Speaker #0Jusqu'à quand vas-tu porter les émotions des autres sans t'occuper des tiennes ? Tu donnes tout, tu écoutes, tu portes, tu rassures, tu coupes, tu crées, tu transformes. Mais toi, coiffeur, jusqu'à quand ? Jusqu'à quand vas-tu courir sans t'arrêter ? Et jusqu'à quand vas-tu faire semblant que tout va bien, alors qu'au fond, il y a un petit quelque chose en toi qui s'essouffle ? Aujourd'hui, je ne vais pas te donner de solution, non. juste une invitation, celle d'oser regarder en face ce que tu ressens vraiment. Parce que si tu es là à m'écouter, c'est peut-être que quelque chose en toi a besoin d'être entendu. Alors à tout de suite ! Le cheveu fil de l'âme, le podcast qui tisse des liens entre vos cheveux et vos émotions. Préparez-vous à voyager au cœur de vous-même. pour une exploration profonde des racines émotionnelles qui se cachent derrière chaque mèche. Chaque semaine, je viendrai vous parler de mes différentes rencontres, parfois ponctuées de témoignages, et je vous aiguillerai sur la reconnexion à vos émotions pour reprendre les rênes de votre vie et comprendre les messages au travers de vos coiffures. Être coiffeur n'est pas toujours de tout repos, on le sait bien. Il y a le poids de l'invisible, comme on dit. Tu sais, celui qu'on ne voit pas, en fait. Cette fatigue qui s'enchaîne parce que tes clientes, elles arrivent, elles arrivent, elles arrivent. Et toi, tu enchaînes, tu enchaînes, tu enchaînes. Et tes journées, elles se rallongent, elles se rallongent. Et puis, tu sais, ce sourire qu'on doit toujours garder sur notre face parce qu'on nous a appris à l'école qu'on devait laisser nos problèmes derrière pour accueillir ceux des autres. Ouais, ok, c'est bien gentil tout ça, mais à un moment donné, ça a ses limites quand même, quoi. Donc on a ce sourire qu'on arbore, alors qu'il y a des fois, on a juste envie de faire la gueule. Parce qu'on n'est pas bien, parce qu'on est fatigué, parce qu'on a accumulé, et qu'on a le droit aussi d'avoir nos propres problèmes. Mais bon, on l'a choisi, dit-on. Et puis, il y a parfois un manque de reconnaissance, dans le sens où on croit qu'on fait un métier de rêve. Un métier de rêve, pourquoi ? Parce que sûrement que les gens, quand ils voient ça à la télévision, ils voient les reportages, ils voient les défilés, ils voient... Bon, ce côté-là, c'est un tout autre côté. C'est pas le nôtre, c'est pas dans ces coulisses-là qu'on est nous autres, non. Mais voilà, quand les clientes viennent au salon, évidemment, elles voient aussi une apparence, parce que souvent, il y a quand même une chouette ambiance, on est tous là ensemble en train de discuter, on parle, on parle. On partage, on rit, on s'amuse. Parfois, il y a des salons où on va, on les voit tirer la gueule, soyons clairs. Mais bon, parfois aussi, souvent, j'espère en tout cas, quand les clientes viennent, elles pensent quand même qu'ici, il y a une chouette ambiance et qu'on s'amuse. Ce qui est le cas, soyons clairs, mais à quel prix ? Il y a aussi le rôle de confident. Tu sais, celui où on va te confier tous les petits secrets, les douleurs, les deuils. Toutes les choses qui sont lourdes à porter pour la personne. Et puis quand elle arrive, elle, ça lui fait du bien. Elle se dépose. Tu es là, tu l'écoutes. Et elle, elle est contente de voir que quelqu'un va enfin l'écouter. Sans spécialement la juger. Juste écouter. Mais toi, derrière ça, est-ce que quelqu'un t'écoute ? Est-ce que tu prends le temps toi-même d'aller te déposer, d'aller discuter avec quelqu'un pour aussi déverser ce que tu as besoin de déverser ? Parce que... Ça ne t'appartient pas, tu n'as pas à garder ça sur les épaules tout le temps. Tu as assez à faire avec tes propres problèmes pour avoir en plus à gérer ceux des autres. Donc trouver quelqu'un avec qui tu puisses aussi toi te déposer, ça peut faire un bien fou, non ? Alors en étant aussi dans ce rôle d'être à l'écoute, tu prends le rôle du confident en fait. Malgré toi, du fait d'être devenu un thérapeute, Alors moi, j'appelle ça le thérapeute capillaire, parce qu'en soi, en t'occupant des cheveux des clientes, elle, en même temps, elle te déverse. Et puis, tu as parfois, là, peut-être, cette impression d'être coincé. Tu sais, ce côté entre ma passion et parfois une prison dorée. J'avoue que j'aime ce que je fais, mais il y a des moments où j'aimerais tellement être ailleurs. Mais tellement. Mais tu ne peux pas. Ou du moins, tu ne te l'autorises pas. Parce que la peur du changement, c'est quand même pas évident. Parce qu'il y a aussi la peur de décevoir et la peur de perdre tes clientes fidèles. Tout ça pèse très lourd sur les épaules. Alors, est-ce que tu t'es déjà posé toutes ces questions ? Est-ce que tu t'es déjà demandé si tout ça était normal ? Je veux dire, est-ce que tu prends déjà tout ça parfois en considération ? Le but n'est pas de tout jeter et de se dire j'en ai marre, j'arrête. Non, non, parce qu'on aime ce qu'on fait. Mais juste prendre conscience aussi de tout ce que ça engendre, tout ce qu'il y a comme conséquences derrière, et de pouvoir faire le bilan en se disant mais il y a des choses là-dedans que je me passerais bien, et ça ne m'appartient pas. Et donc, ça permet aussi de se dire, oh là, on va dire stop à certaines choses. Est-ce qu'on t'a déjà parlé de l'effet miroir ? L'effet miroir, c'est le moment où tu vois chez tes clientes ce qui se trouve en toi. Tu sais, ces périodes où, qu'est-ce qu'elles peuvent t'agacer des fois, ne serait-ce que dans leur attitude, dans leurs mots, dans ce qu'elles te partagent, ça t'énerve. dis-toi qu'il y a certainement quelque chose qui se passe en toi à ce moment-là qui t'énerve tout autant. Et puis le truc qui te touche profondément, est-ce parce que ça viendrait peut-être en résonance avec tes propres blessures ? Tu vois, cet impact-là, il est quand même important. On l'oublie, on l'oublie. Parce que devant nous, on a une personne, ok, mais il y a tout ce qui s'en échappe. Il y a toute l'émotion qui sort, il y a toute l'énergie qui circule. Et elle se traverse entre elle et toi. Donc c'est normal de temps en temps de ressentir des choses qu'on n'a pas idée que ça nous appartient, mais qui vient nous titiller quand même. Donc pense-y la prochaine fois que ça arrivera devant une cliente et que tu as un agacement ou que tu es touché profondément. Et puis le côté physique, ton corps, on en parle ? Les maux de dos qu'on a en fin de journée, qui sont là plus souvent, mais bon. Et puis les tensions qu'on a dans les bras aussi, parfois les migraines. Et si je te disais que ce n'était pas juste physique, pense à tout ce que je viens de te dire. Parce que cette usure mentale parfois qui finit elle aussi comme une douleur physique, vient de bien plus profond que ça. Et si tout ça n'était pas une fatalité mais un signal, peut-être temps de t'écouter, peut-être temps de savoir ce que ton corps te raconte. Et juste de faire le point pour voir vers où tu t'en vas. Alors moi, je ne suis pas là pour te dire quoi faire, non. Mais j'avais juste envie de te poser cette question: "Et si ce que tu ressens depuis un moment était en fait le début d'autre chose ?" Alors peut-être qu'un jour, tu seras prêt à explorer cette question avec moi, ou peut-être pas. Mais aujourd'hui, je voulais quand même te dire que tu saches que tu n'es pas seul. Si ce que je t'ai partagé aujourd'hui résonne en toi, c'est peut-être que tu te posais des questions depuis un moment auxquelles tu n'as aucune réponse et qui viendront peut-être au fil du temps. Mais se remettre en question est toujours sain. C'est toujours intéressant de voir où on en est et où on veut aller. Parce que notre métier, même si à la base c'est une passion, peut parfois être dévorante. Et c'est là où on apprend à mettre ses limites et apprendre surtout à t'écouter. Et c'est là où je veux t'amener. Commence à t'écouter car n'oublie jamais : "tu es la personne la plus importante dans ta vie". A bientôt !