- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans le Café des Dirigeants, le média des entrepreneurs de Romard des Choix. Aujourd'hui, le sujet de l'épisode, c'est entreprendre entre amis. Gérer une entreprise, c'est déjà un défi. Le faire avec une personne proche, avec qui on partage une relation personnelle, ça pose forcément d'autres questions. Confiance, équilibre et bien d'autres. Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Céline Palacci et Séverine Joanneau, deux avocates associées. qui ont fait le choix d'entreprendre ensemble. Dans cet épisode, on va parler de relations humaines, de complémentarité, mais aussi de cadres, de règles et de ce que le droit apporte justement dans ce type d'association. Le Café des Dirigeants entreprend entre amis avec Céline et Séverine, toujours chez Eva Valence. C'est parti, jingle ! Alors mesdames, ou devrais-je dire maîtres ? Première question pour mieux vous connaître. J'ai vu que vous aviez toutes les deux prêté serment en fin d'année 2010. C'est une coïncidence ou c'était calculé ?
- Speaker #1
C'est une jolie coïncidence du coup, puisqu'on n'a même pas prêté serment dans la même ville. Chacune a un bout de la France. Je ne savais même pas.
- Speaker #0
C'est vrai, je vous aurais appris quelque chose.
- Speaker #1
Moi, j'ai prêté serment à Angers. Vous ne connaissez pas donc ? Non.
- Speaker #0
Angers, tu es d'origine...
- Speaker #1
Du centre. Pas du tout, mais j'ai fait l'école des avocats de Poitiers. Et il faut la cour d'appel, dans le ressort de cour d'appel, ils avaient choisi Angers cette année-là. Donc j'ai prêté serment à Angers.
- Speaker #0
C'est combien d'années d'études ?
- Speaker #1
Moi, j'ai fait un master 2, donc 5 années. Et après, une année et demie d'école, donc presque 7.
- Speaker #0
Presque 7 pour prêter serment.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et toi, Céline ?
- Speaker #2
Moi, j'ai prêté serment à la cour d'appel de Grenoble.
- Speaker #0
Et du coup, tu as fait tes études ?
- Speaker #2
J'ai fait mes études à Valence, à Grenoble et à Lyon.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
On n'était pas destinés à se rencontrer.
- Speaker #0
C'était le même timing.
- Speaker #2
Mais chacune a un bout d'influence.
- Speaker #0
Et vous vous êtes rencontrées en quelle année ? Moi,
- Speaker #1
je suis arrivée à Valence en janvier 2012. Je pense qu'on s'est croisées au palais sans doute.
- Speaker #2
Mon fils avait... C'est mon repère. Mon fils avait deux ans, donc ça doit être 2014-2015.
- Speaker #1
2014,
- Speaker #0
je pense. Vous avez toujours voulu être avocate ? Pas du tout.
- Speaker #1
C'est vrai ? Si. C'est familial, Céline ?
- Speaker #0
C'est familial, oui.
- Speaker #1
Moi, c'est le hasard qui a fait que je me suis lancée dans un cursus de droit et que chaque année, j'y ai trouvé mon compte. Et plus j'ai avancé, plus j'y ai trouvé mon compte en me spécialisant. Mais je n'étais pas destinée à ça et je n'avais pas d'envie particulière de devenir avocate. Mais le fait est qu'aujourd'hui, je ne ferai rien d'autre.
- Speaker #0
Et votre rencontre date 2014. Chacune travaillait indépendamment ? dans un cabinet différent. Qu'est-ce qui vous a réuni ?
- Speaker #2
Je travaillais avec mon père et Séverine travaillait avec une avocate associée et collaboratrice. Et c'est l'équitation qui nous a réunis. Le poney, comme on dit entre nous.
- Speaker #0
Le sport. On a beaucoup d'histoires qui tournent le sport réunis.
- Speaker #1
En partageant des publications sur les raisons, on a vu qu'on avait ça en commun. Et du coup, on s'est partagé un petit cours d'équitation et on ne s'est plus quittés.
- Speaker #0
Ça, c'était en... 2014,
- Speaker #1
je pense.
- Speaker #0
2014 ?
- Speaker #2
Oui. C'est une vraie histoire, un vrai coup de foudre amical entre nous.
- Speaker #0
Donc c'était une évidence après de travailler ensemble ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Une évidence ? Non, je ne pense pas. C'est la vie qui a fait que c'est arrivé.
- Speaker #0
Opportunité ?
- Speaker #1
Oui, je pense. Quand le papa de Céline a voulu partir à la retraite, ça a été un élément important. Moi, j'ai eu un accident de vie qui a fait aussi que j'ai réfléchi à la situation, à ce que je voulais faire, à comment j'envisageais l'avenir. Et c'est là où Céline m'a tendu la main et m'a donné, je pense, la plus belle opportunité professionnelle que j'ai eue devant elle.
- Speaker #0
Tu reprends le cabinet de ton papa ?
- Speaker #2
Oui, je n'avais pas forcément envie de le faire, mais la vérité, c'est que je ne me voyais pas non plus laisser mon père comme ça. Je ne me sentais pas de le faire non plus, et en tout cas pas toute seule.
- Speaker #0
Tu étais avocate depuis ?
- Speaker #2
Depuis 5 ans je pense, quand j'ai repris le cabinet j'avais 5 ans d'exercice. J'étais pas du tout confiante en fait, j'avais besoin de quelqu'un. Et j'ai assez vite pensé à Séverine et à la fois je me le suis interdit parce que mélanger la vie professionnelle et la vie personnelle, ça nous semblait très compliqué. Et ça l'a quand même été, je veux dire, ça l'a été. Et j'avais vraiment très peur de perdre notre amitié. Tu vois, un chagrin d'amitié, je pense que c'est aussi puissant qu'un chagrin d'amour. Et moi, j'avais vraiment peur de ça, parce que j'avais trouvé mon ami idéal, en fait, et je n'avais vraiment pas envie de perdre ça. Donc, voilà, on en a parlé parce que c'était devenu... Ça s'est imposé un peu à nous aussi, du fait des circonstances. Et puis, on l'a fait. Du coup,
- Speaker #0
vous avez sauté le pas. Vous avez mesuré les risques. Ça avait fait, vous êtes...
- Speaker #1
Non, je pense qu'on n'a rien mesuré du tout. On est parti au feeling. Ça paraissait évident. Ça semblait naturel de le faire au final. Donc, on l'a fait.
- Speaker #2
On a bricolé. Et puis, on se l'est repris dans la tronche quelques années plus tard. Mais c'est comme tout, en fait.
- Speaker #0
Parce que... Comment fonctionnent les avocats ? C'est une profession qui est un petit peu à part. Souvent, on parle d'associés, mais malgré tout, vous restez souvent indépendants. C'est le cas pour vous aussi ?
- Speaker #1
En fait, il y a plusieurs statuts. Effectivement, chez les avocats, en général, on débute collaborateur. Ça n'existe que chez les avocats, où on travaille avec un associé qui nous donne des dossiers à traiter. Et à côté, quand on est collaborateur libéral, on a le droit d'avoir notre clientèle. C'est un peu un double cabinet. On travaille pour un cabinet et on a le nôtre. Et après effectivement on devient associé d'une structure, donc soit on rachète des parts, soit on la crée. Et nous on a créé un cabinet qui a racheté le cabinet du père de Céline. Et effectivement on était donc toutes les deux associées dans cette structure.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Il y a différents stades d'intégration en fait, qu'on choisit en fonction en principe des envies qu'on a, des risques qu'on est prêts à prendre ensemble ou pas. Voilà, nous on n'avait pas d'expérience donc on ne s'est pas trop posé de questions au final. On se les est posés après et on a réglé les sujets après. Comme il venait. Mais ça, c'est les erreurs, en tout cas, c'est des erreurs de jeunesse qui ne sont pas vraiment des erreurs puisqu'elles sont aussi formatrices. On a beaucoup appris.
- Speaker #0
Expérience.
- Speaker #2
On a appris les structures les plus classiques et ce n'était peut-être pas adapté à la situation et on l'a adapté par la suite.
- Speaker #0
Quel est l'intérêt de... On voit beaucoup d'avocats qui se regroupent dans des cabinets. Quel est le premier intérêt ?
- Speaker #1
C'est de partager les compétences. En fait, aujourd'hui, on est dans un métier qui a énormément évolué et exercer seul, c'est difficile. Au quotidien, on a toujours plein de questions, pas forcément que de fond, mais on se pose toujours sur chaque dossier. Ça amène tellement de problématiques et c'est source d'enrichissement que d'être à plusieurs et de partager des compétences, soit qui sont les mêmes, c'est un peu le cas aujourd'hui avec nos associés de Lyon, soit différentes. Et ça permet quand même de s'enrichir de l'expérience des uns et des autres.
- Speaker #2
Aujourd'hui, il ne faut pas se contenter d'être juste avocat. Le monde change tous les six mois. On a l'impression qu'il y a des nouveautés. Ça va très vite, même tous les trois mois. Après, le sujet de l'IA, c'est intéressant d'être plusieurs, de pouvoir échanger sur ces sujets, d'avoir des visions différentes, de personnes d'horizons différents, de personnes d'expériences différentes. Nos associés, ça va de 60 ans à 41 ans. C'est hyper intéressant d'avoir de la contradiction, de se dire où on va maintenant, comment on y va, de continuer à se faire plaisir tout en étant conscient des évolutions qu'on va devoir s'approprier pour continuer à exercer et à le faire bien pour nous, pour nos clients.
- Speaker #0
Et justement, dans le métier d'avocat, il y a beaucoup de parties qui sont complètement différentes. Il y a plusieurs métiers à l'intérieur du métier d'avocat. Rapidement, vous, c'est quoi vos spécialités ? Parce que vous êtes complémentaire. Ou au contraire, on s'associe justement pour pouvoir regrouper plusieurs compétences et couvrir plus mieux un client qui a besoin de différents métiers ?
- Speaker #1
Alors c'était notre option première quand on a débuté, c'était d'avoir un maximum de compétences. Aujourd'hui, on a réduit le champ de compétences et il est très orienté sur deux problématiques principales. Pour ma part, je fais du droit de l'immobilier, droit de la construction. Et en fait aujourd'hui les compétences de Céline m'aident infiniment sur les problématiques d'exécution des décisions parce qu'aujourd'hui avoir des bonnes décisions c'est faisable, je ne vais pas dire que c'est sûr mais c'est faisable. Par contre les exécuter c'est très compliqué, obtenir des condamnations et récupérer des fonds pour les clients c'est devenu une problématique en première.
- Speaker #0
Appliquer la décision du juge.
- Speaker #1
C'est ça, en fait on a inversé la logique, il faut d'abord s'inquiéter de comment on va pouvoir exécuter et pour ça la compétence de Céline elle est... extrêmement précieuse dans mon activité. Tu expliques ce que tu fais du coup ?
- Speaker #2
Oui !
- Speaker #0
Alors moi tu as essayé de m'expliquer déjà mais ceux qui nous écoutent, je pense qu'il y en a beaucoup qui ne savent même pas que ça existe.
- Speaker #2
Oui, il faudrait trouver une façon plus sexy de l'expliquer parce que c'est pas...
- Speaker #0
Vas-y, dis-nous le terme.
- Speaker #2
Alors le terme que j'utilise en premier lieu pour attirer un peu l'oreille de mon interlocuteur... Je fais d'abord du contentieux commercial général, donc ça veut tout dire et ça veut rien dire, mais du coup ça parle à tout le monde. Et sinon, la moitié de mon temps, voire même plus de la moitié, je fais des voies d'exécution. Donc l'idée, c'est comme disait Séverine, c'est d'aller pouvoir récupérer les sommes qui sont dues à mon client par différents moyens que nous offre le droit civil. Ça peut être des saisies attributions, des saisies conservatoires comme préalable à une procédure pour conserver d'abord les sommes qu'on va pouvoir récupérer à la fin quand on aura une décision. Ça peut être des inscriptions d'hypothèques sur les biens. Ça, c'est vraiment, comme on dit, la reine des sûretés quand tu as une inscription sur un bien immobilier. Et sinon, je fais des saisies immobilières. Donc ça, c'est une fois que tu as la décision qui condamne et que tu as pris une inscription immobilière. au bénéfice de ton client, tu vas au bout de la procédure. Ça peut paraître comme ça hyper violent pour la personne qui en fait l'objet, mais il faut se dire que quand on en arrive là, c'est qu'on a tout essayé avant, que le droit français, en plus, est ultra protecteur du consommateur, qu'il a pu mettre en place moult mesures, avoir moult délais avant qu'on en arrive là. Donc en soirée, ce n'est pas hyper sexy de dire qu'on fait des saisies immobilières. Après, c'est une matière qui est très technique avec beaucoup de... de showstrap. Moi, ça m'intéresse. Je n'étais pas faite pour faire ça. C'est des opportunités. Mais au final, ça me convient.
- Speaker #0
Parce que ton papa le faisait déjà ?
- Speaker #2
Mon père le faisait aussi. Mon père le faisait aussi, en partie, puisqu'il faisait aussi immobilier construction. Et Séverine a repris cette spécialité qu'il avait.
- Speaker #0
Il y a eu une vraie appétence pour l'immobilier, quand même, dès l'origine.
- Speaker #1
Dans le cabinet d'Alain, c'était vraiment prédominant. Et c'est drôle parce que ces deux matières qui sont assez différentes, Céline, ça exige une rigueur dans le respect des délais, dans l'avancement du dossier. La construction, elle est un peu plus concrète puisqu'on va sur place, on regarde ce qui se passe, on va en expertise. Donc je pense que ça lui donnait, dans le cabinet, ça donnait les deux facettes, en fait, quelque chose de très concret, quelque chose de très technique.
- Speaker #0
Du coup, vous êtes copines, vous travaillez ensemble. Comment s'est passée la transition ? Il y a quand même eu une transition à un moment. Aujourd'hui, vous êtes toujours copines.
- Speaker #1
En fait, il n'y a même pas eu de transition. Et c'est peut-être là où après, ça a posé quelques difficultés dans la communication. On a continué comme s'il n'y avait rien qui avait changé. Et on ne s'est pas posé de questions, en fait. On y est allé comme ça. Et alors qu'avec le retour d'expérience... On aurait dû se poser des questions en amont, se demander ce que chacune voulait, comment on allait faire, comment on allait reprendre ce cabinet. On ne s'est posé aucune question. On a ouvert au 1er janvier avec le nouveau cabinet, tous les deux dedans.
- Speaker #0
Donc ça c'était en ?
- Speaker #2
Il y a 10 ans quasiment.
- Speaker #0
17 ? Oui,
- Speaker #2
on s'est associé fin 2017 et on a commencé à travailler ensemble.
- Speaker #1
1er janvier 2018, on a commencé à travailler ensemble.
- Speaker #0
Ok, bon. Et aujourd'hui, vous avez plutôt le sentiment d'être ami avec votre associé ou associé avec votre ami ?
- Speaker #1
Associé avec mon ami, oui.
- Speaker #2
Oui, ça n'a pas changé. On a traversé des tempêtes liées à des éléments externes, liées à des éléments internes. La vie d'une entreprise. Mais la vie d'une entreprise, la vie de tout un chacun, en fait, c'est que... On ramène forcément des problèmes persos puisqu'on a un lien en plus particulier. Et au final, c'est hyper bateau ce que je veux dire, mais c'est ce qui te part en plus fort et c'est vraiment ce qui s'est passé. Aujourd'hui, on est passé à un stade, comme en amour, il y a plusieurs phases, tu as la phase de l'une de miel, tu as la phase où tu prends conscience des défauts de l'autre et tu es un peu déçu. Après, tu as la phase où tu te complètes. Et là, j'ai l'impression qu'on en est là, c'est hyper fluide. Tu vois, on a l'impression qu'on est hyper complémentaires, on est très très différentes. Mais on est hyper complémentaires. Moi, je sais comment elle va quand elle passe à la porte du cabinet. Je sais quand il y a un truc qui ne va pas, je sais qu'un truc qui va bien, elle pareil. On se met mutuellement en valeur, tu vois, il n'y a pas de compétition entre nous. De toutes ces épreuves qu'on a eues, en fait, on a réussi à transformer notre relation professionnelle et personnelle en un truc hyper sain, hyper fluide. Hyper paisible.
- Speaker #1
C'est facile. Maintenant, c'est facile.
- Speaker #0
Parce que travailler entre amis, on pourrait imaginer qu'il y a cette relation qu'on veut privilégier. Du coup, pas de compétition, mais un moment d'amener peut-être plus à l'autre qu'un simple associé. Et au final, dans ce que j'entends vous, ce n'est pas du tout le cas.
- Speaker #2
Non, ça ne peut pas être. On prend soin l'une de l'autre. Aujourd'hui, on a plus de 40 ans, donc on n'a pas l'impression d'avoir... C'est un peu prétentieux, mais moi, je n'ai plus envie de prouver des choses, ni à moi, ni à personne. Je me sens hyper apaisée dans ma pratique aussi, et dans mes relations aux autres. Donc, si je peux être utile, je le suis. Si je ne peux pas, je ne peux pas. Il n'y a pas de compète, en fait.
- Speaker #1
Non, non. C'est l'avantage d'être complémentaire et pas concurrente aussi. De toute façon, dans la compétence, il n'y a pas de concurrence. Et après, dans la relation amicale qui vient en plus, c'est que du bonus.
- Speaker #0
Justement, quand on monte une affaire avec un associé, on a justement l'habitude de passer devant un avocat pour rédiger un pacte. Du coup, vous avez fait comment ?
- Speaker #1
Nous, on n'a rien fait.
- Speaker #0
Vous avez été jugé parti ?
- Speaker #1
Oui, on a pris un statut basique de SCP, Société Civile Professionnelle, on se l'est appliqué.
- Speaker #0
Qui est le statut classique des avocats. Oui, le plus courant.
- Speaker #1
Assez classique. Et c'est qu'après coup, on s'est rendu compte qu'effectivement, nos clients ne faisaient pas comme ça. Mais c'est la maladie des avocats, je trouve. C'est qu'en fait, on ne nous a pas expliqué qu'on allait devenir des chefs d'entreprise. On n'a pas été formé à ça. Alors, je ne dis pas qu'il y a une formation idéale. Mais nous, on n'avait même pas du tout intégré cette dimension dans notre pratique. Et quand on s'est associé, on ne l'avait pas intégré non plus. C'est venu par la suite. Et par la suite, on a fait appel à une consoeur spécialisée dans les associations d'avocats. Elle ne fait que ça. Et elle nous a aidé à poser les jalons de ce qu'on aurait dû faire au départ, qu'on a fait, je ne sais pas, cinq ou six ans plus tard. Mais ce n'est pas grave, on l'a fait. Mais oui, comme quoi... Les coordonnées sont les plus mal chaussées. On n'a pas fait, mais on l'a fait plus tard.
- Speaker #2
On s'est fait aider aussi par une coach, tu vois. Parce que trouver un langage adapté quand tu as une relation qui est mêlée de pro et de perso, c'est compliqué. Je pense que d'autant plus... Il n'y a pas de sexisme là-dedans, mais entre femmes... Parce que les hommes, ils ont la tendance à dire que... Tu mets ton poing sur la table, tu parles de tes griefs respectifs, tu n'as pas forcément peur des conséquences ensuite, tu as besoin de cracher ton venin sur le moment. Et nous, on n'est pas comme ça en fait, parce qu'on a peur des conséquences, on n'a pas envie de se perdre, on se retient de dire des choses, donc ça crée de la frustration et on a eu besoin de se faire aider à se parler. Et au final, tout ça, c'est vrai qu'on se serait peut-être fait moins mal si on l'avait fait au début. Mais au final, c'est la vie. Ce qui vous sauve,
- Speaker #0
c'est parce que vous êtes avant tout amie.
- Speaker #2
Je pense.
- Speaker #0
Sinon, comme beaucoup, une association, ça peut être compliqué. Il y a moins de problèmes. On arrête l'association et on va vers d'autres choses. Mais oui, il y a un lien qui est un peu plus fort et qui vous a poussé. Et vous avez trouvé les solutions.
- Speaker #2
On a trouvé les solutions. En fait, il faut avoir envie de le faire. C'est comme tout. Pas lâcher l'éponge, enfin pas jeter l'éponge trop vite. Il y a des gens qui sont là pour nous aider, qui sont neutres, qui sont très compétents. Et moi, si j'avais un conseil à donner, même si on ne me l'a pas demandé... Non, mais j'allais te poser la question,
- Speaker #0
justement.
- Speaker #2
Ce serait de dire, faites-vous aider, entourez-vous, investissez sur vous, en fait. C'est sûr que ça coûte un peu et quand on débute, on n'a pas envie de dépenser de l'argent. On va au moins cher, on fait du bricolage. Mais en fait, ça, c'est... On crée quelque part... les piliers de ton futur échec ou les sources de ton futur échec parce que tu n'auras pas fait les choses. Nous, on a de la chance d'avoir passé tout ça et de l'avoir très bien passé, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Parfois, même dans notre exercice, on le voit, on a des clients qui sont associés avec des membres de leur famille. En fait, c'est un statut qui est hyper courant. Ça parle à beaucoup de monde. Il ne suffit de rien. Oui,
- Speaker #0
et puis c'est humain. On se dit qu'on est amis. On gérera les problèmes quand ils vont venir et puis il n'y en aura pas forcément. Sauf que gérer un problème car rien n'a été organisé, c'est un peu compliqué. Du coup, de ce que je retiens, c'est qu'il vaut mieux aller chercher les bonnes compétences, ce qui est vrai dans tous les métiers, dans tous les domaines. Autant aller chercher un avocat spécialisé en droit immobilier qu'un avocat généraliste ou alors qui fait plutôt du droit de la famille et qui va faire un peu droit immobilier. Le conseil ne sera pas...
- Speaker #2
Quand il y a le feu, c'est souvent trop tard en fait. Quand tu appelles les pompiers, c'est que ça brûle.
- Speaker #0
Vous avez quand même su l'éteindre le feu ? Oui. Est-ce qu'il y a vraiment eu le feu ?
- Speaker #2
Non,
- Speaker #1
il n'y a pas eu le feu. Mais ça aurait pu arriver et on communiquait moins bien de toute façon parce qu'il y avait des choses qu'on n'avait pas réussi à se dire parce qu'au final, ce n'est pas facile de se dire des choses difficiles quand on est ami, ça paraît. aisée peut-être de l'extérieur, en fait ça l'est pas du tout. C'est la limite du système. C'est ça, on a peur de faire mal, on a peur de mal dire et du coup, effectivement tu as raison, il a fallu trouver un langage pour arriver à communiquer parce qu'on est très différents, c'est vrai, et il fallait trouver un endroit où on pouvait se retrouver et pouvoir communiquer librement et on a réussi à le faire.
- Speaker #0
Vous êtes allé chercher des compétences de communication, même si vous étiez amie, mais... La façon de se dire les choses, c'est aussi des compétences. C'est un pareil,
- Speaker #1
effectivement, de dire j'aime pas tes nouvelles chaussures quand il s'agit de parler du cabinet. C'est pas pareil.
- Speaker #0
Et vous êtes toujours amie dans la vie, c'est-à-dire amie, vous vous voyez en dehors du boulot ? Et quand vous voyez le dimanche, vous parlez boulot ou pas ?
- Speaker #1
Non. Moi, j'ai l'honneur et le privilège d'être la marraine de la fille de Céline. Voilà, et en plus aujourd'hui, moi j'ai eu un petit garçon par la suite, Céline a deux enfants, donc on se voit pour les anniversaires, pour des petits apéros le week-end, on se voit chez la nounou parce qu'on a, grâce à elle, on a la même nounou. Oui,
- Speaker #0
vous ne vous lâchez pas quoi.
- Speaker #2
Non. Alors je trouve, mais moi, après c'est ok, mais quand on s'est rencontrés avant de travailler ensemble, on était vraiment tout le temps pour une chez l'autre.
- Speaker #1
Chez toi, mais moi j'avais un tout bon appartement.
- Speaker #2
Mais c'était... Donc même nos mecs, ils étaient un peu jaloux. Et bon, après, forcément, déjà, on se voit toute la journée. Donc on a besoin aussi, c'est comme une vague. En fait, c'est ça, de se retirer parfois. On revient, on se retire, on se laisse de la place.
- Speaker #0
Oui, vous avez cette intelligence aussi à un moment quand c'est trop, c'est trop.
- Speaker #2
Pendant les vacances, par exemple, on ne s'appelle pas. Non, on ne s'appelle pas, mais je pense qu'on a besoin. On ne s'en est jamais parlé. Allez-y,
- Speaker #0
personne ne nous écoute. Je vais vous en parler.
- Speaker #2
On en a besoin.
- Speaker #1
Ça fait une coupure parce qu'au final, même si on est amis avant d'être associés, si pendant les vacances d'été on s'appelle, il va y avoir un sujet du cabinet, un moi, un autre. Donc c'est peut-être...
- Speaker #2
Tout naturellement.
- Speaker #1
Sans rien se dire, l'une et l'autre, on se protège comme ça.
- Speaker #0
Si on parle un peu des avocats, c'est une profession, c'est pas une profession comme les autres, déjà vous avez expliqué dans l'organisation. Il y a une petite blague qui dit, il y a l'avocat qui connaît bien la loi et l'avocat qui connaît bien le juge. Il faut choisir le bon pour éviter la prison. Alors moi, je vais vous poser la question, c'est quoi un bon avocat ?
- Speaker #1
Je réponds, je réponds. Je pense qu'il n'y a pas de réponse absolue. Après, le bon avocat, c'est notre métier. Moi, je dis que 90%, c'est une relation de confiance qu'il faut nouer. Après, la compétence, on a... la même formation, alors après on a des expériences différentes, mais les 10% qui restent de compétences, on les a. Nous, on a l'expérience, on a 15 ans de recul, mais la confiance qu'on fait, pour moi, ça ne marche qu'à ça, c'est de se dire, je choisis une personne avec qui je vais pouvoir échanger sur des sujets qui sont, nous, souvent financiers et importants, avec des enjeux. Moi, j'estime que c'est notre point fort, c'est d'aller chercher... L'excellence en compétences et la relation de confiance à l'extrême avec le client où il sait qu'on va gérer le dossier, c'est le plus grand compliment que j'ai eu. Il n'y a pas longtemps, c'est comme si c'était pour moi. C'est quelqu'un que je connais, mais qui m'a dit « Tu as traité le dossier comme si c'était le tien et ça n'a pas de prix. » Je me suis dit « C'est vrai. »
- Speaker #2
Pour moi, le bon avocat, c'est celui que j'aimerais avoir. J'essaie de donner ce que j'aimerais recevoir. Donc, ça passe par la réactivité, la disponibilité, même si on n'est jamais assez disponible parce que le critère, malheureusement, c'est...
- Speaker #0
Le timing.
- Speaker #2
Les SMS, l'immédiateté. Alors, en vérité, je pense qu'on le fait. Oui,
- Speaker #1
on a énormément évolué.
- Speaker #2
Et voilà.
- Speaker #0
Justement, j'allais vous dire, si vous devez choisir un avocat, sur quels critères, comment vous allez le choisir ?
- Speaker #2
On en a choisi.
- Speaker #1
Oui, on en a choisi plusieurs.
- Speaker #2
Oui, pour nous.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et en fait, ça dépend du contexte aussi, de ce qu'on veut obtenir.
- Speaker #0
Au final, on n'a pas parlé d'IA, c'est un vrai sujet où on a beaucoup, mais tu parlais de compétences sur du dossier d'un avocat, mais j'ai l'impression que la compétence peut arriver assez facilement, parce qu'on a différents systèmes, j'imagine, pour questionner. Mais du coup, qu'est-ce qui fait la différence ? C'est la manière dont on va appliquer ces compétences. Et au final, est-ce que c'est ce qui n'a pas de prix ? la relation humaine ? Parce que j'allais dire, tous les avocats, quelque part, sont bons. Peut-être que des fois, dans les choix, ils peuvent être mauvais. Mais est-ce que ce n'est pas ce petit plus de la relation humaine, la compréhension du dossier qui ça, c'est chaque personne qui l'a ?
- Speaker #1
Si, c'est sûr. Effectivement, il y a... On ne va pas se mentir aujourd'hui. Effectivement, il y avait déjà pléthore d'informations sur Internet et ailleurs. Aujourd'hui avec les IA, ça donne accès à une palette de compétences énorme. Moi je considère qu'aujourd'hui notre valeur ajoutée, c'est d'avoir su... Raisonner avant d'avoir l'IA, c'est qu'en fait demain on a une panne informatique, notre raisonnement juridique, la manière dont on va appréhender la problématique que nous amène le client, la traiter, on le fera toujours, on saura toujours le faire. Et après effectivement le deuxième plus, c'est facteur humain, c'est que la personne qui vient vous voir et qui a besoin de réponses, elle les aura, elle les aura en temps utile. Le plus vite on s'est adapté, tout le monde a nos portables. Donc effectivement, il y a cette relation humaine et il y a quand même, je pense, un vrai sujet de compétence qui, heureusement pour l'instant, j'estime qu'on est encore un peu supérieur en termes de raisonnement et de stratégie à une IA.
- Speaker #2
Moi, j'ai l'impression que pour notre génération, j'ai un peu peur pour les jeunes qui vont arriver, qui vont être habitués à transférer leurs compétences de raisonnement à une IA. Parce que c'est facile, puis le cerveau est fainéant, on est ému par toujours la facilité, la rapidité, et on tend vers ça. Donc nous, on n'a pas été biberonné à ça, donc on a une capacité de raisonnement qui est, j'allais dire, démultipliée aujourd'hui grâce à l'IA, puisque aujourd'hui on peut confier à l'IA des tâches qui n'avaient pas de valeur ajoutée, qui nous font gagner du temps, et qui nous permettent d'aller plus loin dans le raisonnement, dans la stratégie, à anticiper des choses, à prendre plus de hauteur. Et c'est ce qui fait notre plus-value, c'est ce que l'IA n'est pas capable de faire aujourd'hui de mon point de vue. Peut-être que demain sera le cas et à ce moment-là, on trouvera encore autre chose, mais moi j'ai l'impression que j'ai plus de temps pour réfléchir mieux. Et donc c'est bénéfique pour les clients. Et par contre, ce que je crains, c'est que, et on le voit avec nos salariés qui ont moins d'expérience, tu leur mets une IA dans les mains et à la fois, tu te dis comment elle va faire pour progresser par elle-même, pour avoir son esprit critique. Parce que l'IA, ce n'est pas magique non plus. Parfois, il va dans un sens. En fait, ce n'est pas du tout celui-là parce qu'il n'a pas pris en considération tel paramètre qui est propre au contexte du client que nous, on connaît. Oui,
- Speaker #0
qui n'est pas forcément écrit. Qui n'est pas écrit.
- Speaker #2
Il y a un écosystème qui va au-delà de juste la situation du client. Il y a tellement de paramètres à prendre en compte. Vous n'êtes pas encore remplacé par des IA ? Pas encore, pas du tout.
- Speaker #1
Je pense qu'effectivement... Alors Céline s'y est plus impliquée que moi, mais elle a raison. Il va falloir s'en servir. On ne peut pas rester à la trême sur ces sujets-là. Et effectivement, c'est confier des tâches un peu répétitives et sans grande valeur ajoutée, et continuer à raisonner nous sur des dossiers plus complexes. Donc oui, effectivement, c'est un plus. Ça ne nous remplacera pas.
- Speaker #0
Est-ce que, Léa, simplement, on ne redistribue pas le temps ? C'est-à-dire que, comme tu disais, des tâches sans valeur ajoutée sont faites, on ne fait plus de choses. Par contre, le temps qu'on a gagné, au final, on le pousse un peu plus dans la réflexion.
- Speaker #2
Dans la réflexion.
- Speaker #0
On a déjà échangé sur des outils que vous commencez à utiliser et on a ce sentiment-là.
- Speaker #2
Dans la réflexion, puis il faut repenser de toute façon notre manière de travailler. En fait, on n'a pas le temps, on n'avait pas, déjà on n'a jamais de temps, mais on n'a pas vraiment le temps de... de se poser et en fait on va devoir repenser nos cabinets autour de l'IA pour se dire aujourd'hui, il faudrait faire en fait, pour bien faire je pense un audit de nos façons de travailler, de l'entrée du dossier à la sortie et voir qu'est-ce qui peut être fait en automatique par l'IA, tout repenser et quasiment avoir un système qui est propre à notre pratique, à notre cabinet, qui utilise toutes les données qu'on a dans notre cabinet. Voilà et c'est aussi l'intérêt du coup de s'être rapproché d'autres associés parce que on a un autre ordre de grandeur, on a d'autres moyens financiers pour investir là-dessus. Et ça, c'est hyper intéressant. C'est des choses qu'on ne ferait pas à deux, qu'on pourra faire, parce qu'aujourd'hui, on est en tout et pour tout, on est une quarantaine sur le cabinet. Donc ça a de l'intérêt, en fait.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous pouvez me dire, justement, de votre dernière association avec le cabinet Actience, qui est lyonnais, qui était lyonnais ?
- Speaker #2
Ils sont de Lyon et de Villefranche. On va pas froisser nos associés de Villefranche, Michel et François.
- Speaker #0
Donc, vous vous adossez à un cabinet un peu plus régional, qui ont déjà des compétences que vous aviez.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Donc, vous restez dans le même secteur.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #0
Et ça vous permet d'avoir un territoire plus large.
- Speaker #1
Une implantation de territoire.
- Speaker #0
Et vous spécialisez encore plus dans vos compétences.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
J'ai bien résumé.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et ça nous permet de rayonner Lyon, Villefranche. Aujourd'hui, nous, on a la Drôme et l'Ardèche. Donc, ça fait presque un grand quart sud-est.
- Speaker #0
Et pourquoi aller chercher un autre cabinet ? qui n'est pas ici alors que vous êtes deux copines et que tout roule bien et que vous avez fait une belle association de part suite à votre expérience. Déjà,
- Speaker #1
on n'est pas allé chercher un autre cabinet. Moi, je suis allée chercher des gens que j'admirais, que j'estimais et de qui j'avais envie de me rapprocher. Des compétences ? Je suis allée me rapprocher d'abord d'humains qui m'attiraient. C'est ça qui a fait qu'on a choisi. On n'a pas eu de réflexion. En fait, c'est ça aussi en vieillissant, je trouve.
- Speaker #2
Ce n'était pas une stratégie.
- Speaker #1
On essaie de ne plus avoir de stratégie. On en a eu. Ça ne nous a pas toujours bien réussi, pour tout te dire. Donc, aujourd'hui, on réfléchit. Qu'est-ce qui nous fait envie ? Qu'est-ce qui nous fait plaisir ? Ça nous fait plaisir de nous rapprocher de ces humains-là. D'ailleurs, on les embrasse, on en profite.
- Speaker #0
Avec qui vous partagez des vraies valeurs.
- Speaker #1
Avec qui on partage des valeurs. C'est fluide, c'est franc, c'est authentique, c'est plus facile. Et tout roule ? Et tout roule. Oui, alors c'est l'avantage d'être loin aussi. C'est que comme tu n'as pas forcément... Il n'y a pas de quotidien. C'est comme dans le couple, il n'y a pas de quotidien. Tu as des frictions, il n'y a pas de quotidien. On est content de se retrouver. On traite les sujets, mais au quotidien, on est hyper libres tous, autant qu'on est. Pour le cabinet de Villefranche, le cabinet de Lyon, nous aussi, on a l'impression de continuer à être toutes les deux, mais on a quand même cet appui, cette vision plus élargie, tous ensemble.
- Speaker #0
Vous ne faites pas rentrer une nouvelle copine ?
- Speaker #1
Ce n'est pas à l'ordre du jour. Mais nous, on n'est pas opposés. C'est la vie qui nous décidera.
- Speaker #0
Et avant qu'on passe à la dernière séquence, si vous n'aviez pas été avocate, vous auriez fait quoi ? Toutes les deux ? Vous auriez travaillé ensemble ?
- Speaker #2
Je ne sais pas si la vie nous aurait fait nous croiser.
- Speaker #1
Des fois, quand on a marre,
- Speaker #2
on se dit un petit hôtel, une chambre d'hôtes, ça nous plairait bien.
- Speaker #1
Ou une ferme.
- Speaker #2
On aime bien s'occuper des autres.
- Speaker #1
Des enfants, avec des animaux, des poneys.
- Speaker #2
Des poneys, évidemment. Une petite ferme pédagogique avec des poneys.
- Speaker #0
C'est ce qui vous a réuni, le poney ? Et ce n'est plus du tout dans vos activités aujourd'hui ?
- Speaker #2
C'est la vie qui a fait qu'on ne prend plus le temps. Moi, j'ai eu un petit garçon qui a 22 mois. Du coup, j'ai tout arrêté pendant ma grossesse. Donc, ça a un peu mis un... Il n'y a pas longtemps. Oui. Ça a un peu mis un stop.
- Speaker #0
Toi aussi, il n'y a pas longtemps, tu montais encore.
- Speaker #1
Oui, mais moi, j'ai arrêté en même temps que Séverine quasiment.
- Speaker #2
Je n'avais plus mon double.
- Speaker #1
Donc, c'était moins drôle. Et puis, c'est vrai qu'on est moins téméraires. On est moins téméraires.
- Speaker #2
En vieillissant.
- Speaker #1
On prend des risques quand même. L'équitation, c'est un sport dangereux. Nous, on n'est pas que chef d'entreprise, entre guillemets. On produit aussi. Donc, si nous, on n'est pas là pour le faire, il n'y a personne qui le fait. Donc, c'est quand même des risques qu'il faut accepter de prendre dans la position de maire, de chef d'entreprise, d'associé. Donc,
- Speaker #0
la prochaine qui s'y remet, l'autre s'y remettra.
- Speaker #1
Ah oui, c'est sûr, ça.
- Speaker #2
C'est mon cadeau d'anniversaire. Je suis du mois de novembre de l'année dernière. Voilà.
- Speaker #0
Vous vous mettrez ensemble ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #2
c'est prévu. Il y a un petit groupe WhatsApp pour ça.
- Speaker #1
Tu t'enverras une petite photo.
- Speaker #0
Oui, ou je viendrai voir.
- Speaker #2
Ou tu viendras voir.
- Speaker #0
On avait déjà fait un événement d'ailleurs dans le club d'entreprise. C'est sympa, c'est un milieu qui n'est pas forcément connu, mais qui amène certainement une certaine philosophie dans l'association, dans la gestion des émotions.
- Speaker #2
C'est exactement ça, ça apporte beaucoup sur l'aspect humain. Ça nous challenge forcément énormément. Effectivement, c'est méconnu et de l'extérieur, ça paraît être juste poser ses fesses sur un cheval, c'est pas ça, il y a beaucoup plus que ça. On amène tout ce qu'on est, tout ce qu'on a, et il le ressent infiniment.
- Speaker #0
Ça vous a servi ?
- Speaker #2
Beaucoup. Et c'est là où on voit qu'on est très différentes, même sur un cheval. C'est incroyable. Ça fait ressortir qui on est.
- Speaker #0
Et lui, il le sent.
- Speaker #2
Ah, incroyable.
- Speaker #0
Allez, dernière séquence. On finit avec la séquence traditionnelle du café des dirigeants. Vrai ou faux ? Principe simple, je vous donne des affirmations. Vous me dites si c'est vrai ou faux, et puis vous avez le droit de commenter. Le premier. Pas besoin de pacte. Pour s'associer dans une affaire.
- Speaker #2
Faux.
- Speaker #1
Ouais, faux, ouais.
- Speaker #0
Mais en même temps, il faut... J'ai le sentiment dans ce que vous dites aussi, une certaine liberté. Il ne faut pas non plus tout border.
- Speaker #1
Ouais, mais tu regrettes. C'est comme un contrat de mariage. Quand tu te maries, tu te dis non, mais ça va bien se passer, c'est pour la vie. Et puis le jour où tu as les premiers accrochages, tu vois que tu n'as rien prévu, tu le regrettes.
- Speaker #2
Il faut le prendre comme un outil. Si on pose tout sur la table au début... Et on se dit comment ça va marcher pour tout. Et en fait, ce n'est pas un gros mot, ce n'est pas mal. Au contraire, c'est vraiment ce qu'il faut faire. C'est fixer les règles pour la suite. Et si elles sont fixées dès le départ et que tout le monde les connaît.
- Speaker #0
Il vaut mieux un mauvais pacte ou pas de pacte ?
- Speaker #1
Je ne sais pas du tout. Ce n'est pas écrit ça,
- Speaker #0
on ne l'avait pas écrit.
- Speaker #1
Quoi qu'il en soit, je pense que ça te force, même si ce n'est pas...
- Speaker #2
Ça fait se questionner.
- Speaker #1
Voilà, ça fait parler.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ça fait parler. Vaut mieux un pacte. Ouais, ça nous fait parler des choses qui fâchent, même si on ne l'a pas écrit, même si c'est mal écrit. On en a parlé entre nous, et sauf à être d'une mauvaise foi totale, ce qui peut aussi arriver, tu te souviens quand même de ce à quoi tu t'es engagé par oral, quoi.
- Speaker #0
Le pacte c'est les règles, c'est le cadre.
- Speaker #2
C'est les fondations.
- Speaker #0
Une bonne relation suffit pour réussir une association.
- Speaker #2
Faut plus que juste bonne, à mon avis c'est faux.
- Speaker #1
Non c'est comme en amour, je suis désolée je fais ce parallèle tout le temps, mais si tu peux être amoureux de quelqu'un et t'as pas les mêmes valeurs, t'as pas les mêmes objectifs, ça marchera pas.
- Speaker #2
Il faut pas que... Des bonnes relations.
- Speaker #1
Des bonnes relations.
- Speaker #0
Les désaccords sont inévitables.
- Speaker #2
C'est vrai.
- Speaker #0
Faut les gérer.
- Speaker #2
Faut accepter d'en parler. De se dire qu'on n'est pas d'accord sur un sujet et d'expliquer pourquoi. Et en général, chacune a toujours des arguments sérieux à opposer et au moins ça permet de se comprendre. C'est notre métier la contradiction. C'est ce que c'est.
- Speaker #0
Ça doit être horrible en fait.
- Speaker #1
Au final on est moins durs entre nous qu'on peut l'être dans un dossier.
- Speaker #0
Vous analysez tous vos... tous vos dossiers, toutes vos relations comme vous le faites dans le professionnel ?
- Speaker #2
Non,
- Speaker #1
non, non.
- Speaker #2
Heureusement.
- Speaker #1
On est moins durs entre nous et puis avec le temps aussi, on a accepté que ne pas être d'accord, ce n'était pas grave. Ce qui compte, c'est de se comprendre, de se sentir comprise, de comprendre l'autre. Et même en se comprenant, on a hâte de ne pas être d'accord et c'est OK en fait. Et c'est un peu le problème général aujourd'hui. Dès que tu n'es pas d'accord avec quelqu'un, tu as envie de lui casser la gueule. Non, on est différents, on a le droit d'avoir des visions différentes. Mais on s'écoute, on se comprend. Il y a trop de solutions pour que chacun soit respecté dans ses besoins.
- Speaker #0
On a suivi des formations écoute-active. C'est des vrais sujets qui doivent vous aider. Céline, celle-là, elle est pour toi. Une association, c'est comme un couple.
- Speaker #1
Voilà, tu vois. En plus, on ne s'était pas mis d'accord sur les questions. On est tellement alignés. C'est comme un couple. C'est un couple. C'est un couple d'associés. Évidemment que c'est un couple. Après, si tu entends par là un couple à la ville, en principe, non. Ce qui change, c'est la relation intime que tu peux avoir.
- Speaker #2
Mais oui, oui.
- Speaker #0
Tu es d'accord ?
- Speaker #2
Oui, je suis complètement d'accord. Ça fonctionne comme un couple. C'est exactement ça. C'est vrai.
- Speaker #0
En matière d'association, mieux vaut chercher les différences que les similarités.
- Speaker #2
Ah, quand même pas. Non, je dirais que c'est faux. Il faut quand même... Je suis d'accord. Il faut que le socle soit commun. Il faut se mettre d'accord sur les valeurs qui vont... C'est ce qui permet de durer, je pense. C'est vraiment de se dire, voilà, les valeurs qu'on veut mettre en avant, les valeurs qui sont les nôtres, comment on les applique au quotidien, comment on les applique dans les... entre nous, avec les clients, avec nos collaborateurs. Je pense qu'il faut vraiment plus de similarité.
- Speaker #1
Plus que les différences, je dirais, ce qui serait plus juste, c'est les limites de l'autre, c'est en avoir conscience et voir si on peut les accepter. Parce qu'on n'a pas tous les mêmes envies, en fait, on a tous des limites. Et est-ce que c'est OK ?
- Speaker #0
En même temps, dans votre association, est-ce que c'est une question que vous vous êtes posée ? C'est-à-dire similitude, j'ai le sentiment qu'au final, vous savez, vous voulez travailler ensemble. Et puis après, vous avez appris à vous connaître, à comprendre vos différences et puis vous vous êtes adapté. Mais je n'ai pas le sentiment que vous avez cherché, ça n'a pas été une opportunité de dire tiens, on va se compléter et on va y aller.
- Speaker #2
Ça ne s'est pas fait comme ça. Et si on a pu être amis au départ, c'est parce qu'en fait, on partageait déjà beaucoup sur l'aspect humain. Les valeurs. On n'a pas eu besoin presque de revenir là-dessus, ce n'était pas un sujet.
- Speaker #1
Non, on se respecte énormément. Je n'ai pas tellement respecté sa limite puisqu'elle est là aujourd'hui. Et du coup,
- Speaker #2
normalement, c'est au-delà de ses limites. Mais bon, elle le reconnaît. Oui,
- Speaker #0
elle le reconnaît.
- Speaker #2
Julien serait reconnaissant.
- Speaker #0
J'aurais pu ouvrir un restaurant avec Céline, avec Séverine. Vous avez un peu répondu tout à l'heure.
- Speaker #2
Oui, sauf que je ne sais pas faire la cuisine. Donc elle aurait fait la cuisine, j'aurais été en salle.
- Speaker #1
Restauration, trop de respect pour ces gens-là. Tu travailles tout le temps, c'est trop dur.
- Speaker #0
C'est vrai que toi, tu ne travailles pas tout le temps.
- Speaker #1
Oui, pas le week-end quand même, on y arrive maintenant, pas le week-end. Sauf qu'à force majeure, ça peut arriver, mais tu vois, je progresse.
- Speaker #0
Après, contrairement à un cuisinier, vous avez un métier qui peut être travaillé tout le temps. Vous n'avez pas besoin d'une cuisine, donc vous pouvez partir en vacances et votre ordinateur peut être travaillé. Et on sait que les dossiers sont longs, il faut travailler, ça demande beaucoup de réflexion, beaucoup de... L'intervention humaine, même si on a des IA qui font de plus en plus de choses, mais au final, ça demande beaucoup de votre personnalité. Les limites sont sûrement un des métiers les plus durs d'arrêter de travailler par rapport à un cuisinier. S'il n'est pas dans son restaurant, il ne peut pas travailler.
- Speaker #2
C'est exactement ça. C'est que nous, on ne peut pas couper. Il nous suit partout. Dès lors qu'on a une connexion Internet, ça nous suit.
- Speaker #0
Quand ça ne réfléchit pas là-haut.
- Speaker #2
Oui, quand ce n'est pas la nuit.
- Speaker #0
Un contrat protège toujours les deux parties.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai. Tu n'es pas d'accord ? Ça dépend qui l'a fait. Ça ne peut pas être complètement déséquilibré.
- Speaker #0
Il doit protéger.
- Speaker #2
Si on veut qu'il soit valable, c'est mieux. Comme le disait Céline, aujourd'hui, on a des règles très protectrices des consommateurs et autres. Donc, il faut qu'il soit relativement équilibré et qu'il ait été négocié pour être valable. Donc, oui, aujourd'hui, les contrats protègent les deux parties. Plus ou moins, il faut que ça ne qu'il va résicher.
- Speaker #0
Ou alors au moins avoir conscience des différences. Un bail commercial, sans qu'on rentre dans le technique, il protège sur certains points plutôt le bailleur et sur d'autres points plutôt le preneur.
- Speaker #2
Ça dépend pour qui on le rédige, c'est un peu ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Mais il y a des dispositions obligatoires auxquelles on ne peut pas déroger. Donc il y a un cadre qui est là. Et après, il y a des petites adaptations qu'on peut faire, plus ou moins petites d'ailleurs. Tout dépend qui nous demande de le rédiger, qui est le client dans le dossier. Mais ça ne peut pas être complètement déséquilibré.
- Speaker #0
Oui, il faut un moment retrouvé sur l'ensemble des choses, il faut qu'il y ait un certain équilibre.
- Speaker #2
Une cohérence.
- Speaker #0
Le droit est un business comme un autre.
- Speaker #1
Alors j'espère que ça ne le deviendra jamais. J'ai peur, enfin ça tend à le devenir, mais c'est quand même, ça doit rester un monde à part. C'est comme le médical, pour moi ce serait... Une hérésie et ce serait humainement atroce que ça devienne un business comme un autre. Et pour moi le droit, on en est quasiment au même niveau. Ça voudrait dire quoi ? Comment tu veux garder ton indépendance, respecter ton client si en fait tu vois que le fric que tu vas en retirer, ton business plan qui va évoluer. Nous on ne fonctionne pas comme ça.
- Speaker #2
Il y a une dimension supplémentaire.
- Speaker #1
Alors je ne dis pas que tout le monde est comme ça malheureusement. Pour moi, ce n'est juste pas possible. Nous, on veut rester libre, indépendant, dire non si on a envie de dire non, et pas juste penser en termes de business. Mais c'est vrai que c'est l'air du temps. Je vais parler comme une vieille conne, mais je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose.
- Speaker #0
Après, si on ne se ment pas, il faut qu'à un moment, on ne peut pas le dissocier non plus, parce qu'il y a quand même des machines à faire tourner, il y a des gens, il y a des salariés, et il faut un certain équilibre.
- Speaker #2
Oui, oui, oui. Mais c'est ce qu'on disait tout à l'heure, on est devenus des chefs d'entreprise un peu par la force des choses, parce que ça s'est fait comme ça et parce que malheureusement on ne nous l'a pas appris. Mais la matière avec laquelle on touche, elle est quand même délicate, elle impose... c'est pas pour rien qu'on ait une profession réglementée, on ne fait pas ce qu'on veut, on a affaire à des officiers publics ministériels, à des magistrats, c'est pas tout à fait un business comme les autres. Je suis assez d'accord avec Céline, il ne faut pas que ça le devienne.
- Speaker #0
Ce n'est pas un business comme un autre.
- Speaker #2
C'est différent, évidemment.
- Speaker #1
S'asseoir sur ces valeurs au bénéfice d'un business, de la beauté purement financière, c'est inconcevable.
- Speaker #0
Je suis d'accord. Mais vous le gérez quand même.
- Speaker #2
Comme une entreprise.
- Speaker #0
Comme une entreprise. On ne va pas dire business. En fait,
- Speaker #1
on peut tout faire. Il y a plein d'autres chefs d'entreprise, je pourrais citer des noms, qui font la même chose. En fait, eux, ils ont un business parce que c'est un business commercial pur. Mais ils ont des valeurs et ils ne s'assieront jamais dessus pour tout l'ordre du monde. Donc si tu veux le faire, tu peux le faire.
- Speaker #0
Allez, dernière question. Il vaut mieux connaître le juge que la loi ?
- Speaker #2
Non, c'est faux. De toute façon, contrairement à l'idée reçue, les juges, on ne les connaît pas. C'est des gens qui bougent énormément, ils ne restent pas dans les juridictions. En tout cas, sur le volet civil, on ne connaît pas les juges.
- Speaker #0
Puis au final, ça ne fait pas grand-chose.
- Speaker #2
Si le dossier est sérieux et que ça tient bien, on peut emparer le juge, normalement. J'espère. Oui, non, non, c'est un mythe. Et puis ceux qui prétendent le contraire, je n'irai pas leur confier mes dossiers. C'est bien dit ça.
- Speaker #0
Bon, merci. L'épisode touche à sa fin. J'ai été ravi d'échanger avec vous. J'espère qu'on en connaîtra un peu, qu'on en connaît un peu plus sur vous maintenant. Merci Céline, merci Séverine d'être venue sur le plateau du Café des Dirigeants, de partager votre expérience. Vous êtes un peu ouvert. Pour ceux et celles qui nous écoutent et nous regardent, je vous donne rendez-vous pour un prochain épisode. Merci, à bientôt.
- Speaker #2
Merci Sébastien.