- Speaker #0
Je ne suis pas étrangère au harcèlement sexuel sur les réseaux sociaux, j'y suis plus que j'ai 16 ans. Je ne suis pas étrangère, enfin ce n'était pas ma première dick pic, mais là c'était la première fois que ça venait en vague. Ma question c'était, qu'est-ce qui en ce moment te bloque pour atteindre tes objectifs ?
- Speaker #1
Et il y a un gars qui répond, tes petits seins qui flottent. Les premiers événements que je faisais,
- Speaker #0
il n'y avait pas de femmes sur scène. Ou alors les femmes qui allaient sur scène, c'était pour danser et j'étais en mode, je ne vais pas faire ça. À travers l'histoire, les seules femmes qui faisaient de l'argent et qui gardaient cet argent, c'était les prostituées. Donc, dans l'inconscient collectif, femmes qui gagnent de l'argent égale putes. Donc ça, c'est une autre réalité qui est ancrée dans l'inconscient collectif, dont on a du mal à se détacher encore une fois.
- Speaker #1
Quelle place pour les femmes sur les réseaux sociaux en 2026 ? D'un côté, les réseaux sociaux nous ont permis de nous retrouver, de déconstruire ensemble et de comprendre qu'on n'était pas seules face à certaines violences. Notamment depuis le mouvement MeToo en 2017.
- Speaker #2
Ces femmes célèbres ou anonymes qui ont osé parler accusaient leurs bourreaux, déclenchant ainsi, écrit Time Magazine, un des changements les plus rapides de notre culture depuis les années 60.
- Speaker #1
Mais de l'autre, ils sont aussi le lieu où on nous réduit constamment à notre corps, où on commente notre apparence plus que nos propos, et où le harcèlement et l'hypersexualisation sont devenus la norme pour toute femme qui ose prendre la parole. Aujourd'hui, je reçois Kana, 22 ans, entrepreneuse, conférencière, coach en éloquence. Elle crée du contenu depuis ses 15 ans et elle aussi, elle connaît bien cette violence, celle de vouloir parler d'un sujet et de se faire ramener à son physique. Et j'ai un point commun avec Kana. À 16 ans, je me lance sur YouTube et je reçois mes premiers commentaires d'hommes, des « fap fap fap fap » pour me signifier qu'un homme venait de se masturber sur une vidéo où je portais un short. Des commentaires réducteurs sur mon corps et rarement sur ce que je disais. Alors j'ai commencé par m'habiller autrement, mettre des pantalons, même en été, à faire attention à ce que je disais, à me censurer, comme 80% des femmes le font selon une étude menée par Meuf il y a deux ans. Ce que veut surtout dire ce chiffre, c'est que la majorité des femmes ne disent pas ce qu'elles ont vraiment à dire. Elles choisissent leurs mots en fonction de ce qu'elles peuvent subir. Et pour les accompagner à lancer des projets podcast, je le vois et j'observe la paralysie que peut créer le fait de se lancer. Et je les comprends. Parce que prendre la parole en tant que femme sur les réseaux sociaux, c'est s'exposer aux commentaires sur notre corps. Au harcèlement, au dick pic, aux remarques sexistes qui veulent nous faire taire. Mais c'est aussi un endroit où on apprit qu'on n'était pas seuls. Où on a déconstruit ensemble et où nos voix regroupées ont fait bouger les lignes. Parce qu'à 16 ans, je pensais que le problème c'était moi et ma tenue. Et je manquais terriblement de modèles féminins. C'est pour ça que je voulais absolument inviter Kana sur ce podcast, parce qu'elle ne se tait pas et qu'elle a décidé, elle, que puisqu'elle manquait de modèles, elle allait créer le sien. Dans cet épisode, on va parler de la place des femmes sur les réseaux,
- Speaker #0
de l'hypersexualisation et de pourquoi, malgré tout ça, on continuera à élever nos voix. Comment créer une information juste dans un monde numérique où chacun peut publier ?
- Speaker #1
Quelle est notre responsabilité en tant que créateurice de contenu ? Comment redonner du sens et de l'éthique à nos prises de parole ? Je suis Manon Marques, ancienne journaliste et animatrice radio, aujourd'hui stratège média spécialisée dans le podcast. J'accompagne les entreprises à créer des médias podcast plus conscients et impactants et j'interviens auprès des plus jeunes pour les sensibiliser à l'information. Dans le bon angle, je te partage des récits de terrain et des échanges avec des personnes qui créent, et consomme des médias. Parce que l'information n'est jamais neutre. Tout est une question d'angle. Alors, comment choisir le bon angle ? Eh bien, coucou Kana, j'espère que tu vas bien.
- Speaker #0
Hello, ça va très bien et toi ?
- Speaker #1
Ça va super, je suis hyper contente de te recevoir dans cet épisode aujourd'hui. parce que c'est une thématique qui me tient à cœur. Ce dont on va parler aujourd'hui, ton parcours. Et puis, comme je te disais un petit peu en off, tu me rappelles beaucoup la moi d'il y a quelques années. Aujourd'hui, j'ai 30 ans. Et moi aussi, en fait, j'ai eu un parcours sur les réseaux sociaux. Avant les réseaux sociaux, il y avait YouTube plutôt à mon époque. Et donc, du coup, effectivement, j'ai commencé aussi sur YouTube. Et il y a énormément de choses qui m'interpellent dans ce que tu... communique aujourd'hui et notamment depuis septembre à peu près où tu parles de beaucoup de sujets qui sont reliés à la visibilité des femmes sur les réseaux sociaux et c'est super important. Tu es directement touchée et ça te tient à cœur aussi.
- Speaker #0
Carrément. Surtout récemment, là, il y a pas mal de choses qui se sont passées à ce niveau-là, effectivement. Je pense que tu l'as vu.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et tu as fait beaucoup de posts à ce sujet-là. Et je pense que c'est comme s'il y a eu un espèce de ras-le-bol aussi de ton côté, un ras-le-bol général.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, carrément.
- Speaker #1
Tu l'as ressenti comme ça, toi ?
- Speaker #0
Oui, en fait, ça fait des années que je suis sur les réseaux sociaux. Donc, j'ai commencé à 16 ans, pareil, sur YouTube à la base. Mais c'est récemment que... J'ai pris beaucoup de visibilité sur Instagram, notamment. Et ce qui s'est passé, c'est que j'ai posté une vidéo de moi qui parle. Et je n'abordais absolument pas les thématiques de la femme, de la place de la femme sur les réseaux sociaux. Et je ne parle même pas de mon corps. Et je ne le mets pas particulièrement en avant. En tout cas, de ma perspective à moi, je ne trouve pas que je mette mon corps en avant dans mon contenu. Et j'ai posté une vidéo où je porte une certaine robe que j'aime beaucoup. Dans les commentaires, je me suis pris une avalanche d'harcèlement, en fait, de la part d'hommes, parce qu'on voyait un bout de téton un peu à travers la robe. Enfin, j'avais les tétons qui pointent, comme toutes les femmes à un moment dans toutes les journées. Et il se trouve que ça s'est vu. Mais ce n'était même pas choquant. Moi, je dois savoir que j'ai fait tout le processus de tourner la vidéo, de monter la vidéo, de la publier. Je ne l'avais pas vue. Et du coup, c'est à ce point que c'était mineur. Et je me suis quand même pris une vague d'harcèlement. de dick pics dans les DM, etc. Oh,
- Speaker #1
ma pote !
- Speaker #0
Et j'étais un peu en mode, ah, d'accord, ok, je ne suis pas étrangère au harcèlement sexuel sur les réseaux sociaux, j'y suis depuis que j'ai 16 ans, je ne suis pas étrangère, enfin, ce n'était pas ma première dick pic, mais là, c'était la première fois que ça venait en vague. Et je regarde les commentaires, je sais qu'il ne faut pas, mais je regarde quand même les commentaires, et à un moment, je pose une... Non, ce n'est même pas ça, c'est que je pose une question en story qui a à voir avec mon activité, donc le coaching en crise de parole en public. Et je vois que dans ma question, c'était « qu'est-ce qui en ce moment te bloque pour atteindre tes objectifs ? » Et il y a un gars qui répond « tes petits seins qui flottent » . Je vais voir son profil et je vois qu'il est coach. Et qu'il est coach en trauma informé pour aider les hommes à se remettre de rupture. Et là, j'ai dit « non, toi ça va pas passer » . Et du coup, je l'ai affiché dans un post. À la base, je suis copywriter, donc je sais comment capter l'attention des gens. Donc, évidemment, le post, surtout sur ce genre de sujet,
- Speaker #1
fait 2 millions de vues, a un effet ricochet de malade. Je reçois des centaines de DM,
- Speaker #0
de témoignages de femmes qui me racontent ce qu'elles vivent sur les réseaux sociaux. Et voilà comment ça a commencé. Et je me suis dit, OK, en fait, ça fait des années que je suis sur les réseaux et je ne parle quasiment pas de mes convictions féministes. Je parle vraiment de mon cœur d'expertise et de rien d'autre. Et je me suis dit, OK, en fait, là, il faut que ça change. Et j'ai envie d'en parler parce que c'est important. Et ça a commencé comme ça.
- Speaker #1
Je suis tellement d'accord. C'est hyper important. Et aussi parce qu'on doit faire changer la honte de camp aussi. C'est hyper fondamental ce que tu as fait. Et on va pouvoir revenir dessus. Parce que quelle honte qu'elle a. En même temps, tu as des tétons.
- Speaker #0
Mais j'ai abusé. J'ai des tétons. En plus, j'ose porter une robe qui les moule, mais même pas tant que ça. C'est vraiment aberrant. Et même, du coup, ça c'est un truc que j'aborde aussi dans le poste en question. Merci. Si c'est comme ça pour moi, une femme qui n'est même pas tant de visibilité que ça à la base, ou qui porte une robe qui n'est même pas si exposée que ça, j'ai une poitrine qui n'est pas non plus hyper volumineuse. Je n'imagine même pas ce que ça doit être pour les femmes qui ont plus de poitrine que moi, qui ont plus de forme que moi. Les femmes qui sont...
- Speaker #1
Moi, je suis hyper privilégiée.
- Speaker #0
Les femmes qui sont racisées, les femmes qui sont fétichisées. Les travailleuses du sexe, je n'imagine même pas à quel point elles, elles doivent se prendre... prendre dans les DM si moi je reçois des menaces de viol, je n'imaginais même pas ce que ces femmes-là peuvent se prendre. Et c'est un truc que je mets aussi en avant, c'est que moi je suis chanceuse dans le lot. Je pense que par rapport à ce que certaines femmes se prennent, moi ça va. Et quand même, on ne peut pas partager du contenu. En plus, dans la vidéo, je parle d'un sujet qui est tellement hors de ce spectre de la sexualité.
- Speaker #1
Relié à ton expertise et à ton métier. Du coup,
- Speaker #0
exactement. Je parle vraiment d'un sujet qui me tient en plus tellement à cœur, ça m'a fait tellement mal de voir qu'il y a des gens qui... qui m'ont entendue par les tailles, qui n'ont vu que mon corps. Ça, ça m'a amusée quand même.
- Speaker #1
Là, je pense qu'on va pouvoir revenir dessus un petit peu plus tard sur le fait qu'en tant que femme, on est bien trop souvent réduite à notre corps. De toute façon, c'est dans l'espace public de manière générale, mais d'autant plus sur les réseaux sociaux où il y a une permissivité des gens sur le fait de juger, de commenter. Et en fait, c'est comme si tu n'avais pas le droit d'exister. autrement que par ton corps et c'est très drôle parce que alors moi à l'époque quand j'ai commencé à faire des vidéos sur les réseaux sociaux sur les réseaux sur youtube pardon j'étais genre en seconde et c'était vraiment tous les débuts de enjoyphoenix etc la seule représentation des femmes qui avait dans ce milieu là c'était dans le milieu de la beauté du make up comment te dire que moi du coup la première chose que j'ai eu envie de faire comme type de vidéos c'était des vidéos maquillage alors que Je ne me maquille pas plus qu'aujourd'hui. Et je me suis dit, ah ouais, je vais être une pro du make-up. Pas du tout. Je mélangeais les rouges à la vive rocher de ma mère. Et je faisais le genre que je faisais un petit maquillage. Et c'était les seules représentations qu'on avait, en fait. C'était dans la beauté.
- Speaker #0
Et encore aujourd'hui, les femmes sont extrêmement sous-représentées sur YouTube parmi les grosses chaînes. C'est marrant, mais toutes les vidéos pour YouTube, il y a... Pour trois mecs et une femme, quoi. Mais il y a déjà une amélioration, effectivement. Moi, tu vois, ça ne m'est pas venu à l'esprit, par exemple, de faire des vidéos maquillage quand j'ai commencé. Ça, c'est cool. Ça veut dire qu'il y a déjà eu un step-up entre le moment où j'ai commencé. Ça, c'est bien.
- Speaker #1
Les femmes sont invisibles sur Internet et les algos ne sont pas en leur faveur. On pense à tort que les femmes sont présentes et qu'elles s'expriment comme elles veulent sur les réseaux sociaux. Mais en réalité... Selon un rapport du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes publié mardi 7 novembre 2023, nous sommes largement sous-représentés sur les réseaux sociaux. Cette étude que je cite, elle brasse les trois plateformes les plus utilisées, Instagram, YouTube et TikTok, et montre que par exemple, parmi les 100 vidéos les plus vues sur YouTube, seules 8 proviennent de chaînes gérées ou co-gérées par des femmes. Sur 100 contenus analysés sur TikTok, 31 proviennent de comptes gérés ou co-gérés par des femmes. Et sur Instagram, le Haut Conseil à l'égalité nous indique que les femmes sont ainsi présentées dans un rôle maternel et sentimental assimilé à des poupées. Leur apparence physique est fortement mise en avant. Plus de 22% des vidéos visionnées sur YouTube comportent des propos sexistes et 25% des connotations sexuelles. Une image dégradante est présente dans 20% du contenu analysé sur TikTok, auquel on peut rajouter 12% de contenu avec des manifestations de violence physique, avec de la violence verbale et 9% de contenu dans lesquels les femmes sont humiliées. Et le plus problématique dans cette histoire, c'est que ça continue à forger les mentalités, à banaliser les violences faites aux femmes. Et les plateformes, ils sont pour quelque chose avec leurs algorithmes. Parce que si les algorithmes reflètent les goûts des utilisateuristes de plateformes, est-ce que les plateformes n'ont pas une part de responsabilité ? Est-ce qu'elles ne pourraient pas, elles, décider de pousser d'autres types de contenus ? Ça fait trois ans. que j'accompagne des femmes à créer leur podcast, et mes clientes sont les premières à avoir la trouille du regard des autres, des commentaires haineux et de la visibilité. Alors s'il y a bien quelque chose dont je suis sûre, c'est que lancer un média n'est pas anodin pour une femme. Tu pourras d'ailleurs retrouver le détail de cette étude, ainsi que des informations complémentaires, dans un article que j'ai écrit sur Substack, puisqu'à chaque épisode de podcast,
- Speaker #0
j'écris une newsletter pour venir compléter ce qui est dit. Tu trouveras notamment le lien en barre d'infos. Justement, pour revenir à tes débuts, du coup, ce moment qu'on connaît bien,
- Speaker #1
où tu as l'excitation de te lancer, de créer, tu as envie de dire des choses. Toi, c'est quoi justement ton déclic pour commencer à créer du contenu et quel type de contenu tu crées à 16 ans ?
- Speaker #0
Alors, déjà, j'ai commencé à avoir envie de créer du contenu à 13 ans. Parce que c'est la première fois que je suis allée dans un séminaire avec des entrepreneurs et que j'ai vu des conférenciers sur scène. Et à ce moment-là, dans ma vie, j'étais ultra timide, je faisais trois crises d'angoisse par jour. Vraiment, c'était une période d'anxiété extrême pour moi. Parce que là-bas, je suis quelqu'un d'hyper anxieux, paralysée par l'anxiété, super timide, tout ça. On ne dirait pas aujourd'hui, mais je pars de ça. Et je vois des conférencés sur scène et je me dis, ok, il y a un truc qui s'allume en moi, je ne sais pas comment, mais je veux faire ça. Du coup, à ce moment-là, je commence à lire, je commence à faire plein de trucs, je regarde des vidéos de def' perso, de joli, des livres de def' perso, de business et tout. Et je commence à vouloir créer et je me dis, je vais créer un blog. Sauf qu'à ce moment-là, quand je crée un blog, il y a une de mes amies du collège qui crée un groupe avec toutes mes autres potes pour se moquer de moi. Et du coup, je me dis, je ne vais pas le faire du coup, parce que j'étais encore trop jeune et trop influençable. Mais c'était dans mon esprit et je savais qu'à un moment, j'allais le faire. Et à 16 ans, je suis partie aux Etats-Unis pendant un an pour une année d'échange. Et là-bas, je me suis dit qu'Anna, tu es loin de tout le monde en France. Les gens de ton lycée aux Etats-Unis ne trouveront jamais tes vidéos en français sur les réseaux sociaux. Ça ne viendra juste pas dans leur feed. Donc personne dans le pays dans lequel tu vas rester un an n'est là pour te moquer de toi, n'est là pour se moquer de toi. Tu as un an pour commencer à faire ça et pour avoir des statistiques. assez bien pour que quand tu retournes en France, les gens ne se moquent pas de toi. Parce que dès que tu commences à faire bien, les gens se moquent moins de toi, dès que t'es successif. Les gens n'ont plus vraiment le terrain à se moquer. On se moque de toi au début, quand t'as zéro abonné, quand t'as cent abonnés, à partir de mille abonnés, les gens commencent à se dire « Ah, ok, d'accord. Peut-être qu'il y a un truc qui... »
- Speaker #1
Elle pèse un peu dans le game.
- Speaker #0
C'est un peu ça. Et à 16 ans, je commence par des vidéos sur le def' perso, parce que c'est tout ce que je... que je connais, je regarde que ça depuis des années, complètement matrixée par David Laroche à l'époque. J'étais à fond là-dedans. Et je commençais à me former aussi dans le business pour devenir copywriter.
- Speaker #1
Du coup, j'ai une petite question intermédiaire parce que j'imagine en plus à cette époque, parce que c'est encore le cas aujourd'hui, il n'y a que des hommes qui sont sur scène, tu vois, tout le milieu que tu connais là.
- Speaker #0
Ah ouais,
- Speaker #1
Moi, je trouve ça fou pour... jeune adolescente de 12-13 ans d'arriver à se dire sans représentation féminine, c'est ça que je veux faire.
- Speaker #0
Ouais, la représentation féminine, j'en ai vu parce qu'aux Etats-Unis, il y avait déjà des femmes qui faisaient des TED, etc. Ça existait déjà en France. Les premiers événements que je faisais, il n'y avait pas de femmes sur scène. Ou alors les femmes qui allaient sur scène, c'était pour danser et j'étais en mode je ne vais pas faire ça, mais je voyais bien des femmes aux Etats-Unis qui faisaient ce que j'avais envie de faire. Mais du coup, à 16 ans, je partage au début du def perso. Et petit à petit, je bifurque vers les étudiants d'échange et je donne des conseils aux étudiants d'échange qui veulent partir aussi, comme j'ai fait un an aux États-Unis. Et c'est là que ça commence à bien marcher, que je commence à avoir 1 000, 2 000, 3 000 et quelques abonnés, etc. Sauf que le sujet s'épuise au bout d'un moment. Et moi, je ne suis plus étudiante d'échange. Au bout d'un moment, je rentre en France et tout ça. Et j'ai envie de faire autre chose. Et je commence à partager à ce moment-là ma vie d'entrepreneur, de jeune entrepreneur. Voilà.
- Speaker #1
Trop génial. Est-ce que cette création de contenu t'a permis aussi très jeune de pouvoir, je ne dirais pas spécialement vivre, mais au moins de toucher de l'argent par rapport à ça ?
- Speaker #0
Oui. La création de contenu ne m'a jamais permis de toucher de l'argent. J'ai dû toucher en tout et pour tout, pas plus de 100 euros de YouTube parce que j'ai activé la monétisation super tard et qu'Instagram ne me paye pas encore et que je ne faisais pas de collab ou quoi que ce soit. Par contre, je suis entrepreneur à la base. Je suis plus entrepreneur que créatrice de contenu. Et donc, très rapidement, à 16 ans, je commence à prendre des clients. Et je me suis acheté mon premier, enfin, je me suis acheté ce téléphone. D'ailleurs, je n'ai pas changé de fiche, de vrai. Je me suis acheté mon téléphone avec le revenu de mon premier entre gros, gros guillemets lancement où j'avais fait six clients. Mais ça avait permis d'acheter mon iPhone et j'en suis trop fière. Et du coup, à 16 ans, j'avais déjà des clients et je commençais à, je m'étais déjà lancée dans l'entrepreneuriat.
- Speaker #1
Mais je trouve ça génial. Est-ce que toi-même, tu as des parents qui sont entrepreneurs ? Oui, ça peut me mettre volé les fesses. A 16 ans, d'avoir même l'idée de se lancer et de se dire « je peux gagner ma vie grâce à mes conseils, au coaching, etc. » Je pense qu'il n'y en a pas 16 ans qui pensent comme ça.
- Speaker #0
Non, parce que moi, j'ai eu une chance inouïe et ça, c'est vraiment encore une fois un des privilèges que j'ai eus. Moi, je ne suis pas partie de rien. Ce n'est pas vrai. Je ne peux pas dire ça. Je suis partie de... J'ai construit plein de trucs. Mais à la base, j'ai un papa qui est entrepreneur. C'est qui qui m'a amenée à 13 ans dans un séminaire ? C'est lui. C'est qui qui a continué de m'amener dans des séminaires. Et encore aujourd'hui, on va à des séminaires ensemble. C'est lui. Sans lui, je n'aurais même pas su que c'était possible. Ça ne me serait certainement pas venu à l'esprit. J'étais très bonne élève. J'aurais très certainement voulu faire une grande école et essayer de monter l'échelle corporelle. corporate comme beaucoup. Si je n'avais pas eu ce papa qui m'a entraîné dans ce monde-là et qui m'a montré très tôt, ah ma fille, c'est possible de gagner de l'argent autrement. Sans lui, je ne serais pas là aujourd'hui, c'est sûr et certain. Je serais sûrement revenue sur le chemin de l'entrepreneuriat à un moment, mais j'aurais commencé beaucoup plus tard, c'est sûr.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et puis même avoir l'espace ou l'éducation de dire à 16 ans, je peux gagner ma vie en apportant des conseils. Parce que je pense que même en tant qu'adulte, quand tu te l'emmènes dans l'entrepreneuriat. Au départ, c'est toujours un peu bizarre. Moi, j'ai particulièrement accompagné beaucoup de femmes où je sais que moi aussi, à mes débuts, c'était quelque chose d'assez compliqué de me dire on me paye pour quelque chose qui paraît naturel pour moi. Tu sais, de donner des conseils, etc.
- Speaker #0
Et ça, c'est un vrai truc. La femme a été conditionnée pendant des centaines d'années, des millénaires, pour donner gratuitement ce qu'aujourd'hui on fait payer. Typiquement, le... Le travail manuel, le fait de nettoyer la maison, le fait d'écouter les conseils, de donner des conseils, le fait d'écouter la personne, etc. Être une oreille, être une confidente, être la personne qui tient le foyer, etc. Aujourd'hui, ce sont des compétences pour lesquelles les gens sont payés. Et quand, en tant que femme, on est coach, être coach, c'est littéralement se faire payer pour quelque chose que les femmes font depuis des millénaires. pour leur mari et en prime en se faisant battre. Donc, on a un peu de mal à se faire payer. Les hommes aussi ont du mal à se faire payer. Les hommes aussi ne se sentent pas légitimes. Les hommes aussi ne se sentent pas compétents. Mais proportionnellement parlant, il y a tellement beaucoup plus de femmes qui ont du mal à se faire payer, qui ont du mal à augmenter leur prix, qui ont du mal à juste accepter que ce qu'elles font a de la valeur et qu'elles sont compétentes et qu'elles sont légitimes. Et ça, c'est une réalité qui est portée par le passé aussi de la femme à travers l'histoire. C'est une réalité. Complètement. Elle a ignoré.
- Speaker #1
Surtout que quand on travaillait, parce que j'ai écouté un podcast dernièrement qui disait que non, les femmes au Moyen-Âge ne restaient pas à la maison, mais qu'elles pouvaient travailler parce qu'on n'allait pas se passer d'une main d'œuvre à ce départ-là. Déjà, elle était très sous-payée. Et souvent, c'est pour ça qu'elle était embauchée et qu'elle venait de très, très loin et qu'elle pouvait voyager. pour aller travailler ailleurs. Et puis, l'argent était très rarement pour elles, quoi.
- Speaker #0
Bah oui, non.
- Speaker #1
On va pas se mentir.
- Speaker #0
Non, les seules femmes, et ça, c'est une autre réalité aussi, c'est à travers l'histoire, les seules femmes qui faisaient de l'argent et qui gardaient cet argent, c'était les prostituées. Donc, dans l'inconscient collectif, femme qui gagne de l'argent égale pute. Donc, ça, c'est une autre réalité qui est ancrée dans l'inconscient collectif. dont on a du mal à se détacher, encore une fois. Et c'est inconscient. Alors, je ne dis pas que dans la tête des hommes, une femme, une entrepreneuse, c'est forcément une pute. Mais il y a un inconscient collectif qu'on ne peut pas ignorer et qui est en train, justement, de se délier petit à petit. Et c'est pour ça que ça prend du temps.
- Speaker #1
Et encore,
- Speaker #0
il y a des retours en arrière parce qu'il y a aussi les masculinistes qui débarquent. C'est une autre histoire, oui. On souffle. Ma mémédie. Voilà, c'est vraiment terrible.
- Speaker #1
C'est intéressant le parallèle que tu fais là, parce que finalement, c'est toi-même ce que tu as vécu en tant qu'entrepreneuse, d'être une femme sur les réseaux. Et c'est quelque chose que tu as du coup vécu dès tes 16 ans, quand tu commences à faire de la création de contenu. Tu commences aussi à recevoir des messages d'hommes adultes,
- Speaker #0
qui plus est, la plupart du temps. À 15 ans, Cana reçoit ses premiers messages.
- Speaker #3
Pourquoi tu ne mets pas un soutien-gorge ?
- Speaker #0
Arrête de montrer tes nichons.
- Speaker #3
Cool le truc. Comme ça, les gens vont voir les autres vidéos pour voir ce que tu caches. Subtile.
- Speaker #1
À 16 ans, un homme adulte lui dit d'un regard lubrique
- Speaker #3
« J'ai tellement hâte de voir ce que ça va donner quand tu seras grande. »
- Speaker #1
À 22 ans, dans l'entrepreneuriat, on lui dit
- Speaker #4
« Il nous faut une femme, alors on t'a invité. Tu utilises ton physique pour closer. »
- Speaker #1
Je connais bien ce type de message. J'en ai reçu plus jeune, comme je le mentionnais en intro. Mais contrairement à Kana, j'ai fait ce que beaucoup trop de femmes font. J'ai fini par me censurer et éviter d'être trop visible. J'ai fini par me faire petite et je me suis beaucoup auto-sabotée pour éviter la visibilité. Mais Kana, elle, a une toute autre approche.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça te fait ressentir à ce moment-là et quelle place tu donnes à ce type de commentaire ? Alors, j'ai une relation assez particulière avec les haters parce que pour moi, plus j'ai de haters, plus les réseaux sociaux montrent mon contenu à des personnes qui ne l'avaient pas vu avant. Et quand j'ai eu mes premiers haters, j'envoyais des messages à mes parents. Je disais à moi, regardez, ça veut dire que je commence à... Pour moi, plus j'ai de haters, plus je perds. En vrai, ça ne me dérange pas tant que ça. Mais par contre, quand les commentaires traitent à mon corps, à ma sexualité, etc., c'est une relation particulière parce qu'à ce moment-là aussi, j'ai 16 ans. À 16 ans, ta sexualité et ton corps, ils changent, tu le découvres.
- Speaker #1
Oui, tu le découvres. Tu ne le connais pas totalement d'ailleurs à cet âge-là.
- Speaker #0
Avoir des gens qui commentent sur quelque chose que toi-même, tu ne connais pas et que tu es en train d'explorer, c'est assez particulier. Et c'est vrai que j'ai une relation assez particulière à ces commentaires-là. Au bout d'un moment, je décide de les mettre de côté, de ne plus écouter. Et moi, j'ai le bloc très facile. C'est-à-dire que tu m'envoies « tu es belle » en DM, t'es bloquée. Bloque,
- Speaker #1
bloque, bloque. Non,
- Speaker #0
mais parce que j'ai appris avec le temps qu'il y a toujours une intention derrière ces messages-là. Et que 90% du temps, derrière un « tu es belle » , si je réponds, je reçois une photo de la bite de cette personne. Donc, je n'ai pas envie de répondre. Et il y a certainement des hommes qui sont très bien intentionnés et qui m'envoient juste tes belles. Mais dans ce cas, m'envoie pas juste tes belles, complimente-moi sur autre chose.
- Speaker #1
Tu n'es pas là pour être belle et c'est ça qui est fatigant sur les réseaux sociaux. C'est qu'en tant que femme, on ne peut pas juste être autre chose que belle ou quelque chose de relié à l'image. C'est quelque chose dont je parle beaucoup avec mes clientes. Je pense que toi aussi, tu dois avoir des clientes qui sont assez impressionnées, que tu puisses être assez naturelle dans tes vidéos, ou toi non plus, tu ne portes pas trop de maquillage, etc. Et pour moi, je n'ai jamais vu ça comme quelque chose d'énormissime, tu vois. Et en fait, pour d'autres femmes, ça l'est, de se montrer au naturel sur les réseaux sociaux, de ne pas être vraiment maquillée. C'est quelque chose qui est impressionnant, et donc beaucoup de femmes se sentent incapables de franchir le pas, parce qu'elles ont... peur d'être critiquée, etc.
- Speaker #0
Après, au début, moi, je me maquillais plus, je faisais plus attention, etc.
- Speaker #1
J'allais demander.
- Speaker #0
C'est au fur et à mesure que j'ai commencé à être ok avec mon image. Et aussi, le jour où j'avais 16 ans, j'étais une sécure, j'étais ado. Évidemment que j'étais une sécure. Quand t'es ado, ton corps... Ouais,
- Speaker #1
c'est clair.
- Speaker #0
Tu te découvres et tout, c'est super difficile. Donc évidemment, je me mettais absolument en valeur dans mes vidéos, je me filmais toujours. comme ça parce que j'aimais bien ce profil mais jamais comme ça parce que tu ne la plais pas. Enfin, t'es ridicule, je suis tout le temps comme ça sur mes vidéos, je parlais, j'étais comme ça. Quand je le regarde aujourd'hui, j'ai envie de te dire mais mets-toi face à la caméra, ma puce, c'est terrible. Et avec le temps, déjà j'ai commencé à me trouver belle et moi aujourd'hui, les commentaires qui me disent que je suis moche, il y en aura toujours mais en fait, moi je me trouve belle. Donc ne me DM pas pour me dire que je suis belle, je suis au courant. DM moi pour me faire d'autres compliments. ou alors DM-moi pour me poser des vraies questions. Parce que la réalité, c'est que du coup, il y a des gens qui me posent des vraies questions et que je pourrais vraiment aider, qui mettent des semaines à recevoir leurs réponses parce qu'ils sont noyés dans un océan de T-belles et de gens qui me DM uniquement pour mon physique. Donc bon, ça, c'est dommage.
- Speaker #1
Est-ce qu'à 16 ans, ce type de commentaire, ça te donne envie de changer quelque chose, de te cacher, de changer ta manière de t'habiller, de créer du contenu, d'arrêter peut-être aussi ?
- Speaker #0
Non, pas spécialement. Ça me donne envie de me politiser encore plus et de provoquer encore plus et de m'habiller encore plus court et encore plus décolleté à l'époque parce que j'étais dans la provoque.
- Speaker #1
Je ne le faisais pas vraiment. Je ne me suis jamais habillée. J'avais peur quand même de me mettre trop en valeur sur les réseaux sociaux.
- Speaker #0
Mais je ne l'ai jamais vraiment fait parce que j'avais toujours derrière mon esprit, moi, les réseaux sociaux, je n'ai jamais voulu être influenceuse. Je veux être entrepreneuse. donc c'est que derrière j'aurai plus tard une image de marque à tenir et à l'époque je pense que pour avoir une image de marque idée complètement fausse d'ailleurs il faut absolument pas être politique il faut absolument pas mettre en valeur trop ses convictions etc donc je le fais pas forcément maintenant j'ai compris que c'était faux et que plus je mets en valeur les idées que j'ai réellement plus les gens viennent vers moi pour moi et pour mes idées justement et veulent être accompagnées par moi mais à l'époque du coup je le fais pas forcément mais ça me donne envie de le faire et dans ma vie perso, les gens autour de moi Merci. connaissent très très bien mes convictions et savent très bien ce qu'il faut dire ou pas dire autour de moi la féministe relou de la famille je connais cette réputation en vrai on est plusieurs j'ai des cousines de mon âge donc on est plusieurs ça va mais je suis la meuf féministe et encore aujourd'hui encore aujourd'hui qu'Anna rentre dans la pièce on arrête de faire des vannes sur les femmes je comprends je comprends
- Speaker #1
Quand tu m'as dit « Non, j'ai voulu encore plus provoquer et tout » , je me suis dit « C'est très Gen Z aussi. » Je pense qu'il n'y a rien de plus Gen Z de ce que tu viens de dire. En mode « Ah ouais ? » Eh bien, regarde de quel bois je me chauffe.
- Speaker #0
J'imagine, peut-être, je ne sais pas trop ce qui est Gen Z ou ce qui n'est pas Gen Z, mais effectivement, la flemme de juste rien dire. Et surtout aujourd'hui, je ne considère pas que… Aujourd'hui, j'ai fait un gros travail sur ma colère, même s'il y a encore de la colère, il y a la colère. peut être saine quand elle est faite pour dégommer les bonnes choses, mais mes postes sont moins là pour dégommer les mascus que pour montrer à d'autres femmes que c'est possible de parler de ces choses-là. C'est-à-dire que la plupart des gens qui voient ces postes-là, de toute manière, par l'algorithme des réseaux, sont d'accord avec moi. Ils sont des femmes. Donc, de toute façon, les mascus qui vont voir ce poste, ils vont m'insulter, ils vont partir. Mais une femme qui va voir ce poste va peut-être se dire « Ah, purée, elle a 22 ans, elle parle de ces trucs-là, moi dans ma vie, je n'ose pas m'affirmer, etc. Peut-être que je vais essayer de le faire. » Et c'est ça que j'ai envie de communiquer. C'est ça les conséquences que j'ai envie que mes posts sur ce sujet aient. Là, le masque que j'ai dégommé dans le poste et que son compte s'est fait bloquer d'ailleurs, par Instagram, parce qu'il a été signalé en masse, évidemment. Le but, ce n'était pas de lui dégommer son compte, même s'il y a une petite légère satisfaction malsaine, j'imagine, en moi, à ce sujet-là.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a une satisfaction tout à fait saine,
- Speaker #0
on ne va pas se mentir, ce n'est pas malsain du tout. Mais la plus grosse satisfaction ne vient pas de ça, ça vient des centaines de femmes qui m'ont envoyé des messages pour me dire que je leur avais donné du courage, qui ont osé témoigner grâce à ce genre de poste, qui me disent bravo, merci, etc. La vraie satisfaction, elle vient de là. décentrer les hommes, c'est important, et les décentrer aussi de la démarche, de les dénoncer, c'est important. Je ne dénonce pas les hommes pour faire mal aux hommes, je dénonce les hommes pour faire du bien aux femmes. Il y a une certaine différence là-dessus aussi.
- Speaker #1
Et je rebondis sur le fait de dire que se politiser, c'est important dans l'entrepreneuriat, et je suis totalement d'accord avec toi. Parce que déjà, tu ne veux pas attirer n'importe qui, en fait. Tu veux attirer des personnes qui te ressemblent, en fait, et qui ont les mêmes idéaux. Moi, je le vivrais très mal d'attirer une personne qui vote extrême droite et de devoir l'accompagner. Non, merci !
- Speaker #0
Ouais, non, c'est sûr. Ah oui, je ne pourrais pas.
- Speaker #1
Moi, je me suis spécialisée sur les entrepreneuses et sur les femmes. Parce que justement, tout comme toi, je le fais via le biais de la voix et du podcast. Pour moi, c'est hyper important que les femmes créent leurs espaces. médiatique et souvent la création d'un podcast c'est pas juste de la technique et c'est quelque chose qu'on travaille en profondeur, ça vient chercher aussi quelque chose dans ses tripes en fait parce que ça aborde des problématiques qui te touchent qui te tiennent à coeur et je sais que souvent le processus elles arrivent, elles ont leurs idées etc et on va chercher encore plus en profondeur pour faire qu'il y a des trucs qui tiennent encore plus à coeur et que c'est ok de se polariser de se politiser et que ça en sera que plus bénéfique derrière. Personnellement, le fait de dire que je travaille principalement avec des entrepreneuses, ça ne veut pas spécialement dire que j'exclus les hommes. Par contre, j'exclus les hommes qui ne sont pas attirés par ces problématiques de féminisme et de tout ce que j'aborde. Mais s'il y a des personnes qui sont sensibles, bienvenue en fait.
- Speaker #0
Oui, il y a un domaine similaire, parce que moi, ma spécialité, ce n'est pas nécessairement le podcast. Et même le facecam, ce n'est pas du tout mon médium préféré. Mon médium préféré, c'est le face-to-face, c'est la conférence.
- Speaker #1
Mais c'est la voix, je pense qu'il y a quand même la voix.
- Speaker #0
Évidemment, il y a cette vraie similarité-là. Mon vrai pouvoir, je le vois que je suis bonne en facecam, que je suis douée pour être... Je parle bien, je sais être interviewée, etc. Mais ça n'a rien à voir avec quand je suis sur scène. C'est là que je vois mon vrai pouvoir. Comme toi, c'est en interview, je pense. Moi, c'est quand je suis sur scène. et que je vois le regard de femmes dans le public. Quand j'ose aborder des problématiques féminines sur scène, je vois le regard de femmes qui s'illuminent à se dire « Ah purée, là, il y a bien 70% ou 60% d'hommes dans cette salle et elles me parlent à moi. Ok, c'est cool. » Et ça, t'adores.
- Speaker #1
J'allais te demander justement ce qui te faisait le plus vibrer dans ton métier aujourd'hui.
- Speaker #0
Les conférences. Les conférences à 1000%. Et quand même, quand je vois que grâce à mes conseils et grâce à ceux de ma maman aussi avec qui je travaille, qui est experte de la régulation du système nerveux et facilitatrice en breastwork, quand je vois que grâce à nos conseils, la personne en face, notre client, la personne qu'on accompagne, réussit à parler en public, réussit à élever sa voix, réussit à faire des choses que cette personne n'aurait jamais osé penser faire avant. Là, il y a aussi ce truc de « waouh » , mais le truc que je préfère dans mon métier, je pense, c'est être sur scène.
- Speaker #1
Et donc, du coup, voir le regard aussi des autres femmes qui se sentent peut-être écoutées et qui ont enfin une représentation aussi sur scène, parce que je pense que c'est hyper important la représentation. Et même dans l'entrepreneuriat, c'est encore très difficile en fait aujourd'hui en termes de représentation d'avoir… autre chose qu'un milieu très privilégié, en fait.
- Speaker #0
Ah oui, non mais là, pour le coup, sur l'échelle des privilèges, moi, je suis quand même vachement bien. À part être une femme et pas être complètement hétéro, il n'y a pas... Enfin, voilà, mes privilèges, enfin, je... Évidemment, j'ai hâte du jour où il y aura des femmes noires sur scène. Plus de femmes noires sur scène. Il y en a, mais très, très peu. Des femmes racisées, des femmes... Des femmes trans, des femmes... ouvertement lesbiennes, LGBT, etc. Ce serait génial. Il y a des choses que je ne peux pas représenter, mais j'aimerais aider les personnes, justement, à représenter. Si jamais je pouvais accompagner des femmes qui ne rentrent pas dans les cases de la femme cis, blanche et hétéro, à justement monter sur scène et à représenter ces femmes-là, ce serait incroyable. J'adorerais, évidemment. Oui, ce serait mon kiff ultime, je pense, de faire en sorte que d'autres femmes soient vraiment visibles. Et des hommes aussi, il y a des hommes qui méritent d'être plus représentés sur scène aussi, et sur les réseaux sociaux, etc. Et c'est vrai que... Le cliché de l'entrepreneuriat, il est masculin aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, et puis en plus, c'est important ce que tu mentionnes là, c'est que c'est aussi destructeur pour les hommes. Cette image qu'on développe de l'entrepreneur qui réussit, il faut gagner des dix cas par mois. Et puis si tu ne vis pas à Bali, tu es une grosse merde de toute façon, ou à Dubaï. Et ça, c'est le modèle de réussite. Mais sinon, en fait, tu ne peux pas juste être un entrepreneur ou une entrepreneuse. qui veut gagner sa vie pour juste faire ses choses du quotidien et qui n'a pas forcément besoin de 10K. Ou alors qui a d'autres formes d'ambition.
- Speaker #0
Ou alors qui a envie de gagner 10K par mois, mais qui n'a pas envie de le faire en se levant à 6h tous les matins. Faire des petits poires de 6h d'affilée. Et puis manger que des œufs et des patates douces.
- Speaker #1
J'ai l'impression que tu es trop mal par les oeufs et les patates douces.
- Speaker #0
Non, j'ai vécu dans une coloc d'entrepreneur pendant 5-6 mois. Non, 4-5 mois, j'abuse. Et c'est vrai qu'il y avait beaucoup... C'est vraiment le repas cliché qu'ils mangeaient tous les midis, mes colocs. Et ils étaient un peu dans ce truc-là, effectivement. Et ils n'ont rien fait de mal en mangeant des oeufs et des patates douces. Mais c'est le cliché que j'ai dans ma tête parce que j'avais l'impression que tous les midis, ils mangeaient ça.
- Speaker #1
J'ai senti que tu avais exaspéré quand tu l'as dit. Les œufs et les patates douces. Et je me suis dit, c'est trop spécifique pour ne pas être un souvenir.
- Speaker #0
Non, c'est vrai. Non, c'est carrément un souvenir. C'est carrément un souvenir. Et il n'y a rien de mal à ça. Mais c'est juste que ce n'est pas du tout ma philosophie. Je vais manger du chocolat. Je vais manger des trucs qui ne sont pas bons pour mon corps de temps en temps. Parce que j'en ai envie. Je ne vais pas faire du sport tous les jours. Et je ne vais pas non plus méditer tous les jours. Alors que je sais que je devrais parce que c'est vraiment bon pour moi. Et je ne vais pas non plus me lever tous les matins. à la même heure, hyper tôt, et je ne vais pas non plus travailler toute la journée. Je ne vais pas faire du journaling tous les jours. Je ne vais pas aller sur des montagnes pour hurler.
- Speaker #2
Le matin, je me réveille à 6h45 pile. C'est ma whoop qui me réveille. Je vais au sport. D'abord, je peux tourner des vidéos TikTok, mais je peux faire aussi de la méditation, de la respiration avec ma femme. Et ensuite, après, je fais du sport. Ensuite, après, je fais du bain glacé en général. Je sors, je suis neuf, la journée commence.
- Speaker #0
Ça, c'est un cliché. J'ai été là-dedans. pendant un petit temps. Et j'ai eu ce truc de « Waouh, les entrepreneurs, ils doivent faire ça, donc je vais essayer de faire ça. » J'ai essayé, ça n'a pas marché. Et aujourd'hui, je prends un peu du recul sur ces modèles-là de réussite parfaite, etc. Le problème, c'est que j'ai vu trop d'entrepreneurs qui réussissent être malheureux. Et je me dis en fait, leur réussite ne ferait pas mon bonheur. Donc aujourd'hui, j'essaie de m'éloigner un peu de cet archétype.
- Speaker #1
En même temps, c'est totalement normal quand tu as... que ça comme modèle et puis surtout toi en ayant commencé très jeune à regarder des conférences et à suivre le milieu de l'entrepreneuriat où en fait t'as que ça et en plus c'est des discours qui sont basés sur la méritocratie en fait, ça peut pas fonctionner parce que non en fait quand on veut on peut, ça dépend de son prisme.
- Speaker #0
Moi je suis partie de rien, c'est pas vrai c'est pas vrai, je n'ai pas parti de rien, c'est pas vrai ils sont pas partis de rien dans 90% des cas Il y avait les parents qui étaient derrière. Ils avaient la chance d'avoir un emploi à côté duquel ils pouvaient se permettre de créer une activité. Partir de rien, c'est une illusion, c'est un mythe. C'est un 0,001% des gens qui sont vraiment partis de rien. Ça existe, j'imagine, mais c'est tellement rare. Être parti de rien, c'est une illusion.
- Speaker #1
J'avais une question justement parce que tu parlais des œufs et des patates douces qui sont une manière peut-être de prendre soin de soi pour certaines personnes. Mais toi ? Comment tu prends soin de toi mentalement face peut-être justement au body shaming et à tout ce que tu peux recevoir comme commentaire sur tes réseaux sociaux ? Et puis de manière générale, justement pour te protéger de tout ce qu'on dit aussi sur le milieu entrepreneurial et pour pouvoir toi te créer quelque chose qui te convient ?
- Speaker #0
Alors, c'est une excellente question. Il y a tellement d'éléments de réponse que je pourrais donner. Déjà, je me fais accompagner. J'ai une coach qui m'accompagne, que je vois deux fois par mois et qui m'aide à... à revenir dans mon corps, à revenir dans le moment présent, à revenir dans la réalité, à m'ancrer. Parce que c'est trop facile de tomber dans la seule réalité, c'est les réseaux sociaux. La seule manière d'être heureux, c'est l'entrepreneuriat. C'est trop facile de tomber dedans. Donc, je fais attention à être accompagnée toujours pour ne pas avoir quelqu'un qui m'aide aussi. Donc, ça, c'est les coachs qui se font coacher. C'est important de parler des coachs de coach, mais là, pour le coup, il y en a qui ont leur utilité. Et la mienne est géniale, donc je suis trop contente de l'avoir trouvée et qu'elle m'accompagne. Après, je m'entoure aussi de gens qui ne sont pas dans l'entrepreneuriat. C'est trop facile, pareil, d'avoir que des amis entrepreneurs. Et moi, mon conjoint n'est pas entrepreneur et je suis très contente comme ça. Parce que du coup, j'ai quelqu'un qui me ramène à la réalité aussi, qui me sort de cette bubule. Et je ne sais pas comment les entrepreneurs font pour sortir avec d'autres entrepreneurs. Ça veut dire qu'ils ne parlent que business toute la journée. Et ça, c'est juste un truc que je ne pourrais pas faire. Donc, je suis très contente d'être avec un homme qui n'est pas entrepreneur. Et je prends beaucoup soin de moi. Je fais en sorte de... Je soigne ma relation avec mon corps. J'essaie de prendre soin de moi d'autres manières. Pour moi, quand je vais manger du chocolat, c'est aussi un acte d'amour envers moi-même parce que j'ai envie d'en manger. Et du coup, j'en mange et je suis en gratitude pour le chocolat que je mange. Et quand je mange plus sain, pareil, c'est un acte d'amour envers moi-même. J'essaie de me traiter comme si j'étais ma propre première amie, comme si j'étais limite ma propre enfant. Si je ne ferais pas ça à ma meilleure amie, si je ne ferais pas ça à ma fille, si j'en avais une, je ne me le ferais pas à moi-même, en fait. Je ne priverais pas ma fille de chocolat sous prétexte que c'est un aliment transformé et qu'elle ne devrait pas en manger. Donc, je ne vais pas me priver, moi, de chocolat. Je ne dirais pas à ma fille de faire du sport tous les jours de la semaine, même si elle rentre parce qu'elle a ses règles. Donc, je ne me ferais pas...
- Speaker #1
De compter les calories, s'il vous plaît.
- Speaker #0
Ah ouais.
- Speaker #1
C'est le genre de commentaire qui m'insupporte ou des vidéos de recettes en mode... « Ah, mais c'est hyper calorique ! » Non, arrêtez ! Mangez !
- Speaker #0
Et il y a des gens pour qui le lifestyle, encore une fois, mes anciens collègues, il n'y en a pas tous, mais il y en a pour qui le lifestyle, peut-être tous eux, tous les midis, et routine strict, ça marchait bien, mais tant mieux pour eux. Mais j'en ai marre de me sentir jugée quand leur mode de vie parfait ne fonctionne pas pour moi.
- Speaker #1
J'ai une avant-dernière question avant qu'on parle aussi de choses qui sont sur le feu pour toi. aux femmes. qui hésitent encore à prendre la parole, à se montrer, à créer. C'est aussi le cœur de mon métier ici. C'est pour ça que j'ai voulu t'inviter, parce que je trouve qu'on a beaucoup de choses en commun par rapport à ça. Toi, tu leur dirais quoi ? Qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire à ces femmes qui hésitent encore ?
- Speaker #0
C'est très nuancé comme question. Évidemment, il y a une partie de moi qui est en mode « Vas-y meuf, France, fais-le ! » Tu t'en fous, même si t'as peur, vas-y quand même. C'est littéralement ma conférence phare. Avoir peur et y aller quand même, je le dis tout le temps. Je nuancerais en disant que les peurs que tu ressens et les blocages que tu ressens sont là pour une raison. Et que, au lieu... Tu peux y aller en te faisant violence. Tu peux y aller en mode, j'ai peur, je le fais quand même. Mais même s'il y a des gros blocages, etc., je passe en force, en mode bourrin, et je fais. La réalité, c'est aussi que des fois... Les blocages qui nous limitent aujourd'hui sont là pour une raison. En général, ils se sont formés pendant l'enfance et ils étaient là pour nous protéger à la base. C'est beaucoup plus facile de faire en étant aidé pour aller déraciner les blocages qu'il y a, en étant en lien avec son corps. Il vaudra toujours mieux un passage à l'action plus lent, plus progressif, mais fait... en harmonie avec son corps, en harmonie avec son système nerveux, en sécurité au niveau de son système nerveux, plutôt qu'un passage en force bourrin, full instinct-pathique au niveau du système nerveux, en état de panique complète, mais où on n'écoute pas son corps et on fait que-que-que avec le mental. C'est important s'il y a des blocages, d'aller les voir, d'aller les étudier, d'aller les identifier, et d'aller les travailler. Et après, c'est tellement plus facile du coup de se lancer, et de parler, et d'être soi, et de briller comme on peut briller quand on n'a pas tous ces trucs qui nous retiennent. C'est possible de passer en force, mais ce n'est pas nécessaire.
- Speaker #1
Ce n'est pas nécessaire et je pense que l'une des premières étapes qui pourrait être intéressante, c'est peut-être d'aller commencer à avoir des nouvelles représentations de femmes qui sont visibles et de femmes différentes qui sont visibles. Parce que je trouve que c'est là aussi où on éduque notre cerveau à se dire « Ok, c'est possible en fait. » Moi aussi, je peux le faire au bout d'un moment à force peut-être d'écouter des podcasts ou de… de consommer des choses qui sont faites par d'autres femmes, plusieurs modèles de récits, et qui vont donner envie de se lancer derrière. Je pense que ça peut être une première étape d'éducation au cerveau. C'est comme le fait de regarder plein de corps différents, aussi de suivre plein de contes avec des corps différents, des grosses, des maigres, des poilues, des sans poils. Je trouve que ça vient éduquer aussi le cerveau à se dire « Ok, en fait, tout est possible chez nous, chez l'être humain. » fait. Tous les modèles sont possibles.
- Speaker #0
C'est ce que j'espère devenir, c'est ce que j'espère être, c'est ce que j'espère représenter aujourd'hui pour les personnes qui... qui me suivent un chemin vers la réussite qui est plus doux, qui est plus sensible à comment on se sent et surtout qui a notre bonheur en son centre. Ça ne sert à rien de réussir si tu n'es pas heureux avec le succès que tu as. Ça ne sert à rien d'avoir des objectifs qui ne te rendront pas heureux à terme quand tu les auras accomplis. Donc j'espère commencer à représenter ça et surtout j'espère donner de la voix et aider des personnes qui vont représenter ça encore plus que moi et à d'autres niveaux que moi. J'espère les aider à incarner ça pour d'autres femmes. Et ça fera un effet ricochet. Comme ça, il y aura plein de femmes trop cool et trop stylées et trop intelligentes et trop courageuses qui vont commencer à parler et qui vont commencer à s'influencer entre elles. Et ça va être trop bien.
- Speaker #1
Oui, c'est magnifique comme conclusion. Et je rajoute quand même que je pense qu'on a toutes quelque chose d'intéressant à dire. Et c'est ce que j'adore dire à mes clients. Je leur dis toujours, vous avez forcément quelqu'un, quelque part, qui a besoin d'entendre ce que vous avez à dire. Après, la forme et comment vous allez le faire, ça, c'est autre chose. Mais en tout cas, le fait de ne pas s'exprimer, c'est priver une personne aussi de ce que vous avez à lui apporter. Si vous le gardez pour vous, personne ne pourra écouter ce que vous avez à dire et en bénéficier.
- Speaker #0
Oui, c'est clair.
- Speaker #1
Et justement, toi, tu aides les personnes sur la forme. En plus, d'ailleurs, c'est très complémentaire ce qu'on fait. que... Toi, là, en février, tu lances une offre, justement. Est-ce que tu veux nous en dire plus ?
- Speaker #0
Bien sûr. En février, je lance l'Académie de l'excellence oratoire. Ce sera donc une académie avec plusieurs parcours. On aura un parcours en autonomie, un parcours que j'appelle le parcours excellence oratoire, avec un accompagnement, des coachings de groupe, etc. Et ce qu'il faut savoir, c'est important, je travaille avec ma maman, qui est experte de la régulation du système nerveux, gestion du stress et facilitatrice en breastwork. Au niveau de la prise de parole, j'aime bien en parler comme d'une pyramide. Tu vois la pyramide de Maslow ?
- Speaker #1
La pyramide des besoins.
- Speaker #0
C'est ça. Si tu veux atteindre ton besoin d'accomplissement, qui est tout en haut, il faut d'abord que les étages d'en dessous, les besoins primaires, les besoins de sécurité, etc. soient comblés. Pour moi, il y a exactement la même chose avec la prise de parole. Il y a une pyramide et en bas de cette pyramide, il y a ce qu'on appelle la confiance nerveuse. Si tu n'es pas confiant au niveau de ton système nerveux, ton corps t'empêche littéralement d'avoir accès aux fonctions cognitives. qui fait qu'on est capable d'être bon en prise de parole. Donc, il y a déjà la confiance nerveuse. C'est pour ça que je travaille avec ma maman. Et seulement au-dessus de ça, on a la confiance en son contenu. Et ensuite, on a la confiance scénique. Donc, dans l'Académie de l'Excellence Oratoire, on aide les entrepreneurs, les cadres, les dirigeants à atteindre l'excellence oratoire en montant la pyramide dans le bon ordre. On travaille les étages de la pyramide de bas en haut pour monter les étages petit à petit. N'hésitez pas à m'envoyer des messages, à me demander des conseils. J'aime bien prendre les questions qu'on me pose en commentaire ou en DM et en faire des vidéos. Si jamais il y a des personnes qui ont des problématiques spécifiques liées à l'aisance oratoire, à l'éloquence, à la confiance oratoire, il ne faut pas hésiter à me poser des questions. J'adore y répondre. Ça me fait très rire parce qu'il y a un exercice qu'on utilise toutes les deux.
- Speaker #1
Moi, je l'utilise plutôt avec des jeunes parce que je fais de l'éducation aux médias. Et c'est un exercice que j'adore utiliser, que moi-même j'ai utilisé pour améliorer mon aisance oratoire. C'est celle de dire des phrases un peu compliquées.
- Speaker #0
Celle à laquelle tu as préféré ?
- Speaker #1
Je pense que j'aime bien la classique, les chaussettes de l'archiduchesse. Il y en a une qui est un peu difficile, c'est trois gros rats gris dans trois gros trous très creux.
- Speaker #0
Ok, celle-là je la connais. Moi j'ai trois tortues trottées sur trois toits très étroits. Attends,
- Speaker #1
je ne la connais pas. 3 tortues de pété sur 3 toits très étroits.
- Speaker #0
13 et 3.
- Speaker #1
13 et 3.
- Speaker #0
Ouais. Celle-là, je la connais, mais je ne connais pas la tienne. Du coup, c'est marrant. C'est un peu dans les mêmes syllabes.
- Speaker #1
C'est 3 gros rats gris dans 3 gros trous très creux. C'est les plus difficiles, les 2.
- Speaker #0
Ouais. Celle-là, elle est compliquée, effectivement. Ouais. Bienvenue chez ce cher Serge aussi.
- Speaker #1
Ah, attends. Bienvenue chez ce... Ah, tu vois, celle-là, je n'y arrive pas. Ouais. Bienvenue chez ce cher Serge. Bienvenue chez ce cher Serge.
- Speaker #0
Ouais, je l'aime bien, je la faisais pas mal celle-là. Et puis les gens dans mes commentaires me détestent parce que je l'ai mise en niveau facile, mais en fait, personne à part moi la trouve facile. J'étais en mode, ok d'accord, c'est bon, j'ai compris, je la mettrai en médium ou en pro la prochaine fois.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai qu'à force, on a l'habitude de dire ces phrases-là et c'est toujours drôle. Moi, je sais que les enfants, ils sont toujours en mode, waouh ! Et je suis impressionnée, je suis là en mode, écoutez, c'est de l'entraînement en fait. Avec un stylo dans la bouche, j'ai commencé comme ça, on va y aller. et ben comme ça on a donné quelques petites phrases pour s'entraîner en cette fin ça vous met une petite mise en action et puis c'est trop génial ces phrases là je trouve que ça permet de progresser rapidement
- Speaker #0
Carrément. Puis stylo dans la bouche, la classique.
- Speaker #1
Stylo dans la bouche, voilà. Propre, s'il vous plaît, parce que c'est... Lavez votre stylo avant et après.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que j'oublie de dire ça. C'est un bon conseil.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Kana, pour cet épisode. Ça m'a fait extrêmement plaisir de te recevoir et de m'order tous ces sujets qui sont hyper fondamentaux, et puis surtout en tant que femme visible,
- Speaker #0
finalement. Écoute, merci beaucoup. Merci pour l'invitation, ça me fait trop plaisir. Je suis contente d'avoir eu un endroit pour aborder ces sujets-là en profondeur. Donc merci de m'avoir offert cet endroit.
- Speaker #1
Combien d'expertise, de messages, de visions du monde qui restent dans des carnets ou dans des têtes ? Parce que prendre la parole, c'est trop lourd à porter. Mais on ne devrait pas avoir à faire ce choix. On devrait pouvoir prendre la parole sans que notre corps soit commenté. On devrait pouvoir exister sur les réseaux sociaux sans devoir être exceptionnellement courageuse. Et j'espère qu'en entendant cette conversation, d'autres femmes se diront « moi aussi, j'ai le droit de prendre la parole, moi aussi, ma voix compte » . Alors si toi aussi, tu t'es déjà censurée sur les réseaux sociaux, sache une chose, le problème ce n'est pas toi. C'est pas ton short, c'est pas ta voix, c'est pas le sujet que tu abordes. Le problème c'est un système qui préfère sexualiser les femmes plutôt que de les écouter. Et tant qu'on se censura, Tant qu'on s'habillera différemment, tant qu'on baissera le temps pour ne pas déranger, ce système gagnera. À 16 ans, j'ai commencé à me censurer. Aujourd'hui, à 30 ans, je crée mon propre espace de parole avec ce podcast. Et en toute franchise, cette conversation avec Kana m'a fait beaucoup de bien. Parce qu'on parle rarement de ça, de ce que ça coûte, vraiment, d'être une femme visite sur les réseaux sociaux. On parle beaucoup de personal branding, de stratégie de contenu, d'authenticité, mais... On parle peu du harcèlement et de l'hyper-sexualisation, de la violence quotidienne que subissent les femmes qui osent prendre la parole. Ce n'est pas toujours le cas, mais ça reste quelque chose en arrière-fond dans notre tête et ça nous empêche de vraiment prendre cet espace. Alors merci à Kana d'avoir accepté d'en parler. Et si cette conversation t'a touchée, n'hésite surtout pas à la partager parce que c'est en partageant et en parlant qu'on commence à changer les choses. Merci d'avoir écouté ce podcast. Tu peux m'apporter ton soutien en laissant 5 étoiles et un commentaire sur ta plateforme d'écoute. Mais surtout, n'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé directement sur Instagram. Et si tu souhaites des informations complémentaires à cet épisode, j'ai une newsletter sur ce site où j'approfondis les thématiques de mes podcasts. En attendant, tu peux retrouver toutes les ressources citées dans cet épisode en barre d'infos. Et moi, je te dis à très vite !