Speaker #0Bienvenue dans la Voix des mondes reliés. Je suis Marlite Amoile-Faux. Ici, chaque histoire est un pont, un pont entre les femmes. les mémoires, les territoires et les futurs. Fais-moi un souffle. Un souffle de gratitude pour nos mères, nos ancêtres, nos têtes. Un souffle d'ancrage dans Bacham, nos racines. Souffle d'intention. Et ce moment apporte à toi et à moi une aide-confiance humaine. Et aujourd'hui, ce souffle résonne d'une manière particulière. Parce que j'enregistre cet épisode depuis le cradle of humankind en Afrique du Sud. Un lieu chargé d'histoire. Un lieu où l'humanité a laissé ses premières traces. Un lieu... où je me trouve en ce moment, même pour une rencontre des femmes d'Afrique de Oui Africa. Je vous en parlerai dans le prochain épisode. Mais sachez déjà que l'énergie qui m'entoure ici est ancienne, profonde, vibrante. Elle traverse cet ancien enregistrement. Aujourd'hui, nous entrons dans un nouvel épisode de la série Les Gardons. du possible. Un épisode qui relie les racines et les horizons. Un épisode qui écoute les voix du monde. Et quand je dis pont, je le pense au sens le plus réel. Un pont entre les luthières, les combats d'aujourd'hui, et les urgences de demain. Un pont entre celles qui savent déjà et celles qui découvrent. Si tu connais, reste. On va aller. plus profondément dans ce que je veux te présenter. Si tu ne connais pas, reste aussi. Je vais t'ouvrir la porte doucement, mais clairement. Nous sommes en mars, encore. Le mois où l'on célèbre les femmes et les filles. Le mois où l'on se souvient, où l'on honore, où l'on réindique. Le mois où l'on raconte des histoires trop longtemps oubliées. Et bien évidemment, dans l'épisode précédent, nous avons traversé le 8 mars. Nous avons entendu les voix d'aujourd'hui, leur colère, leur espoir, leur aise. Mais une question d'humeur. Comment comprendre ce que vivent les femmes aujourd'hui, si nous ne connaissons pas celles qui ont ouvert la voie ? Comment avancer si nous ignorons les noms de celles qui ont tenu le monde debout ? Et toi ? qui écoutent. Combien de leur histoire connais-tu vraiment ? Alors aujourd'hui, nous allons marcher dans la friche des possibles égarés, avec les gardiennes du possible et les jardinières de la résistance, pour rencontrer celles dont la lumière n'a jamais cessé de brûler, les héritières du feu ancien. La brume s'épaissit. Des silhouettes apparaissent. Elles avancent, droites, puissantes. Les Amazones, je les appelle. La chef des Amazones dit, nous sommes venus ouvrir la voie. Écoutez celles qui ont tenu le monde debout et demandez-vous qu'allez-vous faire de leur héritage. Elles frappent le sol. Elles ouvrent ainsi la voie. à cinq lignes lumineuses qui apparaissent dans les cinq continents. Je vais commencer par l'Afrique. La lignée africaine pulse comme un tambour. Une femme s'avance. Elle porte un panier rempli de jeunes pousses d'arbres. Wangari Matai, plantée pour résister. Wangari Matai est née en 1940 dans un petit village du Kenya. Enfant, elle observait les femmes planter des arbres pour protéger les sols. Elle ne savait pas encore que ce geste simple allait devenir une révolution. Plus tard, elle devient biologiste. Elle étudie les sols, les forêts, les rivières. Elle voit ce que beaucoup refusent de voir. Les arbres disparaissent, les terres s'épuisent, les femmes marchent des kilomètres pour trouver du bois. Alors elle lance une idée simple, planter des arbres. Un arbre, puis dix, puis cent, puis des millions. Elle crée ainsi le Green Belt. Movement. Elle mobilise des milliers de femmes. Elle leur donne du travail, de la dignité, du pouvoir. Elle est arrêtée, battue, menacée. Mais elle continue. En 2004, elle devient la première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix. Et toi qui écoutes, tu le savais ? Quelle graine plantes-tu aujourd'hui pour demain ? Cette dame, nous la gardons dans notre cœur. Un mille laïo, ranzom kuti. La liberté en marche. Une autre femme s'avance. Un mille laïo, ranzom kuti. Né ! En 1900, au Nigeria, enseignante, militante, visionnaire, elle voit les femmes pauvres écrasées par des taxes injustes. Alors elle organise, elle rassemble, elle marche avec des milliers de femmes. Elle chante, elle proteste, elle refuse de payer. Le gouvernement recule, les femmes gagnent. Founmil Nayo nous rappelle que la liberté se construit ensemble. Et toi, aujourd'hui, quelles sont les injustices que tu refuses d'accepter ? Une autre voix d'Afrique qui a traversé les frontières, je veux la nommer Myriam Akiba. Une voix célèbre. profonde, puissante, pleine d'âme. Myriam Makuba. Quand l'apartheid s'intensifie à cette époque, elle chante la vérité. Elle est bannie, exilée pendant 30 ans, mais sa voix traverse les frontières. Elle chante devant l'ONU, elle chante pour la liberté, elle chante pour l'Afrique. Elle nous apprend que la musique de changer l'histoire. Elle a utilisé sa voix comme une arme pour transformer la société. Je veux parler encore d'une autre dernière femme d'Afrique, Fatima Al-Firi. Nous sommes au 19e siècle. Elle hérite d'une grande fortune. Elle aurait pu vivre dans le confort, mais elle décide de construire un lieu où chacun pourrait apprendre. Elle fonde l'université Al-Karoum, encore active aujourd'hui. Pendant des siècles, son nom disparaît des livres, mais son œuvre, elle, n'a jamais cessé de briller. Et il est important de rappeler qu'il faut construire. pour qu'après nous, survivre notre monde. Mais au-delà de ces célèbres femmes oubliées, presque ou peu connues, nous avons d'autres femmes qui tiennent le monde et qui sont invisibles en Afrique. Et la voix dit maintenant. Écoutez celles que l'histoire n'a pas écrites. Celles qui ont tenu le monde, les puits, les algues, les guérisseuses, les porteuses d'eau, les tisseuses, les femmes des marchés, les sages-femmes, les pêcheuses, les artisanes, les conteuses, les migrantes, les bâtisseuses, les gardiennes des traditions. Il est important de construire toutes ces cultures. femmes pour qu'après nous, dans leur domaine, survivre, tiennent le monde de nous. Mais au-delà de ces célèbres femmes oubliées, presque, ou peu connues, nous avons d'autres femmes qui tiennent le monde et qui sont invisibles en Afrique. Et la voix dit maintenant. Écoutez celles que l'histoire n'a pas écrites, celles qui ont tenu le monde depuis tant longtemps. Les agricultrices, les guérisseuses, les porteuses d'eau, les tisseuses, les femmes des marchés, les sages-femmes, les pêcheuses, les artisanes, les conteuses, les migrantes, les pâtisseuses. les gardiennes des traditions, les médiatrices de paix. Toutes ces femmes, dans leur domaine, tiennent le monde debout sans jamais être nommées. Je veux aller maintenant en Amérique, là où la résistance devient un souffle. La lignée des Amériques s'illumine comme une aurore. Henrietta Lacks Le corps qui a guéri le monde. Henrietta Lacks est née en 1920. À 31 ans, elle tombe malade. À l'hôpital, des médecins prélèvent des cellules sans lui demander son avis. Ces cellules deviennent immortelles. Elles permettent des avancées majeures, vaccins, traitements, recherches. Mais pendant des décennies, personne ne mentionne son nom. Henrietta nous rappelle que le progrès ne doit jamais se construire sur l'effacement des femmes. Aujourd'hui, plusieurs progrès dans le monde utilisent des sacrifices de femmes dont on ne connaît ni le nom ni l'histoire. Harriet Tubman est née esclave en 1822. Elle a marché vers la liberté. Elle s'enfuit seule. Elle atteint le nord. Elle est libre. Mais elle ne peut pas rester. Elle retourne dans le sud, encore et encore, pour libérer d'autres esclaves. Elle ne perd jamais une seule personne en chemin. Ariette nous apprend que la liberté est un chemin que l'on ouvre pour les autres. Voici Frida Kahlo qui apparaît. Son corps est fragile, son esprit immense. Elle tente de survivre. Elle peint sa douleur, son identité, son pays. Elle devient une icône mondiale. Elle nous apprend que la vulnérabilité peut devenir une force. Et derrière ces trois femmes que j'ai citées d'Amérique, il y a beaucoup d'invisibles de femmes. Derrière elles, des femmes autochtones, des travailleuses agricoles, les mères afro-descendantes, les enseignantes rurales, les femmes des favelas, celles qui portent les traditions, les familles et les luttes en Amérique dont on parle. Je voudrais passer de l'Amérique pour aller en Asie. Ça va en Asie, là où les montagnes parlent. Dans la lignée asiatique, c'est le même, ce déploie, comme un éventail. Shinshi, la pirate, il défia les empires. Bon, je dis que la pirate a défié les empires. Il faut le dire. Au 19e siècle, Xingzi dirige la plus grande flotte pirate de l'histoire. 70 000 pirates. Des centaines de navires. Elle négocie avec les empires. Elle protège les femmes. Elle ne perd jamais une bataille. Elle nous apprend que le leadership n'a pas de genre. Junko Tabe. cravir l'impossible pour elle, cette femme. En 1975, Junko Tabe devient la première femme à atteindre l'Everest. Elle affronte le froid, la fatigue, le doute. Elle affronte aussi, bien évidemment, les préjugés de cette époque. Elle prouve que rien n'est impossible à une femme en Asie. celles qui connaissent le monde asiatique a grandi parce qu'il y a derrière elles les lumières du textile, les pelisanes, les calycra, les mers qui transmettent par les langues, les femmes de steppe, les amazones sites, celles qui tissent le quotidien d'un continent immense. Laisse-moi t'amener maintenant en Océanie. là où la terre marche avec les femmes. La dame Wina Cooper a marché pour la terre. À 79 ans, dame Wina Cooper marche 1000 km pour défendre les droits fonciers maoris. Elle marche pour la terre, pour la mémoire, pour les générations futures. Elle montre que la justice n'a pas d'âge. En Océanie, derrière elle, derrière Uina, nous avons des pêcheurs, les tisseuses de tapas, les anciennes, les femmes des îles menacées par la montée des eaux et les premières sentinelles du climat. Un autre continent, l'Europe, là où la lumière revient. La ligne européenne s'illumine. Camille Claudel, spuitée malgré l'effacement. Je dois vous le dire, moi j'ai vécu à Palais-le-Vent. Évidemment, quand je passais, je voyais cette statuette érigée en son nom. Camille Claudel, pareil. Ses mains sont couvertes d'argile. Son regard est intense, esculte des yeux d'une beauté bouleversante. Mais son talent dérange. On l'enferme, on l'efface. Elle meurt oubliée. Aujourd'hui son génie renaît. Et toi ? Quelle partie de toi refuses-tu de laisser enfermer ? Parce que derrière Camille Claudel, nous avons les ouvrières, nous avons les sages-femmes, les artistes. à nos noms, les femmes rurales, celles qui ont tenu les terres, les familles, les villes en notre. Et oui, je fais ce retour vers le feu ancien. Les cinq femmes, ces cinq lignées lumineuses de tous ces continents convergent. Toutes les femmes connues, oubliées, invisible, forme un cercle autour des gardiennes, si possible. Les Amazones reviennent au centre à travers elles. Elles disent, nous ne demandons pas des statues, nous demandons que nos flammes éclairent les gens à l'avenir, que nos filles n'aient plus à disparaître pour exister, que nos fils apprennent à marcher avec nous, pas devant nous. Les gardiens du possible lèvent leurs fils lumineux. Les jardinières de la résilience posent leurs mains dans la terre et la voie conclue. Tant que leurs noms seront tus, le monde restera incomplet. Rallumez leurs feux et les mondes se souviendront. Le feu ancien renaît. Ici, c'était Marita Mouafo, la voix des Montpelliers depuis Chouanessou. A notre prochain épisode.