Au final, tu es content, mais tu es à moitié content. t'es content à 45%
- Speaker #2
mais il n'y a pas un petit vertige quand même même avec Ellie, c'est à dire que vous vendiez aussi plein de cassettes je suis pas schizophrène vous vendiez plein de cassettes donc en fait il y a quand même un niveau de vie qui a augmenté de façon drastique j'imagine relativement rapidement dans le cas de Dieudo c'était pas moi qui gérait le pognon,
- Speaker #0
c'était lui donc ça a posé quelques problèmes voilà c'est ça donc c'était tout était trouble Oui, bien. Mais en effet, c'est très agréable. Et grâce à ça, j'ai pu m'offrir une maison en banlieue. Je suis passé de la chambre de bonne, après à la location à Paris, à l'achat d'une maison. Alors ça, c'est chouette. C'était mon rêve. De toute façon, ce n'était même pas la maison que j'achetais, c'était le jardin.
- Speaker #1
Et alors, quand vous vous séparez avec Dieu donné, là, tu te retrouves seul. Comment on repart ? Est-ce que tu as douté que tu pourrais y arriver seul ?
- Speaker #0
Ah ouais, franchement, ouais. D'ailleurs, le titre de mon spectacle, c'était « Ellie et ses moons » . C'était vraiment un clin d'œil à mon duo. Oui, oui, moi, je suis très dans l'affectif. Et même si on me fait des crasses, je ne suis pas très rancunier. Ce n'est pas mon truc. On va dire que je n'ai peut-être pas beaucoup de fierté non plus. Oui, ça m'a vraiment fait du mal. Et j'étais vraiment déstabilisé pendant quelques mois. Je revenais de ce film avec Bert Reynolds. Et en trois mois, Dieudo avait écrit un spectacle et je me retrouvais à aller le voir jouer. Une sensation mais horrible. J'étais au balcon au théâtre. J'ai oublié le théâtre, pardon.
- Speaker #2
T'as l'impression de te faire tromper.
- Speaker #0
Mais devant toi. J'étais là et puis je ne comprenais pas. Quand il se fait applaudir, j'étais... Même quand moi, je me suis fait applaudir quand j'ai fait mon spectacle tout seul. J'ai eu ce réflexe de me tourner comme ça. J'ai tellement l'habitude. Moi, je m'étais projeté pour longtemps avec Diodo. Pour toi, vous allez faire votre carrière ensemble au départ. Complètement. D'ailleurs, c'est débile parce que pour moi, c'est un gros gâchis. Mais bon, on ne va pas commencer à parler de Diodo. Non, on va parler de l'histoire, exactement.
- Speaker #1
Et justement, tu voulais peut-être... Non,
- Speaker #2
je me demandais comment ta vie de famille se passe en parallèle de ça. Les gens te reconnaissent dans la rue. Tu as tes enfants.
- Speaker #0
Et à ce moment-là où tu divorces... Franchement, je pense que c'est très dur de... De commencer tout en bas, pas connu, et d'être très connu, pas d'un coup mais presque, et de concilier la vie de couple. C'est super. D'abord parce que t'es dans la séduction, donc forcément ça pose des problèmes dans le couple, parce que les filles, elles te regardent plus, elles te regardent autrement. D'ailleurs c'était marrant parce que quand je tournais à New York, je voyais ma vraie valeur. en tant que marque et ma valeur c'était zéro donc non et c'est là où j'ai où j'ai divorcé aux alentours de 37 ans 38 ans et ça m'étonne pas parce que c'était j'avais besoin de vivre ma célébrité tout seul donc c'est très difficilement conciliable justement la célébrité rendant plus beau comment t'as vécu tout ça ? c'est Smain qui disait avant j'étais moche maintenant je suis connu Ouais. comment j'ai vécu ça ?
- Speaker #2
le fait du jour au lendemain parce que t'es connue,
- Speaker #0
t'attires des femmes c'est très agréable quand t'es connue les rapports ça va beaucoup plus vite donc oui bien sûr pour une fois les filles qui me regardaient absolument pas me regardent et parfois des belles filles même un regard comme ça même un intérêt, même un sourire c'est hyper agréable ça va pas forcément au bout Mais juste une fille qui se retourne alors qu'en temps normal, elle ne serait jamais retournée sur moi. Oui, bien sûr que c'est génial.
- Speaker #2
Mais ça crée quelque chose de désaxé.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Ce n'est pas un peu bizarre ?
- Speaker #0
Non, parce que ce que tu recherches, ce n'est pas forcément... Non, parce que ça fait partie de ton charme aussi, le fait que tu sois connu. Donc, où est le problème ? Il faut le savoir, c'est tout.
- Speaker #2
C'est compliqué d'être juste dans la rue et de se faire arrêter constamment. Toi, j'imagine que oui, tu y prends un certain plaisir. Et ta conjointe...
- Speaker #0
Ah oui, C'est saoulant pour les copines. C'est insupportable. D'autant qu'après, je me suis mis avec une artiste, une danseuse à l'Opéra de Paris. Et elle avait besoin d'avoir de la lumière sur elle. Et vraiment, les gens étaient complètement indifférents à elle. Pourtant, elle était sublime.
- Speaker #1
Tu lui piquais la lumière. C'était compliqué. Oui,
- Speaker #0
oui, complètement.
- Speaker #1
Et avec les enfants aussi, c'est pareil ? Est-ce que c'est facile ? Oui, ça,
- Speaker #0
c'est chiant parce que... Les gens, en fait, ils se fichent complètement. Pour les enfants, souvent on dit « je suis en famille là » , mais en fait, je t'avoue que pour une photo ou un autographe, ils s'en fichent complètement. Pas tous, mais souvent. Mais en même temps, je ne voudrais pas avoir l'air de m'en plaindre, parce que si ça disparaît du jour au lendemain, et ça peut arriver pour certains, ces artistes qui ont des scandales, et qui, du jour au lendemain, leur carrière explose. Ça doit être un cauchemar absolu. Tu passes de l'amour du public à une défection totale. Pas une haine, mais en tout cas, une défiance, une indifférence. Ça doit être horrible.
- Speaker #1
Et justement, toi, dans ta carrière, est-ce que tu as eu des moments où ça a été plus dur ? Un moment, tu t'es mis à la musique.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et j'ai l'impression que le public ne t'a pas forcément suivi là-dedans. Non. Est-ce que c'était... parce qu'il y a une étiquette et qu'elle est impossible à décoller.
- Speaker #0
Oui, oui. Ben oui, voilà.
- Speaker #1
Mais tu penses que si, par exemple, tu avais perduré dans la musique, peut-être qu'à un moment, tu aurais pu imprimer quelque chose ? Non,
- Speaker #0
non, non. Non, je ne pense pas. Non, non. Moi, c'est à l'époque où je faisais mon album de Bossa Nova. Donc, c'est des chansons d'amour et c'est assez premier degré, même s'il y a des petites pointes d'humour. À l'époque, je faisais les petites annonces. Donc, passer des petites annonces à ça, Tout bête. potes, je me rappelle d'Eric et Ramzy, Mickaël Youn, se foutaient de ma gueule. Parce qu'eux, ils étaient très fans des petites annonces et de Elie et Dieudo, etc. Et ils ne comprenaient pas pourquoi j'allais faire le crooner.
- Speaker #1
Et tu le referais si c'était à refaire ?
- Speaker #0
Oui, à fond, c'était pas du tout... Ça ne m'a pas amené l'inimitié des gens, ça ne m'a pas amené de la haine ou quoi que ce soit.
- Speaker #1
Mais ça demande quand même un certain courage de le faire.
- Speaker #0
Un courage artistique. Oui, artistique.
- Speaker #1
Tu as commencé avec des sketchs de personnages. Oui,
- Speaker #0
je continue.
- Speaker #1
Tu continues tout à fait. Et dans les années 2010 arrive la vague du stand-up. Comment dans ces cas-là, comment tu as réagi ? Est-ce que tu dis, est-ce que je m'adapte ? Est-ce que tu as fait en partie ? Tu as intégré le stand-up au fur et à mesure ?
- Speaker #0
J'ai mis du temps puisqu'on est en 2026. Il y a plein de copains qui m'avaient dit tu devrais faire du stand-up parce que souvent dans tous mes spectacles, au début je parle aux gens. Mais je n'ai jamais été très à l'aise là-dedans. Contrairement à ce que me disaient mes potes. Je ne vais pas trop écouter leurs conseils. Mais elle va revenir, la mode des personnages. Elle commence à revenir. Il y en a marre du stand-up. Franchement, il y en a marre. Parce que moi, ce que j'entends, c'est toujours la même chose. Ils ont des tics de langage. Les personnages, c'est beaucoup plus dur à faire. Le stand-up, c'est super facile. Il suffit que t'aies un peu les couilles de monter sur scène, d'oser raconter des trucs sans intérêt, et tu fais du stand-up. Il y a d'ailleurs plein de comédie-clubs qui poussent comme des champignons partout dans toutes les villes. Et la plupart du temps, c'est très très très mauvais. Ça n'a aucun intérêt. C'est pas profond, ça bouleverse rien. Moi, je trouve que, et ça c'est vraiment une phrase que je voudrais faire mienne, l'art, ça doit être dérangeant. Et si tu ne fais pas un truc dérangeant, reste chez toi. Si tu n'amènes rien de nouveau, mais ce n'est pas donner à tout le monde d'amener quelque chose de nouveau. Il y a plein de suiveurs, mais amener quelque chose de nouveau, un ton nouveau, un style nouveau, Romane Frécinet le fait. C'est le nom qui me... Oui,
- Speaker #2
mais c'est vrai.
- Speaker #1
Mais d'ailleurs, en 30 ans de carrière, tu as dû en voir passer un nombre d'acteurs, de comédiens, d'humoristes qui ont peut-être explosé à un moment dont on ne parle plus aujourd'hui ou qui n'ont pas fait carrière. Et comment tu expliques que toi, ça a duré et pas eux ?
- Speaker #0
Quand on a commencé avec Dieudo, c'était au café de la gare et tous les dimanches, n'importe qui pouvait passer. Donc c'était notre cas et puis nous, ça a explosé mais tout de suite. Et il y en a plein qui ont disparu en effet. comment ça s'explique ? je sais pas, c'est les gens qui choisissent ils te choisissent et le public il se trompe jamais, il n'y a pas de moi j'ai jamais cru aux artistes maudits, ça marche pas le public a rien compris, non non il a compris que t'étais mauvais, t'inquiète pas il sait après le public parfois il fait un succès fou à des gens qui sont sur internet qui font des tournées de zénith et puis ça disparaît alors j'ai plein de noms en tête mais je les dirai pas pour pas faire méchant
- Speaker #2
Mais il y en a beaucoup aujourd'hui qui font des Zeniths complet, qui ont un million d'abonnés sur Stata.
- Speaker #0
Oui mais bon ça dure pas. Je demande à voir dans 30 ans. Je serais mort mais je pense que monter sur scène c'est pas anodin. Si tu veux monter sur scène c'est que t'as quelque chose à dire. C'est que t'as quelque chose à proposer de nouveau encore une fois. Et c'est pas juste ce matin je prends le taxi puis alors le mec me dit tu vois, moi j'aime bien quand il y a Aïe ! Quand tu vas voir un spectacle de stand-up, souvent, tu dois t'en souvenir. Et très souvent, on ne s'en souvient pas. On se souvient vaguement du nous de Van, mais c'est tout. Je ne veux pas qu'on dise ça du mien. Toi,
- Speaker #1
tu as des personnages inoubliables que tout le monde connaît.
- Speaker #0
T'es hit,
- Speaker #1
t'es tube comme un artiste de chantier. Oui,
- Speaker #0
sûrement. C'est la preuve que les personnages, c'est plus attachant que juste des vannes. Les vannes, c'est du surgelé. Je pense, je défends ma synagogue.
- Speaker #2
On devient un peu du sujet principal, mais ça m'intéresse. Comment on vieillit dans l'humour ? C'est un sujet qui me passionne assez. Je me demande comment on fait pour réussir à prendre des codes un peu nouveaux pour ne pas être ringard. Comment on fait ça ?
- Speaker #0
C'est très dur, je trouve. Parce que finalement, c'est dur de percer, mais c'est encore plus dur de rester. Il y a plein d'artistes qui ont mal vieilli. et qui ne se sont pas renouvelés. Encore une fois, je ne vais pas citer de noms, mais des gars un peu plus âgés que moi et que tout le monde a oublié. Et parce qu'ils n'ont pas fait l'effort de se renouveler et qu'ils sont restés à surfer sur ce qu'ils faisaient et qui ont une déconnexion de la réalité. Mais l'humour, ça vieillit. Fernand Reynaud, tu le mets maintenant, mais c'est le dernier des ringards.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #2
bien sûr.
- Speaker #0
Raymond Deveau, ce n'est peut-être pas, parce que c'est un humour très intelligent, très fin.
- Speaker #1
Mais les tabous changent, ce qui choque les gens change, les surprends changent.
- Speaker #0
Oui, complètement. Maintenant, tu vois par exemple, les filles qui font rire, elles sont toutes hyper trash. Il n'y en a pas une qui ne parle pas de sa chatte, de ses règles, de quand elles sont allées chez le gynéco, quand elles ont baisé avec un mec et que ça s'est mal passé. Il y a, je ne sais pas, Tania Dutel, Blanche Gardin, enfin, elles sont toutes hyper trash. Mais est-ce que ça va bien vieillir ça ? J'en sais rien. En fait, c'est le temps qui décide. Mais oui, oui, c'est assez cauchemardesque de devenir ringard. Mais d'ailleurs, j'en ai fait plein des personnages de ringard. Il y avait un mec dans un de mes spectacles qui s'appelait Georges-André Gaillard.
- Speaker #2
Bien sûr, c'est un peu meilleur.
- Speaker #0
Absolue. Ce matin, je me lève, je me regarde dans la glace, je me dis dans mon poids que j'avais une sacrée tête de bourricot. C'est normal, j'avais mis mes mules à l'envers. Bonsoir. C'est un personnage qu'on avait créé avec Muriel Robin, je me rappelle. Et on pleurait de rire, mais pourquoi on pleurait de rire ? Parce qu'on avait projeté nos propres cauchemars. T'exemplises un peu ton personnage. C'est horrible.
- Speaker #1
Et c'est toujours quelque chose qui te guette ?
- Speaker #0
Complètement, ça me fait super peur. Pour les méchants, les haters, les abrutis, de toute façon, leur grand truc c'est de me comparer à Dieudo. Et de dire, de toute façon, sans Dieudo t'es de la merde, c'est pourri ce que tu fais. Alors que s'ils avaient la possibilité, s'ils venaient voir mon spectacle, ils comprendraient qu'on fait encore la même chose et que c'est tout à fait politiquement incorrect ce que je fais.
- Speaker #1
Ça te fait mal encore, je veux dire, après 30 ans de carrière, les mauvais commentaires ?
- Speaker #0
Tu vois, là j'ai mis un sketch sur TikTok et il y avait le duo Dieudo-Semoun et il nous a laissé, lui, et interdit, Dieudo, vraiment incompréhensible. Si c'est compréhensible, on t'y va. Même en me forçant, impossible de rire. Balance le chocolat, alors ça c'est les gens qui font allusion à un sketch de Dieudo. Bon j'avais dit que j'en parlerais pas mais... Non mais la critique en général elle devient encore... Il y a une misère intellectuelle absolue et une absence de culture et de curiosité incroyable.
- Speaker #1
Et la critique d'ailleurs, plus par rapport au cinéma ou la critique journalistique, est-ce que c'est quelque chose que tu lis, auquel tu t'intéresses ?
- Speaker #0
J'en ai pas eu beaucoup en fait.
- Speaker #1
T'as eu des critiques de spectacle Oui,
- Speaker #0
des critiques de spectacle mais moi c'est si Si un wokiste vient voir mon spectacle, il va me détester, il va me défoncer, c'est sûr. Si Télérama vient, ou je sais pas quoi, ou Libé, ou Le Monde, parce que ça a beaucoup changé. Donc ils vont me détester, ça m'étonnerait pas. Mais ça dépend de qui vient la critique. Si le canard enchaîné me défonce, là ça me ferait mal, parce que j'aime beaucoup. J'ai envie de dire un truc très démago, c'est tant que les salles sont pleines, je me fous complètement en fait.
- Speaker #1
Les films du Cobu, tu fais sûrement partie des réalisateurs qui ramènent le plus de monde aujourd'hui, au moins dans les 15 premiers français.
- Speaker #0
Oui mais le monde du cinéma n'en a rien à foutre de moi.
- Speaker #1
C'est ça qui est étonnant. Rien à foutre. Alors que tu fais quasiment 800 000, 1 million à chaque du Cobu. 1 million,
- Speaker #0
5, ouais, 1 million, ouais, c'est fou. Non mais ils en ont rien à foutre.
- Speaker #1
Tu l'expliques.
- Speaker #0
C'est pour ça que je suis content que Franck ait eu un César parce que... il est rentré, il est accepté maintenant. Je l'explique, c'est facile, c'est quand tu fais des films pour enfants et que tu passes ton temps à te déguiser comme moi, c'est normal qu'il y ait un mépris ou une indifférence absolue des gens du cinéma. Pour eux, je ne fais pas de cinéma. J'avais demandé à une copine très connue de voir mon film, elle me dit non, mais moi je vais au cinéma que pour voir des films.
- Speaker #1
D'accord, waouh !
- Speaker #0
Donc là, j'ai compris que j'étais pas... Ma place, elle est à part.
- Speaker #1
J'aimerais, au fond de toi, avoir l'approbation de... Oui, oui, bien sûr.
- Speaker #0
Ah oui, sans problème. Je n'ai pas honte de le dire. Oui, oui, bien sûr. Être reconnu par mes pères, bien sûr. Tout à fait.
- Speaker #1
Alors que pourtant, certaines personnes...
- Speaker #0
Ce n'est pas avec l'éducobu que je serais reconnu par mes pères. Ça, c'est sûr. D'ailleurs, il y a un réalisateur, je ne sais pas comment il s'appelle, mais il a fait un film avec une de mes petites actrices, un film avec Roche Dizem.
- Speaker #2
Elias.
- Speaker #1
Du réalisateur de Need Gap ?
- Speaker #2
Florian Emilio Seri. Voilà.
- Speaker #0
Donc le réalisateur qui avait employé une petite actrice que j'avais, moi, découvert dans un du cobu, semble-t-il, sur le plateau, se foutait de ma gueule. En fait, il disait, ah, on n'est pas dans du cobu, là. Bon, ben, on va regarder les chiffres, qui l'a fait et ce que j'ai fait. Et je peux lui dire que, déjà, que je l'emmerde et que diriger des enfants, c'est extrêmement dur. C'est la chose la... pire, la plus dure, et de faire des comédies, c'est très très dur. Parce qu'il faut trouver le bon rythme, il faut que les acteurs, et moi j'y tiens, jouent juste, donc son mépris, je l'emmerde en fait, je trouve ça horrible. C'est tout à fait symbolique de ce que les gens du cinéma peuvent penser de mon travail, ils doivent se dire c'est quoi ce bouffon quoi.
- Speaker #2
Et je voulais revenir au moment de... Alors, ce n'est pas pour parler de Dieu donné, mais revenir au moment de la séparation. C'est quand même pour en parler. Ce n'est pas pour parler de lui, c'est pour parler de toi, de comment tu as vécu le fait d'être dans ce tourbillon-là médiatique où, en fait, on te demandait de te positionner sur un truc qui ne te... Enfin, tu vois, qui ne te regardait pas. Je t'ai vu des années durant, sur des plateaux de télé, en train de... De te faire interroger. De te faire interroger, quoi.
- Speaker #0
Me justifier sur ses propos. Mais qu'est-ce que... Je ne suis absolument pas responsable de ses propos. Moi, je l'ai dit, je le redis, Un artiste, il se consacre à son métier, c'est déjà tellement dur. Qu'est-ce qu'on en a à foutre qu'un artiste se positionne sur le drame palestinien, par exemple ? Israélo-palestinien. Qu'est-ce qu'on en a à foutre ? Tu considères que c'est pas votre escalebre ? Comment ?
- Speaker #2
Tu considères que c'est pas votre escalebre ?
- Speaker #0
Mais qu'est-ce que ça va changer au conflit ? Je sais pas, demande à la pauvre Blanche Gardin.
- Speaker #2
Oui, mais ça peut...
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'elle a été foutre ? Je sais pas,
- Speaker #2
après tu peux considérer que c'est mettre aussi le projecteur sur un... sujet.
- Speaker #0
Mais qu'est-ce que ça change ? Les hommes politiques, ils font leur métier, ils viennent pas nous emmerder, nous. Je sais pas pourquoi on va marcher sur leur plate-bande. Ça ne sert à rien. Ça n'a jamais amené du bon aux artistes de soutenir des hommes politiques. Ou de soutenir une politique. Moi, je l'ai fait, pour Lionel Jospin, Bertrand Dolanoy, etc. Mais je pense que j'avais choisi les bons. Mais... Demande à Faudel si ça lui a servi de soutenir Sarkozy, à Daniel Schiffer, Doc Gineco. Non, c'est une énorme connerie. Je ne vois pas l'intérêt, je ne comprends pas. Puis on a une responsabilité nous en tant qu'artiste, il ne faut pas dire n'importe quoi.
- Speaker #1
Et justement en parlant de dire n'importe quoi, mais d'interview, est-ce que ça s'apprend ? Est-ce que tu as déjà été coaché pour répondre à des interviews, pour faire des tournées ? Oui,
- Speaker #0
mais ça ne sert à rien. à chaque fois ça sert à rien moi en tout cas ça me sert à rien à chaque fois on me dit pour du cobu on me donne des éléments de langage mais ils savent très bien mon producteur il me connait il se méfie de moi d'ailleurs il dit oh Eli il est sans filtre il va dire des conneries encore et
- Speaker #2
je l'ai dit peut-être parce qu'on me dit de pas les dire parce que sinon c'est infernal je suis journaliste cinéma et en fait des éléments de langage C'est infernal en fait. Et t'écoutes une autre interview et la personne a dit la même chose.
- Speaker #0
Voilà. Mais oui, enfin bref, je ne suis pas langue de bois.
- Speaker #1
Ouais, même avant tout ça, on t'a pas briefé.
- Speaker #0
C'est incroyable.
- Speaker #2
Et puis le but est sûrement que tu t'amuses aussi en le faisant.
- Speaker #0
Moi je m'ennuierais à répondre toujours la même chose aussi. J'ai pas envie de m'ennuyer moi.
- Speaker #2
Mais j'ai du mal à comprendre ce truc robotique comme par étranger.
- Speaker #1
Et de vouloir aussi absolument maîtriser la communication. Tu vois,
- Speaker #0
il y a des gens qui sont en contrôle. La chanteuse Angèle. Je la sens en contrôle, mais à fond la caisse, à 100%. J'avais vu un documentaire sur elle et je trouve que rien n'est vrai. Ça sent le remontage à plein nez. Vraiment, je n'ai rien appris. J'ai juste vu une nana qui se voulait comme si, comme ça, mais pas comme je pense qu'elle est vraiment.
- Speaker #2
Un vrai contrôle d'image. Ça t'angoisse un peu.
- Speaker #0
Ça me rend dingue. Et en même temps, je suis jaloux de ça parce que j'ai des amis connus qui sont dans le contrôle et qui arrivent très bien à faire passer des messages. Et ça marche. Je n'y arrive pas.
- Speaker #2
Et tu m'offres une transition rêvée. Mais justement, est-ce que quand on est connu, au bout d'un moment, on finit par fréquenter quasiment que des gens connus ?
- Speaker #0
Oui. Oui, mais parce que…
- Speaker #1
Il n'y a que ceux qui comprennent. En fait,
- Speaker #0
il y a une différence entre les gens qui sont dans la vie normale. et qui n'ont pas de pouvoir. Parce que malgré tout, les gens connus, on a un pouvoir. Peu importe, mais c'est pas un pouvoir de vie et de mort sur des gens, etc. Mais c'est une forme de pouvoir d'être connu. Et souvent, j'ai une amie qui m'oppose mes amis et les siens. En disant, mais mes potes, ils sont simples, ils sont normaux, ils sont polis. Tes copains connus, ils sont mal polis, ils sont mal élevés, c'est des enfants gâtés. Ils sont méprisants, etc. Je dis, bah écoute, donne du pouvoir à tes amis qui sont bien élevés et tu verras comment ils seront après. On vit une vie tellement différente que parfois, en effet, on ne peut se comprendre qu'entre nous. Mais ça ne m'empêche pas d'avoir des amis et de fréquenter des gens qui ont une vie tout à fait normale. Et au contraire.
- Speaker #2
Mais c'est passionnant ce que tu dis, ce que ta copine te dit. Ah oui, oui. Donc, vu de l'extérieur, les gens connus peuvent... par elle, absolument mal polie. Elle me dit,
- Speaker #0
ma pote, ton pote, machin, il est mal élevé, il ne m'a même pas dit bonjour. Tu as vu comment il se comporte avec le garçon de café ? Tu as vu comment il est dans tel restaurant ? Tu as vu, tu lui as demandé si, il ne t'a même pas répondu. De toute façon, il s'en fout de toi. Je dis, ben, je vais le répéter, mais je comprends parfaitement. Parce que c'est un métier d'égocentrique et d'égoïste, et je comprends parfaitement que certains de mes amis aient cette attitude, qu'ils ne soient que sur leur gueule et que ce qui t'arrive ne les touche pas plus que ça. Alors que les gens normaux ne réagissent pas du tout pareil. Et en effet, ils sont beaucoup mieux élevés. Les autres font attention aux autres. En général, les gens de la vraie vie, la nature humaine est ce qu'elle est, mais il y a quand même une forme d'empathie. Ce n'est pas le cas avec les gens connus. Les gens connus, souvent, ils n'ont pas une grande forme d'empathie pour les autres.
- Speaker #2
C'est un peu terrifiant quand même,
- Speaker #0
non ? Je caricature un peu, je simplifie les choses, mais souvent, c'est ça. Et toi,
- Speaker #2
tu fais tous les efforts du monde pour ne pas tomber là-dedans ? Ou est-ce que tu t'y perds quand tu tombes dedans ?
- Speaker #0
Ça se trouve, peut-être que j'ai cette réputation-là, je n'en sais rien, mais j'essaye de faire des efforts pour être le plus simple possible et le plus normal possible. Parce que... On peut sembler vu de loin, parfois, pour certaines personnes, tout à fait méprisant et tout à fait indifférent. Et en plus, c'est d'autant plus vexant quand tu vas vers quelqu'un et que la personne t'envoie chier. Mais je n'ai jamais fait ça.
- Speaker #2
Tu acceptes tout le temps ?
- Speaker #0
Par contre, si je le fais une fois, à ça, j'en entendrais parler. J'accepte tout le temps les selfies, les autographes, les machins, tout le temps, tout le temps. Parce que, c'est ce que je dis à mes potes connus, tu perds plus de temps à dire non que à dire oui. Et puis, les gens, ils s'en souviennent. Ah, je vous avais vu il y a dix ans dans l'avion, vous m'aviez fait une photo, vous aviez fait une vidéo pour mon fils, machin, je me souviens de tel truc. Hier soir, j'ai joué à Saumur, puis il y a un mec qui est venu me demander un autographe. Il me dit, ah, regardez, j'ai la photo, nous deux. Ah, je vous avais fait une blague sur Sabrina. Bon, je ne me rappelais plus du tout, je lui ai fait croire que oui. Vous vous rappelez, hein, à Cholet, hein, sur...
- Speaker #2
92.
- Speaker #0
Ouais, ouais, c'est vraiment ça. Donc, il faut être gentil.
- Speaker #1
T'as déjà rencontré quelqu'un qui était une idole pour toi et tu te retrouvais extrêmement déçu ?
- Speaker #0
Non, déçu, À part, j'avais été voir Michel Polnareff. à Bercy. En fait, il ne savait pas qui j'étais, donc il était complètement indifférent. Mais bon. Il y a aussi, je me rappelle, Juliette Binoche. J'avais été voir un spectacle de Guillaume Gallienne et on s'était retrouvés ensemble dans la loge et elle m'avait regardé comme ça et je lui avais dit bonjour et puis elle m'avait dit, mais je vous connais, vous faites du casting, non ? Elle m'avait pris pour un directeur de casting. Non, non, j'ai pas eu de déception comme ça. Non, non.
- Speaker #1
Et puis il a passé trois mois avec Bertrand Knowles. Oui, voilà, maintenant il n'y a plus de... Vous voyez l'Olympe, quand même.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #2
Pour en revenir vraiment à la célébrité en soi, est-ce qu'on devient accro à ça, au fait d'être connu ? Oui, oui. Et en parallèle, enfin deuxième question dans la question, mais est-ce que quand tu es à l'étranger, c'est une respiration ou au contraire c'est un manque de ne pas être reconnu par les gens, ou moins reconnu du moins ?
- Speaker #0
Pour être honnête, oui, c'est un manque. Parce que tout d'un coup, tu redeviens un mec lambda, Qui fait la queue au restaurant. C'est souvent quand je vais à l'étranger justement avec ma copine, elle se retourne vers moi et me dit « bah tu vois, c'est ça la vraie vie » .
- Speaker #2
Et il n'y a pas un petit plaisir là-dedans ? Non, c'est plutôt chiant.
- Speaker #0
Au début oui, et puis après tu te dis « merde, c'est quand même bien d'être connu » .
- Speaker #2
T'as pas la bonne table au restaurant. Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Oui, bah t'as aucun privilège. Tu fais la queue comme tout le monde.
- Speaker #1
Et on s'habitue vite, j'imagine. Comme ça fait 30 ans de carrière, ça fait 30 ans que c'est le cas.
- Speaker #0
C'est dingue, comme on s'y habitue, c'est fou quoi. C'est dingue, c'est vraiment une drogue.
- Speaker #2
À force qu'on te dise que t'es super, les gens te reconnaissent, t'envoient plein d'amour, est-ce qu'on finit par le croire qu'on est vraiment super ?
- Speaker #0
Non, non, non, parce qu'on me dit pas ça tous les jours. Même si le public est formidable et que c'est plein, même avec ça, tu peux tout à fait... je me remets en question tout le temps. Tu vois, par exemple, hier soir, les gens étaient un petit peu dans l'écoute. Il y avait beaucoup d'abonnés. Alors les abonnés c'est terrible parce que c'est des gens qui viennent parce qu'ils sont abonnés, pas forcément parce qu'ils sont fans. L'ambiance était plutôt... Enfin moi j'ai la sensation que j'ai ramé. A la fin ils se sont mis debout, ils ont adoré le film, le spectacle, ils m'ont fait un triomphe. Mais pendant une heure et demie, dans ma tête j'ai ramé. Je me suis dit mais en fait c'est nul ce que je fais. Et donc je me suis remis en question. Donc non, j'ai aucune certitude.
- Speaker #1
Est-ce que tu t'es déjà dit ? c'est bon, c'est parti, ça ne changera plus jamais, ce sera ça toute ma vie.
- Speaker #0
J'espère que ce sera le cas, parce que sinon, ce sera bien triste.
- Speaker #2
Merci beaucoup, c'est adorable d'avoir eu cette question, c'était super. Et puis j'en profite pour dire à nos auditeurs de s'abonner sur les plateformes d'écoute et de nous laisser une note 5 étoiles, ça nous fera toujours plaisir. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Et on remercie, excuse-moi, on remercie Charlie Clouet pour la technique et Frédéric Maton qu'on avait oublié aussi pour la musique du générique. Évidemment, évidemment. Et Eli, Seymoun, évidemment, merci à toi d'avoir partagé.
- Speaker #0
Merci à vous les François.
- Speaker #2
Merci, au revoir. Merci.