- Speaker #0
Dès qu'on va voir une personne, ou entendre, mais plus voir, on a un espèce d'instinct et on juge.
- Speaker #1
Sans le savoir, tu pourrais juger une personne.
- Speaker #2
Il y a une question qui gratte un peu, que j'adore poser quand j'anime une séance avec un collectif, que ce soit de la formation, du co-développement, un séminaire. Il faut savoir que je commence toujours mes animations en posant les règles de vie pour ce collectif. C'est... le préalable pour que chacun, chacune se sente en confiance, en sécurité pour oser partager, oser se livrer. Et dans ces règles, la demande du non-jugement est systématiquement posée. Alors forcément, je ne peux pas laisser passer ça, et je m'amuse. Et je viens aller chercher un peu sur ce sujet. Et je leur demande, est-ce que vous pensez qu'il est possible de ne pas juger ? Je ne sais pas ce que tu en penses de ton côté. Bienvenue dans Lâche-toi la grappe, le podcast qui t'invite à te remettre au centre. Moi c'est Stéphanie, coach et formatrice en écologie personnelle, pour les femmes qui se sont oubliées en prenant soin des autres. Diplômée en pratique narrative, j'accompagne mes clientes à réécrire leur histoire et à rallumer leur lumière intérieure. Deux fois par mois, on explore ensemble des histoires inspirantes de femmes qui ont osé switcher, on parle de croyances à déconstruire, d'écologie personnelle et surtout... d'apprendre à se lâcher la grappe, parce qu'en rallumant ta lumière, tu éclaires aussi le monde autour de toi. Allez, installe-toi confortablement et bienvenue dans l'épisode du jour. Je vais te partager une réflexion que je me suis faite au mois de juin sur un jugement que je porte sur une personne depuis plusieurs années. Ça fait bien trois ans que je croise régulièrement un monsieur qui promène son chien en regardant son téléphone. Il lève quasiment jamais les yeux, il s'occupe pas du tout de son chien. À chaque fois, j'ai cette pensée jugeante qui dit « Encore un qui ne sait pas se décrocher de son téléphone. En plus, il va dans le parc, il ne profite même pas de la nature, le gars. Clairement, je trouve ça nul et affligeant. On est sur une belle pensée jugeante. » Et puis en juin, je ne sais pas pourquoi, mais en recroisant ce monsieur un matin en allant prendre mon train, je me suis mise à le regarder autrement. Alors en fait, à le regarder vraiment. Au-delà de mon jugement. J'ai remarqué que ce monsieur, il a du mal à marcher. On sent que c'est pas confortable pour lui. Et puis, il fait en sorte de surtout pas croiser les gens. Même quand il traverse, il regarde ses pieds. Et là, je me dis quelque chose de très différent dans ma tête. Il est peut-être sur son téléphone, mais en attendant, il sort son chien. Et tous les jours. Je l'ai déjà croisé jusqu'à trois fois par jour, c'est pas rien. Et là, il y a une question vraiment importante que je me pose. « Finalement, qu'est-ce que je sais de lui ? » Eh bien, rien en fait. Peut-être que ce monsieur, c'est super dur pour lui de sortir, que ce soit physiquement ou relationnellement. Peut-être que s'il n'avait pas son téléphone, il ne sortirait pas. Alors oui, il est sur son téléphone, mais il sort son chien, deux à trois fois par jour, et il marche, alors qu'on voit que c'est quelqu'un qui a du mal à marcher. Il y a des gens avec tout ça, ils restent enfermés chez eux, sur leur téléphone, parce que le téléphone est toujours là généralement, leur chien à côté. leurs enfants qui bougent pas, alors que lui, il sort. Qui suis-je pour me dire que c'est nul et affligeant de faire ce qu'il fait, sachant que je ne sais rien ? Et donc, je me suis amenée cette réflexion-là, ce jour-là. C'est facile de juger, c'est gratuit, et ça peut être violent. Et quand on ne connaît rien de la vie de l'autre, qu'est-ce qu'on peut avoir comme avis sur la situation ? Je pars de ce que je vois, pas de ce que je sais. C'est hyper intéressant et important, je trouve, de poser ça, de comprendre ça. Et c'est à partir de là que je peux juger l'absurde révélateur. C'est à partir de là que je peux bouger et m'ajuster. Cette expérience, elle m'a donné envie d'aller confronter ma prise de conscience. J'en parle beaucoup avec mes clientes et mes clients sur mes séances. Mais je trouve intéressant de pouvoir te partager aussi deux points de vue complémentaires aux miens. J'ai donc d'abord demandé à une amie si elle pensait qu'il était possible de ne pas juger.
- Speaker #0
Non, c'est impossible de ne pas juger. C'est impossible de ne pas juger dans le sens où, de toute façon, dès qu'on va voir une personne, ou entendre, mais plus voir, on a un espèce d'instinct et on juge, c'est de la protection. C'est se mettre en sécurité. C'est-à-dire que quand on voit une personne, on a instinctivement, est-ce que cette personne est un danger pour moi ou pas ? Et ça, c'est de l'instinct et c'est de la sécurité. et donc euh C'est l'instinctif, c'est le côté animal, on va dire, qui arrive en premier. Donc on ne peut pas ne pas juger.
- Speaker #2
Et puis ? J'ai aussi eu envie d'avoir un avis plus jeune. Alors je suis allée questionner ma fille de 12 ans pour voir ce qu'elle en pensait. Est-ce que le jugement, ça nous concerne tous ?
- Speaker #1
Non, c'est pas possible. Parce que sans le savoir, tu pourrais ajuster une personne, alors que tu t'en fais même pas exprès.
- Speaker #2
Alors oui, elles ont raison toutes les deux. Le jugement, on peut rien y faire. On n'a aucun contrôle dessus. Le jugement, c'est quelque chose qui se présente avant même que j'ai le temps de choisir que ça vienne ou que ça ne vienne pas. Moi, le jugement, j'aime bien toujours le rapprocher des émotions. Une émotion, on voudrait contrôler ses émotions. Spoiler, on ne contrôle pas une émotion. Une émotion, elle vient, elle nous indique qu'il se passe quelque chose. Le jugement, c'est pareil. Le jugement, c'est quelque chose qui vient sans même qu'on ait le temps de pouvoir en faire quoi que ce soit. On est face à une personne, on est dans une situation particulière et on va juger. On va juger tout de suite. Et ça, c'est OK. C'est OK parce qu'effectivement, on ne peut pas le contrôler. Qu'est-ce que ça raconte, ce jugement qu'on ne peut pas contrôler ? D'où ça vient ? Qu'est-ce qui fait qu'on juge ? On juge à partir de qui on est. Tout ce qui nous vient, tout ce qu'on voit dans le monde autour de nous, on le juge à travers un filtre. un filtre qui nous est propre. Moi, j'aime bien parler, quand j'explique cette notion-là, de ce que j'appelle la carte du monde. Alors, à ce moment-là, en règle générale, là, t'es en audio, mais comme je suis toujours très visuelle, j'aime bien dessiner à côté de la tête une espèce de petit carré dans lequel je fais comme si je dessinais. Alors, si t'es visuelle, ça te parlera. Mais cette carte du monde, c'est vraiment quelque chose qui vient et qui est représentatif de ce qui est pour toi la normalité. Qu'est-ce que je vais trouver dans cette carte du monde ? Elle représente tout ce que j'ai appris, tout ce que j'ai stocké dans ma vie, donc tout ce qui me vient de mon éducation, que ce soit mes parents ou les gens qui ont été dans la sphère de mon éducation, donc les profs, les maîtresses, les maîtres, donc tous les gens qui ont participé à ça. Ils me viennent de ma culture, ils me viennent de ma religion. Si j'ai grandi à la ville ou à la campagne, que ce soit à Paris, ou que ce soit en dehors de la région parisienne. Je vais avoir une vision de la norme qui va être différente des autres. Donc ça, c'est vraiment la carte du monde. Elle va cumuler finalement un peu toutes mes expériences. Mon premier job, les gens que je vais avoir rencontrés sur mon parcours, si j'ai voyagé ou si je suis restée toujours au même endroit. Forcément, ma norme ne va pas être du tout la même parce que je vais avoir confronté mon point de vue à d'autres points de vue. Pourquoi je parle de carte du monde ? Parce que finalement, tout ça, ça dessine des territoires. Donc, c'est des territoires que j'ai finalement explorés, dessinés et qui font que j'ai la capacité, avec certains de ces territoires, à rencontrer des gens qui ont le même territoire que moi. Et donc, dans ces cas-là, mon jugement va être différent, vu qu'on a une représentation de la norme qui est à peu près similaire. C'est des gens avec qui je vais pouvoir rentrer en lien assez facilement. Et puis, il y a des gens avec qui j'ai des territoires qui sont... complètement différent. Je n'ai aucun pont et je n'ai jamais été confrontée à ce territoire-là. Forcément, la première fois que je rencontre ces personnes-là, ça va me confronter à ma propre perception, à ma propre réalité et je vais juger à partir de ce que je connais. Quelqu'un qui va avoir un langage complètement différent du mien. Voilà, si je viens de la société triuppée et que j'ai un langage... très développé, un vocabulaire développé, une façon de m'exprimer sur un langage soutenu. Quelqu'un qui va avoir un langage plus basique, peut-être plus grossier, je vais me dire, mais comment il parle celui-là ? Mais il s'entend, mais c'est vulgaire. Oui, pour moi, mais pour la personne qui est en face, qui a évolué peut-être que dans un monde où c'était la manière de parler, pour lui, c'est juste normal, il n'y a rien de vulgaire. Donc c'est important de pouvoir prendre conscience qu'on juge à partir de ce que l'on sait, de ce que l'on connaît. J'aime bien poser ça parce que ça déculpabilise aussi, parce qu'il y a des fois, il y a des gens qui vont dire « je juge tout le temps, c'est pas bien » ou « ah oui, mais c'est pas bien, tous ces gens qui jugent » . Ok, on juge tous, on peut rien faire de ça. Mon amie, elle mentionne aussi quand elle parle du jugement le fait qu'il y a cette notion d'instinct de survie. Mais oui, c'est aussi ce jugement qui me permet tout de suite de décider si l'environnement face à moi il est dangereux ou pas dangereux. Quand bien même je n'ai pas toutes les informations à ma disposition, c'est ce qui va me permettre de réagir vite. Aujourd'hui, il est souvent faussé ce jugement. Donc je vais devoir prendre le temps de comprendre si ce que je suis en train de me dire, c'est bon ou pas bon. Mais il va y avoir aussi cette notion d'instinct de survie qui revient. Ça refait le lien avec les émotions. L'instinct de survie, ça va générer une émotion rapide qui va se dire « Ouh là là ! » Courage puyant, ou il va falloir se préparer à l'attaque. C'est vraiment tout ça que ça nous prépare. Donc moi, j'aime bien vraiment toujours revenir sur, voilà, juger, enfin ne pas juger, c'est impossible, parce que finalement, on est exposé tous les jours à des gens qui sont très différents de nous. Et mon amie, elle m'a partagé un exemple qui vient illustrer ça, et tu vas voir, je trouve hyper intéressant.
- Speaker #0
Par rapport au jugement, je me fais souvent avoir, parce que mon premier jugement est souvent faux. Je me souviens d'être partie en vacances en solo, en jeune adulte à l'UCPA. Et dans le bus, une petite blonde avec des grands cheveux bien pomponnés, etc. vient s'asseoir à côté de moi. Et je me suis dit, quelle est cette pétasse qui vient s'asseoir à côté de moi ? Physiquement, je l'ai jugée. Et en fait, c'est devenu une super amie. On a passé des super vacances. Elle est venue avec moi dans la chambre. Et on a été vraiment... très amis, on est toujours amis depuis. Mais la première impression, c'était cette petite blonde pétasse qui vient s'asseoir à côté de moi dans le bus. Et c'était mon jugement. Et après, j'ai commencé à lui poser des questions, on a commencé à discuter, on est devenus amis. Comme quoi, voilà, premier jugement, c'est pas forcément le bon.
- Speaker #2
Alors j'adore cet exemple, parce qu'il illustre totalement cette histoire de carte du monde dont je te parlais. Il y a des personnes qu'on rencontre et qui viennent nous bousculer fortement dans notre représentation du monde. Et c'est difficile de s'en décoller. Il y a des gens qui n'y arrivent pas. Et encore plus quand ils sont dans un environnement qui valide et renforce ses représentations au quotidien. Si je vis dans un environnement ouvert, avec l'accès à plusieurs territoires différents, je reprends mon image de la carte, alors je vais avoir une meilleure flexibilité mentale et émotionnelle face au jugement. Une meilleure capacité de discernement. Parce que j'ai appris à bouger. Parce que c'est de ça qu'on parle derrière le jugement. C'est la capacité à discerner si ma pensée est fondée ou pas. Quels sont les éléments à ma disposition pour valider ou invalider ce jugement que je porte ? Plus j'ai une flexibilité mentale et une richesse de représentation, et plus je vais avoir cette capacité à discerner. Je te partage aussi l'exemple de ma fille à qui j'ai demandé si elle se souvenait d'une situation récente où... elle avait jugé quelqu'un et si son jugement avait évolué depuis. Alors comme c'est la rentrée, c'est hyper facile avec les jeunes, ils ont plein d'exemples.
- Speaker #1
Au début de l'année, la prof des SVT, elle était sympa, elle nous avait mis comme on voulait pour les places, on faisait des trucs sur les tablettes, et puis au bout d'une ou deux semaines, elle a commencé à me montrer un deuxième visage, elle nous a changé de place. Elle a fait un plan de classe parce qu'il y avait trop de bavardage. Et du coup, mon avis l'a complètement changé parce qu'ensuite, elle a commencé à devenir un peu méchante.
- Speaker #2
Ce que j'aime bien avec cet exemple, c'est que ça montre aussi cette idée du premier avis qu'on peut se faire sur quelqu'un avec des éléments à disposition, mais dans un contexte biaisé. Une rentrée, c'est un contexte biaisé parce que c'est dense et intense. De part et d'autre, il y a beaucoup de nouveautés, d'ajustements. On va rarement montrer son premier visage, comme le dit ma fille. Elle, elle parle du deuxième visage. Mais vraiment, voilà, on est là-dedans. Et puis, on voit aussi toute l'importance de la dimension émotionnelle. Je parlais tout à l'heure du jugement et des émotions. C'est corrélé, bien évidemment. J'ai eu envie de creuser un peu le sujet avec elle et je lui ai demandé si dans sa classe, ils étaient tous du même avis qu'elle. Et elle m'a dit qu'elle a des copines qui s'en fichent. Pour elle, ce n'est pas important de pouvoir choisir sa place. Donc elle continue de bien aimer la prof. Sauf que pour ma fille, la prof a la changé. Elle ne les laisse plus choisir, donc elle est méchante. Et elle n'arrive plus à discerner ce qu'elle pourrait aimer chez cette prof, parce que l'émotionnel a pris toute la place. Et ça nous arrive souvent. Si on n'arrive pas à prendre du recul sur l'émotion ressentie au moment du jugement, et comprendre ce qu'elle veut nous dire, je rappelle que les émotions sont des messagères pour nous mettre en mouvement, on reproduira ce jugement dans chaque situation similaire. Alors le travail à 12 ans, clairement, il est plus complexe, parce que la maturité émotionnelle, elle est en construction. Mais c'est quand même toujours intéressant à questionner pour ne pas en faire une vérité absolue. Ça, c'est quelque chose qui peut se travailler dès 12 ans, et bien plus tard aussi. Alors la prochaine fois que tu verras quelqu'un qui vient te déranger dans ta vision du monde, qui te fait ressentir une émotion forte, tu peux faire deux choses. Une assez simple, je mets toujours des guillemets sur simple parce que c'est toujours facile de dire que c'est facile. Dans la vie, rien ne se fait toujours comme ça. Par rapport à l'autre proposition, en tout cas, celle-ci est plus simple. Donc, une chose assez simple, au demeurant, parce qu'elle ne demande pas trop de travail d'introspection. Ici, je te propose déjà, c'est juste de poser de la conscience sur le fait que tu es en train de juger. Déjà, avoir conscience de ce qui se passe, prendre ce temps d'observation de toi-même, c'est déjà un grand pas. Et là, te dire, ok, je suis en train de juger, juste ça déjà. Ne pas te flageller pour ça, mais ne pas nourrir non plus ton jugement. C'est là le point de bascule le plus important. Tu l'identifies et tu le laisses là. Parce que souvent, le jugement, derrière, on va aller lui trouver des validations, on va aller essayer de creuser. On s'arrête là. Je juge. Ok. Basta. C'est un peu comme méditer. Souvent, en méditation, on nous raconte qu'il faudrait arrêter de penser. Ça, c'est une croyance autour de la méditation. Des gens ont porté cette croyance. ont alimenté cette croyance, alors que c'est faux. En méditation, tu ne dois pas arrêter de penser. Tu dois juste apprendre à ne plus les suivre et ne plus les nourrir. C'est la même chose à faire pour ton jugement. Ce n'est pas toujours facile de faire ça, mais ça me semble essentiel comme premier pas. Déjà, si tu arrives à juste te rendre compte que tu juges, c'est énorme comme chemin. Pour la deuxième, je te propose un exercice plus complet. Déjà, tu peux te demander, tiens, cette personne-là, Qu'est-ce que j'ai comme information à ma disposition pour juger ? Tu listes factuellement ce que tu observes et ce qui se passe à l'intérieur de toi. Commence par ce que tu observes qui est lié au jugement. C'est vraiment ça qui va être important. Puis, essaye de prendre un poil de recul, tu sors de ton jugement et tu observes à nouveau. Vois si ce que tu avais identifié au premier coup, c'est factuel ou plutôt de l'ordre émotionnel. Si je reprends mon exemple du monsieur qui promène son chien, au final, moi, ça m'a mis super en colère. Donc, je l'ai regardé et jugé à partir de cette colère. Mon factuel, il était biaisé par mon émotion. Quand tu mets le doigt sur cette émotion, tu peux te demander, qu'est-ce que cette colère, elle dit de moi ? Elle n'est pas facile, celle-là. Mais c'est la question la plus intéressante et la plus puissante par rapport à ce qui est en train de se jouer. Ici, en l'occurrence... Il y avait deux choses qui se jouaient à cette époque pour moi. Ma difficulté à être pleinement présente à mes enfants et à passer trop de temps sur mon propre téléphone. Plutôt que de régler mon problème, je préférais me focaliser et juger les autres. Eh ouais, c'est tellement plus facile que de se regarder le nombril. Je pense que ça va parler à quelques-unes et quelques-uns qui nous écoutent. La deuxième, il y avait de la jalousie. Ouais, c'est pas joli la jalousie, mais si on est honnête à un moment donné, on va tous en ressentir. Moi, j'avais envie d'un chien, très envie d'un chien depuis super longtemps. Et le voir ne pas profiter de son chien alors qu'il en a un, ça me frustrait et je trouvais ça super injuste. En fait, ce n'était pas OK. Je me disais, ce gars, il a un chien et il n'est pas avec. Moi, si j'en avais un, j'en profiterais. C'est ça qu'il y a derrière. Dans les deux cas, j'ai fait le chemin pour soigner les deux. J'ai travaillé avec mon psy pour prendre conscience du premier point. C'est ce qui m'a permis de m'ajuster et d'être beaucoup moins en colère face aux gens. quand j'ai un jugement sur des gens qui sont sur leur téléphone, je le place autrement. Et pour la frustration et l'injustice, j'ai adopté un chien. Alors, c'est pas facile pour tout le monde, on peut pas tous le faire, mais moi, j'ai réglé le sujet comme ça. Et je suis ravie. Si tu me suis sur Instagram, tu la vois régulièrement. Voilà, j'en parle beaucoup. Mais elle me fait beaucoup de bien et surtout, je ne suis jamais sur mon téléphone en promenade. J'en profite, je suis pleinement avec elle. Forcément, ce monsieur, je le regarde différemment. Quand tu fais ce chemin, c'est là que tu peux arrêter de juger dans la durée. Et finalement te dire ok, chacun est comme il est. Alors je dis arrêter de juger dans la durée, car tu n'arrêteras pas ton premier jugement. Je l'ai déjà dit, on est ok là-dessus. Ce que tu arrêteras de faire, c'est de croire que ton jugement est une vérité absolue. Et il est là le travail, c'est sur cette transformation-là. Je le dis toujours, ne pas juger, c'est impossible. Ce qui compte, c'est ce que tu fais de ton jugement. Tu as le pouvoir d'agir sur ce que tu fais de ce jugement et de l'impact qu'il a sur toi et sur les autres. C'est s'il y avait un truc à retenir, c'est vraiment ça. Tu imagines, je vais voir ce monsieur avec mon chien et je lui dis que c'est inadmissible. Donc je suis pleine de colère. Donc en plus, je vais lui dire sur un ton qui va être bien, bien, bien comme il faut. Et là, voilà, je lui dis que c'est inadmissible ce qu'il fait, alors qu'en fait, je ne sais rien. Donc là, je lui explose et je lui balance tout ce que j'ai à lui balancer. Le pauvre gars, il n'a rien compris. la violence que ça peut représenter pour lui, et l'inutilité de la démarche pour moi réellement. À ce moment-là, je me suis fait du bien, mais je me suis fait du mal. Donc, qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai déversé ma colère sur quelqu'un qui n'a rien demandé. J'ai un effet de soulagement immédiat, toujours, ça, c'est sûr. Ça dure quelques microsecondes. Après, on est différents là-dessus les uns les autres, mais moi, c'est quelques microsecondes. Et merci pour la culpabilité pendant des jours après. Et puis, on va être clair, il y a bien assez de gens dans le monde qui le font, juger et aller partager leur jugement gratuitement. Alors, autant ne pas en rajouter. Prendre soin de soi en traitant les vrais sujets de fond pour soi. Ça, en tout cas, c'est ma conviction personnelle. Ce qui est très chouette dans mon histoire que je t'ai partagée, c'est qu'il y a un épilogue très sympa. Début juillet, pendant ma promenade avec ma chienne, je l'ai croisé. Et c'était la première fois qu'on se croisait avec les chiens. À chaque fois, je le croise plutôt sur mon trajet aller-retour de la gare. Ce qui est marrant quand tu as un chien, c'est que tu te retrouves à établir des relations avec des gens auxquels tu n'aurais jamais pensé. Et clairement, ce monsieur-là, je n'y aurais jamais pensé. Donc nos chiens se sont rencontrés et ils se sont dit bonjour. Ça commence toujours comme ça. Si t'es un chien, ça te parle. Et nous, bien évidemment, on est polis, donc on s'est dit bonjour aussi. Et puis on a papoté quelques instants. Au final, ce monsieur, il est très gentil. Et il est très doux. Alors oui, il est timide et en retrait. Mais il n'est pas froid et pas distant. Tout l'opposé de l'idée que je m'étais faite. Et j'ai adoré cette rencontre. Qui est venue clôturer ce travail de réflexion autour du jugement que j'avais eu pour ce monsieur. Ça m'a fait beaucoup de bien. Et surtout, ça m'a donné envie de te faire cet épisode et de te partager mon expérience pour éclairer un mécanisme qu'on a toutes et tous. Et c'est pas grave. Pas d'auto-jugement, pas de flagellation. On juge et c'est OK. On se lâche la grappe avec ça. Tant on est consciente que l'on juge. Ça, c'est le truc que je lâche jamais. C'est la conscience de ce que l'on fait, de ces mécanismes. C'est dur de changer les mécanismes, c'est dur d'avancer, d'introspecter sur soi. En revanche, être en conscience de ce qui se joue, c'est vraiment quelque chose d'essentiel. Quand on est en conscience de ce qui se joue, de ce que l'on vit, on retrouve son pouvoir d'agir. Pas toujours tout de suite pour vraiment passer dans l'action, mais on retrouve en tout cas le choix de pouvoir agir. Et juste ça, pour moi déjà, c'est essentiel. C'est le premier pas vers soi. Si c'est un sujet qui reste difficile pour toi, et que tu sens que tu aurais besoin d'aide pour être plus en paix avec tes émotions, c'est quelque chose qu'on peut faire ensemble. Dans mon accompagnement Rallume ta lumière, on travaille justement pour te permettre de te réconcilier avec tes émotions, avec tes jugements, et apprendre à avancer avec plus sereinement. Donc n'hésite pas à me contacter via l'appel découverte, on en discute ensemble, ce sera avec plaisir. Avant de se quitter, si cet épisode t'a aidé, s'il a fait bouger une ligne ou allumer une petite étincelle, J'ai besoin de toi. Je le dis souvent, mais c'est important de le rappeler. Vraiment, je t'invite à prendre une minute pour pouvoir noter le podcast. Alors si t'as plu, mets 5 étoiles. C'est hyper soutenant pour moi. Quelle que soit ta plateforme d'écoute, et puis idéalement, me laisser un avis. C'est vraiment ce qui fait grandir le podcast. C'est ce qui permet aussi qu'il soit présenté à d'autres femmes qui ont peut-être besoin d'entendre ces messages. Donc voilà, c'est ma demande régulière. Moi, j'ai besoin de toi sur ce point-là. Et puis, si t'aimes pas... T'as le droit de me le dire aussi, parce que ça me permet de m'ajuster. On peut pas plaire à tout le monde, mais des fois aussi, pouvoir entendre les choses qui manquent ou des choses sur lesquelles je pourrais aller plus loin. Je suis aussi hyper preneuse de vos retours. Donc voilà, si t'as envie de prolonger la discussion, de partager ton déclic ou ce qui t'a manqué, tu peux me retrouver aussi sur Instagram. Et là, c'est avec plaisir pour échanger. En tout cas, moi, j'accueille toujours les critiques positives et les critiques négatives, tant qu'elles me permettent de grandir. Un, c'est nul, je sais pas trop quoi en faire. un « j'aurais eu besoin de ça » ou « c'est dommage, il me manque ça » , ça, je peux tout à fait l'entendre. En tout cas, moi, c'est mon espace préféré pour échanger avec toi au quotidien. Alors, n'hésite pas à me retrouver sur mon compte. Tu as tous les liens en description de l'épisode. Allez, lâche-toi la grappe autant que tu en as besoin. Juge, c'est OK, mais reste consciente de ton jugement. Et on se retrouve très vite pour le prochain épisode. Je te souhaite une très belle journée ou une très belle soirée. Et à bientôt.