Speaker #0Je m'appelle Laure, je suis sage-femme sexologue libérale et puis j'ai aussi une activité hospitalière dans une maison des femmes parisienne, à la Pitié-Salpêtrière, dans laquelle je suis sage-femme sexologue où je fais des consultations de sexologie. Je fais également des consultations dans le cadre de handi-gynéco, donc je vais vers des personnes en situation de handicap qui vivent dans des structures, ce qu'on appelle des femmes ou des masses, des établissements de santé médico-sociaux. J'ai aussi un parcours universitaire où je donne des cours dans deux facultés parisiennes pour des étudiants de sages-femmes et pour des internes en médecine générale également. J'ai une activité aussi ordinale, je suis vice-présidente du conseil départemental de l'ordre des sages-femmes du Val-de-Marne et ça me tient également à cœur. Ça fait deux ans que j'ai intégré l'ordre des sages-femmes, qui fait aussi partie de mon activité. Puis je suis à l'association professionnelle des sages-femmes pour laquelle on organise les journées post-universitaires et puis les assises des sages-femmes tous les ans en France. Le métier de sage-femme, je ne peux pas dire que c'est une vocation chez moi. Il ne m'est pas apparu assez spontanément. J'avoue que j'ai eu un parcours scolaire assez chaotique. Mes enfants se moquent beaucoup de moi, j'ai redoublé beaucoup de classes. Je ne savais pas trop quoi faire. J'ai commencé des études de médecine, mais je me suis rendu compte très vite que ce n'était pas pour moi. Et donc j'ai passé deux concours, infirmière et sage-femme. J'ai eu les deux et j'ai décidé d'être sage-femme. Mais vraiment pas par vocation, à vrai dire. Et je suis très bien aujourd'hui à ma place de sage-femme. Comme quoi, une vocation, si elle n'est pas au début, elle peut devenir en cours de parcours. Une fois diplômée, j'ai travaillé à l'hôpital public, à l'assistance publique hôpitaux de Paris, dans une maternité parisienne. J'y ai travaillé pendant une dizaine d'années avec un énorme plaisir, avec une réelle entente entre toutes les équipes. Et quand on en parle encore aujourd'hui, que ce soit les infirmières de l'époque, les aides-soignantes ou les sages-femmes, on verse toujours notre petite larme parce que c'était vraiment une époque... Incroyable. La maternité ferme, et là, on nous propose deux autres maternités parisiennes. Moi, je choisis d'aller dans une plus grosse maternité. Au bout de deux ans dans cette maternité, à mi-temps, je me rends compte que ma place, elle n'est pas là du tout, que je suis devenue probablement un peu maltraitante parce qu'il fallait toujours faire des sorties, qu'il y ait de la place, qu'il y ait des lits, etc. Je le dis maintenant avec du recul, je pense que je ne me rendais pas compte à l'époque. Et donc là, je ne trouve plus du tout ma place, donc je décide de m'installer en libérale. Et là, c'est chaud. On n'est pas du tout formé pour le libéral. En tout cas, moi, à l'époque, quand j'ai eu mon diplôme, dans les années 90, c'est une entreprise, un cabinet libéral, je dois tout gérer. Je me lance et je me dis, allons-y, avec la peur de l'agenda vide au début. D'abord, assez classiquement, c'est-à-dire avec des suivis de grossesse, de la préparation à la naissance, de la rééducation périnéale. Il se trouve que c'est le moment, je crois, où il y a de moins en moins de gynécologues médicaux en ville, que les sages-femmes commencent à avoir le vent en poupe sur les suivis gynécologiques de prévention. Et rapidement, je fais plus de gynécologie que le reste. Et j'adore ça, en fait. C'est une autre histoire, entre guillemets. C'est toujours un accompagnement, mais qui est complètement différent. Je me forme en contraception et je commence à poser des DIU et des implants, etc. Et en fait, j'adore ça. Je pense que je prends confiance, en fait. Parce que je pense que dans notre métier, la confiance en soi, elle est absolument le capital, il faut le dire. Et voilà, je propose du suivi gynéco et je crée, je crois, un vrai lien avec mes patientes. J'ai toujours des patientes de cette époque-là qui continuent à me voir, donc c'est fantastique. On fait vraiment un bout de chemin ensemble. Le déclic vers la sexologie, il n'a pas l'air très fun en apparence. En juin 2018, je fais un accident vasculaire cérébral. Je me retrouve en réanimation, hémiplégique, tout ça, tout ça. Et là, je me dis, tu es mortelle. Bon, on me l'avait déjà dit qu'on était mortelle, mais là, je réalise qu'on est mortelle. J'ai 47 ans. Je sors de la réanimation, tout ça, machin. Je rentre dans un long process de rééducation. Et là, je me dis, maintenant, il faut que je fasse ce que j'ai toujours eu envie de faire, et notamment la sexologie. Je me suis libérée probablement de... plein de choses, peut-être sociétales, peut-être culturelles, peut-être familiales, etc. en disant, allez, la sexologie, c'est pour moi, il faut que tu t'empares de ça, c'est ça que tu as envie de faire. Et donc, je me rappelle, j'étais sortie de réa et je dis à ma meilleure amie, que je connais depuis 40 ans, il faut que tu viennes, elle travaille dans les RH, il faut que tu me refasses mon CV, que tu me fasses ma lettre de motivation, il faut que je m'inscrive dans un DU de sexo. Elle me fait tout ça et j'envoie ma candidature et je suis prise. J'étais un peu optimiste, mais néanmoins, j'étais sur les bancs de la fac en octobre 2018, donc quelques mois après mon AVC. J'étais toujours arrêtée parce que j'étais arrêtée pendant un an, avec des gros troubles cognitifs, on a des gros problèmes de mémoire en post-AVC immédiat. Mais je me dis, allez, c'est ça que tu as envie de faire, t'y vas, quoi. Je crois que j'ai toujours été intéressée par la sexualité humaine. C'est absolument passionnant, quoi. Comment est le désir sexuel en l'occurrence ? Comment ça marche le plaisir ? Pourquoi est-ce qu'on a mal ? Et moi, il y a quelque chose qui me passionne beaucoup dans la sexologie, c'est le couple en fait. C'est extraordinaire le couple, surtout quand ça marche. Alors il y a tout le côté douleur, vaginisme, les disparus, tout ça, ça c'est une chose. Mais il y a aussi tout le côté relation affective en fait, ce dont on parle beaucoup aujourd'hui pour éduquer nos enfants. Et je pense qu'il y a un vrai manque là-dessus en fait, sur la relation à l'autre tout simplement. C'est pas juste la sexualité, la sexologie, c'est tout le reste en fait, c'est comment on vit avec l'autre. Et c'est un truc extrêmement compliqué, la personne qui a la réponse, qui m'appelle tout de suite. Donc les cours de DIU de sexo, c'était nous, c'était une fois par semaine, tous les mardis. tard le soir. Et donc, on a des cours sur plein, plein, plein, plein de choses. L'histoire de la sexologie, on a de la psycho, on a tout ce qui est pathologique, mais on a aussi toute la physiologie qu'on oublie souvent dans la sexologie. On parle toujours de problématiques. D'ailleurs, c'est très français de parler de problématiques, mais on peut aussi faire de la prévention. Avant de régler les problèmes des gens, on peut peut-être faire de la prévention. On parle de tout ça. On parle des violences sexuelles, évidemment. On fait aussi du droit, de la législation, de l'éthique. Enfin, c'est très, très, très large en fait, comme programme. Et on a des intervenants qui viennent de milieux très différents aussi. Je pense que c'est très nourrissant, moi, de ne pas être toujours dans le même milieu, avec les mêmes gens qui ont fait les mêmes choses. Déjà, les DIU, ils sont ouverts à plusieurs professionnels de santé. Donc, il y a les sages-femmes, les kinés, les infirmières, les psychologues, les médecins généralistes, les psychiatres, les urologues. Donc, ça, c'est vraiment, moi, je trouve fantastique de sortir aussi du monde de la sage-femmerie et de rencontrer d'autres professionnels de santé. avec peut-être d'autres approches, d'autres façons de travailler. Enfin, je dis tout le temps le réseau, Quand on travaille en libéral, il faut travailler en réseau. Et donc ça, dans le DIU, c'est chouette parce qu'on rencontre plein de gens différents. Donc ça dure trois années. Donc les deux premières années, on est en cours tous les mardis soirs. La troisième année, c'est par week-end et on écrit notre mémoire. J'ai fait un mémoire qui s'appelle « Prise en compte de la sexualité en médecine physique de réadaptation en post-AVC » dans lequel je voulais montrer... l'importance d'une bonne santé sexuelle dans une bonne santé globale et comment on pouvait intégrer la question de la sexualité en post-AVC. Et ça me semblait essentiel, en fait. Et les patients ont été extrêmement enthousiastes en disant, enfin, on nous interroge sur notre sexualité en post-AVC. Merci. Merci de faire remonter ces informations-là. La problématique de ça, c'est le patient, il se dit, si le médecin ne m'en parle pas, c'est qu'il n'y a pas de sujet. Et le médecin, il se dit, si le patient ne m'en parle pas, c'est qu'il n'y a pas de sujet. Tout le monde reste vraiment dans sa position. Mais quel dommage, Parce qu'il y a des études qui montrent qu'une bonne santé sexuelle, ça participe à une rééducation qui va plus vite, en fait. Et ça, je crois que ça a renforcé mon désir d'aborder encore plus la sexualité en consultation de gynécologie, ou de grossesse, peu importe. Je suis intimement convaincue que c'est un sujet tellement tabou, souvent d'ailleurs tabou pour soi aussi, en fait. Tellement tabou, tellement méconnu. Ça a renforcé l'idée qu'il fallait s'investir dans cette partie-là de la vie. Je n'étais pas encore diplômée que la Maison des Femmes de la Pitié-Salpêtrière me contacte, parce que la Maison des Femmes ouvrait et avait besoin d'un ou d'une sexologue pour faire les consultations des femmes victimes de violences. C'est tout type de violences, je précise, ce ne sont pas que des violences sexuelles. On propose ce poste, je dis oui. Et donc me voilà embarquée dans une de mes journées de consultation de sexologie. Alors on va faire un point presse tout de suite. La sexologie n'est pas une profession reconnue par le Code de la santé publique. Le DIU est reconnu par le Conseil national de l'ordre des sages-femmes. Mais en gros, ce DIU est là pour nous aider dans notre travail de sages-femmes. Donc je suis toujours sages-femmes sexologue. Je ne suis pas que sexologue. Donc je suis sages-femmes sexologue à la pitié. Donc je reçois des femmes victimes de violences. Et puis au début, très honnêtement, je pense que je tâtonne en fait. Mais je pense vraiment que je fais avec ce qu'on me donne réellement, avec la matière que les patients apportent. Et encore une fois, comme je suis sage-femme depuis longtemps, ça me permet quand même de travailler, d'aider les femmes. Au début, essentiellement, des femmes avec des violences migratoires et donc des violences sexuelles. Et voilà, je les aide comme je peux avec mes outils, mais avec évidemment une vraie prise en charge psychologique, voire psychiatrique à côté. Parce que c'est des femmes qui ont des états de stress post-traumatique très, très importants. L'objectif étant d'avoir une sexualité... le plus épanouie et satisfaisante pour elles, avec leur culture, avec parfois leur mutilation génitale. Enfin, tout ça est à prendre en compte, évidemment, dans la sexologie. Voilà, et en parallèle, au cabinet, je reçois quand même des femmes qui ont des problématiques, beaucoup de vaginisme, en fait. Alors, ça ne représenterait que 6% de la population des femmes en France. Cependant, quand on commence à suivre des femmes vaginiques, on en a pas mal. D'autant que je le dis, c'est pas du tout pour dire que je suis passée à la télé, j'en ai rien à faire. Mais je suis passée une fois à la maison des maternelles pour en parler. Et du coup, ça m'a vraiment amené énormément de patientes qui souffraient de vaginisme. Je dis qui souffraient parce qu'elles guérissent toujours. J'en profite pour le dire. Si elles sont prises en charge correctement et si elles ont un objectif, j'ai envie de dire personnel, et si elles ne le font pas pour quelqu'un d'autre, ça marche très bien le traitement du vaginisme. Et donc, je prends en charge des patientes vaginiques. Mais je prends en charge au décours de mes consultations aussi des patientes qui ont des douleurs, notamment postpartum, ça c'est assez fréquent. Des patientes qui sont ménopausées, qui croient parce qu'on leur a dit que quand on était ménopausée, on était toute sèche et qu'on n'avait plus de désir. Donc je travaille beaucoup là-dessus sur la ménopause également, parce que je suis dans les âges aussi. Et donc voilà, ça m'a apporté aussi d'autres billes pour prendre en charge les femmes. Une consultation de sexologie, c'est plus long. Je crois qu'il faut laisser véritablement le temps de la parole, le temps de pouvoir dire des mots M-O-T-S, M-A-U-X. C'est très difficile, je pense, d'aller consulter un ou une sexologue, en fait. Parce qu'on va parler de choses très intimes, dont on ne parle pas, parce qu'encore une fois, c'est extrêmement... tabou, en fait. Et parfois, c'est des choses qui sont ancrées depuis des années, des années, voire des dizaines d'années. Et c'est compliqué, en fait, de venir voir quelqu'un pour dire « ben voilà, j'ai mal à chaque fois que j'ai un rapport sexuel avec la personne avec laquelle je vis. J'ai pas de désir. » C'est dur, en 2025, de dire « j'ai pas de désir, en fait » , parce que la sexualité est très normative. On est censé avoir tant de rapports par semaine, on est censé avoir des orgasmes. Merci, elle, Marie-Claire, Biba et je ne sais qui. Je crois que la sexologie, fondamentalement, c'est d'abord l'éducation à la sexualité. Si on était éduqués à la sexualité, si on sortait à la sexualité de tous ces tabous, si on arrêtait de dire aux petites filles « c'est dégueulasse de se toucher quand elles se touchent » , les gens iraient beaucoup mieux dans la sexualité. Et la sexologie, c'est vraiment ça. C'est laisser du temps aux gens de poser des mots, de dire leurs plaintes et d'essayer de comprendre quel est leur objectif. Enfin, je ne sais pas, une patiente qui n'a pas de désir, mais qu'est-ce que vous voulez en fait ? De quoi vous avez envie, vous ? Il y a des patientes qui répondent, en fait, j'ai peur que mon mec aille voir ailleurs, donc je viens consulter. Ou je ne me sens pas comme les autres, ou je n'ai jamais joui, etc. Et donc, on fait surtout de l'éducation, mais vraiment, on explique la physiologie. Et moi, j'insiste beaucoup sur la physiologie, ce qu'on appelle la réponse sexuelle, c'est comment ça se passe, pourquoi j'ai envie. Pourquoi j'ai pas envie ? Et pourquoi j'ai pas envie ? On essaie de décortiquer, de réfléchir au couple, évidemment. Qu'est-ce qui se passe dans le couple ? Qu'est-ce qui se joue dans le couple ? Qu'est-ce qui se joue dans la sexualité ? Comment ça se passe à côté de ça, dans le couple ? Il n'y a pas que la sexualité. Il y a tout ce qu'on appelle la charge mentale, mais je vois pas comment on peut pas parler de charge mentale quand on parle de sexualité aujourd'hui. Donc voilà, on prend beaucoup de temps. Et je dis toujours aux patientes, ici, il n'y a pas de gros mots. On peut dire tout ce qu'on veut. Il y a zéro jugement, parce qu'elles ont peur, en fait, de parler de ça. J'ai moi parfois des femmes vraiment âgées en consultation de gynéco, je leur parle de leur sexualité, elles sont toujours très surprises. Elles disent, c'est la première fois qu'on m'interroge en fait. Donc laisser du temps, discuter, parler, essayer de reformuler je crois et de comprendre pourquoi les gens viennent ici et maintenant. Je pense que ça c'est vraiment important. De quoi j'ai envie pour moi, réellement pour moi. Pourquoi vous venez en fait ? Qu'est-ce que vous attendez de moi ? Alors elles sont souvent surprises. Ce matin j'en ai d'ailleurs eu une à la pièce salpêtrière qui m'a dit « Ah bah je pensais pas que vous alliez me demander ça en fait, ce que j'attends de vous. » Donc je ne m'étais pas interrogée. En fait c'est ok, on a le temps. Et si c'est pas aujourd'hui la réponse, d'ailleurs la réponse n'a pas été aujourd'hui, vous me la délivrerez à un autre moment. Je dis souvent aux patientes, ce moment-là où on va discuter de sa sexualité, c'est un peu comme si on faisait un pas à côté de la route là et qu'on s'attardait sur un sujet en particulier, sur lequel on s'attarde peu. Les gens réfléchissent peu à leur sexualité en fait. Pourquoi est-ce que j'ai des rapports sexuels ? À quoi ça sert pour moi en fait ? Qu'est-ce que ça m'apporte ou qu'est-ce que ça ne m'apporte pas ? D'ailleurs, il y a beaucoup de femmes qui disent en fait, si je n'avais pas de rapport sexuel, ça ne me dérangerait pas. On entend beaucoup ça. Le couple tombe très vite dans une routine. Alors en sexologie, on dit que la lune de miel dure six mois. Il ne faut pas la rater. Si les gens en fait prennent leur sexualité pour acquise tout le temps, c'est comme tout je crois dans la vie. Il faut réinventer toujours son couple en fait. On tombe dans cette routine, dans ce quotidien avec le travail, la vie à 2000 à l'heure. Si on ne se pose jamais, on n'a plus de désir en fait. Après, peuvent s'ajouter des enfants, un déséquilibre au niveau de la charge mentale. Et quand on fait deux, trois journées dans la même journée, le soir, qu'est-ce qu'on fait ? On va se coucher et on dort. Voilà, moi je pense qu'il est primordial d'interroger, ne serait-ce que son rapport à l'autre en fait. Où j'en suis aujourd'hui dans mon couple ? De quoi j'ai envie ? Qu'est-ce qui me ferait vibrer en fait ? Et ça c'est pareil, les femmes répondent et moi j'ai juste parfois envie qu'ils me prennent dans ses bras. Et on sent comme un décalage, mais comme il n'y a pas de communication, on sait rarement s'il y a un décalage. La clé de voûte du couple, c'est partout pareil, c'est la communication déjà. Dire ce dont on a envie, poser ses limites, poser son cadre à soi, avoir des moments d'intimité que si on en a envie. Il n'y a rien d'obligé dans la sexualité. Je reste assez persuadée que les femmes portent une certaine culpabilité. il y a une espèce de dû en fait, il y a beaucoup de femmes qui ont l'impression que c'est un devoir il y a encore beaucoup de femmes qui ne savent pas comment dire non, quand on interroge des gens où commence ou finit un rapport sexuel on entend encore, il se termine quand l'homme a éjaculé, il commence quand l'homme pénètre quoi, donc moi j'essaie de travailler là-dessus sur la déconstruction, sur le vrai rôle de la sexualité non pénétrative il faut effectivement éduquer les hommes, mais il faut aussi je crois éduquer les femmes et leur permettre de se saisir aussi de la sexualité non pénétrative Merci. Je dis souvent, en riant à moitié, que si c'était la pénétration qui faisait jouir les femmes, ça se saurait depuis longtemps. Et que maintenant, il faut l'expliquer aux hommes, en fait. Je crois que j'essaie, en fait, avec la femme que je reçois, d'essayer déjà de comprendre ce qu'est la sexualité pour elle. Je dis souvent, par exemple, on peut demander, est-ce que vous êtes satisfaite de votre vie sexuelle entre 0 et 10 ? En général, ça fait marrer. On peut rentrer là-dessus. Ah ok, vous avez mis 4, mais alors qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que vous avez des douleurs ? Les principaux motifs de consultation, c'est en gros, j'ai pas de désir, j'ai pas de plaisir, et puis j'ai des douleurs. Globalement, c'est ça. Ah bah j'ai quatre parce qu'en fait, j'ai pas tout le temps envie. Ou alors, le grand mythe, les hommes ont plus envie que les femmes. Pas du tout, mais ça c'est Ça c'est un truc qui date d'il y a 2025 ans. Non, je crois pas que les hommes aient plus envie. Que les hommes soient plus disponibles dans leur vie. pour avoir envie, c'est une chose, mais je crois pas en fait, parce que je rencontre aussi des femmes qui sont épanouies sexuellement, je rencontre même des femmes qui ont plus envie que leurs partenaires et ça pose un problème aussi dans ce sens-là. C'est pas que la femme s'empêche, c'est souvent qu'elle a autre chose à faire. Elle est prise dans sa journée, elle fait un milliard de trucs, le soir elle se couche, elle a encore une liste d'un milliard, etc. Non, non, je crois pas. Et d'ailleurs, les femmes qui ont une problématique sexo dont elles se débarrassent, qui ont travaillé là-dessus et qui reprennent, je crois, leur sexualité en main, elles ont du désir, autant que leurs partenaires. Et non, non, ça ne pose aucun problème. Donc voilà, moi, j'aime bien demander aux femmes qu'est-ce que c'est un rapport sexuel ou un moment intime pour elles. Parce que les gens disent « j'ai eu trois rapports le mois dernier » . Pour moi, ça ne veut rien dire, j'ai eu trois rapports le mois dernier. Ça sous un temps pénétratif, on a tous compris. Mais ça déjà, je trouve qu'on est biaisé dès qu'on dit ça, en fait. Donc de réfléchir à ça. Qu'est-ce que c'est un rapport sexuel pour vous ? Est-ce que vous aimeriez que ça se passe différemment ? Et voilà, essayer de comprendre ce qui se passe, comment elles ont été éduquées, ça me paraît absolument essentiel. L'éducation à la sexualité, dans la famille, dans ma culture, etc. On parle beaucoup de ça. et vraiment comprendre ce que j'aimerais pour ma sexualité. Ce matin, j'ai posé cette question à une jeune femme originaire du Sénégal, victime de violences conjugales. Elle a réussi à quitter le père de ses enfants, à divorcer, à avoir une pension alimentaire, etc. Et elle m'a dit en se marrant, avant quand je vivais au Sénégal, je croyais que c'était que pour faire des enfants. Et maintenant, j'ai compris que c'était pour avoir du plaisir. Et là, je lui ai dit, vous avez tout compris en fait. Et elle a fait son chemin. toute seule. Elle a 37 ans et elle a réfléchi à ça, mais vraiment en conscience en fait. Et d'ailleurs, à la question si vous retrouvez un homme, comment voulez-vous qu'il soit ? Je veux qu'il me respecte. Et j'ai trouvé ça super, quoi. Alors, je dis souvent quand même, quand il y a une problématique sexuelle dans un couple, évidemment il n'y a pas un partenaire responsable. Donc, il peut m'arriver de rencontrer le couple, en fait. D'ouvrir la parole aussi de la partenaire pour voir ce qu'on peut faire ensemble, en fait. comprendre les ressources de chacun, je crois que ça permet de faire avancer la problématique sexologique. Encore une fois, il se joue plein de choses dans un rapport sexuel. Et je pense que quand on arrive à exprimer ce qu'on aimerait, ce qu'on n'aimerait pas, quand on se défait un peu de tout ce carcan culturel, sociétal, les femmes ont quand même beaucoup de culpabilité par rapport au plaisir, vraiment beaucoup plus que les hommes. C'est en train de changer dans les plus jeunes générations. Mais voilà, le plaisir, oulala, oulala, pas prendre de plaisir, quoi. On se rend compte que quand les femmes arrivent à déconstruire, à s'informer, en fait, et c'est ce que font les très jeunes générations, parce qu'il y a quand même maintenant des comptes Instagram super, des livres super, etc., elles sont absolument bluffantes, quoi. Mais vraiment absolument bluffantes. Moi, j'adore, je veux dire, genre 55 ans, j'ai des gamines de 20 ans qui sont libérées, qui... alors pas toutes, hein. mais qui sont libérés, qui arrivent à parler de sexualité comme ça, qui ont moins ces problématiques d'orientation sexuelle, de mettre dans des cases, etc., qui sont OK pour avoir du plaisir. L'auto-érotisme, ça fait partie de leur vie complètement et ce n'est pas du tout une honte. On est vraiment dans un moment de changement. Il est en train de se passer quelque chose. Tout n'est pas réglé, mais il se passe des choses. Et je trouve ça fantastique. Avant-hier, j'ai reçu un SMS et des photos d'un bébé, d'une patiente que j'ai connue il y a plusieurs années. Elle était jeune, elle est venue me voir parce qu'elle était impénétrable. Et je me souviens d'elle comme si c'était hier. Elle remuait tout le temps, Elle ne tenait pas en place sur sa chaise, c'était fatigant. D'ailleurs, je lui ai dit vite, oulala, oulala, vous me fatiguez là. Asseyez-vous, respirez, calmez-vous, on n'est pas pressé, on a du temps. Vous allez me raconter ce qui vous arrive, etc. Elle était en région parisienne, elle travaillait beaucoup. Sa carrière était essentielle pour elle. Donc elle avait essayé, je crois avec un ou deux partenaires, des rapports sexuels avec pénétration et ça n'avait jamais fonctionné. Donc je lui ai proposé un suivi pour vaginisme. Elle était vaginique primaire depuis le début de sa vie sexuelle. Elle était toujours très impatiente. Et moi les patientes, je les vois une fois par mois parce que je crois qu'il faut que les choses infusent à la fois dans le cerveau et dans le corps. Et je crois qu'il faut qu'elles aient le temps de réfléchir à ça, notamment chez les patientes vaginiques. on réfléchit sur qu'est-ce que ça veut dire d'être pénétré. Une question qu'on ne se pose jamais non plus, mais avoir un morceau de quelqu'un d'autre en soi, quand on le dit comme ça derrière un bureau, on peut se dire, tiens, c'est quand même bizarre comme truc. Donc, elle a beaucoup réfléchi à ça. Après, on a travaillé un peu sur sa famille, ses parents, tout ça. Ça marchait super bien, en fait. On travaille avec ce qu'on appelle des dilatateurs, mais que j'appelle des relaxateurs, parce que j'ai une patiente qui m'a dit, dilatateur, c'est vraiment trop moche, donc on va dire relaxateur, c'est beaucoup mieux. Et elle avançait, elle avançait, et puis un jour elle revient, et puis elle me dit, je me suis mise au yoga. Waouh ! Et elle s'est calmée, elle s'est calmée, elle s'est apaisée, elle a vachement réfléchi, elle a pris un peu de distance par rapport à son travail. Elle était toujours un peu en disant, ah mais je sais pas si ça va marcher, je me demande, etc. Pas tellement confiance en elle. On travaille beaucoup la confiance en soi, en sexologie, je ne l'ai pas précisé, mais la confiance en soi pour... Un rapport sexuel satisfaisant pour soi, je pense qu'il est absolument essentiel. Parce qu'il faut se présenter devant quelqu'un, souvent nu. Enfin bon, voilà, la confiance en soi et l'estime de soi, c'est absolument essentiel. Et elle, elle a vraiment pris confiance en elle. Et donc un jour, elle vient, elle s'assoit, elle me dit « Laure, j'ai rencontré un mec. » Je ne sais pas, mais ça se passe trop bien et tout. Je dis super et tout. Et bon, peu de temps après, elle a été guérie. Et donc, il y a deux jours, elle m'a envoyé un message. Elle m'a dit j'ai accouché. J'avais eu d'autres nouvelles avant en disant voilà, on est en couple. Ma sexualité est épanouie. Je n'ai aucun problème. Elle m'a marquée parce que je la revois encore sautant partout, très, très agitée. Et elle n'arrivait pas à se poser, à réfléchir à elle, à se donner du temps pour elle. Et là, elle a été obligée. Parce que quand elles viennent comme ça, elles ont un peu des exercices à faire, les patientes qui souffrent de vaginisme. Elles doivent travailler avec leur relaxateur à la maison, etc. Moi, je m'en fous si elles ne le font pas. Je ne suis pas maîtresse d'école. Mais en même temps, si elles ne le font pas, elles ne vont pas progresser. Puisqu'il faut que le corps s'habitue, que le cerveau se décontracte, que tout s'apaise, que tout vraiment redescende comme ça. Et elle, elle s'est apaisée au fil du temps. Elle est devenue une autre femme. D'ailleurs, elle me dit maintenant, je fais toujours du yoga. Et là, elle me dit, mon bébé est d'un calme. Et donc, je me suis marrée. Je lui ai fait un message en disant... Mais ça, c'est incroyable que Zébulon ait fait un bébé hyper calme, qui est hyper souriant. Et voilà quoi. Alors, on travaille beaucoup sur la perception de son corps. Il y a des outils que les patientes achètent, en fait, elles se les achètent, et puis donc chacune a son kit, et on travaille ensemble. Moi, je fais dessiner les vulves, en fait. C'est assez intéressant de voir la représentation que les femmes ont de leurs propres vulves. Alors, aujourd'hui, il y a des biais, parce qu'avec les réseaux sociaux et les jeunes patientes, elles savent à quoi ressemble une vulve, ce qui n'était pas le cas de ma génération. Malgré tout, je leur dis, je veux que vous me dessinez votre vulve. C'est important de voir comment vous la voyez. Souvent, elles ne l'ont jamais vue en vrai. Moi, je travaille beaucoup avec un miroir, d'essayer de sortir souvent de cette dysmorphophobie. Elles ont une image de leur vulve, elles ont l'impression qu'elles n'ont pas de trou. Et en même temps, ça tombe bien, parce qu'il n'y a pas de trou. Je veux dire, on ne voit pas de trou. D'ailleurs, quand elles voient leur vulve, elles disent « je ne comprends pas, je n'ai pas de trou. Si je n'ai pas de trou, je ne peux pas être pénétrée. » Ok, on va tout reprendre. Dites-moi ce que vous voyez, les lèvres, le clitoris, tout ça. Maintenant, elles savent. Les plus jeunes, elles savent. On travaille là-dessus, on travaille beaucoup sur la respiration, qui permet quand même une certaine relaxation. Ça, les sages-femmes, elles savent faire. Toutes les sages-femmes peuvent accompagner les patients de vaginique, je crois. La respiration, le travail au miroir, ça, c'est ce qu'on fait aussi dans la rééducation périnéale. Puis ensuite, on va travailler avec les relaxateurs et on va leur montrer littéralement, parce que c'est pareil, moi, je travaille au miroir, que quelque chose peut rentrer dans leur vagin. Et alors ça, c'est toujours... Souvent, elle... Elle pleure quand elle voit ça. Elle se dit, mais ce n'est pas possible. Jamais rien n'est rentré. Vous voyez que c'est possible. Je leur montre, elle voit avec le miroir que c'est à l'intérieur, qu'elles n'ont pas mal, que ça ne brûle pas. C'est plus ou moins long selon les patientes. Tout dépend un peu du pourquoi et depuis combien de temps c'est installé. Grosso modo, quand on est une femme, qu'est-ce qu'on entend sur la sexualité ? On n'est pas éduquée et en plus, on nous dit, tu vas avoir mal la première fois, la fameuse première fois, qui implique une pénétration. La première fois égale pénétration. Est-ce que c'est ça la première fois ? Je ne sais pas. Tu vas avoir mal, tu vas saigner, tu risques d'attraper des IST, et puis tu risques d'avoir une grossesse non désirée. Franchement, pour y aller, il faut avoir très très très envie. Moi, je trouve que c'est ça qui ne va pas. J'étais au ministère de la Santé, parce que j'ai parti du COPIL, la stratégie nationale d'orientation de santé sexuelle, bref. Il y a un gynéco qui était là et qui a dit, à quel moment on parle de plaisir ? Si on voit la sexualité toujours par un prisme négatif, et surtout par un prisme de risque, Je ne dis pas qu'il ne faut pas en parler, ce n'est pas ce que je dis. Mais il faut dire aussi aux jeunes, et donc aussi aux patientes vaginiques, le sexe, ça peut donner du plaisir. Puisque la finalité de la sexualité, en dehors de faire des enfants, mais ça c'est très peu de fois dans sa vie, c'est quand même d'avoir du plaisir. Et c'est ça qu'il faut faire comprendre aux patientes, notamment aux patientes vaginiques. En fait, elles prennent confiance en elles, elles n'ont plus peur. Souvent, elles sont avec des partenaires très gentils, ces patientes-là. En sexologie, on les appelle des nounours, un petit aparté. Il m'est arrivé à plusieurs reprises. de suivre des patientes pour vaginisme, elles guérissent sans aucun souci. Et elles reviennent, je dis, qu'est-ce qui se passe ? Et elles me répondent, en fait, depuis que je suis guérie, mon mari n'a plus d'érection. Je pense qu'une des premières explications, c'est le fait que le partenaire n'assume pas son orientation sexuelle. Et que finalement, ces problématiques sexo en miroir, en fait, « je ne suis pas pénétrable et je vais arrêter de bander quand tu vas l'être » , ça peut parfois être expliqué par le fait que je n'assume pas mon orientation sexuelle. Après, chez certains hommes qui n'ont plus d'érection quand leurs femmes sont pénétrables, c'est pareil, il y a une vraie problématique d'éducation à la sexualité, une peur du corps de la femme. Mais par méconnaissance, je pense, la plupart du temps, vraiment par méconnaissance. Après, il y a tout un travail à faire, en général, et psychologique et sexologique. Et donc, j'adresse facilement. Alors, j'ai plusieurs thérapeutes dans mon chapeau, si je puis dire. Et j'essaie de réfléchir à la meilleure personne pour la personne. Je travaille avec une thérapeute de couple aussi. Ça me paraît essentiel, de travailler avec des thérapeutes de couple. Parfois, il faut les deux, en fait. Donc voilà, il faut s'entourer quand on est sage-femme. et sexologues d'autre part, de personnes bienveillantes, tout comme je travaille avec des gynéco-bienveillants, et que ça se passe très bien, il n'y a pas de problème. Il faut avoir un neurologue, un cardiologue, un dermatologue, il faut travailler ensemble. Et ça, je le dis aussi aux sages-femmes, quand je parle dans des congrès, je dis aussi, il faut se sentir légitime en tant que sage-femme. Interroger les femmes sur leur sexualité, c'est essentiel, la sexualité, pour être bien dans sa vie. Donc, interrogez-les. On est hyper doués là-dedans. Et il ne faut pas avoir peur des gros mots comme vaginisme, disparonie, libido, tout ça. Et si vous ne savez pas, il suffit juste de le dire. Je ne sais pas, mais je peux me renseigner ou je vais appeler un tel ou un tel ou un tel et où je vais me former en fait. Les sages-femmes sont pleines de ressources. Moi, je suis persuadée que les sages-femmes sont le maillon essentiel de la médecine en France. Certaines sages-femmes pensent qu'on nous demande de plus en plus parce qu'il y a de moins en moins de médecins. Je pense à l'IVG chirurgicale. Mais moi, je ne vois pas ça du tout comme ça. Je vois qu'effectivement, on augmente nos compétences. Et tant mieux si on a attribué l'IVG chirurgicale au sage-femme. C'est que, un, on est compétente, une fois qu'on est formé. Et c'est tant mieux pour les femmes, en fait. Et c'est comme ça qu'il faut le voir. Puisque, en finalité, c'est quoi qui nous importe ? C'est que les femmes soient en bonne santé, en fait. Pour la vaccination, c'est pareil. Il faut vacciner. On a cette chance de pouvoir vacciner tout le monde. Mais faisons-le. Oui, il y a moins de médecins, mais on s'en fout de pourquoi on nous donne la vaccination. Le fait est qu'on peut le faire. Et quand on vaccine des gens, on peut souvent après les voir en consultation. Moi, je fais des bilans de prévention CPAM et je récupère des suivis gynécologiques de femmes qui n'ont pas vu de personnes en gynécologie depuis parfois 15 ans, 20 ans. Enfin, je veux dire, je pense qu'il faut se saisir de tout ça. Mais ce n'est pas contre, c'est pour les femmes en fait. Mon prochain grand défi, c'est d'attirer dans mon cabinet des jeunes hommes de moins de 26 ans pour faire la consultation, contraception, prévention. Pour faire de la prévention, mais pas que de la prévention. Attention, tu peux urophiler ou attraper un chlamydia ou un gonocoque, HIV, CIV, etc. Pour expliquer, en fait, les jeunes hommes n'ont pas d'espace dans lesquels ils peuvent aller parler. Quand on a 25 piges et qu'on est un mec, est-ce qu'on va aller voir un neurologue ? Je ne crois pas. Donc, les sages-femmes, mais ça vraiment, ça c'est mon truc 2026, c'est mon nouveau projet, d'attirer, alors j'en attire par le biais de leurs copines, en fait, mais c'est vrai que quand on a 22, 23 ans, de se dire qu'on va aller voir une sage-femme, c'est un peu curieux, mais on voit les jeunes femmes, quand elles sont en couple hétérosexuel, on leur dit, ah bah tiens, dis à ton copain de venir me voir, on va reparler vaccination, garde-asile, donc voilà, on les attire comme ça. On refait le check sur tous leurs vaccins, s'il manque des vaccins, on peut leur en parler, on peut leur expliquer. je suis sage-femme, je connais la vaccination et il va revenir le gamin, il va revenir et il va être vacciné et c'est comme ça qu'on va y arriver. Première fois moi je vois des jeunes filles qui n'ont pas encore leurs règles mais comme je connais la maman, elle me dit tiens, est-ce que t'es ok pour que je te la mène ? Bah si elle est ok, oui elle vient me voir et puis après moi je leur dis si t'as des questions, tu sais tu peux m'envoyer un mail directement, si maman n'est pas là c'est pas grave, enfin voilà quoi. Et c'est aussi comme ça qu'on va dézinguer plein d'idées fausses en fait, sur les premières règles, sur la sexualité, sur les rapports amoureux à l'adolescence, tout ça Si on les capte très tôt, ces jeunes filles-là et ces jeunes garçons un jour, on va leur permettre d'avoir une vie sexuelle beaucoup plus épanouie. Parce qu'il y aura moins de tabous, parce qu'on leur aura parlé de choses intimes, de nommer les choses. Zizi, Zezette, tout ça, il faut arrêter. Pénis, vulve, anus, on dit nez, bouche, yeux. Donc, un juire, ça passe par là. Tout là aussi, la prévention des violences sexuelles chez les enfants, ça passe par utiliser un vocabulaire adéquat. Autre cas, les patientes de plus de 40, 50 ans qui sont en nouveau couple. Elles ont été en couple pendant longtemps, etc. Moi, je leur dis, t'as fait les IST, bien sûr. Elles répondent, alors, j'ai 50 ans, pourquoi faire ? Ah bon, parce que donc le chlamydia, le gonocoque, tout ça, ça s'arrête à quel âge exactement ? Et donc, je leur dis, tu dis à ton mec de venir en consultation et je vais lui prescrire. Alors maintenant, on peut y aller directement dans un laboratoire, mais on refait le point aussi sur tout ça, en fait. On a le droit. de recevoir des personnes dont le numéro de sécurité sociale commence par 1. On a le droit, en fait, de faire de la prévention des IST et les traitements de première intention. Donc ça, c'est un décret qui date de 2022 maintenant. On a le droit de les traiter quand leur partenaire a un CLAM ou un GONO. On les traite, ce qui veut dire qu'on les voit en consultation. On ne fait pas des ordonnances à l'aveuglette. On ne prescrit pas des sérologies et des dépistages des IST à l'aveuglette. On reçoit la personne, on cote une consultation parce qu'on est une profession médicale et on n'est pas au rabais. Il y a des sages-femmes qui parfois disent « Je fais l'ordonnance comme ça sans voir le type. » Pardon, mais non, aucun médecin ne ferait ça. Nous, il faut qu'on reste droite dans nos bottes. Le mec prend un rendez-vous comme tout le monde, on fait un interrogatoire, il paye sa consultation, je lui donne ses ordonnances, je le traite si sa partenaire a un clameau ou un gonneau. Je le traite, je n'attends pas les résultats. Et je vois comme ça tous les partenaires de la femme, s'il y en a plusieurs, et je cote mes consultations. Et on a le droit. Ça y est, les décrets sont parus en 2022, donc ça fera 4 ans en mars 2026. Donc on y va, mais surtout on cote. Il faut qu'à la sécu, ils voient que les sages-femmes cotent des cartes vitales qui commencent par 1. Il faut y aller, il faut le faire. Mon autre projet de 2026, c'est d'essayer de monter des ateliers, des cercles de femmes, comme on dit aujourd'hui, on parle de cercles de femmes, des ateliers de parole autour de la sexualité. Alors d'abord de femmes, puis d'hommes. En vrai, j'aimerais beaucoup pouvoir, alors sous quelle forme juridique, je ne le sais pas, mais vraiment des endroits safe où on peut aborder la sexualité. complètement librement et sereinement, en fait. Donc avec un professionnel, en l'occurrence moi, qui a certaines réponses. Je n'ai pas toutes les réponses, mais j'ai certaines réponses. Quand on est jeune femme, parler des débuts de sa sexualité, quand on est femme ménopausée, parler de ce que je vis à la ménopause, ou des femmes qui ont eu des cancers du sein, par exemple, etc. J'ai beaucoup de mes patientes qui me disent « Alors, c'est quand ? Alors, c'est quand ? Alors, c'est quand ? » C'est bientôt. Mais ça, vraiment, je pense que c'est important. L'éducation à la sexualité, c'est... je crois que ça sera ça jusqu'au dernier jour de ma vie parce qu'on se rend compte que c'est vraiment trop important il y a trop de lacunes, on a pris trop de retard en France alors on cite souvent le Canada tout n'est sans doute pas parfait au Canada mais quand même, c'est pas du tout le même prisme sexe, sexualité c'est tabou, les gens se marrent alors on doit garder un jardin privé, on parle pas de sa sexualité à tout le monde, mais puisqu'on demande aux gens, est-ce que vous prenez des médicaments est-ce que vous avez déjà été opéré pourquoi Pourquoi est-ce qu'on ne leur demanderait pas, alors en leur demandant s'ils sont d'accord, puisque ça reste encore un tabou, est-ce que vous êtes d'accord pour parler de votre sexualité ou pas ? Et en fait, les femmes, elles disent, bah oui, bien sûr, personne ne m'en a jamais parlé. Et donc, c'est pour ça, encore une fois, que je pense que les sages-femmes, il faut qu'elles s'en saisissent, en fait. On est là tout le temps, à toutes les occasions de la vie des femmes. Tout le temps, On est central, il n'y a pas d'autre mot, on est central. Et je voulais qu'aux copiles de santé sexuelle, du ministère de la santé, il y ait des sages-femmes. Alors, c'est des stratégies nationales autour de la santé sexuelle qui ont été définies en 2017 par notre président de la République, qui courent jusqu'en 2030. Et en fait, on travaille sur les orientations autour de la santé sexuelle en France. Donc, tout ce qui est prévention, tout ce qui est éducation. Alors après, il y a d'autres thèmes comme l'outre-mer, le chemsex, toute la recherche autour de la santé sexuelle. Enfin, il y a six items. Et donc là, il y a des sages-femmes, enfin. depuis 2017 il n'y en avait pas et il y a enfin des sages-femmes et donc j'ai été désignée par le CNP Magnétique pour faire partie de cette commission avec une suppléante qui s'appelle Claire et on va oeuvrer en fait pour la santé sexuelle en France d'un point de vue des sages-femmes en fait donc là encore une fois, on a toute notre place là-dedans quoi. J'aime que les femmes deviennent actrices en fait, à la fois de leur suivi médical, combien de femmes disent je sais pas, on m'a fait des trucs, je sais pas quoi le gynéco, je sais pas ce qu'il a fait, j'ai pas mis frottis on m'a jamais donné les résultats Merci. Et en termes de santé publique, ça me semble complètement délirant. Si on considère qu'on vit dans une société patriarcale où l'homme domine encore, c'est une réalité, l'homme avec un petit H. Et si nous, les femmes, on est toujours moins bien payées, beaucoup moins bien payées, si on n'a pas encore notre place partout, si les grands patrons ne sont pas des grandes patronnes, c'est tout ça qu'il faut changer. Et d'être acteur, mais véritablement actrice de sa sexualité, il y a tellement de choses qui se jouent dans la sexualité. Devenir actrice de ça, c'est prendre sa véritable place, la place qu'on a envie d'avoir. et de ne pas forcément subir, en fait. De prendre le lead là-dessus, ça me paraît absolument essentiel, quoi. Et d'arrêter cette domination qui se joue aussi dans le lead ou ailleurs, très clairement. Il faut oser. Je pense que quand on devient actrice de sa sexualité, on devient une femme puissante. Et quand on a compris ça, je crois qu'on change complètement de vision sur plein de choses, et qu'on va mieux, en fait. Vraiment mieux.