- Speaker #0
je me rappelle d'un jour j'étais en grèce et t'es je visitais une espèce de vallée ou je sais pas quoi puis avait des toilettes publiques on va dire t'es nez pédale gecko qui font pour les touristes quoi et je vais pisser quoi et il ya qui a pu sortir d'un côté qui me revenait et qui me dit on peut prendre une photo mais pendant qu'on est en train de piste mais c'est d'accord On va attendre quand même deux secondes.
- Speaker #1
La fame, Ou plus exactement, le rapport à la célébrité de notre invité et de l'impact concret que ce drôle d'état a sur son quotidien. Qu'est-ce que ça fait d'être interpellé dans la rue ? Est-ce que la célébrité fait gonfler l'ego ? Est-ce qu'être constamment reconnu est bon pour la santé mentale ? Autant de sujets qu'on va tenter de décortiquer. Et à chaque numéro de la Fame, on recevra un musicien, une actrice, un créateur de contenu, que sais-je. Mais notre premier invité, notre parrain, si j'ose dire, se situe à la croisée des chemins. A la fois humoriste, comédien, metteur en scène et depuis peu réalisateur, puisque son premier long-métrage, la comédie L'Ecador, sortira au cinéma le 11 mars prochain. C'est Vérami Ferrare.
- Speaker #0
Bonjour ! Bonjour ! Vous faites même les appellissements, c'est hyper artisanal.
- Speaker #1
Le budget est très limité, je ne te cache pas. Ça va bien ?
- Speaker #0
Très bien, et vous ?
- Speaker #1
Ça va très bien, merci d'avoir accepté notre invitation. Pierre-François, je te laisse entamer.
- Speaker #2
Jérémy, tu es né le 6 avril 1985 dans les Ardennes, sous le nom de Jérémy Larzilière. Tu as grandi à Charleville-Mézières. Tes parents, Fabrice Larzilière et Muriel Neferari, tiennent un commerce d'alimentation de proximité. Ton grand-père, lui, est journaliste. au quotidien le soir en Belgique, une rigueur journalistique que tu réutiliseras plus tard dans l'écriture de tes spectacles. Adolescent, tu découvres le one-man show, écris tes premiers sketchs et les joues dès 16 ans dans les balles et maisons de retraite. À 17 ans, tu obtiens une dérogation pour le cours Florent à Paris. Tes parents t'aident financièrement, mais tu enchaînes aussi les petits boulots, vigiles, grooms, vendeurs, profs de jujitsu. Jusqu'au jour où ils ne peuvent plus t'aider, leur épicerie ayant été fragilisée par l'ouverture d'un hard discount à quelques centaines de mètres. Tu tiens bon seul avec tes cachets modestes. des scènes de café-théâtre, des dates en région, jusque tes premiers pas dans l'émission On ne demande qu'à en rire. Alors, pourquoi cette intro ? C'est d'abord pour faire comprendre que tu n'étais pas forcément destiné au Vaudetaria. Ça n'était pas forcément évident pour toi. Est-ce que c'était une envie que tu développais déjà enfant d'être aimé par le grand public, par des spectateurs, de se faire applaudir ?
- Speaker #0
C'est difficile, je pense que ça se mélange. Ça se mélange un peu avec plein de choses. Il n'y a jamais une seule raison à quelque chose. Je pense que c'est toujours un mélange de plein de choses. Déjà non, au départ c'est l'envie de faire de la scène parce que je suis à l'école, je ne trouve pas ma place et je commence à faire du théâtre et je m'aperçois que je suis plutôt bon là-dedans et donc du coup ça me donne une place en fait dans l'école. Je suis le gars qui est bon au théâtre et quand on est jeune on cherche sa place dans le groupe. Ensuite comme je sens que j'ai des facilités contrairement à l'école dans ce domaine-là, évidemment tu creuses. Au fur et à mesure du temps je vais commencer à découvrir via mes parents. Des sketchs de Pierre Palma, des sketchs de Meryl Robin, je trouve ça incroyable, je trouve ça fou ce qu'ils arrivent à faire, d'être sur une scène, de parler à des personnages qui n'existent pas et en même temps de les faire exister. J'ai presque l'impression que c'est de la magie et puis un peu plus tard je vais rencontrer, enfin je vais rencontrer, je vais rencontrer, pas en vidéo mais des proches et coluches et là je vais m'apercevoir qu'on peut en plus faire de l'humour méchant, de l'humour noir, de la provoque et je trouve que les réactions dans les salles sont incroyables. En fait, faire rire les gens, c'est super, mais quand tu peux les faire rire, qu'en plus tu les fais sursauter, que tu les mets en colère et tout, je trouve que c'est extraordinaire de pouvoir générer chez les gens un panel d'émotions si différentes. Et quand tu commences à voir ces gens-là qui font ce que tu as envie de faire et que tu les vois devant des grandes salles, évidemment, tu en rêves. Je ne sais pas, à ce moment-là, ce que tu recherches, est-ce que tu recherches à pouvoir faire ton métier dans les conditions les plus incroyables ? Est-ce que tu recherches l'amour des gens ? Je pense que c'est un petit peu un mélange des deux. Tous ceux qui montent sur scène essaient de combler un petit manque affectif, forcément, tu vois. Mais je pense que c'est vraiment un mélange des deux. Après, je pense que quand tu commences à vouloir faire ce métier, tu t'imagines forcément devant les plus grandes scènes et devant les plus grandes salles. Moi, je ne vais pas mentir. Je me suis toujours dit, je veux les plus grandes salles, je veux les plus grandes scènes. Ça a toujours été mon ambition. Après, quand tu commences à rentrer dans le milieu, à te rendre compte que ce n'est pas si simple. Tu changes un peu d'optique, disons que quand tu commences vraiment à galérer, et pour le coup, moi j'ai pas mal galéré, et financièrement, parce que j'avais pas fait d'études, j'avais rien, donc j'avais pas d'argent, pas de connaissances, pas de contacts, pas de carnet d'adresse, et pas d'argent. Quand j'en arrive à ce point-là de ma carrière, et que ça fait déjà 7-8 ans, 9 ans que je suis à Paris, qu'il n'y a rien qui marche, à ce moment-là, je me dis juste, si déjà j'arrive à être intermittent du spectacle, à gagner 1 000 euros, 1 000 4 par mois en faisant mon métier, j'aurais déjà été comblé, peut-être qu'après j'aurais voulu plus, En tout cas... à l'instant T, j'aurais voulu ça. Et je ne l'ai pas. Moi, je suis passé vraiment de rien à tout d'un coup. D'accord,
- Speaker #2
c'est arrivé très vite.
- Speaker #0
Ça arrivait d'un coup, dès que j'ai démarré, on ne demande qu'un en rien. Donc tout de suite, le phénomène autour de cette émission m'a emporté très rapidement. Donc très, très vite, j'ai eu des salles très grandes. Je pense que c'est arrivé au bon moment, j'étais prêt. Ce que je veux dire, c'est que les dix années de galère derrière m'ont finalement vachement aidé. Parce que j'avais un spectacle qui était déjà prêt pour le grand public. Moi, j'étais mûr, j'avais suffisamment baroudé dans toutes les scènes. J'avais fait tellement de trucs avant. J'avais tellement déjà tout essayé que... J'avais à la fois, je m'étais formé et en même temps j'avais un peu renoncé, j'y croyais plus. Donc quand je fais une demande canrière, j'y crois plus. Ce qui fait que j'ai un lâcher prise naturel qui n'est pas évident chez moi, qui n'est pas dû à la maturité et qui est dû juste à un truc où je me dis de toute façon ça ne marchera plus. Et je pense que ce lâcher prise était nécessaire et ces dix ans d'avant ont été nécessaires. J'aurais voulu réussir plus tôt, mais en réalité à 25 ans c'était très bien que ça arrive à cet âge-là. Je n'aurais pas été prêt avant, j'aurais été trop tôt. Je pense que j'aurais été moins prêt à affronter le succès.
- Speaker #2
Et est-ce que justement, vers tes 25 ans, lorsque tu passes à la télévision et que ça marche, comment tu sens que ça prend en fait ? Est-ce qu'il y a un jour où d'ailleurs tu te dis, ça y est, c'est parti ?
- Speaker #0
Ah ben, c'est très simple. Tu joues dans des salles vides pendant 10 ans et un jour tes salles sont pleines. C'est là où tu commences à te rendre compte qu'il y a un impact. Après, tu n'as aucune notion de la quantité du succès. Parce qu'on te dit, il y a 2 millions de personnes qui regardent la télé, bon, ça ne veut pas dire grand-chose. Et puis tu sais, c'est les débuts du YouTube. ou les chaînes, etc. n'ont pas encore leur propre chaîne YouTube. Donc c'est des gens chez eux qui commencent à publier tes sketchs. Et là, tu fais 7, 8, 9, 10 millions de vues, 15 millions de vues. Après, les chaînes ont fait shooter d'ailleurs toutes ces vidéos et les ont reprises pour elles-mêmes. Donc là, maintenant, si tu vas sur le site d'On n'demande qu'à en rire, tu as des vidéos qui sont à 2 millions et tout. En réalité, à l'époque, elles ont été vues 10, 15, 20 millions de fois. Et là, on ne se rend pas compte, nous, de tout ça, parce qu'on est très loin de tout. Et donc, on ne mesure pas l'impact. C'est difficile à croire pour les plus jeunes, mais à ce moment-là, on ne se rend pas compte.
- Speaker #1
Et ça veut dire que dans la rue, il y a des gens...
- Speaker #0
qui commence à te reconnaître très vite je me rappelle l'émission pertinemment de mon premier autographe ah c'est intéressant ça j'habitais à Levallois à ce moment là je sors du métro et il y a un monsieur avec sa fille qui m'arrête et qui me demande un autographe parce qu'on a eu sur On ne demande qu'à en rire au début on a eu beaucoup les ados et les plus vieux on avait les retraités et les ados parce que les ados rentraient de l'école ils fonçaient regarder On ne demande qu'à en rire et les plus âgés regardaient parce qu'ils aimaient bien Laurent et que et qu'ils voulaient voir ils regardent toutes les émissions de Laurent et qu'ils étaient chez eux donc au départ le public il est très marrant parce que les salles elles sont remplies de gens de plus de soie du fun. on va dire entre 55 et 85 ans, et des ados. C'est très étonnant. Et c'est après que je vais commencer à conquérir mon cœur de cible, qui après va plutôt être les 25-50 ans. Donc le public va grossir au fur et à mesure. Les ados vont commencer à venir avec leurs parents qui vont avoir 35-40 ans, 45 ans. Du coup, les parents adorent aussi. Et là, c'est comme ça que ça va. Donc c'est vraiment les ados. qui vont m'amener leur famille et les personnes plus âgées qui vont m'amener leurs enfants aussi donc des gens de 40 ans donc je commence à avoir des familles entières qui viennent ados, parents et grands-parents.
- Speaker #2
Et ce premier autographe comment tu le vis ? Est-ce que tu te dis que c'est normal que c'est une récompense ou est-ce que tu dis je suis plus dans un autre monde ?
- Speaker #0
Non ça m'amuse là je trouve ça rigolo j'ai pas du tout conscience donc je me dis c'est marrant c'est mon premier autographe je me rappelle même de leur dire je vais m'en souvenir c'est mon premier autographe et après je suis pas Je ne sais pas ce que c'est d'être connu, mais je sais ce que c'est en général, de manière empirique, d'être connu. Je sais qu'il y a des gens qui signent des autographes. Sur le moment, ça m'amuse. Je trouve ça juste rigolo qu'on me demande un autographe. Pour moi, je ne suis pas connu. Je trouve ça mignon et je trouve ça chouette. Je me dis que c'est marrant. On commence à me reconnaître. Je le vis plutôt comme ça. Aujourd'hui, c'est différent. Maintenant, ça va faire 15-16 ans que ça marche.
- Speaker #1
C'est moins marrant ?
- Speaker #0
Non, ça fait quand même toujours plaisir, je trouve. Moi, franchement, je... Alors, moi, je suis quelqu'un d'assez... d'assez timide, étrangement. Je n'aime pas trop qu'on me remarque. Pour moi, la vie et la scène sont deux choses différentes. Dans la vie, je suis plutôt un mec qui va se mettre dans un coin, qui va passer à remarquer, qui ne va pas. Parfois, ça me gêne. Ce n'est pas que ça me gêne, ce n'est pas que les gens me gênent en me demandant un autographe. Parfois, je peux me sentir un peu mal à l'aise, mais parce qu'on m'a reconnu. Mais je trouve ça quand même toujours vachement agréable. Sincèrement. Alors en plus, moi, j'ai la chance aussi d'avoir un public qui est très chouette et qui est très respectueux. Donc, ils ne sont pas trop intrusifs. Ça arrive, tu vois. Je me rappelle d'un jour, j'étais en Grèce. Et c'est en Grèce que j'étais. Je visitais une espèce de vallée ou je ne sais pas quoi. Puis, il y avait des toilettes publiques, on va dire. Tu es dans une espèce d'algeco qu'ils font pour les touristes. Et je vais pisser. Et il y a un gars qui a pissotié à côté qui me revenait et qui me dit, on peut prendre une photo. Mais pendant qu'on est en train de pisser, on peut attendre quand même deux secondes. Donc, tu as des trucs un peu comme ça, ou des gens qui essayent de te filmer sans que tu les vois. Ça, c'est un peu agaçant. Je me rappelle d'un jour où j'étais vraiment en famille, et j'étais au restaurant, et donc je suis avec ma famille et tout ça, c'est un anniversaire, on m'apporte le gâteau, je suis en train de souffler, et je vois qu'il y a une dame qui est en train de me filmer. Par contre, ça, ça me gave un peu. En plus, ça me gave parce que si la dame me demande de venir faire une photo, je vais aller la faire. Donc, c'est plus ça qui peut être parfois agaçant. C'est vrai que par exemple quand je vais aller en vacances, je vais plutôt prendre des endroits isolés parce que même si c'est pas méchant de la part des gens, ils vont avoir tendance, si t'es sur la terrasse d'à côté, ils vont avoir... Mais c'est humain, je ferais pareil, mais c'est humain, ils ont le regard qui vient vers toi, ils ont un peu l'oreille, ça les intéresse. Et c'est logique. Et tu l'as décortiqué,
- Speaker #1
ça, pourquoi c'était logique ? Pourquoi quand une célébrité rentre dans un endroit, et j'imagine que c'est pareil pour toi, pour quelqu'un que t'aimes bien, ou d'ailleurs même que quelqu'un que t'aimes pas, mais que tu connais pas, qu'il y a une célébrité qui arrive dans un endroit, tu vas la regarder et tu vas avoir un comportement qui va être différent d'avec une personne qui n'est pas connue.
- Speaker #0
Parce que c'est pas normal de connaître quelqu'un sans le connaître. Donc je pense que c'est un comportement humain, et moi je vous dis la vérité, demain il y a un acteur ou une actrice très connue qui va s'asseoir à ma table, c'est pareil, je vais avoir le regard qui va arriver vers ces personnes, je vais avoir un petit peu un petit peu envie d'entendre ce qu'ils disent, sans vouloir être malveillant ou quoi, c'est humain. Donc c'est vrai que du coup, quand tu as envie d'être en plus, moi je suis plutôt quelqu'un, j'aime bien être un peu isolé, j'aime bien, bon ben voilà, typiquement je vais éviter les endroits, je ne vais pas aller louer une maison avec un terrain commun, avec une autre maison, ou s'il y a juste un grillage, ben non, je vais demander qu'il n'y ait pas de vis-à-vis, parce que même si les gens se comportent bien, tu vois, je ne vais pas être complètement, je ne vais pas arriver à... à me déconnecter complètement parce que je vais quand même faire attention à ce que je vais faire ou à ce que je vais dire parce que je vais me dire bah non mais il y a des gens quand même à côté qui peuvent m'entendre. C'est plus cet aspect là qui peut être parfois un peu moins chouette à vivre mais franchement c'est pas pour faire un bon mot mais c'est tellement rien par rapport au reste tu vois. Et puis encore une fois moi les gens sont très respectueux. Tu sais les gens ils changent un peu de comportement en fonction de qui tu es et de ce que tu fais aussi bien sûr. Ils vont pas se comporter de la même manière avec moi qu'avec quelqu'un d'autre en fonction de dans quoi ils l'ont vu, dans quoi ils le connaissent. L'image publique que t'as. Ils vont se permettre beaucoup plus de choses. Parfois,
- Speaker #2
ils ont l'impression que tu leur appartiens.
- Speaker #0
Oui, alors évidemment. Mais ça, c'est encore autre chose. Parce que ça, c'est encore un autre truc. Il y a des gens qui estiment que, parce qu'ils te suivent, par exemple, depuis 10 ans ou 15 ans, que ça leur donne aussi une... Et en même temps, est-ce qu'ils ont tort ? C'est marrant parce qu'ils estiment qu'ils ont... Par exemple, là, pour mon film, je vais te donner un exemple, ça va être plus simple. J'ai... J'ai des gens qui sont venus hier, donc hier j'étais à Rennes, on a fait la première avant-première, donc 500 personnes, génial et tout, c'était vraiment top. Puis après je suis resté discuter avec les gens, faire des photos et tout ça. Et donc il y a eu une ou deux personnes par exemple qui sont venues en me disant écoutez moi j'avais très peur parce que je vous suis depuis 15 ans, là c'est votre premier film au cinéma, j'avais extrêmement peur que vous me déceviez. Donc tu vois, ils te mettent quand même une certaine petite pression. Et après, en l'occurrence, j'ai eu de la chance, ils m'ont dit en fait, quelle bonne surprise, continue à faire du cinéma, on a rigolé du début à la fin. Bon, c'est chouette, mais ça m'a mis un petit stress. Parce que la personne, elle prend le temps, elle te dit, j'avais très peur que vous me déceviez. Silence. Et j'ai envie de dire, alors, dis-moi du coup. Parce que tu vois, tu ne veux pas. Mais ils n'ont pas complètement tort non plus. C'est eux qui font ta carrière. Donc tu leur as promis des choses au départ. Donc tu vois, j'ai du mal moi. Il y a certains comportements, je pense, de l'extérieur où les gens pourraient se dire, quand même, les gens, ils abusent. Mais en même temps, je me dis, oui, mais en même temps, qu'est-ce que tu veux que je me plaigne ? C'est moi qui ai voulu être connu. C'est moi qui ai voulu faire des grandes scènes. C'est moi qui ai voulu faire du cinéma. C'est moi qui ai voulu faire du théâtre. C'est moi qui ai voulu faire ça. Et s'il n'y a pas ces gens-là, je n'existe pas. C'est eux qui ont créé le pont entre moi et mon rêve. Donc, je ne vais pas aller pisser sur le pont, ce que je veux dire. C'est comme ça. Le pont, il est là. Et voilà. Tu comprends ce que je veux dire ? Même les choses qui peuvent m'agacer parfois, Merci. qui sont humains, je pense que tous les gens un peu connus, célèbres, etc. ont des moments où ils ont envie d'être tranquilles et ils ne vont pas l'être. Mais bon, franchement...
- Speaker #1
C'est pas très cher payé.
- Speaker #0
C'est pas cher payé par rapport à... Alors après, parce que moi j'ai aussi des gens très respectueux. Je pense qu'il y a des gens, c'est pire. J'ai vu des gens très mal se comporter avec d'autres gens, arriver à des tables, leur taper sur l'épaule, leur parler comme si machin... En faire bon, allez, vas-y, on va faire une photo, allez, f'toi, on fait une photo !
- Speaker #2
Tu as un exemple ?
- Speaker #0
Non, j'ai pas envie de mettre les gens mal à l'aise. Mais je l'ai vu, je l'ai vu plein de fois. et ça par contre c'est pas cool mais moi j'ai un public qui est vraiment sympa donc si tu veux c'est dur de j'ai jamais personne qui m'a fait un truc pareil alors après peut-être parce que je parais pas sympa d'extérieur on va pas faire tant les gens savent que tu fais des arts martiaux et tout ça en tout cas moi on me le fait pas c'est pareil je pense que c'est un peu plus violent pour les filles quand je parle avec mes potes actrices ou humoristes les DM qu'elles reçoivent, les photos on connait l'histoire je pense que c'est un peu plus violent que ce que nous on reçoit donc c'est la même chose les gens vont se... permettre des choses avec certaines personnes, peut-être plus par exemple avec des filles que nous, enfin que moi en l'occurrence. Donc je pense qu'on vit tout ça de manière très différente.
- Speaker #2
Est-ce que d'ailleurs le rapport à la séduction change lorsqu'on devient une personne reconnue ?
- Speaker #0
La séduction, on parle d'une séduction amoureuse ? Oui, on devient plus beau, tu vois, si on est connu. Bien sûr, évidemment. Déjà, moi, factuellement, je suis plus beau. Parce que j'ai arrêté de boire, je me suis coiffé, j'ai mis des pulls au lieu de chapeau et de la capuche. Donc, j'ai fait un petit glow-up qui m'a demandé du temps. Mais voilà, évidemment, le fait de... Moi, c'est encore autre chose. Moi, c'est parce que j'ai traversé une cure de désintox, machin. Donc, forcément, quand tu picole et que tu prends des médicaments, t'es bouffi, t'es pas au top de toi-même. Donc, déjà, de prendre soin de soi, de faire du sport, de reprendre ton alimentation, etc., tu retrouves ton vrai toi. Donc, ce n'est pas un glow-up, c'est juste, pardon, j'étais déguisé en alcoolique. Donc, voilà. Et après, bien sûr que la célébrité, en fait, la célébrité, c'est plein de choses. Mais déjà, forcément, tu es vu par plein de monde. Donc, tu as ton pôle potentiel de gens qui peuvent être intéressés par ta personne. Et puis après, tu as les gens qui aiment ton travail. Donc, le fait que les gens aiment ton travail, Ça peut générer une certaine admiration qui appuie évidemment la séduction. Les interviews, les choses. Il y a des gens qui s'accrochent à toi aussi parce que tu parais être la personne qu'ils recherchent, avec qui ils pourraient bien s'entendre parce que tu les fais rire. Donc évidemment, tout ça génère, facilite les choses. Et puis, ça te permet aussi d'avoir plus confiance en toi, d'être plus assis. Le fait d'avoir une situation, etc. Tout ça fait que tu dégages certainement quelque chose de confiant qui forcément... t'aides à être plus charmant. Après, je pense que c'est normal. Je pense que c'est logique. Concernant vos amis d'enfance, par exemple, est-ce que lorsque votre carrière explose,
- Speaker #2
est-ce qu'il est facile de garder un rapport naturel le même que vous aviez lorsque vous étiez enfant et que vous n'aviez rien ?
- Speaker #0
Écoute, moi, j'ai pas trop eu de problème à ce niveau-là. J'ai un entourage qui a été toujours solide. Pour le coup, moi, j'ai de la chance. J'ai vu des gens... J'ai vu des gens, au bout de trois cachets, arriver en audit été. À l'époque, c'était cher. Débarquer avec des caisses, prendre des apparts qui étaient beaucoup trop chers pour leurs moyens. Et puis surtout, j'ai vu des gens être convaincus que ça n'allait jamais s'arrêter. Parce que moi, j'ai toujours été totalement terrorisé à l'idée que ça s'arrête. Par exemple, quand j'ai commencé à gagner de l'argent, je n'ai absolument pas changé mon train de vie. Et je mettais plein d'argent de côté. Et dès que j'avais 15 000 euros de côté, je me disais, ok, je peux vivre un an. Parce que moi je me disais, si j'ai un peu plus de 1000 balles par mois, que je fais 2-3 cours de Jiu-Jitsu à côté, je m'en sors. Et c'est un jour mon associé, c'est aussi mon associé Mickaël Dion qui m'a permis de rester pied sur terre en permanence, il a été là avant que je sois connu, c'était déjà mon pote, on avait commencé déjà à travailler ensemble, il faisait mes sites internet, il réalisait mes sketchs et tout. Et donc lui il a toujours été mon gardemette, il a toujours été mon gars qui me disait, attention là tu commences à vriller, hier soir je t'ai entendu parler au restaurant, t'as commencé à dire ça, c'était un peu bizarre. Je dis « Ah bon, qu'est-ce que j'ai dit ? » « Bah t'as dit ça, ça sous-entend ça quand même. » Donc lui m'a toujours remis épais sur terre. Ça ne veut pas dire que je n'ai jamais eu de moment où j'ai un peu pété les plombs, mais ça n'a pas duré trop longtemps. Parce que j'avais toujours des gens qui... Tu vois, je me rappelle un jour, je vais dans une chambre d'hôtel, je suis fatigué, j'en ai marre, je suis en tournée, puis c'est cool, il y a les salles pleines, enfin voilà, cette vie-là. Et puis je me vois arriver dans une chambre d'hôtel, et la chambre est petite, et je sens la colère qui me manque de pourquoi cette chambre est si petite. Je me vois prendre le téléphone de la réception, composer le numéro pour dire qu'est-ce que c'est que cette chambre. Le truc de film, j'ai vraiment pris le téléphone. J'ai entendu un charmant jeune homme qui m'a répondu « Oui, monsieur Ferrari » . J'ai vraiment fait « Non, c'était pour avoir le code du Wi-Fi » . J'ai raccroché, j'allais vraiment péter un câble parce que j'avais une chambre plus grande. Il est 2h du matin, tu te lèves dans 7h. Qu'est-ce que tu veux en fait ? Tu veux un tennis ? Tu vas juste dormir, on s'en branle que la chambre soit petite.
- Speaker #1
Mais ce qui est un peu incompréhensible pour le Copain des Mortels, c'est est-ce qu'on tombe facilement là-dedans, dans ce truc de se dire que c'est normal ?
- Speaker #0
Bien sûr qu'on tombe facilement parce qu'on te donne tout sans que tu le demandes. Et encore plus en one man, parce qu'en one man, tu fais des tournées de la taille de chanteur, quand ça marche vraiment fort, et t'es tout seul sur scène. Donc les applaudissements, tout ça, tout est pour toi, et les gens qui te reçoivent, ils n'ont qu'une seule personne à gérer, donc ils te donnent tout. Donc il te donne la plus grande suite, la plus grande chambre, le plus grand truc, tout le monde est au petit soin, tout le monde... Donc t'as très vite fait de prendre le pli, tu sors de la voiture, on vient te chercher, tu prends un truc, on porte ta valise et tout, donc t'as vite fait de... Tu as vite fait de t'habituer à ça. Au bout d'un moment, ça devient normal, comme tout le monde le fait tout le temps. Donc c'est pour ça que c'est hyper important d'être très bien entouré. Moi, les gens avec qui je travaille, ça fait 15 ans qu'ils sont avec moi, 20 ans. Donc ils s'en foutent de me dire « ta gueule, Jérôme, tu saoules » . Donc moi, c'est ça qui m'a gardé les pieds sur terre. Et ça, c'est très important. On a tous des sentiments qui nous traversent, qui peuvent être ceux que j'ai cités précédemment et c'est totalement normal. Et donc, comme émotionnellement, tu es un peu bousculé, parce que quand tu fais du one man et tout, ce n'est pas normal. Tu vas avoir 5000 personnes qui sont debout, qui crient, tout ça. Tu es un peu hors... Tu vois, par exemple, moi, je ne fais plus d'interviews en sortant de scène. Je refuse. Parce que j'ai déjà ré... Sous l'adrénaline ? Mais oui, parce que tu dis n'importe quoi. Moi, je me suis déjà réentendu hors scène, des interviews que j'avais faites. J'ai dit, mais qu'est-ce que je raconte ? Parce que tu es bourré d'adrénaline. t'as pris une... claque d'émotionnel. Tu te prends pour Dieu pendant que ça dure 10 minutes. Mais pendant 10 minutes, tu te prends pour Dieu. Il faut vraiment fermer ta gueule. Il ne faut pas qu'il y ait un mec avec un micro qui va te dire alors. Parce que tu dis n'importe quoi.
- Speaker #1
Mais on devient accro à ça, à ce moment-là, où tu te prends pour Dieu pendant 10 minutes. Non,
- Speaker #0
tu ne deviens pas accro à ce moment-là. C'est la conséquence de ce que tu fais. C'est pareil. En vieillissant et à force d'expérience, ça se calme. Mais c'est vrai que les premières tournées, tu peux avoir des moments où tu vris un peu. Et comme quoi,
- Speaker #2
après l'avoir tant attendu.
- Speaker #0
Oui, et en plus comme moi, je suis tout le temps à la culpabilité. Je suis en train de me dire, est-ce que ça va marcher ? Est-ce que ça ne va pas marcher ? Est-ce que ça va continuer ? Est-ce que je ne l'aurai plus ? Chaque date, je me remets en question. Ce qui me fatigue le plus, c'est que je ne suis jamais serein. Donc du coup, quand j'ai des petits moments de grâce, moi, ils partent dans les étoiles, les moments de grâce. Parce que je suis tellement tout le temps en train de me flageller que dès que je lâche un peu la bride pendant 5 minutes, et que là, je dis des trucs. Donc voilà, il faut essayer de traverser cette existence en étant... Le plus lucide possible.
- Speaker #2
Est-ce qu'il y a un moment où on se dit, alors j'imagine que ce n'est pas ton cas puisque tu nous l'as un peu expliqué, mais qu'on se dit ça y est, c'est parti et ce sera toujours comme ça ?
- Speaker #0
Ah bah pas moi. Alors là je pense qu'il y en a plein qui... Après de toute façon ceux qui le pensent ils ne te le diront pas au micro. S'ils sont un peu malins ils ne te le diront pas. Il n'y a personne, il n'y a aucun artiste qui va te dire ça va marcher toute ma vie. Mais je pense sincèrement qu'il y en a qui le pensent, oui. Je pense qu'il y a des gens qui se font dépasser. par par ce métier qui est compliqué émotionnellement et je pense que oui il y en a qui sont convaincus que ça a marché toute leur vie et je pense que c'est très dangereux de penser cela c'est comme ça je pense que tu peux parfois tout perdre notamment c'est comme ça qu'il ya des gens qui gagnent beaucoup beaucoup d'argent et qui se retrouvent à 50 ans avec plus rien c'est parce qu'ils étaient tellement convaincu que ça allait durer qu'ils ont tout dépensé lorsqu'on
- Speaker #2
est Souvent, on va dire que les gens qui montent sur scène ou toutes les professions artistiques, il y a souvent quand même une forme de sensibilité derrière. De toute façon, ce n'est pas forcément naturel de monter sur scène et d'exprimer ce qu'on est. La plupart des gens n'ont pas besoin de faire ça. Quand on est aussi sensible, tout ce milieu, après, quand ça commence à cartonner, comment on ne se fait pas avoir par tous les pièges qui nous attendent, les personnes qui veulent vous vampiriser, qui vous disent que vous êtes le meilleur. Et forcément, il y a un âge où on le croit.
- Speaker #0
Tout le monde est différent là-dessus, c'est pareil. Je pense qu'il n'y a pas une réponse unique à ça. Il y a des gens qui se font avoir, qui ne se rendent pas compte, qui viennent s'asseoir devant toi en disant qu'ils ne se sont pas fait avoir, alors qu'ils se sont clairement fait avoir, factuellement, je veux dire. Tu as des gens... Moi, j'ai toujours été très méfiant. Je suis de base quelqu'un qui ne fait pas confiance. Donc, je pense que ça m'a protégé. Parfois, ça m'a aussi coupé, certainement, de belles amitiés ou de belles rencontres parce que j'étais trop en retrait. Mais en tout cas, ça m'a protégé. J'ai les mêmes personnes autour de moi depuis toujours. Donc moi, pour le coup, je n'ai pas eu ce problème-là. Après, quand tu es un peu finot quand même, quelqu'un qui vient, qui commence à... Tu vois quand même vite si la personne, elle est là pour l'oseille ou si elle est là pour autre chose. Donc normalement, mais ça, c'est comme dans la vie, ce n'est pas que les gens célèbres. À partir du moment où les gens ont un peu de pouvoir, un peu d'argent, ils savent très bien qu'ils vont attirer autour d'eux des gens qui peuvent être mal intentionnés. Mais ça, ça découle après aussi de ton éducation et encore une fois de ton entourage. Moi, personnellement, je ne l'ai pas vécu vraiment comme ça parce qu'encore une fois, déjà, j'ai un univers qui est très différent des autres. Donc, dans ce métier, il y a plein de gens qui sont admiratifs de ce que j'ai construit dans ma carrière. Et puis, en dehors, les boîtes de prod, les lieux de spectacle qu'on peut avoir, tout le business que j'ai monté autour du spectacle. Mais personne ne m'envie. Personne n'a envie d'aller insulter tout le monde sur scène pendant deux heures et demie avec les problèmes qui vont derrière. Ce qui fait que moi, pour le coup, je n'ai pas trop de problèmes avec les autres. Mais moi, je les connais tous ces humoristes. Franchement, la majorité, c'est mes amis. Ils me disent tous, moi, je ne t'en vis pas. Moi, je ne travaille pas trois fois plus pour avoir ce que tu as. Donc du coup, moi, je n'ai pas généré de jalousie. Oui,
- Speaker #2
parce que vous travaillez énormément vos spectacles de manière journalistique. On en avait parlé au début. Vous faites énormément de recherches.
- Speaker #0
Oui, les spectacles, moi, je mets deux ans à les préparer. Je fais un vrai travail journalistique. Et puis après, j'écris le show. Et puis avec un humour, c'est pareil, tu vas me dire, vous n'avez pas peur qu'on vous prenne vos textes ? Je dis, mais personne ne va prendre mes textes, personne n'a envie de faire 20 minutes sur le conflit israélo-palestinien. Je suis assez tranquille, tu vois.
- Speaker #1
Tu dois gérer le SAV de ça. Tu parlais tout à l'heure des DM, des filles qui reçoivent, du milieu qui reçoivent des DM de mecs, etc. J'imagine que tu dois recevoir aussi des DM sur Instagram, des trucs un peu salés. Moi déjà, moi aussi,
- Speaker #0
je reçois des DM de mecs déjà. Ah, très bien. De filles et de mecs. Mais bien sûr, après avec le temps, ça s'est calmé, c'était plus dur au départ. Au départ, quand je suis arrivé, j'ai vraiment jeté un pavé dans la mare. Tu vois, avec un spectacle sur la religion, Hyperprovoke et tout machin. Donc au départ, ça a secoué, tu vois. Il y a beaucoup de gens qui ont saigné du nez, quoi, en voyant les spectacles. Maintenant, ça fait 15 ans que je suis là, donc c'est un peu différent. Ceux qui me détestent, me détestent toujours, mais ont un peu lâché l'affaire parce qu'ils se disent « Bon, ça y est, il est là, il est là, il est là. » Et ceux qui m'aiment, même encore, parce que je fais toujours la même chose, je n'ai pas changé. Maintenant, oui, j'ai eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de problèmes au départ. Des menaces, des gens en colère, des gens qui quittaient la salle en gueulant. J'ai tout eu. J'ai eu des balles dans mon courrier, des mecs qui me suivaient. J'ai eu des menaces par courrier, des gens qui m'ont attendu à la sortie du théâtre. J'ai eu tout ce qu'on peut imaginer, je l'ai vécu. Je l'ai géré tout seul, ensuite on m'a aidé. Mais ça se calme avec le temps en fait. Parce qu'ils ont aussi compris de là où je venais, que je venais de quartier populaire, que je m'étais fait tout seul, que je n'avais pas la... Je n'avais pas de diplôme. Ils ont capté que c'était une dénonciation de la société. Et de là aussi d'où je venais, ça m'a donné du crédit. Parce que je peux en parler. Parce que je sais ce que c'est. Parce que j'étais dedans. Parce que je suis comme eux.
- Speaker #2
Désolé de revenir dessus. Mais je rebondis sur la balle dans le courrier. Comment on le vit ça ? Si vous avez une compagne de la famille, de recevoir ça, de recevoir une balle par courrier ?
- Speaker #0
A l'époque, je crois que j'étais célibataire. Je ne me souviens plus bien du contexte. C'était à un petit moment maintenant. Écoute, ça m'a un peu fait marrer.
- Speaker #1
C'est pas une bonne vanne.
- Speaker #0
Non mais je suis sérieux, je crois que ça m'a fait un peu rire. Après non, c'était plutôt, j'avais eu des trucs un peu relous de mecs qui me suivaient en bagnole et tout. C'était plutôt ça, des gars qui m'avaient attendu en bas de chez moi. Ça, ça m'avait saoulé par contre. Des gens qui m'avaient attendu en bas de chez moi, ils ne m'avaient rien fait. Mais ils s'étaient mis à la fenêtre en bas, ils m'ont appelé. Ils m'ont dit, t'habites là toi, ok, maintenant on le sait. Je ne sais pas, il y a eu deux, trois trucs où c'est là où je me suis dit, ça serait quand même peut-être bien d'avoir un peu de sécu.
- Speaker #1
Parce que là, le monsieur qui est derrière nous est là pour te protéger.
- Speaker #0
C'est Laurent qui travaille avec moi depuis une dizaine d'années maintenant. Quand il y a eu Vendepièce à Beyrouth, j'ai eu des trucs, je ne veux pas tout raconter parce que je n'ai pas envie, mais j'ai eu des trucs où je me suis dit, je ne peux pas le gérer tout seul. Sur le spectacle d'avant, je l'avais géré tout seul parce que c'était des désaccords de spectateurs un peu vénères. J'ai dit, les gars, on a réglé ça entre nous. Je me suis posé devant eux et on a réglé le problème entre nous.
- Speaker #1
Tu as senti que c'était plus grave après ?
- Speaker #0
J'ai senti qu'on avait passé un game. C'était d'autres types de personnes qui me suivaient. Je ne sais pas, j'ai senti un truc pas chouette. Je sentais que ce n'étaient pas des spectateurs mécontents, que c'était parce que j'avais touché à d'autres choses, que j'avais cité des gens. Je sentais que c'était un autre. C'était un moyen de pression différent de celui que je pouvais avoir connu. plus inquiétant donc là j'ai dit je pense que ça serait bien d'avoir un professionnel et puis voilà Laurent qui est là, il n'est pas là uniquement quand je suis dans la rue. Il n'est pas là, c'est juste dans les événements publics. Il n'est là pas seulement pour me protéger moi, bien sûr pour me protéger moi, mais pas seulement. Il est là aussi pour protéger les équipes, pour briefer les agents de sécurité qui sont sur place, pour faire en sorte que ça se passe bien pour tout le monde et aussi pour les spectateurs. Parce que quand tu as un mec dans la salle qui commence à péter un câble, il faut aussi gérer la sécurité des spectateurs qui sont sur place. Et puis aussi avec tout ce qui s'est passé avec les attentats, etc.
- Speaker #1
Tu crois que c'est plus ton niveau de célébrité qui requiert d'avoir un garde du corps et que c'est quelque chose de courant à ton niveau de célébrité ou c'est parce qu'il y avait ces menaces-là que tu t'es dit ?
- Speaker #0
Au tout départ, c'est parce qu'il y avait des menaces.
- Speaker #1
Mais tu n'es pas arrivé au même point si finalement... Je ne sais pas.
- Speaker #0
Non, tout le monde n'en a pas. Je ne sais pas. Après, il faut quand même être lucide sur ce que je raconte. Je ne me fais quand même pas que des copains. Je te dis, au fur et à mesure du temps, c'est différent maintenant. C'est différent. Mais je trouve que, disons que c'est surtout qu'à un certain niveau de notoriété, il n'y a pas de raison de ne pas avoir quelqu'un, il n'y a pas de raison de ne pas avoir de chef de sécurité. Il faut des gens compétents pour gérer une partie de ce que tu fais.
- Speaker #2
Justement, j'imagine que tu as un comptable. Qu'est-ce que ça fait dans sa vie au début quand on gagne ? Un comptable ? Non, mais quand on a pas mal d'argent qui rentre, comment on apprend à gérer son argent quand on n'en a jamais eu autant ?
- Speaker #0
Moi, j'ai toujours été très prudent, donc je n'ai pas vécu au-dessus de mes moyens. Tu as eu un début de la réponse tout à l'heure, parce que moi, je n'ai pas bougé trop mon train de vie les premières années. La première chose que j'ai faite, c'était d'acheter une maison à mes parents, parce qu'ils avaient tout perdu. Et que ça me faisait mal au cœur d'avoir des gens qui avaient travaillé toute leur vie et qu'on leur prenne le peu qu'ils avaient. Donc ça, ça me rendait malade. Donc j'ai réparé cette injustice, parce que ça en était une. Ensuite, j'ai demandé pas mal de conseils à Laurent. Moi, j'ai beaucoup culpabilisé de ce que je gagnais, parce que je viens d'un milieu très modeste.
- Speaker #1
Laurent Ruquet. Laurent Ruquet, oui.
- Speaker #0
Oui parce que les gens vont croire que c'est Laurent Ruppier Qui fait ma Qui fait ma carte du corps Donc non non il y a C'est pareil tout ça c'est l'entourage Tu vois au tout départ Tu vas aux plus urgents, tu rembourses tes dettes, tu remets ton compte à flot Et tu mets Les gens que t'aimes à l'abri et tu donnes un peu A ceux, moi c'était ça ma première chose Que j'ai faite Une fois que ça a été fait, tu réfléchis en fait Tu te dis ok qu'est-ce que c'est le plus intelligent Alors tu demandes, si t'es pas en mode flambe, tu demandes. On a pris des rendez-vous avec des gens compétents, on y revient, des gens compétents et tu prends des conseils. La première chose qu'il faut faire c'est d'abord t'acheter un logement à toi. Qu'est-ce que tu veux ? Tu veux une maison ? Tu veux un appart ? Alors qu'est-ce que je peux acheter ? Tu peux aller jusque là, si tu te mets là, il faut pas que ça s'arrête. Et si je me mets un peu en dessous, si tu te mets un peu en dessous. Moi je vis toujours en me disant, si ça s'arrête j'ai un an ou deux devant moi. C'est toujours un peu la limite qu'on s'est donné avec Mickaël, mais c'est pareil, c'est Mickaël qui m'a aidé à faire tout ça. Donc si tout s'arrête, j'ai un an ou deux où je peux tenir avec. Tu tiens. Je tiens avec un an ou deux. Donc j'augmente mon train de vie comme ça. Au fur et à mesure, c'est j'ai un an ou deux comme ça, j'ai un an ou deux comme ça. Un an ou deux, ça me permet de vendre des biens, de me remettre, de trouver des solutions pour essayer de me sortir la tête de l'eau si jamais demain tout devait s'arrêter. Et ensuite, moi j'ai monté des sociétés, donc ça rentre dans autre chose parce que t'es plus seulement artiste, t'es aussi chef d'entreprise. Puis moi j'ai plein d'activités, j'écris pour d'autres, je fais de la mise en scène. J'écris pour le cinéma, j'ai plein d'activités différentes. Après, j'ai la chance maintenant d'avoir beaucoup de collaborateurs, d'avoir des conseillers financiers qui me sont dédiés, etc. Donc maintenant, on fait des choses, mais je reste quand même très sécure. Et en réalité, une fois que j'ai réalisé ce que je voulais avoir, c'est-à-dire mettre mes parents à l'abri, avoir une maison pour moi et avoir ma résidence secondaire dans le Sud que je viens juste d'acheter, je n'ai pas besoin de plus. Là, je peux voyager où je veux. Je peux me prendre les plus belles chambres, je peux manger ce que je veux. Je n'ai pas besoin de plus que ça. Donc, à partir du moment où j'ai atteint ce stade-là, maintenant, l'argent, je le vois différemment. L'argent qui rentre et l'argent que je gagne, je le vois plus pour monter des projets, pour que mes sociétés grossissent, pour investir plus sur des artistes, pour pouvoir prendre des risques dans des choses qui coûtent plus d'argent. Maintenant, c'est plus comment je fais pour être matériellement plus heureux. Moi, j'ai deux grandes maisons, c'est déjà plus que la plupart des gens et je n'ai pas besoin de plus, je n'ai pas besoin de cinq maisons.
- Speaker #2
Est-ce que dans ta carrière justement, on t'a dit si tu veux atteindre un plus grand public, peut-être que tu devrais aller un peu moins loin, être un peu plus consensuel ?
- Speaker #0
On me l'a dit dès le début. Quand j'ai fait On ne demande qu'un en rien, j'avais un producteur à l'époque, qui est décédé maintenant, qui m'a dit il faut absolument changer de spectacle. C'était mon premier spectacle, Alléluia Bordel. Il m'a dit c'est débile, tu vas niquer ta carrière maintenant. Enfin, tu as du public dans ta salle, change tout de suite de spectacle, fais un truc plus léger, fais des sketchs comme tu fais à la télé. Et j'ai dit c'est hors de question. Et ça j'en suis très fier parce que c'était vraiment une époque où j'avais rien du tout, quand je dis que j'avais rien, je savais pas payer mon loyer, j'avais à peine de quoi manger, je savais pas mettre le chauffage chez moi et tout, donc faut se rendre compte que quand tout d'un coup tu gagnes vraiment bien ta vie et que tu commences à avoir du monde dans ta salle et que ça fait 10 ans que t'attends ça et que t'as ton producteur qui te dit si tu continues à faire ça tu vas tout reperdre, je peux t'assurer qu'il faut une sacrée intégrité pour dire, je suis très fier de la personne que j'étais il y a 15 ans qui a dit à ce producteur non c'est ce spectacle que je veux jouer et les gens m'aimeront comme ça sinon ils m'aimeront pas et tant pis. Donc ça c'est un truc dont je suis fier, c'est d'avoir pris le risque de perdre les gens, mais je ne voulais pas me perdre moi-même. Et ce spectacle je le trouvais super, je me suis dit non il va marcher, c'est celui-là avec lequel les gens doivent apprendre à m'aimer. Et je n'ai pas eu tort puisque ce spectacle a été un très grand succès. Mais j'ai eu un moment où j'ai eu flippé pour tout vous dire, parce que je jouais sur le théâtre des Trois-Bordes, et l'émission On ne demande qu'un rire commence à remplir ma salle. Donc là je me dis c'est parti, ça y est, je vais vivre le début d'un succès, je ne savais pas si ça allait durer, mais en tout cas voilà. Et ça dure 2 mois, 3 mois, et après, la salle se revide. Donc à ce moment-là, je me dis, bon, mon producteur avait raison, le spectacle n'a pas de plaisant, et donc je viens de me niquer ma vie. Parce que maintenant, je commence à être connu, je suis en télé, et plus personne ne va venir voir mon spectacle. Donc là, j'ai traversé une période de doute qui était vraiment compliquée. Et les gens sont revenus, et après, ils ne sont plus jamais partis. Et je ne sais toujours pas expliquer. Alors, il y a une explication potentielle que j'ai, c'est de me dire... peut-être qu'au départ, j'ai attiré un certain public qui espérait voir quelque chose qui ressemblait à l'émission, parce qu'il y avait vraiment des fans de l'émission.
- Speaker #1
Et puis t'étais un peu un pilier du truc en plus. Ouais,
- Speaker #0
et donc peut-être que les gens s'attendaient à voir vraiment un truc très proche de l'émission, ne l'ont pas trouvé, et donc ont commencé à ne plus venir, mais qu'au milieu de tous ces gens-là, il y avait aussi mon public qui a été lui, agréablement surpris et a même préféré ce que je faisais sur scène qu'à la télévision, et que le temps que le bouche-à-oreille se fasse et que, entre guillemets, Le transvasement des publics se fasse, il y a eu un creux, après c'est revenu. Et après, ça n'a plus jamais arrêté de grimper. Mais ce moment-là, où j'arrive au théâtre, et puis tu t'habitues vite, je dis, on a combien ce soir ? Et qu'il me dit 8. J'ai dit 8 ? Mais 8, c'est ce que je faisais avant l'émission. Je dis, mais qu'est-ce qui se passe ? Ça, je me rappelle, c'était un moment où... Putain, j'étais tellement mal. J'étais tellement mal. C'était horrible. Et puis en plus, j'avais l'impression que les gens me jugeaient parce que je me disais, putain, je suis connu et je joue devant 8. Donc les 8, ils doivent se dire, Wab ! Comment il fait pour avoir si peu de monde alors qu'il passe à tous les sports à la T, ça doit vraiment être nul.
- Speaker #1
Juste pour rester un petit peu sur le même sujet, on s'est parlé cette semaine sur Zoom pour autre chose, mais on parlait de la critique et tu me disais à quel point ça te faisait flipper, la critique sur ton dernier film. C'est pas le cas sur les spectacles. Pourquoi c'est différent ? Et surtout, qu'est-ce qui te fait flipper ?
- Speaker #0
Parce que les spectacles, j'ai plus besoin d'attendre l'approbation des journalistes.
- Speaker #1
Mais tu t'en fous ? de mauvaise critique ? Ton spectacle se fait complètement d'autant plus que tout après, tu t'en fous.
- Speaker #0
Un peu quand même. Franchement, un peu quand même. C'est-à-dire que j'ai un rapport qui est tellement proche avec mon public que je n'ai pas besoin des journalistes pour savoir si mon spectacle plaît aux gens ou pas. Ce que je veux dire, c'est que ça fait toujours vraiment plaisir d'avoir une bonne critique, évidemment. Je suis content quand un journaliste va dire du bien de mon spectacle, ça me fait vraiment plaisir. Maintenant, s'il dit que mon spectacle, c'est de la merde absolue, bon bah écoute,
- Speaker #2
les salles sont pleines et les gens rient.
- Speaker #0
Oui, en fait, je me mets tellement la pression sur les spectacles. Et puis, c'est pareil, je parle comme un vieux loup de mer, mais ça fait 15 ans maintenant que j'arpente les salles. J'ai joué des milliers de fois. Ce n'est plus des centaines, c'est des milliers maintenant. Des salles, des salles des fêtes au fin fond de je ne sais pas où, à des zénithes, à Bercy. J'ai fait toutes les salles de France, je pense. Et j'ai tellement travaillé tous mes spectacles. J'ai tellement créé un lien avec les gens. Les gens, ils sont très cash avec moi. J'étais aux avant-premières hier à Nantes et j'étais très content parce que les gens... J'ai fait 400 photos, je pense, et 400 autographes. Et donc, les gens venaient me donner leur avis sur le film. Et donc, j'étais content parce que c'était assez déterrambique. Puis, il y avait des gens de l'équipe de production qui m'ont dit, ils sont sincères les gens, tu prends ce que tu peux. Ah, les miens, ils sont sincères. Ils n'hésitent pas du tout à me dire, dans les duos neufs, le sketch avec machin, c'était vraiment de la merde. Mais parce que j'ai installé un rapport de franchise avec eux, tu vois, donc c'est comme ça. Moi, je suis franc avec eux, ils sont francs avec moi. Et si tu veux, le journaliste, ça me fait toujours plaisir et ça me touche vraiment sincèrement quand un journaliste aime ce que je fais et fait une bonne critique. On est tous pareils. Maintenant, quand je lis une mauvaise critique pour mes spectacles, je ne te dis pas que ça me fait plaisir, mais ça ne va pas m'empêcher de dormir. Parce que je sais que les gens viendront quand même.
- Speaker #1
Mais tu l'as dit, les critiques.
- Speaker #0
On te les envoie de toute façon.
- Speaker #1
Il y en a qui demandent si on ne leur envoie pas.
- Speaker #0
Pour eux, moi de toute façon j'ai Instagram, donc les gens me posent des DM et ils m'envoient les articles. D'ailleurs il y en a beaucoup des fans, des fois je leur dis quand l'article n'est pas bon, tu n'as pas le goût de me l'envoyer. Et ça arrive encore, et ça arrivera toujours. Il y aura toujours des journalistes qui n'aimeront pas ce que je fais, ce n'est pas très grave. À partir du moment où moi j'ai l'impression d'avoir donné 100% et que les gens sont debout à la fin, c'est la vie. Là je suis un peu plus sensible parce que c'est un nouveau terrain. Et j'ai envie qu'on m'aime et qu'on m'ouvre la porte et qu'on me dise, viens, rentre, t'as bien travaillé, t'as fait du bon boulot, on est content que tu sois là et tu peux t'asseoir avec nous. Là, je suis le nouveau de la classe qui a envie d'avoir des copains. Donc évidemment, là, je suis plus fragile, je suis plus fébrile. Donc j'ai besoin qu'on me dise que le film est bien. Et effectivement, quand on a commencé les projos presse des Cador, j'étais terrorisé parce que je ne suis pas sûr de moi. Donc je me dis, putain, si toute la presse déteste mon film, ça voudra peut-être dire que je ne l'ai pas bien fait, mon film. donc il y a un autre rapport peut-être que si les cadors ça fonctionne que j'en fais un deuxième qui fonctionne et peut-être qu'au troisième je serais plus chill aussi sur les critiques parce que je me dirais bon bah j'ai pris confiance en moi je sais que j'ai bien travaillé tu sais moi je suis un enfant je veux juste qu'on me dise t'as bien travaillé enfin j'arrive en toute humilité je n'en ai jamais fait donc je peux pas et en plus tu y vas quand même en étant réalisateur mais aussi devant la caméra c'est le grand saut Alors mes producteurs m'ont dit, alors attention parce que je ne devais pas le réaliser ce film à la base Donc ça c'est un bébé, on m'a mis un bébé dans les bras Parce qu'au départ ce film, j'étais avec un ami à moi qui s'appelle Saïd Qui est réalisateur, avec qui j'avais fait un film juste avant Qui me disait, moi j'aimerais bien réaliser une comédie mais je ne sais pas écrire de comédie Donc trouvons une idée ensemble et puis écrivons-la ensemble Puis au fur et à mesure du projet j'ai pris de plus en plus de place Et à la fin Saïd m'a dit, c'est toi qui dois le réaliser, c'est ton film, c'est pas le mien Donc on ne s'est pas disputé du tout, on est encore très amis Mais il m'a dit, c'est toi qui réalise le film Merci. J'ai dit non, non, non, je t'en supplie Saïd, au moins on le fait à deux. Il m'a dit mais non mec, fais-le tout seul, tu vas très bien t'en sortir, fais-le tout seul. Donc je me retrouve jeté comme ça dans la réalisation. Ça me terrorise en même temps, ça m'excite énormément. D'un côté je me dis je ne vais pas y arriver, d'un autre côté je me dis je pense que je peux y arriver parce que j'ai acquis assez d'expérience et de confiance en moi sur la gestion d'équipe, sur la gestion des comédiens. Et puis le film, je l'ai dans la tête tellement, je l'ai tellement dans la tête. Au fond de moi, je savais que je pouvais y arriver. Je savais que... Si je mettais ma peur de côté, je me disais « Allez, maintenant, on y va. » Parce que j'ai ces deux aspects-là. Moi, je suis un côté, je vais dire, je suis fébrile, je suis machin, je suis truc. Puis d'un autre côté, j'ai un truc très guerrier dans ma tête où « Bon, allez, maintenant, on arrête de chialer. Tu te lèves, tu te lèves et tu y vas. Et t'es bon et tu diriges tes équipes et tu mènes ton bateau et tu pleuras après. Et si tu dois chialer, c'est dans ta chambre. Mais là, tu te lèves le matin et tu vas travailler. » Donc, j'ai un truc un peu comme ça, très discipliné, presque militaire dans ma vie et dans ma tête, dans ma discipline de vie, dans tout ce que je fais. Je suis un peu comme ça. J'ai deux producteurs sur ce film et les deux m'ont dit après coup. On ne te l'a pas dit, mais on trouvait quand même que c'était extraordinairement difficile ce que tu t'es imposé. Parce que pour un premier film, tu fais de l'action, de l'aventure, de l'humour à trois personnels. Pas pareil.
- Speaker #1
Oui, parce qu'on précise que tu partages l'affiche avec le Raphaël Pain et Éric Judor.
- Speaker #0
Et ça, ça change tout. Parce que quand tu dois filmer des gens à trois, ce n'est pas la même chose que de filmer des gens qui se font un champ contre champ. Donc, tu ne peux pas le filmer de la même manière. Donc, c'est des difficultés supplémentaires. Le tout au Maroc, sous 57 degrés. Alors, 57 plus ou moins, parce que moi, je suis quand même le seul mec qui est tourné au Maroc et qui a des inondations. pendant son tournage. Donc, si tu veux, il y a de l'émotion, il y a de la tendresse aussi dans le film. Donc, je me suis mis tout, j'ai coché toutes les cases les plus difficiles que normalement on ne s'impose pas sur un premier film. Parce que ça fait comme
- Speaker #2
Georges Lucas qui disait on ne termine pas un film, on l'abandonne. Toi, effectivement,
- Speaker #0
Georges Lucas s'est énormément inspiré de moi.
- Speaker #2
Oui, c'est ce qu'il disait, il parlait de toi.
- Speaker #0
Il parlait de moi, oui. Je m'en rappelle cette petite interview.
- Speaker #2
J'imagine qu'un spectacle, tu peux toujours le modifier au fur et à mesure des représentations. J'imagine que tu affines. Là, un film, il est lancé, il est au moins... Est-ce qu'il est plus dur,
- Speaker #0
ça ? Alors après, en même temps, je dis que c'est le plus dur, mais en réalité, moi, quand j'écris un spectacle, j'arrive, il bouge pratiquement plus entre la première et la dernière. Je l'ai tellement épuisé, le texte, je l'ai tellement répété, je l'ai tellement mis dans tous les sens, je l'ai tellement relu, relu, relu, répété, que quand j'arrive sur scène, je l'ai déjà joué au moins 100 fois, de toute façon. Généralement, il bouge un peu, mais il ne bouge pas énormément. Cependant, le truc le plus... plus dur à faire sur un film, en tout cas je parle pour moi, ça a été de lâcher le montage. Je ne lâchais pas le montage. Je me suis battu pour chaque seconde et chaque aspect de ce film vraiment comme un chien. Je me suis battu, je n'ai rien lâché jusqu'à la fin. Et après on verra, ça marche, ça ne marche pas. Mais c'est ton film, c'est mon film. Et c'est celui que je voulais montrer aux gens. Sur le tournage, ça ne doit pas être facile quand tu te filmes toi, de dire là j'étais bon, là j'étais pas bon. Alors écoute, non, c'est pas facile. Déjà, tu ne le dis pas à voix haute. J'ai été génial. Elle est géniale. Il y en a qui le font, mais pour le coup, je crois que je ne l'ai pas fait. Non, mais j'avais David, mon directeur technique, David Crespin, et puis mon chef-op Antoine Marteau, puis ma scribe Juliette qui était là et qui me disait quand même, ça c'était mon noyau dur, c'était mon trio sûr qui me disait quand ça allait, quand ça n'allait pas, quand il pensait que je pouvais faire mieux, puis j'allais voir. Moi, j'avais pris un coach. À chaque fois que je fais un film... prend un coach, j'en ai fait deux mais sur suite avant j'avais déjà pris un coach et là même si c'est moi qui avais écrit le texte et que c'est un personnage que je maîtrise plus tôt parce que c'est un personnage en contre que je maîtrise bien, que je fais à partout j'ai quand même pris un coach Hey
- Speaker #3
Thibaut Hichet, je suis choquée carrément de me décoller vers n'importe quoi Ah c'est toi,
- Speaker #4
le petit Baptou qui se prend pour le fils de Gaddafi qui veut son héritage Putain Je peux savoir qu'on est dans un hamam On est dans un hamam parce que je suis en face de toi
- Speaker #3
Je suis la dernière ! Marathon du désert,
- Speaker #1
baby !
- Speaker #4
Alors, excusez-moi parce que je suis malvoyant. Et là, je te dis des trucs qui font que... Oui, pardon, j'adore les chiens, mais pas sur le canapé. Ça laisse des traces, c'est sale. Et ça ne se lave pas les fesses. Je suis désolé, mais vraiment, ça dégage. Allez, allez !
- Speaker #1
Et tu disais que tu jouais un personnage en contre que tu maîtrises bien, c'est un peu le clown blanc. Et c'est vrai qu'en y réfléchissant, je me disais que c'est exactement la même chose que ce que tu joues quand tu es avec le trio, par exemple. Bien sûr. Tu es en réaction à la folie des autres. Bien sûr. Et ça, pourquoi tu te sens à l'aise dans ces personnages-là ?
- Speaker #0
Parce que c'est très proche de ma personnalité. C'est-à-dire que je suis plus proche de cette... Même dans la vie, je suis plus proche du personnage de Noé que du personnage de Ryan dans le film. C'est quelque chose qui correspond à un personnage que j'ai développé depuis des années. Et puis, c'est quelque chose qui m'amuse beaucoup. J'adore regarder les autres en les prenant pour des débiles. J'adore faire des phrases assassines. J'adore être cynique en regardant un fou. J'adore ça, en fait. Ça m'amuse énormément. Et parce que, de toute façon, ça ne marche pas sinon. Il faut toujours, si tu veux jouer à la balle tout seul, il te faut un mur sur lequel rebondir. Donc, si tu veux faire rebondir la comédie, il faut quelqu'un de l'autre côté qui soit différent. Si là, le personnage de Noé, il devenait aussi taré que les deux autres, c'est plus marrant. C'est-à-dire que... Le niveau de folie, il est calibré sur la personne qui représente entre guillemets la normalité. Alors on est déjà très haut parce que Noé, il n'est quand même pas très normal non plus.
- Speaker #2
Donc il représente un peu le spectateur aussi, c'est le repère du spectateur. C'est ça,
- Speaker #0
c'est le repère du spectateur. Et puis lui, il représente aussi un truc autre, c'est que c'est un mec qui est dangereux dans le film quand même. Ce n'est pas un mec qui rigole du tout, c'est un gars, il ne faut pas trop le titiller quand même.
- Speaker #2
Et l'action, c'était un rêve aussi.
- Speaker #0
Alors là, je me suis complètement fait plaisir. Là, c'est vraiment le gamin qui fait des arts martiaux depuis qu'il est tout petit, qui a vu plein de films d'action. Alors là, complètement, je me suis fait plaisir. Mais au service du film. Si ça ne s'y prêtait pas, je ne l'aurais pas fait. Mais bien sûr, c'est pour ça que par exemple, quand j'arrive dans le hammam torse nu, j'ai quand même conscience que l'arrivée est très cliché. Je ne suis pas bête, je sais très bien ce que je suis en train de faire. Je ne suis pas complètement débile. C'est pour ça que Laura Derrel se fout de ma gueule. C'est pour ça que quand je m'assois, elle fait « Ah, Thibaut Inchev, bravo ma puce ! » Parce que du coup, je me sens ridicule à ce moment-là. Donc c'est ça qui est important. Quand je fais la bagarre, à un moment donné, il y a une scène où je me bagarre avec trois gars. c'est une vraie scène de comédie. Je n'ai pas fait un truc pour Homme Doug où je me regarde au fil mot ralenti en train de faire des coups de pied retournés. J'ai fait une scène de comédie, donc moi je me bagarre. Là où je me suis fait plaisir, c'est que j'ai fait une vraie bagarre. Parce que tu sais, au départ, on m'avait proposé des trucs un peu de cinéma. J'ai dit, les gars, moi je fais des arts martiaux, je vais arriver dans mon club, ils vont me dire, super, le double coup de pied sauté retourné, c'était incroyable. Ils vont se foutre de ma gueule, je vais faire un truc un peu réaliste. Donc là où je me suis fait plaisir, parce que j'ai fait des trucs que j'avais envie de faire, mais de l'autre côté, j'ai écrit un vrai dialogue de comédie. Je ne me compare pas du tout, mais quand Tom Cruise s'accroche à l'aile d'un avion, Je pense qu'il se fait kiffer parce qu'il est zinzin et qu'il veut de l'adrénaline. Et je pense que ce mec est complètement taré. Mais pour le spectateur, c'est incroyable de voir Tom Cruise accroché à l'aile d'un avion. C'est ça que je veux dire. Il faut que les deux cohabitent. Et faire un film d'action qui serait plus sérieux, moins comédie, c'est quelque chose qui te brancherait ? Tu en as le physique, tu en as potentiellement les capacités ? Je pense que tout peut me plaire. Il n'y a pas 50 000 acteurs en France qui peuvent le faire. Il y en a évidemment, mais... C'est marrant que tu dises ça, parce que j'ai parlé avec quelques personnes du cinéma et aussi de plateformes, etc., qui me parlent un peu de ça en ce moment, en me disant... Mais même d'autres comédies d'action drôles. C'est vrai qu'il n'y a pas énormément de films... Il y a Alban Lenoir. Oui, Alban, qui le fait très bien d'ailleurs, qui est un copain que je connais très bien. Mais bon, tu vois, il n'y a pas 15 trucs. Je ne sais pas. Je pense que l'action se prête beaucoup à l'humour. Donc, je pense que si tu me donnes une comédie d'action, je pense que je vais avoir envie de la rendre drôle quand même. Je pense que action-humour, c'est quand même très chouette à regarder.
- Speaker #2
Un buddy movie des années
- Speaker #0
80-90. Je trouve que ça reste hyper divertissant et que tu peux vraiment te marrer. Tu peux raconter des histoires cool, montrer des paysages aux gens. Parce qu'il faut aussi leur donner envie d'aller au cinéma, les gens. Là, moi, j'ai calibré le film pour le cinéma. Je peux dire, sans faire une espèce de communication un peu agressive, très sincèrement, si tu ne vois pas le film en salle, tu perds un peu des choses quand même.
- Speaker #1
On se dirige gentiment vers la fin de ce podcast, on va devoir te laisser partir parce que tu as d'autres choses à faire, notamment des avant-premières. Mais je voulais juste revenir sur notre sujet principal, sur la célébrité. Tu as beaucoup évidemment parlé de tes problèmes d'alcoolisme et de tes problèmes de santé mentale. Est-ce que la célébrité a un impact sur ça, sur la santé mentale ? Et est-ce que c'est ça aussi qui t'a peut-être fait plonger à un moment ? Non, non, pas du tout.
- Speaker #0
Ça, il faut... En fait, par exemple, la dépendance, c'est une maladie. Donc tu ne deviens pas dépendant parce que tu es connu. Ce qui se passe parfois, c'est que la célébrité, tu as l'impression qu'elle va combler des choses et elle ne le comble pas. Donc, ce qui se passe parfois chez certaines personnes, c'est que tu arrives à un moment où tu as de l'argent, tu as de la notoriété, tu as la célébrité, tu as l'image, tu as des gens autour de toi qui t'aiment, etc. Et tu es quand même malheureux. Et comme c'était ton rêve de gosse, tu te dis, si je suis toujours malheureux alors que j'ai atteint mon rêve de gosse, qu'est-ce qui va me rendre heureux maintenant ? Donc, c'est ça qui te fait descendre plus vite, parfois. sur certaines personnes. Mais tu as des gens qui ont ces problèmes-là et qui sont à l'usine. Donc, tu ne peux pas associer la dépression ou les problèmes mentaux ou l'alcoolisme ou n'importe quelle forme de dépendance à la célébrité. C'est juste que comme les gens sont exposés, alors on a envie de leur impulser ça.
- Speaker #1
Ce n'est pas un accélérateur en tout cas pour toi ?
- Speaker #0
Je pense que c'est différent chez tout le monde. Je pense que, tu vois, on peut l'analyser comme on veut. Moi, je peux très bien te dire oui, ça a été un accélérateur parce que je me suis aperçu sincèrement que ça ne comblait pas tout. Et donc, c'est là où j'ai plongé. Mais d'un autre côté, si je n'ai pas sauté de cette fenêtre à laquelle je me suis mis il y a quelques années, c'est aussi parce que je savais que j'avais un public qui était là et qui m'aimait. Donc ça m'a donné aussi des cartes qui me permettaient de continuer la partie. Donc ce que je veux dire, c'est que je pense que tu peux l'analyser de manière différente. Je ne suis pas certain qu'il y ait une vérité absolue à ça, je pense.
- Speaker #2
Si ça n'avait pas marché, si tu n'avais pas pu en faire ton métier, qu'est-ce que tu aurais fait ?
- Speaker #0
Juste avant de faire On ne demande qu'un horaire, moi j'en avais marre de ne pas avoir d'argent et de vivre comme ça. C'était surtout ça, la pression financière permanente. De voir mes parents qui avaient tout perdu, alors qu'on n'avait déjà pas grand-chose, moi qui n'ai rien. En fait, j'avais une colère envers ce système économique qui faisait que les gens ne s'en sortaient pas. Et donc je m'étais dit, je vais arrêter ce métier et je vais trouver de l'argent. Il faut que je trouve de l'argent. Je pense que j'aurais trouvé un moyen, je crois que je ne suis pas bête, j'aurais trouvé un moyen de gagner ma vie. correctement. Et juste avant de partir à On Demande Qu'un Rire, j'avais repris une programmation de quelques mois dans un théâtre et je m'étais dit, si ça marche pas pendant ces trois mois-là, c'est mes derniers trois mois, si ça marche pas, j'avais un pote qui travaillait au Mexique dans une boîte de nuit qui était rabatteur pour les touristes dans les boîtes de nuit au Mexique, qui gagnait plusieurs milliers de dollars en liquide, qui était logé, etc. Il me disait, c'est formidable, on fait la teuf. On est hyper bien payé et tout. Il n'y a qu'un problème, c'est que les boîtes de nuit sont essentiellement tenues par la mafia et que de temps en temps, il y a des gens qui tirent devant la boîte de nuit. Donc ça reste un travail. Mais c'était très bien payé. Et moi, je me rappelle à l'époque, la phrase de temps en temps, il y a des gens qui peuvent tirer devant la boîte de nuit, elle est passée complètement, mais crème dans ma tête. J'en avais rien à foutre. Tout ce que j'avais entendu, c'est je vais faire la fête, je vais rencontrer des gens et je vais gagner plein d'argent. Et donc, je lui avais dit, écoute, je reprends une programmation de trois mois et si ça ne marche pas, je te rejoins. Donc moi, j'avais prévu de partir au Mexique, là derrière. Donc, alors là, autant te dire qu'à l'époque, je n'avais pas arrêté de boire mes rabatteurs dans une boîte de nuit à Cancun avec 4000 dollars en liquide par mois. Alors là, je peux te dire qu'on serait assez turc pour en parler. Non, peut-être que vous seriez en train de faire un podcast sur le grand banditisme. Vous n'allez évoquer mon nom, mais c'est certain que je ne serais pas là en train de vous parler en buvant un verre d'eau.
- Speaker #2
Est-ce que d'ailleurs, en parlant de mafia, c'est souvent un cliché. On dit que c'est une sorte de mafia, le milieu de la célébrité, du cinéma, de la musique. Est-ce que, non pas est-ce que c'est vrai, mais est-ce que c'est un milieu qui est dur ? Est-ce que les gens sont durs ?
- Speaker #0
Oui, c'est un milieu qui est dur. C'est un milieu qui est dur, mais c'est normal. Déjà, la vie, elle est dure, de base. Donc là, tu prends des gens et tu leur donnes un peu de pouvoir, un peu de célébrité, un peu d'oseille. Donc forcément, les gens, ça les rend zinzin, tu vois. C'est la même chose. Dans ce métier, vous avez des gens très sympas. Vous avez tout. Vous avez les gens qui vont être sympas avec vous. Ils vont être sympas avec tous les gens qui croissent parce qu'ils savent que ça fait partie de leur réputation. Mais dans le fond, ce ne sont pas des gens du tout gentils. Vous avez des gens qui sont naturellement pas sympas. Et puis, vous avez des gens qui sont sympas avec tout le monde tout le temps. Donc, vous avez tout dans ce métier. Mais quand même, il y a des gens que moi, j'ai rencontrés. Si le public connaissait leur personnalité et tout, je pense qu'ils seraient assez outrés et assez choqués. Alors, Mediapart s'en charge un peu. Au-delà de MeToo et tout ça, je ne parle même pas de ça, mais ce que je veux dire, c'est que tu as des gens qui sont vraiment des infects, vraiment des connards.
- Speaker #2
Des faux gentils.
- Speaker #0
Des faux gentils. Et quand tu écoutes leurs chansons, que tu vois leurs films ou que tu écoutes leurs trucs, tu te dis, putain mon pote, si tu n'as plus parlé à la réceptionniste à l'hôtel de Nanterre il y a six mois, tu vas dire que... Donc c'est ça. Mais bon, c'est le jeu.
- Speaker #1
Mais c'est toi dans ta chambre d'hôtel, quand tu pètes un plomb parce qu'elle est trop petite, eux, ils sont devenus ça au quotidien.
- Speaker #0
Eux, ils n'ont pas raccroché. Au-delà de ça, il y a vraiment des gens dans ce métier qui sont absolument convaincus de faire partie d'une... Ils ont l'impression qu'il y a Dieu, eux, et la plèbe. Donc, ils ont l'impression de faire partie d'une certaine élite. Ils y croient. On dit souvent que la célébrité, le pouvoir, l'argent et tout révèlent un peu ce que tu es vraiment au fond de toi. Il y a des gens, ça les apaise. Moi, je crois que ça m'a apaisé. Tu vois, je pense que j'étais beaucoup plus insupportable il y a 15 ans. Et d'ailleurs, les gens qui me connaissent depuis longtemps le disent eux-mêmes. J'étais beaucoup plus arrogant et prétentieux il y a 15 ans, il y a 20 ans parce que j'avais un truc à prouver, parce que j'avais la niaque, parce que j'en voulais, parce que je voulais tout bouffer, parce que je ne me sentais pas compris, parce que ma situation financière, celle de ma famille, ça me semblait dégueulasse. J'en voulais à la société, j'en voulais au monde, j'en voulais à tout. Ceci dit, j'ai quand même gardé cette colère parce que je continue à l'utiliser sur scène et tout. Je reste quand même intrinsèquement là. Bien sûr, j'ai complètement pris une revanche. Et pour tout te dire, ça reste un moteur. Je vois tout comme un combat tout le temps. Je n'arrive pas à me détendre sur ma situation. Je reste ce gars qui a grandi dans un quartier et qui a été pauvre en fait. Donc je continue de... Je serai toute ma vie un pauvre qui a réussi.
- Speaker #1
C'est pour ça que tu fais toujours gaffe à ce que tu dépenses.
- Speaker #0
Je fais gaffe à tout. Et que je ne peux jamais me dire, c'est réglé. Ça y est, maintenant je suis tranquille. Peut-être que je vais y arriver. Peut-être que dans 3, 4 ans, 5 ans, je ferai des choix. où je me dirais, ben voilà, là ça y est, maintenant si demain tout s'arrête, je peux garder le train de vie que j'aime là, on n'y touche plus, ça ne bougera plus. Peut-être un jour je m'offrirais ça pour me détendre dans ma tête, tu vois. Mais jusqu'à présent, je n'arrive pas à sentir que les choses sont acquises. Et puis même si je faisais ça, j'aurais quand même toujours peur de perdre le public, donc ça ne changerait pas grand-chose, je crois. On voulait terminer par le petit jeu, alors il est sympa, on va le faire vite fait. Laurent Roquet. Laurent Roquet est un être extraordinaire.
- Speaker #1
Jean-Bengui Guy.
- Speaker #0
Jean-Bengui Guy est très sympa, il est colérique. Jean, il est colérique mais très sympa. Moi, tu sais qu'on s'est réconciliés. On s'est disputés et après, on s'est réconciliés. Mais Jean, tu sais, moi, j'aime bien aussi les gens qui peuvent te dire un truc horrible et deux jours après, te rappeler en faisant « j'ai été vraiment un sale con » . Ça, ça me touche beaucoup. Les gens qui s'excusent, c'est un truc qui me touche énormément. Je peux vraiment être très en colère contre quelqu'un si la personne me dit « je suis désolé » et qu'elle s'en est rendue compte. Ça redescend tout de suite. Ce qui me rend ouf, c'est les gens qui font un truc pas bien, qui ne s'en rendent pas compte et qui, quand ils s'en rendent compte, sont incapables de te le dire. Ça, ça me... Ça, je peux ne pas pardonner. Je vais plus ne pas pardonner parce qu'il ne s'est pas excusé que parce qu'il a dit un truc méchant. Eric Judor. Eric Judor est adorable. Il est solaire. Lui, c'est un numéro. Tu le mets sur un plateau, tout le monde est mort de rire. Du coup, c'est dur de tourner. Mais par contre, il te met une ambiance sur un plateau. Je crois qu'au Maroc, je pense qu'il ne peut pas se présenter parce que c'est un roi. Peut-être qu'il déjeune avec le roi, le roi lui donne sa coureuse. Kadmerad, je crois que vous avez tourné LOL ensemble. Can Mera, très sympa. J'ai fait lol avec lui, je ne le connaissais pas. Ça faisait longtemps qu'on voulait se connaître. Il a été très sympa. Après, j'ai été enfermé avec lui pendant 16 heures dans un appartement. Donc, ça crée des liens. Michel Drucker. Michel Drucker. Michel Drucker. Je l'appelle pour faire un sketch. Je lui dis, Michel, j'ai une idée. Et on s'est rendu compte qu'à la télévision, je n'avais pas toutes les cibles. Il me dit, tu as besoin de vieux, tu veux que je vienne ? Le mec le plus gentil de la terre, Michel Drucker. Adorable.
- Speaker #1
Merci Jérémy, on va s'arrêter là parce que tu dois partir. Merci à toi et merci à la formidable Anne-Sophie, ton attachée de presse qui a rendu cet entretien possible. On vous embrasse, on revient dès que possible. Cliquez sur des pouces ou des trucs comme ça, je ne sais pas, pour vous abonner. Allez, à la prochaine ! Je suis en train de me...