- Speaker #0
Bonjour, je suis ravie de te retrouver pour ce nouvel épisode. Mon invitée du jour, c'est Manon Marquez, une jeune femme dynamique et ambitieuse. Après avoir tout plaqué et vécu trois ans à l'étranger, Manon est devenue journaliste radio. Et puis elle a choisi de créer son entreprise, ta Coach Media, pour accompagner les femmes qui veulent développer leur communication en faisant entendre leur voix. Bienvenue dans Lâche-toi la grappe, le podcast qui t'invite à te remettre au centre. Moi, c'est Stéphanie, coach et formatrice en écologie personnelle pour les femmes qui se sont oubliées en prenant soin des autres. Diplômée en pratique narrative, j'accompagne mes clientes à réécrire leur histoire et à rallumer leur lumière intérieure. Deux fois par mois, on explore ensemble des histoires inspirantes de femmes qui ont osé switcher. On parle de croyances à déconstruire, d'écologie personnelle et surtout d'apprendre à se lâcher la grappe. Parce qu'en rallumant ta lumière, tu éclaires aussi le monde autour de toi. Allez, installe-toi confortablement et bienvenue dans l'épisode du jour. Bonjour Manon. Salut, ça va ? Ça va. Je suis hyper heureuse de te recevoir dans ce 23e épisode de Lâche-toi la grappe.
- Speaker #1
Déjà.
- Speaker #0
Déjà. Et ça, c'est un petit plaisir personnel. Alors, tu as une place un peu spéciale dans ce podcast ? Parce que tu es celle qui est à l'origine de l'aventure. Tu m'as accompagnée à le faire éclore. C'est important pour moi de le poser là. Tu es celle aussi qui est venue me chercher dans les espaces que je n'osais pas imaginer. Mouille, on va le dire. Et tu m'as permis d'oser voir plus loin et plus grand. Une part de mon avancée et du fait d'en être au 23e épisode, c'est parce que tu es venue poser les bons jalons. Et tu as été celle qui m'a permis de pousser ça. Et donc aujourd'hui, je suis fière de l'enregistrer, ce 23e épisode, c'est important, passer le 20e. On sait que dans le podcast, c'est quelque chose d'essentiel. Et puis surtout, dans un mois, c'est les un an. Déjà ? Dans un mois, c'est les un an.
- Speaker #1
C'est passé trop vite.
- Speaker #0
Donc voilà.
- Speaker #1
J'ai l'impression que je t'ai accompagnée il y a trois mois.
- Speaker #0
Eh bien non, c'était il y a un an. Et c'est important de pouvoir le poser là, parce que dans le monde du podcast, en fait, tenir dans le temps et la régularité, surtout.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Mine de rien, ce n'est pas évident. On le voit beaucoup. Tu nous as beaucoup, on était un groupe, et tu nous as beaucoup sensibilisé là-dessus. Tu nous as beaucoup préparé à ça en nous disant, voilà, ce n'est pas un sujet, c'est une vision.
- Speaker #1
Oui, totalement.
- Speaker #0
On est d'accord. Et donc, voilà, c'est grâce à cette vision qu'on se voit aujourd'hui et qu'on se parle pour ce 23e. Donc, moi, j'avais envie vraiment de te remercier. Un grand merci, en tout cas, pour ton accompagnement et pour tout ce que tu apportes aussi à tes clientes. Osez poser leur voix. oser prendre leur place sur un média qui n'est pas facile et qui est souvent inconfortable, et puis surtout oser partager profondément ce qui les anime sans se censurer. Et je crois que le plus gros du travail, vraiment, quand j'y ai repensé, il se trouve là, c'est sur cette notion d'auto-censure et d'audace. Alors voilà, avant de parler plus en détail de ta posture d'accompagnante, si tu le veux bien, on va commencer par le début. J'aurais envie qu'on revienne un peu sur ton parcours. Et sur ce qui t'a amené à en arriver là, quel est le déclic qui t'a donné envie de prendre un micro et pourquoi ? Déjà, juste cette histoire, ta relation à l'audio.
- Speaker #1
Ma relation à l'audio ? Déjà, moi, j'ai toujours été un petit peu dans l'audiovisuel et toujours attirée par l'audiovisuel. Je pense que de si loin que je me souvienne, déjà au collège, j'étais attirée par la photographie. Et puis, j'expérimentais déjà... À l'époque, c'était les premiers, vraiment les débuts des logiciels qui nous permettaient de faire des présentations de nos vacances, des photos, etc. Donc moi, j'adorais faire ça.
- Speaker #0
Oui, on n'a pas le même âge,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Parce que moi, quand j'étais jeune, je n'avais pas ça. Moi, l'audio, c'était les cassettes. Désolée.
- Speaker #1
Oui, alors j'ai connu les cassettes aussi.
- Speaker #0
J'enregistrais sur les cassettes.
- Speaker #1
Mais du coup, moi, quand j'étais au collège, Il y avait vraiment tout ce qui... commencent à éclore, tous les logiciels qui ont commencé à éclore. Et donc du coup, à chaque fois qu'on partait en vacances avec ma famille, je faisais des petits montages juste avec les photos. À l'époque, on ne montait pas trop la vidéo de chez soi, mais c'était vraiment faire des petites présentations des vacances, avec des petites transitions entre chaque photo. J'adorais faire ça. Et puis à 16 ans, j'ai reçu une caméra à Noël. Donc je pense que ça a été là, en fait, le démarrage pour moi. puisque j'ai commencé à faire des vidéos, notamment sur YouTube. On en reparlera peut-être plus tard, mais vu que je n'avais pas d'autres représentations de femmes sur YouTube, les seules représentations qu'il y avait, c'était dans le make-up. Donc, je me suis lancée là-dedans. Alors que je ne me maquillais pas plus que juste du crayon et un peu de rouge à lèvres.
- Speaker #0
C'était la voie pour être visible et pour tester ce format-là, finalement.
- Speaker #1
Pour tester. Et puis après, de fil en aiguille, j'ai lancé une chaîne humour avec ma meilleure amie. Et puis après, je suis partie en voyage. Enfin, j'ai commencé à voyager, donc je prenais ma caméra en voyage, etc. Donc du coup, cette entrée en matière, elle a commencé d'abord par le visuel, par la vidéo. Et c'est venu... plus tard l'audio quand j'ai décroché du coup ce boulot en radio et du coup j'ai fait de l'animation j'ai fait du journalisme etc et en fait je suis tombée amoureuse de ce format parce que je trouve qu'il y a quelque chose de beaucoup plus intimiste que la vidéo et parfois tu peux raconter des histoires qui sont Tellement différente de ce que tu peux raconter avec l'image aussi.
- Speaker #0
Je suis d'accord.
- Speaker #1
Parce que tu peux même, juste avec les sons d'ambiance, avec la manière dont tu vas raconter les choses, etc. Et puis j'ai découvert aussi un média qui permettait de l'émancipation. Parce qu'il n'y a pas l'image. Et on en parlera aussi. La relation aussi des femmes à l'image peut être très compliquée. De certaines minorités à l'image peut être très compliquée. Et du coup, je trouve un média qui... permet une porte d'entrée dans l'espace médiatique pour des personnes qui n'oseraient pas le faire.
- Speaker #0
Mais c'est très chouette ce que tu partages là. Effectivement, je trouve que c'est important. On va quand même revenir dessus. Mais effectivement, tu dis cette rentrée par la vidéo, mais tu n'avais pas les codes.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Et puis finalement, tu as saisi ceux qui te paraissaient les plus accessibles. Et ça, c'est une réalité, je trouve. C'est que quand tu veux commencer à pouvoir être visible et à te faire entendre, te faire entendre pour toi, par toi. C'est hyper dur. Et donc, effectivement, il y a cette porte d'entrée qui est d'abord de se dire, tiens, qu'est-ce qui se fait ? Et en tant que femme, je vais aller là où on m'attend.
- Speaker #1
Oui, totalement.
- Speaker #0
Alors que, voilà, poser sa voix, c'est aller là où on ne m'attend pas. C'est aller là où, justement, on peut créer quelque chose de différent. Et je trouve que c'est intéressant parce que, tu vois, rentrer dans ce monde à la fois vidéo, mais aussi dans ce monde de la radio qui a quand même une connotation un peu particulière. Parce qu'on est beaucoup sur la voix, on peut se faire beaucoup de représentations avec une voix. Quelles sont, toi, les injonctions, les croyances auxquelles tu as été confrontée, justement, dans ton parcours ? Parce qu'en tant que femme, ça joue beaucoup. Je sais que c'est un sujet sur lequel, toi, tu es beaucoup. Tu es ultra engagée sur la notion de, je dirais, de discrimination, au-delà d'être une femme. Et quand on est une femme, aussi, en fonction de soi, si on est une femme qui va être plutôt blanche. Toutes ces choses-là vont codifier aussi notre manière de pouvoir rentrer dans ce monde-là.
- Speaker #1
Oui, totalement. Et avant de parler d'injonction, pour poser un cadre, en fait, cette question, je l'étudie beaucoup parce qu'en fait, c'est important de comprendre que ce n'est pas juste une question individuelle de « Ah, je suis une femme et je n'ai pas trop confiance en moi et je n'ose pas me lancer » . C'est qu'il y a un vrai cadre qui empêche les femmes de vraiment prendre la parole. et d'ouvrir un espace de parole.
- Speaker #0
C'est systémique. Et c'est systémique. Voilà.
- Speaker #1
Et sur cette question de l'espace de parole, il y a encore peu d'études et de choses qui sont créées par rapport à ça sur la place des femmes dans les médias. Mais il y a quand même des études. Il y a des études, notamment il y a une étude du Haut Conseil entre l'égalité... Haut Conseil d'égalité entre les femmes et les hommes qui est sortie il y a quelques années et qui montre... vraiment les inégalités sur les différentes plateformes, les inégalités de visibilité. Et du coup, dans ce contexte-là, on évolue et on manque de représentation. Et du coup, comme on manque de représentation, on se dit que ce n'est pas possible, ou même on n'imagine pas que ce soit possible. Et du coup, ça crée tout un contexte où les femmes finissent par ne pas prendre la parole.
- Speaker #0
Ne pas la prendre ou la prendre de la même manière que. C'est ce qu'on disait tout à l'heure, c'est se conformer à. C'est finalement si j'ose, parce que l'espace n'est pas disponible, parce que je n'ai pas de représentation, je vais prendre la parole finalement de manière très conventionnelle. Tout à fait,
- Speaker #1
très lissée.
- Speaker #0
On a le même mot, c'est ça, c'est ce côté très lissé. Pas faire de vagues. Ça fait partie des plus grosses injonctions qu'on a, ne pas faire de vagues. Donc, OK, prends la parole. Être appréciée par tout le monde.
- Speaker #1
En fait, c'est-à-dire que...
- Speaker #0
Il ne faudrait pas qu'on t'entende trop.
- Speaker #1
Non. Et puis, comme on l'a vu ensemble quand on a fait l'accompagnement, et puis je pense que c'est l'une des choses qu'on a travaillé particulièrement toutes les deux, c'est que... Quand on prend la parole, il y a bien sûr ce risque derrière qu'on ne soit plus aimé par tout le monde. Déjà de 1.
- Speaker #0
Oui, on tombe de son pied d'estal qui n'existait pas. Qui est une fausse histoire qu'on nous a racontée. Le fait qu'on soit aimé par tout le monde. Mais bien sûr. C'est impossible. Mais on se raconte qu'on doit faire ce qu'il faut pour être aimé par tout le monde.
- Speaker #1
Parce qu'on nous a conditionné à faire en sorte qu'on soit apprécié par tout le monde. Et toujours souriante et toujours agréable. Et du coup, ça a des grosses conséquences sur la manière dont on prend la parole derrière. puisque... On n'ose pas la prendre parce qu'on a peur d'avoir des conséquences. Il y a des vraies conséquences, par contre, pour les femmes. Derrière, il y a des conséquences de harcèlement. Il y a des conséquences qui sont liées au jugement, souvent sur le physique. Quand tu regardes les commentaires des femmes qui sont visibles, c'est pratiquement que des commentaires sur le physique. Et les femmes elles-mêmes finissent par s'excuser d'être. Avant de commencer une vidéo, à commencer une vidéo par dire « Ah désolé, aujourd'hui je suis mal coiffée, je suis mal maquillée, etc. »
- Speaker #0
Alors qu'on s'en fout ! Mais oui, c'est une réalité et c'est intéressant parce que tu vois, je vais rebondir. Mais cette semaine, tu as partagé justement une histoire qui t'est arrivée. Ton premier hater. Ton premier hater. Mais vraiment, ça m'a touchée parce que ça m'a fait repenser à ce qu'on avait discuté. Parce que c'est une des peurs, moi, qui étaient les plus compliquées. C'est cette notion de « mais on va ne pas m'aimer, mais finalement... » Génial, c'est que tu as réussi à creuser ta niche, c'est que tu as réussi à prendre ta parole dans ton espace. Et là, te voir célébrer ton premier hater, je trouvais ça extraordinaire. Si tu veux nous en dire plus, je trouve ça assez... Comment tu as vécu ça et comment tu as fait en sorte que tu puisses le célébrer et que ça ne te touche pas ? Parce que c'est ça qui est important, c'est à quel point ça peut venir toucher l'ego et vraiment fragiliser l'estime de soi. Le hater, quand on est conditionné, tu penses que tu es nul.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et comment t'as fait, toi, là-dedans ? Justement, on tire ce fil-là parce que je trouve que c'est génial.
- Speaker #1
Je suis contente du cheminement que j'ai fait par rapport à ça. Parce que vraiment, je pense qu'en fait, des haters, j'en ai déjà eu, même quand j'ai commencé à 16 ans les vidéos, j'avais des hommes qui commentaient ma tenue, mon corps d'adolescente, en plus. Donc c'était déjà des commentaires. Enfin, violent, en fait, quand tu y penses. J'avais juste 16 ans et je faisais des vidéos humoristiques. Bien sûr, je n'étais pas drôle parce que j'étais une femme. Je n'étais pas ceci parce que machin. Et du coup, c'est sûr que j'ai déjà été confrontée à ça. Mais en fait, à l'époque, il y avait ce truc où ça me terrifiait de voir ces commentaires-là. Et donc, du coup, je préférais peut-être la fois d'après changer ma tenue ou peut-être moins faire cette blague. Et donc, du coup, je changeais ma manière d'être. Pour éviter cet inconfort. Et je pense que quand je me suis lancée aussi dans l'entrepreneuriat, bien sûr que j'ai eu cette peur de tout de suite peut-être devenir virale, d'avoir un bad buzz, d'avoir des haters, etc. Donc oui, ça faisait extrêmement peur. Mais au final, c'est arrivé. J'ai eu mon premier hater et je me suis dit, en fait, ça m'importe peu. En fait,
- Speaker #0
ça va.
- Speaker #1
En fait, il me donne de la visibilité finalement. et ça veut juste dire que... Il est en train de commenter sur un post qui parle en plus d'un podcast que j'ai fait sur les émotions relatives au genre. J'étais intervenue dans les classes de maternelle.
- Speaker #0
Je me souviens, c'était chouette ce qu'elle avait fait.
- Speaker #1
C'est ça, j'avais interrogé les maternelles sur leur rapport aux émotions et par rapport au genre. Est-ce que, par exemple, les filles, elles en ont droit en colère ? Est-ce que les garçons, ils ont le droit de pleurer ? Et donc, du coup, ça m'a permis d'avoir de la matière pour construire tout un sujet autour de ces thématiques-là.
- Speaker #0
Et du coup,
- Speaker #1
j'ai un hater qui a commenté quelque chose qui n'avait rien à voir avec le sujet.
- Speaker #0
Comme souvent. Comme souvent. En fait, c'est souvent le problème du hater, c'est qu'il n'est pas sur le vrai sujet.
- Speaker #1
Non, et je me suis dit, en fait, ça montre bien que s'il a eu le besoin de commenter quelque chose, c'est que ça l'a touché dans le fond et qu'il sent qu'il y a quelque chose qui est problématique et qu'il n'est pas en capacité lui-même de réfléchir à cette problématique. Donc j'ai envie de dire... C'est que ça a touché à quelque chose.
- Speaker #0
Exactement, c'est que finalement, en soi, d'une manière ou d'une autre, t'es venu semer une petite graine dans son esprit. Il en fera ce qu'il en veut, il la fera germer ou pas, il s'en servira peut-être juste pour râler. Mais en attendant, c'est venu toucher la notion de genre, la notion d'émotion. Et après, il en fait ce qu'il en veut, on ne peut pas changer les gens. Et je pense qu'il y a vraiment cette notion importante de pouvoir intégrer que ce qui appartient aux autres appartient aux autres.
- Speaker #1
Complètement. Exactement. Je pense que c'est ce que je me suis dit aussi, c'est en regardant ce commentaire, Je me suis dit, ça lui appartient à lui, vraiment ça ne m'appartient pas à moi et c'est de toute façon pas ma cible. En fait, cette personne ne m'intéresse pas de toute façon.
- Speaker #0
Je pense qu'en tant que femme, ça vient toucher vraiment à un sujet qui me semble fondamental, c'est ce côté où on pense devoir plaire à tout le monde, où on pense qu'on n'a pas le droit justement de rentrer dans la controverse. Et donc, ça génère cette situation de « je dois tout maîtriser, tout contrôler, pour que tout soit toujours parfait » . Et c'est hyper dur. C'est vrai que c'est vraiment l'ADN de « lâche-toi la grappe » . C'est intégrer cette notion-là que la perfection n'existe pas. Complètement. Et heureusement, de toute façon, dans la nature, on ne la trouve nulle part. Mais c'est chiant, la perfection, en plus. Oui, fatigant. Les gens parfaits, ils sont lisses.
- Speaker #1
Ah oui, oui. Et puis ça n'attire pas, en fait, le fait d'être lisse. Complètement. Quand on lisse trop derrière, ça peut même créer de la peur. Et chez une personne qui te voit de l'extérieur, de se dire, en fait, qu'est-ce qui se cache derrière ? Et qu'est-ce que cette personne raconte ? Et c'est qui, exactement ? Qui elle est derrière sa figure professionnelle ou ce qu'elle raconte ? ou tout ça. Je pense que c'est hyper important. Notamment dans ta promo, on a beaucoup travaillé la notion du rapport à assumer, par exemple, que des sujets soient politiques. Je me souviens, que ce soit toi ou Alissa.
- Speaker #0
On avait beaucoup parlé de cette notion-là.
- Speaker #1
Parce que ça, ça vous a travaillé le côté « mince, il va falloir que j'assume une posture que je ne pensais pas assumer un jour » , alors que vos sujets étaient purement politiques. Le fait de parler d'écologie personnelle, de bien-être, Alissa, d'éducation financière des femmes. Complètement. En fait, il y a eu ce rapport aux politiques qui était important aussi.
- Speaker #0
Aux politiques, parce que l'objectif, finalement, prendre la parole pour dire ce que tout le monde dit, pour raconter ce qu'on voit déjà, super. Mais en fait, finalement, ça n'a aucun intérêt, que ce soit pour toi ou pour le monde. Donc, à un moment donné, c'est effectivement oser prendre position et oser partager ton point de vue, au risque de ne pas être aimé. au risque de créer de la controverse. Alors la controverse, c'est chouette. Ne pas être aimée, c'est plus difficile à assumer. Mais finalement, on survit. La preuve en est, tu as survécu, donc tout va bien. Mais c'est effectivement d'avoir cette capacité à pouvoir assumer, de se dire je vais aller sur un sujet à la marge et je vais assumer le fait que oui, c'est politique. Aujourd'hui, je trouve que vraiment, il y a un enjeu et ça fait partie de tes sujets. Est-ce que la femme, elle sera en capacité de prendre position ? Finalement, ça ouvre un espace un peu différent, c'est pas prendre sa place, c'est prendre position. J'aime bien parce que l'interview que j'ai fait il y a 15 jours avec Chloé, on parlait de prendre sa place par l'image. Et donc, c'est finalement assumer qui on est. Au-delà de prendre sa place, c'est habiter pleinement qui on est. Et habiter pleinement qui on est pour pouvoir finalement oser assumer ses sujets, prendre position. Quand je suis bien ancrée, je peux prendre position. Ça plaît, ça plaît pas, c'est pas grave. les hommes ils sont pas de mal à prendre position dans la plupart des cas il y en a quelques-uns pour qui c'est difficile je sais qu'il y a quelques hommes qui nous écoutent c'est pas les mêmes enjeux et d'où cette notion justement quand tu travailles sur les notions d'égalité et ces choses là, les enjeux sont différents si on travaillait avec quand on reprend l'accompagnement que tu faisais avec nous moi je suis une femme blanche née en France et on faisait l'accompagnement avec Alissa qui elle vient de La Réunion et qui nous racontait son arrivée en France Merci. effectivement, prendre sa place. Quand on est une femme réunionnaise, c'est un autre sujet. Les enjeux sont encore différents. Et c'est vraiment de prendre conscience aussi qu'il y a des espaces dans lesquels, finalement, c'est plus simple que d'autres. Alors, quand on est un homme blanc, je n'ai rien contre le sujet. J'ai épousé un homme blanc, le sujet est pas... Mais c'est juste avoir conscience des cartes avec lesquelles on commence et du chemin qu'on va devoir parcourir. Et contre quoi je vais devoir aller ? Donc ces notions d'injonction et de croyance dont je parlais. Exactement.
- Speaker #1
C'est que ce n'est pas un gros mot de parler des privilèges qu'on peut avoir.
- Speaker #0
Non, il faut justement.
- Speaker #1
Mais il faut le faire et c'est surtout prendre conscience que oui, moi, en tant que femme blanche, j'ai des privilèges par rapport à d'autres personnes qui n'en ont pas.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et à partir de là, qu'est-ce que j'en fais en fait ? C'est ça, qu'est-ce que j'en fais ? Qu'est-ce que j'en fais ? Et cette question-là, pour moi, elle est fondamentale parce que Merci. Oui, effectivement, les problématiques ne sont pas les mêmes sur la prise de parole. Et d'ailleurs, j'ai ma cliente Claire Yel qui est passée sur mon podcast il y a quelques semaines, qui a fait un master autour de comment le podcast est un espace pour les minorités. À la base, ça a été créé pour ça parce que justement, il n'y a pas l'image et ça crée un environnement beaucoup plus safe. beaucoup plus privée, en fait, parce qu'il y a seulement les personnes qui sont intéressées par ce que tu fais qui viennent t'écouter a priori.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il n'y a pas cette notion d'image, parce qu'effectivement, tu peux regarder l'image et juger. l'autre sur son apparence sans écouter le fond.
- Speaker #1
Et puis sans le côté un peu commentaire instantané des réseaux sociaux, etc. Donc ça protège en fait beaucoup. Et je trouve que c'est hyper intéressant parce qu'effectivement, ça vient ouvrir des portes. Et comprendre qu'il y a un contexte effectivement structurel qui fait qu'il y a des personnes qui n'ont pas la possibilité de prendre la parole, ça permet de se dire comment je leur laisse la place. et comment aussi on les accompagne à prendre cette place.
- Speaker #0
C'est surtout ça.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a ce double standard, c'est-à-dire que comprendre le côté structurel, ça permet de se dire, je comprends que moi, mes difficultés en tant que femme, que je sois femme blanche pour mon cas, mais je sais que j'ai conscience aussi que, par exemple, pour une femme noire, ça va être d'autres difficultés qui sont liées notamment au racisme, à d'autres peurs, etc. Comprendre ça, ce n'est pas se dire, ah bah... En fait, vu que ça, vu qu'il y a ces statistiques et que je vois que ce n'est pas possible, je ne le fais pas. Non, c'est le prendre comme un contexte et se dire à partir de là, qu'est-ce que j'en fais et comment je me crée mon espace ? Et qu'est-ce que je viens déconstruire et travailler à l'intérieur de moi ? Parce qu'on l'a bien vu pendant l'accompagnement qu'en fait, quand tu te lances dans la création d'un média, ça vient forcément toucher à des choses, ça vient toucher à des peurs, des peurs de visibilité. des syndromes de l'imposteur il y a énormément de choses qui se jouent derrière mais il y a tout ça parce que de fait t'es sur des médias qui amènent,
- Speaker #0
en fait c'est marrant parce que tu l'as dit tout à l'heure, t'as dit je pourrais devenir virale, je me suis lancée et je pourrais devenir virale et je vais avoir des haters, oui Et c'est vrai que quand on a créé l'aventure et qu'on a travaillé dessus, je me suis dit, alors moi, je vais vous partager un truc. Moi, quand j'ai créé le podcast, j'ai dit à Manon, non, mais moi, je suis la future métamorphose. S'il vous plaît, rien que ça. Mais en fait, de poser ça, ça m'a permis de prendre conscience de l'immense peur que ça générait chez moi. Mais si demain, j'ai cette notoriété-là, j'en suis pas capable. Donc, les histoires que je me suis racontées, c'était ça. J'en suis pas capable. On va pas m'aimer. ça va me dépasser, comment je vais gérer ça. En fait, l'avantage de m'être projetée de cette manière-là m'a permis d'aller travailler toutes ces espèces de couches et croyances qui m'empêchaient de me positionner. Je n'ai pas le droit d'être visible. Moi, j'ai un contexte où globalement, j'ai toujours fait en sorte d'être toujours en retrait, d'être toujours cachée. Moi, il ne fallait pas qu'on m'entende, il fallait que je sois sous les radars. Prendre le micro, c'était quand même un peu audacieux.
- Speaker #1
Alors que franchement, c'est pour toi le micro.
- Speaker #0
J'adore le micro.
- Speaker #1
Oui, ce que tu dis, c'est ultra important parce qu'en fait, on a cette peur de la viralité, de la visibilité, etc. Mais c'est aussi se demander, là, si demain, j'ai une vidéo qui devient virale, est-ce que je suis en capacité de gérer ça ? Et bien souvent, on va se dire non. Mais au lieu de s'arrêter sur le non, il faut aller travailler sur pourquoi non ? Qu'est-ce qui fait que c'est un non ? Parce qu'au final, des fois, en fait, on s'auto-sabote au quotidien pour se rendre le moins visible possible. Et on ne s'en rend même pas compte. Se rétrécir. Mais oui. Et moi, la première, je l'ai fait sur plein de choses et dans mon parcours, etc. C'est-à-dire qu'au final, plutôt que d'aller taper dans ce qui pourrait te rendre encore plus visible à plus grande échelle, tu vas rester dans un petit cercle. avec des personnes plus proches. Ça peut être le premier niveau. Tu vas créer des postes qui sont un peu génériques, qui ne sont jamais trop spécialement engagés parce que tu sais qu'au moins, ça va être validé par les autres.
- Speaker #0
C'est ça, le besoin de validation. Allez, on coche.
- Speaker #1
Du coup, ce n'est pas comme ça que ça marche et que tu gagnes en visibilité. Quand tu regardes les personnes qui sont visibles, elles créent des polémiques. des débats, elle crée de la conversation derrière. Donc, effectivement, ça ne va pas sans ça.
- Speaker #0
Non, ça ne va pas sans ça. Effectivement, je pense que c'est vraiment cette question, toujours, de revenir dans ces moments-là. Tu disais, finalement, d'aller chercher le pourquoi quand on est en difficulté, d'aller comprendre ce qui se joue. Mais je pense qu'il y a vraiment aussi cette question fondamentale que j'ai bien aimée, que tu nous as amenée quand on a créé le projet, c'est pourquoi je le fais ?
- Speaker #1
Ah oui !
- Speaker #0
Qu'est-ce qui s'anime intérieurement profondément ? Et c'est aussi ça. Et j'aime bien revenir là-dessus parce que ce qui permet d'aller dépasser des injonctions et des croyances, c'est quand on se relie profondément à cette petite lumière intérieure, à ce qui nous anime, à cette petite lumière ou ce feu, ce brasier, ça va dépendre de certaines, peu importe. Mais quand on se connecte à ça, c'est aussi plus facile de défendre sa position, d'expliquer pourquoi, parce qu'on rentre dans la notion de passion. Et à ce moment-là, les émotions, qu'on en parle, c'est un sujet que tu as traité. On les ressent. Quand on ressent des émotions, on est vivante. Et quand on est vivante, on partage quelque chose aux autres. Et c'est là que les choses peuvent se faire.
- Speaker #1
Et puis ça donne envie de continuer le projet. Pour moi, c'est cette question-là qui est vraiment la toute première. C'est le cœur de la construction du projet. C'est de se relier à ce qui fait qu'on a envie de prendre la parole aussi. Parce que si on n'est pas relié complètement à ça, si on n'est pas relié à nos combats, intérieure et ce pourquoi on peut parler pendant des heures et sortir dans la rue pour se battre, etc. En fait, si on ne relie pas à ça, à nos passions, à ce qui nous anime, on ne dépassera jamais la moyenne de cet épisode. Tu parlais de l'épisode, mais sache que tu as dépassé la moyenne qui est cet épisode normalement. C'est peu cet épisode. Parce que les gens se lancent en se disant, oui, c'est facile, je me lance dans le podcast, etc. Sauf qu'en fait, derrière, si tu le fais et que tu n'es pas vraiment passionné par ce que tu fais ou que tu t'éloignes de quelque chose qui te fait vraiment foncièrement vibrer, ça ne peut pas marcher. Et parfois, tu t'en éloignes quand tu es dans ton projet podcast. Ah mais bien sûr ! Et c'est ok. En fait, justement, dans ces périodes-là, c'est « Ah mince, je prends un peu de recul. » Et comment je peux le relier et comment je peux prendre une autre direction ? C'est ça,
- Speaker #0
raccrocher. Oui, c'est ce que tu as vécu toi. Oui. Moi, je l'ai vécu cet été où j'ai senti que j'étais dans le dur. et que je faisais les choses parce qu'il fallait le faire et plus parce que moi, ça m'apportait quelque chose. Et c'est vraiment de comprendre aussi cette notion-là quand on est sous le coup de « je dois » . En fait, quand on fait sous la houlette de « je dois » , on ne transmet plus rien. Ah oui. On ne transmet plus rien parce qu'on essaye de se conformer. Alors, c'est là où on redevient lisse. Dans le « je dois » , on redevient lisse. Et donc, d'avoir cette capacité à rétro-pédaler et dire « Ok, là, il vaut mieux que je m'arrête. Dès que je réfléchis à pourquoi je le fais, Et on repart et ça va bien. Et effectivement, toi, tu as eu ce moment-là où tu as fait évoluer complètement ton podcast. Je crois que tu es encore en réflexion, parce qu'il y a quelque chose qui a bougé encore. Comment tu fais justement, toi, pour te rendre compte que ce n'est plus complètement aligné ? Comment tu arrives à dépasser ces cases dans lesquelles tu te remets ? Parce qu'on se remet à chaque fois dans une case. Comment tu fais ?
- Speaker #1
C'est une question super intéressante. Je pense que, en fait, moi je pars du principe que j'essaie toujours de voir si quelque chose m'anime encore et me fait vibrer. Et d'autant plus parce que, du coup, je suis diagnostiquée TDAH, donc il y a forcément des enjeux de dopamine derrière. Et que si je ne suis pas motivée par... Quelque chose, c'est mort. Donc ça peut être, effectivement, la passion des fois c'est pas suffisant. Il faut la raccrocher à quelque chose, un objectif derrière ou une thématique, etc. Et du coup, effectivement, mon premier tournant ça a été, avant j'avais un podcast qui s'appelle Lance ton podcast. Et en fait, je me suis rendu compte que dans ce podcast là, je me suis éloignée de la thématique du podcast. et je me suis naturellement dirigée vers des choses qui, moi, m'intéressent,
- Speaker #0
les sujets de société et les sujets reliés au féminisme, etc. Pour en avoir écouté quelques-uns, c'est vrai que ce n'était pas en lien complet.
- Speaker #1
Ce n'était plus en lien avec le podcast. Et du coup, je me suis dit, autant tout recommencer. Et j'ai fait évoluer aussi toute ma DA, que ce soit visuellement ou même en termes de direction que je voulais prendre avec mon entreprise. Et du coup, j'ai créé derrière Le Bon Angle. Le Bon Angle qui me permet de traiter à la fois des sujets dont je parle avec les jeunes, parce qu'en parallèle, j'interviens aussi beaucoup auprès des jeunes pour créer justement des podcasts avec eux, pour sensibiliser au journalisme.
- Speaker #0
C'est génial. Mais dès le plus jeune âge, c'est là que tout se fait.
- Speaker #1
Et en fait, je me suis dit, c'est trop bête parce que j'ai beaucoup de matière avec les jeunes. et en fait j'aimerais un espace aussi où je peux me servir de cette matière pour... créer quelque chose derrière. Donc, j'ai créé ça et j'ai relié ça aussi avec ce que je fais dans mon activité, dans mon activité professionnelle aussi, donc l'accompagnement avec les femmes. Et ça m'a permis de créer ce podcast. Et au départ, j'ai créé des podcasts, des épisodes dont je suis très fière, mais qui me prenaient énormément de temps. Tu as fait énormément de boulot,
- Speaker #0
j'étais baba. Je veux faire pareil. Non, c'était pas tes limites. C'était beaucoup de travail. Voilà, je ne suis pas encore à ce niveau-là.
- Speaker #1
J'ai fait un travail niveau studio, en fait. C'est ça. Parce que je suis très inspirée par, notamment, Le Coeur sur la table, les ambiances binge audio, Louis Média, etc. Et donc, du coup, je me suis réappropriée aussi ça pour le mettre aussi dans mon podcast. Et du coup, j'ai pu créer un petit peu des épisodes, plus de sujets de société, avec un mélange d'interviews, de mes voix, etc. Et du coup, ça me prenait quand même beaucoup de temps et d'énergie. Donc, je me suis dit, bon, il va falloir que je trouve un truc, un format un petit peu plus simple, parce que je ne vais pas faire ça toutes les deux semaines. C'est un rythme trop intense.
- Speaker #0
Il faut un entre-deux. Il faut un entre-deux.
- Speaker #1
Couper la poire en deux.
- Speaker #0
Donc du coup, voilà. En fait, je pense que pour moi, le podcast, je le vois aussi comme un terrain d'expérimentation. Et donc du coup, ça m'a permis de découvrir aussi d'autres formats. Cet été, j'ai présenté des formats plutôt solo où je fais des décryptages de podcasts, etc. Et après, je me suis dit, bon, là, je sens que je commence à un petit peu fatiguer, à m'épuiser un petit peu sur ce que je propose. Et j'ai plein de thématiques en tête. Donc, ce que je vais faire, c'est que pour l'instant, je mets une ola. Parce que je me rends compte aussi que la manière dont je communique sur les réseaux sociaux, je me suis un peu perdue, en fait.
- Speaker #1
J'ai pris conscience de ça. C'est vraiment pas facile.
- Speaker #0
En fait, en fin d'année dernière, j'ai suivi un accompagnement parce que je voulais tout recentrer. Je voulais vraiment améliorer mon marketing, etc. Et en fait, je me suis rendue compte que je me suis totalement perdue et que j'ai totalement lissé beaucoup de choses. Parce que j'ai voulu toucher des plus grosses entreprises. Parce qu'au fur et à mesure, j'ai fini par ne plus parler des femmes, de la parole des femmes, etc. Et je me suis dit, mais en fait, c'est pour ça que je fais mon métier. C'est pour rien d'autre. Je ne veux pas juste faire du podcast. Ça ne m'intéresse pas. Moi, je le fais pour une raison très précise et ça m'anime. En fait, que ce soit la parole des jeunes aussi, puisque j'interviens beaucoup en milieu scolaire. mais aussi celle des femmes. Et donc, du coup, c'est pour ça que là, sur mon podcast, je me suis dit, là, j'ai plein de thématiques, mais je préfère prendre le temps de les faire, voire là, peut-être, de contacter aussi des studios pour voir si je peux travailler avec des studios et être financée pour ce travail-là. Parce que le travail qui...
- Speaker #1
Il y a être salariée. Il y a des gens qui font des épisodes extraordinaires et qui arrivent à ouvrir, à rentrer dans des... des niveaux de production qui sont vraiment génialissimes, ils sont payés pour ça.
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Je me suis dit... Ce n'est pas just for fun, mais bon, tu le fais pour poser les sujets, pour parler des choses qui t'animent, mais à un moment donné, ça prend beaucoup de temps et quand tu fais ça, tu n'es pas rémunéré.
- Speaker #0
Exactement. Je me suis dit, je vais voir s'il y a cette possibilité-là. Sinon, moi-même, je vais les produire. Mais je préfère prendre le temps. Et il y a cette notion aussi, justement, dont on a beaucoup parlé aussi dans l'accompagnement. Et je sais que c'est quelque chose que tu traites aussi beaucoup, c'est le rythme à soi.
- Speaker #1
Oui. Ça,
- Speaker #0
c'est très important. Oui. Parce qu'en fait, pour moi, ça ne sert à rien de faire un épisode par semaine ou d'être en continu constamment si ce n'est pas adapté à ta manière de fonctionner.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Parce que sinon, en fait, oui, OK, ça va marcher. actifs. Quel prix ?
- Speaker #1
Alors c'est ça, à quel prix ? Et ça ne marchera pas dans la durée ?
- Speaker #0
Et ça ne peut pas marcher dans la durée. Et c'est pour ça qu'il faut prendre en compte que ce soit des neuro-atypies ou qu'il faut prendre en compte même nos cycles en fait sur une année, comment on fonctionne. Moi je sais que la fin d'année par exemple, c'est beaucoup plus compliqué de motiver. Donc potentiellement je vais me dire, c'est peut-être là où je vais faire une pause en podcast et revenir avec une saison 2 ou 3, une nouvelle saison plus tard. Comme ça, ça me permet pendant cette période-là, de réfléchir à un nouvel angle, de refaire des épisodes, d'avoir le temps de refaire de la matière et puis d'être tranquille après, derrière, quand je ressors l'autre saison.
- Speaker #1
Oui, mais complètement, laisser redescendre un peu les choses. Mine de rien, ça demande beaucoup de créativité, beaucoup de travail. La créativité, elle ne naît que dans l'espace vide. C'est-à-dire que c'est moments où on ne fait rien.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'est moments où on ne pense pas. Alors, on ne s'arrête jamais de penser. Mais c'est le moment où finalement on ne contrôle pas sa pensée. Quand tu es dans le dur et que tu forces les idées à venir. Alors je ne sais pas si vous avez essayé un jour.
- Speaker #0
Tout le monde a essayé au moins.
- Speaker #1
Hormis si on est super fort et on est comme Harry Potter, on peut aller chercher dans sa pensine les idées qu'on veut. Moi ça, je n'ai pas trouvé ce super pouvoir. En tout cas, il ne marche pas chez moi, à mon grand désarroi. Et donc les moments où mes idées ne viennent pas, j'ai compris qu'il fallait que j'arrête d'essayer d'en avoir. Et qu'elles finissaient par venir.
- Speaker #0
Et après, en même temps, c'est un piège parce que c'est aussi un muscle, la créativité. Et c'est justement, qu'est-ce qui peut te redonner de la créativité ? Qu'est-ce qui peut te nourrir ? Parfois, c'est juste recommencer à lire, à écrire, à faire autre chose, aller se balader. Bon, tu es super partisane de ça, mais juste être dans la nature et aller marcher. Parfois, ça aide et n'avoir aucune distraction, pas son téléphone, rien du tout.
- Speaker #1
C'est ça en fait le piège. C'est le piège aujourd'hui et je le vois beaucoup pour sortir. Entre une et deux heures par jour, voilà, quand on est propriétaire de chien, on passe la vie dehors.
- Speaker #0
Surtout dans un bébé.
- Speaker #1
Je vois les gens sont sur leur téléphone tout le temps. Ça m'horrifie en fait. Alors oui, tu sors le chien, c'est une obligation. Profites-en pour faire quelque chose pour toi, pour couper. Parce qu'effectivement, cette créativité, elle ne vient pas de tout ce que tu absorbes. Alors elle va venir de la lecture, elle peut venir de choses différentes que tu écoutes, mais elle a besoin d'être intégrée à un moment donné. Pour être intégré, il faut avoir des espaces où justement tu laisses ton esprit vagabonder. On le dit, la marche précède la pensée. Le fait de marcher et de ne rien faire d'autre va faire. Mais c'est incroyable ce qui se passe. Tout d'un coup, dans sa tête, on se fait « Ouah, je pense ! » « J'ai des idées ! » Ma fille, qui est des fans des croûtes, pour avoir des idées, il se mettait un grand coup de pierre sur la tête pour avoir des idées. On n'allons pas jusque-là, c'est un peu violent,
- Speaker #0
mais juste marcher.
- Speaker #1
Et tout d'un coup, on a des idées. Moi, mes idées de podcast, elles naissent comme ça. Et mes idées les plus engagées, c'est là où c'est vraiment intéressant. C'est que mes idées les plus engagées, celles qui sont le plus reliées à ce qui m'anime profondément, c'est celles qui vont venir au bout de 15-20 minutes de marche, où tout d'un coup, je vais voir quelqu'un faire quelque chose, ou je vais faire un lien entre un objet que j'observe... qui va me choquer, qui va me faire venir une idée. Et là, j'ai un truc qui se déroule. Dans ces cas-là, je prends mon téléphone et je m'enregistre tout de suite. J'ai 5 à 10 minutes. Parce que les idées s'envolent aussi vite qu'elles arrivent. Mais c'est dans ces moments-là où justement, je fais les liens avec les choses qui sont profondément importantes pour moi. Et dans ces moments-là, comme je suis bien et que je suis dans des environnements où je vais bien. En fait, je n'ai rien qui se met entre moi et cette idée. Je n'ai pas les injonctions de la société qui me dit « Oui, mais bon, tu ne devrais pas penser ça. » Il n'y a rien, il n'y a que moi avec moi. Donc à ce moment-là, il n'y a pas d'enjeu. Il n'y a pas de croyances qui vont s'inviter en disant « Elle est nulle ton idée, on s'en fiche. » À ce moment-là, je l'enregistre juste comme ça. Je me dis peut-être un jour j'en ferai quelque chose. Et quand je les reprends, je me dis « Waouh, c'est vachement bien ! » Et plus tu vas avoir d'espaces qui sont essentiels pour toi vraiment dans cette notion de rythme qui te respecte, et plus tu vas pouvoir être en lien avec profondément qui tu es. Et je crois qu'aujourd'hui, c'est un truc qu'on oublie et la société, elle est conditionnée. Enfin, elle nous conditionne pour qu'on soit dans des états où on n'a plus d'idées, plus de pensées et qu'on ne peut plus aller dans la controverse. Moi, je vais sur un sujet là qui est complètement... Il y a des gens qui me disent que je vire complotiste.
- Speaker #0
Non, non, mais j'ai fait un épisode en plus dessus et c'est... C'est des stratégies politiques qui sont mises en place, qui sont de plus en plus documentées, notamment aux États-Unis, il y a par exemple le fait d'être constamment submergé par des informations. En fait, il faut imaginer que notre cerveau, la partie qui gère la partie émotionnelle, c'est aussi la partie qui gère la partie informationnelle. Donc, du coup, quand on est face... à des informations, forcément, on a des émotions. Quand on scrolle, tout d'un coup, un chat qui rigole. Et puis, tout d'un coup, ça, ça nous fait pleurer, etc. Et puis, il y a un moment donné, on arrive à une espèce de burn-out. Émotionnel, une saturation. Parce qu'on n'est plus en capacité de traiter l'information. Et donc, on n'est plus en capacité de réagir émotionnellement. Et parfois, c'est tout l'inverse. En fait, on est trop en capacité de réagir émotionnellement. Et du coup, on n'est plus en capacité d'aller vérifier si l'information, elle est bonne ou pas. Et c'est tout à fait... Et cet état un petit peu latent où on se retrouve dans un état où on est tellement surchargé. Surtout que là, il y a pas mal de sujets qui vont commencer à sortir. Je pense sur la solitude aussi.
- Speaker #1
Que ça génère.
- Speaker #0
Que ça génère. Et je pense aussi... aux jeunes qui parlent souvent de cette solitude qui est imposée post-Covid et qu'on peut tous et toutes ressentir à des moments donnés. En fait, tout ça, c'est lié. Et ça ne fait que diviser encore plus les gens et les rendre dans une incapacité émotionnelle à juste interagir avec l'information, avec l'actualité, avec ce qui se passe.
- Speaker #1
développer cette notion de discernement et le discernement on l'a parce qu'on est en lien quand on est de soi à soi c'est vachement difficile de discerner, donc c'est parce qu'on est en lien c'est parce qu'on se confronte à des points de vue différents c'est parce qu'on a cette capacité à entendre l'autre aussi et à réagir émotionnellement à ce qui se passe autour de nous c'est ça, mais à réagir à des situations et à des personnes et pas réagir à des choses à plat qui nous sont présentées et proposées sur lesquelles on peut réagir à ce qu'on veut, de toute façon ça ne changera pas ce qu'on nous présente Tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux, c'est vrai que c'est là où c'est vraiment compliqué. et où ça enferme,
- Speaker #0
ça enferme complètement.
- Speaker #1
Et c'est là où je trouve que c'est intéressant pour revenir sur le travail que tu fais. Effectivement, on t'accompagne beaucoup, les femmes, pour pouvoir justement prendre leur place dans les médias, par un média aujourd'hui qui est accessible et finalement qui demande assez peu de moyens. On va être clair, j'ai une copine qui s'est lancée dedans, elle n'a pas acheté, elle n'a pas investi dans un micro. Tu peux le faire avec ton téléphone aujourd'hui. Mais exactement, et elle a dépassé, je crois qu'elle en arrive à 15 épisodes. et elle s'en sort, elle fait ses... Avec ses petits moyens, elle fait quelque chose. Elle a juste osé le faire. J'ai envie de dire, même si elle fait peu d'écoute, elle a osé le faire. Donc ça, c'est énorme. Le travail que tu fais avec les enfants, je trouve ça incroyable. Parce que le fait de permettre déjà aux enfants de se questionner, de construire leurs pensées, d'oser parler face à la caméra, parler juste dans le micro, entendre leur voix, ce rapport à la voix.
- Speaker #0
Le rapport à la voix, ça, c'est un gros sujet aussi.
- Speaker #1
et enfin... Tu leur offres, je trouve, c'est un cadeau pour demain parce que ça les amène forcément à se questionner. Tu les as fait travailler sur l'histoire. En plus, tu leur fais voir une partie du monde qui est vraiment chiante à l'école. Et tu leur as montré quelque chose de dynamique, de ludique. Donc, ça montre qu'on peut aussi apprendre de manière ludique et qu'on peut se mettre en avant de manière ludique. Je trouve ça incroyable ce que tu fais avec eux.
- Speaker #0
Merci. J'aime beaucoup cette partie-là. Et c'est vrai que... Pour moi, j'aime beaucoup voir l'évolution et la prise de confiance en soi des jeunes. Surtout que la plupart des jeunes que j'accompagne, c'est des jeunes issus de banlieues et qui ont été très peu confrontés à leur propre image, à leur propre voix, qui n'ont pas du tout d'accessibilité à ces médias de communication, au monde médiatique de manière générale.
- Speaker #1
et qui sont beaucoup stigmatisés aussi juste pour ce qu'ils sont exactement c'est vraiment leur ouvrir un espace dans lequel tu leur montres que c'est possible et qu'ils peuvent l'envisager et que demain c'est des choses auxquelles ils peuvent rêver oui exactement et
- Speaker #0
puis au delà de ça au moins prendre conscience de leur capacité à pouvoir prendre la parole à pouvoir... à être entendue. Quand je diffuse les émissions en classe entière, après, à la fin, c'est génial. Ils se pointent tous du jour. C'est toi, c'est toi. Alors, bien sûr, il y a ce rapport à la voix qui est très intimidant au départ quand on s'entend. Mais en fait, ce qui est marrant, c'est qu'ils ne se reconnaissent même pas vraiment à la fin. Parce qu'ils ont tellement travaillé sur la prise de conscience et de confiance que du coup, à la fin, il y en a, ils sont là en mode, mais c'est moi là qui parle.
- Speaker #1
Et ouais,
- Speaker #0
oui, oui, c'est toi.
- Speaker #1
Mais c'est des cadeaux parce que tu parles de la confiance, mais il y a aussi l'estime qui est plus profonde. C'est finalement, c'est comment à travers ce média là, tu développes ta propre vision, ta propre perception de ta valeur personnelle. Et c'est... On m'entend, ce que je dis est reconnu, les autres me félicitent. Donc c'est hyper important cette notion-là, parce qu'aujourd'hui je trouve aussi la difficulté, quand on parle de la place de chacun finalement dans le monde, elle part de cette notion aussi de valeur qu'on m'a inculquée. Moins on m'a permis de développer ma valeur de moi-même, mon amour de moi-même, et plus il est difficile de prendre ma place. Je ne peux pas avoir la pleine confiance. Et de me dire, ce n'est pas grave si je ne suis pas aimée, quand de toute façon, je ne suis pas déjà capable, moi, de me trouver de la valeur. Donc, c'est vraiment tout ce travail qui se trouve derrière, qui est essentiel à travailler, à développer et commencer à la fois, soit sur les minorités, soit sur les enfants, là où c'est le plus important et là où, justement, comme il y a vachement de discrimination, toi, déjà, que tu n'as pas beaucoup de valeur, mais alors, sans arrêt, tu vas te prendre tout un tas d'informations qui viennent valider que tu as raison de penser ça.
- Speaker #0
Et je vais te dire, en plus, les meilleurs, moi, chaque fois, parce que même quand je travaillais à la radio, je m'occupais aussi de mener des ateliers à ce niveau-là. Les élèves qui ont le plus de potentiel, c'est souvent ceux qui souffrent le plus de ces discriminations à différents niveaux ou ceux qui ont souvent des difficultés à l'école ou qui sont en rupture avec quelque chose. Rupture sociale, rupture scolaire. Parce qu'en fait, en plus, moi, j'ai une manière qui n'est pas du tout académique de travailler. Je ne leur donne pas du tout des stylos. Ils doivent écrire par cœur ce qu'ils vont dire, etc. Non, j'essaie vraiment de sortir de ça. Sauf quand je fais des projets avec les classes où j'essaie effectivement d'intégrer du matériel parce que ça fait partie des acquis. Mais je travaille purement par rapport à leur capacité et à valoriser aussi. Eux-mêmes, le fait qu'ils soient hyper doués avec la prise de parole, avec le fait de se mettre devant un micro et parfois d'improviser. J'ai des jeunes, ils me font des trucs, mais c'est génial en fait. Et c'est des jeunes à qui on a dit toute leur vie, ah non, t'es nulle, en gros, t'y arriveras jamais. T'y arriveras jamais. Qui n'ont même pas la possibilité, eux, de se projeter aussi dans un métier. Mais c'est ça. Parce que combien de jeunes, j'ai vu, ils sont là, ils savent... En fait, tu leur poses la question, qu'est-ce que tu aimerais faire plus tard ? Ils n'ont pas cette possibilité de se projeter par rapport à l'environnement dans lequel ils ont vécu. Et de deux, à l'école, on leur a fait comprendre que de toute façon, ils étaient en échec et que ça ne servira à rien.
- Speaker #1
C'est des cancres, des bons à rien. Enfin, quand tu pars avec des bagages qui sont comme ça, et que tout d'un coup, tu arrives et tu as quelqu'un qui te fait créer du contenu, qui t'écoute différemment, comme tu dis, tu as une approche pas du tout académique. Parce que le problème aujourd'hui, c'est vraiment ça, c'est la notion d'académie. On ne va pas remettre en cause le système scolaire aujourd'hui, mais on sait que les apprentissages académiques excluent de plus en plus d'enfants. Parce que les choses évoluent et c'est des choses qui doivent se repenser. Mais toi, avec des approches comme ça, c'est des petites graines qui sont semées. Alors ça ne fait pas changer les lignes en profondeur. Ça ne révolutionne pas le monde.
- Speaker #0
C'est des petites graines.
- Speaker #1
Exactement, c'est des graines qui sont semées. Et c'est des enfants qui, un jour, vont se souvenir de ça. C'est d'ouvrir des espaces. Moi, j'aime bien, je travaille aussi sur des projets avec les enfants. C'est d'ouvrir des espaces de rêve. On ouvre le champ des possibles.
- Speaker #0
Et parfois, c'est juste se dire que, oui, peut-être que ça ne va pas changer la vie de cette personne. Mais au moins, ça lui a offert un moment.
- Speaker #1
Exactement. Où,
- Speaker #0
pour une fois dans sa vie, il a été valorisé. Il a passé un bon moment. Et ça restera ancré. C'est ça, exactement. Je ne suis pas là pour les sauver ou quoi que ce soit. Ce serait très ambigu de ma personne.
- Speaker #1
Ce serait ambitieux. Ce serait problématique aussi, je pense. Tu perdrais ton énergie parce que le sujet est colossal. Mais c'est ce qu'on dit, c'est faire notre part de colibri. Exactement. C'est vraiment ça. Je me souviens quand on avait travaillé sur le podcast, tu m'avais dit, c'est quoi le truc vraiment qui t'anime ? Moi, j'ai dit, ce que je veux, c'est changer le monde. Pardon, excusez-moi. Oui, mais je sais que je ne changerai pas le monde. Mais c'est cette idée-là au bout du bout qui fait que quand je ne sais plus, quand je doute, je me dis, bah oui, mais chaque petite graine que je sème, chaque petite pierre que je dépose, a cette visée-là de se dire que peut-être c'est cette graine-là qui demain va faire germer quelque chose, une idée. On n'en sait rien.
- Speaker #0
Et si je suis malentendue,
- Speaker #1
ça marchait.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et en fait, il y a ce côté où on parlait tout à l'heure du structurel et du fait qu'il y ait des problématiques, qu'il soit un niveau plutôt collectif. Mais en fait, ce niveau collectif, il ne peut pas changer s'il y a l'individuel qui ne change pas en même temps. Les deux doivent se changer en même temps. Mais forcément, en fait, que le colibri, ça passe d'abord par le colibri avant de... passer par le nid de colibri.
- Speaker #1
Enfin,
- Speaker #0
je dirais pas avant, j'irais plutôt en même temps. Les deux doivent se nourrir.
- Speaker #1
Voilà, ça va se nourrir. C'est effectivement, quand on parle de cette notion système, mais après, c'est là où on revient sur quelque chose que j'aime bien amener. Cette notion de pouvoir d'agir. Aujourd'hui, j'ai envie de changer le monde. Fondamentalement, je ne peux pas agir sur le monde. Je ne peux pas changer l'autre. Je ne peux que changer ma manière de voir le monde, mon rapport au monde, mon rapport à l'autre. Et ma manière de prendre mes décisions. Quand je croise quelqu'un dans la rue qui fait la gueule ou qui n'a pas l'air, et que je passe à côté et que je fais un sourire parce que cette personne, j'ai envie de lui sourire, ou parce que tout d'un coup, je pense à quelque chose qui me fait sourire et que cette personne attrape ce que je lui envoie, hop, il se met à sourire. Parce qu'on sourit très souvent. Il y a quelqu'un qui nous sourit même si on ne va pas bien. Cette personne, elle va semer son sourire. Et peut-être qu'elle avait une journée de merde et que ce sourire-là, il a changé sa vie. Ça m'est arrivé, moi, un matin, de croiser quelqu'un et de vraiment pas être en forme, de vraiment pas aller bien. Et la personne, elle me sourit, elle me dit bonjour. Je sais pas qui c'est, je l'ai jamais vue. Elle a refait ma journée. Je suis passée de moins 15 étages au sous-sol à j'étais pumpée l'op pour la journée. Et les gens me disaient, t'es arrivée quoi ? Rien, quelqu'un m'a sourie.
- Speaker #0
Mais oui, des fois, il y a une vie, il faut le dire. Moi, j'essaye d'apprendre, même dans la rue, à arrêter une personne, à dire, oh, j'adore votre tenue. Ou ce matin, j'étais dans les embouteillages pour venir ici. J'ai vu deux mamies traverser avec deux petits chiens, c'était tellement mignon que ça m'a donné un sourire tous les jours, je leur ai vraiment souri en mode c'est trop mignon.
- Speaker #1
Attraper les millionneries de la vie, vraiment. Et ça, ça fait partie de ça, ça joue. Parce que quand t'attrapes pas ça, t'es dans les bouchons. Donc tu peux t'énerver, tu montes, t'alimentes une colère qui est déjà là, collective. Alors tu fais pas baisser la colère des autres, mais à minima tu l'alimentes pas. Juste ça. Et c'est vraiment réussir à se dire qu'on peut sortir de ça. Il y a beaucoup de gens qui disent mais pourquoi tu perds ton temps ? Pourquoi tu fais ça ? La place des femmes et puis de toute façon accompagner les femmes à prendre la parole sur un podcast.
- Speaker #0
Tu ne peux pas savoir le nombre de fois où je me le prends à la figure. Alors pas ça ne sert à rien mais je vois le jugement. dans le regard de la personne. Ou même, tu sais, il y a même des contextes où moi-même, j'avais du mal à assumer ce que je faisais parce que je sentais qu'il n'y avait pas une compréhension derrière et qu'il fallait que je me justifie. Et ça, c'est quelque chose de toute façon auquel je suis confrontée depuis aussi loin que je sois même politisée ou engagée. À la fac, c'était déjà le cas. Je devais déjà me justifier quand j'ai découvert Merci. le féminisme et toute l'ampleur aussi de ce qu'il fallait combattre. Alors en plus, au départ, quand tu te lances dans une cause et que tu découvres une cause, tu as une certaine colère en toi qui fait que chaque personne qui veut te contredire, enfin te contredire ou rentrer dans un débat, enfin ce n'est pas vraiment des débats, on va revenir sur ça, qui est là à balancer un contre-argument, tu rentres tout de suite dans une forme d'opposition. Et en fait, avec le temps, tu te rends compte qu'il y a des personnes, ça n'en vaut pas la peine, en fait, parce qu'ils sont juste là pour chercher la petite bête et pour que toi, ça te fatigue et t'es pas là pour éduquer chaque personne que tu croises.
- Speaker #1
Tu peux pas. Et c'est ça, c'est vraiment d'abandonner cette croyance-là. C'est ça. Que tu vas pouvoir embarquer tout le monde et donc, de fait, à un moment, tu te lâches la grappe.
- Speaker #0
Mais oui, c'est ça. C'est vraiment ça. Et puis, tu as ce truc aussi, effectivement, quand tu es engagé à un moment donné de... D'arriver à se lâcher la grappe, effectivement, parce que je pense que, j'en parlais avec des amis, que quand tu es engagé, parfois tu peux atteindre un espèce de burn-out d'engagement parce que tout te touche dans les causes. Et puis au bout d'un moment, c'est tellement trop que toi-même, tu ne sais même plus ce que tu peux ressentir pour toi. Donc c'est parfois prendre aussi un petit peu de recul et ce n'est pas une question facile parce que quand on est une personne sensibilisée à ces causes-là... il peut y avoir une forme de culpabilité mais en fait on ne peut pas être des personnes qui s'engagent de la bonne façon si nous même on ne peut pas prendre le recul nécessaire et qu'on n'est pas qu'on ne prend pas ce recul pour dire ah bah tiens oui peut-être que là ça vaut le coup de discuter avec cette personne, là ça ne vaut pas le coup c'est ça j'ai de l'entraînement parce que franchement à 19 ans je me suis lancée enfin J'ai été très vite végétarienne en fait, et puis à une période aussi vegan, et donc du coup, forcément, c'est devenu quotidien en fait, des personnes qui sont là et qui demandent des justifications et qui blablabla.
- Speaker #1
C'est relou quand tu penses différemment, c'est pénible en fait. C'est qu'en fait,
- Speaker #0
à chaque fois, toi, en fait, c'est pour ça que je dis que parfois, juste le fait d'exister est politique, parce que parfois tu rentres dans un espace. Et tu dis « Ah non, je ne mange pas ça, je ne mange pas de viande » ou « Ah non, je ne fais pas ça parce que ce n'est pas en raccord avec mes valeurs » . Les personnes en face peuvent se sentir attaquées et donc te demander des justifications directement alors que toi, tu n'as rien demandé.
- Speaker #1
C'est parce que tu sors de ce cadre conventionnellement accepté. C'est plutôt que de dire
- Speaker #0
« Ok, tout le monde est différent, très bien » . Non, non, des fois, tu as des personnes qui se sentent foncièrement attaquées, que ce soit même... Tu regardes tous les pod féministes, la plupart du temps, tu as des vagues de masculinistes qui sont là et qui demandent des justifications. Non,
- Speaker #1
c'est compliqué, mais cette notion de la normalité, on en ferait 50 épisodes. J'écoutais un épisode justement de Métamorphose avec Anne Géquer qui interviewait, je vais essayer de ne pas écorcher, j'essaie de me souvenir son nom, je crois que c'est Gabor Maté, qui est un médecin canadien et qui a fait un livre sur la notion de la normalité. Je n'ai plus le titre exact. Mais il parle autour de la normalité. Qu'est-ce que la norme ? Et ça vient toucher ça. C'est que, justement, dès qu'on rentre dans cette notion de ce que l'on croit être la norme, la normalité, dès qu'on en sort, dès qu'on sort de cette conviction collective, systémique, on devient politique.
- Speaker #0
Donc, c'est pour ça que je trouve que même, moi, j'estime, même ton activité, nos activités sont politiques et il faut les assumer. Je pense qu'il ne faut pas avoir peur de ce mot quand on est dans l'entreprenariat, parce que foncièrement, on est au service de quoi, de qui et pourquoi. En fait, de toute façon, quand on est engagé dans une cause et quand on fait l'entrepreneuriat, de base, quelle que soit la cause, c'est de toute façon politique. Donc du coup, pour moi, il ne faut pas que ce soit une peur aussi d'assumer cette part-là. Et surtout, aujourd'hui, dans le contexte dans lequel on est, il y a même une certaine urgence à le faire et à assumer que certaines thématiques sont politiques, en fait.
- Speaker #1
Oui, et c'est vraiment ça. On en revient sur cette notion, c'est porter sa voix. oser porter sa voix pour montrer qu'il y a d'autres voix possibles. Donc sa voix VOIX, il y a d'autres voix possibles, VOIE. C'est vraiment ça. VOIE,
- Speaker #0
VOIS.
- Speaker #1
VOIE, S. Il y a plusieurs voix. Attention, ce sera la minute orthographique. Aujourd'hui, on ne sait plus être bon en orthographe puisque de toute façon, tout nous corrige tout seul. Donc ça, c'est la misère. Mais voilà, effectivement, d'oser pouvoir se positionner, oser se dire qu'on ne va pas être aimé de tout le monde, mais ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Mais au moins, on n'est pas aimé par n'importe qui.
- Speaker #1
Exactement. Mais ça veut dire que par contre, les gens qui te suivent, tu as un impact. Tu as un impact, tu es suivi, tu es entendu. Et c'est là où je trouve que c'est chouette. Alors, ça donne aussi une grande responsabilité. Parce que quand tu commences à être sur des sujets qui sont politiques, Tu as une responsabilité de ce que tu... partage. Il faut que tu aies conscience que tu as ce fameux impact. Donc, il faut toujours garder cette notion de quel impact j'ai sur l'autre. Toujours donner les informations. Tu vois, dans l'échange qu'on a eu, je trouve que c'est chouette parce que tu donnes des études, tu les nommes, on cite des personnes. On fait référence à toujours cultiver l'esprit de discernement. Moi, toujours. Et c'est dans cette notion-là où moi, j'entends ma responsabilité. Et c'est ce que tu avais posé aussi dans l'accompagnement. C'est le fait d'ouvrir avec des questions, de ne pas être dans l'affirmation permanente, d'ouvrir avec des questions pour que chacun puisse aussi se construire son propre point de vue à partir de représentations qui nous sont proposées. C'est élargir le champ des représentations pour faire son marché dedans et dire, voilà, moi, j'ai envie d'être un peu là, je me retrouve là. Et ensuite, tu fais ta propre cuisine personnelle. Complètement, oui. Tu fais ton gâteau à toi. Et ce n'est pas le même que la voisine. Il est nourri de qui tu es.
- Speaker #0
Oui, c'est totalement ça. Je pense que pour moi, le travail des sources, c'est vrai que sur ça, je vous ai aussi fait beaucoup de travail sur ça. Parce que je pense qu'on s'est éloigné de ça aussi avec le podcast où tout le monde peut écrire et créer un podcast. Mais la problématique aussi qui se pose derrière, c'est qu'en est-il derrière de l'esprit informationnel ? et pour moi en fait je trouve ça important de ramener cet esprit journalistique quand on crée un podcast et de pouvoir ramener aussi et de s'appuyer en fait sur des choses sur des études etc c'est important et surtout de les citer et quand on est auditoriste c'est aussi se dire ah bah tiens déjà est-ce que cette étude existe parce que rien que ça il y en a en citant des politiciens ou des journalistes qui vont s'appuyer sur des choses qui n'existent pas donc que... cultivez votre propre esprit critique, ne vous dites pas tiens, cette personne a dit ça et c'est basé sur telle étude, ça se trouve c'est complètement faux, et vérifiez bien qui fait les études aussi. Quand vous allumez le moindre média, en fait la manière dont les journalistes posent les questions c'est orienté, juste le choix du sujet est orienté
- Speaker #1
Et alors c'est pour ça que moi je trouve que c'est hyper intéressant parce que la conversation qu'on a, elle illustre pleinement ma manière de fonctionner C'est-à-dire que moi, j'interview des personnes pour l'énergie qu'elles ont, pour l'histoire que je peux avoir. C'est marrant parce qu'on en discutait avec mon mari. Il me dit, mais tu n'interview que des personnes que tu connais. Et je dis, ce qui est drôle, c'est que les trois premières personnes que j'ai interviewées, tu es la quatrième, il y a Corinne au milieu aussi que je connaissais, mais qui était sur un sujet spécifique autour de la santé mentale. Mais finalement, c'est des personnes que je n'ai vues qu'une seule fois, dans des contextes où j'ai peu échangé avec. Donc, c'est des personnes que je connais peu. Donc les premières que j'ai interviewées, je les connais peu. Et je construis mes interviews en me disant, voilà, je sais le cœur de mon podcast, je sais vers quoi je vais, j'ai quelques questions files si j'ai besoin. Et en fait, mes questions ne viennent qu'au gré de ce qui vient. Alors elles sont conditionnées par l'énergie que j'ai et par ce qui m'attire. Donc je vous questionne là-dessus. Mais finalement, aujourd'hui, l'épisode qu'on fait ensemble, il ne va pas là où j'avais prévu qu'il aille. Mais on va le dire. Mais c'est génial parce qu'en fait, je trouve que c'est passionnant. Et c'est ce que tu amènes et c'est ce que j'ai envie de pouvoir. partager. C'est finalement... C'est là où tu vas, là où ça glisse, et c'est là où je trouve ça extraordinaire. Et donc je me dis, en faisant ça, je conditionne moins à aller où moi je veux.
- Speaker #0
Et donc, je vais montrer ce que j'ai envie de montrer, alors que finalement, me laisser surprendre. Par qui j'invite ? Pour que ça puisse surprendre, justement, nos auditorices qui sont là. Parce que je sais que j'ai des hommes qui nous écoutent. Merci, messieurs. Je trouve ça plus riche. C'est important, surtout. Mais oui, et c'est important, bien sûr. En fait,
- Speaker #1
toutes ces luttes dont on parle, elles ne peuvent se faire que si on les fait ensemble. C'est ça. Bien sûr qu'il y a... Enfin, bien sûr que... On parle d'injustice et de violence qu'on subit de la part des hommes, mais en fait, s'il n'y a pas de prise de conscience aussi, et une envie aussi de leur part de le faire ensemble, en fait, ce n'est pas incompatible, c'est ça que je veux dire.
- Speaker #0
Et au-delà d'être incompatible, c'est nécessaire. C'est nécessaire. C'est nécessaire, c'est dans cette notion de systémie. Et c'est de se dire, on ne blâme personne, c'est juste que des années, des milliers d'années ont conditionné ça,
- Speaker #1
on blâme. Je suis partisante de « on blâme » , mais qu'est-ce qu'on fait de ce blâme ? À partir de ce postulat, qu'est-ce qu'on en fait ?
- Speaker #0
Oui, parce que finalement, ça n'aurait pas dû être comme ça, mais c'est de se dire qu'aujourd'hui, on a la possibilité de changer les choses.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Est-ce qu'on a envie que ça reste comme ça ? Est-ce qu'on a envie que nos enfants vivent comme ça ? Et moi, j'amène toujours la question, qu'est-ce qu'on veut pour nos enfants ? Juste, je m'arrête là, je ne vais pas plus loin. Parce que fondamentalement, et notamment quand on a des filles, on se dit qu'on n'a pas envie. Nous-mêmes,
- Speaker #1
on a vécu des violences dès l'enfance. En fait, on vit des violences permanentes, des attouchements, même dès la primaire, le collège. Et puis par la suite, des violences qui sont plus graves, des violences dans la rue. Donc nous-mêmes, c'est aussi changer le regard sur notre possibilité à répondre. Parce que je pense qu'il y a ce conditionnement, on nous a beaucoup conditionné à nous taire. Et donc du coup, c'est à répondre et à afficher ces injustices et ces violences. Mais derrière, il faut qu'il y ait quelque chose en termes de société et des prises de conscience.
- Speaker #0
Qui bouge au global. En fait,
- Speaker #1
de manière globale, c'est sûr.
- Speaker #0
Complètement. Là, juste, j'ai ma fille qui commence la boxe, ma fille de 12 ans. C'est bien. Mais c'est un sujet, elle dit au début, c'était je ne peux pas faire, c'est que pour les garçons. Oui, bien sûr. Alors effectivement, elles ne sont pas beaucoup de filles, elles sont deux, mais elles sont deux filles. Et c'est hyper important de rentrer dans ce monde-là et de se dire que c'est possible. Elle dit, mais maman, en fait, on est meilleure que les garçons. Et c'est assez drôle. C'est assez drôle dans un monde de garçons. Et de se dire qu'elle arrive à dépasser ces représentations-là et le club, il est chouette sur ça. Donc, je me dis, voilà, les lignes, elles bougent.
- Speaker #1
Tu me donnes de l'émotion à dire ça, parce que moi, je suis très fière des nouvelles générations. Tu sais, je trouve que les jeunes sont énormément stigmatisés. Aujourd'hui, les nouvelles générations sont extrêmement stigmatisées.
- Speaker #0
On crée une minorité, les jeunes.
- Speaker #1
Oui, vraiment. Je pense que ça a toujours été le cas. Mais particulièrement aujourd'hui, à partir de la génération Z, Alpha et tout le reste, on est face à des clichés sur la jeunesse en permanence, etc. Et je trouve ça extrêmement dommage parce que moi, les jeunes que je rencontre, c'est des jeunes qui sont extrêmement engagés.
- Speaker #0
C'est des pépites.
- Speaker #1
Mais vraiment, en fait, sans la jeunesse aujourd'hui, on ne peut pas faire bouger les lignes. Le monde ne bougera pas.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
mais clairement. Ça ne bougera pas. Tu vois, on en a même parlé une fois ensemble dans un échange. C'est que toi, tu formes aussi les chefs d'entreprise à savoir comment accueillir ces nouvelles générations. parce qu'en fait... on est face à des générations qui sont là pour dire que c'est en fait le monde qui doit évoluer et qui vont imposer cette évolution parce que sinon personne ne le fera et ça va être dur mais tant mieux et c'est chouette ma
- Speaker #0
génération, moi je suis la génération je sais pas moi je sais jamais je suis la génération un peu avant 80 80 c'est pas je vais avoir 47 ans je sais pas X,
- Speaker #1
Y, X, Y.
- Speaker #0
Et on est la génération... On a fait chier nos parents quand on est arrivés sur le monde du travail. On a été cette génération qui a bousculé.
- Speaker #1
Chaque nouvelle génération est la nouvelle génération qui fait chérir les gens. Et on en a besoin. Mais du coup, nous en tant que... Accueillons ça. Je précise, j'ai 30 ans, même si je le fais beaucoup plus jeune que mon âge. Mais je pense que c'est aussi se dire, ne devenons pas des vieux cons avant l'âge.
- Speaker #0
On aura tout le temps d'être vieux.
- Speaker #1
On les voit vraiment. En fait, on les voit, les personnes qui incarnent les vieux cons des autres générations. Et nous, en tant que cette génération, est-ce qu'on a envie d'être ça ? Et parfois, naturellement, on le devient, on va critiquer quelque chose. Et c'est encore une fois cette notion de « waouh, ok, je prends du recul » . Qu'est-ce qui vient me toucher dans ce que ce jeune vient dire ? Qu'est-ce qui m'énerve foncièrement et qu'est-ce que ça vient toucher ?
- Speaker #0
Et comment je dépasse ça ? Et comment je dépasse ça ? Parce que souvent,
- Speaker #1
c'est des codes ou des injonctions qu'on a dans la tête. Et c'est pour ça, moi, je trouve ça génial qu'il y ait des jeunes. Mais continuez de reprendre, continuez d'insister, continuez de vous... battre sur votre conviction.
- Speaker #0
Et il y a la première ligne qui lâchera vite et la deuxième ligne qui lâchera plus difficilement. Et il y aura les vieux cons. Mais ceux-là, finalement, ils font partie du décor. On en aura toujours et puis il y a des gens qu'on n'arrivera jamais à faire bouger en soi parce que c'est le combat à mener. Mais voilà, c'est vraiment d'avoir cette capacité, ce focus de tiens, j'ai pensé ça, j'en fais quoi ? Voilà, le jugement, c'est là.
- Speaker #1
Qu'est-ce que j'en fais ? Et encore une fois, même quand on a des privilèges, comment je fais pour faire de la place à des personnes qui n'ont pas cette place ? Tout est une question de trouver son équilibre. Je ne peux pas prendre tout l'espace juste à moi. Je dois le partager cet espace. Comment je fais pour le partager avec des personnes qui n'en ont pas ?
- Speaker #0
C'est tout de suite plus sympa. C'est tout un enjeu autour de ça. On a délivé, on s'est perdu, on a suivi le fil de nos pensées.
- Speaker #1
C'était le risque.
- Speaker #0
C'était le risque. Non, mais c'était très, très chouette parce que finalement, on tourne quand même beaucoup autour de cette notion. Aujourd'hui, on est quand même pas mal pris dans des injonctions, dans des croyances. Quelle que soit finalement la voie qu'on choisit, il y a cette importance à savoir se questionner et à savoir chercher les bonnes personnes pour nous aider à nous questionner. Je raccroche avec ton métier, c'est important de pouvoir, voilà, je reboucle la boucle. Mais c'est de se dire qu'il y a des moments où on est coincé dans nos représentations. C'est ok, ça arrive, c'est normal, on se fait tous piéger. Et c'est le fait de ne pas être seul, d'aller se questionner avec les bonnes personnes, de se faire accompagner dans les bons moments sur certains sujets où c'est vraiment inconfortable. Ça va permettre justement d'aller dépasser ses croyances limitantes, d'aller sortir des injonctions qui nous conditionnent, de pouvoir avancer.
- Speaker #1
Et puis de ne pas se retrouver seule dans les moments où ça devient trop challengeant, où on a des gros doutes. Moi, je vois la différence, en fait, pour le cas de l'accompagnement podcast. C'est qu'il y en a beaucoup qui me disent en plus, ah non, désolé, je ne vais pas faire l'accompagnement parce que j'ai acheté cette formation qui a coûté 60 euros et qui est toute clé en main. Et à la fin, je reviens plusieurs mois après, je fais, et du coup, tu l'as lancé ton podcast ? Ah non, parce que voilà, il y a toujours des excuses. Et je suis là en mode... En fait, le problème, c'est que ces formations clés en main, elles vont t'apprendre la technique, mais elles ne vont pas prendre en considération qu'il y a des choses qui viennent travailler à l'intérieur et qui sera là le jour où il va falloir que tu prennes vraiment le micro, où il va falloir que tu montes et que tu publies ton premier épisode.
- Speaker #0
C'est ça, parce que ça fait peur, le premier épisode.
- Speaker #1
Parce que ça fait super peur. Et parce que ça vient travailler certaines choses, des choses différentes pour chaque personne. Et souvent, ça revient au même... aux mêmes choses de toute façon. Mais en fait, si tu te retrouves seule face à tes peurs dans ces moments-là, c'est très compliqué d'aller au-delà de ça parce que tu ne peux pas les surpasser.
- Speaker #0
Seule, tu ne peux pas. Il y a des peurs, oui, mais il y en a d'autres, tu ne peux pas. Donc vraiment cette notion, effectivement, de savoir être bien accompagnée, de savoir ne pas être seule dans certains moments, ça ne veut pas dire tout le temps, ça ne veut pas dire partout, pour tous les sujets. Exactement. Mais sentir quand on a touché ses limites, c'est fondamental pour pouvoir justement faire bouger les lignes. On l'a dit, ça commence par soi et ensuite, on a un effet de résonance de toute façon, forcément. Alors, on arrive vraiment sur la fin de cet épisode. J'aime bien toujours ma petite question de clôture, la tradition du podcast. Toi, aujourd'hui, comment tu fais pour te lâcher la grappe ? Est-ce qu'il y a un sujet particulier aujourd'hui sur lequel tu focuses ? Tu sens que... Voilà, tu as besoin de travailler là-dessus.
- Speaker #1
Ah, c'est intéressant. Je pense que je me lâche la grappe sur le fait que je ne me lâche pas la grappe tout le temps. Déjà, c'est important de le dire. J'aime beaucoup. Moi aussi parce que j'ai un fonctionnement neuro-atypique. Et du coup, forcément, dans ce fonctionnement neuro-atypique, il y a plein de moments où c'est compliqué.
- Speaker #0
Et donc,
- Speaker #1
du coup, c'est accepter qu'il y ait des moments compliqués, qu'il y ait des moments où je n'ai pas l'énergie pour ça ou qu'il y ait des moments où tout d'un coup, j'ai énormément d'énergie pour ça. Et d'apprendre aussi à connaître un petit peu plus chaque jour mes besoins, mes limites et savoir comment... comment équilibrer tout ça. Mais pour moi, j'aime le fait qu'il n'y a pas tout le temps de l'équilibre dans la vie et que l'équilibre, il est dans le non-équilibre en fait.
- Speaker #0
J'adore l'équilibre et dans le non-équilibre.
- Speaker #1
Mais c'est vrai parce qu'on parle toujours de linéarité, mais pour moi, ça n'existe pas.
- Speaker #0
La vie est une courbe sinusoïdale, pas du tout linéaire.
- Speaker #1
J'ai des périodes, surtout depuis que je suis entrepreneuse, qu'on appelle les périodes d'hyper focus. Quand tu es TDAH, c'est des périodes où tu es en capacité d'oublier le monde et jusqu'à tes besoins, d'aller aux toilettes, de manger, etc. C'est des périodes qui peuvent être un peu difficiles à vivre et à canaliser. Mais j'ai aussi appris à me dire que j'appréciais aussi ces moments de période parce que c'est des périodes de grande créativité. Et bien sûr que j'essaie de faire attention et de prendre en considération un petit peu plus mes besoins maintenant dans ce cadre-là. Ce n'est pas toujours possible. Mais j'apprends à me dire que là, je profite. Je suis dans une période d'hyper focus. J'adore ça parce que je sais que je vais avoir plein de créativité. Je prends toutes les créativités que je peux prendre à ce moment-là. Et je prends en considération qu'après, je vais devoir me mettre dans ma grotte pendant un certain nombre de temps. me reposer en fait et me recentrer sur certaines choses. Donc je dirais que c'est ça. Me lâcher la grappe, c'est prendre en considération que je ne suis pas linéaire, que je n'y arrive pas, que des fois j'y arrive beaucoup, que j'ai certaines capacités, etc. Mais de prendre en considération que ce n'est pas linéaire. Et voilà, je pense que c'est ça.
- Speaker #0
Tu viens d'illustrer merveilleusement ce qu'est l'écologie personnelle. L'écologie personnelle, c'est apprendre à bien se connaître.
- Speaker #1
Mais oui !
- Speaker #0
C'est juste ça, c'est comprendre qu'il y a des fois, je suis hyper focus et je sais qu'après, je vais devoir me reposer. En fait, là où c'est dur, c'est quand on lutte contre sa nature. Et finalement, se lâcher la grappe, c'est arrêter de lutter contre sa nature. C'est accepter que des fois, on n'est pas capable de se la lâcher. C'est accepter que des fois, l'équilibre vient du déséquilibre aussi, tant que tu es en conscience. Et tu vois, c'est vraiment ça. C'est pour ça que je dis que ça illustre exactement ce qu'est l'écologie personnelle. C'est cette notion de... conscience de comment je fonctionne, qui je suis, et j'apprends à vivre avec.
- Speaker #1
Et puis surtout de sortir d'un certain conditionnement où on nous a dit que il n'y avait qu'un seul fonctionnement et que c'était linéaire et que c'était comme ça. Comme le principe de la méditation, on a l'impression que c'est de ne pas penser. Non, c'est penser mais ne pas s'accrocher à ce qu'on pense et laisser passer. C'est un petit peu le même concept, c'est totalement le même concept d'ailleurs. C'est se dire, surtout, en plus, je ne sais pas pourquoi j'attire que des clients neuroatypiques la plupart du temps. On se demande vraiment pourquoi. Mais du coup, c'est aussi cette prise en considération des besoins de chacun. Et que ça n'existe pas un seul fonctionnement. Il y a un fonctionnement propre à chacun. Et quand on parle en plus, qu'on rajoute la neuroatypie. Il y a 10 000 fonctionnements qui s'ajoutent à ça.
- Speaker #0
Bienvenue dans le monde. L'être humain est tout sauf l'IDR. Et c'est incroyablement complexe. Mais oui, on est de la matière vivante. C'est toujours ce que je dis. On est de la matière vivante. Donc, en plus, on change.
- Speaker #1
Sortons de nos conditionnements et de nos cases. Et comme tu le disais au début, des fois, on retourne dans une case. On ne s'en rend pas tout de suite compte. mais justement au bout d'un moment, quand on s'en rend compte
- Speaker #0
On en ressort.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'on en fait pour en ressortir ?
- Speaker #0
C'est ça. Et finalement, on fait des sauts de puce et ce n'est pas grave. C'est ça, c'est la vie, ce n'est pas linéaire. Exactement. On va terminer là-dessus. C'est incroyable. Mais effectivement, je trouve que c'est parfait. Oui, la vie n'est pas linéaire. Oui, on va sauter de case en case. Ce qu'il faut, c'est garder ce mouvement-là pour sauter de case en case. Et tant qu'on est raccroché à soi, tant qu'on est animé par ce qu'on fait, ça va bien. Il y a des fois, on n'arrivera pas à être animé par ce qu'on fait aussi, et ça arrive, et ce n'est pas grave. Donc, c'est aussi savoir accepter ça. Soyons des puces.
- Speaker #1
J'aime cette conclusion.
- Speaker #0
Soyons des puces.
- Speaker #1
Sautons toujours vers ce qui nous anime. Enfin, en tout cas, tendons le plus possible à sauter vers ce qui nous anime le plus possible.
- Speaker #0
Et je dirais que quand on a posé ça, on n'est pas mal. Ah, j'aime beaucoup. On va repartir avec une énergie. C'est extra.
- Speaker #1
La conclusion de Soyons des puces. Voilà, j'aime ça.
- Speaker #0
Ce sera un épisode à part, celui-là. Un grand merci Manon, j'étais ravie de te recevoir, de cet échange qu'on a eu, c'est juste génial. Vous avez senti l'émotion, la joie était là, c'était très présent. Mais vraiment un grand merci de t'être prêtée au jeu du micro de l'autre côté. D'habitude c'est Manon qui interview, et là c'était l'interviewé.
- Speaker #1
Et puis je suis trop contente de pouvoir passer derrière ton micro, que tu as toi-même mis en place. place en fait et cet espace de parole que tu as pu mettre en place et je suis trop fière en fait de voir c'est le petit moment fierté de coach média vraiment c'est le moment chaud de doux où on s'envoie que de l'amour très
- Speaker #0
important exactement, le feedback positif c'est la vie c'est la vie et ça fait du bien c'était très très chouette Merci. J'espère que cet épisode vous aura apporté autant de joie que nous on en a eu à le réaliser. Si l'épisode t'a plu, n'hésite pas à le commenter, à le partager, à lui mettre 5 étoiles sur les plateformes. C'est ce qui le fait vivre. En tout cas, un grand merci pour ta présence ici et continue à me suivre pour ce 23e épisode. Je te dis à très bientôt et une très belle journée à toi.