- Speaker #0
La voie des femmes Quand les silences prennent enfin la parole
- Speaker #1
Je suis Cindy Heiniger, journaliste. La Voie des Femmes, c'est un podcast fait par des femmes, pour des femmes. Pas un podcast de plus sur la femme moderne. Pas un guide en dix étapes vers le bonheur. Un espace vrai où l'on parle enfin de ce qu'on tait depuis trop longtemps. Bienvenue dans La Voie des Femmes.
- Speaker #0
La Voie des Femmes, un podcast malyce.ch
- Speaker #1
J'étais coincée dans un étau, c'est l'image que Martine a choisie pour parler de son corps, un dos bloqué, tendu, douloureux. Elle en était sûre, le problème c'était son dos, le stress, le travail ou la fatigue. Alors un jour elle a pris rendez-vous pour un massage du dos. Rien de plus. Et ce massage va l'emmener beaucoup plus loin qu'elle ne l'imaginait. Un voyage qui va l'emmener vers son ventre, vers son bas-ventre, vers une cicatrice et puis vers une autre cicatrice qu'elle ne soupçonnait même pas. Aujourd'hui, on parle d'une partie du corps. corps qu'on nomme souvent du bout des lèvres, parce qu'on n'a pas envie d'en parler, le périnée. Et plus largement, de tout ce bas du corps que beaucoup de femmes ont appris à ignorer à terre et parfois même à rayer de leur carte intérieure. Martine a 61 ans, elle a vécu avec l'endométriose, elle a été opérée plusieurs fois et elle a longtemps eu la sensation d'avoir un corps coupé en deux. Aujourd'hui, elle nous raconte comment elle a relié le haut et le bas, autant physiquement qu'émotionnellement. laxologie, psychocorporelle et au massage thérapeutique qui accompagne les femmes dans leurs relations au bassin, au souffle et à l'intimité depuis 15 ans. Et tu verras que parfois la thérapie passe aussi par le chocolat. Ça, ça sera la bonne nouvelle de cette émission. Mais avant de leur donner la parole, une petite précision qui me tient à cœur. Cet épisode est réalisé en partenariat avec Stéphanie Grange de Sport Santé Valais. Stéphanie accompagne les femmes à Fuyy, à Sion et en ligne à travers le souffle, le mouvement, le massage et l'écoute du corps et ce partenariat soutient la voie des femmes. Les mots de Martine, quant à eux, n'appartiennent qu'à elle. Installe-toi confortablement, respire, on commence.
- Speaker #0
La voie des femmes, un podcast malyce.ch
- Speaker #1
Bonjour Stéphanie. Bonjour Cindy. Bonjour Martine.
- Speaker #2
Bonjour Cindy.
- Speaker #1
Alors Martine, on va commencer par toi. Si tu devais décrire ton corps en une image avant d'avoir rencontré Stéphanie, comment tu te sentais ?
- Speaker #2
Bonne question, mais je crois que d'ailleurs je l'ai dit à Stéphanie la première fois, un espèce de bloc, un étau, j'étais coincée dans un étau.
- Speaker #1
Ok, oui donc c'est quand même pas super positif comme ressenti.
- Speaker #2
Pas très agréable.
- Speaker #1
Et puis donc tu es allée chez elle à la base pour faire un massage du dos, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, pour détendre le dos, justement tout ce haut du corps qui était très bloqué, et c'était oui, j'étais sûre que c'était le dos. Donc voilà.
- Speaker #1
Comment ça s'est passé cette première séance ?
- Speaker #2
Alors, Stéphanie a d'abord, avant de commencer quoi que ce soit, massage ou autre, vraiment pris le temps de discuter avec moi. Pas forcément sur tous les mots que je pouvais avoir, mais voilà, s'intéresser à comment se ressentait ce dos bloqué, cet étau. Et puis après, elle m'a expliqué un petit peu qu'elle pouvait faire des massages, mais qu'elle pourrait aussi m'accompagner avec des postures que je pouvais peut-être faire pour détendre. Et d'ailleurs, cette première session s'est passée comme ça. Il y a eu d'abord de ressentir cet étau un peu différemment, de pouvoir le ressentir. Et après, il y a eu le massage.
- Speaker #1
Ok. Un massage du dos donc, à la base.
- Speaker #2
Du dos.
- Speaker #1
Et ça a révélé quelque chose de complètement différent qu'un problème de dos.
- Speaker #2
Oui, alors peut-être pas tout de suite, tout de suite, mais c'est vrai qu'après, quand je suis sortie de chez Stéphanie, il y a le corps déjà qui travaille. Donc effectivement, le dos, je le sentais différemment, je le comprenais peut-être aussi différemment, ce blocage. Moi, je mettais tout sur le dos, le stress, le travail. Et donc après, je dirais une quinzaine de jours, comme ça, tout d'un coup, je sentais que j'aurais besoin d'être accompagnée. Autrement que le dos, c'était toujours là, mais qu'il n'y avait pas que le dos. Mais je n'arrivais pas à définir, moi, ce que c'était. Je sentais juste que ce corps était en train de bouger et je ne savais pas tellement quoi faire avec.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui en est ressorti alors ? Tu as eu des réponses après ?
- Speaker #2
Alors je suis retournée chez Stéphanie, elle a de nouveau pris ce moment, c'est vraiment très C'est important avant de commencer quoi que ce soit, des exercices, un massage, des propositions, quoi que ce soit, c'est vraiment son questionnement et son écoute. Donc là il y a eu vraiment de nouveau ce moment où elle prend le temps, elle écoute vraiment, elle pose des questions pour aller creuser un peu plus loin, elle demande aussi l'intention qu'on a pour soi-même de venir à ce rendez-vous. De dire oui, je vais me faire masser, voilà, ce n'est pas que ça. Et donc par rapport à ça, tout d'un coup, je n'ai plus parlé du dos. Et c'est descendu un petit peu plus bas. Et j'ai parlé aussi d'une cicatrice physique que j'ai, qui au fait m'embête au niveau du ventre. Donc moi j'ai eu des endométrioses et donc j'ai été opérée plusieurs fois. Et je disais que je ne sais pas, j'ai l'impression que c'est aussi ça qui bloque. Enfin, j'essayais d'expliquer mon ressenti et elle, c'est ça qui est génial, c'est qu'elle comprend après les choses. Elle arrive à mettre des mots et au fait nous faire comprendre aussi, enfin me faire comprendre finalement qu'est-ce qui ne jouait pas. Et là, j'ai eu de nouveau le droit à un massage, mais cette fois, ce n'était pas qu'un massage, c'était un massage qui en même temps... temps, il y avait un travail, tu accompagnais en disant des choses par rapport à ce corps pour l'aider à lâcher. Et ça, ça a été pour moi une révélation, parce que tout d'un coup, j'ai compris que le dos... Ce n'était pas vraiment le problème au fait que c'était bien ailleurs que ça se situe. Et à partir de là, on a pu... Enfin moi j'ai décidé, elle m'a proposé de faire un travail sur ce bas-ventre, sur ce ventre, sur les parties intimes, sur tout ce qui bloquait. Parce qu'au fait, mon corps était un peu comme coupé en deux.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
C'était de retrouver un corps qui est entier.
- Speaker #1
Donc, c'était à cause de la cicatrice que le corps était coupé en deux ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Alors, physiquement, il y avait une gêne, mais au fait, c'était... C'était beaucoup plus profond que physiquement.
- Speaker #1
Et l'endométriose, donc, tu connaissais déjà la problématique, mais tu avais fait le lien avec tes maux de dos ou pas du tout ? Soit pour toi, c'était deux choses complètement séparées ?
- Speaker #2
Oui, alors forcément, tant que j'avais mes règles, moi j'ai 61 ans, donc voilà, l'endométriose s'est un peu calmée, heureusement. Mais naturellement, tant que j'étais réglée, les douleurs de dos, c'était un quotidien, ou en tout cas mensuel très fort. Donc c'est clair que je savais que ça allait ensemble. Mais vu que maintenant, j'ai moins de douleurs du dos, en tout cas dues à l'endométriose, maintenant, moi, le dos, c'était plutôt du stress, de la fatigue, des mauvaises postures, des choses comme ça. Et puis là, de descendre dans le ventre, je me suis rendu compte que... Même ces douleurs que je pensais qu'il n'y avait plus rien à voir dans le dos, c'est un tout. Si le corps est coupé en deux, il n'y a rien qui fonctionne finalement. Oui,
- Speaker #1
l'énergie ne passe pas en fait.
- Speaker #2
Non.
- Speaker #1
Et toi Stéphanie, comment tu as senti que ce n'était pas le dos ? Est-ce que c'est plutôt énergétique ? Alors déjà, comme m'a très bien dit Martine, j'écoute,
- Speaker #3
mais j'écoute le rythme de souffle, j'écoute et j'essaye de lire aussi la posture qui change quand elle parle, quand elle parle que ce soit du travail, que ce soit de son stress, comme elle avait son étau et cette douleur dans le dos. Et finalement... Je comprenais qu'il y avait autre chose que le dos. Alors le premier contact avec le dos, j'ai compris effectivement qu'il y avait des tensions, mais elles n'étaient pas uniquement dans le dos. C'est vrai que le bas du dos avec la région du bassin, la région basse du dos, était vraiment très crispée elle aussi et même froide à certains endroits. Il y avait des sensations de température, de chaleur différentes. Et c'est pour ça qu'après j'ai aussi posé quelques questions en lien avec le bas du dos, le ventre. Et grâce à nos échanges, parce qu'elle m'a aussi accordé sa confiance, moi sans avoir... J'ai toujours des petits bouts d'histoire, des petits récits, et au final, c'est à moi d'essayer de mener l'enquête pour voir qu'est-ce que je pourrais faire avec ce que me donne la personne. Et là, effectivement, quand elle me parlait, une fois, elle a dit, j'aimerais bien, j'ai vu que tu faisais un massage du ventre, est-ce que tu crois que ce serait quelque chose de bien ? Et quand elle m'a parlé de la cicatrice... Là, on a pu aller plus loin parce qu'il y avait aussi la cicatrice émotionnelle. Et à partir de là, ça ouvre la porte à autre chose. Donc c'était un mélange de travail psychocorporel, la relaxation, la respiration, le massage. C'était pas juste un massage, on va dire, comme on pourrait l'entrevoir ou l'imaginer. Mais elle participe aussi. Et c'est là où, ce que j'aime dire, la magie est là. C'est pas Stéphanie qui travaille, la thérapeute qui agit, mais c'est un ensemble. C'est parce qu'ensemble, on veut soigner, prendre soin de ce qui est. Et là, c'était la cicatrice physique et la cicatrice émotionnelle.
- Speaker #1
Et toi, comment tu l'as ressenti, la cicatrice émotionnelle, Martine ?
- Speaker #2
Jusqu'à ce jour-là, je ne m'étais pas rendue compte. C'est vraiment pendant ce massage accompagné. J'aime bien ce qu'elle dit, c'est effectivement ensemble parce qu'elle ne fait pas juste des massages, elle demande de respirer avec, elle accompagne avec un récit qui nous permet d'être dans les différents lieux du corps, du ventre, sur la cicatrice, derrière la cicatrice. enfin voilà, il y a tout un travail aussi de de paroles qu'elle fait pendant qu'elle masse. Et au fait, j'ai eu, pendant ce massage, tout d'un coup, des émotions énormes qui sont montées. J'ai eu les larmes qui sont montées, alors que j'étais très bien détendue et tout. Et je me suis dit, mais qu'est-ce qui se passe ? Et au fait, c'est là où j'ai fait le lien avec une cicatrice émotionnelle. Je ne savais pas avant que ça me bloquait aussi émotionnellement. Donc c'est grâce à l'enquête que tu as faite.
- Speaker #1
L'enquête bienveillante et bien écoutée. Vraiment,
- Speaker #2
vraiment.
- Speaker #1
Ça c'est important. Et alors après c'est quoi le déclic ? Qu'est-ce qu'il a fallu faire pour améliorer la situation ?
- Speaker #2
Alors ce moment-là, cet accompagnement, ce massage, ça a déjà été un déclic en soi. C'est-à-dire que moi je ne me suis pas rendu compte que pendant des années, au fait, j'avais justement cette séparation de toute la partie féminine de mon corps, les organes génitaux, tout ça, et le haut du corps, et physiquement, et émotionnellement, mais physiquement, le déclic pour moi, ça a été, je t'ai dit la fois d'après que je suis venue, j'ai dit c'est incroyable, j'ai... toujours senti cette cicatrice, elle m'a toujours embêtée, c'était pas une douleur, mais enfin un truc dur, un espèce de cordon qui est là, et après cet accompagnement massage, tout d'un coup, il y avait une souplesse dans cette cicatrice. Et Quelques jours après cet accompagnement, je suis allée au bain de saillons et puis à léger. Et en général, c'était très désagréable. Ce n'était pas douloureux, mais très désagréable pour moi de laisser aller des jets sur cette cicatrice. Et là, j'étais là et j'avais les jets. Je disais à mon mari, mais c'est incroyable. Mais regarde, j'ai des jets sur la... Et donc, il y a vraiment eu un déclic comme quoi... Si émotionnellement, justement, je n'arrivais pas non plus à relier les deux parties, cette cicatrice physique n'allait pas être agréable, elle allait rester désagréable.
- Speaker #1
D'accord. Et pour toi Stéphanie, est-ce que tu avais une route toute tracée ? C'est quelque chose que tu vois régulièrement ? Ou au contraire, pour chaque accompagnement, tu peux faire ta sauce secrète selon les besoins ?
- Speaker #3
Alors, sincèrement, je n'ai pas du tout de protocole tout fait. Même moi, avant chaque rencontre, d'ailleurs, quand elle vient, à chaque fois, c'est nouveau. J'aime bien dire que... Je dis bonjour et je regarde la personne aujourd'hui et on avance à partir d'aujourd'hui. La personne, elle a son histoire, elle a son récit, elle a son parcours avec des hauts et des bas. Et finalement, moi, je saurais certainement juste une petite partie du récit. Et vraiment, selon les mots qu'elle utilise, j'ai bien aussi l'interprétation que je fais par rapport à sa posture, son rythme de souffle. Je me dis, tiens. Le mot là, il est important. Je vais peut-être l'utiliser dans le soin ou bien je vais lui demander qu'est-ce que ça représente pour elle. Et c'est intéressant parce qu'à chaque fois, je peux, on va dire, essayer d'imaginer ou de créer quelque chose le plus adapté avec tous les outils, on va dire, professionnels que j'ai. Mais je n'ai aucune limite même dans la création d'autres choses.
- Speaker #1
Et pour toi Martine, qu'est-ce que ça a changé concrètement après ce suivi ? Est-ce qu'il est toujours en cours ou est-ce qu'il est terminé ?
- Speaker #2
Alors je dirais la partie, vraiment ce souci-là de cicatrice et ce bas-ventre qui n'était plus vraiment, qui ne faisait pas vraiment partie de mon corps, ça c'est, je dirais que c'est fini, c'est peut-être pas le bon mot, je ne sais pas si ça se finira, mais en tout cas c'est plus vraiment ce avec quoi je vais comme demande quand je vais voir Stéphanie. Par contre oui, je continue à aller parce que je me rends compte que... Ben voilà, il y a tout d'un coup des choses, aussi des choses de la vie qui font qu'on est un peu moins bien, qu'il y a quelque chose qui est pas bien. ce qui ne va pas, après tout d'un coup c'est un genou, après tout d'un coup... Et je sais que si je viens chez toi, il y aura de nouveau... J'aime bien, chaque fois que je viens, finalement c'est un autre jour, c'est un autre moi. Il y a deux mois en arrière, j'étais la Martine, il y a deux mois en arrière, aujourd'hui je suis différente. Et justement ce moment d'échange au début fait que... Le jour en tout cas du soin, ça peut être ou des exercices de posture, parce que j'ai quelque chose qui me gêne, et puis en m'écoutant, en regardant, tu comprends ce qui est gênant, et je fais un travail qui après peut m'accompagner à la maison. Ça c'est très agréable, parce qu'on est toujours libre, je me sens très très libre de faire ou de ne pas faire, et je sais que je ne suis pas grondée si je n'ai pas fait, donc ça c'est très précieux. Et puis après, tu fais aussi des autres accompagnements, si on reste dans le côté accompagnement féminin, c'est vrai que tu m'avais aussi parlé et proposé des douceurs de Mia, et c'était au bon moment, elle aurait dit ça peut-être après la troisième séance. Je ne pense pas que j'aurais été prête ou que ce n'aurait pas été le bon moment. Et le jour où elle m'a parlé de ça, elle m'a laissé rentrer en réfléchissant. Je me suis dit, mais oui, j'ai envie d'avoir cette Ausha aussi.
- Speaker #1
Alors, on va revenir sur l'accompagnement de Mia, de voir de quoi il s'agit exactement. Mais il y a quand même une question qui me taraude depuis un petit moment. Tout à l'heure, tu as glissé que tu avais 61 ans. Waouh ! J'aurais jamais pensé ! J'étais gentiment dans les bien 10 voire 15 en dessous, donc voilà. Mais du coup, c'est des discussions qui, dans cette génération-là, étaient quand même délicates. On ne prenait pas autant soin de la femme, de sa féminité, de faire attention aussi à ses ressentis, encore moins à ses parties intimes, à part aller chez le gynécologue. Comment est-ce qu'on arrive à un moment donné, à la soixantaine, à tout à coup, ou c'était peut-être conscient déjà avant, mais de prendre beaucoup plus soin de cette partie de sa féminité ?
- Speaker #2
Bon, alors c'est clair que l'endométriose fait qu'à un moment donné, on s'intéresse quand même à ce bas-ventre et tout ce qui peut se passer dedans, mais on s'intéresse... Du point de vue médical, on essaie de comprendre qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qu'on peut faire pour guérir. Et puis après, moi je ne savais pas que j'allais m'intéresser à ça. C'est vraiment l'accompagnement de Stéphanie qui a fait que je me suis ouverte. Oui, c'était peut-être pas, les premières fois où elle en a parlé, peut-être j'étais surprise. Je me suis dit, mais elle parle de quoi ? Donc, je te rejoins, effectivement, ça ne va pas de soi tout de suite, mais c'est l'accompagnement, la confiance, effectivement, ce sentir libre, je ne suis pas obligée d'aller vers quelque chose, j'ai la proposition d'aller vers quelque chose. et c'est ça qui fait que J'ai pu finalement d'une manière très légère m'intéresser à ça. Naturellement le moment aussi où il y a eu ce... J'ai relié de nouveau ce bas-ventre parce qu'au fait pendant très longtemps il n'existait plus. Vu que c'était qu'un truc qui me faisait mal, en plus... On ne peut pas avoir d'enfant, donc on ne sert pas à grand-chose. Donc c'est vrai que j'ai un peu occulté ce bas-ventre. Et maintenant, il est nouveau à moi, il est nouveau là, il fait partie de mon être tout entier.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que c'est assez fort quand même de se dire que la société met une pression assez terrible. Peut-être que Stéphanie, tu as plusieurs personnes dans cette situation que tu accompagnes. C'est un peu une généralité, cette impression qu'on met beaucoup de poids sur la femme et qu'elle doit se reproduire et faire des enfants ?
- Speaker #3
Alors, beaucoup de femmes, oui. Toutes générations confondues, en fait. J'ai la chance d'accompagner des femmes aussi plus âgées. J'ai des grands-mamans qui sont venues me voir, qui ont même 8 ans, avec qui on a pu parler de leur vie intime. Parce qu'à cet âge-là, elles disent qu'elles ont justement tout à découvrir et à comprendre. Elles m'accordent aussi leur confiance, donc je suis heureuse de ça. Mais toutes les femmes, finalement, à un moment donné, elles auront une confrontation, soit par rapport à leur âge. de la part que ce soit du gynécologue ou de la famille avec tu sais pas comment faire, t'as un problème à quelque part, enfin voilà c'est quand même vraiment souvent ciblé sur la femme.
- Speaker #1
C'est quand même assez terrible, il faut qu'on casse cette image les filles, on est là pour ça un peu.
- Speaker #4
Exactement.
- Speaker #1
Avant d'aller plus loin avec Stéphanie, une précision importante, l'endométriose c'est une maladie qui se diagnostique et se soigne d'abord avec un médecin et souvent avec une équipe spécialisée. Les approches corporelles comme celles que tu vas découvrir dans les minutes qui suivent ne remplacent absolument pas ce suivi. Elles peuvent bien sûr le compléter pour certaines femmes. Le parcours de Martine est le sien, le tien sera peut-être différent et c'est très bien comme ça. Stéphanie, est-ce que tu nous expliquerais un petit peu les grandes catégories disons de ce que tu proposes ?
- Speaker #3
Alors je dirais qu'effectivement j'ai beaucoup de casquettes mais elles se rejoignent toutes en fait. Parce que j'aime bien dire que je parle de la santé posturale au début. Ça fait 25 ans que je donne des cours de santé posturale mais c'est la posture physique avec des exercices, soit de renforcement ou de souplesse. La posture sociale parce qu'il est intéressant de pouvoir reprendre sa place ou prendre sa place, pour certaines personnes qui ne l'ont jamais prise, selon les situations de vie parce qu'on a des transitions de vie. Des chocs, des deuils, des accidents, des maladies qui font que des fois on ne sait plus très bien qui on est. Et puis sa posture intime, parce que, comme je vais le dire, si je ne suis pas intimement convaincue moi de qui je suis, comment est-ce que je peux exister ? Et puis de par ma créativité, puis aussi j'aime bien dire par rapport aux confidences, la confiance que les femmes m'ont apporté, ça fait 15 ans maintenant que j'accompagne les femmes plus précisément avec l'intimité. Je me suis toujours posé la question comment apporter avec simplicité, sans être déplacée, quelque chose en lien avec l'intimité. Je ne parle pas de sexualité, je ne parle pas d'exercice de rééducation. Délocation, ce n'est pas mon domaine, mais par contre, j'aimerais que le corps en entier soit intégré. Et il y avait beaucoup de flou sur cette partie du périnée, sur cette partie de l'intimité. Le corps postural, il n'y a pas de problème. Il y a je ne sais pas combien de méthodes en fait qui existent. d'ailleurs on voit sur les réseaux sociaux pour muscler, pour prendre possession pour maîtriser, pour utiliser le corps mais moi je cherche vraiment une collaboration entre le mental qui décide et le corps qui exécute et puis finalement le corps a tellement à nous dire et il essaye de crier parfois et inversement de pouvoir écouter le corps on va dire à 50-50 avec le mental je trouverais ça merveilleux
- Speaker #1
Alors le périnée, tu en as parlé, c'est un mot qu'on entend beaucoup, qu'on entend surtout beaucoup après avoir accouché où on nous dit il faut rééduquer son périnée. C'est cool, mais c'est quoi, c'est où, ça sert à quoi ?
- Speaker #3
Alors c'est quoi, c'est où, c'est un ensemble de muscles qui est à la base postural, qui sert justement pour nos sphincters. Les hommes et les femmes ont un périnée, certains hommes ne sont pas au courant non plus. Alors j'accompagne plus facilement les femmes vu que j'en suis une et que je travaille beaucoup plus le ressenti. Le périnée est peut-être un peu à la mode, mais pas tant que ça parce qu'il est souvent méconnu. Et si on l'interprète uniquement d'un côté médical, il va toujours manquer le côté sensitif, la connexion corporelle. Si on va dans d'autres disciplines telles que le yoga, on parle des chakras. Le premier chakra, c'est le chakra racine où il y a le périnée. Il ne faut pas juste le nommer, il faut le ressentir. Il ne faut pas le travailler, il ne faut pas le muscler. Il faut découvrir. Et puis finalement, en principe, on vient d'un périnée. C'est notre lieu d'origine. Et j'essaye d'apporter avec originalité quelque chose qui n'existe pas. C'est-à-dire de ne pas faire d'exercice, de ne pas faire de série, mais jouer, découvrir, avoir de la curiosité, d'être animée par, en fait, comment je suis aujourd'hui. Et j'exécute déjà moi-même au quotidien des expériences où je me dis, oh mon Dieu, je ne vis vraiment pas bien aujourd'hui, je ne tiens pas bien l'équilibre, mais parce que mon périnée, je suis dans mon intimité à quelque chose qui m'a atteint. Donc dernièrement, je sais que mon papa avait quelque chose à faire avec son cœur, je n'étais pas très à l'aise de ce moment, et bien je manquais d'équilibre, mon périnée était faible, et bien ce n'est pas à travailler, c'est à comprendre. il me dit que je suis Je ne suis pas à l'aise dans ce moment qui touche à mes racines, qui touche à mes fondements. Et ça m'aide à pouvoir me recentrer pour pouvoir faire face à ce moment. Donc,
- Speaker #1
ce n'est pas juste des exercices et reprendre possession de son corps. Donc, ce n'est pas juste aller à la gym une fois par semaine. Non. C'est au quotidien. Exactement. Oui. Des exercices que tu as pu mettre en place aussi Martine alors ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Oui, oui. Alors, des exercices. Oui, justement, exercice, ce n'est pas vraiment ça. parce que c'est toujours de prendre le temps de ressentir avant d'entamer quoi que ce soit comme exercice, je dirais. Et c'est ça que j'ai appris, c'est à ressentir, à comprendre, à pouvoir après, tu disais aussi jouer, effectivement, à jouer avec, c'est plus une approche de ressentir. et de... Je, c'est peut-être pas un jeu, mais c'est quand même quelque chose, une approche un peu plus légère que de faire dix exercices. Voilà, ça. Et j'utilise toujours.
- Speaker #1
Et puis avant, on a évoqué aussi l'univers de Mia. Est-ce que tu peux nous l'expliquer, Stéphanie ? Qui est Mia ? Alors, Mia, c'est... On va dire, j'ai voulu vraiment...
- Speaker #3
Quand je reçois des femmes et que je parle d'intimité, il y a toujours eu des séances avant. Ce n'est pas en général la première fois qu'on se rencontre. J'ai des confidences des fois assez lourdes, où on parle de maladies, on parle aussi des fois de deuil périnatal, de problèmes d'abus aussi. Et comment je peux transmettre l'idée de ressentir quelque chose de non négatif dans l'intimité, sans être déplacée, sans être vulgaire non plus ? Eh bien, je me suis dit, il faut, il faut, il faut, et d'ailleurs j'ai pris là, j'ai mes doudous, j'ai doudou éthyrus et doudou vulve, parce que je me suis toujours dit, quand on est petite fille, on confie tout à un doudou. Et j'ai utilisé en relaxation psychocorporelle certaines personnes, dont justement une personne âgée qui avait eu un deuil périnatal, mais à l'époque, on en parlait encore moins qu'aujourd'hui. Cette grand-maman était venue vers moi un peu par dépit parce que sa fille m'avait envoyée chez moi. Et mal aux hanches, mal au dos, on ne sait plus quoi faire. Et apparemment Stéphanie peut faire quelque chose. Et là je lui ai parlé justement de son vécu, est-ce qu'elle avait eu des enfants, accouchement par voie basse. Et elle m'a dit tant d'enfants et un enfant mort-né. Et là, je lui ai dit, mais est-ce que vous aviez pris le temps de dire au revoir à cet enfant ? Comment vous vivez tout ça ? Oh, mais on n'en parle pas. Et je lui ai demandé, est-ce qu'aujourd'hui, ce serait le bon moment pour pouvoir profiter de notre rencontre pour peut-être délier quelque chose qu'on n'en parle pas ? Et c'était intéressant parce que je lui ai confié le doudou. Alors, c'était des doudous utérus. Et puis, elle l'a posé sur son ventre, on a fait un moment de respiration, de relaxation, et je l'ai laissé un moment seul avec le doudou, où elle a parlé à son doudou. Et finalement, moi, j'ai rien fait. J'étais juste une personne rassurante à côté d'elle, et elle a pleuré, elle serrait fort son doudou, et elle disait, mais il y a quelque chose qui lâche, il y a quelque chose qui lâche, je sais pas ce qui lâche, il y a quelque chose qui lâche, et elle sentait son dos et ses hanches se détendre. Parce qu'elle prenait enfin un temps, à 8 ans, temps passé, pour pouvoir dire au revoir à cet enfant morné. Elle avait enfin honoré ce passage de sa vie. Donc la simplicité, quelque chose de ludique. Et j'ai imaginé Mia, en fait je l'ai rêvée. Vu que je cherchais, je pense que mon esprit était très occupé à créer. Et il a rêvé cette petite fille, pour pouvoir amener la possibilité de parler des mots envie et désir et plaisir. Sans vulgarité et finalement il fallait l'amener par autre chose, c'est-à-dire par la première bouche et non pas par la bouche du bas comme j'appelle le périnée. Et c'est pour ça que j'ai créé tout un univers décalé, léger, simple, accessible pour, on va dire, pas prendre au sérieux. tomber de nouveau dans un protocole strict, thérapeutique, avec des injonctions, mais plutôt une liberté, une gourmandise, une envie. Certaines femmes, par exemple, avec les 21 jours de douceur de Mia, n'ont pas été jusqu'au bout, parce qu'elles se sont rendues compte que ça chamboulait trop. Pourtant, c'est quelque chose d'assez délicat, léger, mais au final, si on comprend, puis qu'on fait vraiment la démarche, et si c'est pas le moment, eh bien, c'est pas ok. Alors il n'y a aucun problème, on a arrêté au jour 8, on a arrêté au jour 15 et puis on a pris le temps d'accompagner les choses différemment. C'est toujours ça. Peut-être que Mia existe d'une manière légère et décalée, mais si ce n'est pas le moment, eh bien il faut respecter ça aussi.
- Speaker #1
Et c'est quoi les 21 jours de Mia ? Les 21 jours de douceur.
- Speaker #3
C'est réussir à relier la bouche du haut. Parce que justement, j'ai envie, je désire et j'ai plaisir à déguster du chocolat. Enfin, moi j'aime le chocolat, donc c'est pour ça que je suis partie avec le chocolat.
- Speaker #1
Je te suis complètement. D'accord.
- Speaker #3
Et ces mêmes mots, envie, désir, plaisir, eh bien, les relier pour notre intimité. Et finalement, si elle n'est pas tout à fait ok avec notre première bouche gourmande, je ne vois pas comment elle pourrait être ok avec notre deuxième bouche intime, où il y a déjà plein de tabous, ou peut-être de gêne, de honte, et puis une histoire conséquente et douloureuse. Donc, il faut dédramatiser et voir si elle est ok, acceptée par la bouche du haut, pour peut-être la relier à la bouche du bas, qui sont finalement le début et la fin d'un grand système.
- Speaker #1
Il y a quelque chose que tu m'avais expliqué hors antenne, c'était la On pouvait comparer aussi la dureté justement de la bouche du haut et de la bouche du bas, de dire si on a la bouche qui est souple en haut, elle peut être plus souple en bas aussi, c'est juste ?
- Speaker #3
Alors il y a dans ces exercices un petit peu décalés, ludiques, hors concept, déjà de bouger ses lèvres, compter ses dents avec la langue, détendre la mâchoire, ouvrir la bouche, sortir la langue, parce que si on a une mâchoire complètement verrouillée, Eh bien, sincèrement, notre bassin va être verrouillé. Et j'ai souvent eu des femmes qui ont un bassin très crispé, on va dire une libido des fois, comme elles le disent, à zéro. Et puis finalement, en discutant, elles sont gênées, elles n'osent pas prendre la parole en public, elles ont souvent entendu dire « tais-toi, t'es pas intéressante, ferme-la » . Ou bien les femmes qui ont vécu des régimes, c'est arrête de manger. Et finalement la bouche du haut se ferme, et finalement la bouche du bas se ferme. Et comment libérer la bouche du bas si la bouche du haut, elle n'est pas à l'aise, elle n'est pas ok de pouvoir s'exprimer, déguster, savourer ? Eh bien il y a une corrélation à faire, et ça c'est petit à petit, et peut-être que 21 jours peuvent remettre du lien en dégustant du chocolat.
- Speaker #1
Martine, est-ce que c'est aussi quelque chose qui t'a parlé ? Est-ce que vous avez pu parler, échanger sur ce sujet-là aussi ?
- Speaker #2
Donc moi, j'ai suivi les 21 jours de Mia, justement, et j'ai trouvé cette approche, j'ai trouvé ça génial. Je dois dire, il y a beaucoup de fois où j'étais, je me sentais un peu comme une petite fille des fois gênée. J'étais un peu comme ça, oups, mais qu'est-ce que je suis en train de faire ? Il y a des fois où j'ai ri, et il y a des jours où c'était plus difficile. J'ai réussi à aller jusqu'au bout, mais il y a des jours que je n'ai pas faits. Parce que la proposition, ça ne m'allait pas à ce moment-là. Et c'est ça aussi qui est génial, c'est qu'on peut aller, on est accompagné, il y a un rythme. Je pense que c'est vraiment important d'avoir ces 21 jours où chaque jour on prend le temps de penser. Mais on est aussi libre, si un jour elle le répète tout le long du processus, si un jour on se sent. pas de se dire, aujourd'hui, non, pas de chocolat.
- Speaker #1
Voilà, c'est un droit. Mais c'est bien aussi de se dire, comme tu le disais tout alors, pas de pression, je ne vais pas me faire engueuler parce que je n'ai pas fait l'exercice, de pouvoir aussi s'écouter. Et je pense que c'est un petit peu le sujet principal de cette émission, c'est de finalement réussir à réécouter sa féminité, ce qu'on ressent, comment se sent le corps, qu'est-ce qu'il nous envoie comme signaux aussi, parce qu'en fait, il passe son temps à communiquer avec nous. Et dans ces années, De 2020 et plus, on a du mal à l'écouter parce qu'on est trop dans notre quotidien, trop dans notre mental. Et c'est super important de revenir en fait à ces ressentis profonds. J'ai un peu l'impression que c'est ça le message que vous transportez aujourd'hui toutes les deux.
- Speaker #3
Alors tout à fait, je dois dire c'est super important, surtout si on parle d'intimité, que la femme puisse décider et choisir. C'est pas à moi. De dire maintenant tu vas manger tes chocolats tous les jours, tu dois te forcer, tu lis la phrase, qu'est-ce que tu ressens, note. Non, je ne suis pas la femme en face de moi. Je n'ai pas, comme je l'ai déjà dit, je n'ai pas toute l'histoire de la femme non plus. Et aujourd'hui, je ne sais pas comment elle est, je ne sais pas comment elle va, où elle en est dans son cycle, qu'est-ce qu'elle a traversé dans sa journée. Est-ce que ce moment de chocolat est bien, pas bien ? C'est marrant parce qu'il y a plusieurs sortes de chocolat, de chocolat blanc, de chocolat au lait, de chocolat noir. Il y a une femme qui m'a dit, une fois j'ai pioché, puis c'était le chocolat blanc, mais je n'avais pas envie de ça. Je lui ai dit, mais tu as mangé quand même ? Ben non, j'ai mangé autre chose, j'étais chercher un caramel, j'avais la maison. Je lui ai dit, mais génial, tu t'es autorisé le droit de ne pas faire ce qui était noté. Et là, je suis absolument fière et enchantée d'entendre ça. Elle a choisi. Elle a décidé, elle a choisi le chemin qui lui semblait le plus agréable, le chocolat blanc. C'était non, le jour-là, elle a préféré le caramel, mais mange le caramel, génial ! Franchement, c'est ça qui est magique.
- Speaker #1
Est-ce que c'est un sujet qui est difficile à aborder ? Est-ce que les gens sont quand même un peu timides ou gênés d'aborder ce sujet de l'intimité, du périnée, du plaisir, finalement, tout simplement ?
- Speaker #3
Je dirais pas qu'ils soient gênés, ils sont complètement inconscients qu'il y a cette possibilité-là. Combien de personnes ne prennent pas le temps de manger à midi, le soir, ne savent même pas ce qu'ils ont mangé ? Et puis finalement, cette notion de savourer, de déguster, passe tout à fait ailleurs. Et c'est même plus qu'une gêne, parce que finalement sur les réseaux sociaux, on voit de tout. Le visuel est très présent et puis il est même très vulgaire. Moi je veux que la personne puisse se connecter à elle-même, pour qu'elle puisse choisir, décider, reprendre conscience. Puis surtout avec les 21 jours, ce que j'ai aimé d'une femme, c'est qu'elle m'a dit « En fait, pendant 21 jours, je n'ai pas eu de pensée négative de mon bas-ventre et de mon intimité. Pendant 21 jours... » Je me demandais quelle était la prochaine phrase qui allait venir, qu'est-ce que j'allais devoir imaginer. Elle a dit pendant 21 jours je n'ai pas pensé de manière négative. Et pour là, pour moi, c'est déjà une grande victoire pour une personne qui souffre en continu.
- Speaker #1
C'est fou et je pense qu'on a tendance à minimiser toutes les femmes qui ont ce genre de pensée, qui s'en veulent, qui culpabilisent, qui ont des douleurs et qui ne disent rien. Et là, je trouve que d'avoir un endroit où on sait qu'on peut en parler, où on va être écouté, encore une fois. L'écoute active, ce n'est pas donné à tout le monde, clairement pas. Donc, je pense que c'est important comme lieu. Martine, est-ce que toi, tu as senti ce... Maintenant que tu connais Stéphanie, tu as découvert cette possibilité d'être écoutée, c'est quelque chose qui t'aide aussi de te dire, je vais voir une thérapeute parce qu'elle m'écoute, et je sais que quand je vais là, je suis respectée.
- Speaker #2
Ah, clairement. Pour moi, ça a été, je pense, vraiment une... Une découverte et finalement la cerise sur le gâteau de me dire que chaque fois que je vais, parce que voilà, je ne sais pas, des fois je sens que j'ai besoin d'aller, ben tu vas prendre le temps. de m'écouter, de poser quelques questions pour peut-être mieux comprendre, de me laisser le temps aussi de poser une attention. Il y a toujours ce moment-là aussi, on dit un peu où on se situe, qu'est-ce qui ne va pas, qu'est-ce qu'on veut faire, elle pose des questions, tu prends des notes, et puis après, soi-même, on prend aussi le temps pour dire, voilà, mon attention finalement aujourd'hui pour ce rendez-vous, c'est quoi ? Donc c'est vraiment... C'est du temps que pour soi, dans un cocon où on est en parfaite confiance et où on se sent libre, on pourrait même dire, après avoir posé l'attention, je crois que finalement je n'ai rien besoin et puis je m'en vais. Et ça serait ok pour toi. Et tu le dis, c'est vrai que des fois on pense qu'on a besoin de quelque chose et peut-être pas. Et ça c'est génial.
- Speaker #1
Juste le luxe d'être écouté en fait. Ça c'est assez magique. Et aujourd'hui, est-ce que tu savoures différemment alors si tu manges une gourmandise, du chocolat, une pâtisserie ou même ton repas ?
- Speaker #2
Je ne vais pas me mentir, pas toujours. Parce que je me laisse aussi prendre dans le rythme de la vie, le travail, une courte pause. Mais beaucoup plus souvent. Et c'est vraiment des moments précieux, des moments où vraiment je vais dire, maintenant je fais tout ce que j'ai réussi à mettre en place et j'utilise ça. Souvent pour un dessert ou quelque chose comme ça, moi j'aime bien les douceurs, donc voilà, et ça c'est vraiment génial.
- Speaker #1
Et ça a aussi changé ton rapport avec ton intimité ? Oui,
- Speaker #2
parce que moi j'ai jamais été à me cacher ou quoi que ce soit, mais je me suis rendue compte avec Mia que quand même il y avait des petites gènes, et puis qu'avec cette approche un petit peu... ludique et des fois un peu coquine comme ça, ça m'avait permis de lâcher des choses puis de me dire il ne m'arrive rien je ne peux je peux y penser en parler,
- Speaker #1
oser tester des choses et c'est chouette ça c'est assez magique ce genre de retour j'imagine Stéphanie c'est précieux aussi c'est génial de voir que la fleur a éclos moi je suis à chaque fois
- Speaker #3
Épatée de voir déjà dans les premiers rendez-vous, quand je reçois quelqu'un qui doute complètement d'elle, de son potentiel et autres, mais je vois, je ne sais pas, il y a une petite lumière, il y a une petite lueur dans les yeux et je me dis, comment je vais faire pour qu'elle la voie ? Comment je vais faire pour qu'elle la voie ? Et d'entendre aujourd'hui Martine, je me dis, mais c'est magnifique cet épanouissement. Moi, je propose des idées, j'ai des suggestions, il y a plein de possibilités, mais si Martine ne s'investit pas, Enfin, quand il n'y a rien. Et j'aime bien aussi rendre acteurs les personnes qui viennent chez moi. D'ailleurs, je leur fais beaucoup remplir de choses par écrit. D'ailleurs, en chaque séance, je laisse compléter aussi. Qu'est-ce que tu retiens de notre échange ? C'est important pour moi. Ce n'est pas juste que tu es venue chez Stéphanie. Stéphanie a fait son job. Je rentre chez moi. Non. Qu'est-ce que tu as compris aujourd'hui ? Qu'est-ce que tu as ressenti ? Et qu'est-ce que tu vas activer chez toi les prochains jours ? C'est comme ça chez toi Stéphanie, des fois il y a des gens qui me regardent vers de dire, oh mince, je vais devoir faire quelque chose. Alors rien n'est grave, mais je les responsabilise aussi, c'est à eux de changer quelque chose.
- Speaker #1
Oui, c'est aussi important de savoir que quand on veut changer, il faut changer, on ne peut pas changer pour nous à notre place. Non, exact. Ça c'est un pas important. Aujourd'hui Martine, si tu croisais une femme... qui ressent justement un espèce de blocage, quelque chose qui n'est pas très clair, qui pourrait être lié avec son baventre ou non, ou son intimité ou non. Qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire par rapport à ton propre ressenti, donc aujourd'hui ton expérience à toi ?
- Speaker #2
Justement parce que je me sens... Alors déjà, j'ai un corps qui est complètement relié. Ça pour moi, c'est la plus grande... La récompense de tout ce cheminement, de sentir, de ne pas avoir ce bas du corps et ce haut du corps, c'est un ressenti incroyable. Et tout ce cheminement qui m'a donné aussi cette légèreté justement par rapport à cette intimité, c'est moins de gêne. Oui, comme je dis, je n'ai jamais été coincée, mais il y a quand même des choses qui étaient coincées. Et aujourd'hui je suis décoincée, donc voilà, donc c'est chouette, reliée et décoincée.
- Speaker #1
Très bien, et toi Stéphanie, si quelqu'un nous écoute aujourd'hui et se dit « Oh là là, moi jamais j'oserais aller parler de mon intimité comme ça à une inconnue » , qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire ?
- Speaker #3
Qu'on n'est pas obligé de parler d'intimité, on n'est pas obligé de parler de Périnée, on n'est pas obligé de rien du tout, on peut déjà se rencontrer, échanger. Vivre quelques respirations, recevoir un massage corporel. Alors, je ne m'asse pas le périnée, je précise aussi. Mais recevoir un massage, c'est déjà quelque chose, parce que combien ne s'octroie pas le droit de recevoir ? Donc, on n'est pas obligé, vraiment pas. Par contre, j'aime à dire qu'il y a un potentiel non exploré et non exprimé non plus, qui nous appartient. Et j'ai envie d'inviter chaque personne, personne finalement à se connaître elle-même, à découvrir quelle est leur source, leur élan vital, leur ancrage, parce que pour moi c'est une vraie base d'appui solide.
- Speaker #1
Très bien. Alors moi j'ai l'impression qu'on pourrait parler encore des heures, mais on a fait un bon tour de la question déjà. J'aimerais vraiment déjà te remercier Martine pour ta sincérité, d'avoir osé aussi en parler, parce que c'est aussi une étape de le vivre mais ensuite d'oser le partager et de témoigner. Et puis merci aussi à Stéphanie pour ta bienveillance, ton écoute, ton sourire qui est très apaisant. Et puis moi je vous dis à tout bientôt et bien sûr on retrouve tous les liens nécessaires pour te retrouver Stéphanie dans la description de l'épisode. Que ce soit un lien vers ton site internet ou tes pages réseaux sociaux pour pouvoir retrouver ton univers et celui de Mia. Merci. Merci beaucoup. Relier et décoincer, je crois que je n'aurais pas pu trouver plus beau résumé que celui de Martine. Ce que je retiens de cet épisode, c'est que notre corps, ce n'est pas une collection de morceaux. Quand une partie du corps souffre, qu'on la met de côté pendant des années, c'est tout l'ensemble du corps qui le ressent. Je retiens aussi qu'on a le droit d'avancer à son rythme, de dire non, de s'arrêter et que se sentir écouté sans jugement, c'est parfois déjà un premier soin. qu'il n'est jamais trop tard pour se réconcilier avec soi, qu'on ait 30 ans, 61 ans ou 80 ans. Si cet épisode a résonné en toi, Stéphanie Grange t'accueille à Fuyy, à Sion, le jeudi ou en ligne. Elle propose des massages, du travail sur le souffle et la posture et l'univers de Mia avec ses 21 jours de douceur pour renouer avec ton bassin, ton périnée et ton intimité. Bien sûr, rien n'est obligatoire, tu l'as entendu dans cet épisode, c'est toi qui choisis jusqu'où tu vas. Stéphanie est aussi reconnue ASCA et RME, ce qui peut permettre un remboursement par ton assurance complémentaire selon ton contrat. Toutes les infos sont sur le site sport-santé-vs.ch et dans la description de l'épisode. Comme l'a précisé Stéphanie pendant l'épisode aussi, son travail n'est ni de la rééducation périnéale, ni un traitement médical. Si tu as des douleurs pendant tes règles, pendant les rapports ou des douleurs qui t'épuisent, il faut en parler à ton médecin ou à ton gynécologue. Parce qu'avoir mal, ce n'est pas normal et tu as tout à fait le droit d'être entendu sur ce sujet-là aussi. Il y a plusieurs associations qui existent en Suisse, notamment l'association suisse de l'endométriose, qui peut aussi t'informer et t'orienter sur le sujet. Et si cet épisode a réveillé des choses plus lourdes, ne reste pas seul avec ça. Il y a par exemple la main tendue qui t'écoute de façon anonyme 24h sur 24 au 143. Ça, c'est vraiment pour pouvoir déposer les choses qui sont compliquées psychologiquement. Et si toi aussi tu as une histoire à partager, je t'invite à m'écrire à l'adresse parole atmalis.ch. Si cet épisode t'a fait du bien, tu peux aussi l'offrir à une amie, à ta sœur, à ta mère, parce qu'ensemble, on est plus fortes.
- Speaker #0
Prends bien soin de toi et à très vite !