Speaker #0Bienvenue sur La Studer, le rendez-vous mensuel d'une communauté engagée pour la paix, les droits humains, le vivre ensemble, la non-violence, le féminisme et la justice sociale. L'objectif, donner de la force à ceux qui cherchent à faire écho à ces valeurs. Chaque dernier mercredi du mois, nous nous unissons pour stimuler la réflexion et encourager la discussion. Ensemble, nous explorons des idées puissantes et des actions concrètes pour façonner un monde meilleur. Épisode 5 est très certainement un des plus importants de l'année, l'union contre la haine. Aujourd'hui abordons deux thèmes cruciaux, le fascisme et la participation citoyenne. Pourquoi ces sujets sont si importants ? Parce que pour protéger et promouvoir nos vraies valeurs démocratiques, il faut comprendre le fascisme et savoir comment y résister par des actions citoyennes. Alors d'abord, c'est quoi exactement le fascisme ? Le fascisme, c'est un système politique autoritaire et nationaliste qui prône un gouvernement centralisé fort, rechète les idéaux démocratiques, les libertés individuelles et les droits de l'homme. Le fascisme se caractérise par l'intolérance, le racisme et la répression de l'opposition. Historiquement, nous avons vu des régimes fascistes, en Italie avec Mussolini et avec Hitler en Allemagne et par extension en France, sous le pouvoir de Pétain. Ces régimes intolérants et clivants ont mené à des atrocités inimaginables et à des guerres dévastatrices. Parlons d'un exemple contemporain, les idées de régime du parti du Rassemblement National en France. Créé en 1972 sous le nom de Front National, ce parti représente l'extrême droite, le nationalisme, l'anti-immigration et la xénophobie. La stratégie de dédiabolisation a impliqué un changement de nom en 2018, le Rassemblement National, ou RN. Mais soyons clairs, les idées n'ont pas changé, elles se sont juste adaptées au monde d'aujourd'hui et aux stratégies marketing des politiques. Et pour cause, ce parti inquiète quant à son impact sur la cohésion sociale et les valeurs républicaines, car ses fondements restent ancrés dans une idéologie de division et d'exclusion. La rhétorique du Rassemblement National encourage la stigmatisation des minorités et alimente un climat de haine et de peur. Le fascisme est aux portes de la France. Nous sommes en danger. Le fascisme est synonyme de haine car il se nourrit de la peur et de l'exclusion. En promouvant une vision homogène de la société, le fascisme rejette la diversité et stigmatise ceux qui sont perçus comme différents. Les régimes fascistes utilisent la propagande et la violence pour contrôler et opprimer les minorités, ce qui engendre un climat de peur et de division. Les régimes fascistes historiques étaient connus pour leur répression sévère des minorités. Les politiques d'immigration et de sécurité du Rassemblement National, bien que présentées comme des mesures de protection, conduiraient à la marginalisation et à la stigmatisation des immigrants et des minorités ethniques et religieuses, rappelant de les politiques d'exclusion fasciste. Ne soyons pas dupes ! Les leaders fascistes ont toujours exploité les insécurités économiques et sociales pour détourner la colère et la frustration des citoyens vers des boucs émissaires, souvent des minorités ethniques, religieuses ou politiques. Cette haine institutionnalisée sert à consolider le pouvoir en réduisant au silence toute opposition et en justifiant les politiques répressives. La haine devient ainsi un outil central pour maintenir un régime autoritaire. Aussi, Le Rassemblement National utilise une rhétorique populiste pour attirer les électeurs, promettant de restaurer la grandeur nationale et de protéger les vrais citoyens contre des menaces perçues. Ce style de communication et l'utilisation de la propagande sont des traits communs au mouvement fasciste. Eux-mêmes cherchaient à mobiliser les masses en jouant sur leurs peurs et leurs frustrations. Et puisque je suis une femme, voici quelques informations importantes à connaître pour nous toutes. Le Rassemblement National a voté contre la loi. Contre les violences sexistes et sexuelles. Contre la prise en charge des frais de dépassement d'honoraires des femmes intactes de cancer du sein. Contre un texte visant à garantir l'égalité des rémunérations entre hommes et femmes. Contre l'introduction du droit à l'avortement dans la charte européenne des droits fondamentaux. Et contre une résolution condamnant l'interdiction de l'avortement en Pologne. La montée de l'extrême droite en France n'est pas un phénomène isolé en Europe. Et les conséquences sont réelles. En Italie, les minorités se voient restreindre leurs droits. Le gouvernement permet maintenant aux militants anti-avortement d'accéder aux cliniques publiques pour répandre leur propagande anti-liberté, et les actes de naissance des enfants nés de GPA à l'étranger ne sont plus transcrits sur les registres civils. En Pologne, l'accès à l'avortement a été drastiquement réduit, et des zones libres d'idéologie LGBTIQ+, se sont multipliées, tout comme les interdictions de subvention aux associations de défense des droits de cette population. En Hongrie, les femmes sont maintenant obligées d'écouter le cœur de leur fœtus avant de procéder à une interruption de grossesse. Et une loi est venue interdire la sensibilisation sur l'homosexualité auprès des mineurs. La montée de l'extrême droite affaiblit les droits humains et la démocratie. En Allemagne, une réunion secrète entre néo-nazis et membres de l'AFD a révélé des plans pour expulser plus de 2 millions de personnes d'origine étrangère. Aussi, L'AFD remet en question l'origine humaine du réchauffement climatique. En matière environnementale, les partis d'extrême droite affichent un discours climato-sceptique. Ils minimisent la crise climatique et soutiennent l'extraction de combustibles fossiles. Alors en quoi la participation citoyenne permet-elle de lutter contre le fascisme ? La vigilance et l'engagement citoyen sont essentiels pour maintenir les valeurs démocratiques et les droits humains face à de telles idéologies. La participation citoyenne est une arme puissante contre le fascisme. Lorsque les citoyens sont engagés et actifs dans la vie politique et sociale, ils peuvent défendre les valeurs démocratiques et lutter contre les idéologies extrémistes. La participation citoyenne permet de surveiller et de dénoncer les abus de pouvoir, de promouvoir l'inclusivité et de soutenir les initiatives qui favorisent la justice sociale et les droits de l'homme. Vous avez le choix, subir la société ou être moteur de paix. Si vous choisissez la deuxième option, informez-vous et éduquez votre entourage sur les dangers du fascisme et l'importance des valeurs démocratiques. Votez aux élections, soutenez les candidats et les partis qui défendent la démocratie et l'inclusivité. Impliquez-vous et influencez les politiques publiques locales et nationales. Rejoignez ou soutenez les organisations qui luttent contre le racisme, la xénophobie et les inégalités. Participez à des manifestations, des pétitions et des actions de terrain pour montrer votre opposition au fascisme. Restez vigilants et dénoncez toute tentative de discours haineux ou d'actions fascistes dans votre communauté. Utilisez les médias sociaux et d'autres plateformes pour partager les informations vérifiées et combattre la désinformation. Au-delà de la montée des extrêmes, le vrai problème en France, c'est l'abstentionnisme. Celles et ceux qui ne vont pas voter. C'est un problème croissant en France, avec de nombreux citoyens qui se désengagent du processus électoral. Mais vous savez quoi ? Rien n'est perdu, car 50% des gens choisissent leur vote dans les dernières 48 heures. Ciblez donc les personnes hésitantes, celles et ceux qui en général ne votent pas, comme les jeunes, les retraités et les femmes entre 30 et 50 ans. Ne cherchez pas à convaincre. Le but est plutôt d'encourager et de légitimer la réflexion de la personne. Pour nous guider dans la lutte contre l'abstention, suivons les trois temps que propose Make Sense. Une organisation qui crée des outils et des programmes pour permettre de passer à l'action et construire une société inclusive et durable. La première étape pour encourager une ou un abstentionniste, c'est lui prendre la main. Il s'agit de comprendre la personne en face de vous, de rentrer dans une forme de complicité. Des questions du genre tu as voté aux européennes ? Tu sais pour le 30 juin ? Tu as vu pour les législatives ? Dans le même temps, créer un espace où la personne se sent à l'aise, en confiance. Donc ça veut dire être sympa, souriant et écouter de manière active et ne pas couper la parole. lui dire qu'on est d'accord avec elle et construire sur cette base commune Tu penses ça ? Je comprends, on va y répondre. Ensuite, deuxième étape, faire danser. Laissez la personne en face de vous vous parler et partir de sa propre vérité. Des questions dans le respect et la bienveillance comme Pourquoi tu ne votes pas ? Quelles causes sont importantes pour toi ? Qu'est-ce qui te donnerait envie de voter ? Progressivement, vous pourrez amener la personne vers des sujets qui la concernent, sur lesquels vous avez des éléments plus politiques, Puis introduire des arguments de pourquoi voter face aux dangers de l'extrême droite, ne pas laisser les autres décider pour soi, mais aussi l'impact de la politique dans notre quotidien pour la culture, l'emploi, les infrastructures et les logements par exemple. Et puis une procuration, ça prend vraiment deux secondes. Et enfin, troisième et dernière étape, remercier et accompagner. Il faut bien faire comprendre à la personne que vous serez là pour son vote et que vous ne la lâcherez pas. Et pour toutes celles et ceux qui doutent encore, n'oubliez pas que voter avec conscience, c'est respecter nos ancêtres qui ont lutté pour que l'on vive dans une société libre et ouverte aux différences. Et puis aussi, ça vous donnera le droit et la légitimité de critiquer ceux qui nous gouvernent. On se retrouve le 31 juillet pour l'épisode 6 de La Studen.