- Speaker #0
Hello et bienvenue dans la lecture obscure, le podcast où le tarot rencontre le business sans détour. Je suis Gaëtan Balester, tarologue et j'aide les pros du bien-être à communiquer pour atteindre les clients qui ont vraiment besoin d'eau. Carte bien-être stratégie, tout ce que les pros de l'ésotérisme n'osent pas dire à Roi-Haut. Si tu construis ta pratique ou si tu veux la faire grandir, tu es exactement où il faut.
- Speaker #1
Hello tout le monde, bienvenue dans la Lecture Obscure.
- Speaker #0
Aujourd'hui, je suis avec Romane du Terrier sous la Lune. Alors Romane, ça fait un moment que je veux l'inviter sur le podcast. Ça fait un moment qu'on a eu cette discussion de pourquoi j'avais envie de la faire venir. L'une des nombreuses raisons, parce qu'aller découvrir son compte, il est juste exceptionnel. En quelques mots, je vous décrirai son compte comme un espace engagé, spirituel, politique. passionnelle. Mais Romane, comment tu te présentes ?
- Speaker #2
Déjà, merci beaucoup Gaëtan pour l'invitation et pour la jolie présentation. Ce n'est pas une chose facile de se présenter, mais du coup, je dirais que je décide de mettre les choses qui me semblent humaines en avant, dans le sens où il va y avoir des réflexions politiques sur mon compte. mais aussi spirituel et aussi artistique. Et pour moi, ces trois grands domaines croisent une notion déjà qui est l'éthique et ensuite croisent aussi avec tout ce qui émane et ressort de l'être humain. Voilà, et du coup, s'il devait vraiment trouver un point de croisement entre tous les potes qui nous en comptent, parce qu'on a beaucoup aidé différents, Ce serait certainement celui-là, en fait. Voilà. Je ne sais pas si c'est clair.
- Speaker #0
Vous nous direz. Mais il faut découvrir son univers de toute façon. Il faut aller découvrir l'univers de Romane. Et Romane, moi, je t'ai invité à venir sur ce podcast pour qu'on parle de l'appropriation culturelle dans le milieu du bien-être, de la spiritualité et du bien-être. Avant qu'on se lance, parce qu'on va essayer d'apporter une ouverture sur ce sujet. avec de la nuance et des prises de position. Mais avant tout, j'ai toute une série de questions à laquelle j'aimerais que tu répondes uniquement par vrai ou faux. Alors, tu n'as pas le droit d'argumenter. Ça va être terrible, je pense, pour toi de devoir juste te réduire à vrai ou faux. Mais est-ce que tu es prête pour qu'on se lance dans ce petit jeu ?
- Speaker #2
Je suis prête.
- Speaker #0
OK. Première question. Le tarot occidental est-il une forme d'appropriation culturelle ?
- Speaker #2
Je dirais faux.
- Speaker #0
Les occidentaux devraient arrêter d'utiliser le terme chaman.
- Speaker #2
Vrai.
- Speaker #0
De quoi dire ? Parce que si vous êtes sur YouTube, moi j'ai vu tout ce qui s'est passé dans la tête de Romane. Les auditeurs qui écoutent uniquement, vous n'avez pas eu la joie de le voir. Je continue. Brûler de la soja blanche est un acte problématique.
- Speaker #2
Vrai.
- Speaker #0
On peut pratiquer une tradition spirituelle sans appartenir à la culture qui l'a créée.
- Speaker #2
Je dirais vrai, mais je ne vais pas pouvoir l'argumenter, pardon.
- Speaker #0
Le yoga moderne est-il une forme d'appropriation culturelle ?
- Speaker #2
Vrai.
- Speaker #0
Les retraites spirituelles vendues par des occidentaux sont souvent du colonialisme déguisé ?
- Speaker #2
Vrai.
- Speaker #0
Gaëtan en sueur avec ses séjours dans la nature le développement personnel s'inspire trop de traditions qu'il ne comprend pas vrai Pour l'instant, je dirais vrai. Plutôt vrai. Oh ! Ok. Je vais en... clôturer avec deux parce qu'on a déjà beaucoup de matière. La spiritualité New Age repose largement sur l'appropriation culturelle.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Une personne blanche peut devenir chamane ?
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
On s'arrête là parce que je pense que là déjà, Romane, elle me déteste. Beaucoup de pression là,
- Speaker #2
j'étais comme ça. Les gens vont me regarder comme ça, mais qui raconte-t-elle ? Elle a intérêt à vite développer ses arguments parce que...
- Speaker #0
Peut-être qu'avant tout, Romane, tu pourrais expliquer à nos éditeurs ce qu'on entend par les termes d'appropriation culturelle.
- Speaker #2
Oui, bien sûr. Alors, du coup, l'appropriation culturelle, ça va être l'utilisation d'éléments de culture ou... Comment ? de culture et de tradition, c'est tellement que je cherchais, qui appartiennent à la base à une autre culture. Et pour moi, dedans, il faut aussi amener, pour que la notion d'appropriation culturelle existe, c'est qu'en fait, on a un monde qui est totalement inégal. Donc du coup, on va avoir des cultures qui sont du coup, minorités dans le monde. et des cultures qui vont prendre le pouvoir. Et du coup, dans cette dynamique-là, on peut avoir une réflexion sur l'appropriation culturelle, qui est le fait d'aller se servir dans des autres cultures que la sienne pour prendre des éléments qui sont forts symboliquement en général, ou historiquement parfois aussi. C'est important parce que ce n'est pas que symbolique, l'appropriation culturelle. Selon moi, il y a aussi une part historique qui est vraiment essentielle à aborder.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, c'est un débat qu'on ouvre de plus en plus autour du domaine de la spiritualité. Il s'est passé beaucoup de choses depuis les années 90-2000, et presque tellement de choses que c'est seulement maintenant, donc 30 ans plus tard presque, qu'on ouvre un regard critique dessus. Moi, j'aimerais reprendre les questions que je t'ai posées. Tout d'abord, par rapport au tarot occidental, est-ce que c'est une forme d'appropriation culturelle ? Je me devais sur un podcast où on tient les cartes de te poser cette question et si tu le permets c'est moi qui vais expliquer pourquoi aussi. Bien sûr,
- Speaker #2
je préfère même que tu le fasses parce que t'es plus spécialiste que moi.
- Speaker #0
C'est surtout un clin d'œil ou plutôt un coup de pied à court de Gébelin et finalement aussi à la Golden Dawn Academy, le tarot qui présente finalement la divination, en tout cas comme un outil divinatoire, a aussi beaucoup surfé sur l'orientalisme, enfin l'égyptomanie, donc une période où on était très fan de ce qui venait d'autres lieux du monde et notamment d'Egypte. Donc Eteya, lui, a publié le grand Eteya, un tarot égyptien. Donc si vous le regardez, il est encore commercialisé par quelques personnes avec peu de moralité. comme un véritable jeu issu de l'Égypte antique. Et ça, c'était pour faire de l'argent. Faire de l'argent sur tout ce que l'Égypte antique et cette région du monde et cette spiritualité vient faire écho. Sauf que le tarot, il est né en Italie. Il n'a rien à voir avec l'Égypte antique. Et là, on a fait ça pour gagner de l'argent. Pareil pour ceux qui vont intégrer énormément de la Kabbale dans le tarot. Le tarot n'est pas un outil kabbalistique à son origine. Donc on s'approprie des cultures, des spiritualités ou des régions du monde pour en faire un objet plus facile à commercialiser. Même si en surface, on va vous vendre que c'est sous couvert de spiritualité. Mais finalement, ce sont des occidentaux. qui développent ces outils et qui les commercialisent et qui en bénéficient.
- Speaker #2
Oui, c'est ça qui est super important aussi. Tu as bien décidé de souligner parce que c'est totalement vrai.
- Speaker #0
Donc certes, dans le tarot aujourd'hui, il y a une diversité et je pense que le tarot, c'est l'un des objets, je m'avance peut-être, mais je trouve qu'il présente une diversité les plus folles, où tous les peuples, minorités confondues ont eu et ont encore le loisir de s'exprimer. Tout le monde peut se l'approprier sans que là, ce soit un problème éthique. et donc on a des tarots comme par exemple le tarot com qui a été développé par Léo Com qui est passé sur ce podcast qui présente un jeu représentant une multitude de diversités queer mais vous avez bref, allez sur le salon des arcanes, vous verrez qu'il y a une multitude de tarots et pour le coup quand ils sont créés et commercialisés par les minorités en question et qu'ils seraient appropriés le tarot en le faisant exprimer ces cultures C'est là, ce n'est pas problématique. Je me suis peut-être un peu perdu.
- Speaker #2
Non, c'est très intéressant. En plus, franchement, non, je trouvais que tu as été bien.
- Speaker #0
Bon, ça va. Bon, mais maintenant, c'est à toi. Du coup, je t'ai posé la question, les Occidentaux devraient arrêter d'utiliser le terme chaman. J'ai vu que ça avait été complexe quand même, mais tu me l'as dit. Non, faux. Vrai.
- Speaker #2
Alors, du coup, c'est parce que ça rejoint. Donc, c'est l'avant-dernière ou la... Dernière question que tu as posée sur le fait, c'était est-ce que les Occidentaux peuvent être chamanes, je crois ?
- Speaker #0
Ça, c'était l'une des premières, mais la dernière, c'était sur les personnes blanches.
- Speaker #2
Ah oui, OK, d'accord. Donc, du coup, pour moi, le souci, il va être beaucoup sur la façon de faire, notamment, et c'est là qu'on peut, à mon avis, discuter. C'est pour ça que j'ai hésité. Parce qu'en fait, je comprends le caractère problématique du terme et surtout par son utilisation, en fait, qui est aujourd'hui très, très populaire. D'ailleurs, on le voit partout sur Instagram, des gens qui s'autoproclament chamanes, des gens qui s'autoproclament chamanes et qui ont en plus tout un tas d'autres distinctions avec. On ne sait pas trop comment c'est arrivé, mais en tout cas, c'est là. Et du coup, ça, ça pose problème. Après, si vraiment... Dans quelques cas qui, je pense, sont du coup une minorité, la personne a vraiment suivi une initiation, est vraiment impliquée et a vraiment la compréhension que ce soit historique, spirituel et le respect qui va avec. Dans ce cas-là, peut-être. Et encore, je pense que cet avis-là pourrait faire débat. Moi, je dis peut-être si la personne a suivi tout ça et que vraiment c'est quelque chose qui la traverse et qui est important et qui devient un pilier essentiel de sa vie et que ça devient même sa vie parce qu'en fait pour les chamanes c'est pas juste le dimanche je fais ça c'est une façon de vivre et je pense que du coup il y a plein plein plein plein plein de conditions qui font que dans très peu de cas au final on peut... on peut dire qu'on est chamane.
- Speaker #0
Ça me fait penser à deux choses. À Arnaud Rioux, qui lui a écrit et qui a été très connu aussi à la sortie de ce livre, Réveillez le chamane qui est en vous, où lui se rapproche de l'étymologie, de la traduction de chamane, qui voudrait dire homme qui apprend ou qui transmet. Je ne me souviens plus exactement, mais je pense que par-delà l'étymologie, il y a aussi qu'est-ce que ça évoque, qu'est-ce que ça invoque. cette notion de chaman. Pour certaines personnes, ça va représenter quelqu'un qui est connecté au vivant, à la nature. Pour d'autres, ça va représenter des rites d'Amérique latine ou des rites mongoles, parce qu'aussi, il y a plusieurs mouvances dans le chamanisme, plusieurs espaces dans le monde où le terme chaman est employé, mais n'a pas forcément la même symbolique. Et je pense que ce qui est aussi Merci. questionnant, c'est que ce terme devient un terme plus commercial que chargé de sens.
- Speaker #2
Oui, ça fait vendeur, ça fait bien on va dire, et c'est ça aussi le gros problème.
- Speaker #0
À l'inverse, tu as dit, chaman, c'est pas un truc du dimanche. Du coup, moi, ça m'a fait penser à qu'est-ce qui se passe en Occident le dimanche. Moi, j'ai une éducation catholique, j'ai tant de franqueurs, il y a la messe et étrangement, prête ou prêtresse, Ce sont des termes qu'on a un peu plus de mal à s'approprier d'un point de vue commercial. Peut-être qu'on respecte davantage le terme de prêtre et on ne va pas se dire, parce qu'on est connecté à une spiritualité, prêtre de la nature, parce qu'ici justement ça invoque un imaginaire. Oui !
- Speaker #2
Je pense qu'en fait, effectivement, c'est très clair parce qu'en fait, effectivement, il y a la messe du dimanche, mais être prêtre, et j'emploie ici volontairement le masculin, puisque dans notre société, les prêtres sont majoritairement des hommes. Du coup, on a donc cette… c'est pas que le dimanche, et je pense que c'est très clair pour les personnes, qu'en fait, le prêtre… Il est censé être toujours dans l'église, même si aujourd'hui, selon les villes, on en voit moins. Mais voilà, si n'importe qui souhaite aller à l'église, il peut trouver normalement un prêtre. Et c'est très clair dans l'esprit des gens que c'est un mode de vie. En fait, je pense que le problème avec le terme chaman, c'est qu'il a été tellement pris dans une dimension commerciale et du coup aseptisé, qu'en fait, effectivement, il n'y a pas cette valeur sacrée-là. dans le terme.
- Speaker #0
On fait une généralité. Ne nous faites pas un Not All Men en commentaire. Si pour vous, vous avez suivi vraiment une initiation, vous êtes dans une appréciation culturelle, ça change aussi la donne. Est-ce que tu peux expliquer aux auditeurs ce qu'est l'appréciation culturelle et sa différence par rapport à l'appropriation ?
- Speaker #2
Je préfère normalement quand je définis des notions si carrées avant la définition avec moi, mais là je ne l'ai pas devant moi, donc je vais faire au mieux. Pour moi, la différence entre appropriation et appréciation, c'est justement ce que j'ai évoqué tout à l'heure, c'est le fait justement de considérer pleinement la culture, d'où viennent les traditions, et donc d'apprendre déjà son histoire, d'apprendre les savoir-faire, de se renseigner auprès d'eux. personnes concernées. Et du coup, ça prend tout ça en compte. Donc, avoir vraiment le triple aspect politique, historique et spirituel. Et là, dans ce cas, à partir du moment où on est clair et à l'aise là-dessus, pour moi, on peut ouvrir la conversation sur de l'appréciation culturelle. Parce que du coup, on a consacré du temps. En fait, pour moi aussi, ça montre qu'on est prêt. à consacrer du temps à quelque chose. Et en fait, le temps, d'autant plus dans notre société capitaliste, c'est une valeur qui coûte cher.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #2
choisir de consacrer son temps à des personnes ou à des choses pour vraiment approfondir, c'est un geste qui peut paraître anodin, mais qui en réalité est fort, parce qu'on court après la montre tout le temps. Donc, je ne sais pas si...
- Speaker #0
Si, moi je trouve que c'était assez clair. Et tu fais bien de souligner que c'est aussi se renseigner auprès des personnes concernées. C'est pas demander à tchadjpt. Voilà, j'aime bien me balader dans les bois. On m'a déjà dit que je pouvais me considérer comme chamane. Qu'est-ce que t'en penses ? Non. C'est plus complexe. D'ailleurs, on va enchaîner avec un sujet qui est aussi complexe. C'est la soge blanche. En quoi, pour toi, c'est un acte problématique ?
- Speaker #2
Alors oui. Il y a différentes choses. Déjà, il y a un aspect lié à l'appropriation culturelle, d'autant plus qui a été très popularisé ces derniers temps, je trouve. Donc, en fait, au départ, j'en ai déjà acheté pour chez moi, il y a plusieurs années, sans être au courant, comme beaucoup de personnes avec qui j'ai parlé d'ailleurs. Et je trouve que ces dernières années, il y a beaucoup de gens qui ont pris la parole là-dessus, notamment des personnes concernées. Et du coup, là, je suis vraiment assez... assez tranchée cette question du côté problématique dans le sens où en fait là on a accès c'est plutôt clair, il y a quand même beaucoup de personnes qui en parlent et du coup là j'avoue que je ne comprends pas,
- Speaker #0
donc ça c'est la première chose au niveau spirituel renforcée par le... Je rebondis, moi aussi il y a quelques années j'ai acheté de la soja blanche je ne voyais pas le problème parce que j'avais la croyance que c'était la même soja qu'on peut avoir dans nos jardins ici, j'avais pas de jardin à l'époque Mais maintenant, on le sait que la soja blanche, comme le palo santo, ça vient de l'autre bout du monde.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Effectivement, et puis que c'est lié, c'est vrai, à des traditions qui sont très sacrées, etc. Et du coup, voilà, déjà, ça, c'est le premier souci. Et effectivement, ce que je dis, c'est que ça s'était renforcé par le fait que des gens ont pris la parole et du coup, on refuse de les écouter. Du coup, pour moi, en plus, là, comme on a une multitude de prises de paroles qui sont faites et que du coup, par certaines personnes, on a un refus d'écouter. ça renforce le problème. Ensuite, autre problème aussi, ça va être au niveau écologique, bien sûr, puisque c'est une catastrophe. Voilà. Donc, du coup, là-dessus, c'est... Encore un problème, puisque nous, dans nos foyers, disons plutôt privilégiés pour la plupart, on ne se rend pas compte, parce qu'en fait, effectivement, c'est à l'autre bout du monde, donc on ne le voit pas, mais c'est une catastrophe écologique en plus. Et troisième point qui fait que, pour moi, c'est un problème, c'est que ça a été récupéré par de nombreuses grandes entreprises, et à peu près n'importe où on va, que ce soit... Le grand magasin qui vend des livres en C. Ou d'autres encore. On en trouve. Et parfois, ça n'a pas de rapport. J'ai même des petites boutiques dans mon quartier qui sont plutôt sur de la naturopathie, etc. qui ont des grands bâtons de sauge. Mais non. Pourquoi ?
- Speaker #0
Oui, il n'y a pas cette réflexion. Et ce qui est problématique, c'est que grâce aux réseaux sociaux, comme tu l'as justement dit, aujourd'hui, on a l'information. On peut difficilement prétendre à ne pas avoir l'information, que ça ne résonne ni avec nos cultures, ni avec... Ça a un impact majeur d'un point de vue écologique, donc on ne peut pas faire semblant que non. Et je rajouterais aussi qu'on a une multitude de substituts en soi. Si on a envie d'explorer la fumigation... Moi, je visite dans le sud-est de la France, le Genévrier, le Romarin, la Lavande, la Soge. On a tout. Bien sûr. Et donc, cette appropriation culturelle qui a divers aspects négatifs à différents niveaux, ça a aussi l'aspect négatif de nous faire perdre, oublier et déconnecter avec notre territoire et notre culture locale.
- Speaker #2
Tout à fait. Tout à fait. J'avais un truc... Vas-y, termine, excuse-moi.
- Speaker #0
Non, parce que j'allais nous proposer d'enchaîner.
- Speaker #2
Ah, d'accord, ok. C'est parce que tout à l'heure, justement, j'ai voulu faire l'expérience de taper « souche blanche » sur YouTube pour voir ce qu'il sortait. Donc, je n'ai pas regardé du tout de contenu, j'ai juste scrollé. Et en fait, sur toutes les premières vidéos qui portent sur la souche blanche, on ne voit que des personnes blanches qui semblent… Je dis bien qui semblent parce que je n'ai pas cliqué sur la vidéo encore une fois. qui semblent occidentales et pas de la culture concernée. Donc ça montre quand même aussi une certaine invisibilisation, parce qu'en fait les premières vidéos qui sortent, vraiment je crois au moins les 7-8 premières, après je ne suis pas descendue jusqu'en bas, mais du coup en termes de popularité de vue et de ce qui est mis en avant, j'ai trouvé que c'était quand même assez intéressant de le souligner. Parce que du coup on voit qui se saisit du sujet, et ça aussi ça pose question dans l'appropriation culturelle, parce qu'en fait c'est qui prend les bénéfices, de la culture qui est prise, en fait, de toutes ces notions-là. Et dernier point important que je voulais, parce que c'est avant de continuer le podcast, comme ça, c'est clair, il y a un truc que j'aime bien rappeler, notamment quand je lis des essais, c'est ce que j'appelle l'art d'être vexé. Mais c'est très bien, en fait, d'être vexé. Mais le fait d'être vexé doit permettre une remise en question. En fait, les gens... ils s'offusquent et ils se braquent. Mais en fait, bien sûr qu'on peut être vexé quand on a fait une erreur, qu'on ne savait pas quelque chose, qu'on a employé un mauvais terme ou qu'on a utilisé des choses qu'on n'avait pas à utiliser, quelqu'un nous le fait remarquer. Ça peut soit vexer, soit blesser, soit... Mais en fait, il faut passer au-dessus de ça. Parce qu'en fait, le problème de l'appropriation culturelle est plus grave qu'un égo personnel froissé. Et du coup, pour moi, c'est ça le plus important. Il ne faut pas... rejeter totalement, je pense, cette émotion-là qui est le fait d'être vexée, de ressentir ça. Parce que, justement, ça pointe du doigt quelque chose qui est important et qui nous montre qu'en fait, on a fait quelque chose qui n'était pas correct. Et c'est normal.
- Speaker #0
Mais du coup,
- Speaker #2
qu'est-ce que j'en fais ?
- Speaker #0
Ça nous emmène vraiment sur le point suivant, sur la critique qu'on peut faire sur l'appropriation culturelle qui pourrait aller trop loin. C'est vrai que c'est une critique, des fois, on va dire, oui, mais attendez, ça veut dire qu'on ne peut même plus... Tu les as déjà vus, c'est... On ne peut plus rien dire. C'est parodi, on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire. Mais si on aime, ça veut dire qu'on ne peut pas en profiter. Déjà, la forme, on ne peut pas en profiter. Justement, ce qui est questionnant, c'est... Comment on en profite ? Est-ce qu'on en profite en faisant rayonner la culture ou est-ce qu'on en profite en abusant ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, la question de l'appropriation culturelle, moi, je vais te donner l'exemple, et ça nous permet d'enchaîner sur les tambours. La personne qui a confectionné mon tambour, elle ne se revendique pas du tout chamane, elle n'a pas eu d'initiation au chamanisme, mais par contre, la rencontre du tambour est intervenue dans sa vie, à un moment où il y a eu un bébé miracle. Donc, vraiment, c'est une très belle histoire, et c'est ce qui lui a donné. cette envie, cet élan d'en concevoir pour d'autres personnes. Elle a développé sa façon de les tisser, elle ne respecte pas forcément des traditions. Et là, il y a eu une réappropriation, plus qu'une appropriation, et elle ne se revendique pas d'un mouvement. Et c'est sûr qu'elle se questionne et qu'elle s'inquiète des fois qu'on lui dise que ce n'est pas sa culture. C'est une petite femme d'un mètre cinquante. qui n'a jamais fait le voyage en Mongolie. Donc, c'est sûr que ça peut inquiéter certaines personnes qui ont une telle appréciation, mais qui n'ont pas forcément envie de reproduire une culture. Après, on développera autour du tambour plus tard, parce que tu as lu, comme moi, La femme tambour, je pense.
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
Alors, je t'en parlerai. Je t'en parlerai. Qu'est-ce que tu peux répondre à ces personnes qui sont dans un pur amour ? d'un outil, d'un artefact, d'un consommable, d'un rite, mais qui, dans l'absolu, n'appartient pas à leur culture ou à leurs racines ?
- Speaker #2
Pour moi, c'est vraiment justement ce qu'on disait avant, de vraiment s'intéresser, de montrer vraiment du respect, parce que je pense que c'est totalement possible d'avoir un véritable intérêt à ça. Par contre, pour moi, c'est assez... C'est assez évident. Donc ça, c'est déjà un premier point, s'intéresser à tout ça. Et puis aussi, je pense d'écouter différents points de vue de personnes concernées. Je dis bien de personnes concernées. Parce qu'en fait, il y a des débats super intéressants entre personnes concernées qui ne perçoivent pas forcément la chose de la même façon non plus. Et du coup, ça va créer toute une nuance. Ces personnes ont souvent... de ce que j'ai pu entendre en tout cas, les mêmes avis sur ce qu'est l'appropriation culturelle, mais les limites et curseurs vont être différents selon les personnes. Et je pense que passer par cette écoute-là, ce temps-là, ça peut peut-être amener des réflexions qui sont intéressantes, nuancer sa posture. Peut-être parfois, soit se soulager, soit peut-être se remettre en question quand c'est nécessaire. Et je trouve ça, je pense que c'est très important d'écouter différentes voix. Et du coup, il y a effectivement, comme je te disais avant qu'on lance un épisode de podcast que j'ai réécouté, parce que c'est un podcast que j'adore qui s'appelle Kif Taras, qui a été fait par Grassly et Rokhaya Diallo. où elles abordent notamment les questions liées... au racisme en France. Et donc, il y a un épisode. Alors, je regarde juste, j'ai noté le numéro comme ça. Je ne dis pas de bêtises. Donc, c'est le... Alors, voilà. Donc, c'est l'épisode 23. Donc, elles ont invité Maboula Soumaoro, qui a donc lancé en France, notamment le Black History Month. Et du coup, dans cette... dans cet épisode de podcast. Il faut savoir aussi qu'elle est aussi doctorante, maîtresse de conférences, etc. Donc, c'est quelqu'un qui se questionne beaucoup et qui prend beaucoup la parole sur ces questions. Et donc, elles ont un échange très intéressant, toutes les trois, justement, sur la procréation culturelle. Donc, voilà, avoir ce genre de contenu, aller voir aussi, je trouve ça très intéressant. Donc là, on va au-delà du milieu du bien-être. Mais je pense qu'en fait, il faut aussi sortir son nez de là.
- Speaker #0
moi c'est vraiment important de sortir son nez de là parce que le milieu du bien-être du spirituel n'est pas déconnecté du réel et en fait le fait d'être totalement déconnecté du réel c'est là aussi qu'on en vient à avoir des pratiques et des usages qui sont totalement problématiques
- Speaker #1
en fait voilà on en revient au tarot avec Cour de Gébelin qui a écrit en disant que le tarot était un outil égyptien pour vendre son livre si on ne s'intéresse pas à l'histoire on perd énormément de l'intérêt et aussi de la réalité. Et pour le tambour, du coup, tu m'offres un pont vers le livre de La femme tambour, qui est un livre qui retrace l'histoire du tambour dans les cultures, et qui m'a fait énormément de bien, parce que moi, j'avais une belle attraction vers la percussion. Et la rencontre de mon tambour a été un très beau moment dans ma vie. Mais il y avait toujours cette question de « Ben ouais, mais moi je ne me ressens pas chamane. Ça m'embête parce que j'ai conscience que ça appartient à d'autres cultures. Et en le pratiquant, ce n'est pas du tout ce que je vis. » Et en fait, elle a retracé l'histoire. Le tambour, on le trouve partout dans le monde. notamment en Méditerranée. Alors, il est légèrement différent de ce que vous pouvez voir aujourd'hui avec les tambours chamaniques. Le tambour méditerranéen, il avait des cymbales et il était frappé à la main. Et ça, ça a été invisibilisé en Occident par la montée de l'Église, qui a cassé des sculptures de déesses pour leur enlever leur tambour, se les réapproprier, mais faire des femmes, du coup, des êtres qui n'ont plus d'instruments religieux, parce que le tambour était plutôt... l'instrument des rites féminins. Donc oui, il reste quand même toujours une appropriation de genre. Je ne sais pas d'ailleurs si on peut parler d'appropriation de genre. Si c'est le cas, je pourrais en parler pendant des heures autour du tarot.
- Speaker #0
Je ne sais pas franchement. Je ne sais pas du tout. C'est une question intéressante.
- Speaker #1
Parce que tu vois, autour du tarot, c'est principalement des hommes à l'origine qui ont fait du gros pèse dessus, beaucoup d'argent. On pourrait se dire que ça, c'est ancien. Mademoiselle Lenormand, elle a été arrêtée plusieurs fois et ses homologues masculins néant. Si on regarde les grands auteurs cour de Gébelin quand il a écrit sur le tarot, c'était principalement des femmes qui tiraient le tarot dans les cuisines et qui s'amusaient entre elles à se lire La Bonne Aventure. Et lui, il s'est dit, j'ai découvert la chose et il s'est fait de l'argent dessus. Pamela Coleman-Smith. Elle n'a rien touché du Rider Waite Smith, des clopinettes. Et pendant longtemps, c'était le tarot Rider, et on n'avait pas Smith, qui est le jeu de tarot, je le rappelle, qui est le plus utilisé dans le monde. Et les anglo-saxons pensent pour beaucoup que c'est le jeu le plus ancien, c'est dire tellement il est populaire. Et ce qu'on pourrait rajouter aussi, c'est que même nous en France, Joe Doroski, qui a remis un petit peu la hype du tarot, quand il a sorti La Voix du Tarot, il n'a pas écrit seul son livre. Il était avec une femme. Et toutes ces femmes, même dans le tarot, alors qu'il y a plus de femmes dans le milieu du tarot, on le voit sur les réseaux sociaux aujourd'hui encore, ce n'est pas forcément les personnes qui en récoltent l'argent. Disons les faits, l'argent. Donc je pense qu'il y a peut-être aussi une question d'appropriation culturelle de genre.
- Speaker #0
Oui. Peut-être, je ne sais pas. Après, est-ce qu'on peut parler... Pour moi, la question serait sur le fait de... Est-ce qu'on a vraiment une culture par genre ou pas ? Oui, ça ouvre un débat. Est-ce que ce serait des cultures du genre selon les pays, par exemple, sur la féminité, la masculinité ? À mon avis, il y aurait pas mal de questions à soulever, ce serait intéressant.
- Speaker #1
Oui, mais... Je pense que c'est un vaste débat et on n'aura pas le temps d'ouvrir tout ça aujourd'hui. Je vais te poser encore une question sur... Une question peut-être qu'on a vue. Bon, ça, tu y as déjà répondu. Je regarde un petit peu ma fille. Oui. Les réseaux sociaux aggravent les phénomènes d'appropriation culturelle. Et là, tu as le droit de développer.
- Speaker #0
Du coup, pour moi, oui, je ne me suis pas trompée en répondant au vrai ou faux. J'ai dit vrai. Je ne me suis pas plantée sous la pression donc bref et je pense que ça c'est lié beaucoup au système de consommation exacerbé dans les réseaux sociaux où on a déjà des vidéos qui marchent qui sont très courtes parce qu'il ne faut pas parler trop longtemps parce que sinon les gens scrollent donc à partir de ce moment là je ne vois pas comment on peut avoir une pensée construite, notamment sur des questions qui sont spirituelles ou du bien-être quand on a moins de 3 minutes pour le faire. Déjà, ça commence mal. Déjà, sur des bases techniques, ça commence mal. Si on est à l'écrit, c'est pareil. Alors, on peut aller carousel, vinslide, mais personne ne lit vinslide. Quasiment. Non, mais à un moment donné, voilà. Du coup, pareil, même à l'écrit, ça devient compliqué. De toute façon, il faut écrire gros, donc on ne va pas écrire 150 trucs si notre carousel fait 20 slides. Et enfin, dans les légendes, on a un nombre de caractères restreints. Les trois canaux de diffusion possibles, et en tout cas les principaux sur les réseaux sociaux déjà, limitent la complexité du message par la durée ou la taille du truc. Donc déjà, je pense que ça amène à plus de dérives. Ensuite, on a tout ce qui est directement en lien avec les algorithmes. En fait, il y a des personnes et des types de contenus qui vont être plus mis en avant parce qu'ils vont correspondre à certains standards dans la société. Donc voilà, il faut être conscient que quand c'est notre cas, on en bénéficie. Voilà. voilà ça c'est dit non mais voilà c'est vrai quoi après est-ce qu'on peut faire quelque chose par rapport à ça pas forcément parce qu'en fait on va pas arrêter de poster du contenu mais c'est un fait c'est la vérité quoi donc
- Speaker #1
voilà les choses qui sont mises en avant tu soulages quelque chose d'intéressant c'est qu'aujourd'hui dans notre présence sur les réseaux certes on peut jouer le jeu des algorithmes et être dans un contenu rapide Un contenu abrégé, un contenu clivant qui ne va pas présenter l'entièreté du sujet. Par contre, on a les moyens, on peut se donner les moyens de rediriger vers des espaces où on va davantage développer. Moi, sur mon compte Instagram, je redirige souvent sur le podcast où je peux prendre un peu plus le temps de développer les sujets. Mais vous pourriez très bien écrire des articles et les développer et les partager. Ou sans même faire ce travail, parce que j'ai conscience que c'est un travail supplémentaire, rediriger vers le travail que d'autres personnes ont fait pour avoir quelque chose de plus complet. Ou des ouvrages, parce qu'on ne manque pas de littérature hyper intéressante. Et pour le coup, là on a le temps, et les gens prennent le temps aussi, de comprendre.
- Speaker #0
D'ailleurs, vraiment, j'accentuerais le fait, dans le cadre de l'appropriation culturelle, de renvoyer d'ailleurs, vers des personnes concernées. Vraiment. Parce qu'en fait, c'est vrai qu'on a vraiment déjà des croyances, des symboliques qui sont prises. Et du coup, les meilleures personnes pour en parler, ce sont les personnes concernées. D'autant plus que, en fait, parce que donner des faits, c'est une chose. Et ça, je pense que ça l'a porté tout le monde, d'aller regarder des chiffres. transmettre des définitions, de transmettre des ressources potentielles. Mais par contre, parler d'un vécu et d'un ressenti, ça, c'est pas possible pour tout le monde. Et ça me semble essentiel pour vraiment pouvoir percevoir l'impact que ça a sur les personnes concernées. Parce qu'en fait, les chiffres, c'est une chose, mais vraiment, écouter les ressentis, les avis, etc., c'en est une autre. Et ça me semble aussi un passage essentiel.
- Speaker #1
Tu as d'ailleurs peut-être des comptes à nous recommander sur les réseaux sociaux pour explorer différentes thématiques et les comprendre avec un peu plus de sens ?
- Speaker #0
Alors sur les réseaux sociaux j'en ai assez peu parce que tu sais mon compte il est pas mal focus livre donc du coup j'en ai assez peu par contre j'ai quand même des titres notamment de livres ou des autrices notamment afro-féministes qui évoquent ces questions qui sont vraiment très intéressantes Tout de suite, moi qui ai une de mes autres préférées, c'est Bellux, j'en parle très souvent sur mon compte. Et je recommande notamment de lire ses deux autobiographies. Parce que, voilà, alors ses essais sont excellents et c'est ce que je dis tout le temps, je ne vais pas conseiller un essai de Bellux parce qu'en fait, vous pouvez passer dans le rayon, vous prenez un essai au hasard d'elle et il sera bien. Voilà. Comme ça c'est fait. Voilà, il sera bien. C'est... C'est une personne assez incroyable qui arrive à dire la vérité tout en étant bienveillante. Et pour moi, la bienveillance, c'est ça. Je pense que c'est vrai qu'au niveau des assos, on a aussi quand même des gens qui sont dans une pédagogie, etc. Et qui peuvent, que ce soit sur les questions LGBTQIA+, ou sur les questions du racisme, etc. Et qui peuvent aider les différents praticiens et praticiennes à se former. sur ces questions-là, et conseiller peut-être aussi des ouvrages, des fois pour ceux qui auraient moins de budget, il y a même des sortes de bibliothèques solidaires dans les associations, où on peut d'ailleurs déposer également des livres si c'est possible, et du coup je pense que c'est hyper important de faire ça aussi, quand on se sent de le faire, parce que voilà, encore une fois, il n'y a aucune obligation, mais c'est vrai qu'il y a des personnes qui le font très bien. Et je pense que c'est aussi bien d'ouvrir la conversation. C'est important et ça amène aussi la notion d'humilité, qui est très importante et qui est à considérer aussi dans le cadre de notre sujet de départ sur l'appropriation culturelle. En fait, effectivement, je pense qu'on est tous et toutes capables de faire et de dire des trucs qui ne vont pas. Et en fait, parfois ça va heurter, parfois ça va blesser, parfois il y a des gens qui vont... nous reprendre, nous corriger et tout ça. Et en fait, ça fait aussi partie de l'apprentissage et de la communication. Après, voilà, tout est relatif. Bien sûr, j'exclus tous les propos qui sont illégaux, je le rappelle.
- Speaker #1
Voilà, quand je veux.
- Speaker #0
Non, mais parce que, voilà, que ce soit très clair. C'est vraiment sur des erreurs de langage, des choses qu'on ne sait pas parfois. Je pense qu'il faut vraiment rester dans cette posture-là. En fait, on est toujours en apprentissage. D'autant plus que la société évolue tellement vite et qu'il y a tellement de points de vue différents, de façons de ressentir, de percevoir les choses différentes qu'en fait, pour moi, on ne peut pas être tout le temps nickel sur une question et même quand on est concerné. Je veux dire, c'est dingue.
- Speaker #1
Ça me fait penser à quelque chose parce que tu dis la société évolue tellement et j'écoute un podcast qui s'appelle Les goûts et les couleurs. ce sont trois hommes qui parlent de design et de marketing très intéressant comme podcast des fois leur discours me choque un peu parce que ce sont trois hommes je pense hétérosexuels qui tiennent des discours parfois que je trouve très touchés mais c'est assez particulier aussi des fois d'entendre des espaces où il n'y a pas cette remise en question j'avoue que c'est C'est perturbant pour moi. Mais bon, du coup, j'écoute presque avec un vent de fraîcheur en me disant, tiens, c'est déroutant. Moi, je n'ai pas l'habitude d'entendre ce propos-là. Mais surtout, ils ont quand même des réflexions, comme notamment autour des campagnes de la pub AXE, ce déodorant masculin, où il y a, quand on était ados, il y avait un gars qui se mettait du AXE et des femmes qui accouraient de partout. Ah ouais ! Et à l'époque, je ne trouvais pas... Pas assez problématique du tout. Je trouvais ça drôle. Et aujourd'hui, une pub comme ça, ça passe pas.
- Speaker #0
Bah oui. Des pubs, des séries aussi.
- Speaker #1
Au moment où on parle, il y a un Américain, un incel qui s'appelle... qui a le pseudo claviculaire, qui est arrivé à Paris. Son grand jeu, c'est aux Etats-Unis, de draguer des meufs et de les... de se foutre de leur gueule sur les réseaux. Et là, il est arrivé à Paris. Et les Parisiennes, elles n'apprécient pas. Elles l'envoient toutes péter. Et donc, c'est beau aussi de voir qu'en France, nos mentalités, elles se questionnent et elles évoluent. Et ça évolue vite. Donc, ça demande aussi à se remettre souvent en question. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Et vraiment, il n'y a pas de... Pour moi, vraiment, il n'y a pas de mal à se tromper quand on se remet en question. C'est quelque chose de... de l'ordre de l'apprentissage. Et que parfois, ça par contre, c'est effacé sur les réseaux sociaux, je trouve, et c'est dommage. Parce que, en fait, il faut du temps aussi pour apprendre, maîtriser quelque chose.
- Speaker #1
On ne montre pas le processus, c'est ce que tu veux dire.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et du coup, autant il ne faut pas se positionner en enseignant et professeur, etc. Quand on n'a pas les... le bagage nécessaire, mais pour autant, je pense qu'on a le droit de se questionner aussi à voix haute avec d'autres personnes, notamment pour créer une sorte d'effervescence. intellectuels et émotionnels sur certains sujets pour voir les choses avancer et grandir. Je pense, attention, que ça doit être aussi dans des espaces où c'est clair que c'est ça, que ça va être ça. Que les gens soient prêts à l'entendre et à parler. Qu'on vienne là, dans cet espace, que ce soit sur les réseaux sociaux ou en vrai, quand on est prêt à se dire peut-être que je vais me confronter à... des pensées, des façons de voir le monde, des gens qui ne sont peut-être pas comme moi, ou qui n'ont pas lu les mêmes choses, qui n'ont pas vu les mêmes choses, qui n'ont pas vécu les mêmes choses. Et pour autant, je pense que ce serait super enrichissant.
- Speaker #1
Je te retiens encore un peu parce qu'il y a un fait d'actualité que j'aimerais qu'on aborde. Je ne pensais pas qu'on allait l'aborder, mais en fait, ça fait énormément sens qu'on l'aborde ensemble. Tu as vu Spartacus, les femmes qui marchent sur les braises. Oui. Alors, ça fait quelques jours, sur les réseaux sociaux, principalement sur Instagram, parce que je regarde ça, ce qui paraît aussi sur TikTok, il y a eu le séminaire Spartacus, qui est un séminaire de quatre jours, qui coûte 900 euros, où un des points d'aboutissement est le fait que des femmes et des hommes, je tiens à le rappeler, il y a aussi des hommes qui ont participé à Spartacus, ont marché sur des braises et ont brisé une flèche avec la partie molle de leur cou. ces moments. étant décrits comme des moments de dépassement de soi, de réalisation. Sur les réseaux sociaux, 250 personnes qui vivent un événement qui est filmé et qui est aussi là pour être partagé individuellement sur les réseaux sociaux, ça crée ce qu'on appelle une trend. Et comme on a vu du jour au lendemain des femmes, principalement d'âge mûr, des daronnes, parce qu'elles ont été moquées en disant des daronnes, des mamans, ou des RH, parce qu'il y a la grosse moquerie des carines RH qui auraient fait cet événement. Bref, j'accélère parce que vous n'allez pas me comprendre. Mais en gros, on a vu toutes ces femmes marcher sur des braises et elles ont été tournées au ridicule au départ par beaucoup d'hommes qui se foutaient de la gueule de ces femmes quarantenaires. Il n'y avait pas de réflexion derrière. C'était juste on se moque de femmes. Puis ça a été repris par des personnes, des intellectuels qui se foutaient de la gueule de ces femmes en disant que ce n'était pas un problème que ce soit des femmes et qu'elles aient 40 ans, mais que ce soit qu'elles s'inscrivent dans un système de MLM, donc de vente potentiellement pyramidale, qui pose des problèmes. Mais le sujet, je pense qu'il n'est pas là, c'est qu'on se fout de la gueule de ces femmes. Il y a aussi des personnes qui ont critiqué que marcher sur du feu Ça appartenait à des cultures et qu'on était dans de l'appropriation culturelle. Mais je pense que sous couvert là d'une multitude d'arguments, on en oublie qu'on est en train de s'acharner sur un petit groupe qui certes a des privilèges, ce sont des femmes blanches occidentales, mais qui se prennent un vent de merde du jour au lendemain de tous les côtés.
- Speaker #0
Vas-y.
- Speaker #1
Quel est ton avis là-dessus ?
- Speaker #0
Moi, je suis totalement d'accord avec toi, d'autant plus que là-dessus, il y a des avis sur lesquels j'essaie... Pardon, j'ai failli faire tomber mon...
- Speaker #1
Le micro en tombe.
- Speaker #0
Il y a des avis... Ce n'est pas j'en perds mon latin, c'est j'en perds mon micro. Il y a des avis sur lesquels... J'aime apporter de la nuance et je pense que c'est important parce que l'humain est fait de ça. Mais j'ai aussi forcément des avis sur lesquels j'ai des positions qui sont un peu plus tranchées. Et là-dessus, c'est le cas notamment sur les conséquences de nos propos sur les réseaux sociaux. Et notamment ici, en plus, des propos qui sont sexistes. En sachant, il faut bien que les gens se le disent, quand on se moque d'une femme, Qu'importe qui c'est, je me fiche de ces idées, de qui c'est, peu importe. Elle va prendre une vague de haine beaucoup plus grande qu'un homme. Donc à un moment donné, je pense qu'effectivement, il va falloir que les gens se responsabilisent et qu'encore une fois, il y en a peut-être qui ne se rendent pas compte qu'ils vont favoriser la violence comme ça. Ici, c'est une violence sexiste, mais ça peut en plus... parfois être à l'intersection d'autres discriminations, plein de choses. Et du coup, moi, je trouve qu'effectivement, c'est un gros problème. Un problème qui se monte dans cet exemple-là et qui se montre à chaque fois qu'il y a un souci avec une femme, en général, sur Internet.
- Speaker #1
Cette femme qui s'était fait arnaquer, l'arnaque de Brad Pitt, qui s'était retrouvée du jour au lendemain moquée de tous sur les réseaux sociaux.
- Speaker #0
Non, mais...
- Speaker #1
Je pense qu'il ne faut pas oublier que, certes, les réseaux sociaux, le but, si vous entreprenez sur les réseaux, c'est d'avoir de la visibilité. Mais cette visibilité, ce n'est pas à n'importe quel prix. Et ce n'est pas parce que, par exemple, en ce moment, parler de Spartacus dans un format court. Vous voyez, là, on aborde Spartacus parce que c'est un fait d'actualité, mais on le développe. Sur Instagram, pendant 30 secondes, on s'acharne, on a rajouté notre pierre à l'édifice. Mais quel édifice on est en train de mener ? On est en train de construire. c'est une église terrible, ce n'est pas quelque chose de beau. Et même si derrière, il y a des arguments justes, ce système, le système de Ponzi, le MLM, c'est des choses problématiques, on pourra l'abonner dans un prochain épisode. Là, les critiques ne sont pas dirigées envers le créateur, elles sont dirigées envers des exemples de femmes de 40 ans qui ont vécu cette expérience et qui la partagent. Et je trouve ça grave parce qu'il y a même des personnes que je vois d'habitude tenir des propos très intellectuels, très intéressants, faire des critiques politiques assez pertinentes. Pour surfer sur de l'actualité, pour surfer sur une tendance, rajouter de la haine vers ces femmes.
- Speaker #0
En fait, c'est ça. Les deux questions principales à se poser, c'est déjà quel est l'intérêt que je prenne la parole à ce moment-là ? Est-ce qu'il y en a un ? Parce que je ne suis pas sûre qu'effectivement toutes les personnes qui prennent la parole sur ce sujet ont vraiment quelque chose à apporter. De vrai, ce n'est pas méchant quand je dis ça, mais donner son avis dans un contexte privé et le donner dans un contexte qui est public, c'est deux choses différentes. Du coup, il y a cette question de quel intérêt va avoir ma prise de parole, quel porté ça a. Et puis ensuite, effectivement... de se poser la question de qui est visé par mes propos en vrai. Parce que du coup, effectivement, s'il y a plein de personnes qui s'étaient posé cette question-là, peut-être qu'ils auraient peut-être plus parlé du créateur de cet événement-là. Et aussi, du coup, aurait soulevé d'autres questions qui sont plus rattachées à de l'empathie par rapport à ces femmes, en fait. De comment ça se fait qu'on se retrouve à faire ça. Comment ça se fait qu'on ait besoin aujourd'hui de ressentir de telles émotions ? Pourquoi on a besoin de marcher sur ces vrais ? En fait, là, on commence à saisir, à interroger quelque chose.
- Speaker #1
Encore une fois, même ceux qui ont dénoncé le fait que... Il y a quelques personnes qui ont dénoncé un petit peu plus l'organisateur, qui jouaient sur de la douleur pour en faire un business. Eh bien, même quand il y avait ce propos-là, les personnes créaient du contenu pour gagner en visibilité. C'était le seul but, gagner de la visibilité. Mais ne recueillez pas la parole des concernés. Moi, je suis allé discuter avec cinq femmes. Elles n'ont pas voulu prendre parole. Je pense qu'elles ont peut-être aussi des consignes où elles ne doivent pas s'exprimer. Je pense aussi que quand tu t'es pris tellement de haine en quelques jours, tu n'as pas forcément envie de ramettre de l'huile sur le feu. Mais qui, elles, semblent être très heureuses de l'expérience qu'elles ont vécue. On mettra toujours un point de vigilance autour des dérives sectaires. Ce n'est même pas ce qui est pointé du doigt ici.
- Speaker #0
Oui, pourtant, question aussi hyper importante, il me semble. Qui paraît, il mériterait un épisode de podcast.
- Speaker #1
Exactement. parce qu'on a à dire je pense que de toute façon on va s'arrêter là pour aujourd'hui on vous a laissé bien assez de matière pour vous poser plein de questions, s'il vous plaît en commentaire, de la bienveillance la semaine dernière j'ai partagé un épisode sur la violence sur les réseaux sociaux donc avant de commenter, si vous ne l'avez pas écouté, allez l'écouter aussi parce que l'espace commentaire c'est des espaces C'est ça. où il y a des humains derrière. Roman et moi, on va aller lire. Et là, on a passé une heure à vous... à discuter ensemble et à vous partager notre contenu. Et ça nous ferait plaisir d'avoir votre avis du moment qu'il est respectueux, bienveillant et dans les changes.
- Speaker #0
Avant qu'on quitte, il y a juste une dernière personne que je voudrais mettre en avant. Parce que c'est un sujet qu'on n'a pas évoqué, mais qui revient très souvent, c'est sur le yoga aussi, en fait, dans l'appropriation culturelle. Et en fait, il y a une femme que j'ai découvert il y a peu de temps qui s'appelle Poulane Devi. Et en fait, elle se rend directement dans des... dans des cours de yoga ou avec des profs de yoga pour justement parler d'appropriation culturelle dans le yoga. Donc voilà, elle propose ça et c'est super intéressant d'écouter ses prises de parole. Elle met en avant plein de choses. Vraiment, c'est absolument passionnant. Donc je vous recommande vivement d'aller l'écouter.
- Speaker #1
C'était important pour moi. Du coup, tu as raison et du coup, je complète. si vous êtes adepte du yoga rappelez-vous que ce n'est pas que un sport, je vous invite fermement à lire les yoga sutras de Patanjali parce que c'est plus qu'un sport, c'est une mentalité un état d'esprit, c'est une façon de vivre donc ben voilà, on finit l'épisode avec ça merci beaucoup on se retrouve très bientôt pour un prochain épisode merci Romane d'être venue et à la semaine prochaine merci à toi pour l'invitation Gaëtan,
- Speaker #0
au revoir tout le monde