Speaker #0bienvenue dans la voie des mondes reliés je suis marie tamouafo ici Chaque histoire est un pont, un pont entre les femmes, les mémoires, les territoires et les futurs. Qui m'en souffre ? Nous sommes donc le 20 avril 2026 et nous entamons là l'encyclopédie sous l'ombre des arbres et des tambours, notamment le troisième épisode de cette série. Et le titre aujourd'hui, c'est « La question qui traverse le ciel » . Sous l'ombre des arbres du monde il y tamboure. Une question traverse les ciels. Une question qui ne cesse de revenir. Comme un souffle ancien. Comme un murmure obstiné. Comme un tambour qui refuse de se taire. Qui parle pour les femmes quand l'histoire les oublie. Qui protège leur voix quand les puissants les enchaînent. qui écoutent leur vérité quand elle dérange l'ordre et d'habit, qui reconnaît leur humanité quand elles deviennent les cibles d'un système qui préfère leur silence à leur lucidité. Deux siècles avant nous, Olympe de Gouges a posé ces questions avec une audace qui lui coûtera la vie. Et aujourd'hui encore, dans nos pays, dans nos villes, Dans nos communautés numériques, dans nos institutions, la parole des femmes reste un territoire fragile, un espace où l'on peut être applaudi le matin et condamné le soir. Le cas échéant de l'influenceuse camouneille Jaïcha Camoise, interpellée pour des accusations de diffamation liées à des contenus publiés sur les réseaux sociaux, nous rappelle que la parole féminine, lorsqu'elle devient publique, lorsqu'elle... touche aux sensibilités. Lorsqu'elle interroge les structures, reste un terrain de tension, un lieu où se croisent justice, réputation, pouvoir et vulnérabilité. Ce n'est pas une question de culpabilité ou d'innocence, c'est une question de risque, le risque de dire, le risque d'être entendu, le risque d'être exprimé. Et pourtant, malgré ces risques, les femmes parlent. Elles parlent. parce que se taire serait mourir un peu. Olympe de Gouges n'était pas une aristocrate, ni une femme née dans les cercles du pouvoir. Elle était une femme de plume, une femme de conscience, une femme qui a compris que la parole peut devenir un instrument de transformation sociale lorsqu'elle est portée avec courage, avec lucidité, avec détermination. En 1791, Elle rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, un texte fondateur qui affirme que les femmes ne sont pas des sujets passifs de la société, mais des citoyennes à part entière, capables de penser, de décider, de dire, de gouverner, de contribuer à la construction du monde et de donner leur avis. Elle écrit cette phrase devenue emblématique. La femme a le droit de monter à l'échafaud. Elle doit... avoir également celui de monter à la tribune. Elle savait que ces mots étaient dangereux. Elle les a écrits quand même. Elle les a offerts à toutes celles qui viendraient après elle à nous. Avant que les nations ne prononcent le mot abolition, avant que les puissants ne reconnaissent l'horreur de la traite, avant que les voix africaines ne puissent... se faire entendre dans les espaces institutionnels, Olympe écrit « L'esclavage des Noirs » . Nos sommes en 1788, elle dénonce la déshumanisation, la violence systémique, l'économie du sang, la marchandisation des corps humains, la brutalité d'un système qui a arraché des millions de vies, détruit des familles, anéanti des royaumes, et a laissé des cicatrices encore visibles. Elle n'a jamais mis les pieds en Afrique, mais elle a compris que la liberté n'a pas de couleur, que la dignité n'a pas de frontières, que l'humanité n'a pas de hiérarchie. Ce combat résonne encore aujourd'hui dans nos pays, dans nos mémoires, dans nos corps, dans nos diasporas. Olympe ne parlait pas d'écologie au sens contemporain, mais elle parlait de justice, et la justice est le cœur de l'écoféminisme. Elle dénonçait les systèmes qui exploitent les corps comme on exploite les terres. Elle comprenait intuitivement que les oppressions sont lides, que les violences faites aux femmes et les violences faites au peuple sont les deux faces d'une même logique de domination. Aujourd'hui, les femmes africaines qui protègent les forêts, les eaux, les villages, les terres ancestrales, marchent dans la même lignée, une lignée de résistance, une lignée de lutte. Quand j'écoute Olympe, j'entends aussi les voix de mes sœurs d'Afrique, les femmes de toutes ces communautés, gardiennes des rites, des arbres, des tambours, des équilibres invisibles qui maintiennent nos communautés debout. J'entends les femmes qui ont résisté aux colonisations, celles qui ont protégé les terres, celles qui ont transmis la mémoire, celles qui ont refusé l'effacement. J'entends les femmes qui aujourd'hui en... encore défendre les forêts du Cameroun, du bassin du Congo, les eaux du Niger, les terres du Kenya, les villages du Congo, les droits des communautés rurales et autochtones, les équilibres écologiques menacés. Olympe aurait reconnu en elle la même force, la même insoumission, la même certitude que la liberté n'est pas un cas d'aumène conquête. Et puis, il y a les voies des îles. les voix qui se lèvent dans les cahiers araibes, dans les espaces où la parole est un acte de survie, un acte de dignité, un acte de reconstruction. Récemment, à House of Challenge 2026, une jeune femme haïtienne, Ariane, a pris la parole avec une intensité rare, une clarté qui ne cramble pas, une force qui ne s'excuse pas. Elle a dit « Nous ne sommes pas seulement les enfants des catastrophes, nous sommes les héritières de la dignité » . Dans un monde qui regarde Haïti à travers ses blessures, Arya n'a rappelé la créativité, la résilience, la puissance des femmes haïtiennes, celles qui reconstruisent chaque jour, même quand tout s'effronte autour d'elles. Savoie n'était pas une plainte, c'était une déclaration, une déclaration de présence, une déclaration de puissance, une déclaration de vie et un appel à la paix. Et en l'écoutant, j'ai entendu aux lèvres, j'ai entendu les femmes d'après, j'ai entendu les femmes des communautés, j'ai entendu toutes celles qui refusent de disparaître ou de se soumettre, même quand elles ont raison. À l'ère des réseaux sociaux, les femmes qui vivent entre plusieurs pays, qui voyagent, qui créent du contenu, peuvent se retrouver prises dans les conflits qui dépassent leur écran. La parole circule vite, très vite, parfois plus vite que le droit. Une créatrice vivant en France de passage au Cameroun a été interpellée à l'aéroport après une plainte déposée depuis l'étranger. Ce n'est pas un pays isolé, c'est un système. Derrière chaque vidéo, il y a une femme. Derrière chaque poste, une histoire. Derrière chaque commentaire, une dignité. Et pourtant... Malgré les risques, malgré les frontières, malgré les lois qui ne voyagent pas, les femmes parlent encore. Parce que ce terme serait relancé à exister. Olympe de Gouges n'est pas un monument, elle est une étincelle. Une étincelle qui a rejoint les femmes d'Afrique, les femmes d'Haïti, les femmes du numérique, les femmes du monde. Sous l'ombre des arbres et des tambours, nous sommes encore là, nous serons là. et nos voies continueront de traverser les continents alors vous comprendrez avec moi que la parole des femmes est un territoire sacré un territoire fragile contestée, surveillée, mais essentielle à la construction d'une société juste de demain. Aujourd'hui, tous ces cas nous interpellent, nous rappellent que la parole féminine est un espace de tension, un espace où l'on peut être suivi par des milliers et pourtant seul face aux institutions. Mais malgré cela, les femmes parlent, parce que la parole est un souffle et c'est une mémoire. C'est une manière de rester vivante. Alors que reste-t-il quand une femme parle ? Que reste-t-il quand une femme ouvre la voie ? Quand une femme ose dire ce que d'autres préfèrent dire ? Cela dépend évidemment de la manière de le dire, mais ce qui est certain, c'est qu'il faut le dire. Chaque personne a des droits et des devoirs, et dans chaque pays, il y a des droits et des devoirs. Il reste donc une lignée. Une constellation, une force qui traverse les continents, celle de la justice, équitable pour tous, celle de la tribune, pour tous, et celle, évidemment, de cette étincelle qui va permettre à toutes ces femmes de s'exprimer de la meilleure manière qui soit dans un espace qui soit créé et revalorisé pour elles. Et tant que tout cela sera mis sur la table. Et tant que nous parlerons, et tant que nous écrirons, tant que nous refuserons le silence, l'histoire ne pourra plus nous effacer. Sous l'ombre des arbres et des tambours, nous sommes encore là, nous serons toujours là, et nos voix continueront de traverser les continents. Ici, c'était la voix des mondes de rugby. Je suis Marita Moiffaut, et je vous invite à... Bien vouloir me laisser un commentaire, me laisser vos avis, débattre, mais aussi partager autour de vous cet épisode qui n'est pas le dernier et pour lequel nous préparons le prochain. A très bientôt, mes Amazones et mes Amazoniennes.