- Sylvain
Bienvenue dans la Galerie des Créateurs. Nous organisons des marchés pour faire vivre l'artisanat, mais aujourd'hui, nous poussons les portes des ateliers. Dans ce podcast, les créateurs prennent la parole pour vous confier leurs secrets de fabrication et l'histoire de leur passion. Entrez avec nous, c'est parti ! Pour ce dixième épisode, nous accueillons Pascale Bodin, une carnettiste raconteuse de nature. Pascale, ce qu'elle adore... c'est regarder la nature, profiter de la beauté des paysages pour ensuite nous le retranscrire dans des carnets de nature, mais pas seulement. Bonjour Pascal !
- Pascale
Bonjour Sylvain !
- Sylvain
Est-ce que tu vas bien ?
- Pascale
Oui, ça va c'est vrai que là, aujourd'hui on a quand même vraiment un temps très ensoleillé, donc ça fait du bien de revoir le soleil après cet hiver bien gris, bien tristounet qu'on a eu.
- Sylvain
Oui, effectivement, ça fait vraiment plaisir. Eh bien écoute, je vais te laisser te présenter à nos auditeurs.
- Pascale
Donc je m'appelle Pascale Bodin et je suis carnettiste et généralement dès que je dis ça les gens se demandent ce que ça peut bien être. Alors en tant que carnettiste, je crée des carnets d'artistes façon carnet de voyage avec quand même une spécificité, c'est que j'axe énormément sur la partie nature et environnement. En tant qu'artisane métier d'art, je travaille aussi, en particulier, le papier. Donc, c'est vraiment mon matériau de prédilection. Et donc, grâce au papier, j'arrive à fabriquer des articles de papeterie. Donc, en réalité, c'est vrai que ce papier-là, je vais le plier, je vais le déplier, je vais le découper, je vais le replier encore, je vais le coudre. Et du coup, voilà, je vais fabriquer différents articles.
- Sylvain
Et le mot carnettiste, c'est un mot que tu as inventé de ton côté ou en fait il existe déjà ?
- Pascale
C'est un mot qui existe déjà, qui est utilisé à la fois dans le domaine du tourisme pour les gens qui font les carnets de voyage, qui sont en réalité les carnets de séjour de circuit des vacanciers, mais il existe aussi chez les artistes illustrateurs qui créent vraiment des carnets de voyage. Donc c'est un terme qui existe déjà.
- Sylvain
D'accord, qui est une sorte un peu de thème, enfin de mot. On a l'impression que c'est un mélange de carnet, d'artiste. Enfin, c'est un peu comme ça que je ressens.
- Pascale
Oui, voilà, moi, j'explique vraiment comme ça. Comme ça, les gens se souviennent que carnettiste, on a le carnet d'artiste. Mais c'est vrai que c'est un mot qui est dérivé du mot carnet.
- Sylvain
C'est ça. Mais c'est vrai que ce n'est pas un mot qu'on voit souvent. Donc, on peut être amené à se poser la question.
- Pascale
Complètement. Et c'est vrai que généralement, une fois que j'ai expliqué le... le contenu de mon métier, les gens s'en souviennent. Généralement, quand ils me revoient, c'est « Ah, mais oui, la carnettiste ! »
- Sylvain
C'est ça. Et ça se trouve, quand ils croient quelqu'un et qu'ils voient le mot « carnettiste » , ils se disent « Ah, mais on a déjà croisé une carnettiste, elle s'appelait Pascal Bodin ! »
- Pascale
Oui, tout à fait.
- Sylvain
Et alors, quand tu fais tes carnets, ça va être quoi ta source d'inspiration, plutôt ?
- Pascale
Alors, ma source vraiment d'inspiration, la première, c'est la nature. Voilà, donc le patrimoine naturel. Et c'est vrai que là, moi, j'habite à proximité de la mer. Bon, même si ça a des kilomètres, c'est quand même très proche par rapport à certains. Donc, j'ai vraiment toute cette côte, tout ce littoral qui est vraiment très chouette. Mais après, ça peut être aussi dans les bois, ça peut être les chemins creux. Donc, c'est vraiment la partie nature qui va m'inspirer en premier. Bon, l'environnement aussi au sens un petit peu plus large parce qu'on trouve souvent du bâti, des moulins, moulins à marée, des tours de garde, ou peut-être des manoirs, ou des restes de forts militaires, ce genre de choses. Donc ça aussi, ça va faire partie de ce patrimoine. Mais ce sera quand même la nature, l'axe principal.
- Sylvain
En fait, tu vas puiser ta source d'inspiration limite dans tes balades en bord de mer.
- Pascale
Oui, complètement, oui. Alors après, c'est vrai que moi, j'ai aussi la particularité, c'est que j'ai été animatrice nature pendant 18 ans. Donc, je me suis quand même pas mal promenée au bord de mer, dans les ruisseaux, dans les forêts, dans les milieux de vasières, dans les bocages également. Donc, c'est quand même quelque chose qui m'a énormément imprégnée. Et c'est vrai que j'avais envie de continuer à raconter la nature en créant justement un objet, donc le carnet, qu'il soit vraiment une trace de ce qu'il y a dans la nature, de ce que je connais, de ce que j'ai vu, de ce que j'ai découvert, mais également pour aider les gens aussi à découvrir la nature au sens large du terme.
- Sylvain
D'accord. Et tu as commencé cette activité il y a combien de temps ?
- Pascale
Alors, en 2018. Voilà. Donc là, ça fait les 8 ans sont passés, puisque c'était le 12 septembre. Donc du coup, j'entame la 9e année.
- Sylvain
Et on aurait voulu le faire exprès pour un épisode diffusé au mois de septembre. Et bien, c'est l'anniversaire le 12 septembre. Alors, joyeux anniversaire à Pascal Bodin, carnettiste.
- Pascale
Eh bien oui. Oui, oui, oui. Eh bien oui.
- Sylvain
Tu dessines surtout quand tu es dans la nature ou tu vas dessiner plutôt en atelier en fait ?
- Pascale
Alors ça dépend, ça peut m'arriver effectivement de dessiner dans la nature, de dessiner in situ. Après ça va aussi m'arriver de partir avec l'appareil photo. Donc là pendant une heure de temps, je vais essayer d'explorer vraiment le site sur lequel je suis allée. Et après, je prendrai le temps dans ces cas-là de refouiller dans mes photos et de m'inspirer aussi des photos pour pouvoir créer justement là dans l'atelier tranquillement. Donc c'est vraiment variable. Et après, ça peut être aussi pendant des temps d'animation avec des groupes ou des scolaires où là, je peux très bien justement profiter pour faire un petit croquis, même un petit peu rapide. Et finalement, ce croquis-là, ce sera comme une sorte d'étude que je vais pouvoir après retravailler tranquillement dans l'atelier. Ou pas. Il y a certaines fois, il y a des croquis qui, à la rigueur, sont très bien faits in situ sur le vif.
- Sylvain
C'est ça, tu as le côté un peu brut du dessin qui peut aussi avoir son charme.
- Pascale
Oui, oui.
- Sylvain
Et alors tu dessines, j'ai vu à l'aquarelle, mais est-ce que tu utilises d'autres techniques, d'autres matériaux pour dessiner ?
- Pascale
Oui, oui, oui. Donc effectivement, c'est vrai que j'utilise l'aquarelle. Et pour la plupart des personnes, quand on parle de carnet de voyage, on pense surtout à l'aquarelle. Mais en réalité, on peut utiliser plein d'autres techniques, même un stylo bille, un noir ou plusieurs couleurs, qu'importe. Ça peut être aussi très intéressant parce que là, ça veut dire aussi qu'on va être vraiment sur le trait, mais le trait qu'on peut avoir plus ou moins épais, on peut revenir dessus ou faire un dessin en un seul trait, ça peut être aussi ça. Donc, ç'est vrai, moi, j'ai cette particularité-là d'utiliser plusieurs techniques. Et après, quand je travaille dans l'atelier, je peux très bien me dire, non, tiens, finalement, je vais utiliser du fusain, par exemple. Ou alors, une technique qui prend beaucoup plus de temps, c'est de travailler avec des petits points. Donc, plus ou moins proches, plus ou moins éloignés, plus ou moins épais. Et donc, ça me permet de jongler, justement, sur les ombres et les lumières, donc sur les valeurs du dessin.
- Sylvain
D'accord. En fait, il y a énormément de techniques pour... Pour arriver au résultat que tu proposes.
- Pascale
Oui, oui, tout à fait, oui.
- Sylvain
Et ça fait combien de temps environ que tu dessines ?
- Pascale
Oh là là, depuis toute petite. Alors après, c'est vrai que j'ai eu une coupure quand même, puisque j'ai croisé au collège une prof qui m'a peut-être un petit peu dégoûtée. Donc, je ne comprenais pas forcément ce qu'elle me demandait. Et finalement, j'ai eu la chance, quand je suis arrivée en Bretagne en 98, j'ai vu une expo justement d'ateliers d'enfants et d'adultes. Et j'ai adoré justement la démarche de cette prof là. Donc finalement, en 98, j'ai repris les cours de dessin. Mais c'était aussi pour pouvoir retrouver la photographie noir et blanc que je pratiquais à la fac. Donc c'était vraiment cette idée-là, retrouver le dessin. Et en réalité, je me suis rendue compte que j'ai découvert les couleurs et j'ai trouvé ça génial en plus. Donc voilà, c'était vraiment la redécouverte, la pratique de la photo et du dessin de nouveau à l'âge adulte. Et après, je n'ai pas continué, je continue toujours. Et je continue toujours aussi à être élève dans des cours de dessin. Parce que je trouve important de se remettre aussi en question sans arrêt et d'aller aussi vers des techniques qui me sortent un peu de ma zone de confort. Mais ça fait du bien justement d'apprendre encore et d'une nouvelle manière.
- Sylvain
C'est ça, on apprend toujours. Et puis l'échange avec d'autres personnes qui pratiquent le même art, c'est vrai que c'est quelque chose d'important en fait pour continuer à évoluer, continuer à apprendre.
- Pascale
Oui, et puis continuer aussi à aiguiser son regard. Parce que mine de rien, le dessin, c'est d'abord l'observation.
- Sylvain
J'imagine aussi que c'est vrai que quand on dessine, qu'on ne fait que ça pour l'art, il y a peut-être un moment qu'il y a un risque de tomber dans une routine. Et justement, le fait de se remettre en question et tout, ça permet de toujours faire de l'inédit, de faire du nouveau et de travailler différemment.
- Pascale
Oui, tout à fait. Après, je l'entends, il y a des personnes qui pourraient très bien se dire « j'adore cette technique-là, je ne fais que ça, j'explore que ça, etc. » Et pourquoi pas ? Après, c'est vrai que j'aime apprendre, donc du coup, j'aime me challenger un petit peu à chaque fois. Après, ça peut peut-être faire un petit peu peur, mais après, il peut y avoir des résultats super intéressants. Je me dis « ah, mais tiens, finalement ! » Je pourrais garder ou ce dessin-là, ou cette technique-là, ou cette manière-là d'aborder.
- Sylvain
Et les pièces que tu proposes, c'est des pièces à tirage limité pour certaines pièces, c'est ça ?
- Pascale
Oui, tout à fait. C'est vrai que j'ai quand même pas mal d'articles qui sont en tirage limité. Les carnets d'artistes, c'est vrai que j'ai fait le choix de faire des tirages à 120 exemplaires maximum. Donc, il n'y aura jamais de numéro 121. Alors par contre, on ne trouvera jamais dans le commerce le numéro 8 et le numéro 5 parce qu'ils sont déjà pré-réservés par des collectionneurs. Donc voilà, ça c'est pour information. Oui, ça correspond à leur date de naissance aussi, donc il y a aussi ce côté-là. Après, c'est qu'au niveau de… il y a d'autres articles comme les calepins où là aussi il y a des quantités limitées, donc certains à 20 ou 30 exemplaires seulement par rapport à une illustration. Donc il peut y avoir plusieurs calepins. mais par rapport à une même illustration. Par exemple, je pensais au bois d'amour à Pontavenne. Il y a eu les 30 tirages. Je les ai fabriqués. Là, il reste un ou deux exemplaires seulement. Après, il n'y en aura plus de cette série-là. Mais il y en a d'autres. On pourra trouver avec d'autres illustrations.
- Sylvain
C'est ça, mais en vrai, je trouve que c'est bien aussi de limiter, ça donne un peu une valeur supplémentaire à tes créations en fait.
- Pascale
Oui, il y a ça et puis ça permet aussi de créer de nouvelles illustrations, d'échanger. Alors, il y en a certaines qui plaisent énormément, donc je suis rapidement arrivée à la fin du tirage. Et à l'inverse, il y en a d'autres où je n'avais fait cinq ou dix pour démarrer. Et puis, je vois qu'elles plaisent moins. Donc, j'essaie de me dire, tiens, pourquoi ? Et ça peut se comprendre aussi. Peut-être que là, il n'y aura jamais les 20 ou 30 exemplaires finis. C'est comme ça. Et c'est vrai que j'essaie de renouveler. Là, c'est vrai que depuis le tout début de l'année, il y a eu des nouvelles illustrations. Et puis, c'est possible que là, jusqu'à la fin de l'année, il y en ait encore des nouvelles qui arrivent. Voilà, ça va être... en fonction de la rencontre, de l'opportunité, de l'envie.
- Sylvain
D'accord. Et est-ce que tu proposes, par exemple, à des personnes qui voudraient quelque chose un peu sur mesure, type de dessin et tout, c'est le genre de choses que tu peux leur faire ? Ou s'ils t'emmènent une photo, par exemple, je ne sais pas, et puis te demandent de la faire en dessin ?
- Pascale
Alors, du coup, là, ce serait une commande. Alors, moi, je ne fais pas le travail de recopier une photo, entre guillemets. Voilà, ça, ce n'est pas la... C'est pas quelque chose qui m'intéresse, moi, par rapport au travail de création. Par contre, ça m'est arrivé de faire effectivement des cahiers ou des calepins, des carnets, qui soient à la demande, justement, enfin, qui soient sur commande. Donc, soit pour une commune, je pense en particulier une commune, pour faire des carnets de mariage et de baptême. Donc ça, c'était offert justement aux… comment dire, aux nouveaux parents et puis aux nouveaux couples. Donc, il y a eu aussi des commandes pour une association de philo, par rapport à des thématiques, justement. Donc, là, ça m'a permis de cogiter, justement, comment je pourrais interpréter le thème du silence, comment je peux interpréter le thème de la marée, comment je peux interpréter le thème des saisons. Donc, voilà, ça permet, justement, de... de réfléchir, d'avoir une autre idée. Donc voilà, ça, c'est vraiment des choses sur commande. Mais c'est vrai que je ne fais pas non plus de la copie, le portrait de Tonton Jacques ou du chat Milo.
- Sylvain
Tu veux garder vraiment une part de créativité sur ce que tu fais.
- Pascale
Et puis quand même avec un lien avec la partie nature. Parce que mine de rien, les thématiques, généralement, c'est la nature, le paysage. Mais on va se retrouver sur... sur quelque chose qui sera comme ça. Ou une thématique bretagne quand même aussi.
- Sylvain
En tout cas, je trouve que c'est bien cette collaboration. Tu peux voir que certaines mairies demandent de faire ce genre de choses. C'est vrai que c'est original en plus pour les nouveaux couples ou les nouveaux arrivants. Ce n'est pas quelque chose qu'on a l'habitude de voir.
- Pascale
Oui, oui, oui. Alors après, c'est vrai que sur les carnets que j'ai proposés, moi je fabrique l'objet, je fais l'illustration qui est dessus, mais après c'est aux gens justement de remplir leurs carnets. Donc il y a des carnets qui sont partis pour des anniversaires, les 20 ans, ce genre de choses comme ça. Il y en a d'autres qui sont partis pour des mariages, il y en a aussi qui sont partis pour des sépultures. Justement, pour que les gens mettent les derniers souvenirs de la personne. Donc finalement, il y a des usages très différents. Ce n'est pas seulement un carnet pour raconter un voyage, ce n'est pas forcément un carnet pour noter des recettes de cuisine. Il peut y avoir plein de fonctions et ça peut être justement lié à des événements parce que l'avantage, c'est que quand c'est écrit, ça va rester.
- Sylvain
C'est sûr.
- Pascale
Oui.
- Sylvain
Et on parlait justement des collaborations avec les mairies. Est-ce que tu as des projets ou des collaborations que tu aimerais bien un jour réaliser ?
- Pascale
Alors, donc là, il y a une collaboration qui devrait se mettre en place. Enfin, je croise les doigts, c'est avec une maison de la presse coopérative. Parce que sur un marché, on s'est retrouvés côte à côte. Et puis, ils ont vu les carnets, les calepins, les cahiers que je proposais avec les illustrations et donc du coup ça les a intéressés donc ça c'est quelque chose qui n'est pas encore acté mais qui j'espère va voir le jour et puis après c'est vrai qu'il y a aussi notre collaboration qui devrait aussi rapidement voir le jour, c'est avec un papetier parce que souvent on me pose la question de si je fabrique mon papier. Alors la technique, je la connais, j'ai déjà fabriqué du papier, donc ça pourrait être envisageable. Mais après, pour avoir un papier qui soit quand même de qualité régulière ou vraiment très différent, des choses comme ça, là, pour moi, ce serait vraiment compliqué. Donc, je préfère faire appel à des papetiers dont c'est le métier. Et puis, dans ces cas-là, faire un partenariat. Eux, ils vont faire des jolis papiers. Moi, après, de ces jolis papiers, je vais faire des jolis carnets ou des jolis calepins.
- Sylvain
C'est ça. Et puis, ça te laisse le temps justement de faire les illustrations dessus et de garder ton temps pour ça en fait.
- Pascale
Oui, voilà. Tout à fait. Tout à fait. Tout à fait. Oui.
- Sylvain
Et alors, en moyenne, sur un dessin, je parle d'un dessin où tu vas vraiment rentrer dans les détails. Je ne parle pas du… Et encore, tu peux nous en parler aussi. Le croquis que tu vas faire d'un paysage, combien de temps tu mets ? Et après, quand tu fais un dessin un peu plus travaillé. En moyenne.
- Pascale
Voilà. Alors, du coup, c'est très variable parce qu'il peut y avoir des dessins faits en 30 secondes. Ça, c'est le dessin sur le site, voilà, en un coup de crayon. Mais là, ça veut dire qu'il faut prendre le temps avant d'observer, de bien regarder les lignes, etc., par où on commence. Voilà. Et puis après, il peut y avoir les dessins. Tout à l'heure, je parlais justement des dessins avec des petits points, plus ou moins rapprochés, plus ou moins épais. Là, ça peut me prendre au minimum deux heures.
- Sylvain
D'accord.
- Pascale
Oui. Donc voilà, la fourchette, elle est quand même très, très large. Et après, il peut aussi y avoir des recherches de dessins parce qu'il peut y avoir des dessins qui sont très stylisés, alors qu'ils paraissent très simples. Je pense en particulier au dessin de la plume ou le dessin des vagues où on a à la fois le phare, la vague et le poisson. Mine de rien, il y a eu aussi toute une recherche parce que comment appuyer justement le pinceau avec l'encre de chine ? Est-ce que je positionne le phare à droite, au milieu, à gauche ? Est-ce que je positionne le poisson à droite, au milieu, à gauche ? La vague à droite, au milieu, à gauche ? Il y a aussi toutes ces recherches-là. Et puis, il y a certaines fois, la main, elle appuie de trop. Et du coup, ça ne le fait pas. Le trait, il est trop épais, alors que c'était plutôt un trait plus léger parce qu'il y a la lumière. Donc, dans ces cas-là, il faut recommencer. Alors, c'est ce que je dis souvent. C'est que du papier, entre guillemets, il n'y a pas mort d'homme. Donc, dans ces cas-là, on recommence. Et de toute façon, la main se souvient de… du geste qu'elle a fait. Donc, recommencer, ce n'est pas repartir de zéro. C'est commencer à nouveau, mais avec l'expérience qu'on a eue juste avant.
- Sylvain
C'est ça. Tu as acquéri le mouvement qu'il fallait, l'appui, et du coup, tu sais au moment que tu as fait l'erreur et normalement, tu ne la répètes pas.
- Pascale
On évite de la refaire.
- Sylvain
C'est ça. On n'est pas à l'abri.
- Pascale
On n'est pas à l'abri. Oui, non, non, c'est sûr. On n'est pas à l'abri.
- Sylvain
Justement, on parle beaucoup aujourd'hui d'intelligence artificielle. Et c'est là justement la différence avec un vrai artiste, c'est que ce n'est pas un robot et il ne pourra jamais faire à 100% la même chose, mais c'est ça aussi qui donne tout le charme à la création.
- Pascale
Oui, oui, oui. Et c'est vrai que même moi, je me rends compte aussi que dans mon travail d'artisane, c'est vrai qu'au début, je cherchais la perfection. Donc, je me rendais compte que finalement, c'était hyper compliqué parce que parfois, on a 1 - 2 mm près. Enfin bref, c'est des choses qui sont un petit peu plus compliquées. Donc finalement, maintenant, j'ai accepté ça, que la perfection, je ne l'aurai pas parce que je ne suis pas une machine. Et que justement, c'est ma grande différence par rapport à la machine. Donc, je suis quand même exigeante par rapport à la qualité, mais je sais que ce n'est pas une perfection à 100%. Voilà, mais on est peut-être à 99,9 quand même. Mais on n'est pas à 100% parce que c'est du travail, c'est fait avec la main, c'est fait avec notre état d'esprit, où on a des jours avec, on a des jours où c'est un peu moins avec, mais on est tous pareils. Donc... Donc voilà, c'est là aussi. Il y a ce travail-là de création plus artistique et il y a aussi ce travail-là d'artisanat qui met vraiment en valeur le travail de la main, mais avec cette qualité presque parfaite. Mais à la rigueur, je trouve que c'est très bien déjà le presque parfait.
- Sylvain
C'est ça. Avoir la perfection à 100%, ça gâcherait peut-être justement le truc qui fait que c'est du fait main en fait.
- Pascale
Oui, oui, oui. Et puis même si on se rend compte, il suffit de regarder parfois certains magazines, ils ne sont pas parfaits. Il y a souvent une page qui est pliée, qui est mal découpée.
- Sylvain
Exactement, oui c'est vrai.
- Pascale
Mais moi je ne laisserais même pas ça.
- Sylvain
Comme quoi tu pourrais être plus parfait que les robots.
- Pascale
Oui, voilà.
- Sylvain
Alors en fait l'intelligence artificielle ne te fait pas peur, c'est toi qui lui fais peur.
- Pascale
Oui, oui, oui. Alors, après, l'intelligence artificielle, ce que je trouve moins génial, c'est que, bon, il y a ce côté-là hyper rapide. À la rigueur, on peut lui demander une illustration et puis en 30 secondes, 1 minute, voilà, il nous sort un truc. Alors, parfois, c'est un peu générique. Il manque un peu de folie créative dedans. Voilà, elle peut faire des illustrations comme ça très rapidement après quand on est créatif généralement on le sent que ça manque d'originalité que c'est un peu bateau, que c'est cliché que... mais le souci c'est que l'intelligence artificielle va apprendre, et peut-être qu'elle arrivera à un moment de temps à être un petit peu plus originale peut-être mais voilà donc c'est Voilà, c'est quand même quelque chose... Alors, ce n'est pas que je redoute. Je sais que ça existe. Donc là, c'est pour ça que je me dis aussi, je vais quand même faire quelque chose de différent, de beaucoup plus créatif, à contre-courant. Donc en gros, ce que l'intelligence artificielle n'ira pas chercher.
- Sylvain
Complètement, on est bien d'accord. Et alors, allez, je vais te poser la question piège. Est-ce que tu es prête ?
- Pascale
Ça dépend si c'est un gros piège.
- Sylvain
C'est toi qui me diras. Est-ce que tu as une idée du nombre de dessins que tu as pu réaliser depuis que tu as attaqué ?
- Pascale
Alors, très précisément, à la louche, 743 et demi. Voilà. Non, j'en ai aucune idée. Ah non, mais j'en ai aucune idée. Non, et puis après, il y en a certains qui ont été gribouillés dans les journaux, qui sont partis dans le sac de tri. Donc, voilà. Oui, oui, des œuvres d'art minces, recyclées. Oui, oui, non, non, j'ai aucune idée. J'ai aucune idée. C'est vrai que j'ai des cartons à dessin qui sont remplis de plein de choses, des choses réussies, des choses un peu moins réussies. Après, généralement, c'est vrai que les dessins que j'utilise pour les illustrations des carnets, je les garde quand même, voilà, précieusement. Même si c'est numérisé, enfin, numérisé, nettoyé, parce qu'il peut toujours y avoir une petite tâche, un petit truc comme ça qui apparaissent. Mais c'est vrai que ceux-là, je les garde. Mais après, il y en a certains où, quand je sens que c'est raté, des choses comme ça, c'est tôt ou tard, voilà. Ça finit dans le sac de tri ou en brouillon ou...
- Sylvain
Et est-ce que tu as un dessin qui est ton dessin favori ? Celui qui est « Waouh, celui-là, quand même, j'aime tous les autres, mais celui-là, il est vraiment dans mon cœur. »
- Pascale
Alors, je n'ai pas spécialement un dessin vraiment préféré parce qu'ils sont tous différents, ils racontent plein de choses. Par contre, il y a plutôt un dessin à l'aquarelle qui plaît énormément aux gens. C'est un petit pêcheur, mais ça peut être un garçon ou une fille. puisqu'il est de dos. Le petit pêcheur avec son épuisette à l'aquarelle. Celui-ci plaît énormément. Je l'avais même mis dans la première plaquette. Je les ai refaits en début d'année. Je l'ai remis parce qu'il plaît tellement aux gens que je me suis dit qu'il faut que je le remette.
- Sylvain
Ce serait le petit pêcheur qui est le coup de cœur du public.
- Pascale
Oui, c'est quand même assez le coup de cœur du public. Oui.
- Sylvain
Et justement, tout à l'heure, tu parlais de l'aquarelle, du fusain, de l'encre de chine. Est-ce que tu as une technique que tu préfères ou vraiment c'est les trois et tu ne pourrais pas te passer d'une technique ou d'une autre ?
- Pascale
Alors, j'aime bien le stylo bille. Parce qu'il accroche à sa manière sur le papier. Donc il y a ce côté-là qui est intéressant, voire même d'un jour où il pleuvait un petit peu, donc le papier était un peu humide, donc du coup le stylo accrochait bizarrement sur le papier. Mais ça, on ne peut pas avoir cet effet-là quand on est dans une salle sèche, ou même en extérieur quand c'est sec. Donc ça, c'est intéressant. Et puis après, ça reste du coup un outil qui est hyper commun, que généralement on a tous dans un sac. Enfin, on en a au moins tous à la maison. Donc, c'est vrai que j'aime bien le stylo bille. Et après, il peut y avoir justement un petit réau d'aquarelle dessus. Donc, ça peut être ça. Donc, finalement, ce sera peut-être le stylo bille, l'outil un peu fétiche.
- Sylvain
Comme quoi, c'est celui que je n'avais pas sorti.
- Pascale
Mais non, parce que généralement, on pense aux pinceaux pour l'encre de chine ou alors des... des crayons ou des pastels particuliers, pastels secs ou craies grasses, etc. On va penser à ce genre de choses, ou alors à des aquarelles. On va penser souvent à des outils qui vont être techniques, pas forcément évidents à maîtriser, ou du moins pas toujours. Il faut pas mal s'entraîner. Alors qu'un stylo bille, un bout de papier, on s'installe n'importe où. Et on peut dessiner.
- Sylvain
Ah bah complètement. Et puis oui, comme tu dis, c'est ce qu'on a tous en fait, quoi qu'il arrive.
- Pascale
Mais oui, c'est vrai que si on doit partir avec juste un outil, dans ce cas-là, c'est le stylo bille. Ou éventuellement le crayon gris. Mais le crayon gris, il faut avoir de quoi le tailler. Bon, après pareil, le stylo bille aussi, à un moment de temps, il est usé. Mais apparemment, on a quand même des kilomètres d'avance.
- Sylvain
Bon, alors ça va.
- Pascale
On a de la marge.
- Sylvain
Ah bah moi, je vais me faire un 20 kilomètres de stylo. Voilà. Et... Quand tu fais tes dessins, sur l'ensemble de tes dessins, est-ce que ça t'arrive vraiment des fois de rencontrer des difficultés, mais quelque chose de costaud ? Tu te dis, comment je vais faire ? Je n'arrive pas à faire ce que je veux.
- Pascale
Oui, ça arrive. Ça arrive. Et donc, je vais essayer, je vais réessayer. Puis à un moment temps, si vraiment ça bloque dans ces cas-là, je préfère le poser. et me dire « je reviendrai dessus, soit dans l'après-midi ou le lendemain » . Et puis quand on revient, généralement on se dit « ah mais oui » . C'est pour ça que ça bloquait. Alors, soit ça peut être une histoire de composition, soit ça peut être une histoire de technique qui n'était pas appropriée. Donc, généralement, on le laisse de côté, on laisse reposer. Et puis, le cerveau, il fait un travail fabuleux. Donc, quand il le revoit, il se dit, c'est peut-être ça la solution. Essaye, voilà.
- Sylvain
C'est ça. Ça ne sert à rien de se prendre la tête pendant 15 ans sur un truc. Il vaut mieux le mettre de côté, laisser poser un peu et revenir. Oui. La tête vide, entre guillemets.
- Pascale
Après, il y a quand même le côté intéressant quand même d'essayer de... Voilà, parce que ce qu'on pourrait prendre pour un échec, finalement, c'est aussi intéressant parce que... Si on est capable de prendre du recul, c'est un apprentissage aussi. Voilà, c'est quand même intéressant. Donc, c'est pour ça qu'il ne faut pas non plus abandonner tout de suite. C'est ça. Voilà, on essaye quand même. Puis bon, il y a un moment de temps, ça ne sert à rien de se prendre la tête. On laisse de côté et puis le lendemain, généralement, il y a la lumière. Du coup, on se dit « Ah, mais c'était ça, pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ? » C'est ça, ce n'est pas un abandon, c'est juste qu'on pose un peu et on revient après encore plus fort.
- Sylvain
Oui, voilà, on laisse décompter.
- Pascale
Et alors justement, quelqu'un qui voudrait faire la même activité que toi, sans te copier bien entendu, c'est quoi les conseils que tu pourrais lui donner ?
- Sylvain
Alors, dans ces cas-là, moi, je lui dirais, si la personne a envie, qu'elle ose. Qu'elle ose le faire. Alors, par contre, il faut vraiment être prêt, justement, à surmonter pas mal d'obstacles. Mais de toute façon, quand il y a un problème, on trouve une solution. Donc, il y a ce côté-là. Et puis, il faut aussi être prêt à prendre des décisions aussi. Mais ça, de toute façon, quand on est créateur et dans l'entrepreneuriat, c'est toujours ça. On y va, on n'y va pas, on fait, on ne fait pas. On prend des décisions, mais au moins une décision, ça permet d'avancer. Que ce soit oui ou que ce soit non, ça permet d'avancer. Alors que si on est là, je ne sais pas, on piétine, on reste sur place et ça, ce n'est pas bon.
- Pascale
Il ne faut pas rester dans l'hésitation, je fais ou je ne fais pas. C'est soit oui, soit non et c'est parti.
- Sylvain
Voilà, et après on assume et on apprend. Alors même quand ça se passe bien, il faudrait qu'on pense plus souvent se dire ça s'est bien passé, ah oui, pourquoi ça s'est bien passé, etc. Parce que souvent c'est quand ça se passe moins bien qu'on se dit oh là là, ça s'est mal passé, pourquoi ? Donc il faudrait aussi le faire dans les situations plus positives.
- Pascale
C'est ça. Et pour quelqu'un qui voudrait... Je prends par exemple moi dans mon cas, en dessin je suis une vraie bille. Moi je suis encore à l'époque, je dessine comme j'ai dessiné à l'école, mais au tout début. Est-ce que par exemple moi qui voudrais apprendre à dessiner, c'est le genre de choses que tu proposes ?
- Sylvain
Alors oui, je propose, du coup l'été j'ai proposé des animations carnet de voyage sous forme de stage. Donc là l'été la formule c'était deux matinées, comme ça les gens peuvent... profiter de l'après-midi pour aller à la plage ou faire leur visite, profiter de leur famille. Donc voilà, c'est vrai qu'on est allé dans des coins vraiment sympas le long du littoral, que ce soit à Concarneau, à Pont-Avennes ou sur Tréguin ou même sur Nevey. Donc là, c'est des temps de… Au total, c'est une journée d'en gros de 7 heures ou de demi-journée de 3h30. Oui. Donc on prend le temps justement de s'imprégner du milieu, on prend le temps aussi de regarder, et c'est vrai que je donne quand même des indications, des aides, voilà, pour dire comment on va regarder, parce que quand on est en extérieur… C'est vrai que l'appréhension de tout le monde, c'est qu'on peut tout dessiner, donc qu'est-ce qu'on dessine en vrai ? Alors qu'en réalité, c'est vrai qu'avec des petites règles de composition, des choses comme ça, on se dit, ah oui, mais non, mais c'est ça. C'est ça qu'il faut que je dessine, parce que je sais que le dessin, il aura plus de force, si je le prends dans ce point de vue-là. Donc c'est vraiment cette idée-là. Donc là, ces stages, c'est ouvert. Pour tous les niveaux de pratiques artistiques, c'est vrai que je repère vite ceux qui sont passés par les beaux-arts ou les profs d'art plastique. Ils ne peuvent pas se cacher très longtemps. Donc, c'est à partir de 12 ans, en gros une douzaine d'années. Les enfants doivent être accompagnés par un adulte pour des raisons aussi de sécurité, tout simplement. Après, soit les gens peuvent amener leur matériel. Sinon, je peux fournir aussi du matériel. C'est au moment de la réservation qu'on précise tout ça. Après, c'est vrai qu'il y a aussi des animations le restant de l'année, en fonction des périodes. En septembre, octobre, il y a encore des journées pour profiter du début de l'automne. Après, ce sera plus pour l'année suivante. des animations avec des collectivités. Il y a eu avec le service patrimoine de Concarneau, parce qu'il y a eu la restauration du Beffrois de la ville close. Il y a eu une animation croquis qui a été faite là-bas. Il y a aussi des balades croquées qui ont été organisées avec la mairie de Melvin aussi, dans le cadre des animations de chemin en chapelle. Après, c'est vraiment des opportunités. tout au long de l'année. Enfin, généralement, c'est plutôt de mars à octobre au beau jour, avec quand même un pic en juillet-août avec justement les deux matinées de stage.
- Pascale
D'accord. Et j'imagine du coup que tu as un site Internet où on peut retrouver toutes les dates, c'est ça ?
- Sylvain
Tout à fait. On peut retrouver toutes les dates, donc à la fois et des animations et des marchés ou des expositions sur lesquelles je suis présente. Pour le consulter, c'est tout simplement pascalebaudin.com. Comme ça, vous pourrez tous trouver les informations dans le calendrier, revoir également les différents produits que je fabrique dans la partie boutique. Il y a même aussi un accès à une vidéo. C'est un tournage qui a été fait pendant une animation. Comme ça, ça donne aussi une idée de comment ça peut se passer.
- Pascale
Très bien. Alors, bien entendu, vous retrouverez l'adresse du site Internet dans la description de ce podcast. Et alors, parce que c'est bien ton site Internet, on peut voir ce que tu fais. Mais est-ce qu'il y a des événements prochainement que tu vas être, des marchés qu'on peut te retrouver ? Ou en boutique aussi, des fois, tu peux être présente pour retrouver tes produits ?
- Sylvain
Voilà. Alors là, du coup, c'est vrai que pour moi, là, c'est plus la fin de la saison. Une fois que l'été est passé, il y a eu des marchés d'été. Donc... que ce soit à Litudy, Havane, Concarneau, Quimper. J'ai aussi été présente chez des paysans herboristes. C'est quelque chose qui fonctionne aussi très bien. Que ce soit sur Melvin, Banalec. Il y a également eu à Nevey, à la ferme de spiruline de Rospico. Il y a eu celle-ci. Après, il peut y avoir aussi d'autres opportunités. qui se présentent. Donc, c'est vrai que là, on a plus la saison des marchés en extérieur qui se termine. Et après, il va y avoir de nouveau en fin d'année les marchés de Noël. Donc, je referai également un week-end porte ouverte dans mon atelier. Je ferai ça. Donc là, du coup, les dates seront dans le calendrier sur mon site Internet.
- Pascale
Il n'y a pas de souci. En tout cas, on invite tous les auditeurs à aller sur ton site Internet qui est très bien fait puisque j'ai forcément été faire un tour. Je ne vais pas te mentir. Oui,
- Sylvain
merci.
- Pascale
C'est normal, parce que si je te pose des questions, mais que je ne regarde pas, même si on se connaît, puisqu'on s'est déjà rencontrés sur les marchés, si je n'ai pas rejeté un petit coup d'œil juste avant, ce ne serait quand même pas très sérieux. Alors, Pascal, est-ce que tu as encore des choses sur lesquelles on n'a pas parlé, que tu aimerais nous dire, ou des choses à rajouter ?
- Sylvain
Alors, dans les choses que je pourrais rajouter, c'est qu'à l'ère... du numérique et de l'intelligence artificielle. Du coup, je vais complètement à contre-courant puisque je travaille un peu comme les dinosaures ou les hommes préhistoriques. J'utilise le papier pour faire des dessins à la main. Il y a ce côté-là. Voilà, vraiment à contre-courant. Et on pourrait croire que le papier est en train de disparaître, que c'est plutôt des gens qui seraient plutôt peut-être à 50 ans et plus qui utiliseraient encore le papier, les carnets. Eh bien non, les jeunes reviendraient justement à ce support-là. parce qu'ils ont dû se rendre compte que mine de rien, quand on écrit, quand on dessine dans un carnet, c'est quelque chose qui reste. Alors que si on envoie un message, un SMS, quelque chose comme ça, ça disparaît. Tôt ou tard, ça disparaît.
- Pascale
C'est ça, on reçoit tellement de messages sur les mobiles, sur les ordinateurs qu'en fait, ça devient tellement bénin qu'on n'y prête plus la même attention.
- Sylvain
Complètement, voilà. Alors que du coup, les carnets, les cahiers, les calepins, ça devient vraiment un objet mémoire, une trace de ce qu'on a vécu, de ce qui s'est passé, de ce qu'on a eu envie de garder. Du coup, ça me conforte vraiment dans l'idée que j'aime le papier, que j'aime les carnets, que j'aime raconter aussi la nature. Donc, je continue dans cette voie-là.
- Pascale
Du coup, tu vois encore un très, très bel avenir dans le papier, dans le dessin fait main. Un art qui est loin d'être fini.
- Sylvain
J'espère vraiment. Ce serait dommage qu'on aille vraiment que vers des œuvres numériques, que je juge froides, alors que tous ces supports, que ce soit le papier, mais pas que, parce qu'il y a d'autres artisans qui utilisent la terre, le fil, le métal, etc. qui font vraiment des choses superbes. Donc moi, j'ai vraiment envie qu'on retrouve tous ces métiers d'art, toutes ces matières-là, justement, qu'on les voit de différentes manières, qu'elles soient vraiment mises en valeur, qu'on leur redonne toutes leurs lettres de noblesse.
- Pascale
Et je pense aujourd'hui que de toute manière, l'ensemble des personnes reviennent quand même beaucoup. On se rend compte sur tout ce qui est artistique, artisanal. Les jeunes ont besoin de ce côté humain qu'on était en train de perdre avec toute la technologie.
- Sylvain
Oui, je pense qu'il y a une petite génération où ils se sont éloignés. Ça va peut-être être plus difficile pour eux. Je sens que les jeunes reviennent et ça m'arrive sur les marchés de voir les jeunes qui s'arrêtent, qui passent devant le stand et qui sont carrément happés. par l'objet. Peut-être parce que s'ils sont nés avec des écrans froids, du coup, eux, ils sont vraiment en recherche de quelque chose de nouveau, de différent. Ça les attire d'autant plus.
- Pascale
C'est ça. Pour toi, je pense que pour toi et tous les autres artisans, quand tu vois des jeunes qui s'arrêtent sur tes créations et qui regardent, ça permet de garder un bon espoir, de se dire que tout n'est pas perdu. Ça intéresse toujours les gens, en fait.
- Sylvain
Oui, c'est ça. Donc ce sera peut-être... plus la même clientèle, mais c'est très bien comme ça. Du coup, on s'adapte aussi. Et puis, c'est très bien aussi d'écouter ce qu'ils ont à dire. Et moi, je sais qu'il y a certains de mes produits, d'ailleurs, qui sont nés de questions des clients. « Est-ce que vous avez ça ? » Je dis « Non, c'est vrai, je n'ai pas pensé à ça. » Et puis, finalement, ça m'urie. Je dis « Oui, mais je peux très bien le fabriquer. »
- Pascale
Exactement. L'échange, ça fait tout en fait.
- Sylvain
Oui, c'est important. Et je trouve même important justement que les gens, quand ils viennent sur des marchés de créateurs, qu'ils ne fassent pas que marcher, se balader, mais qu'ils prennent le temps de s'arrêter, de regarder, de questionner. Parce que ça aussi, c'est important pour nous, cet échange-là. Parce que c'est vrai que... de voir des gens passer avec leur valise, leur glace, la poussette, le chien, la grand-mère. Oui, mais on existe aussi, on n'est pas là que pour la décoration.
- Pascale
Il n'y a pas que les objets, il y a la créatrice ou le créateur derrière. Je pense qu'il y en a peut-être certains qui n'osent pas poser des questions, peut-être peur de poser des questions entre guillemets bêtes, alors qu'il n'y a pas de questions bêtes. Et au contraire, pour vous, c'est super de pouvoir échanger, de pouvoir partager votre passion.
- Sylvain
Oui, tout à fait. C'est vrai qu'il n'y a aucune question bête. Au contraire, la question bête, c'est celle qu'on n'a pas osé poser. Et puis, jusqu'à présent, je n'ai encore vu aucun créateur mordre quelqu'un pour me laisser la parole. Donc, voilà, on peut nous parler, on est accessible. Donc, oui, il ne faut surtout pas hésiter, justement, à regarder le travail. Donc, oui, oui.
- Pascale
C'est ça. En tout cas, merci beaucoup, Pascal.
- Sylvain
Oui, merci beaucoup.
- Pascale
Je vais te souhaiter une très bonne fin de journée et puis on se dit à très, très vite.
- Sylvain
Très bien, merci. À bientôt. À bientôt. Au revoir.
- Pascale
Au revoir, Pascal. Et c'est déjà la fin de ce dixième épisode du podcast La Galerie des Créateurs en compagnie de Pascal Baudin. Personnellement, j'ai adoré cet échange. où je me suis imaginé me promener sur les côtes avec Pascal et la voir dessiner, faire ses croquis, partager toute cette passion qu'elle a pour la nature et le dessin. N'hésitez pas à aller la suivre sur son site internet que vous retrouvez en description de ce podcast. De notre côté, nous vous donnons rendez-vous le mois prochain pour un nouvel épisode du podcast La Galerie des Créateurs que vous pouvez retrouver sur vos plateformes habituelles Spotify, Apple Podcasts, etc. et même sur notre site internet et Youtube. N'hésitez pas d'ailleurs à partager le podcast, à le noter quand c'est possible. C'est de la visibilité supplémentaire pour nos créateurs. Merci à tous et je vous dis au mois prochain. Ciao !