- Speaker #0
Comment tu vois le futur du RH, le futur RH ou le futur du monde du travail comme le futur va vite en 2050 ?
- Speaker #1
T'as des métiers, je pense, qui vont à long terme disparaître ou en tout cas qui vont se concentrer sur la base de l'activité qui est proposée, c'est l'automatisation et le service premium c'est l'humain. T'as toutes les boîtes aujourd'hui, Tesla le fait, Amazon le fait aussi, Weibo, etc. qui bossent sur les véhicules autonomes. Économiquement parlant ? Il n'y a aucune équation dans laquelle ça te coûte moins cher, et même c'est plus sûr, parce que l'humain fait plus d'erreurs que le véhicule autonome, de prendre un taxi humain, conduit par un humain, que de prendre un taxi autonome. Donc, dans le long terme, 20, 30, 40 ans, tu as de très fortes chances que ce métier-là finisse par disparaître, tout simplement parce que ça coûte moins cher, et c'est plus pratique de prendre un véhicule autonome. Et donc là, tu as une énorme casse sociale.
- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, alors merci d'être présents pour ce nouvel épisode du podcast du Barbu qui parle RH et aujourd'hui on va parler d'un sujet d'avenir. A l'époque où l'intelligence artificielle nous fait nous poser énormément de questions, on va se demander si la science-fiction peut prédire l'avenir des RH. Et pour parler de ce sujet, j'ai l'immense honneur et le plaisir d'accueillir Sylvain Collas. Salut Sylvain, comment ça va ?
- Speaker #1
Salut Nicolas, ça va super bien, et toi ?
- Speaker #0
Ouais ça va, écoute bien. Après la quatrième prise, on est quand même réussi à lancer ce podcast, donc c'est plutôt une bonne chose. Je suis très heureux de t'avoir avec nous. Parce que t'es... Bah écoute, présente-toi en deux secondes, comme ça tu vas pouvoir... En deux secondes, en deux minutes, présente-toi déjà, pour savoir déjà qui tu es, et puis après on décale suite à qui tu es, à savoir pourquoi je suis super content de t'avoir sur ce sujet, qui est de savoir est-ce qu'on va réussir à prédire l'avenir des RH.
- Speaker #1
Ok, allez c'est parti. Je m'appelle Sylvain Collat, donc j'ai 43 ans, avec ma femme on a deux petits garçons, qui ont deux ans et quatre ans. Ça fait 20 ans que je bosse dans les RH, plus spécifiquement recrutement, C'est mon domaine de prédilection. avec un fil rouge qui est l'industrie. Et en fait, j'ai fait 16 premières années dans le conseil en ingénierie, donc dans deux grosses boîtes. À la fin des 16 ans, j'étais le directeur du recrutement et de la marque employeur pour Capgemini, partie ingénierie en France. Puis je m'occupais aussi d'une activité parallèle qui est proche du strategic workforce planning.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
D'ailleurs, tu en as parlé il n'y a pas si longtemps.
- Speaker #0
Ce mot me fait frétiller à chaque fois. Je te jure, ce mot me fait frétiller à chaque fois.
- Speaker #1
Et depuis 4 ans, depuis l'été 2022, j'ai rejoint une entreprise qui s'appelle ACC, Automotive Sales Company, qui est la première gigafactory de batteries de véhicules électriques en France. À l'époque, il y avait 400 personnes et on allait rentrer en phase d'hypercroissance. Donc j'ai créé la fonction recrutement et depuis, avec une belle équipe, on est passé à plus de 2500 personnes dans les effectifs. Elle était 2025. Ça, c'est pour le pro. C'est bien actif, le pro. Depuis quelques mois, je m'occupe aussi de sujets de développement RH parce que je remplace ma collègue qui a en congé maternité là-dessus, donc formation, développement, etc. Donc, c'est assez intéressant. Ça me permet d'élargir mon panel. Pour le sujet qui va plus t'intéresser aujourd'hui et qui va plus intéresser tes auditeurs, qui sont effectivement ce que je fais à côté, qui est un projet qui s'appelle VHR Singularity, dans lequel je mixe... des thématiques RH avec des univers de science-fiction. Et l'idée, c'est j'en sors des articles qui sont des articles de réflexion autour d'oeuvres de science-fiction que je lis avec un oeil RH ou de thématiques RH que j'insère dans des univers de science-fiction. Et puis la dernière façon dont ça existe aussi, ça peut être des articles plus de prospective où je me pose la question de à quoi pourrait ressembler le futur du travail dans 10 ans, 20 ans, 30 ans.
- Speaker #0
Trop cool ! On va développer tout ça dans cet épisode. Donc ça, c'est trop cool. Moi, déjà, ce que j'adore, c'est que tu as une plume qui est hyper sympa. Bon, je suis assez fan, pas forcément de science-fiction, mais plutôt de pop culture. Et les deux se rejoignent par moments. Donc ça, c'est plutôt cool. Je suis tombé sur ta première, la première newsletter sur laquelle je suis tombé, le premier article sur lequel je suis tombé, c'était Matrix. Après, j'en ai lu d'autres qui étaient vraiment ultra sympas. Il y en a deux, trois que j'ai vraiment kiffé parce que ça me parlait. Le retour vers le futur, je l'aime particulièrement parce que ça parle de plein de sujets qui me touchent. Je vous inviterai à aller voir, à aller découvrir la newsletter The Char Singularity de Sylvain. Et puis, je vous mettrai tous les liens en commentaire. Allez découvrir. On va en parler pendant tout l'épisode. Mais c'est vraiment quelque chose de particulier. Et surtout, ce que j'apprécie, c'est qu'au-delà du fait d'avoir une plume, tu parles de sujets que tu connais. Parce que tu es RH. Et ça, c'est hyper intéressant parce qu'il y a beaucoup de gens qui parlent de sujets mais qu'ils ne traitent pas au quotidien. Et toi, tu parles d'un sujet que tu vis, que tu vis depuis quand même beaucoup d'années, que tu as vécu dans tous les sens. Donc, ça veut dire que... Quand tu essaies de le mettre en perspective par rapport à la science-fiction, tu sais de quoi tu parles. C'est-à-dire que tu ne fais justement pas de la science-fiction avec la science-fiction. Tu réussis vraiment à mettre en perspective ce truc-là. Donc je trouve ça hyper cool et c'est pour ça que je suis très content de t'avoir. Donc merci d'être là aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est un plaisir.
- Speaker #0
Je vais te poser la première question pour se lancer sur le sujet. Comment ça t'est venu cette idée de The HR Singularity ? Parce que mine de rien, quand même, il faut être honnête. T'as quand même un gros job, t'as beaucoup de boulot, deux enfants. Quand est-ce qu'on se dit, tiens, je vais écrire des news ? C'était quoi le démarrage ?
- Speaker #1
Écoute, c'est un peu un moment eureka. Je suis un gros geek de la science-fiction et aussi de la physique. Je le mets moins parce que ça parle moins aux gens, mais ça va ensemble, tu vois, j'ai une petite anecdote. Et en fait, l'été dernier, avec ma femme, on était en train de regarder la série télé Foundation, qui est basée sur... librement inspiré, on va dire, des nouvelles d'Isaac Asimov. C'est un truc qui date d'il y a super longtemps. Peut-être que je donne le contexte de la série pour les auditeurs qui ne connaissent pas. Dans un futur très très lointain, il y a un empire intergalactique dans la Doie lactée, si tu veux. Et tu as un scientifique qui s'appelle Harry Seldon, qui est un mathématicien à la base, et qui développe une technique mathématique qui mêle... la data qui mêle l'histoire, qui mêle la sociologie, pour en développer une discipline qu'il appelle la psychohistoire. Et cette discipline, elle lui permet d'anticiper les grands mouvements sociétaux qui vont arriver. Il prédit que l'Empire va s'écrouler. Et que si on ne fait rien, il y aura une période sombre pour l'humanité qui va durer environ 30 000 ans. Alors que s'il lance ce qu'on appelle la Fondation, donc un groupe de... d'universitaires finalement qui vont essayer d'aider la civilisation à repartir, pour pouvoir réduire cette période-là à environ 1000 ans. Bon, donc j'étais en train de regarder ça avec ma femme, et puis je fais le tilt en fait, c'est un mathématicien, donc c'est de la big data, et il est en train de nous faire, tu vois je fais le lien avec ce qu'on se disait tout à l'heure, il est en train de nous faire une prédiction de ce qui va se passer dans l'univers à 5, 10, 15 000 ans. Et ça c'est quoi ? C'est du strategic workforce planning. finalement quelque part. Donc j'ai eu un titre comme ça, je me suis dit tiens c'est marrant comme idée. Et alors pour te faire un peu le setup de chez moi, j'ai un grand meuble bibliothèque, donc il y a la télé au milieu et autour tu as mes livres de science-fiction ou mes livres d'astrophysique. L'épisode se termine, j'en parle à ma femme, c'est marrant, ça m'a donné une idée. Puis je me la note, puis à la fin de l'épisode je vais voir un peu mes livres et dans ma bibliothèque tu as des références vraiment connues, je vois 1984, Minority Report, etc. Et là je me suis amusé à dire... Tiens, en 1984, est-ce que ça dit des choses de la société d'aujourd'hui et du travail d'aujourd'hui ? Et Minority Report aussi, éventuellement ou pas ? Et j'ai trouvé des analogies. J'en ai comme ça deux, trois qui sont venues rapidement. J'ai essayé de passer là-dessus, je me suis noté. Le lendemain, j'y pensais encore. Et je me suis mis à noter un peu toutes les œuvres que j'aime bien. Et à me dire, est-ce que j'arrive à faire une connexion RH avec certaines de ces œuvres-là ? Et la réalité, c'est que oui, beaucoup. Parce que tu vois, maintenant, je sors un article toutes les deux semaines, des fois... un peu plus rapide parce que j'aime bien ça. Et là, j'ai déjà de quoi écrire des articles jusqu'en 2027. Donc, il y a vraiment beaucoup d'analogies possibles. Et je me suis posé la question de si ça existait. Je n'ai pas trouvé. Donc, je me suis dit, personne n'a priorité à faire ça. Donc, je me suis dit, ça, c'est des articles que j'aurais aimé lire. Donc, je vais les écrire. Ça a commencé comme ça. Et puis, quitte à les écrire, je vais les partager. Et voilà, j'ai lancé le projet en septembre dernier.
- Speaker #0
Et ça plaît ?
- Speaker #1
Ça plaît, ouais.
- Speaker #0
Comme quoi, non seulement les RH sont bons dans leur job, mais en plus, ils ont du talent. Ça fait référence à un undercover à peu près.
- Speaker #1
Un petit peu,
- Speaker #0
oui. Je crois qu'il y a une catégorie comme ça. Et donc, tu es vraiment aussi féru de science-fiction. Je crois que tu me disais que tu as deux enfants qui s'appellent Isaac.
- Speaker #1
Ouais, ça, alors oui, c'est une petite anecdote, effectivement. J'ai deux enfants, ils s'appellent Alexandre et Isaac. Et si tu veux, ma femme, pour le deuxième, elle voulait un prénom du livre, un prénom biblique ou autre. Et donc, il fallait qu'ils reviennent à moi aussi. Et donc, moi, Isaac, c'est une double référence, en fait, qui est évidente, qui est Isaac Newton sur la partie physique et Isaac Asimov, directeur de fondation sur la partie SF, qui sont juste deux géants absolus de leur discipline. Et là, voilà, tu vois, c'était planète complètement alignée. Donc, il y a un petit Isaac à la maison, effectivement.
- Speaker #0
Tu avais déjà écrit avant ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Ça t'est venu comme ça ? Ouais, ça t'est venu comme ça.
- Speaker #1
D'ailleurs, moi, je ne considère pas que j'ai une très bonne plume. Je ne suis pas écrivain, loin de là. Non,
- Speaker #0
mais tu as la tienne.
- Speaker #1
Voilà, j'ai mon style. Alors, c'est vrai que mes articles, c'est plus du contenu. C'est-à-dire, le cœur de texte, c'est plus du contenu, de l'analyse, etc. Ce n'est pas très romancé, même si des fois, ça peut être des dialogues, sous forme de dialogue. Par contre, à chaque article, je fais un prologue qui vient mettre un peu en scène. Et ce prologue-là, c'est toujours moi qui le rédige. Et lui, il est toujours romancé.
- Speaker #0
C'est celui-ci qui est plumé. Parce qu'après, le reste, comme tu dis, c'est plus une analyse. Mais c'est le démarrage, en fait, qui est un peu sympa, qui te fait rentrer dans une atmosphère particulière. Et après, qui te permet de te projeter sur le reste. C'est ça qui est plutôt cool. Trop cool. En tous les cas, merci d'avoir eu cette idée, parce que cette idée, elle est bonne. Franchement, elle nous a permis de lire ces nouvelles qui sont vraiment très, très cool. Je t'avoue qu'il y en a certaines que j'aime moins, parce que je trouve que le rapport est moins présent et me parle moins. Mais je pense que, justement, c'est aussi par rapport aux différents sujets en question, est-ce que les sujets parlent ou pas. En tous les cas, je prends énormément de plaisir à lire. Donc, vraiment, merci beaucoup d'avoir eu cette idée. Concrètement, pour toi, en tant qu'RH, ça t'apporte quoi de faire cette analyse ou cette mise en perspective ? Au-delà du fait de te faire plaisir, parce que c'est un truc qui te fait plaisir et qui te fait kiffer, est-ce que ça t'apporte quelque chose dans la réflexion ? Est-ce que ça t'apporte quelque chose dans un angle d'approche, une nouvelle manière de regarder ? Ou tout simplement une mise en perspective, de se dire que 1984, ça a été écrit dans les années 50. Bye ! Tout le monde, pour ceux qui ont lu Orwell, clairement, les analogies, tu les fais assez facilement avec le monde moderne, et ça te permet justement de te remettre en perspective et de te dire historiquement, est-ce qu'on a avancé ? Est-ce que le monde a avancé ? Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour ? Mais toi, en tant que RH, au quotidien, ça te permet quoi ? Ça t'apporte quoi ?
- Speaker #1
Alors, il y a le perso et le RH. Tu vois, au tout début, tu me disais mais tu fais comment là, avec deux enfants pour lancer ça, etc. Moi, je suis quelqu'un qui est... plutôt créatif et passionné. J'ai besoin de bosser sur un side project un peu tout le temps. Et en fait, mon créneau de créativité, c'est 22h minuit. C'est le moment où j'ai les idées qui pulsent, mais ça, c'est depuis toujours. C'est le moment où les enfants sont couchés et j'ai un peu de temps devant moi. Donc ça, ça m'occupe mes soirées, mes deuxièmes parties de soirée. Et ça me permet d'exercer ma créativité en allant creuser des sujets. Et ce que je trouve quand même d'intéressant pour moi, dans ce projet-là, c'est qu'effectivement, ça me permet d'aller assez au fond d'un sujet RH que je vais décider de traiter. Alors, je ne fais pas la Harvard Business Review non plus, mais par contre, par exemple, ça peut faire partie de mes sources. Et du coup, d'aller aborder un sujet qui m'intéresse dans le cadre d'un contexte de science-fiction qui est juste là pour habiller, en tout cas sur la plupart de mes articles. Donc effectivement, ce que j'en fais, c'est que je choisis une analogie. Je vais prendre un exemple, c'est plus simple. Un des premiers articles que j'ai fait, c'était sur la gestion des hauts potentiels. Et j'ai choisi de le mixer avec l'univers de Star Wars. Pourquoi Star Wars ? Dakin Skywalker, c'est le plus grand talent de tous les temps, etc. Mais on n'est pas sûr qu'il ait les codes, en réalité. Les Southkills qui vont bien. Et donc, on lui dit, tu vas pouvoir être un Jedi, mais tu ne siègeras pas au conseil. Ça l'énerve, etc. L'idée, j'ai fait toute une analyse sur... Quel est l'état de l'art sur la question de la gestion des hauts potentiels dans les entreprises ? Et notamment, est-ce que dans ces programmes de hauts potentiels, on laisse leur place à des profils un peu atypiques ? Et l'enrobage Star Wars vient mettre un contexte dans lequel tout le monde peut se projeter, parce que tout le monde a vu l'histoire, etc. et qui aide à faire ça. Mais fondamentalement, à la base, c'est avant tout une étude de ce sujet-là, qui m'a permis de le creuser et que je retranscris finalement dans le contenu de l'article. Donc moi, ça me permet, première chose, ça me permet de choisir des thématiques qui m'intéressent et d'aller m'instruire finalement dessus. Quand ce n'est pas des thématiques que je connais déjà parce que c'est mon cœur de métier. J'ai fait certains articles qui sont directement inspirés sur le recrutement. Et puis parce que ça m'apporte aussi, c'est ce qui se passe depuis. C'est-à-dire que là, depuis six mois, je suis rentré finalement en contact avec l'incroyable Nicolas Passetti quand même. Ce n'est pas rien. Ça, tu le comprends. Et... Et puis, tu vois, d'exemple tout bête, tu m'as invité à participer à l'opération Undercover. Je pense que ça n'aurait pas été le cas avec mon activité classique. Donc, ça m'a fait rencontrer plein de gens super intéressants qui bossent, des gens qui s'intéressent en fait à l'IA, s'intéressent au futur. Pas mal de founders de boîtes aussi qui trouvent ça intéressant. Et plein de collègues RH qui aiment bien les sujets et avec qui j'interagis dans une communauté où maintenant, je pense que je suis clairement identifié comme le RH qui fait de la science-fiction, il n'y en a pas d'autre. Donc soit tu me connais et tu sais que je suis le RH qui fait de la sensation, soit tu me connais pas et voilà, mais il y a une vraie empreinte. Donc c'est aussi ça que ça apporte à titre personnel, je trouve, ça m'a fait rencontrer plein de gens que je n'aurais pas spécialement l'occasion de rencontrer juste dans le cadre de mon activité quotidienne.
- Speaker #0
C'est un double hook, c'est un double crochet. C'est un crochet pour toi où tu t'es dit, bah tiens, je vais regarder telle, comment dire, telle oeuvre de science-fiction et tiens, ça parle de ça, donc ça va m'amener à le creuser, ça t'attrape sur ce sujet-là. Et c'est un crochet pour les gens qui sont autour de toi pour se dire, tiens, on va échanger là-dessus. C'est hyper intéressant parce que du coup, c'est un élément fondateur. C'est vraiment ce côté attrape, accroche de base. Je trouve ça trop cool et je trouve ça hyper intéressant parce que mine de rien, il faut toujours, on a toujours besoin d'avoir une sorte de motivation pour pouvoir réussir à se pencher sur quelque chose. Et là, quand c'est une motivation en plus qui prend un élément qui est un élément constitutif de qui on est qui est quelque chose qui est viscéralement dans lequel on est viscéralement intégré qui nous plaît forcément c'est beaucoup plus simple donc je trouve ça trop cool et je vais te poser la question mais quelque part c'est aussi un petit peu la réponse que je pensais dedans De fait, qu'est-ce que ça peut apporter, à ton avis, les analystes que tu fais, qu'est-ce que ça peut apporter aux RH ? Est-ce que ça peut leur apporter, justement, ce hook supplémentaire qui est de se dire, tiens, tu me fais cette petite accroche en me parlant du truc, et donc, du coup, ça va, moi, RH, me faire me poser la question et aller plus loin, et aller faire plus de recherches, et regarder les sources que tu as prises, et regarder ça. Est-ce qu'à ton avis, ça leur fait plutôt se dire, ah bah tiens, j'avais pas du tout vu ça comme ça, c'est un angle d'approche qui est intéressant ? Ça, je ne le connaissais pas. Est-ce que ça les fait simplement rire ? Ça les divertit ? C'est quoi pour toi l'intérêt que ça peut avoir, cette news et ces nouvelles auprès des Allemands ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a de tout ce que tu dis et ça dépend selon les personnes et leurs attentes. Il y a un premier truc qui est exploitable, c'est que dans la vie, dans l'histoire de l'humanité, d'une manière générale, raconter des histoires, ça aide à faire passer des messages. Donc en fait, les analogies... N'importe qui peut les réutiliser derrière si elle leur parle, mais même pour les gens qui me disent, ça permet tout de suite de lire le message de façon plus agréable que si c'était un pavé scientifique, etc. Donc effectivement, ça fait une bonne introduction au sujet. Dans une bonne partie de mes articles, surtout tous les articles qui sont plutôt basés sur une thématique RH à la base, que je vais enrober dans un univers de science-fiction. J'en ai fait un l'année dernière, par exemple, autour... Donc, l'univers, c'était Frankenstein, parce que la série qui est sortie, enfin, le film qui est sorti, ça a fait un peu de buzz. Et j'ai mis dedans, en fait, le sujet de comment tu essayes de faire un peu attention par rapport aux injonctions que tu peux recevoir pour déployer de l'IA ou pour mettre en place différentes suites logicielles, etc. Et pour le coup, dans cet univers de SF... Franck Elshine, c'est Marie Chélet, c'est 1840 ou un truc comme ça, il faut qu'on monte et se rende compte j'ai défini par exemple des guidelines sur comment tu, je le mets de façon un peu précise un peu comme une to-do list de comment bien déployer, bien choisir et bien déployer une solution IA ou pas de quoi tu dois te méfier, qu'est-ce que tu dois vérifier en amont etc, donc ça c'est de l'activable directement Comme je te le disais, qui ne va pas aller au niveau du Harvard Business Review et compagnie, mais qui déjà te donne des bonnes bases. Ça pourrait te faire un slide de présentation sans problème. Et si tu veux aller creuser plus loin, tu vas avoir des exemples comme ça. Donc, ça peut s'utiliser de cette façon-là. Et après, quand je fais des articles qui sont un peu plus dans la prospective, je pense que c'est utile pour des décideurs. Alors, RH ou pas, parce qu'en fait, ça s'appelle de naissance HR Singularity. Mais je ne parle pas forcément que de RH. Je parle du monde de l'entreprise de façon un peu large. Et du coup, ça s'adresse potentiellement même à des dirigeants d'entreprise sur une logique un peu plus prospective de prise de hauteur, de prise de recul et d'avoir une vision stratégique. Et de se dire, avec les changements qui arrivent, je l'imagine comment ma boîte dans 5-10 ans. Donc là, plutôt en termes de culture d'une entreprise. Et là... je présente régulièrement des futurs possibles en science-fiction t'as toujours deux choses t'as toujours des futurs dystopiques et d'autres qui sont plus positifs ça m'a permis de découvrir pas mal d'outils assez nouveaux des solutions en ligne qui sont un peu émergentes c'est pas forcément très connu au fur et à mesure de mes recherches et ça je les partage aussi j'ai trouvé intéressant pour moi et j'en teste pas mal c'est assez intéressant mais c'est pareil, ça je les partage et ça peut aider un décideur demain qui veut mettre en place un outil qui fait de l'évaluation comportementale très tôt dans le processus j'ai échangé avec une boîte qui fait ça ça donne des pistes sur lesquelles tu peux te développer
- Speaker #0
Cool, donc ce qu'il y a de cool c'est que ça permet de faire du concret ça permet de faire de la mise en perspective d'avoir un nouvel angle d'approche ça c'est sûr, si jamais on lit Merci. The HR Singularity, parce que je vous invite à le faire encore une fois. Et si on parle aussi du cœur du sujet du jour, aujourd'hui, alors tu as commencé à le dire avec Frankenstein, est-ce qu'il y a des œuvres que tu connais qui peuvent réellement servir ? Est-ce que tu peux nous donner plusieurs œuvres, plusieurs exemples d'aujourd'hui qui peuvent servir les RH pour peut-être, alors pas qu'il y ait des personnes qui viennent te concurrencer sur The HR Singularity, et encore pourquoi pas, mais pour se dire, écoute, on a des outils qui sont intéressants. On fait souvent des parallèles. qui sont des parallèles entre le coaching, le sport, des choses comme ça. Mais on ne fait pratiquement jamais de parallèles. De temps en temps, ça a pu arriver sur la pop culture, quelques petits parallèles, mais sur le côté science-fiction, pas forcément. Est-ce qu'on a des parallèles à faire qui peuvent nous apprendre quelque chose ou vraiment nous aider ? Tu nous as parlé de Frankenstein, mais est-ce que tu en as d'autres qui peuvent avoir des mises en perspective où on peut se dire « Tiens, en l'occurrence, l'analyse que tu avais, je n'ai pas lu celle sur Star Wars, Mais l'analyse que tu fais sur Anakin, c'est clairement ça. C'est vraiment quelque chose dont tu peux te servir toi au quotidien dans ta perception et dans ton utilisation, dans ton travail de RH.
- Speaker #1
C'est un peu une des questions que tu avais évoquées. Il y a des œuvres qui sont existantes et qui commencent à dater un peu, mais qui, en fait, du coup, sont d'actualité maintenant. C'est-à-dire que depuis que tu as l'énorme développement de l'IA, pour tous, parce que l'IA existe depuis longtemps, mais pour tous, et que là, tu as quand même, sur la question de la data et de la robotisation aussi, La robotisation, c'est les Xbox, c'était les robots, il y a 80 ans. Mais maintenant, on est en plein dedans. Là, vraiment, on est à fond. Il se passe, en fait, des choses que la science-fiction t'aide à décoder. Et en fait, ce qui est bien, c'est de ne pas avoir une vision manichéenne. C'est-à-dire, dans tous ces outils-là, il y a des choses super intéressantes. Donc, un exemple d'œuvre comme ça qui est directement applicable, tu prends Minority Report. Donc, Philippe Kédic. Et puis le film avec Tom Cruise.
- Speaker #0
Je ne connais pas le livre, mais je connais le film.
- Speaker #1
Tu as ces précoques, tu vois, donc qui sont les mutants, qui ont des visions. Et en fait, du coup, ces visions, ils les interprètent. Ils prévoient des crimes, en l'occurrence. Aujourd'hui, tu as des boîtes qui te proposent, donc déjà aujourd'hui, qui te proposent d'analyser tout le texte qui sort dans ton entreprise, que les gens écrivent dans leurs emails, qu'ils mettent sur le Slack, sur Teams, c'est ce que tu veux. et d'en déduire des niveaux d'engagement, tu vois, des enquêtes de mood, etc. Alors, en Europe, on est quand même pas mal protégé par RGPD, AI Act, etc. Donc, ça descend moins au niveau individuel. Mais tu vas en Chine, aux États-Unis ou quoi que ce soit, c'est beaucoup plus marqué. Alors là, je vais être sur la partie sympa, mais je vais faire des parties beaucoup moins sympas. Et donc, tu te retrouves en fait avec, eh bien oui, tu as des solutions aujourd'hui qui te permettent de faire, supposément en tout cas, c'est ce qui est vendu, du prédictif sur qui dans ton équipe... risquent de démissionner parce que la tonalité de leurs mots sur la messagerie a un peu changé ou ils mettent plus longtemps à répondre qu'avant, etc. Donc tu peux te considérer que c'est bien ou tu peux considérer, si tu tires le bouchon un peu loin, et c'est ce que fait toujours la science-fiction, que c'est dystopique. Et donc l'intérêt, c'est toujours de se dire, on en est où aujourd'hui dans ma boîte ? En termes de culture aussi, parce qu'en réalité, l'outil est un moyen de passer à l'échelle, mais la culture du contrôle ou de la surveillance, etc. même sans l'outil, elle peut exister. Elle peut préexister. Et donc, c'est un moyen de te dire, on en est où et comment on se positionne par rapport à ça. Et si on pousse un peu le curseur un peu plus loin, où est-ce qu'on arrive ? 1984, par exemple. C'est très marqué. Tu vois, 1984, tu as quelques marqueurs qui sont évidents. Tu as ce qu'on appelait les télé-écrans en 1984. Donc, c'est Internet d'une manière générale. Tu avais la novlangue. Donc le fait d'utiliser des langages qui veulent tout et rien dire et donc qui font perdre leur poids aux mots. Et la double pensée. Alors la double pensée, c'est les injonctions contradictoires ou les alternatives facts chères à Donald Trump. 1984, aujourd'hui dans l'entreprise, tu le retrouves complètement. J'ai fait un article là-dessus. C'est-à-dire que tu as des entreprises qui sont condamnées parce qu'elles ont surveillé de façon illégale leurs employés. Amazon, plein de fois, s'est épinglé là-dessus. D'autres boîtes aussi. Et donc, en fait, tu as ce côté télé-écran, tu as des boîtes aujourd'hui qui, par exemple, Amazon s'est documenté aussi, dans leur logiciel interne, il y avait des mots qui étaient bannis, qui étaient blacklistés. Donc, par exemple, si tu écrivais,
- Speaker #0
si tu voulais écrire syndicat,
- Speaker #1
tu ne pouvais pas l'écrire.
- Speaker #0
Licent Simon. Voilà,
- Speaker #1
exactement. Donc là, tu as vraiment un choix du champ lexical que tu peux utiliser ou pas dans l'entreprise. C'est de la censure, en fait, ni plus ni moins. Et puis t'as des trucs, c'est encore plus marqué avec l'arrivée de Donald Trump à l'édition 2, parce que c'est quand même dans des délires. Et par exemple, t'as une boîte comme Accenture, qui depuis toujours était un champion de la diversité, tout ce que tu veux, Julie Sweet, sa CEO et compagnie. Trump, il est arrivé, il a dit, écoutez, vous m'enlevez tous vos trucs diversité et inclusion, sinon je vous coupe le budget américain. Du jour au lendemain, ils ont sorti des objectifs chiffrés de leur manager, objectifs liés à la diversité et l'inclusion du jour au lendemain. Et ça, la double pensée, les injonctions contradictoires, on va dire oui, on a une boîte vachement diverse, mais en même temps, non. Ou alors, on va dire safety first, d'abord la sécurité, mais on va aussi augmenter les cadences. C'est bien que ça ne peut pas marcher ensemble. Donc ça, c'est des choses que tu retrouves dans la lecture, dans les analyses des bouquins. J'en ai fait plusieurs comme ça. J'ai fait un truc autour de Jurassic Park, qui était autour de la sécurité en entreprise. Donc, quand tu as un founder, tu lances une boîte. Comment tu intègres la sécurité by design, tu vois, dans la façon de bosser ?
- Speaker #0
Mais ça, du coup, ça apporte une grille de lecture où on se dit, OK, la science-fiction a, à un moment donné, tu vois, décrit des choses qu'on vit aujourd'hui. Est-ce que tu en as certaines ? Est-ce que tu as certaines œuvres qui te permettent de... Mieux comprendre et mieux mettre en perspective certaines choses qu'on voit ou qu'on vit. Tu parlais tout à l'heure, justement, encore une fois, je reviens sur Star Wars, tu disais, ça peut nous permettre de nous mettre en perspective, la gestion d'Anakin peut nous permettre de nous mettre en perspective par rapport à justement une gestion humaine qu'on a dans notre entreprise. Ça, tu vois, c'est un sujet que je trouve plutôt intéressant parce que c'est un truc, tu vois, on ne l'aurait pas vu comme ça et finalement ce champion qu'on met à côté... Ça nous fait réfléchir différemment.
- Speaker #1
J'ai un exemple comme ça. C'est quasiment un de mes derniers articles qui est sorti. C'est vraiment celui-là parce qu'à un moment, j'ai demandé au réseau de me proposer des sujets. Je fais aussi des articles sur commande quasiment. Et quelqu'un avec qui j'aime bien interagir m'a proposé de parler d'Eternal Sunshine of the Spotless Mind. J'ai pas eu le temps de le lire,
- Speaker #0
mais j'ai vu que tu avais sorti une carousel dessus, je crois.
- Speaker #1
Ouais, alors oui, parce que du coup, il y a les articles et après, je fais plein de petits formats autour de ça. Je recycle les contenus. Et de m'élire ça avec la formation. C'est une responsable formation. Et en fait, où j'en suis arrivé, et je l'ai fait aussi sur Her. Tu vois le film Her, là, où il tombe amoureux de son IA vocal. J'en suis arrivé à une observation qui est, et d'ailleurs tout le monde en parle, c'est sorti, on est tous un peu le même sujet en même temps, qui est le coût cognitif qu'on a à utiliser l'IA générative comme elle est utilisée aujourd'hui pour réfléchir à notre place à tout et rien. Et ça c'est documenté en fait. C'est-à-dire c'est documenté le fait que dans ton entreprise, si les gens commencent à se mettre à utiliser l'IA dans leur coin, de façon n'importe comment pour répondre à tout et rien. Ils apprennent moins, ils ne retiennent pas. Ça, c'est l'effet Google, il est assez connu. Quand tu sais que tu as une information à disposition quelque part, tu retiens où tu vas la trouver plutôt que l'information elle-même. Et ça pose des vrais problèmes, par exemple, sur la façon dont on apprend demain en entreprise ou dont on reste créatif, etc., à assez moyen terme. Là, on est en plein dedans et ça, ça décrit en réalité... à un effet qui est je délègue ma pensée, ma réflexion à un outil et ça change la façon fondamentalement dont demain, les apprenants dans l'entreprise, tu vas organiser la formation pour eux parce que si tu essaies de refaire la formation comme avant, ça ne marchera pas. Ils ne vont pas retenir. Donc ça, c'est un exemple un peu concret. Un autre exemple, j'ai eu une commande d'Ello Work pour un article basé sur des interviews qu'ils avaient faites auprès de plusieurs experts pour décrire un entretien de recrutement en 2035. sous la forme d'un dialogue. Cet article-là, c'est peut-être celui qui a fait le plus de buzz parce qu'il a touché vachement de gens en dehors de la sphère RH aussi. Et donc, j'ai pris en considération les éléments, donc changement démographique, la technologie, etc. Et j'ai choisi un futur plutôt positif, en l'occurrence, où le marché du travail est très porteur. Il y a de la transparence, beaucoup plus de transparence qu'aujourd'hui. Et du coup... Toutes les étapes du processus de recrutement et d'évaluation sont très transparentes. Et là, dans les commentaires de cet article-là, j'ai eu quelqu'un qui n'a rien à voir avec le domaine RH, qui me dit « c'est super votre histoire, mais en fait, qu'est-ce qui vous empêche concrètement de le faire dès aujourd'hui ? » Je lui ai dit « ah tiens, j'ai pas de bonnes idées, je suis allé relire mon article. » Et en fait, je me suis rendu compte que rien, c'est-à-dire qu'à part la technologie qui te permet éventuellement de passer à l'échelle et de le faire pour tout le monde, tout le temps, sur des volumes importants, En vrai, il n'y a rien qui t'empêche de te dire pourquoi je n'annonce pas la couleur dès le début à mon candidat, de quelle façon il est évalué, quel score il a obtenu dans sa scorecard, quels sont les critères d'évaluation, comment ça se passe les évolutions de salaire chez nous, etc. Et donc voilà, tout ça, en fait, ça permet de se dire, il y a une projection un peu futuriste, il y a des dystopies éventuellement, des choses vers lesquelles on ne veut pas aller. où est-ce que je place le curseur et comment je vais vers un futur qui est plutôt positif ? Parce que tu as la dystopie, puis tu as l'utopie. Alors, il ne faut pas rêver, ce n'est pas le monde des bisounours, mais effectivement, tu peux t'inspirer de ça pour aller vers un mieux,
- Speaker #0
pour pouvoir évoluer. Donc, ça te permet d'évoluer sur certains points. Donc, tu peux encore une fois, en tant qu'ORH, lire des choses ou faire des projections qui nous permettent d'évoluer au quotidien. Et maintenant, la question que je veux te poser, moi qui me taraude, clairement, qui m'intéresse vraiment le plus possible, c'est est-ce que tu as des œuvres ? que tu connais, que tu as lues et que tu peux mettre en perspective qui peuvent présenter une évolution qui n'est pas encore là et que tu penses qui va arriver.
- Speaker #1
Ouais, plein.
- Speaker #0
Mais ça, ça nous intéresse parce que du coup, on a regardé, tu viens de nous dire il y a telle telle œuvre qui s'est réalisée, entre guillemets, parce qu'il faut être honnête, je ne vais même pas dans les années 50, mais quand Orwell a sorti à 1984, les gens, c'est pas grave, quand Orwell a sorti à 1984, les gens devaient tous halluciner, se dire mais jamais de la vie ça sera possible. Sauf dans certaines dictatures où c'était déjà à moitié le cas. Mais sinon, dans certains pays développés et non dictatoriaux. Et pourtant, aujourd'hui, on y est. C'est clairement le cas. Donc, si tu as des idées, ça m'intéresse parce que ça veut dire que la possibilité que ça se réalise est possible. Moi, je suis un grand fan de Retour vers le futur. Retour vers le futur avait prévu l'arrivée de Trump, avait prévu tous ces trucs-là.
- Speaker #1
Comme les Simpsons,
- Speaker #0
si j'allais dire. Donc, ça veut dire que la science-fiction prédit l'avenir, clairement. On peut... entre guillemets le prédire. Une partie peut le prédire. Vas-y, dis-nous, qu'est-ce qui va se passer dans 50 ans ?
- Speaker #1
Déjà, en fait, il faut avoir conscience que si la science-fiction prédit aussi l'avenir, c'est parce que tous les grands patrons aujourd'hui, les Musk, les Bezos, etc., les gars de chez Google, c'est des mecs qui sont biberonnés à la science-fiction. Et en fait, ils essayent quelque part de réaliser ce qu'ils ont lu.
- Speaker #0
C'est-à-dire que tu es en train d'estimer que si tu fais un passé dystopique, où tu enlevais certaines œuvres, comment dire, de science-fiction du passé, potentiellement le présent dans lequel on vit serait pas le même.
- Speaker #1
C'est possible. Les gens n'auraient peut-être pas eu l'inspiration. Tu vois, sur Musk, c'est évident. Elle a décolonisé Mars, les armées de robots et compagnie. Alors, même le Neuralink, c'est très cyberpunk, Android et tout ce que tu veux. Donc, parmi les oeuvres comme ça qui sont à la lisière de choses qui sont en place, je reprends Minority Report. Ce que je t'ai dit tout à l'heure, c'est déjà applicable. Maintenant, tu viens rentrer dans l'équation le fait qu'on collecte de plus en plus de data. Tu rentres dans l'équation d'ici deux, trois décennies peut-être, la démocratisation de l'informatique quantique et la puissance de calcul qui va avec. Tu te retrouves avec des choses qui vont être de capacité prédictive à des niveaux qu'aujourd'hui, on ne peut même pas concevoir. Ça va arriver, c'est sûr. Un autre exemple, le film Ayrobot. C'est aussi inspiré d'Asimov, mais du coup, le film en parle mieux parce qu'il est plus adapté à ce que je vais te donner comme contexte dans le film avec Witswiss. Où tu as des robots qui se sont rebellés. En fait, dans ce film-là, tu as des usines qui sont opérées par des robots pour construire des robots. Ça, ça existe maintenant. On appelle ça les Dark Factories. Et tu as ça en Chine. notamment. Donc, qui sont des usines où on les appelle des alphabets parce qu'il n'y a pas de lumière, parce qu'en fait, il n'y a pas d'humains dedans. Et donc, elles sont 100% automatiques, elles tournent toutes seules, etc. Et notamment, potentiellement, les usines où on construit tous les robots qu'on voit partout en ce moment, tous ces robots humanoïdes. Il y a dix ans, tu avais, tu sais, celui qui est un peu connu, je ne sais plus la marque, américaine, qui au début faisait des espèces de chiens robotiques. Bon, bref. Mais là, ça a explosé depuis 3-4 ans. Même Tesla, tu vois, s'y met avec Optimus, je crois, il les appelle. Tout ça, concrètement, ça existe et c'est en train de se développer. Et là, pas plus tard que cette semaine, donc là on est fin janvier, il y a un article qui explique que Airbus commence à acheter des robots en Chine pour les implanter sur ses lignes de production en France. Je ne sais pas si c'est en France ou en Allemagne. Donc ça, c'est en train de se faire. Et donc c'est déjà prévu. Alors est-ce que la rébellion des robots viendra des usines ? C'est un autre sujet, mais voilà. Tu prends l'IA. prend Blade Runner Blade Runner donc le film Ridley Scott avec Harrison Ford et puis il y a une version plus récente avec le gars qui a fait Drive je sais pas je l'ai pas vu mais il y a l'année 70 Blade Runner ouais on va dire il y a la première version bon puis à la base c'est un roman évidemment comme tous ces films de science-fiction c'est autour des androïdes en fait le truc c'est quoi c'est que t'as des androïdes qui se sont échappés qui vivent parmi les humains on n'arrive pas à les repérer et bah Merci. Tu regardes aujourd'hui les outils qui imitent l'humain dans un certain nombre d'interactions avec potentiellement des candidats. Par exemple, les outils qui te permettent de faire des préqualifications téléphoniques par IA. Ça progresse tellement qu'en réalité, dans pas si longtemps, tu ne feras pas la différence. Tu feras forcément la différence parce que tu es obligé légalement d'annoncer que c'est à une IA que tu parles, mais le niveau est incroyable. C'est-à-dire qu'à un certain degré, aujourd'hui, une IA correcte comme celle-là, je ne veux pas citer de boîte, mais il y en a deux ou trois en France qui sont un peu connues, elle fait probablement... pour le coup, je peux t'en parler avec mon expérience, du meilleur boulot qu'un chargé de recrutement qui n'a pas envie. En tout cas, dans la qualité de l'échange et de la préqualification et l'efficacité de la préqualification. Donc ça, tu vois, tout ça, c'est prédit, ça arrive. Bon, et puis après, on peut aller un peu plus loin et se faire éventuellement un peu peur. Très peur, même. On peut aller dans la dystopie complètement. Tu as des œuvres comme Le meilleur des mondes ou Bienvenue à Gataca, où là, tu pars dans des systèmes où globalement, l'ADN est manipulé, si je dois simplifier. Et donc, tu te retrouves dans des civilisations où certains postes, certaines fonctions ne te sont accessibles qu'en fonction de ton ADN, donc finalement de ta caste. Tu vois, un peu comme les systèmes des castes en Inde. Aujourd'hui, tu as des boîtes, notamment aux États-Unis, qui vendent très cher le fait de t'aider à sélectionner l'embryon qui va avoir les meilleures chances d'être particulièrement intelligent, etc. Tu as un mec comme le gars qui avait une boîte d'IA, Alexander Wang, qui a été racheté par Meta. qui a par exemple expliqué que lui, il ne fera pas d'enfant tant qu'on ne pourra pas implanter des puces genre Neuralink aux enfants pour qu'ils soient augmentés. Donc, en fait, tu vas vers ça. Et même sans le faire de façon complètement dystopique, alors là, on parle à 50 ans, 60 ans, mais en vrai, c'est la génération de nos enfants, ils iront peut-être ça. Même sans le faire de façon complètement dystopique, et tu vois, je vais revenir un peu plus à la science et à la physique et à Musk, tu veux aller sur Mars. tu sais que le voyage long dans l'espace est très problématique en termes de radiation, etc. Et donc, et ça j'en parle dans un article que j'ai fait qui est autour d'Interstellar, où j'explique, alors là pour le coup je prends l'œuvre Interstellar, et j'explique comment tu staffes un vaisseau spatial en fait. Donc c'est pas du tout utilisable au quotidien, mais c'est intéressant quand même. Et un des critères que tu vas prendre, c'est la résistance génétique aux radiations. Donc demain, tes cosmonautes, s'ils doivent faire des voyageons dans l'espace, tes astronautes, tu vas les choisir aussi par rapport à des prédispositions génétiques. Donc tu vois, tu vas vers ces notions-là qui sont méga flippantes. Et puis la référence, alors qu'il n'y a rien à voir avec le monde du travail, mais qui est la plus flippante, évidemment, c'est celle de Terminator. Donc Skennet, IA général, qui maîtrise tout, qui décide de se protéger et que l'humain ne sert pas à grand-chose et qui, du coup, déclenche une guerre nucléaire. Tu viens d'entendre que l'armée américaine Ils ont fait un partenariat avec Grock L'IA de Musk Donc tu te dis bon Ou tu fais des boîtes comme Palantir Qui font des trucs un peu Palantir c'est le globe du Seigneur des Anneaux Là où tu vois le futur Bon Là c'est clairement la dystopie qui fait très très peur Mais je veux dire qu'on saura techniquement assez vite Si c'est vers ça qu'on va Dans 20-30 ans tu passes à l'IA générale C'est un futur que beaucoup de gens craignent.
- Speaker #0
Je ne sais pas si c'est faisable. Après, ce n'est pas le sujet du jour, mais ça reste quand même une utopie, l'IA générale. Oui, il y a du chemin. Des gens qui disent aujourd'hui qu'on pourra y arriver un jour, tu me diras, c'est vrai qu'il y a encore trois ans, on disait de toute façon, ça n'arrivera jamais. Des gens qui disent qu'on y arrivera potentiellement un jour. Ce qui peut être aussi intéressant, c'est ce qui m'avait intéressé dans certaines de tes news, c'était celle sur Matrix, la première que j'ai eue. sur le fait de pouvoir implanter des compétences chez les gens. Je trouvais ça complètement hallucinant.
- Speaker #1
Oui, du coup, je l'avais vraiment creusé. Et ça, techniquement, ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Non, ce n'est pas possible, mais tu avais creusé le fait qu'il y avait déjà des personnes qui étaient un petit peu augmentées dans la capacité à apprendre. Non pas dans implanter des compétences, dans la capacité à apprendre, chose que je n'avais absolument pas.
- Speaker #1
Notamment un organisme qui s'appelle la DARPA, qui est en gros l'entité de recherche et développement qui est associée au paramilitaire américain. et qui effectivement a mené des expérimentations là-dessus et a trouvé des moyens de faire en sorte que les gens apprennent 10, 15, 20% plus vite. Donc implanter une compétence en tant que telle, c'est a priori pas un futur possible, c'est extrêmement complexe, on ne comprend pas en fait comment on développe vraiment une compétence, on ne sait pas le reproduire. Par contre, apprendre beaucoup plus vite, et là c'est pareil, ça crée des écarts. Qui va apprendre beaucoup plus vite ? A qui ça va bénéficier ? De la même façon que c'est un outil, mais qui peut être plus ou moins implémenté. Donc, il y a, tout le monde peut y avoir accès, donc tout le monde l'utilise plus ou moins bien. Certains vont rester de côté, fractures numériques, tout ce que tu veux. Quand c'est un outil implanté de main, c'est un petit peu différent. Tu as des gens qui y ont accès et d'autres pas. Et donc, qu'est-ce que ça veut dire pour la société ?
- Speaker #0
Super intéressant. On arrive vers la fin, parce qu'on a quand même parlé de beaucoup de choses. C'était plutôt pas mal. C'était plutôt assez intéressant. On a parlé de ta passion pour la science-fiction. On a parlé de comment tu t'es lancé dans The HR Singularity, de ce que ça t'apportait, de ce que ça pouvait apporter au RH, de la manière dont on pouvait aussi avoir un autre angle d'approche. Est-ce que les œuvres de science-fiction pouvaient nous aider à comprendre différemment, à appréhender différemment le métier de RH ? On a terminé là sur le fait de... de savoir s'il n'y avait pas des œuvres qui pouvaient nous permettre de nous projeter différemment dans le futur. Un futur qui est optimiste pour certains, plus pessimiste sur d'autres aspects. La dernière question que je vais te poser, toi, maintenant, on sent ton Nostradamus, comment tu le vois, le futur du RH, le futur RH ou le futur du monde du travail ? Allez, normalement, je pose la question dans 5 ans, mais dans 5 ans, c'est trop tôt. Comment tu le vois, comme le futur va vite, en 2050 ? Tu le vois comment ? Parce que moi, je reste sur la... pour celles et ceux qui n'ont pas encore lu The Charter Singularity, je reste sur ce, alors Matrix et tout, c'était très sympa, mais sur le futur du RH, la news que tu as faite sur Retour vers le futur, elle est...
- Speaker #1
85 versus 1965.
- Speaker #0
Elle est extraordinaire, et tu le vois comme en toi, le futur du RH.
- Speaker #1
Bon, alors c'est vrai que moi, avec mon prisme de la science-fiction, j'ai une tendance un peu naturelle à avoir le côté sombre de la pièce. Ceci dit, je dirais qu'il n'est peut-être pas si sombre que ça. Évidemment, ce qui inquiète tout le monde, c'est l'IA, d'accord, et l'impact que ça va avoir sur l'emploi. Alors... on va y aller doucement. L'IA générative telle qu'elle est aujourd'hui, elle impacte déjà pas mal de monde. Pourtant, ce n'est pas grand-chose en termes de l'IA. Tous les gens qui bossent à la pige, les graphistes, les journalistes, les ghostwriters, ils ont une baisse de chiffre d'affaires qui est malade parce que tout le monde va dire je vais faire mon petit GPT moi-même et puis après je verrai. Donc déjà, ça impacte des gens tout de suite. Ce qui va fondamentalement changer beaucoup de choses, alors il y a... Il y a l'IA qui va progresser, donc ça va changer les choses. Il faut vraiment intégrer, je pense, dans l'équation, la question de la robotisation et la question de l'informatique quantique. Ça va vraiment changer beaucoup de choses. Mais déjà, rien qu'avec l'IA, agentique, au fur et à mesure que la capacité de mémoire des agents IA va se développer, ils vont pouvoir gérer des chaînes d'action de plus en plus longues. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les métiers qui sont les plus processables, en termes de façon de réaliser l'activité, ils vont pouvoir être assez rapidement automatisés. Si on parle de RH, les gens qui, par exemple, vont s'occuper de tout l'administratif, enregistrement, collecte des signatures, choix des contenus en termes de formation, par exemple, ça, c'est facile à automatiser. Donc, moi, je te fais le pari que d'ici, même sans aller à 2050, d'ici 2030, c'est-à-dire d'ici 10 ans, Tu as beaucoup de ces postes-là qui seront devenus des agents IA. Même activité, le sourcing et la coordination des entretiens de recrutement, tu vois, dans l'activité Talent Acquisition. Ça, demain, tu as de bonnes chances que ce soit en grande partie automatisé. Donc, le futur que j'entrevois à horizon 2050 en termes de RH, déjà de métier RH, c'est... Alors, je vous en parle dans l'article Retour vers le futur. C'est possiblement un moins de RH. Donc moins d'emplois et des responsables qui sont plutôt à la tête d'une équipe d'agents. Donc demain, tu pourrais être un responsable RH qui a un agent sourcing, un agent branding, qui va te faire tes visuels, etc. Un agent logistique de formation et compagnie et que tu vas mettre en musique et toi, tu vas coordonner tout ça en logique human in the loop. Est-ce que demain, tu vas dans une équipe de 10 RH, il en reste un ou il en reste sept ? Je ne sais pas. Mais ce qui est sûr, c'est que tu as une partie des emplois RH qui probablement auront été digitalisés. Donc ça, c'est un premier point. Tu as des métiers, je pense, qui vont à long terme disparaître ou en tout cas qui vont se concentrer sur la base de l'activité qui est proposée, c'est l'automatisation et le service premium, c'est l'humain. Un exemple concret que je connais bien parce que mon père était chauffeur de taxi, c'est les taxis et les VTC. Tu as toutes les boîtes aujourd'hui, Tesla le fait, Amazon le fait aussi, Weibo, etc., qui bossent sur les véhicules autonomes. Et dans une logique de taxi. Donc, Texas et Patrionto, ils ont annoncé le robot taxi. Et d'ailleurs, ils ont dû changer parce que la marque était déjà prise. Économiquement parlant, il n'y a aucune équation dans laquelle ça te coûte moins cher, et même c'est plus sûr, parce que l'humain fait plus d'erreurs que le véhicule autonome, de prendre un taxi humain. conduit par un humain que de prendre un taxi autonome. Et en plus, souvent, tu n'en as pas quand tu en as besoin, etc. Donc, dans le long terme, 20, 30, 40 ans... Tu as de très fortes chances que ce métier-là finisse par disparaître, tout simplement parce que ça coûte moins cher et c'est plus pratique de prendre un véhicule autonome. Tu fais ça sur les chauffeurs de taxi. Alors à Paris, tu as un peu de temps parce que vu comment les routes sont faites, ça peut traîner, tu vois. Mais tu fais ça sur les chauffeurs de taxi qui ont dû acheter une licence et qui sont endettés au début. La licence ne vaut plus rien le jour où ça arrive. Et donc là, tu as une énorme case sociale. Donc tu as ces métiers comme ça qui aussi vont être touchés. Une analogie que j'aime bien, c'est pour dire à mon avis ce qui est resté, c'est le lavage automobile. Il y a 50 ans, le lavage automobile, c'était soit tu lavais ta voiture dans ton jardin toi-même, soit tu la faisais laver par des gens qui faisaient le lavage. Tu regardes aujourd'hui à quoi tu as accès. Soit tu fais toujours dans ton jardin toi-même. Je vais faire une métaphore avec le recrutement. Donc, tu fais toujours dans ton jardin toi-même. C'est comme si tu étais là, tu mets juste tes annonces et tu n'as aucun outil. Tu le débrouilles, tu vas faire ton petit sourcil dans Google, par exemple. Soit tu vas à la station de lavage où il y a des cars chers. Donc là, on te met un outil un peu puissant à disposition et puis tu fais ton lavage. C'est comme si on te donnait une licence LinkedIn Recruiter. Soit tu vas au lavomatique. Tout ça, c'est sûr. Au lavomatique, tu es dans l'automatisation. Donc là, c'est ton agent IA qui, demain, te fait ton sourcil à ta place. Et puis, quand tu vas au lavomatique, tu as le lavage de base et le lavage un peu poussé. Ton agent IA, en fonction de la puissance et de ce que tu auras investi dedans, il te fera soit le lavage de base, soit il te fera des trucs vraiment chiadés, puissants. Et quand tu as besoin d'un service premium et que tu veux que ta voiture soit nickel à l'intérieur et à l'extérieur, tu vas où ? Tu vas sur le parking de ton supermarché, là, où il y a des gens qui tenaient, toi, ta voiture pour, je ne sais pas, ça doit coûter 80 ou 100 euros au moment où tu veux la revendre parce qu'il faut que tu la rendes nickel. je pense si je veux faire une analogie t'es en train de recruter un C-Level et donc tu vas contacter un des cabinets les Shrek pour avoir un service de haut niveau un vivier etc une analyse fine je pense que t'as beaucoup de métiers qui vont connaître un peu cette tendance-là. Donc beaucoup d'automatisation sur le service de base et quand on va dans le premium, là, de l'humain. Petite note positive pour ne pas faire trop peur à tout le monde. Je crois aussi qu'il y a quand même assez vite va arriver une overdose d'IA et que les gens vont avoir envie de payer pour un service humain, voire vont boqueter des services qui sont complètement automatisés. Je suis sûr que demain, tu auras des candidats, par exemple, qui refuseront par principe de rencontrer une boîte où tout le début du processus est complètement automatisé. Ça, ça peut être un axe qui fait que finalement, il reste de l'humain. Tu as aussi quand même, il faut prendre en compte tout ce qui est la dépense énergétique et matérielle pour faire toutes ces automatisations. On parle toujours de la hype, mais on ne pense jamais à tout ce qu'il faut derrière pour que ça tourne. C'est quand même compliqué. On ne peut pas faire tout et n'importe quoi. Et puis, tu as un dernier item dont on parle beaucoup en ce moment avec un économiste qui s'appelle Maximus Bailly. et qui fait partie des gens qui étaient les experts sur l'article Hello Work, tu m'as recommandé, il y a une science dure, c'est la démographie. La démographie, c'est une science, pour le coup, elle est claire, nette, précise. Tu connais les chiffres 15-20 ans à l'avance. Et la démographie a dit quoi ? Elle a dit qu'en Europe, c'est déjà le cas dans d'autres pays, c'est déjà marqué, mais en France particulièrement, tu vas avoir à horizon 2034-2035 une baisse drastique de la population active à cause de la dénatalité de ces dernières années. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, des entreprises qui, des fois, déjà aujourd'hui, galèrent à recruter sur certaines fonctions, la concurrence, ça va se renforcer encore. Et donc ça, c'est plutôt la vision positive de 2035 et peut-être, ça peut aller jusqu'en 2050 et même après, qui est, bon, l'IA va arriver, elle va prendre une partie de ces emplois-là, mais est-ce qu'elle compensera tous ces emplois-là ? J'en suis pas certain. Et donc, tu vas avoir des employeurs qui vont se retrouver dans une situation où ça va être le plein emploi, ils vont se battre pour des ressources. Et donc, tu peux espérer un futur du travail qui soit plus à l'avantage des salariés, plein emploi en Europe. Peut-être, tu vois, en Italie, par exemple, ils ont dû recourir à l'immigration parce qu'ils n'ont plus de naissance. Donc, il n'y a plus personne sur le marché du travail. Et donc, ça, à horizon 2035, on sait que c'est vrai. Donc, on va être quelque part entre là. Et la question et le curseur qu'on ne sait pas encore dire, qui est difficile à prédire, c'est à quel point l'IA va remplacer un certain emploi et aussi en créer d'autres. Et moi, ce que je pense qu'il va être difficile, c'est surtout les 5-10 années qui arrivent pour les gens qui vont se retrouver pris avec des métiers qui sont automatisés. Tu as le CEO de McKinsey, cette semaine encore, qui a annoncé que maintenant, ils sont 60 000 chez McKinsey. On a 40 000 collaborateurs et 20 000 agents hier. Il commence à parler comme ça. Donc, tu as une période un peu de transition là où effectivement, pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail cette année, dans un an ou deux, c'est compliqué. Tu te dis, est-ce que j'ai ma place ? Est-ce que les boîtes ne vont pas essayer d'automatiser ce qu'on faisait en… en début de carrière, finalement. Mais je pense qu'à horizon 5-10 ans, donc les décennies 2030, ça se lisse et ça se compense, et plus que compense même, par effectivement cet effet débographique. Et donc, un futur du travail à horizon 2050 où tu as tes IA qui bossent avec toi, mais tout le monde a du boulot quand même. Et peut-être, du coup, fais un boulot qui est potentiellement plus sympa parce que les basses tâches, ce n'est pas toi qui les fais.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Ce qui ressort dans tout ce que tu dis, c'est vraiment ça. C'est vraiment le côté, l'avenir va faire en sorte qu'on va remettre l'humour au centre. Et est-ce que ce n'est pas aussi un peu, quelque part, le sens de la science-fiction de montrer qu'au final, dans toutes les œuvres de science-fiction, alors je ne l'ai pas toutes, parce que dans celles que je connais, Au final, il y a l'humain, pratiquement toujours à la fin, qui en ressort grandi, parce que tu as plein de choses qui viennent autour. Soit c'est des robots qui arrivent, soit c'est un cataclysme, soit c'est des choses comme ça. Mais qu'est-ce qui perdure à la fin ? C'est en fait le recentrage sur l'humain et sur l'humain qui se ressemble sur ce qui l'admeilleur, entre guillemets. C'est un peu ça la finalité de beaucoup d'œuvres de science-fiction. Et c'est un peu ça aussi quand même qu'on est en train de vivre. Et ce que tu es en train de dire, c'est un peu ça. C'est ce côté, OK, on sait... On s'est étalé sur pas mal de choses, on fait plein de trucs qui sont à faible valeur ajoutée, on a des métiers qui sont durs, on a des métiers qui ne sont pas valorisants, on a des choses qui... Est-ce que finalement, l'épreuve et l'évolution qu'on est en train de vivre n'est pas une évolution qui va vers une position, en RH je le pense profondément, mais d'un point de vue un peu plus générique dans le monde du travail, vers une position qui est plus humaine, plus valorisante du travail en tant que tel, du salariat en tant que tel. C'est-à-dire le côté, ce que tu disais, c'est... Tu as fait l'analogie par rapport au lavage de voiture, mais on pourrait faire la même par rapport au taxi dont tu as dit qu'ils allaient disparaître. Ok, tu peux très bien appeler ton taxi autonome tout seul et tu peux appeler ton taxi autonome où tu as une personne à l'intérieur qui t'accueille, qui te met ce que tu veux, qui te sert à boire, qui sait ça et ça te fait un service premium. Et ça veut dire que la personne, elle est valorisée, elle n'est plus là pour, entre guillemets, t'amener d'un point A à point B, même si ce n'est pas dévalorisant le top métier de taxi, ça vient au contraire. Elle n'est plus là uniquement pour ça, elle est là pour te faire vivre une expérience intéressante. De la même manière que j'en parlais, je ne sais plus quand, sur un congrès, sur des cafés, hôtels, restaurations, il y a de plus en plus de restaurants sur lesquels tu arrives, tu commandes en ligne avec ton application, tu payes en ligne avec ton application, tu ne fais rien d'autre que... Et finalement, les gens qui viennent, ils sont là pour te faire vivre une expérience. Donc le rapport au travail sera un rapport où tu devras apporter quelque chose d'humain à un autre humain. Donc on est en train peut-être... ultra science-fiction, ultra IA, ultra développement robotique, est peut-être en train de réhumaniser la société qui s'est déshumanisée. Si on peut finir sur une note un petit peu utopique.
- Speaker #1
J'aime bien, moi je signe.
- Speaker #0
Je signe. On va s'arrêter là-dessus, du coup, c'est plutôt cool. C'était une bonne fin, je trouve, assez utopiste, et de se dire que finalement la science-fiction pourra nous prédire un avenir plutôt radieux et plus humain que ce qu'on peut le vivre aujourd'hui et que la période qui est un petit peu compliquée aujourd'hui, qui peut nous faire un petit peu peur. Merci beaucoup, Sylvain.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
J'espère que ça a été.
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
En tous les cas, c'était trop cool. On a parlé de plein de sujets hyper intéressants. Je pense que ça a pu intéresser des personnes que de s'intéresser justement à The Hedgehog Singularity et ou à se poser la question, à avoir un autre angle d'approche. Je trouve ça ultra cool parce que pour moi, il y a deux aspects qui sont fondamentaux dans le développement de son métier quel qu'il soit et dans le développement de la société. C'est le côté déjà curiosité et essayer de voir un petit peu ce qui se fait à côté et changer sa focale. Et là, ce que tu nous as présenté aujourd'hui et ce dont on a parlé aujourd'hui, c'est vraiment le côté changer sa focale. essayer de regarder ce qu'on vit au quotidien sous un autre angle pour essayer justement d'avoir une appréhension différente. Et je trouve ça ultra cool. Donc merci encore et hâte de lire les prochaines. Et très heureux que tu fasses ces écrits-là et ces nouvelles-là qui nous enrichissent au quotidien. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Merci à toutes et à tous pour avoir suivi cet épisode. J'espère que cette écoute vous aura plu. Et moi, je vous dis à très vite pour un nouvel épisode. Félicitations ! Vous avez encore écouté un épisode du Barbu jusqu'au bout. Le barbu vous donne des clés pour décortiquer le monde du RH d'aujourd'hui et de demain. C'est gratuit et surtout, c'est fait avec le cœur. Le meilleur moyen de nous aider ? Vous avez juste à mettre un avis 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. Je compte sur vous et à très vite !