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Merci. Bienvenue dans la voie des mondes reliés. Je suis Marie Tamoifo. Ici, chaque histoire est un pont. Un pont entre les femmes, les mémoires, les territoires et les futurs. La voix des mondes reliés, le pont aux sommets, entre deux rives. Ce matin-là, les habitants d'à côté dormaient encore. Mais moi, j'avais déjà le cœur qui battait plus fort que l'horloge. Il y a des départs qui ne sont pas de simples voyages. En fermant la porte, j'ai eu l'impression de fermer un chapitre pour en ouvrir un autre. J'ai vérifié mon sac, l'eau, la veste, les lunettes, quelques fruits, mon appareil photo, un peu de nourriture et mes écouteurs bien évidemment. Et puis, ce petit quelque chose qu'on n'écrit jamais sur la liste, l'envie d'aller voir. Nous sommes partis de Pau avant l'aube. Deux silhouettes dans la lumière bleue, mon conjoint et moi. Dans la voiture, quelque chose vivrait déjà en moi, une attente douce. comme si la montagne m'appelait par mon prénom. Je porte en moi deux noms. D'un côté, la terre rouge de mes ancêtres, Batcham, là où j'ai appris la force de la terre. De l'autre, cette terre bernaise, PAU, qui m'a accueillie avec une bienveillance inattendue. Je ne suis ni tout à fait d'ici, ni tout à fait d'ailleurs. Je suis ce pont qui relie les deux. Ma présence ici, Ce n'est pas seulement habiter un lieu, c'est tisser un lien entre ces deux hémisphères de mon âme. Et dans ce départ, je pense aussi aux femmes du monde, à leur résilience silencieuse, à lyhanna, à toutes les femmes, à tout ce qu'elles portent chaque jour sans toujours le dire. Parfois il faut sortir du bruit quotidien, dépasser les soucis, marcher, respirer, retrouver son corps, prendre soin de soi, de son bien-être, de sa santé mentale. Ce chemin vers la montagne était aussi cela, une manière de revenir à moi-même, pour mieux commencer, continuer, avancer et réaliser ce défi. Je suis Marie. et bienvenue dans ce nouvel épisode de la Voix des Mondes reliés. « Nous avons récupéré le cousin, puis nous nous sommes arrêtés à la boulangerie pour un dernier geste de confort : le pain chaud, le café, un sourire échangé. La route a commencé à monter, à tourner, à serpenter comme un ruban vers le ciel. Les maisons disparaissaient peu à peu. Les arbres devenaient plus hauts. L’air plus frais. On parlait un peu, puis on se taisait. Parce que la montagne, tu vois, elle te prépare déjà. Elle enlève le bruit du monde, petit à petit. Elle te met face à toi-même avant même que tu marches. ». Une mission de femme Batcham, africaine et citoyenne du monde . Être une Amazone Batcham, ce n'est pas juste une origine. C'est porter en soi une force séculaire, née dans les montagnes de l'Ouest Cameroun pour rayonner jusqu'ici. Nous sommes les héritières de celles qui ont tracé les premiers chemins, cultivé les premières alliances et protégé la dignité de tout un peuple. Quand une Amazone Batcham se lève, elle ne monte pas seule : elle tend la main à sa sœur, elle inspire sa fille, elle honore sa mère. »
« Quand nous sommes arrivés, le chemin nous attendait. Au niveau du parking, la montagne s’est dressée devant moi comme un mur. Je me suis dit : “On va monter ici ?” Le sentier ne disait rien, mais on sentait déjà qu’il allait nous tester. Les premiers pas étaient presque tendres. On riait, on parlait, on regardait les fleurs : des violettes timides, des jaunes éclatants, des anémones qui semblaient danser dans le vent, et des rhododendrons de montagne, roses et profonds, accrochés à la pente comme de petites flammes silencieuses. Nous avons croisé de petits lacs, des miroirs d’eau qui nous saluaient comme des promesses. À chaque halte, je touchais une pierre, je regardais une fleur, et je me disais que la montagne ne se livre jamais d’un seul trait : elle se raconte par détails. » À un moment, mon corps a commencé à barrer. Mais, un hélicoptère est passé en transportant du bâtiment vers le paradis. Nous nous sommes arrêtés pour observer ces trois volants suspendus entre les scelles. et là j'ai reçu comme une explication simple et lumineuse sur l'altitude la pesanteur l'effort du corps et cette façon particulière de changer notre rapport au port, au souffle et à l'espace. Voir cet oiseau de métal traversé avec la montagne m'a rappelé que les formes humaines et la nature se croisent parfois de façon étonnante. La montagne parle au corps avant de parler à l'âme. Elle te demande, tu veux vraiment aller là-haut ? Puis, petit à petit, le chemin est devenu plus raide. Les pierres glissaient sur nos pieds, le vent fouillait nos visages et nous Mon souffle s'est raccourci, mon cœur battait vite, très vite. Je me suis arrêtée une première fois, puis une deuxième. Mes jambes brûlaient, j'ai vu des reflets de neige comme des éclats blancs peser sur la montagne. Il fallait encore monter. Est-ce qu'on est déjà arrivé ? C'est un choix. Non, pas un choix. Est-ce que tu as bien ? Non, non. Nous n'étions pas proches, mais j'aperçuvais déjà au loin la silhouette du barrage. Mes pieds faiblissaient. Je faisais des pauses, je reprenais mon souffle, puis je repartais. Heureusement, j'avais avec moi des habitués de la montagne. Continue. Faisons un stop ici. Prends une date. Leur mot était simple, mais il me ramenait à l'essentiel avancé. À un moment, j'ai glissé, un peu, sur mon pied. Je me suis rattrapée, et la petite voix est venue, et si je n'arrivais pas ? Et si je devais faire demi-tour ? C'est un petit moment, mais il existe, il vient toujours. Je regardais le chemin devant moi, mais je sentais mes jambes lourdes, mon souffle court. Puis j'ai levé les bras. J'ai vu mon conjoint marcher devant, j'ai vu son cousin se retourner vers moi. J'ai entendu les encouragements, j'ai vu les sourires et quelque chose en moi a repris. Un courage de femme, un courage de femme, les femmes batchams, discretes mais tenaces,
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pas à pas,
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sauf la personne. puis d'un coup tout est devenu calme le vent s'est posé les oiseaux se sont dus on marchait mais on entendait presque plus que nos pas pourtant dans ce silence toutes les idées se mélangeaient dans nos têtes ce n'était pas un silence vide c'était un silence plein de pensées moi je me demandais quand est ce que je pourrais gravir mon Cameroun à nouveau Je pensais aussi à mes différents projets associatifs, à ce que j'avais déjà construit, à ce qui me restait à conclure. Mes pensées allaient ici et là. Le monde actuel m'a dit mes engagements, mes racines, mes rêves. Un silence en pensée. Et je suis sûre que les autres aussi voyageaient intérieurement. Chacun avec ses questions, ses images, ses propres montagnes. C'était comme si la montagne nous regardait, comme si elle disait « je vous vois » . Je vous accompagne dans ce silence. J'ai compris que la montagne ne se conquiert pas, elle se reçoit. Et puis nous avons traversé à peu près deux névès. Le dernier était le plus long, mais aussi le plus important. Mes derniers pas étaient lourds, presque incertains toujours. Comme si à quelques mètres du but, mon corps me demandait encore une preuve. J'étais proche, si proche, et pourtant, cinq minutes me semblaient durer une heure. Arrivé au détour d'un dernier virage, le lac est apparu. Il était là, basse, bleu, silencieux, beau. Mais avant de l'atteindre, pleinement je devais encore traversé ce dernier méveil c'était comme le dernier seuil la dernière épreuve avant le départ comme un secret que la montagne garde pour celles et ceux qui osent monter le barrage se laisse en face massif impressionnant retenant des millions d'eau la beauté du lieu marque quelque chose plus sûrement que la réalité Je me suis arrêtée,
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j'ai posé mes mains sur mes hanches,
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j'ai respiré loin de moi, et j'ai senti mes yeux brûler,
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j'étais arrêtée.
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Moi, le premier parrainage à l'avance, c'était une amasone, une amasone, c'était pas une personne, J'ai pensé aux femmes d'achat, à celles qui portent, qui tiennent, qui transmettent, à celles qui marchent et qui en bouillent, qui ouvrent pour autant les chemins. J'étais là, entre le pot et le ciel, entre mes racines et cette terre d'Ernest qui m'a accueillie. Et j'ai compris que je ne me montrais pas seule. Je portais une histoire, je portais des voix, je portais une vie. Face à cela, de miguelo. Et en marchant ici, devant ce barrage qui s'élève au cœur de la nature sauvage, je me souviens à un moment. Je me dis que ce que je vois aujourd'hui en Nippon, cette alliance entre l'ingénierie et moi, la protection du vivant et la décarbonation, pourrait devenir une source d'inspiration pour d'autres des lois qui nous sont chères. Je pense au complément bâti, je pense aux chutes de Chonchu à Bamoulou, à cette puissance de l'eau qui coule depuis des générations, à cette beauté brute qui porte déjà tant de prises. Et je me prends à souhaiter que, là-bas aussi, nous puissions imaginer des projets qui respectent la terre, qui valorisent les services que la nature rend aux hommes et qui ouvrent la voie à une énergie propre et locale du monde. Parce que si mes vœux peuvent exister ici, Alors pourquoi pas là-bas, pourquoi pas chez nous, au cœur des montagnes, là où les histoires, les mémoires et les rituels n'attendent qu'à intervenir pour écrire un futur plus vif et plus lumineux, communautairement parlant. 257 mètres. Ici, la nature ne connaît pas de frontières, elle ne demande pas d'étudiants, elle offre sa splendeur à qui sait l'observer avec respect. En tant qu'Amazon Macabre. Je me sens vestigieuse, celle de transformer ces connaissances locales, ce savoir-faire vers moi en une force universelle. Je suis le canal par lequel ces deux mondes se rencontrent. Je viens faire ma tâche à atteindre ce sommet. A cet instant, j'ai compris que tout est bon. Nous nous sommes assis, tous les trois. Nous avons bu de l'eau, nous avons mangé. Il fallait reprendre des forces. parce qu'il fallait repartir avant 14h. Le repas était simple, mais il avait le goût de la victoire. Du pâté, des oeufs durs, des biscuits, des chips, quelques fruits, un morceau de pain. Là-haut, chaque bouchée semblait plus précieuse. Nous nous sommes allongés dans l'air, le soleil chauffant nos visages et j'ai fermé les yeux pour une sieste courte mais profonde. Comme si la montagne... nous rendait ce que je lui avais donné. Nous avons partagé des silences, des regards. Parfois, parce que le silence dit tout. Il dit tu l'as fait, il dit tu l'avais fait. Nous étions contents, contents tous les trois. La descente a été plus légère, comme si la montagne nous avait allégés d'un poids invisible. Nos jambes étaient fatiguées, mais nos cœurs étaient pleins. Nous avons raconté déjà la journée, nous nous sommes taquillés. Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés au bar de la ville d'Arunz, un joli lieu simple et accueillant pour une bien fraîche, un moment humain qui a scellé la journée. Puis, nous avons rendu visite à la famille du cousin, raconté nos images, nos sensations et partager encore une fois la chaleur de la présence. La montagne nous laissait partir, mais elle avait laissé quelque chose. Je suis rentrée à Pau, j'ai posé mon sac et je me suis assise et j'ai compris quelque chose. Je n'étais plus la même. La montagne m'avait donné un cadeau, un courage, une paix, une preuve. De ma résilience, de mon endurance, de ma volonté d'avancer. Oui, j'ai réussi. Oui, j'ai gratté mes délits. Mais le vrai sommet n'était pas seulement là-haut. Le vrai sommet, c'était ce que je rapportais avec moi, une certitude. Si tu écoutes ceci et que tu hésites encore, sache que le chemin est possible. La montagne parle à celles et ceux qui veulent l'entendre. Et parfois, il suffit d'un pas de plus pour trouver la vérité. Déjà, je sens en moi l'appel de la prochaine randonnée. Avant de repartir, je dois faire le point sur toutes celles que j'ai déjà gravées, sur les traces laissées derrière moi, sur ce que chaque sommet m'a pris. L'histoire continue et elle s'écrit maintenant ensemble. Merci d'avoir marché avec moi. Prenez soin de vous, prenez soin de notre terre et continuons à faire résonner nos voix. A très bientôt dans la Voix des Mondeliers. Migouélou L'histoire continue.