- Natacha Giger
Un objet, un regard et une invitation à ralentir. Je vous propose de prendre le temps d'admirer une pièce d'exception, dans un moment suspendu, pour en apprécier toutes les subtilités. Vous l'aurez compris, ici, place à la contemplation. Faire d'une création le centre de notre intérêt, le temps d'une discussion. Je m'appelle Natacha Giger et je suis photographe. Et si vous écoutez cet épisode, c'est que, comme moi, vous aimez poser un regard sur ce qui est, et en particulier sur les savoir-faire, l'artisanat, l'art et le design. Mais savons-nous encore prendre le temps de regarder ? Essayons ensemble, avec l'épisode du jour. Bienvenue dans la pièce. Aujourd'hui, je reçois Fanny Litzia, artiste plumassière. Voyageuse dans l'âme et animée par une curiosité insatiable, Fanny a fait de la plume son nuancier personnel. Pour elle, ce matériau, avec ses nuances, ses couleurs et ses reflets, constitue une palette vivante, infiniment riche de possibilités. Après une première carrière consacrée à l'accompagnement, Fanny choisit de donner forme à son univers intérieur. La plume est à Rio, au cœur du carnaval, que naît sa rencontre avec la plume. Les couleurs vibrantes, les corps en mouvement, les matières envoûtantes, tout concourt alors à faire de cette matière une évidence. La plume devient un langage, un véritable moyen d'expression personnelle. Depuis sa formation aux gestes fondamentaux à la Plumasserie, au lycée Octave-Feuillet, sous la direction de l'incontournable Dominique Pillard, modiste et plumassier, Fanny n'a cessé d'explorer, de détourner et de réinventer la matière. Elle fait ainsi dialoguer depuis trois ans artisanat d'art et démarche artistique. Aujourd'hui, nous allons nous arrêter sur l'une de ses créations nommée Le Gardien, une pièce singulière dans l'œuvre de Fanny, mais qu'il est aussi par le cheminement créatif qui lui a donné naissance. Merci Fanny d'avoir accepté mon invitation et bienvenue dans cet épisode.
- Fanny Litzia
Avec plaisir.
- Natacha Giger
Merci beaucoup. Écoute Fanny, on a devant nous Le Gardien. Et j'aimerais savoir, avant de parler de cette pièce, si observer, contempler, c'était quelque chose qui, dans ta pratique, ou dans ta vie en général, c'était quelque chose de courant ou pas ? De te poser pour regarder les choses.
- Fanny Litzia
Alors, moi, j'ai un tempérament fort, très énergique. La contemplation en soi ne fait pas partie de ma pratique. Par contre, ce n'est pas parce qu'on va vite qu'on n'observe pas et ce n'est pas parce qu'on va vite qu'on ne retient pas ce qu'on a observé. Je ne suis pas dans la contemplation, par contre j'ai attendu longtemps avant de devenir artiste plumassière, donc j'ai observé longtemps le monde qui m'entourait, et d'ailleurs à vrai dire, je n'aurais jamais pu devenir artiste plumassière avant. 20 ans, ce n'était pas possible. J'avais besoin de ce bagage de vie, de voyages, d'images enregistrées pour arriver à qui je suis aujourd'hui et encore qui je suis aujourd'hui. est différent de qui je serai encore dans quelques années. Donc bien évidemment qu'observer fait partie de ma pratique, parce qu'en observant, c'est ce qui amène un petit peu la remise en question, c'est ce qui amène justement le questionnement, s'interroger par rapport au monde, comment on ressent les choses. Donc la contemplation, à rester pendant trois heures devant quelque chose, non. observer, retenir, intégrer, ça oui.
- Natacha Giger
Et de quelle manière tu arrives à nourrir ton regard ?
- Fanny Litzia
Il y a tout ce passé chez moi qui nourrit aujourd'hui ma pratique, donc tous les voyages et ma pratique évidemment du samba et de la samba, donc des percussions et de la danse, et de cette vie que j'ai passée au Brésil. Et après, toutes les petites choses que je peux observer dans la vie, dans les voyages, à n'importe quel moment, une petite fleur que je vais voir là, qui pousse au milieu de deux trottoirs, les images que j'ai. J'ai pu enregistrer, quand là, j'étais en vacances cet été, les expositions. Alors, je n'en fais pas des centaines d'expositions. Je donne un petit secret. Jusqu'à il y a quelques années, je ne mettais jamais les pieds dans les musées. Jamais. Je faisais partie, oui, honte sur moi. Je faisais partie des gens qui disaient, ouais, c'est bon, ma fille, elle peut le faire à 5 ans. Voilà, je faisais partie de ce public-là. Voilà, c'est assumé. Aujourd'hui, j'ai évidemment une posture différente. Et donc, il y a vraiment des choses dans les musées qui, pareil, que j'observe, que je garde et ensuite que je réutilise. Et ça peut être très longtemps après. Très, très longtemps après. Voilà, donc... Ma vie, mon passé, mes voyages, la vie de tous les jours et les choses artistiques que je veux observer. Parce qu'il n'y a pas que les musées, il y a des rencontres, il y a d'autres artisans, etc. Voilà comment je nourris mon regard.
- Natacha Giger
C'est parfait. Et du coup, c'est plutôt imprimé dans ta rétine ou tu gardes des visuels, tu collectionnes des choses ?
- Fanny Litzia
Non, imprimé dans ma rétine. Imprimé dans ma rétine. Après, j'ai un petit cahier. mais... Je n'ai pas vraiment de technique de dessin. Donc souvent, ce que je vais... Alors, je peux coller des choses, mais je suis quelqu'un de très speed, avec une grande énergie, mais je suis aussi quelqu'un de très cérébral. Et ça s'est vraiment imprimé dans ma mémoire, et visuel, et ma mémoire. C'est-à-dire que je ne peux pas imprimer une image dans mon visuel sans que ça signifie quelque chose. chose pour moi au niveau cérébral. Voilà et ça peut être réutilisé vraiment très longtemps après.
- Natacha Giger
Il y a de l'émotionnel aussi j'imagine ?
- Fanny Litzia
Beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup et je fais beaucoup d'associations d'idées dans ma tête. Donc souvent quand il se passe des choses, je dis souvent que j'ai besoin d'un effet qui se coule, c'est-à-dire que je vais dire un truc et puis deux jours après je vais dire ah oui tiens, ah oui et puis il y a ça et puis un mois après et puis il y a ça. bien évidemment que j'imprime les choses, mais que ma tête, elle fonctionne quasi en permanence et un peu à n'importe quel moment. Au moment de m'endormir, au moment de me réveiller, dans ma douche, à un moment où je ne sais pas, à n'importe quel endroit. Voilà, ça n'attend pas, ça surprend, ça arrive comme ça.
- Natacha Giger
Quand le cerveau se met en pause, en fait ?
- Fanny Litzia
Exactement. Beaucoup. Et par exemple... Au moment de m'endormir, le soir, c'est très réveillé que tout d'un coup, je me relève et je me dis « Ah non, j'ai oublié ça » . Voilà, donc ici, voilà, cerveau en permanence.
- Natacha Giger
Je comprends très bien, je compatis. Et pour le gardien, puisque c'est la star aujourd'hui avec nous, justement, si quelqu'un n'a pas cette pièce sous les yeux, comment est-ce que tu pourrais lui décrire cette pièce ?
- Fanny Litzia
Alors on peut la décrire de manière tout à fait caractérisée et technique et on peut décrire également son univers. Donc de manière caractérisée et très technique, c'est une pièce qui flotte un petit peu puisqu'elle est au-dessus d'un socle. C'est une pièce qui est en forme de bouclier, un peu bouclier massaille, donc assez ovale, assez long en hauteur environ 75 cm de hauteur sur 35 cm de largeur. Elle est incurvée et elle est donc toute en plumes avec des plumes noires et dorées. Il y a une force centrale au milieu très florale. Et ensuite, j'ai choisi que la plume parte et en haut et en bas et sur le côté. Et donc, le noir et doré se mélangent dans la pièce. Et après, au niveau de son univers, j'ai choisi quelque chose de très élégant, de sobre et en même temps de lumineux. Car je trouve que noir et doré, il n'y a rien de plus sobre et de plus lumineux et élégant que ces deux couleurs ensemble.
- Natacha Giger
Il y a à la fois une certaine élégance et une grande force.
- Fanny Litzia
Exactement. J'ai vraiment choisi qu'il y ait une force. Pour le petit aparté, j'ai jamais voulu être artisan d'art. J'ai voulu travailler la plume. Il n'est pas question, pour moi, je ne suis pas vraiment intéressée par un autre médium. Peut-être que ça viendra, mais pour l'instant, je ne suis pas intéressée par un autre médium. Et la plume, elle me caractérise, c'est-à-dire qu'elle est aussi... légère et sensible que forte en fait. C'est à dire souvent les gens me posent la question est-ce que la plume c'est fragile si on prend un verre de cristal et si on prend une plume et qu'on fait tomber les deux le verre de cristal il tombe. La plume ne tombe pas c'est très différent et dans cette oeuvre il y a une grande élégance et une grande sobriété et en même temps une grande force parce que je trouve que le noir est une couleur forte et j'ai également voulu donner du mouvement. Et j'ai choisi cette forme un petit peu de bouclier, bouclier Maasai, parce que j'avais envie de montrer la force de cette création, notamment en lien avec la photo, d'où vient cette création. Donc je devais m'inspirer du photo, et c'est là que j'ai choisi d'avoir de la virilité, de la force, et c'est pour ça que j'ai choisi cette forme-là.
- Natacha Giger
On y reviendra sur la naissance de cette pièce, et comment tu as été amenée à former ce bouclier à partir d'une photo, comme tu le dis. Et là, ce que je trouve très intéressant, c'est justement que tu utilises finalement cette plume et que tu renforces son caractère solide et durable aussi en en faisant un bouclier. Donc un bouclier de plume, ça a du sens finalement.
- Fanny Litzia
Exactement.
- Natacha Giger
Et d'ailleurs, la forme rappelle aussi celle d'une plume, un petit peu.
- Fanny Litzia
Alors un petit peu, mais...
- Natacha Giger
La forme globale
- Fanny Litzia
Ce n'est pas souhaité. Non, ce n'est pas souhaité. Ce que je trouve intéressant dans une œuvre, c'est que chacun va faire sa propre lecture. Moi, ce n'est pas mon intention. Mais si c'est lisible comme ça, ça ne me pose strictement aucun souci. Non, j'avais vraiment envie de faire quelque chose presque d'emblème un peu... Alors, c'est... Pas très bien dit comme ça, mais d'emblème un peu masculin, viril quasiment. Voilà, et ce que je trouvais intéressant, c'est de mettre un peu en opposition la dimension de la forme et la dimension très légère de la plume. Voilà, c'est ce qui m'intéressait en tout cas.
- Natacha Giger
Donc la force, le côté élancé aussi.
- Fanny Litzia
Exactement, le côté élancé. Je n'ai pas choisi par exemple le bouclier en soi. J'aurais pu faire un bouclier du Moyen-Âge. Ce n'est pas ce qui m'intéressait. J'avais vraiment envie de faire ce bouclier Maasai, donc très très long et en même temps très fin, qui est quand même en Afrique extrêmement emblématique. C'est des emblématiques très tribales, protectrices, presque, comment dire, qui vient protéger l'ensemble de la tribu, qui vient protéger pour la chasse. Donc il y a quelque chose aussi de vital un petit peu dedans. En tout cas, c'est un objet qui permet pas seulement de se défendre, pas d'attaquer, mais qui permet de vivre, de survivre, de protéger, de montrer son appartenance. Donc je trouve que symboliquement, le bouclier... Maasai, la manière dont c'est utilisé, je trouve que c'est très très complet et en tout cas c'est tout de suite ce qui m'a inspiré pour faire cette création.
- Natacha Giger
Et on a cet aspect, je rebondis sur deux aspects que tu as évoqués, le fait que ce soit élancé avec le renfort qui vient avec cette ligne directrice dorée, tu parles de feu vital. Et finalement ça prend aussi un petit peu cette dimension de flamme là encore c'est peut-être ma propre interprétation
- Fanny Litzia
Il y a quelque chose qui est très intéressant dans ce que tu dis et c'est une réalité et ça c'est une réalité dans toutes mes créations alors il faut savoir que moi je fais plutôt du tableau et c'est la première fois que je fais quelque chose en volume et j'ai trouvé ça super dans l'ensemble de mes créations elles pourraient continuer à l'infini toutes Donc c'est-à-dire que là, dans la création, la fleur du centre pourrait grossir, les flamèches sur le côté pourraient continuer, et la ligne, alors ce n'est pas pour les gens qui vont nous écouter, qui ne peuvent ou ne regardent pas, la ligne directrice est une ligne qui est sinueuse. Et cette ligne, elle pourrait... D'ailleurs, ce n'est pas une ligne, c'est une courbe. Voilà, c'est une courbe, et cette courbe... elle pourrait continuer à l'infini. Ce bouclier, il pourrait être trois fois plus grand, quatre fois plus grand. Il pourrait même un peu changer de forme, qu'on pourrait continuer cette forme à l'infini. Et c'est un peu, moi, je trouve l'intérêt de la plume, ce côté comme ça très extérieur, qui part toujours vers l'extérieur, qu'on pourrait, encore une fois, faire grandir à l'infini. Et moi, c'est vraiment ce qui m'intéressait, ce qui m'intéresse en tout cas dans le matériau et dans toutes les créations que je mets en place.
- Natacha Giger
En fait, ce que tu exprimes, moi, ça me fait penser au... J'imagine que c'est ça, l'esprit d'une fractale aussi, quand tu as des éléments très petits qui vont se répéter
- Fanny Litzia
Oui, exactement.
- Natacha Giger
Des éléments qu'on trouve beaucoup dans la nature aussi.
- Fanny Litzia
Exactement. Les rhizomes, tout ce que la nature vraiment peut faire. Et cette suite de Fibonacci infinie, c'est exactement ça. Vraiment. Alors, je n'ai pas la précision du... Comment on appelle ça ? Le nombre premier, là, le truc. Enfin, ça va se répéter très précisément. Je ne connais pas précisément les chiffres de la suite de Fibonacci, donc je n'ai pas cette précision-là, mais j'ai cette intention de répétition à l'infini, qui plus est avec un matériau naturel, qui est la plume.
- Natacha Giger
Et effectivement, dans les éléments que tu as décrits, donc la partie florale centrale, les espèces de flamèches sur le côté, et ensuite en se dirigeant vers les pointes du bouclier. On a ce mouvement avec les plumes qui est vraiment donné, la disposition des plumes accompagne l'ensemble.
- Fanny Litzia
Alors il y a deux choses, il y a le mouvement, où vraiment le mouvement c'est un élément essentiel dans toutes mes créations, et évidemment dans celui-ci aussi, les plumes elles ne sont pas simplement collées, elles sont travaillées. Elles sont travaillées pour être en volume, et pour donner cette impression un petit peu de, pas cette impression d'aplatie. Mais elles sont, elles sont, alors je les travaille techniquement avec un couteau à friser pour leur donner, non pas à plat, mais un petit peu, je fais le signe, mais je ne sais pas si je vais réussir à le décrire.
- Natacha Giger
Bouclier, je vois un bouclier.
- Fanny Litzia
Voilà, bouclier, voilà, la plume n'est pas du tout complètement à plat, c'est comme si elle était un petit peu arrondie. Et travailler la plume de cette manière-là, et ensuite la manière dont elle est disposée, c'est ça qui donne... l'effet du mouvement et qui donne un effet aussi, moi je remplis. Alors moi, le minimalisme, c'est pas du tout mon truc. Je suis pas du tout minimaliste. Moi, il faut qu'il y en ait partout. C'est hyper important pour moi. Et donc, ce côté aussi dense fait partie, à mon sens, du mouvement et de l'objet bouclier.
- Natacha Giger
Parce que la plume est collée. à l'une de ses extrémités, mais est quasiment libre.
- Fanny Litzia
Oui, tout à fait. Elle est retaillée, elle est travaillée, et ensuite elle est collée. Mais elle donne cet effet de mouvement, elle n'est pas emprisonnée du tout.
- Natacha Giger
Et là, ce que je vois, c'est qu'on a plusieurs... Typologies de plumes, avec justement des découpes différentes, une grande variété de découpes. Je ne vais pas les compter, mais les flamèches sont différents des plumes appliquées au niveau de la sinusoïde que tu as décrite.
- Fanny Litzia
Oui.
- Natacha Giger
La partie centrale, florale, on a aussi un autre type de découpe. C'est toujours la même plume que tu travailles ?
- Fanny Litzia
Alors c'est toujours la même plume, sur cette œuvre-là, c'est toujours la même plume, c'est de la plume d'oie. Il existe, sur l'oie, il y a différents types de plumes, avec différentes textures, on va dire, et différentes formes. Et là, en l'occurrence, c'est la même plume qu'on appelle, c'est de la palette. où j'ai de la palette et de la coquille, on va dire que c'est plutôt de la palette, et ensuite elle est découpée, alors avant elle est teinte, la plume noire est teinte, et la plume dorée, alors pour le coup elle, elle est peinte, elle n'est pas teinte, elle est peinte. Et c'est ça qui est incroyable avec la plume, c'est-à-dire qu'avec une plume, on peut faire plein de formes très différentes. Et donc effectivement, je l'ai travaillée de manière très différente, j'ai coupé, j'ai frisé, j'ai collé.
- Natacha Giger
Tu regardes au fur et à mesure pour voir quelle technique tu as pris.
- Fanny Litzia
Et après, j'ai fait des trucs que ça n'a pas de don.
- Natacha Giger
À quel endroit, par exemple ?
- Fanny Litzia
Par exemple, ici, là, ces plumes comme ça, en fait, c'est de la... Je ne peux pas montrer parce que elle est encollée et en fait... Comment dire ?
- Natacha Giger
J'ai l'impression que tu as évidé une partie centrale.
- Fanny Litzia
Voilà, en fait non, elle est juste...
- Natacha Giger
C'est le même morceau ?
- Fanny Litzia
Voilà, c'est le même morceau.
- Natacha Giger
C'est la même pièce, ok.
- Fanny Litzia
C'est le même morceau et l'idée c'est vraiment de toujours pousser le matériau pour lui faire dire ce qu'on a envie de lui faire dire. Ok. Voilà, et là, à l'origine, j'avais vraiment en tête cette sinusoïde, tu as raison, c'est un bon terme. doré, mais je trouvais ça trop plaqué. Donc j'avais envie de lui mettre un élément supplémentaire pour avoir une lecture moins plaquée, moins classique, moins simple. Et c'est pour ça que j'ai rajouté ces éléments noirs dessus. Et puis il faut savoir que pour toutes mes créations, à un moment, il faut que je m'arrête. Parce qu'en fait, je peux ne pas m'arrêter. Et là, quand je regarde aujourd'hui, je dis « ah oui, ben tiens, j'aurais pu faire ci, j'aurais pu faire ça, oui, bon, ben non » . Voilà, donc ça s'arrête à un instant T, parce que j'ai toujours envie… Quand je parlais de contemplation tout à l'heure, il y a toujours un moment dans mes créations, à plein de moments, je la pose et je la regarde de loin. Je dois la regarder de loin.
- Natacha Giger
Oui, parce que c'est un travail de précision. Tu as le nez dessus tout le temps, quasiment.
- Fanny Litzia
Complètement. Et donc, je dois vraiment la travailler de loin. Et je me dis, ouais, OK, ouais, non. Ça, OK, ça, non. Et alors, deuxième secret, la création ne ressemble jamais, mais jamais, jamais précisément à ce que j'ai imaginé au début. Voilà. Moi, je ne fais pas partie des personnes qui font un dessin très précis et qui suivent ce dessin très précis. Moi, je travaille en lien avec la matière et en lien avec la création. Ah ouais, ah non, ah ouais, ah non, ouais, ah non, ça je l'enlève, ouais je rajoute ça. Non, c'est mieux quand c'est comme ça. Ah ouais, j'avais imaginé ça, mais finalement on va plutôt faire comme ça. Donc c'est aussi pour ça que j'ai besoin de regarder la création au fur et à mesure. Si on regarde en dessous, il y a des traits de crayon dans tous les sens.
- Natacha Giger
J'adorerais voir ce qu'il y a dessous.
- Fanny Litzia
Il y a des petites photos d'avant, mais voilà. Là, c'est complètement recouvert. C'est aussi pour ça que je me suis permise...
- Natacha Giger
Combien de plumes d'ailleurs ?
- Fanny Litzia
Je ne les ai pas comptées cette fois. Je ne les ai pas comptées, mais il doit y en avoir un bon 500, 600, je pense. Mais effectivement, il y a aussi un truc où la matière est plus forte que toi. C'est-à-dire que la matière, elle va faire un certain effet et tu dis là, ah ouais, ah ouais, ah ouais. Ou alors tu vas vouloir lui faire prendre un effet et ça ne va pas marcher en fait. La matière ne va pas faire ce que tu veux. Donc il faut faire avec ça. Donc je vais changer parce que la matière, tout d'un coup, quand je la transforme, elle donne ça. Bon, ok, alors on va faire un petit peu différent. Typiquement sur les flamèches du côté. Je voulais faire quelque chose d'un peu plus précis et je voyais que ça ne marchait pas. Je dis ok, on y va, on mélange, on fait vraiment un effet dense, rempli, complet, total, il faut que ça dépasse et il n'y a pas ce côté aussi maîtrisé que dans le centre. Donc je travaille vraiment en lien avec la matière. L'image qu'elle me renvoie quand je la travaille, Parfois, j'arrive à la maîtriser et parfois non, pas du tout. Et auquel cas, je fais avec. Donc, c'est pour ça que mes œuvres, c'est vraiment une adaptabilité constante à la matière.
- Natacha Giger
Donc là, j'entends que tu as embrassé l'inconfort en fait.
- Fanny Litzia
Alors, toujours, ça c'est hyper intéressant que tu dises ça. Parce qu'effectivement, je considère chaque création un peu comme un bébé et avec une gestation. Et un peu comme un livre. aussi, c'est-à-dire que je donne souvent cet exemple ok, c'est comme si j'écrivais un livre, j'ai préparé mon thé c'est bien, j'ai mis de la musique pas de la musique, j'ai ouvert la fenêtre j'ai mon ordinateur, j'ai ma page qui est ouverte j'ai les mains sur le clavier et c'est tout blanc, c'est tout blanc c'est-à-dire que comment tu commences quoi et ça ce truc pour moi c'est comme un espèce de vide immense et c'est d'une angoisse, folle, mais vraiment vraiment, vraiment, c'est angoissant Et je trouve le confort au fur et à mesure et je ne trouve le confort qu'à la fin. Et encore une fois, je ne trouve le confort à la fin que si ça me convient. Il y a des pièces que je n'ai pas terminées, parce que je n'y arrivais pas. Alors là, je m'étais engagée, donc je l'ai terminée. Mais ça a été un inconfort du début à la fin aussi, parce que techniquement, il a fallu que je fasse un montage, un support, que je n'avais aucune idée comment faire. Mais de l'inconfort naît... les idées et les nouveautés et pousse à sortir, comme ça porte bien son nom, de sa zone de confort.
- Natacha Giger
C'est vraiment très inspirant ce que tu dis là et puis je pense qu'il y a beaucoup d'artistes, d'artisans à qui ça fera écho.
- Fanny Litzia
Alors j'imagine après, chacun son fonctionnement, mais on y reviendra peut-être certainement même après, mais partir... d'un thème, partir d'une contrainte, partir d'une photo, partir d'une consigne, finalement fait naître des idées et fait sortir de ses habitudes, donc de cette fameuse zone de confort. Et c'est génial parce que, alors c'est compliqué, c'est pas marrant au début, mais il faut accepter cette zone d'inconfort parce qu'en fait elle fait grandir. Elle fait grandir artistiquement, elle fait grandir techniquement et elle ouvre complètement des horizons auxquels, évidemment que si on reste sur sa zone de confort, on ne les ouvre jamais. Alors parfois, c'est des horizons qu'on referme, parce que finalement c'était une contrainte vraiment très particulière, on l'a fait mais bon, voilà, ce n'était pas hyper inspirant. Là en l'occurrence, sur le côté inspiration de la photo, volume, Le support, comment je l'ai travaillé, c'est super, j'ai appris. Et j'apprends à chaque création que je fais, j'apprends. Parce que de toute manière, je ne pars jamais, encore une fois, d'un projet total sur le papier pour ensuite le reproduire. Le projet n'est que esquisse et après tu es là, ah oui, alors j'avais imaginé que ça tiendrait, bon alors, ça ne tient pas, bon alors ça comment on fait, bon alors je ne sais pas, bon alors je vais demander. Ça force, ça force à aller de l'avant, ça force à travailler, ça force à imaginer, ça force à essayer, ça force à avancer.
- Natacha Giger
Là, tu l'as dit, le gardien, en fait, il est né d'un cadre assez précis. Tu as parlé de timing, tu as parlé d'inspiration de départ. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu justement de ce contexte de réalisation qui était une première, d'après ce que j'ai compris pour toi, qui nous en dit un peu plus ?
- Fanny Litzia
Alors... A Maison et Objets, j'ai l'équipe du FAFCEA qui est venue sur mon stand et qui m'a proposé de faire partie du collectif Qui es-tu ? Le collectif Qui es-tu ? Il part d'une photo de Muriel Pénicaud, la photo d'un pélican, un pélican de dos très replié, et l'idée de ce collectif qui existe déjà depuis un an ou deux, je crois. C'est de demander à des artisans d'art, avec leur support, de revisiter la photo. Donc ça a été revisité en marqueterie de paille, ça a été retravaillé avec la laque, ça a été retravaillé avec le métal, avec de la vannerie, et il y en a d'autres. Et ils m'ont proposé de le faire en plume.
- Natacha Giger
D'ailleurs, on est au cœur de l'exposition.
- Fanny Litzia
On est au cœur de l'exposition
- Natacha Giger
Avec plusieurs artistes.
- Fanny Litzia
Voilà, exactement. Alors je ne sais plus combien il y en a précisément, mais...
- Natacha Giger
Une douzaine, je crois.
- Fanny Litzia
Une douzaine. Donc il y a de la marqueterie de paille, il y a les feuilles de Paris par Alyssa Jos. Il y a donc du métal, il y a du tissu. Marie Archambaud, c'est de la broderie. Broderie d'or, broderie métallique. Marie, excuse-moi si je dis des bêtises. Marie Drouet, qui fait de la vannerie. Jérôme Blin, c'est de la haute couture. Donc, l'idée, c'était vraiment que chaque artisan d'art puisse interpréter la photo. Et moi, quand j'ai reçu cette photo, j'ai dit oui, sachant que je savais que je serais en galère, soyons clairs. Ce n'était pas tant... Je n'avais jamais fait ça dans ce sens-là. Non, j'avais déjà créé des choses avec une contrainte, avec des termes, avec des couleurs. Mais je n'avais jamais créé à partir d'une photo et ça m'intéresse parce que je sais, je sais que de la contrainte peuvent naître des choses extraordinaires. Pas extraordinaires dans le sens où c'est incroyable, mais en dehors de l'ordinaire, en dehors de mon ordinaire.
- Natacha Giger
Donc là, tu n'as pas ta page blanche, tu es face à une photo.
- Fanny Litzia
Mais j'ai quand même une page blanche parce que du coup, je ne sais pas quoi faire. Oui, mais tu as une photo quand même. Je la regarde. Quand tu parlais de contemplation, je la regarde. Je la regarde et clairement... C'est un pélican, c'est donc un oiseau vu de dos. Moi, il était... Alors, elle a été beaucoup... Par les autres artisans d'art, elle a été beaucoup réinterprétée, mais dans une espèce de similitude, dans sa forme, en fait, et de ressembler à la photo. Moi, il n'était pas question. En tout cas, c'était clairement... C'était une certitude pour moi que je n'allais pas refaire un dos, enfin, une paire d'ailes. fermé à l'arrière, ça ne m'intéressait pas.
- Natacha Giger
Tu n'allais pas refaire la photo en volume avec tes plumes ?
- Fanny Litzia
Exactement, pas du tout. Pour moi, il fallait l'intérêt de cette réinterprétation. Vraiment, j'ai pris le mot réinterprétation au pied de la lettre. Donc je l'ai beaucoup observé et j'ai beaucoup observé ce que m'inspirait cette photo. Cette photo qui est en plus en noir et blanc. Et donc le pélican, c'est un oiseau qui est assez imposant. Je ne sais pas, alors j'aime beaucoup les oiseaux, je ne suis pas ornithologue, je ne suis pas une grande spécialiste, je ne sais pas s'il y a un pélican ou une pélicane, mais pour moi c'est un oiseau, un pélican, et il m'inspirait la force, il m'inspirait ce côté comme ça encore une fois, très viril, très replié, presque comme s'il protégeait sa famille, comme s'il était en observation peut-être pour aller chasser, j'ai imaginé plein de choses. Cette photo, elle m'a... Elle m'a amenée plein d'imagination. Et c'est ce côté comme ça, très viril, très fort, presque masculin, très protecteur, et en même temps très élégant, parce que c'est beau de l'aria. Les plumes c'est très élégant, et c'est très fin, et c'est très souple. Et donc je suis partie de tous ces termes-là, et comment avec tous ces termes-là j'allais composer quelque chose. Et tout de suite, ça m'a inspiré l'idée du bouclier. Encore une fois, on ne parle pas du bouclier du Moyen-Âge ou de je ne sais où, c'était vraiment ce bouclier Maasai. Ce côté comme ça, je trouve que c'est un peuple extraordinairement fort, proche de la nature, proche des animaux, et en même temps qui vivent dans des endroits plutôt hostiles. Donc en fait... Et de cette photo, je l'ai contemplée, je l'ai observée, elle m'a amené des termes, elle m'a amené un univers, j'ai décidé de l'objet, je ne voulais pas en faire un tableau, je voulais que ce soit quelque chose en volume, comme l'oiseau, et de là est née effectivement l'idée du... bouclier et ensuite pour les couleurs pareil de manière très évidente un pélican c'est plutôt c'est plutôt blanc je voulais pas faire du blanc je voulais avoir ce côté très élégant très classe de la plume donc soit je faisais un truc complètement multicolores mais je ça peut être fun et tout mais pour moi c'est c'était pas dans l'esprit donc j'ai choisi vraiment le noir et le doré qui est pour moi est signe d'élégance voilà
- Natacha Giger
Ce qui est chouette dans ce que tu nous dis, ce que moi je retiens, c'est que finalement, tu as pris le temps d'observer.
- Fanny Litzia
Oui.
- Natacha Giger
Tu en as tiré des émotions, un vocabulaire, une espèce de lexique, et ensuite tu t'es détachée de la photo première et t'es partie avec ce bagage-là pour construire quelque chose qui était vraiment propre.
- Fanny Litzia
Oui.
- Natacha Giger
Avec les intentions que tu nous as décrites dès le départ, c'est-à-dire la force, l'élégance, le... le côté protecteur, la protection et tu as recomposé tout ça avec ton médium.
- Fanny Litzia
Et d'ailleurs régulièrement j'ai regardé la photo. Je l'ai tellement oublié qu'à un moment je... Il y a plein de fois dans des créations où je bloque, il y a plein de fois où je m'arrête en fait, il y a plein de fois où je ne sais pas. Et donc je re-regarde la photo. Et je me repose la question, et je me repose vraiment sur la photo. Et par contre, ce que je vais faire, ça je ne l'ai pas dit, j'écris. J'écris. J'écris les termes. J'écris, et puis alors c'est du sans filtre. J'écris tout, je m'en fous. Il n'y a pas de... On jette tout sur le papier. Après, effet kiss cool, je laisse un temps. Je travaille rarement sur une seule pièce à la fois. Je fais plusieurs choses à la fois. Déjà parce qu'au bout de quatre heures, je ne sais plus comment je m'appelle, sur une même pièce.
- Natacha Giger
C'est intense.
- Fanny Litzia
Ouais c'est intense, c'est fort, c'est très précis, c'est vraiment, tu es vraiment le nez sur le truc et puis là c'est des plumes qui sont assez grandes. Moi dans mes créations quand je travaille, je peux travailler vraiment avec des choses toutes petites. Moi j'ai des créations où j'ai 7, 8, 9 mille plumes que je trie, que je sélectionne, je trie, je coupe, je colle une par une donc. Dans une journée je peux coller beaucoup de plumes. Euh... Mais j'ai vraiment ce travail au début de me laisser pénétrer par la photo, écrire, et ensuite je sélectionne les mots et après je laisse vagabonder. Et puis parfois ça ne vient pas, il faut que j'y revienne, parfois il faut que je me force un peu, parce que des fois j'ai bien envie de laisser de côté. J'avais dit que je serais prête, elles m'ont demandé ça en janvier, j'avais dit que je ne serais pas prête en avril, que je serais prête en juin. Il faut aussi ! que j'ai cette deadline. Si je n'ai pas cette deadline, je peux laisser le truc dans un coin. Voilà. Engagement, deadline, il fallait que j'y arrive. Donc, à un moment, pareil, de la contrainte, tu n'es pas tout à fait prête, tu n'es pas prête, eh bien, ce n'est pas grave. Tu l'as fait. Eh bien, tu l'as quand même.
- Natacha Giger
Voilà. On a parlé beaucoup de vocabulaire. Et si tu devais vraiment retenir trois mots pour le gardien ?
- Fanny Litzia
Ces trois mots que j'ai beaucoup utilisés depuis le début. Force, protection et élégance.
- Natacha Giger
Parfait.
- Fanny Litzia
Voilà.
- Natacha Giger
Écoute, c'était vraiment un plaisir pour moi de prendre ce temps pour admirer le gardien avec toi en parler. Et justement, si nos auditeurs aimeraient le voir, c'est possible ?
- Fanny Litzia
Alors, c'est tout à fait possible. La prochaine fois que le collectif Qui es-tu ? va exposer, ce sera au Salon Immersion/s, 9, 10, 11 octobre (2026), 3 rue Chapon à Paris. Et puis après, pour revenir le voir à mon atelier.
- Natacha Giger
Et après dans ton atelier ?
- Fanny Litzia
...ou je ne sais pas, peut-être plus jamais, car elle sera achetée. Car oui, mesdames et messieurs, on ne fait pas ça que pour la beauté du geste.
- Natacha Giger
Donc avant fin 2026,
- Fanny Litzia
on pourra encore la voir. Voilà, exactement. Bucherer et FAFCEA.
- Natacha Giger
Après, je lui souhaite une belle vie de toute façon. Et maintenant, j'aimerais savoir s'il y avait, peut-être, on a parlé du gardien, mais une autre pièce à laquelle tu aimerais prendre le temps de regarder, qui ne soit pas une de tes pièces à toi, mais que tu aimerais découvrir ou redécouvrir de quelqu'un d'autre.
- Fanny Litzia
Alors il y a une artiste, mais qui, alors elle inspire beaucoup de monde, mais alors il y en a plusieurs, il y en a plein, mais vraiment celle que je trouve absolument incroyable c'est Iris Van Erpen. Elle a une manière en même temps vraiment de s'inspirer, quand je parlais de la nature, des rhizomes, de tout comment être entrelacé, comment elle s'inspire vraiment des choses les plus primaires, du sol, du végétal et comment elle arrive à transformer ça grâce à des outils. de 3D, des outils numériques, elle fait des choses mais incroyables et tu me permets de citer une autre personne ?
- Natacha Giger
Allez,parce que c'est toi.
- Fanny Litzia
peut-être que je le prononce pas bien, je vais le prononcer alors à l'americaine Rogan Brown et à la française Rogan Brown qui est un un artiste qui fait du papier et qui est dans une précision absolument incroyable, qui fait des tableaux, des créations avec des épaisseurs et des épaisseurs de papier découpé à la main et en 3D. Je trouve ça fou. Fou, fou, fou. C'est hyper inspirant, c'est dense, c'est intense, c'est beau, c'est fin, c'est précis. Incroyable.
- Natacha Giger
Une infinité de choses à regarder.
- Fanny Litzia
Ah mais vraiment. Alors lui, on peut le regarder, les deux que je viens de citer, on peut vraiment les regarder des heures.
- Natacha Giger
Merci Fanny.
- Fanny Litzia
De rien, avec grand plaisir.
- Natacha Giger
Merci à la Maison d'horlogerie et de joaillerie Bucherer de nous avoir ouvert ces portes pour cette rencontre. Située au cœur du quartier Opéra Vendôme, cette maison emblématique accueille l'exposition qui est constituée de 12 créations originales. Artisans et artistes y vivent. leur regard personnel sur une même photographie, œuvre de Muriel Pénicaud, donne en essence à autant d'interprétations singulières. C'est dans ce cadre exceptionnel entre patrimoine et création contemporaine que nous avons eu le plaisir d'échanger avec Fanny autour de son œuvre et de sa manière toute personnelle de faire dialoguer la plume avec cette photo. Merci Fanny pour ce moment et pour nous avoir permis de découvrir un peu plus ton univers. Il pourrait retrouver son travail prochainement au Salon Immersion/s en octobre 2026, puis à l'occasion de Révélations au Grand Palais en mai 2027. Merci d'avoir écouté La pièce. Si cet épisode vous a parlé, s'il résonne avec votre manière de voir le monde, partagez-le. Une recommandation, une appréciation, quelques mots parfois suffisent à faire vivre une histoire au-delà de celles et de ceux qui l'ont déjà entendue. La pièce n'en est qu'à ses débuts. Merci de contribuer à lui donner sa place. Rendez-vous dans un prochain épisode et d'ici là, découvrez et redécouvrez la pièce en audio comme en vidéo pour nourrir avec intention vos yeux et vos oreilles. A bientôt !
- Fanny Litzia
J'ai bien papoté !
- Natacha Giger
Ah, c'était bien ! Parfait !
- Fanny Litzia
Tu sais, moi je peux continuer très longtemps comme ça.