Speaker #0La Sainte Bible, Louis II, introduction au livre de l'Ecclésiaste. Ce livre, encore appelé Coëlette, est un recueil de réflexions sur la vie et surtout sur la perplexité et le sens du bonheur humain. Selon l'auteur et son expérience, tout est précaire sous le soleil. Moi, l'Ecclésiaste, j'ai été roi d'Israël. Ainsi se présente l'auteur de cette série de réflexions réalistes. frisant parfois le pessimisme, l'épicurisme, le fatalisme et la révolte contre tout objet de foi. La vie n'a pas de sens, confesse ce roi après son bilan négatif de l'expérience vécue. Il y a un temps pour toute chose et tout se termine par la mort. Il note cependant l'existence de certaines différences. Mieux vaut être mort que vivant dans certaines situations. Mieux vaut le repos que le travail, mieux vaut être à deux que tout seul. Il faut cependant éviter les abus de la parole de l'autorité, même si on est riche. À quoi sert une longue vie sans bonheur ? Soyons sages. Au regard de cette sagesse humaine, l'on est limité devant le roi et son pouvoir face à l'avenir et au regard du mystère de l'œuvre de Dieu. En substance, Chaque lecteur est invité à faire preuve de sagesse, d'humilité et de prudence dans tous les domaines de la vie terrestre. Un même sort attend tous les êtres vivants. Le malheur arrive à tous à l'improviste. La sagesse est le plus souvent méconnue. Cependant, il faut jouir de la vie comme d'un don de Dieu. Il importe donc de savoir prendre des risques, de jouir de la vie avec discernement et d'être conscient que la mort est imminente pour tous. Que faire alors ? Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme. En somme, ce livre remet en cause les prétendues évidences concernant le travail, la sagesse, la vie humaine, la justice, les biens matériels. et même la religion traditionnelle. Qohelet en hébreu est particulièrement favorable à la formule traditionnellement rendue par vanité de vanité, tout est vanité. Cette tournure superlative en hébreu signifie littéralement buée, vapeur, haleine. L'expression Abel, Abelim, Akol, Abel serait mieux rendue par précarité de précarité, tout est précaire. Le livre de l'Ecclésiaste nous rappelle qu'il n'y a pas de vraie foi en Dieu sans un regard lucide et objectif sur la condition humaine. Nous avons ici une sorte d'investigation sur ce que se passe sur la terre, l'impossibilité de connaître les plans de l'éternel pour le monde, inhérente à la condition humaine, l'insécurité causée par la menace constante de la mort qui survient à l'improviste. Précarité des précarités, tout est précaire. Livre de l'Ecclésiaste, chapitre 1 Parole de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem. Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité. Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ? Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours. Le soleil se lève, le soleil se couche, il soupire après le lieu d'où il se lève de nouveau. Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord. Puis il tourne encore et reprend les mêmes circuits. Tous les feubles vont à la mer et la mer n'est point remplie. Il continue à aller vers le lieu où il se dirige. Toutes choses sont en travail au-delà de ce qu'on peut dire. L'œil ne se rassasit pas de voir et l'oreille ne se lasse pas d'entendre. Ce qui a été, c'est ce qui sera. Et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. S'il est une chose dont on dit « vois ceci, c'est nouveau » , cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés. On ne se souvient pas de ce qui est ancien, et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenirs chez ceux qui viendront plus tard. Moi, l'ecclésiaste, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem. J'ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous le soleil. C'est là une occupation pénible, à laquelle je suis venu. Dieu soumet les fils de l'homme. J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil, et voici, tout est vanité et poursuite du vent. Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté. J'ai dit en mon cœur, voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de science. J'ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse et à connaître la sottise et la folie. j'ai compris que cela aussi, c'est la poursuite du vent. Car avec beaucoup de sagesse, on a beaucoup de chagrin. Et celui qui augmente sa science, augmente sa douleur. Livre de l'Ecclésiaste, chapitre 2 J'ai dit en mon cœur Allons, je t'éprouverai par la joie et tu goûteras le bonheur. Et voici, c'est encore là une vanité. J'ai dit du rire insensé et de la joie. À quoi sert-elle ? Je résolus en mon cœur de livrer ma chair au vin, tandis que mon cœur me conduirait avec sagesse et de m'attacher à la folie jusqu'à ce que je vis ce qu'il est bon pour les fils de l'homme de faire sous les cieux pendant le nombre des jours de leur vie. J'exécutais de grands ouvrages, je me bâtis des maisons. Je me plantais des vignes, je me fis des jardins et des vergers, et j'y plantais des arbres affruits de toute espèce. Je me créais des étangs pour arroser la forêt où croissaient les arbres. J'achetais des serviteurs et des servantes, et j'eus leurs enfants nés dans la maison. Je possédais des troupeaux de bœufs et de brebis, plus que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem. Je m'amassais de l'argent et de l'or et les richesses des rois et des provinces. Je me procurais des chanteurs et des chanteuses et les délices des fils de l'homme, des femmes en grand nombre. Je devins grand, plus grand que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem, et même ma sagesse demeura avec moi. Tout ce que mes yeux avaient désiré, je ne les ai point privés. Je n'ai refusé à mon cœur aucune joie, car mon cœur prenait plaisir à tout mon travail. Et c'est la part qui m'en est revenue. Puis j'ai considéré tous les ouvrages que mes mains avaient faits et la peine que j'avais prise à les exécuter. Et voici, tout est vanité et poursuit du vent et il n'y a aucun avantage à tirer de ce qu'on fait sous le soleil. Alors j'ai tourné mes regards vers la sagesse et vers la sottise et la folie. Car que fera l'homme qui succédera au roi ce qu'on a déjà fait ? Et j'ai vu que la sagesse a de l'avantage sur la folie car la lumière a de l'avantage sur les ténèbres. le sage à ses yeux à la tête et l'insensé marche dans les ténèbres mais j'ai reconnu aussi qu'ils ont l'un et l'autre un même sort et j'ai dit en mon coeur j'aurais le même sort que l'insensé pourquoi donc ai-je été plus sage et j'ai dit en mon coeur que c'est encore là une vanité, car la mémoire du sage n'est pas plus éternelle que celle de l'insensé, puisque déjà les jours qui suivent, tout est oublié. Et quoi ? Le sage meurt aussi bien que l'insensé. Et j'ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m'a déplu, car tout est vanité et poursuit du vent. J'ai haï tout le travail que j'ai fait sous le soleil, et donc je dois laisser la jouissance à l'homme qui me succédera. Et qui sait s'il sera sage ou insensé ? Cependant, il sera maître de tout mon travail, de tout le fruit de ma sagesse sous le soleil. C'est encore là une vanité. Et j'en suis venu à livrer mon cœur au désespoir, à cause de tout le travail que j'ai fait sous le soleil. Car tel homme a travaillé avec sagesse et science, et avec succès, et il laisse le produit de son travail à un homme qui ne s'en est point occupé. C'est encore là une vanité et un grand mal. Que revient-il en effet à l'homme de tout son travail et de la préoccupation de son cœur, objet de ses fatigues sous le soleil ? Tous ses jours ne sont que douleurs et son partage n'est que chagrin. Même la nuit, son cœur ne repose pas. C'est encore là une vanité. Il n'y a de bonheur pour l'homme qu'à manger et à boire et à faire jouir son âme du bien-être au milieu de son travail. Mais j'ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu. qui, en effet, peut manger et jouir six semaines moins, car il donne à l'homme qui lui est agréable la sagesse, la science et la joie, mais il donne au pécheur le soin de recueillir et d'amasser afin de donner à celui qui est agréable à Dieu. C'est encore là une vanité et une poursuite du vent. Livre de l'Ecclésiaste, chapitre 3. Il y a un temps pour tout, un temps pour toutes choses sous les cieux, un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté, un temps pour tuer et un temps pour tuer. et un temps pour guérir, un temps pour abattre, et un temps pour bâtir, un temps pour pleurer, et un temps pour rire, un temps pour se lamenter, et un temps pour danser, un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres, un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements, un temps pour chercher, et un temps pour perdre, un temps pour garder, et un temps pour jeter, un temps pour déchirer, et un temps pour coudre, un temps pour se taire, et un temps pour parler. Un temps pour aimer et un temps pour haïr, un temps pour la guerre et un temps pour la paix. Quel avantage celui qui travaille retire-t-il de sa peine ? J'ai vu à quelle occupation Dieu soumet les fils de l'homme. Il fait toutes choses bon en son temps. Même il a mis dans leur cœur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'œuvre que Dieu fait du commencement jusqu'à la fin. J'ai reconnu qu'il n'y a de bonheur pour eux qu'à se réjouir et à se donner du bien-être pendant leur vie. Mais que si un homme mange et boit et jouit du bien-être au milieu de tout son travail, c'est là un don de Dieu. J'ai reconnu que tout ce que Dieu a fait durera toujours, qu'il n'y a rien à y ajouter et rien à y retrancher, et que Dieu agit ainsi afin qu'on le craigne. Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été, et Dieu ramène ce qui est passé. J'ai encore vu sous le soleil. qu'au lieu établi pour juger, il y a de la méchanceté, et qu'au lieu établi pour la justice, il y a de la méchanceté. J'ai dit en mon cœur au sujet des fils de l'homme que Dieu les éprouverait, et qu'eux-mêmes verraient qu'ils ne sont que des bêtes, car le sort des fils de l'homme et celui de la bête sont pour eux un même sort. Quand meurt l'un, ainsi meurt l'autre. Ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l'homme sur la bête est nulle, car Tout est vanité, tout va dans un même lieu, tout a été fait de la poussière et tout retourne à la poussière. Qui sait si le souffle des fils de l'homme monte en haut et si le souffle de la bête descend en bas dans la terre. Et j'ai vu qu'il n'y a rien de mieux pour l'homme que de se réjouir de ses œuvres. C'est là sa part, car qui le fera jouir de ce qui sera après lui. Livre de l'Ecclésiaste, chapitre 4. J'ai considéré ensuite toutes les oppressions qui se commettent sous le soleil, et voici les opprimés sont dans les larmes, et personne qui les console. Ils sont en but à la violence de leurs oppresseurs, et personne qui les console. Et j'ai trouvé les morts qui sont déjà morts plus heureux que les vivants qui sont encore vivants, et plus heureux que les uns et les autres, celui qui n'a point encore existé et qui n'a pas vu les mauvaises actions. qui se commettent sous le soleil. J'ai vu que tout le travail et toute habileté dans le travail n'est que jalousie de l'homme à l'égard de son prochain. C'est encore là une vanité et la poursuite du vent. L'insensé se croise les mains et mange sa propre chair. Mieux vaut une main pleine avec repos que les deux mains pleines avec travail et poursuite du vent. J'ai considéré une autre vanité sous le soleil. Tel homme est seul, et sans personne qui lui tienne de près, il n'a ni fils ni frère, et pourtant son travail n'a point de fin, et ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesse. Pour qui donc est-ce que je travaille, et que je prive mon âme de jouissance ? C'est encore là une vanité et une chose mauvaise. Deux valent mieux qu'un, parce qu'ils retirent un bon salaire de leur travail. Car s'ils tombent, L'un relève son compagnon, mais malheur à celui qui est seul et qui tombe sans avoir un second pour le relever. De même, si deux couchent ensemble, ils auront chaud, mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud ? Et si quelqu'un est plus fort qu'un seul, les deux peuvent lui résister, et la corde à trois fils ne se rend pas facilement. Mieux vaut un enfant pauvre et sage qu'un roi vieux et insensé qui ne sait plus écouter les avis. Car il peut sortir de prison pour régner et même être né pauvre dans son royaume. J'ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil entourer l'enfant qui devait succéder au roi et régner à sa place. Il n'y avait point de fin à tout ce peuple, à tous ceux à la tête desquels il était. Et toutefois, ceux qui viendront après ne se réjouiront pas à son sujet, car c'est encore là une vanité et la poursuite du vent. Prends garde à ton pied. Lorsque tu entres dans la maison de Dieu, Ausha pour écouter plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés, car ils ne savent pas ce qu'ils font. Livre de l'Ecclésiaste, chapitre 5. Ne te presse pas d'ouvrir la bouche et que ton cœur ne se hâte pas d'exprimer une parole devant Dieu, car Dieu est au ciel et toi sur la terre, que tes paroles soient donc peu nombreuses. Car si les songes naissent de la multiplication des occupations, la voix de l'insensé se fait entendre dans la multitude des paroles. Lorsque tu as fait un vœu à Dieu, ne tarde pas à l'accomplir, car il n'aime pas les insensés. Accomplis le vœu que tu as fait. Mieux vaut pour toi ne point faire de vœux que d'en faire un et de ne pas l'accomplir. Ne permets pas à ta bouche de faire pécher ta chair. chair et ne dit pas en présence de l'envoyé que c'est une inadvertance. Pourquoi Dieu s'irriterait-il de tes paroles et détruirait-il l'ouvrage de tes mains ? Car s'il y a des vanités dans la multitude des songes, il y en a aussi dans beaucoup de paroles. C'est pourquoi crains Dieu. Si tu vois dans une province le pauvre opprimé et la violation du droit et de la justice, ne t'en étonnes point car un homme élevé est placé sous la surveillance d'un autre plus élevé et au-dessus d'eux, il en est de plus élevé encore. Un avantage pour le pays à tout égard, c'est un roi honoré du pays. Celui qui aime l'argent n'est pas rassasié par l'argent, et celui qui aime les richesses n'en profite pas. C'est encore là une vanité. Quand le bien abonde, ceux qui le mangent abondent. Et quel avantage en revient-il à son possesseur, sinon qu'il le revoie de ses yeux ? Le sommeil du travailleur est doux, qu'il ait peu ou beaucoup à manger. Mais le rassasiement du riche ne le laisse pas dormir. Il est un mal grave que j'ai vu sous le soleil, des richesses conservées pour son malheur par celui qui les possède. Ces richesses se perdent par quelques événements fâcheux. Il a engendré un fils et il ne reste rien entre ses mains. Comme il est sorti du ventre de sa mère, il s'en retourne nu ainsi qu'il était venu. Et pour son travail, n'importe rien qu'il puisse prendre dans sa main. C'est encore là un mal grave. Il s'en va comme il était venu. Et quel avantage Lui revient-il d'avoir travaillé pour du vent ? De plus, toute sa vie, il mange dans les ténèbres et il a beaucoup de chagrin, de maux et d'irritation. Voici ce que j'ai vu. C'est pour l'homme une chose bonne et belle de manger et de boire, et de jouir du bien-être au milieu de tout le travail qu'il fait sous le soleil, pendant le nombre des jours de vie que Dieu lui a donné. Car c'est là sa part. Mais si Dieu a donné à un homme des richesses et des biens, s'il l'a rendu maître d'en manger, d'en prendre sa part et de se réjouir au milieu de son travail, c'est là un don de Dieu. Car il ne se souviendra pas beaucoup des jours de sa vie parce que Dieu répand la joie dans son cœur. Livre de l'Ecclésiaste, chapitre 6. Il est un mal que j'ai vu sous le soleil et qui est fréquent parmi les hommes. Il y a tel homme à qui Dieu a donné des richesses, des biens et de la gloire. et qu'il ne manque pour son âme de rien de ce qu'il désire. Mais que Dieu ne laisse pas mettre d'enjouir, car c'est un étranger qui en jouira. C'est là une vanité et un mal grave. Quand un homme aurait son fils, vivrait un grand nombre d'années, et que les jours de ces années se multiplieraient, si son âme ne s'est point rassasiée du bonheur, et si de plus il n'a point de sépulture, je dis qu'un avortant... est plus heureux que lui, car il est venu en vain, il s'en va dans les ténèbres, et son nom reste couvert de ténèbres. Il n'a point vu, il n'a point connu le soleil. Il a plus de repos que cet homme. Et quand celui-ci vivrait deux fois mille ans sans jouir du bonheur, tout ne va-t-il pas dans un même lieu ? Tout le travail de l'homme est pour sa bouche, et cependant ses désirs ne sont jamais satisfaits. Car quel avantage le sage a-t-il sur l'insensé ? Quel avantage a le malheureux qui sait se conduire en présence des vivants ? Ce que les yeux voient est préférable à l'agitation des désirs. C'est encore là une vanité et la poursuite du vent. Ce qui existe a déjà été appelé par son nom. Et l'on sait que celui qui est homme, ne peut contester avec un plus fort que lui. S'il y a beaucoup de choses, il y a beaucoup de vanité. Quel avantage en revient-il à l'homme ? Car qui sait ce qui est bon pour l'homme dans la vie pendant le nombre des jours de sa vie de vanité qui passe comme une ombre et qui peut dire à l'homme ce qui sera après lui sous le soleil ? Livre de l'Ecclésiaste, chapitre 7. Une bonne réputation vaut mieux que le bon parfum, et le jour de la mort que le jour de la naissance. Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d'aller dans une maison de festin, car c'est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à cœur. Mieux vaut le chagrin que le rire, car avec un visage, Le coeur peut être content. Le coeur des sages est dans la maison de deuil et le coeur des insensés dans la maison de joie. Mieux vaut entendre la réprimande du sage que d'entendre le chant des insensés. Car comme le bruit des épines sous la chaudière, ainsi est le rire des insensés. C'est encore là une vanité. L'oppression rend insensé le sage et les présents corrompent le coeur. Mieux vaut la fin d'une chose que son commencement. Mieux vaut un esprit patient qu'un esprit hautain. Ne te hâte pas en ton esprit de t'irriter, car l'irritation repose dans le sein des insensés. Ne dis pas d'où vient que les jours passés étaient meilleurs que ceux-ci, car ce n'est point par sagesse que tu demandes cela. La sagesse vaut autant qu'un héritage. Et même plus pour ceux qui voient le soleil. Car à l'ombre de la sagesse, on est abrité comme à l'ombre de l'argent. Mais un avantage de la science, c'est que la sagesse fait vivre ceux qui la possèdent. Regarde l'œuvre de Dieu, qui pourra redresser ceux qui la courbaient. Au jour du bonheur, sois heureux. Et au jour du malheur, réfléchis. Dieu a fait l'un comme l'autre, afin que l'homme ne trouve en rien ce qui sera après lui. J'ai vu tout cela pendant les jours de ma vanité. Il y a tel juste qui périt dans la vie. dans sa justice. Et il y a tel méchant qui prolonge son existence dans sa méchanceté. Ne sois pas juste à l'excès et ne te montre pas trop sage. Pourquoi te détruirais-tu ? Ne sois pas méchant à l'excès et ne sois pas insensé. Pourquoi mourrais-tu avant ton temps ? Il est bon que tu retiennes ceci et que tu ne négliges point cela. Car celui qui craint Dieu échappe à toutes ces choses. La sagesse rend le sage plus fort que dix chefs qui sont dans une ville. Non, il n'y a sur la terre point d'homme « Il y a un homme qui fasse le bien et qui ne pêche jamais. Ne fais donc pas attention à toutes les paroles qu'on dit, de peur que tu n'entendes ton serviteur te maudire, car ton cœur a senti bien des fois que tu as toi-même maudit les autres. J'ai éprouvé tout cela par la sagesse. J'ai dit, je serai sage, et la sagesse est restée loin de moi. » Ce qui est loin, ce qui est profond, qui peut l'atteindre ? Je me suis appliqué dans mon cœur à connaître, à sonder et à chercher la sagesse et la raison des choses, et à connaître la folie de la méchanceté et la stupidité de la sottise. Et j'ai trouvé plus amère que la mort la femme dont le cœur est un piège et un filet, et dont les mains sont des liens. Celui qui est agréable à Dieu lui échappe, mais le pécheur est pris par elle. « Voici ce que j'ai trouvé, dit l'ecclésiaste, en examinant les choses une à une pour en saisir la raison. Voici ce que mon âme cherche encore et que je n'ai point trouvé. J'ai trouvé un homme entre mille, mais je n'ai pas trouvé une femme entre elles toutes. Seulement, voici ce que j'ai trouvé, c'est que Dieu a fait les hommes droits, mais ils ont cherché beaucoup de détours. » Livre de l'Ecclésiaste, chapitre 8. Qui est comme le sage et qui connaît l'explication des choses ? La sagesse d'un homme fait briller son visage et la sévérité de sa face est changée. Je te dis, observe les ordres du roi, et cela à cause du serment fait à Dieu. Ne te hâte pas de t'éloigner de lui et ne persiste pas dans une chose mauvaise, car il peut faire tout ce qui lui plaît. La parole du roi est puissante, et qui lui dira, que fais-tu ? Celui qui observe le commandement ne connaît point de choses mauvaises, et le cœur du sage connaît le temps et le jugement. Car il y a pour toute chose un temps et un jugement quand le malheur accable l'homme. Mais il ne sait point ce qui arrivera et qui lui dira comment cela arrivera. L'homme n'est pas maître de son souffle pour pouvoir le retenir et il n'a aucune puissance sur le jour de la mort. Il n'y a point de délivrance dans ce combat et la méchanceté ne saurait sauver les méchants. J'ai vu tout cela et j'ai appliqué mon cœur à tout ce qui se fait sous le soleil. Il y a un temps où l'homme domine sur l'homme pour le rendre malheureux. Alors ? J'ai vu des méchants recevoir la sépulture et entrer dans leur repos. Et ceux qui avaient agi avec droiture sont allés loin du lieu saint et être oubliés dans la ville. C'est encore là une vanité. Parce qu'une sentence contre les mauvaises actions ne s'exécute pas promptement, le cœur des fils de l'homme se remplit en eux du désir de faire le mal. Cependant, quoi que le pécheur fasse cent fois le mal et qu'il y persévère longtemps, Je sais aussi que le bonheur est pour ceux qui craignent Dieu parce qu'ils ont de la crainte devant lui. Mais le bonheur n'est pas pour le méchant et il ne prolongera point ses jours, pas plus que l'ombre, parce qu'il n'a pas de la crainte devant Dieu. Il est une vanité qui a lieu sur la terre. C'est qu'il y a des justes auxquels il arrive selon l'œuvre des méchants et des méchants auxquels il arrive selon l'œuvre des justes. Je dis que c'est encore là une vanité. J'ai donc loué la joie parce qu'il y a de bonheur. pour l'homme sous le soleil qu'à manger et à boire et à se réjouir. C'est là ce qui doit l'accompagner au milieu de son travail, pendant les jours de sa vie que Dieu lui donne sous le soleil. Lorsque j'ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse et à considérer les choses qui se passent sur la terre, car les yeux de l'homme ne goûtent le sommeil ni jour ni nuit. J'ai vu toute l'œuvre de Dieu. J'ai vu que l'homme ne peut pas trouver ce qui se fait sous le soleil. Il a beau se fatiguer à chercher, il ne trouve pas. Et même si le sage veut connaître, il ne peut pas trouver. Lecture du livre de l'Ecclésiaste, chapitre 9. Oui, j'ai appliqué mon cœur à tout cela. J'ai fait de tout cela l'objet de mon examen, et j'ai vu que les justes et les sages et leurs travaux sont dans la main de Dieu, et l'amour aussi bien que la haine. Les hommes ne savent rien, tout est devant eux. Tout arrive également à tous, même sort pour le juste et pour le méchant, pour celui qui est bon et pur, et pour celui qui est impur. pour celui qui sacrifie et pour celui qui ne sacrifie pas. Il en est du bon comme du pécheur, de celui qui jure comme de celui qui craint de jurer. Ceci est un mal parmi tout ce qui se fait sous le soleil, c'est qu'il y a parmi tous un même sort. Aussi, le cœur des fils de l'homme est plein de méchanceté et la folie est dans leur cœur pendant leur vie. Après quoi, ils vont chez les morts, car qui est accepté ? Pour tous ceux qui vivent, il y a de l'espérance. Et même un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort. Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront. Mais les morts ne savent rien. Et il n'y a pour eux plus de salaire, puisque leur mémoire est oubliée. Et leur amour et leur haine et leur envie ont déjà péri. Et ils n'auront plus jamais aucune part à tout ce qui se fait sous le soleil. Va, mange avec joie ton pain et bois gaiement ton vin. Car dès longtemps, Dieu prend plaisir à ce que tu fais. Quand tout temps tes vêtements soient blancs et que l'huile ne manque point sur ta tête. Jouis de la vie avec la femme que tu aimes pendant les jours de ta vie de vanité que Dieu t'a donné sous le soleil pendant tous les jours de ta vanité. Car c'est ta part dans la vie au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil. Tout ce que ta main trouve à faire avec force, fais-le. Car il n'y a ni œuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse dans le séjour des morts où tu vas. j'ai encore vu sous le soleil que la course n'est point aux agiles, ni la guerre aux vaillants, ni le pain aux sages, ni la richesse aux intelligents, ni la faveur aux savants. Car tout dépend pour eux du temps et des circonstances. L'homme ne connaît pas non plus son heure. Pareil aux poissons qui sont pris au filet fatal et aux oiseaux qui sont pris au piège. Comme eux, les fils de l'homme sont enlacés au temps du malheur lorsqu'ils tombent sur eux tout à coup. J'ai aussi vu sous le soleil Ce trait d'une sagesse qui m'a paru grande. Il y avait une petite ville avec peu d'hommes dans son sein. Un roi puissant marcha sur elle, l'investit et éleva contre elle de grands forts. Il s'y trouvait un homme pauvre et sage qui sauva la ville par sa sagesse. Et personne ne s'est souvenu de cet homme pauvre. Et j'ai dit, la sagesse vaut mieux que la force. Cependant, la sagesse du pauvre est méprisée et ses paroles ne sont pas écoutées. Les paroles des sages. tranquillement écoutés, valent mieux que les cris de celui qui domine parmi les insensés. La sagesse vaut mieux que les instruments de guerre. Mais un seul pêcheur détruit beaucoup de biens. Chapitre 10. Les mouches mortes infectent et font fermenter l'huile du parfumeur. Un peu de folie l'emporte sur la sagesse et sur la gloire. Le cœur du sage est à sa droite et le cœur de l'insensé à sa gauche. Quand l'insensé marche dans un chemin, le sens lui manque. Et il dit de chacun, voilà un fou, si l'esprit de celui qui domine s'élève contre toi, ne quitte point ta place, car le calme prévient de grands péchés. Il est un mal que j'ai vu sous le soleil, comme une erreur provenant de celui qui gouverne. La folie occupe des postes très élevés, et des riches sont assis dans l'abaissement. J'ai vu des esclaves sur des chevaux, et des princes marchant sur terre comme des esclaves. Celui qui creuse une fosse y tombera. Et celui qui renverse une muraille sera mordu par un serpent. Celui qui remue des pierres en sera blessé, et celui qui fend du bois en éprouvera du danger. S'il a émoussé le fer, et s'il n'en a pas aiguisé le tranchant, il devra redoubler de force. Mais la sagesse a l'avantage du succès. Si le serpent mord faute d'enchanteur, il n'y a point d'avantage pour l'enchanteur. Les paroles de la bouche du sage sont pleines de grâces, mais les lèvres de l'insensé... cause sa perte. Le commencement des paroles de sa bouche est folie, et la fin de son discours est une méchante folie. L'insensé multiplie les paroles. L'homme ne sait point ce qui arrivera et qui lui dira ce qui sera après lui. Le travail de l'insensé le fatigue parce qu'il ne sait pas aller à la ville. Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant et dont les princes mangent dès le matin. Heureux toi ! pays dont le roi est de race illustre et dont les princes mangent autant qu'envenable pour soutenir leurs forces et non pour se livrer à la boisson. Quand les mains sont paresseuses, la charpente s'affaisse et quand les mains sont lâches, la maison a des gouttières. On fait des repas pour se divertir, le vin rend la vie joyeuse et l'argent répond à tout. Ne maudis pas le roi, même dans ta pensée. Et ne maudis pas le riche dans la chambre où tu couches, car l'oiseau du ciel emporterait ta voix, l'animal ailé publierait tes paroles. Livre de l'Ecclésiaste, chapitre 11. Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras. Donne-en une part à sept et même à huit, car tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre. Quand les nuages sont pleins de pluie, ils la répandent sur la terre, et si un âne... Quand un arbre tombe, au midi ou au nord, il reste à la place où il est tombé. Celui qui observe le vent ne sèmera point, et celui qui regarde les nuages ne moissonnera pas. Comme tu ne sais pas quel est le chemin du vent, ni comment se forment les os dans le ventre de la femme enceinte, tu ne connais pas non plus l'œuvre de Dieu qui fait tout. Dès le matin, sème ta semence, et le soir, ne laisse pas reposer ta main, car tu ne sais point ce qui réussira, ceci ou cela. ou si l'un et l'autre sont également bons. La lumière est douce et il est agréable aux yeux de voir le soleil. Si donc un homme vit beaucoup d'années, qu'il se réjouisse pendant toutes ces années et qu'il pense aux jours des ténèbres qui seront nombreux. Tout ce qui arrivera est vanité. Livre de l'Ecclésiaste, chapitre 12. Jeune homme, réjouis-toi dans ta jeunesse. Livre ton cœur à la joie pendant les jours de ta jeunesse. Marche dans les voies de ton cœur et selon les regards de tes yeux. Mais sache que pour tout cela, Dieu t'appellera en jugement. Bannis de ton cœur le chagrin et éloigne le mal de ton corps, car la jeunesse et l'aurore sont vanités. Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s'approchent où tu diras « Je n'y prends point de plaisir » , avant que s'obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie. où les gardiens de la maison tremblent, où les hommes forts se courbent, où celles qui moulent s'arrêtent parce qu'elles sont diminuées, où ceux qui regardent par les fenêtres sont obscurcis, où les deux bâtons de la porte se referment sur la rue quand s'abaisse le bruit de la meule, où l'on se lève au chant de l'oiseau, où s'affaiblissent toutes les filles du chant, où l'on redoute ce qui est élevé, où l'on a des terreurs en chemin, où la mondie fleurit, où la sauterelle devient pesante, Et où la cabre n'a plus d'effet, car l'homme s'en va vers sa demeure éternelle, et les pleurs parcourent les rues, avant que le cordon d'argent se détache, que le vase d'or se brise, que le seau se rampe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne, avant que la poussière retourne à la poussière comme elle y était, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné. Vanité des vanités, dit l'ecclésiaste, tout est vanité. Outre que l'ecclésiaste fut un sage, il a encore enseigné la science au peuple et il a examiné, sondé, mis en ordre un grand nombre de sentences. L'ecclésiaste s'était forcé de trouver des paroles agréables. Et ce qui a été écrit avec droiture, ce sont des paroles de vérité. Les paroles des sages sont comme des aiguillons, et rassemblées en un recueil, elles sont comme des clous plantés, donnés par un seul maître. Du reste, mon fils tire instruction de ces choses. On ne finirait pas si l'on voulait faire un grand nombre de livres. Et beaucoup d'études est une fatigue pour le corps. Écoutons la fin du discours. Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme. Car Dieu amènera tout œuf en jugement au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.