Speaker #0Amis du RH, bonjour ! Le Barbu qui parle RH, c'est un podcast qui vous accompagne sur vos trajets en vélo, en trottinette, en skate, en train, tout ce qui roule ou pas, tout en vous apprenant un truc cool sur l'univers du recrutement. Le barbu en question, c'est moi, Nico. Je travaille dans le RH depuis maintenant plus de 10 ans. Prêt à explorer le monde du recrutement d'aujourd'hui et de demain ? Préparez vos Airpods, c'est parti ! Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast du Barbu qui parle RH. Aujourd'hui, on va plonger... au cœur du réacteur de nos entreprises pour parler d'une crise qui couvre depuis plus de deux ans et qui explose clairement au début de l'année 2026, on va parler du décrochage massif de nos managers. Le constat est réellement brutal. Si on doit regarder le dernier rapport mondial de Gallup, le chiffre fait l'effet vraiment d'une douche froide. Le taux d'engagement des managers qui était déjà fragile à 30% l'année dernière vient de s'effondrer à 27%. C'est son niveau le plus bas depuis plus d'une décennie. Mais ce qui doit vraiment nous inquiéter, c'est la structure de ce désengagement. Car ce n'est pas seulement les cadres en fin de carrière qui lâchent prise, les chutes les plus arremantes concernent réellement les managers de moins de 35 ans et les femmes managers, dont l'engagement a reculé de près de 5% sur un cycle annuel. Alors pourquoi c'est une alerte rouge pour chaque chef d'entreprise et pour chaque DRH ? Parce que la science des organisations nous dit une chose immuable, 70% de la variance de l'engagement d'une équipe dépend directement de la qualité de son manager. Le manager, ce n'est pas un simple transmetteur d'ordre, c'est réellement le régulateur thermique de l'organisation. S'il refroidit, l'entreprise gêne. S'il surchauffe, l'entreprise brûle. Et en 2026, le manager est devenu, bien malgré lui, un architecte de la résilience, alors qu'il est lui-même en pleine fragilité structurelle. On lui demande de porter le poids du changement, mais réellement, qui porte le manager ? Pour comprendre ce désengagement, il faut regarder ce que nous avons mis sur les épaules de nos cadres de proximité en 2026. Ils vivent ce qu'on appelle une polycrise managériale. D'abord, il y a la pression de l'hybride. En 2026, gérer une équipe, ce n'est plus un acte de présence, c'est un acte de logistique complexe. Le manager doit jongler avec les désirs des télétravails des uns, les attentes de retour au bureau des autres, s'assurer que la culture d'entreprise ne s'évapore pas dans les couloirs. Clairement, on estime que cette coordination hybride a ajouté environ 6 heures de travail administratif par semaine à l'emploi du temps des managers par rapport à 2024. 6 heures de travail de plus par semaine en 2 ans. C'est stratosphérique. C'est une journée presque de plus, clairement, il faut qu'on se le dise bien. Ensuite, il y a l'arrivée de l'IA argentique. On en a parlé il y a deux semaines, l'IA argentique désormais, le manager de 2026 doit superviser des collaborateurs humains et des agents autonomes. Il doit arbitrer les bugs algorithmiques, il doit rassurer ceux qui craignent leur obsolescence et monter lui-même en compétence data en un temps record. La charge cognitive est clairement phénoménale. 52% des managers de premier niveau déclarent aujourd'hui souffrir de fatigue décisionnelle chronique. Et on ajoute à cela un contexte économique de restructuration permanente. En 2026, les budgets sont serrés, les bids d'aérois, et on demande aux managers de faire plus avec toujours moins. C'était un petit peu le cas depuis toujours, mais là, c'est vraiment la louche de trop. Le sentiment de devoir carrer le cercle en permanence, c'est-à-dire d'être ultra performant tout en étant ultra bienveillant dans un environnement totalement instable. C'est devenu le premier facteur de stress. En fait, 60% des managers rapportent un sentiment d'isolement profond. Ils se sentent comme le tampon. entre une direction qui exige des résultats immédiats et des collaborateurs qui exigent, à juste titre, une protection de leur santé mentale. C'est le syndrome de l'enclume. Ils sont frappés des deux côtés. Le plus tragique dans cette situation, c'est qu'on connaît bien le remède. Mais on refuse de payer la facture. Les chiffres sont là. En 2026, seulement 44% des managers ont reçu une formation au leadership ou en management humain au cours des 12 derniers mois. On a investi des milliards dans des licences logicielles et dans l'infrastructure IA, mais on laisse plus d'un manager sur deux apprendre son métier sur le tas, par l'erreur et la douleur. C'est toujours ça. En France, c'est vraiment typique. C'est le manager qui est... Tu es bon, tu es compétent dans ton domaine, tiens, viens, tu passes manager. Et puis comme tu es compétent, tu vas bien t'en sortir. De toute façon, ça marche toujours comme ça et ça a toujours marché comme ça. Donc pourquoi faire autrement ? Mais en fait, le management, ce n'est pas ça. Et en 2026, c'est encore moins ça. C'est ce qu'on vient de dire. Donc si jamais vous passez quelqu'un manager et que vous ne le formez pas, comment vous voulez que ça avance ? Et ce n'est pas en mettant de l'argent dans de l'IA agentique sans former vos collaborateurs que vous allez pouvoir vous en sortir. Les deux doivent être menés de front obligatoirement. En plus, le retour sur investissement est limpide. Les études de performance montrent clairement que lorsqu'on forme un manager à passer du modèle commandant de contrôle, je donne des ordres et je vérifie, au modèle manager coach, la productivité de l'équipe bondit de 20 à 28%. Ce n'est pas de la magie, c'est de la psychologie appliquée. Un manager coach clarifie les attentes, donne du feedback et surtout, il sait écouter. En 2026, l'engagement ne se décrète plus par un discours du CEO. Il se construit clairement dans le tête-à-tête hebdomadaire entre un manager et son collaborateur. Mais pour que ce tête-à-tête soit productif, il faut que le manager possède des compétences qui n'étaient pas au programme il y a 5 ans, comme l'intelligence émotionnelle, la médiation de conflits hybrides, la littératie algorithmique. Et ça sans formation, on les envoie au front avec des épées en bois face à des défis en acier trempé. Alors comment on inverse la tendance avant que le désengagement des managers provoque une fuite d'étalons irréversible ? En 2026, la fonction RH doit changer de paradigme. Le manager ne doit plus être vu comme le bras armé de la RH, mais comme son premier client. Protéger le manager, c'est protéger l'entreprise tout entière. On va vous proposer 4 leviers d'action pour cette année. 1. Dégraisser l'administratif. Utilisez l'IA pour libérer le manager des tâches de reporting. Un manager doit passer... 80% de son temps avec ses humains, pas avec ses tableurs. 2. Créer des espaces de soutien entre pairs. Puisque 60% d'entre eux se sentent seuls, institutionnaliser des cercles de co-développement, le partage d'expérience entre pairs réduit le stress de 30%. 3. Revoir les critères de promotion. Arrêtons de promouvoir le meilleur expert technique au poste de manager. Le management, c'est une vocation humaine, pas une récompense de fin de carrière. 4. Le droit à la déconnexion managériale. Donner au manager l'exemplarité de la pose. S'il ne débranche jamais, Leurs équipes ne débrancheront jamais et le système finira tout simplement par imploser. En conclusion, rappelez-vous un chiffre. 70% de l'engagement dépend du manager. Si vous voulez améliorer votre rétention, votre productivité et votre marque employée en 2026, ne regardez pas vos outils, regardez vos managers. Prenez soin de ceux qui prennent soin des autres. J'espère que cette écoute vous aura plu et moi je vous dis à très vite pour un nouvel épisode. Merci à tous les survivants qui sont restés jusqu'au bout. C'était le Barbu qui parle RH, le podcast sur le recrutement d'aujourd'hui et de demain. Vous pouvez me retrouver sur LinkedIn, Nicolas Pazetti, aka le barbu qui parle RH. Si vous avez kiffé, la meilleure façon de nous soutenir, c'est de laisser un super avis 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. A très vite pour un nouvel épisode.