- Speaker #0
Bienvenue au club de lecture de Pernod Ricard, je suis Émilie Martin et tous les mois je vous propose de découvrir un nouvel auteur. Bonne lecture, ou plutôt bonne écoute ! Bonjour Marie Larrey et bienvenue à Paris, au siège de Père Noricar, pour cette 25e édition de ce Club de lecture. Alors vous êtes ici pour nous présenter votre douzième roman, qui est là, qui s'intitule « Nous qui avons connu Solange » , publié le 11 mars dernier aux éditions Flammarion et qui vient d'être récompensé par le prix Maison de la Presse 2026, un prix emblématique qui distingue des œuvres capables de séduire un très large public. Alors mais avant de parler de ce roman et de revenir sur votre parcours, je tenais tout d'abord à vous dire merci et vous dire que je suis vraiment ravie de vous recevoir ici, et même un peu émue, car vous faites partie des autrices préférées de ce club de lecture. Pour ma part, j'ai découvert votre écriture avec votre roman « Désenchanté » qui est ici en petit format et ça a été un énorme coup de cœur pour moi ce roman. Et je n'ai cessé de le recommander à ma communauté de lecteurs depuis le lancement de ce club de lecture il y a maintenant plus de deux ans et demi. Alors merci d'avoir accepté cette invitation Marie et je tiens aussi à remercier les éditions Flammarion et Laura Lacroix qui m'a envoyé votre roman en avant-première au mois de décembre dernier avec cette version incroyable. Quand je l'ai découvert, c'est une version non corrigée. C'était un peu mon cadeau de Noël avant l'heure, j'ai envie de dire. et ce roman je l'ai lu ou plutôt je l'ai dévoré d'une seule traite pendant un vol Paris-Singapour sans fermer l'oeil une seule seconde une saga familiale captivante une histoire puissante et bouleversante qui m'a profondément touchée mais nous allons y revenir alors est-ce encore utile de vous présenter, j'ai envie de dire oui pour ceux qui ne la connaissent pas encore vous êtes l'autrice de plusieurs best-sellers Merci. totalisant plus d'un million de ventes dans le monde et vos livres sont traduits dans 25 pays. Vous avez été publié pour la première fois en 2014 et depuis, en 12 ans, vous avez publié 12 romans parmi lesquels La vie rêvée des chaussettes orphelines que j'ai là aussi en poche parce que je l'ai lu aussi et qui a été publié en 2019 chez Charleston et qui a été récompensé par de nombreux... prix et qui marquent aussi un vrai tournant dans votre carrière puisque vous êtes devenue à partir de là autrice à plein temps. Alors votre roman le fameux Désenchanté a même fait l'objet d'une adaptation en série télévisée cette année pour France Télévisions et HBO donc je vous invite à le découvrir aussi en replay en 2023 vous publiez votre 11ème roman La Dernière Allumette chez Charleston, récompensé notamment par le prix Audio Libre en 2024 et le prix Relais Poche 2025. Et donc, en mars dernier, paraît ce douzième roman, Nous qui avons connu Solange, chez Flammarion. Et vous revenez ici avec un roman assez différent de vos précédents, j'ai envie de dire, avec un roman historique. Historique, ambitieux, une saga familiale qui s'étend sur près d'un siècle, une plume engagée, un récit intime et générationnel autour de la transmission et de la condition féminine. Ce roman est né, me semble-t-il, d'une réflexion très personnelle, presque intime, autour de vos propres origines, de votre histoire familiale et notamment de la lecture d'un certain livre intitulé « Une histoire de famille » . Pouvez-vous nous en dire plus sur ce livre qui vous a inspiré, Marie ?
- Speaker #1
Oui, c'est un livre que mon papa a écrit à destination de la famille, un livre non publié, dans lequel, suite à de nombreuses recherches qu'il a faites, Il a remonté l'arbre généalogique pour voir ce que faisaient mes arrière-grands-parents jusqu'à la fin du XIXe siècle. C'était très intéressant pour moi. Évidemment, je pense que c'est pas un best-seller grand public, mais c'était très intéressant pour moi de voir... Déjà, ce que je trouvais émouvant, c'était de reconnaître, il y avait beaucoup de photos dedans, dans certains visages, dans certains traits de caractère aussi, des petites anecdotes qui étaient remontées, des gens de ma génération, voire de celles d'après, de voir qu'il y a des choses qui vraiment se transmettent, pas forcément consciemment, des sortes de valeurs familiales qui restent les mêmes 150 ans après. Et ce que ça m'a fait réaliser aussi, c'est que mes deux grands-mères ont dû arrêter leurs études, toutes les deux parce qu'elles étaient des femmes. Alors ma grand-mère maternelle, je le savais depuis longtemps, elle, mon arrière-grand-père, donc son père l'a forcé à interrompre ses études et à rentrer parce que sa mère, mon arrière-grand-mère, est tombée malade et qu'il estimait que c'était à elle de la soigner et pas à lui de s'occuper d'elle. Et en lisant ce livre, j'ai appris que ma grand-mère paternelle aussi, en fait, faisait des études supérieures en maths. et qu'elle avait dû les interrompre parce qu'elle s'est mariée. Et j'ai découvert qu'elle était très forte en maths, justement. Et pour moi, ma grand-mère, l'idée que ma grand-mère soit très forte en maths, ça ne m'avait jamais traversé l'esprit. Elle était très forte en cuisine, elle nous faisait des gâteaux. Elle était beaucoup de choses, mais très forte en maths. C'était très surprenant pour moi d'apprendre ça sur le tard sur ma grand-mère. Et ce qui m'a marquée aussi, c'est de voir à quel point... Il y a beaucoup de traces des vies des hommes, parce que les hommes, c'est eux qui vont signer les achats de contrats de propriété, de maisons, etc., des champs. Tout ça, c'est signé par des hommes. Ils font la guerre, donc il y a des médailles. Il reste des traces tangibles, en fait, de leur vie, de leur existence. Et puis sur les femmes, finalement, pas grand-chose, alors qu'elles étaient là aussi. Moi, je viens d'une famille de paysans, vraiment, de la terre. Mes grands-mères, arrière-grands-mères, elles ont travaillé toute leur vie dans une ferme. Pas mes grands-mères, pardon, mes arrière-grands-mères. Et pourtant, il ne reste pas de traces de tout ça. Et c'est arrivé au moment où je perdais mes grands-parents. Je voyais qu'il ne me reste plus qu'une grand-mère aujourd'hui, mais je voyais vraiment arriver la fin de vie. Et ça a généré une réflexion. J'ai eu envie de parler de mes grands-mères dans ce livre. Notamment parce que je pense qu'en tant que petit enfant, ces grands-parents, quand on est enfant, on pense qu'ils sont nés grands-parents. On se dit qu'ils ont toujours été là, avec les cheveux gris, les bas de contention. Sauf qu'en fait, c'est le dernier rôle de leur vie. Et ce n'est pas du tout le rôle qui les définit le plus. C'est quelques années avant, après tout ce qu'ils ont été avant, c'est-à-dire des enfants, des ados, des adultes. et on se... Moi, en tout cas, petite, je ne me posais pas ces questions sur mes grands-parents. Ils ne racontaient pas énormément de choses sur leur enfance, sur ce qu'ils avaient été avant. Et voilà, le livre est né de ça.
- Speaker #0
Merci. Donc ce livre, il a agi comme une sorte de déclic. Il vous a fait réaliser que vous étiez née dans un monde bien différent de celui de vos grands-mères. Et aussi prendre conscience à quel point toute cette transformation, cette évolution est récente et surtout fragile, en définitive. Et c'est comme ça que vous êtes embarqués dans ce roman, dans cette fresque historique, et que vous avez décidé d'écrire toute une vie. La vie de Célestine, qui va durer plus de 100 ans, et qui va retracer la formidable évolution de la condition féminine sur le XXe siècle, des droits des femmes même. Le roman s'ouvre justement avec Célestine qui a 107 ans et qui écrit une lettre, une longue lettre qui va nous faire découvrir l'histoire de cette famille, avec une accroche d'emblée très mystérieuse. sombre et intrigante, une des citations emblématiques du roman. Je vous la cite. Le jour de la mort de Solange, le jour où je suis devenue une meurtrière, j'ai cessé d'aimer les Mirabelles. Alors, qui est Solange ? On va le découvrir au fil des pages, car on lit ses carnets en parallèle des lettres de Célestine. Et la seule chose qu'on sait d'elle, c'est qu'elle est enfermée dans une maison dite de préservation pour jeunes filles. Alors racontez-nous Marie, quelle a été votre source d'inspiration pour Solange et comment vous avez découvert l'existence de ces maisons de préservation pour jeunes filles et à quoi servaient-elles ?
- Speaker #1
Alors ça vient d'un podcast que j'ai écouté, un podcast France Culture qui s'appelait, qui était passionnant, que je vous recommande, qui s'appelle Les Mauvaises Filles du Château de Cadillac. Et le Château de Cadillac c'est un endroit dans le sud-ouest qui était... Une ancienne prison qui a été transformée justement en maison de préservation pour jeunes filles. Donc les maisons de préservation pour jeunes filles, c'était des établissements pour les jeunes filles mineures qui ne rentraient pas dans le rang dont elles pouvaient y être pour plein de raisons, pour vagabondage, prostitution, vol, mais aussi parce que la famille avait décidé qu'elle ne savait pas quoi en faire. Donc il y avait un peu tous les profils dans ce type de maison. Par exemple, il y a une autrice qui était assez connue à une époque, qui s'appelait Albertine Sarrazin, qui a écrit un roman qui s'appelait L'Astragale. L'Astragale raconte la fuite d'une maison de préservation, parce qu'elle a été enfermée en maison de préservation pour jeunes filles. Et donc elles étaient supposées être... « Reprogrammer » pour sortir à leur majorité qui était à 21 ans à l'époque et être des filles respectables. Et le château de Cadillac, parce qu'après je suis allée le visiter, je me suis intéressée un peu à cet endroit, qui a un autre nom dans le roman mais c'est vraiment le même endroit. Il a fermé dans les années 50 suite à une vague de suicides des pensionnaires parce qu'évidemment c'était des conditions catastrophiques. Et j'ai trouvé ça dingue que ce soit aussi récent. Effectivement, comme tu l'as dit, moi j'ai 41 ans, je suis née en 85. Je suis née dans un monde radicalement différent du monde dans lequel sont nées mes grand-mères. Je pense qu'il y a plus de différence entre mon monde et celui de mes grand-mères qu'entre celui de mes grand-mères et Jeanne d'Arc. Elles sont nées citoyennes de second rang, elles n'avaient pas le droit de vote. Elles n'avaient pas le droit de travailler, d'avoir un compte en manque sur l'accord de leur mari, elles n'avaient pas le droit de disposer de leur argent, elles n'avaient aucun contrôle de la natalité, pas de contraception, pas d'avortement, etc. Jusqu'à assez tard, en cas de divorce, elles n'avaient pas de droit sur les enfants. Et tout ça, c'est extrêmement récent, et j'avais envie de parler de ça, et pour parler de ça, de cette évolution, comme tu l'as dit, de la condition féminine. J'avais besoin d'un personnage qui me fait penser à mes grands-mères, qui représentent toutes ces femmes de leur génération qui ont eu une vie simple, qui n'ont pas été Simone Veil, Gisèle Halimi ou Simone de Beauvoir, mais qui, à leur niveau, dans leur famille, ont élevé leur fille dans l'espoir qu'elle puisse faire plus que ce qu'elle-même avait fait. Et j'avais aussi besoin d'une rebelle, parce que je pense que pour faire bouger les lignes, il faut différents types de profils. Il faut ceux qui crient très fort et ceux qui agissent plus en sous-marin. Et Solange, c'est ça. Solange, c'est la rebelle. C'est-à-dire que Célestine, elle va jouer avec les règles du jeu, elle va essayer de changer les choses, mais avec les cartes qu'elle a, dans l'environnement qui est le sien. Solange, elle jette le jeu à la poubelle. C'est juste qu'elle n'accepte pas la société dans laquelle elle vit et donc forcément, la société ne l'accepte pas.
- Speaker #0
Et effectivement, ce personnage de Solange est très intéressant, très profond. Et c'est quelqu'un qui a une soif de liberté extrêmement forte et qui a une vision du monde complètement différente des gens qui l'entourent à son époque. Et vous avez dit un jour que c'est la poétesse américaine Emily Dickinson qui vous a inspiré en partie le personnage de Solange avec cette citation « Les fous d'une génération sont les génies de la suivante » . Alors pouvez-vous nous expliquer en quoi Solange incarne cette idée ?
- Speaker #1
Parce que pour moi, Solange, c'est une artiste. Elle écrit de la poésie, elle veut être artiste, en fait. Et il y a beaucoup d'artistes qu'on considère fous de leur vivant, qui n'ont pas du tout de succès de leur vivant. Emily Dickinson, en fait, elle a été publiée après sa mère. C'est sa sœur qui a fait publier ses poésies. Et de son vivant, c'était littéralement la folle du village. Elle se trimballait en chemise de nuit. Tout le monde considérait qu'elle était folle. Et je m'intérogerai aussi justement sur le lien entre possible maladie mentale, parce qu'évidemment qu'à l'époque d'Emily Dickinson, elle ne peut pas être diagnostiquée, que ce soit dépressive, bipolaire, schizophrène ou quoi que ce soit, puisque ça n'existe pas à l'époque. Mais le lien entre tous ces artistes dont on a supposé après coup qu'ils étaient victimes d'une maladie mentale et la création artistique. Je cite toujours l'exemple de Van Gogh, parce que j'habite aux Pays-Bas et qu'on parle toujours de Van Gogh aux Pays-Bas. Et donc Van Gogh, on a dit qu'il était dépressif, mais peut-être bipolaire, peut-être... Et je me suis toujours demandé si quand il peint ces nuits étoilées, ces tourbillons, etc., est-ce qu'il les imagine ou est-ce qu'à certains moments il les voit ? Et que quelque part, il nous partage sa vision du monde à lui, qui n'est pas la même que la nôtre. Parce qu'on sait qu'il y a un certain nombre de maladies qui génèrent des hallucinations. Il y a même des artistes qui ont voulu générer ces hallucinations en prenant de la drogue dans les années 60, etc. Et c'était ça qui m'intéressait aussi dans le personnage de Solange. Parce que pour moi, je pense que je ne spoil pas trop en disant ça, mais on se rend compte que Solange, elle souffre d'une vraie maladie mentale, qu'elle est effectivement atteinte de ce que... ce qui peut être appelé de la folie. Mais je voulais montrer qu'avant d'être malade, elle, c'était une artiste, en fait. C'est plein de choses, Solange, avant d'être schizophrène, comme dans le livre.
- Speaker #0
Alors oui, Solange est une jeune fille très différente, et c'est avant tout, comme tu le dis, une artiste. Elle écrit de la... Poésie, elle aurait voulu être poétesse, mais elle ne peut pas se réaliser car elle n'a pas le droit d'être ce qu'elle veut être dans le monde dans lequel elle vit. Alors on essaie de la faire rentrer dans le moule, dans ce que la société à l'époque appelait ça le droit chemin. Et dans cette maison de préservation pour jeunes filles, là où elle est enfermée, elle se lie d'amitié avec une certaine Rose. Moi j'aime beaucoup Rose. Alors pouvez-vous nous présenter ce personnage secondaire, cette jeune fille qui ne rentre pas dans le moule non plus aux yeux de la société ?
- Speaker #1
Oui, Rose, elle est là parce que, je ne peux pas trop en dire, mais voilà, c'est une jeune fille assez ambitieuse qui manque de chance et accouchée avec son professeur à la Sorbonne, alors qu'il y avait... voilà. Et qui se retrouve du coup envoyée par sa famille, pour le coup, plus bourgeoise parisienne, dans la maison de préservation. et pour moi c'était important que Rose existe dans cette histoire parce que C'est une amie pour Solange et il fallait que Solange ait quand même quelqu'un dans une vie qui globalement est assez difficile. Donc pour moi, Rose, elle représente justement l'espoir, la lumière dans la vie absolument tragique qui est celle de Solange.
- Speaker #0
Alors Rose, on peut le dire un petit peu, elle est étudiante en psychiatrie et elle va prendre... Des notes sur les patientes, ou plutôt les autres mauvaises filles enfermées au château des Brumes, cette maison de préservation. Et elle partage ses conclusions à Solange, page 87, et j'aimerais vous lire ce court passage. J'aime bien lire des passages. Les autres, Solange, vous voyez bien qu'elles n'ont rien. Les autres, elles devraient être dehors. Cela va dans le sens de ma thèse, selon laquelle de nombreuses jeunes filles ou jeunes femmes enfermées dans les... Les asiles, des maisons de correction ou des écoles de préservation, n'ont rien à y faire et devraient être libres. Leur seul crime est d'avoir eu la malchance de traverser la vie encombrée d'un corps de femme. Comme vous et moi en somme, précisément. Alors justement, au cours de ce siècle, dans cette génération, il y a eu des femmes, comme tu l'as dit tout à l'heure, qui ont marqué l'histoire, comme Simone de Mauvoir, Simone Veil, Gisèle Halimi. Mais il y a aussi toutes les femmes qui ont une vie simple et qui se sont quand même rendues compte qu'elles pouvaient transmettre à leurs enfants, à leurs filles, des opportunités qu'elles-mêmes n'avaient pas eues. Alors ce livre, est-ce que c'est un hommage justement à toutes ces femmes de second rang ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Moi, ma grand-mère paternelle, elle me disait beaucoup quand j'étais petite, il faut que tu travailles à l'école, il faut que tu aies des bonnes notes à l'école. Plus tard, il faut que tu travailles parce que tu dois gagner ton argent. L'argent, c'est l'indépendance. Alors, elle ne m'a jamais dit, moi, si j'avais gagné mon argent, je serais partie. Mais je pense qu'il y avait quand même ça de sous-jacent. Et quand on a 8 ans, évidemment, tout le monde vous dit qu'il faut bien travailler à l'école. Bon, ok, merci. Mais 20 ans après, on entend autre chose, on entend des regrets, des choses qu'elle avait sans doute espéré faire, qu'elle n'avait pas pu faire et qu'elle voulait que moi et mes cousines, deux générations après, en fassent. Et elle ne voulait surtout pas qu'on se retrouve dans la même situation qu'elle. Et ça, c'est assez marquant en tant que petite enfant. Donc oui, c'était un hommage à ces femmes qui, effectivement, ne seront pas dans les livres d'histoire. Mes grand-mères ont des vies très simples. Elles étaient femmes au foyer. Je pense qu'elles n'ont jamais parlé de faire quoi que ce soit d'autre. Mais je me rends compte qu'à leur niveau, elles ont participé au fait que nous, on peut faire d'autres choses. Et moi en particulier, je suis très reconnaissante de ça.
- Speaker #0
Alors Marie, je ne l'ai pas encore dit, mais tu es la maman de deux petites filles, Manon et Scarlette, qui ont 7 ans et demi et 5 ans et demi. Et on voit que dans tes romans, les thèmes de la famille, des liens, de la maternité sont des sujets qui t'inspirent beaucoup. Et j'aimerais vous lire un de mes passages préférés, justement page 185, où Célestine revient sur sa définition du bonheur. Le bonheur, tu sais. peut n'être rien d'autre que la banalité d'un quotidien dépourvu de drames. Savoure chaque jour ordinaire comme un cadeau avant que la vie ne se charge de te rappeler que rien n'est permanent, ma biquette. Nous finissons toujours par perdre ce que nous pensions acquis, notre enfance, notre jeunesse, puis celle de nos enfants, leur insouciance qui fait notre joie, les déferlements de leur affection et leur erreur de langage qu'on ne corrige pas pour faire durer un peu, encore un peu, cette... période bénie pendant laquelle un enfant nous aime plus que tout au monde Puis s'envolent au fil des ans nos parents, notre santé et ceux que nous aimons. Ne t'attarde pas trop sur hier ou demain, car la vie est ici et maintenant. Alors si on parle de transmission, qu'est-ce que votre mère, votre famille, Marie vous a transmis et que vous souhaiteriez aussi transmettre à vos filles, à vos enfants ?
- Speaker #1
plein de choses je pense une certaine indépendance d'esprit et le fait de me laisser penser par moi même en fait c'est je suis pas du tout d'accord avec mes parents sur plein de sujets mais ils ont jamais essayé de me faire enfin et j'ai trois frères et je pense que ils ont jamais essayé de nous faire devenir des petits eux quoi il y avait voilà je pense Je pense qu'ils nous ont transmis ça, une liberté de penser et d'être qui, je me rends compte, en fait, c'est pas le cas de forcément tous les enfants. Et moi, j'ai très envie de transmettre ça à mes filles. Et j'ai envie de leur transmettre, évidemment, l'amour des livres, de la littérature. Et je pense que d'autant plus dans le monde dans lequel on vit aujourd'hui, on est... Soumis en permanence à diverses propagandes d'une efficacité redoutable sur les réseaux sociaux, c'est extrêmement important d'apprendre l'esprit critique, de transmettre l'esprit critique, de toujours remettre en cause, de toujours écouter les gens qui pensent différemment de nous. Le débat est de moins en moins possible, j'ai l'impression, parce que tout le monde se polarise. Et devient extrême, et donc il y a un refus catégorique de discuter avec des gens qui votent pour un autre parti, qui ne pensent pas la même chose, et ça je pense que c'est une énorme erreur. Et c'est récent, ce n'était pas le cas il y a 25 ans, les gens pouvaient s'écharper à table, mais on pouvait discuter, et maintenant j'ai l'impression que ça devient de plus en plus compliqué, donc c'est quelque chose que j'essaye de leur inculquer, de toute façon, objectivement, bon là ils ont 6 et 8 ans. Ce qu'elles ont besoin de savoir pour pouvoir, si on est encore là, dans 20 ans, trouver un travail, etc., on n'en a aucune idée. Vraiment, on n'en a aucune idée. Il n'y a aucune formation. Nous, dans notre génération, on savait que si on faisait des maths, si on faisait du droit, on faisait des métiers, il y avait certains chemins qui étaient très rassurants, très cadrés. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas parce qu'on ne sait pas du tout ce que seront les métiers dans 20 ans, s'il y aura encore des métiers. Ce que je me dis, c'est qu'il faut que je leur apprenne d'avoir des qualités humaines, parce que ça quand même, on peut supposer qu'un robot aura du mal à les remplacer, et à vivre ensemble, et à vivre ensemble au sens large, pas que elle, toutes les deux, et à penser par elle-même.
- Speaker #0
Alors depuis que j'ai découvert votre plume, Marie, j'ai lu presque tous vos romans précédents. Et j'avoue être assez bluffée de l'évolution de votre écriture avec des personnages qui sont de plus en plus travaillés, attachants, avec des sujets et des thèmes de plus en plus profonds et recherchés. Et vous abordez aussi, on l'a dit rapidement tout à l'heure, la maladie mentale dans ce roman à travers le personnage de Solange. Et on sent un gros travail de recherche pour aborder ce sujet-là et qui est traité avec beaucoup de justesse et de délicatesse et d'humanité. Vous dites à chaque fois que vous écrivez un livre, ça vous apporte quelque chose. Ça vous mène quelque part, alors qu'est-ce qui vous a apporté ce livre-là et dans quelle mesure vous diriez qu'il a changé votre vision de la vie ? C'est difficile de s'en trop spoiler la fin, mais ce qu'il a changé pour moi, moi j'ai été bluffée par le personnage de Célestine dans le livre. Donc Célestine, elle vit 107 ans, on va suivre toute sa vie au cours du roman, et c'est la matriarche en fait de la famille. Et pour moi, quand j'ai commencé à écrire, Célestine c'était celle qui se sacrifiait sa vie pour que les autres... puisse avoir un autre avenir. Mais pour moi, quelque part, elle ratait sa vie. Et en fait, arrivé à la fin du roman, je me suis rendue compte qu'elle n'avait pas du tout raté sa vie. C'est pas du tout qu'elle est bien plus sage que moi et que donc elle arrive à avoir un regard sur sa vie qui n'est pas du tout celui que moi j'avais au départ. Et qu'elle a trouvé sa place dans le monde dans lequel elle a vécu. Malgré les tragédies qu'elle a vécues, parce que nos grands-parents ont quand même connu au moins une guerre, parfois deux. Ils ont perdu des gens, ils ont vraiment perdu des enfants. Ils ont vécu des tragédies. Non pas que plus personne aujourd'hui ne vit de tragédies en France, mais c'est quand même beaucoup plus rare. On a quand même beaucoup plus de temps avec les gens qui nous sont proches en général. Et donc elle m'a un peu rabattue le caquet, parce que je pense qu'au final, comme elle ressemble à mes grands-mères, et mes grands-mères avaient cette sagesse-là de dire que ce qui compte, c'est d'être avec les gens qu'on aime, c'est d'avoir vécu la vie avec eux. J'ai eu une longue vie, j'ai eu de la chance, j'ai été entourée, même s'il y a eu des choses qu'elles n'ont pas pu faire, même si elles ont vécu certaines tragédies. Donc ça m'a appris ça.
- Speaker #1
Alors, Marie, tu vis aux Pays-Bas avec ton mari et tes filles. Tu es née en France, en Bourgogne. Et tu l'as dit, tu as passé un an aux États-Unis pour tes études. Et je précise que Marie a fait des études de marketing. Il y a beaucoup de marketing dans la salle. Et même a entamé une carrière dans ce domaine avant de se consacrer à l'écriture. Et tu as dit un jour que si tu n'étais pas allée aux États-Unis, tu n'aurais peut-être aussi jamais écrit. Il y a une rencontre que tu as faite là-bas avec une Américaine ? Est-ce que tu pourrais nous expliquer cette anecdote ?
- Speaker #0
Je pense que j'aurais toujours écrit, mais je n'aurais pas eu la démarche d'écrire un roman jusqu'au bout et de le faire publier. Les Américains sont parfois exaspérants, mais ils ont un côté très « follow your dream » . En mode Hollywood. J'étais à la bibliothèque, j'ai fait une année aux États-Unis, dans la bibliothèque de l'université. Bon, on discutait de ce qu'on avait envie de faire plus tard. Moi, j'étais... Je fais une école de commerce, j'étais quand même un peu paumée. J'ai fait un stage en finance, un stage en marketing, un stage en conseil. Voilà, j'essayais tout pour à chaque fois sortir en me disant « Bon, je déteste ça, qu'est-ce qu'il y a d'autre ? » Et donc, on discute de ça et à un moment, elle me dit « Mais non, mais si tu te visualises dans 10 ans, ta vie de rêve, c'est quoi ? » Et là, je lui dis en rigolant... Je vis au bord de la mer en Bretagne, en haut d'une falaise, et j'écris des livres. Et elle m'a dit, si tu veux écrire, pourquoi t'écris pas ? Mais vraiment, un peu sans comprendre, parce que suffit d'avoir un papier et un stylo. Pour écrire, c'est comme si je voulais être réalisatrice, et qu'il fallait que je lève des millions d'euros pour faire un film. Et elle avait raison, donc j'ai dit oui, t'as raison. Et je raconte cette anecdote, mais je pense que ce qui est très vrai dans la culture américaine par rapport à la culture française, même si c'est un cliché de dire ça, c'est qu'en France, on a un peu ce sentiment que d'abord l'échec c'est grave, alors que l'échec c'est pas grave, tout le monde a des échecs. Je dis très régulièrement à mes filles, les gens qui n'échouent pas, c'est les gens qui ne visent jamais assez haut. Si tu rates jamais, c'est que tout ce que tu entreprends, c'est trop facile pour toi. Et en France, il y a toujours beaucoup de peur autour du fait d'échouer. Les Américains, en fait, ils ont ce côté un peu bulldozer, ils foncent dans le tas. Et j'avais 22, 23 ans à l'époque. Et je pense que ça m'a ouvert un champ des possibles qui n'a pas du tout été ouvert dans mon école de commerce en France. Sans vouloir critiquer, mais... Quand même, on peut.
- Speaker #1
En juillet 2023, tu as lancé un podcast en 10 épisodes qui s'intitule Écrire un roman, une masterclass de Marie Vareille. Disponible sur Audible, si ça vous intéresse. Ce podcast est destiné à tous ceux qui rêvent d'écrire mais qui ne savent pas... Par où commencer ? Est-ce que c'était important pour toi de transmettre justement tes connaissances sur l'écriture et sur ton métier ?
- Speaker #0
Oui, parce que suite à la lecture de ce livre, des livres à la fois de scénarios, de creative writing américains, moi j'en ai lu plein, parce que je trouvais ça passionnant en fait, cette idée de comment on raconte une histoire. Voilà, depuis Aristote jusqu'à aujourd'hui, il y a des règles. En fait, il y avait les règles de la dramaturgie classique, acte 1, acte 2, acte 3, unité de lieu, de temps, de tout temps. En fait, on a essayé de créer un cadre pour pouvoir écrire, inventer des histoires qui n'existent pas, des personnes qui n'existent pas, dans des endroits qui n'existent pas. Et je trouve ça fascinant. Et j'ai eu accès à beaucoup de ressources parce que je parlais anglais. Et alors comme je disais, il y en a un peu plus aujourd'hui en France, mais globalement, il y avait très peu de contenu en français sur le sujet. Et comme moi, ça m'a énormément aidée, j'avais envie de partager ça parce que je me dis que ça peut être le déclic pour quelqu'un. Et comme moi, j'ai eu la chance d'avoir ce déclic, je serais ravie si je peux le donner à quelqu'un d'autre.
- Speaker #1
Ici, chez Panoréca, on organise des ateliers d'écriture, justement avec une autrice française, Pauline Delabrois-Lard, mais pas en anglais, donc peut-être Marie, si tu es dispo, dans quelques temps, on pourrait organiser ça pour les anglophones, pourquoi pas aussi. J'aimerais aussi parler de ton process d'écriture. Tu dis que tu écris maintenant d'une manière très différente de la façon dont tu écrivais tes premiers romans, avec plus de lâcher-prise notamment. sur le travail préparatoire et dans ton dernier roman, il y a plusieurs voix qui s'expriment à différentes époques avec des secrets, des rebondissements, du suspense, c'est une structure assez complexe, très élaborée. Alors, peux-tu nous expliquer ta méthode d'écriture Marie et aussi ta routine d'écriture ?
- Speaker #0
Bah méthode, j'en ai plus. Parce que c'est vrai que mes tout premiers romans, j'ai été assez scolaire dans ma démarche, Je mets parce que ça me faisait... peur aussi, donc j'avais un plan, j'avais des fiches personnages, je réfléchissais au cadre, etc. Ce qui est aussi d'ailleurs une excellente façon de procrastiner et de ne pas se mettre à écrire parce que ce qui fait peur, c'est de commencer. Donc tant qu'on est dans le travail préparatoire, entre guillemets, on peut prétendre avancer alors que pas vraiment. Et au fur et à mesure des livres, je me suis de plus en plus éloignée de mes plans, finalement, de tout ce que j'avais pu prévoir avant. Et c'est vrai qu'aujourd'hui j'en fais plus du tout, alors j'ai deux trois idées en tête. Là j'avais l'école de préservation en tête, l'idée d'écrire une vie qui ressemble à celle de mes grand-mères qui traversait le siècle. C'est une des premières phrases, alors autant j'ai écrit beaucoup, toujours le début après avoir terminé le livre, mais il y a une des premières phrases du premier chapitre où Célestine dit J'ai traversé le siècle comme on traverse un océan et je suis arrivée en terre étrangère. Et cette phrase-là, elle était là au début et pour moi, ça résume le livre. C'était vraiment, c'est ça, traverser en fait du siècle. Et oui, j'ai pas de plan. Après, il y a des choses que je sais. Voilà, on le sait depuis le début. Je savais bien que Solange, elle mourait. Et il y a des choses d'ailleurs, parfois, je les décide au début. Et c'est dans le premier chapitre, je ne spoil personne. Première page. C'est vraiment, c'est littéralement la première phrase. Et donc je décide ça au début et puis après j'écris le livre et je m'attache au personnage et je suis désespérée parce que je ne peux pas changer le scénario, je ne peux pas la sauver et sinon il n'y a plus de livre quoi. Et c'est ça qui est intéressant pour moi aussi, c'est beaucoup plus intéressant que de suivre un plan. Parce qu'en plus, le fait d'écrire un plan, de réfléchir en mode plan, de se dire cause, conséquence, chronologique, c'est extrêmement rationnel comme façon de penser. Je pense que ce n'est pas la même partie du cerveau. Et moi, je me rends compte que si je veux générer des idées intéressantes, je ne peux pas être dans ce mode-là. Je ne peux pas être dans un mode rationnel. Il faut que je sois déjà en train d'écrire et que justement, comme tu l'as dit, j'ai lâché prise. ne sois plus dans la réflexion de j'écris un livre ou un jour peut-être quelqu'un va le lire, c'est autre chose, il y a un moment où ça va venir parce que justement je suis suffisamment dans le monde du livre que j'oublie toutes les conséquences que ça peut avoir dans la vraie vie.
- Speaker #1
Et tu écris tous les jours, des heures fixes comme certaines auteurs ?
- Speaker #0
Alors maintenant que j'ai des enfants, je suis quand même... Je suis un peu obligée parce que pour le coup je suis incapable d'écrire s'il y a mes enfants dans la maison. Donc c'est quand elles sont à l'école. Mais avant j'adorais écrire très tôt le matin. Comme je travaillais, comme tu l'as dit, en marketing, pendant longtemps j'ai écrit le matin de 5h30 à 7h30 avant d'aller travailler. Et j'aimais bien. C'était pas... Alors oui, c'était pas facile de se lever, mais j'aimais bien cette horaire-là parce qu'en fait tout le monde dort. Il y a une sensation de calme. Le cerveau n'est jamais aussi propre et je trouve calme que le matin. Et puis personne ne vous embête parce que les gens dorment, donc ils ne vous envoient pas des WhatsApp. Ce qui se rapproche le plus d'une routine d'écriture que je puisse avoir, c'est que systématiquement, quand j'écris, je mets mon téléphone en mode avion dans une autre pièce. Sinon, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Dans ton roman, Marie, on parle aussi de rêves d'enfants et d'étoiles. Et j'ai deux photos ici que je te laisse découvrir.
- Speaker #0
Oh, c'est Claudie Agnoré.
- Speaker #1
Alors c'était il y a presque 30 ans, le 17 août 1996. C'est donc Claudie André-Déé qui devient la première femme française à partir dans l'histoire. Et on a une deuxième photo. Et c'est Sophie Adeno. qui, en février dernier, est devenue la deuxième femme française de l'histoire à partir dans l'espace. Alors la conquête de l'espace, c'est un sujet qui t'a toujours fait rêver. Marie, est-ce que tu peux nous dire pourquoi ?
- Speaker #0
Toujours, je ne sais pas, mais en tout cas, je trouve que c'est vraiment un sujet absolument passionnant. L'espace et la génétique, pour moi, c'est deux domaines que je trouve hyper intéressants parce que je me dis, au bout, d'abord, on ne sait rien sur le sujet, malgré toute... toute notre modernité et nos connaissances. Et je me dis, au bout, il y a la réponse à tout. Est-ce que Dieu existe ? Qu'est-ce qu'on fout là ? Le sens de la vie, tout ça. Et c'est fascinant, c'est vraiment un territoire de conquête. Alors je parle de conquête en termes de connaissances. Immense et quasiment vierge, et accessoirement quand même incroyablement poétique. Parce que c'est beau, quoi. Le ciel qui change tout le temps, les étoiles, l'idée qu'il y a peut-être la vie ailleurs, que... Ouais, je sais pas. Je trouve que c'est fascinant comme sujet.
- Speaker #1
Alors, avant de terminer cette interview, j'ai une petite dernière surprise pour toi. Tu vois, t'aimes bien les étoiles, donc du coup, on a découpé, on a fait du découpage, on a... On a mis des petites étoiles comme ça sur la table et derrière chaque étoile, il y a une citation. Donc je te laisserai piocher et le jeu, c'est d'essayer de deviner qui les a écrites.
- Speaker #0
D'accord, mais c'est moi qui dois répondre ?
- Speaker #1
Je suis sûre que tu vas répondre. Oui, C'est sûr. Et je te laisse la lire.
- Speaker #0
D'accord. N'aimez jamais quelqu'un qui vous traite comme si vous étiez ordinaire. C'est Oscar Wilde.
- Speaker #1
Bravo.
- Speaker #0
Il n'est qu'un bonheur au monde, c'est l'amour, tout le reste n'est rien. Euh...
- Speaker #1
Un prénom d'homme sur une femme.
- Speaker #0
Georges Sand ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parfois, on n'a pas d'autre choix que d'en faire un mauvais.
- Speaker #1
Une copine de Marie, autrice. Sophie...
- Speaker #0
Sophie Rouvier ?
- Speaker #1
Astrabi !
- Speaker #0
Astrabi, ah oui, bon... J'étais pas loin.
- Speaker #1
Alors on note au passage que c'est un peu drôle quand même.
- Speaker #0
C'est une citation que j'ai mis dans mon calendrier de l'Avent de décembre. Oui, exactement ! Je pensais que c'était... Parce que la première, je l'avais mis en exergue dans mes romans. Et donc là, j'aurais pu reconnaître, parce que je me souviens de celle que j'ai mis au début de mes romans. Mais là, j'en avais mis 25 d'un coup. Alors... Quelques belles trouvailles dans une librairie peuvent parfois faire autant de bien que plusieurs séances chez le psychiatre.
- Speaker #1
Julien Sandrel.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'ai trouvé pas mal celle-là.
- Speaker #0
Ouais, elle est bien aussi. J'ai reconnu le bonheur au bruit qu'il fait en partant. Donc ça, c'est soit Paul Hinaire, ou Jean Cocteau, je ne sais plus.
- Speaker #1
Jacques Prévert, des fois. Mais des fois, c'est Raymond Gard... Ah oui, c'est la citation que tout le monde attribue à Prévert,
- Speaker #0
alors qu'en fait, ce n'est pas lui, je me souviens maintenant, qui en a fait la première.
- Speaker #1
Et la meilleure pour la fin, forcément.
- Speaker #0
Dans la vie, il y a ceux qui choisissent de voir qu'il fait nuit et ceux qui savent que plus il fait sombre, mieux on peut voir les étoiles. Ça c'est moi. Je m'en souviens, heureusement.
- Speaker #1
Alors oui, ces citations, je les ai trouvées sur ton compte Instagram, Marie. Dans le calendrier de l'Avent des citations, une super idée, ça on pourrait le refaire. chez Père Noricar, que tu avais partagé à ta communauté qui compte plus de 62 000 abonnés. Et je vous invite tous à suivre le conte de Marie qui s'intitule tout simplement Marie Vareille et dans lequel tu partages ton actualité, tes infos en avant-première et ton amour pour l'écriture et la lecture. Et justement, tu l'as dit tout à l'heure, c'est une grande lectrice et nous avons beaucoup d'autrices préférées en commun et je pense particulièrement à Valérie Perrin que nous aimerions aussi. pourquoi pas un jour invité ici. Valérie Perrin, qui a chênement recommandé ton roman à sa communauté par un magnifique poste que je ne résiste pas de vous citer. Énorme coup de cœur pour Solange, énorme coup de cœur pour la plume de Marie Vareille, une fois encore. Que dire de plus que ce roman est extraordinairement construit, passionnant, dévorant. Ce roman est une pépite absolue et qu'il ne faut pas passer à côté. Ceux qui ne connaissent pas encore Solange ont beaucoup de chance. Je voudrais déjà l'avoir oubliée pour la redécouvrir, mais elle est inoubliable.
- Speaker #0
Je lui ai fait un gros chèque.
- Speaker #1
Ouais, je crois, c'est ça. Alors, je ne peux pas dire mieux pour recommander ton roman, Marie. Et je vous invite tous à découvrir Solange et ton écriture à travers ce magnifique roman. Et je te remercie mille fois pour cette interview. Merci.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
J'en profite aussi toujours pour remercier notre libraire. clôturer avec cette citation de Célestine, page 406. « Je ne crois pas qu'il existe de bonheur plus authentique que celui d'être bien entouré. » Eh bien, nous sommes très bien entourés aujourd'hui, comme d'habitude. Merci Marie, et merci à tous. Merci beaucoup. Merci. Juanfrance