- Speaker #0
Depuis 2017, j'accompagne et côtoie des entrepreneurs à succès. Chaque rencontre est unique et permet d'identifier ce qui crée la réussite. Je suis Alec Henry, l'initiateur du mouvement Entrepreneurs.com. Et dans ce podcast, j'ai l'opportunité d'échanger avec des personnalités inspirantes qui ont su créer la différence. Avec Le Déclic, je vous offre une perspective unique afin que vous puissiez,
- Speaker #1
à votre tour, faire la différence.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Le Déclic. Encore une fois, bien accompagné, je suis avec Mickaël Kodoshian. Comment tu vas ?
- Speaker #1
Bonjour Alec, ça va très bien, merci.
- Speaker #0
Eh bien écoute, hyper content de t'avoir ici sur Le Déclic. Rapidement, je vais te présenter et ensuite j'ai plein de questions à te poser. Tu es ingénieur de l'école centrale MBA à l'INSEAD, le parcours classique du futur grand dirigeant. Tu passes 15 ans ensuite dans le conseil en performance industrielle dans le secteur pétrolier en France et à l'international. Et puis un soir en Norvège, sous la neige, ton téléphone sonne, c'est ta fille de 10 ans au bout du fil qui te dit papa. tu travailles dans le pétrole, tu pollues, c'est pas bien ce moment il change tout en 2018 tu cofondes Abeille une start-up medtech adossée à Atoll les opticiens, l'un des premiers réseaux optiques de France avec 830 points de vente, tu as une obsession créer des lunettes intelligentes qui résolvent de vrais problèmes de santé sans que ça se voit le produit phare, l'excellence les premières lunettes électroniques qui aident les personnes dyslexiques à lire, aujourd'hui c'est 7000 utilisateurs dans 44 pays, 92% de satisfaction et une conviction L'innovation n'a de valeur que si elle change vraiment la vie de ceux qui la portent. Dans cet épisode, on va comprendre pourquoi les meilleures innovations sont souvent celles qui touchent à ce qu'on est, pas juste à ce qu'on fait. Bienvenue, Mickaël, sur le Déclic.
- Speaker #1
Merci, Alec. Je suis ravi d'être là.
- Speaker #0
Eh bien, écoute, j'ai une première question sur, finalement, le commencement, en tout cas, de cette aventure et de ce déclic, de cette nouvelle vie d'entrepreneur. Tu as passé 15 ans dans le conseil et dans le pétrole. Et puis, un jour, tu as choisi de tout arrêter. Qu'est-ce qui s'est passé concrètement et qu'est-ce qui fait que tu as eu cette volonté de te lancer dans cette aventure folle qu'est l'entreprenariat ?
- Speaker #1
C'est vrai que c'était des travaux. Enfin, j'avais des travaux, par exemple, qui étaient rémunérateurs, qui étaient intéressants. Moi, le fil rouge, si tu veux, dans toute ma carrière, c'était… au p... C'était pas forcément l'innovation, mais en tout cas j'apportais des idées un peu orthogonales. J'essayais de faire les choses différemment. C'était mon boulot de changer l'existence, si tu veux. Et à tel point que je faisais aussi des expérimentations à la maison, j'essayais de faire pousser des légumes, enfin bref. Et un jour aussi, c'est ma femme qui m'a dit, écoute, ça suffit, une dernière expérimentation, t'as flingué le parquet, il y a eu... une fuite d'eau, etc. Maintenant, tu n'as qu'à en faire ton boulot, va faire tes expérimentations ailleurs. Et puis, j'avais envie aussi d'un peu plus de liberté, j'avais envie de sortir un peu du cadre. Et entrepreneur, finalement, c'était la voie toute tracée. Donc, c'est vrai qu'on travaille un peu sans filet, il faut aussi se faire confiance. Mais je crois qu'avec le recul, c'est une décision que je ne regrette pas du tout.
- Speaker #0
Et au départ, quand tu te lances dans l'entrepreneuriat, tu ne démarres pas directement avec Abeille, tu lances aussi une startup dans l'IA. Cette première expérience, qu'est-ce qu'elle t'a appris ? Peut-être que tu as fait des erreurs qui t'ont permis d'avoir tes premières armes. Concrètement, qu'est-ce que tu as fait différemment au moment de lancer Abeille, dont il est question aujourd'hui, par rapport à peut-être d'autres expériences passées lorsque tu t'es essayé, si j'ose dire, à l'entrepreneuriat ?
- Speaker #1
Oui, alors je ne l'avais pas fondé la première. En fait, j'avais rejoint quelqu'un et on s'est associés, quoi, entre guillemets. Enfin, pas entre guillemets, mais on s'est associés. Et puis, ce dont je me suis rendu compte, si tu veux, l'erreur numéro un, c'est qu'en fait, il faut échouer rapidement. Si j'ose dire ça, que rapidement, on s'est rendu compte, lui et moi, que ça ne collait pas bien. On s'appréciait, mais on a rapidement décidé de divorcer à l'amiable, si tu veux. Donc, au bout de moins d'un an, enfin dix mois, finalement, on s'est rendu compte qu'il valait mieux qu'on divorce à l'amiable. C'est là, si tu veux, que je me suis mis en quête d'un nouveau défi. Mais c'était une aventure très formatrice aussi, parce que tu te retrouves soudainement livré à toi-même. L'imprimante ne marche pas, il n'y a pas quelqu'un à appeler pour réparer l'imprimante. C'est toi. Ça a l'air con comme ça, mais tu gères en l'espace d'une heure, tu passes de la stratégie à la vie, ce qui manque.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant cet exemple justement du stratège, du doueur, de celui qui doit penser à la vision mais en même temps à la stratégie, mais en même temps à l'exécution, mais en même temps aux toutes petites choses. tâches, surtout quand tu passes d'un... d'un emploi avec un cadre clair à responsabilité et qu'ensuite, tu dois passer au mode entrepreneurial. C'est un peu quelqu'un dans un grand groupe corpo qui a 10, 15, 20 ans de carrière dans un poste spécifique et qui ensuite rejoint une startup où tu dois là aussi tout faire. C'est souvent la dissonance à laquelle on doit faire face au quotidien.
- Speaker #1
Oui, je distinguerais deux choses. Alors bien sûr, parler de stratégie, penser long terme. définir une trajectoire, c'est vraiment indispensable, ça c'est sûr. Et il faut prendre le temps, ou en tout cas plutôt se mettre dans les conditions mentales pour s'autoriser, si tu veux, entre guillemets, à perdre du temps pour travailler là-dessus sérieusement. Pour autant, à d'autres moments, tu dois mettre les mains dans le cambouis. Et ça aussi, c'est utile parce que ça te ramène à des choses très concrètes. faire des plans sur la comète c'est super mais à un moment il faut faire et c'est d'autant plus utile lorsque tu mets les mains dans le cambouis dans ton produit alors évidemment réparer l'imprimante c'est plus une contingence matérielle il faut le faire mais c'est pas ça qui va te faire avancer par contre mettre les mains dans le cambouis dans ton produit savoir exactement comment il fonctionne le concevoir résoudre des problèmes, ça c'est... Tu ne vas peut-être pas forcément faire ça toute ta vie, mais par contre, à un moment, ça te donne une connaissance tellement intime de ce que tu fais, et cette connaissance-là, c'est une grande valeur en fait, parce que demain, lorsque tu en parles, lorsque tu le vends, lorsque tu réfléchis à son évolution, tu as un savoir-faire, tu acquiers un savoir-faire qui est... inestimable en fait. Tu ne vends pas quelque chose que de quelqu'un d'autre. Tu vois ce que je veux dire ? Tu sais exactement de quoi ça parle. Quand quelqu'un te pose une question, j'aimerais bien que ça fasse ceci ou que ça fasse cela, toi tu sais exactement. Ça se trouve, probablement, tu y as déjà pensé avant et tu sais exactement, tu es capable de répondre on ne l'a pas fait pour telle et telle raison et qui a du sens. Ou alors tu dis, c'est inclus dans une évolution prochaine, etc. Tu maîtrises ton produit à mort.
- Speaker #0
tu vois ce que je veux dire ça c'est vraiment clé complètement et il y a un point particulier aussi dans ton parcours entrepreneurial avec ce projet aujourd'hui que tu portes c'est qu'en 2016 Atoll cherche quelqu'un pour créer la boîte dont il rêve comment ça se passe cette rencontre quand on te propose de créer une start-up dans l'optique après 15 ans dans le pétrole, dans le corpo tes proches qu'est-ce qu'ils te disent toi dans quelle posture tu es c'est pas anodin de créer ce qu'on pourrait appeler aujourd'hui, dans le vocabulaire un peu commun de la Startup Nation, ou autre, une spin-off d'une entreprise comme Atoll. Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Assez simplement. On a dîné ensemble, on a discuté de choses et d'autres. Lui, le président d'Atoll, qui m'a parlé de l'état d'Atoll, surtout de la vision. Parce que je rappelle qu'Atol est une coopérative, donc ils ont construit leur plan stratégique avec l'ensemble des associés, donc à peu près 550 associés. Et au terme de cette réflexion collaborative, ils se sont rendus compte, en tout cas ils ont formalisé le fait qu'eux se positionnaient davantage comme des professionnels de la santé visuelle plutôt que des vendeurs de lunettes. Et du coup... Ils voulaient proposer des solutions innovantes, des solutions à plus forte valeur ajoutée pour leurs clients. Malheureusement, à cette époque, c'était en 2016, il n'y avait pas de lunettes connectées, si ce n'est les Google Glass à l'époque, mais il n'y avait rien, il n'y avait pas de solution, il n'y avait rien qui existait et du coup, ils ne voulaient pas le faire en interne, en tout cas, ils ne se sentaient pas capables. Et du coup, ils cherchaient quelqu'un pour créer la startup dont ils rêvaient, bien sûr. Moi, ça me matchait parfaitement avec, d'une part, mes envies personnelles, avec mon parcours aussi, ainsi qu'avec ce que j'avais envie de faire. Parce que, comme tu l'as cité tout à l'heure, ma fille qui m'appelle quand je suis en Norvège pour me dire que je pollue, je me suis dit, écoute, à un moment, il faut écouter la jeunesse, tout simplement. Donc, faire quelque chose qui a du sens. Ça me changera peut-être un peu plus. Et puis par ailleurs, le fait que l'électronique se miniaturise en... Moi, je porte des lunettes depuis que j'ai 3 ans, si tu veux. Ça me semblait assez logique. Il y avait de la place dans l'objet pour y intégrer de l'électronique, une mini-batterie et procurer un service de santé, de bien-être pour l'utilisateur. Moi, je trouve que ça a beaucoup de sens. Et puis, c'est comme ça qu'est née Abbey. Alors, abeilles, pour la petite histoire, je l'ai nommé comme ça. Pourquoi ? Parce que ça sonne comme l'insecte. Et ce n'est pas du tout une coïncidence, parce que l'insecte apporte quelque chose qui est évident, qui est le miel. Bon, tout le monde pense au miel. Mais l'abeille apporte également quelque chose de très important pour l'humanité, qui est la pollinisation des fleurs. Et tout ça en toute discrétion, avec un petit insecte qui, entre guillemets, ne paye pas de mine. Mon ambition, et je crois qu'on est en train de réussir, mon ambition était de créer, pareil, des lunettes qui apportent l'évident, donc la correction visuelle, mais aussi un service de santé. ou de bien-être pour l'utilisateur. Ça, en toute discrétion, donc avec un design, une esthétique passe-partout. Pas stigmatisante, en tout cas.
- Speaker #0
Très clair. Et justement, dès le démarrage, est-ce que tu peux nous expliquer la vision, comment on crée un produit innovant dans un groupe ? Est-ce que tout de suite, l'excellence était en cours de développement ? Euh... où ça a été mis en place au fur et à mesure ? Qu'est-ce que vous faites aujourd'hui ? Ça peut être intéressant pour ceux qui ne connaissent pas Abeille, qui ne connaissent pas les solutions que vous apportez, de mieux comprendre, de mieux positionner, de voir comment la chose a évolué au fil du temps.
- Speaker #1
Alors, c'est vrai qu'on s'est lancé un peu... La première lunette sur laquelle on a travaillé, c'était une lunette à destination des seniors. C'était une lunette qui détectait la chute et qui prévenait les secours. Pour ça, on est allé s'approvisionner, enfin on a utilisé un brevet du CNRS avec un algorithme de détection de chute qui détectait à la fois les chutes lourdes et les chutes molles. Les chutes lourdes, c'est je me prends les pieds dans le tapis, je tombe de tout mon poids, c'est un choc violent, ça c'est facile à détecter, pas de problème. En revanche, les chutes molles, c'est j'ai la tête qui tourne, je me raccroche un peu au mur, mais finalement je glisse jusqu'au sol. Donc il n'y a pas de choc, si tu veux, mais par contre... Quand tu es une personne âgée, que tu es au sol, parfois, certains d'entre nous, en tout cas, ne parviennent pas à se relever. Et donc, détecter ça, c'était plus difficile. Donc, on y parvenait. Pour autant, dans l'accès au marché, si tu veux, il y avait beaucoup de paramètres qui ont fait que ça n'a pas tout à fait trouvé son marché, pour des tas de raisons, je ne vais pas revenir là-dessus. C'est une lunette qui était... Il y a eu quand même un succès d'estime. Et il y a eu... Ça nous a permis en tout cas déjà aussi d'apprendre. D'apprendre à fabriquer une lunette connectée, d'apprendre à concevoir les branches. La meilleure manière de fabriquer des branches creuses pour que ça s'assemble. C'est un puzzle en 3D et tout petit. C'est assez balèze, si j'ose dire. Mais toujours est-il qu'on a beaucoup appris. De telle sorte que lorsque, par la suite, il y a eu une découverte scientifique en France qui a attiré mon attention, quand je suis allé voir les chercheurs, je leur ai proposé de travailler avec eux pour fabriquer une lunette qui deviendra plus tard l'X-E-Lens.
- Speaker #0
Très clair. Et au départ, toi qui ne viens pas du tout de ce monde, comment ça se passe ? Tu contactes des chercheurs, des ingénieurs ? Est-ce que tu prends part au projet ? ou est-ce que... technique donc ou est-ce que tout de suite tu te dis ok ma zone de génie ma contribution c'est celle-ci je vais me concentrer dessus je te pose cette question parce que beaucoup d'entrepreneurs peut-être veulent innover veulent créer quelque chose d'unique de différenciant qui vient répondre à une problématique présente sur un marché quel qu'il soit encore plus aujourd'hui où avec l'IA ou avec plein d'autres éléments les barrières à l'entrée sont plus forcément les mêmes mais pour autant ce n'est pas lié à leur expertise initiale. Et la question sous-jacente, c'est quand on se lance comme ça, sachant qu'on doit un peu tout faire en tant qu'entrepreneur, est-ce qu'on doit quand même se concentrer sur une vision transversale ou uniquement et le plus rapidement possible se concentrer sur là où on est fort et le reste le déléguer à des personnes plus compétentes que soi, spécifiquement sur ce sujet ? Comment tu t'y es pris au départ ? parce qu'aujourd'hui, c'est clair, j'ai parlé de chiffres tout à l'heure, c'est une vraie entreprise structurée, mais au démarrage, quand ça n'est qu'à l'étape d'idées, puis de projets, puis de start-up, ce n'est pas la même histoire.
- Speaker #1
Non, je suis d'accord avec toi. Écoute, de mon expérience, ce que je peux te dire, c'est que les premiers instants... sont délicats. C'est-à-dire que chaque micro-décision que tu prends dans les premiers mois ont un impact considérable. On ne parle pas d'une multinationale avec, je ne sais pas combien, une millier de personnes, qui a un gros bateau, un paquebot, et où là, tu peux prendre plein de décisions. En fait, ça n'afflue pas beaucoup. Là, moi, je te parle d'une petite barque. Et tout doit être... Tu ne peux pas te permettre trop d'erreurs, parce que tout est délicat. Et donc, déléguer, bien sûr, tu te fais aider, mais déléguer entièrement, ne pas être resté loin de ton produit, moi, en tout cas, je n'ai pas fait ça. Moi, je n'ai pas fait ça. Je ne sais pas tout faire, ce qui a été fait. Par contre, je me forçais à essayer de comprendre pour avoir un avis éclairé. C'est-à-dire que des fois, on me posait des questions, je n'avais pas la réponse, mais il fallait que je la trouve. Là, tu interroges à droite, à gauche, devant, derrière. Tu essaies de comprendre la logique, pourquoi. Tu poses des questions pour finalement prendre la bonne décision. Et effectivement, typiquement, sur la première lunette à détection de chute, on avait fait des choix de conception plastique. Quand je dis plastique, ce n'est pas en termes de matériaux, mais en termes de... Il y a l'électronique et puis il y a la lunette elle-même, c'est ce que j'appelle le plastique si tu veux. Le puzzle 3D était trop compliqué. Donc on avait par exemple des rebuts de production où par exemple ça ne s'emboîtait pas bien, ou ça s'emboîtait mais il y avait un peu de jeu, c'était moins joli, etc. Et donc ça, le retour d'expérience sur cette lunette-là nous a permis de faire des choix radicalement différents sur la conception de l'excellence, qui a accéléré grandement la conception, puis l'industrialisation. On n'aurait pas pu faire ça si je n'avais pas été, comme je disais tout à l'heure, l'émanant cambouis. C'est-à-dire qu'à un moment, c'est pas fabrique-moi une lunette et puis on se revoit dans six mois. Non, non, la lunette, on va la faire comme ci, comme ça. Le mode d'assemblage, par exemple, des différentes parties de la lunette, il sera plutôt comme ci, plutôt que comme ça. Et là, j'étais capable d'expliquer pourquoi. Donc, tu ne fais pas tout toi-même, bien sûr, mais le max, quoi. Le max.
- Speaker #0
Ouais, clairement. Typiquement, l'excellence, on l'a évoqué, aide les dyslexiques à lire plus facilement. Mais tu dis toi-même que ce n'est pas que de la lecture. Qu'est-ce que ça change concrètement chez eux ? Je te pose la question. C'est un ancien dyslexique qui te pose la question. J'avais fait un test et effectivement, quand j'étais tout petit, on me disait que j'étais dyslexique. J'avais fait un type de médecin spécialisé. Je ne me souviens plus du terme.
- Speaker #1
Un orthophoniste.
- Speaker #0
Exactement. Merci. Ça peut être intéressant pour ceux qui nous écoutent qui sont ou pas concernés d'ailleurs. Concrètement, qu'est-ce que ça apporte ? Qu'est-ce que ça fait ? Qu'est-ce que ça change ? chez les personnes qui pourraient être dyslexiques ?
- Speaker #1
Oui. Alors, écoute, d'abord, pour répondre à ton introduction, ça ne concerne pas que la lecture, effectivement. Je vais te donner un exemple. Au tout début, au labo, on avait évidemment des gens qui passaient venir essayer les protos. Et je me souviens notamment de cette jeune fille qui devait avoir 9 ans à l'époque, qui essaye le proto, qui lit vraiment de manière très fluide. son père à côté qui avait l'œil. Et la jeune fille se retourne vers moi avec, si j'ose dire, une banane à la place de la bouche. Un sourire jusqu'aux oreilles, vraiment ravie. Et elle me dit, très fière, moi maintenant, je vais être comme mes copines. Moi, je m'attendais à ce qu'elle me dise, je vais pouvoir lire mon livre préféré. Je ne sais pas, mais non, non. Elle me dit, moi, je vais être comme mes copines. C'est ce jour-là que j'ai compris que ça allait bien au-delà de la simple lecture. Si tu veux, bien sûr, dyslexie, on pense à la lecture, mais en fait, ça touche d'une part ce que tu fais, mais aussi ce que tu es, surtout comment tu habites le monde, comment tu te projettes dans le futur. Et là, cette phrase-là, qui était tout à fait symptomatique, j'ai compris à ce moment-là que ça allait bien au-delà, tout simplement. Alors, qu'est-ce que ça fait concrètement ? Alors là, je suis obligé, je suis désolé, je suis obligé de revenir un tout petit peu sur comment ça fonctionne. Les lunettes qu'on connaît tous, qu'on comporte, qu'on peut notamment trouver chez Atoll par exemple. Elles ont été inventées il y a 700 ans. Elles corrigent le capteur, c'est-à-dire l'œil, la vue. Elles modifient le chemin lumineux pour que ça soit net quand ça arrive sur la rétine. Mais la vue, ce n'est qu'une des étapes de la vision. Il y en a deux, en tout cas au moins deux. C'est ce qu'ont montré les deux chercheurs dans leur publication. C'est qu'il y a d'une part le capteur, donc la vue. Mais ensuite, les yeux envoient des signaux au cerveau qui se chargent de créer l'image mentale. L'image mentale dans le cerveau, elle n'est pas créée dans les yeux, elle est créée dans le cerveau. Et cette étape-là aussi peut avoir des ennuis, c'est ce qu'ils montrent à nouveau dans leur papier, et ils montrent également une manière de corriger, ou en tout cas d'enlever ces ennuis. Alors de quoi s'agit-il ? C'est ce qu'on appelle l'encombrement neurovisuel. qui se passe au niveau du cortex visuel. Je ne vais pas entrer forcément dans les détails, mais grosso modo, disons que la meilleure manière pour quelqu'un de s'en rendre compte, c'est supposons que vous soyez assez en classe. Vous regardez le tableau, et moi, j'écris une phrase au tableau. Malheureusement, le tableau, je ne l'ai pas effacé avant. Il y a déjà la leçon précédente. J'écris par-dessus. Tu vois, je vais me dire que je gribouille, mais j'écris. quelque chose proprement, mais sur la leçon précédente. Et je te demande de lire. Évidemment, tu vas avoir du mal parce que tout est encombré, certaines lettres sont difficiles à discerner. Et en vérité, tu n'es pas tellement dans la lecture, tu es plus dans le déchiffrage. Et précisément parce que tu es dans le déchiffrage, tu auras besoin de lire une fois, enfin plutôt deux ou trois fois pour comprendre la leçon. Et bien ça, c'est le quotidien de deux enfants par classe en moyenne. 10% de la population mondiale vit ça au quotidien. L'excellence ne fait... Donc, si tu veux, le tableau qui est encombré, c'est ça, l'encombrement neurovisuel. Et l'excellence ne fait qu'une seule chose, elle efface le tableau. Instantanément et de manière universelle. Quand je dis de manière universelle, c'est que ça ne dépend pas de ta langue, ça ne dépend pas de ton âge, ça ne dépend pas de ton sexe non plus, ni de quoi que ce soit d'autre. Et instantanément, parce que tu les mets... les allume parce que ça contient de l'électronique et là ça module la lumière d'une certaine manière pour que dans le contexte visuel l'encombrement disparaisse. Evidemment les lunettes n'enseignent pas à lire, évidemment les lunettes ne lisent pas à ta place non plus par contre tu reçois des données claires enfin nettes.
- Speaker #0
Très claires
- Speaker #1
Alors concrètement que ressentent les gens ? ils me disent que le texte apparaît stabilisé. Il est plus net, plus clair, c'est plus fluide. La lecture est plus fluide. Et parce que la lecture est plus fluide, si tu veux, eh bien, il y a resynchronisation, lecture, compréhension. Je lis et je comprends en même temps. Je peux lire un long texte et je ne suis pas épuisé.
- Speaker #0
Merci pour l'explication. C'est hyper intéressant et surtout, on comprend techniquement comment ça fonctionne. Un point intéressant aussi à évoquer pour ceux qui nous écoutent, quand tu entreprends, tu dois tester ton marché. Tu vas tester différents positionnements, etc. Et vous, ça a été le cas aussi parce qu'au départ, vous travaillez sur une lunette de détection de chute pour les seniors. Et ce produit n'a pas forcément trouvé son marché. À quel moment vous vous dites, OK, on tourne la page, on va créer quelque chose d'autre ? Comment tu as vécu ? ce premier échec entre guillemets si on peut appeler ça un échec ça peut être intéressant justement de le décortiquer parce que finalement comment différencier la persévérance de l'obstination jusqu'à peut-être se brûler accepter qu'on n'a pas forcément été dans la bonne direction réussir à en tirer les leçons possibles pour ne pas mettre à la poubelle si j'ose dire tout le travail qui a été fait pour en arriver là. Ça peut être intéressant que tu nous racontes aussi cette phase-là, parce qu'elle est souvent riche d'enseignements pour tous les entrepreneurs qui doivent pivoter.
- Speaker #1
Alors cette question, merci de me la poser. Écoute, spontanément, je te dirais la différence entre l'obstination et la persévérance, c'est est-ce que ça dépend de toi ? Est-ce que tu peux faire quelque chose ? C'est-à-dire que tu... Est-ce que... ça n'est pas rencontré sans marché, d'accord, mais pourquoi ? Est-ce que c'est parce que le produit n'était pas bon ? Ou bien est-ce que c'est parce que le marché n'en veut pas ? Et si le marché n'en veut pas, fondamentalement, je veux dire, pas parce qu'elle n'est pas belle, mais c'est parce que le marché n'en veut plus. On s'est rendu compte, en fait, que si tu veux, quand la personne tombait, dans le principe de fonctionnement, si tu veux, ça détecte la chute, il faut que ça appelle quelqu'un. Ça appelle une plateforme. Il faut bien que quelqu'un décroche le téléphone, si tu veux. Et là, on était associés avec des plateformes de télésurveillance. Et on s'est rendu compte, en fait, que, si tu veux, c'était presque trop bon. En fait, on détectait trop bien. Et du coup, c'était pas forcément... très bien accepté, le fait qu'on détecte trop bien. C'est-à-dire que ça les arrange que le téléphone ne sonne pas, si tu veux. Ça, c'est une première chose. Sans aller dans ce terrain-là, il y a aussi le fait qu'il y avait quand même la nécessité de mettre des verres de correction dedans. Or, beaucoup de seniors se sont fait opérer de la cataracte et donc ont profité pour... Il y avait un besoin moins prégnant qu'on pensait, si tu veux, moins fort. et ce besoin là il dépend pas de moi, il dépend pas d'Abeille il est juste il existe, c'est tout, quand il pleut il pleut quoi, donc c'est pas du fatalisme mais c'est plutôt un moment tu te dis faut juste que je passe à autre chose alors évidemment c'est plus facile quand t'as un autre projet complètement,
- Speaker #0
et avant que je te pose des questions sur vos systèmes d'acquisition les milestones que vous avez pu atteindre la réflexion autour du produit encore ou autre. Vous avez reçu également deux récompenses majeures. Concrètement, pour une entreprise comme Abbey, c'est un levier ? Ça change quelque chose ? Ça aide ? Ou c'est juste une sorte de titre honorifique qui fait plaisir ?
- Speaker #1
Alors, bien sûr, ça fait plaisir. Mais bon, c'est vrai que... Oui, ça fait plaisir. Ça fait plaisir. Honnêtement, moi, ce qui me fait le plus plaisir, c'est le sourire des enfants qui testent nos lunettes, les larmes des parents. Ça, c'est... infiniment plus gratifiant. Mais bon, mais bon. Une petite entreprise comme Abeille, si tu veux, personne ne nous connaît. Personne ne nous connaît et personne ne sait qu'on a développé une innovation de rupture. Personne ne sait que notre innovation peut aider certaines personnes. Et donc, on a besoin de se faire connaître. Sauf qu'on n'a pas beaucoup de fric. Et donc, évidemment, une distinction comme ça, c'est du pain béni. C'est du pain béni parce que, si tu veux, ça ouvre la porte de certains médias. ça permet de faire parler de toi en bien, si possible et donc tu sautes sur l'occasion c'est de la pub gratos si tu préfères donc de ce point de vue là surtout par exemple quand on était au CES on a eu des médias américains c'est pas compliqué mécaniquement on a eu des commandes qui sont venues des Etats-Unis c'est aussi simple que ça ça c'est vraiment positif quoi
- Speaker #0
Le CES, pour ceux qui nous écoutent, c'est une convention aux États-Unis qui est la plus grosse convention autour de la technologie au monde qui se passe à Las Vegas. Et au-delà, tu parlais justement de publicité gratuite. Parlons de canal d'acquisition. Aujourd'hui, c'est 7000 utilisateurs dans 44 pays. C'est vraiment très disparate. 92% de satisfaction. C'est assez énorme. Bravo. C'est quoi votre principal canal d'acquisition ? Et comment ça fonctionne aujourd'hui ? C'est les boutiques, c'est le digital ? Comment ça fonctionne, cette partie-là ?
- Speaker #1
Surtout le bouche-à-oreille, en fait. Surtout le bouche-à-oreille. Nos utilisateurs sont nos premiers ambassadeurs. Récemment, par exemple, une personne m'a contacté en me disant « Tiens, j'aimerais bien pour ma fille, parce que... » Mais comment ? Je lui ai posé la question. C'était à l'étranger. Je lui ai dit « Mais comment avez-vous entendu parler de nous ? » Dans l'école de ma fille, il y a sa copine qui est venue avec une paire de lunettes. excellence là, et puis comme elles ont toutes les deux les mêmes reading challenges, les mêmes difficultés de lecture, et ben bon ben, ça m'intéresse quoi, j'ai envie d'essayer. Bon ben voilà, si tu veux, le bouche à oreille, il y a une sorte de, peut-être pas façon de solidarité, mais en tout cas les gens se connaissent entre eux, quand ils partagent les mêmes ennuis. ils finissent par s'assembler.
- Speaker #0
Le bouche à oreille. On investit aujourd'hui. On n'a juste pas les moyens. On n'investit pas en publicité. Par contre, on stimule ce bouche à oreille. Ça, c'est sûr. On rappelle quand même à chaque fois aux gens que s'ils sont contents, surtout, merci d'en parler autour de vous. Si vous êtes contents, n'hésitez pas à venir nous laisser un témoignage, y compris un témoignage vidéo. C'est grâce à ça que sur notre site web, par exemple, on a des témoignages vidéo. en je ne sais plus combien de langues, en chinois, en anglais, en italien, en roumain, en polonais, en arabe. Pourquoi ? Parce que lorsqu'un utilisateur qui parle espagnol vient sur notre site web, il peut écouter bien sûr un témoignage en anglais, mais c'est lointain, c'est moins incarné. En revanche... S'il voit que dans la ville d'à côté, il y a quelqu'un qui parle la même langue que lui et qui est content et qui explique pourquoi il commence à changer sa vie ou la vie de son enfant, tout de suite, ça crée de la connexion. Et là, tu es au plus proche des gens. Des témoignages en langue native, ça on en a plein. Et donc évidemment, on stimule ça. On ne le force pas, mais en tout cas, on n'oublie pas, si tu veux, d'inviter les gens à laisser des témoignages parce que c'est le carburant de bouche à oreille.
- Speaker #1
Il y a un autre point aussi, c'est que Sofa vous propose un essai gratuit sans obligation d'achat chez Atoll avec 30 jours satisfaits ou remboursés même à l'international. Déjà, pourquoi ce choix ? Et deuxième point, pour ceux qui peut-être se disent, ah tiens, ça peut être intéressant de mettre en place ce type de stratégie. Quels sont les résultats ? Est-ce que ça a vraiment été efficace, performant ? Est-ce que vous traquez cette data-là ? Je te pose cette question parce que ça a quand même un coût logistique de mettre en place ce type de choses, surtout peut-être pour des entrepreneurs qui nous écoutent et qui démarrent ou qui, en tout cas, n'ont pas atteint un stade critique d'un point de vue logistique, d'un point de vue stock. Ça peut être intéressant que tu nous partages ce retour d'expérience.
- Speaker #0
Avec plaisir. Alors... déjà pourquoi ? parce que si tu veux le sujet est quand même très sensible moi j'ai pas envie de jouer avec les émotions des gens j'ai une démarche j'ai envie de dire plus honnête qu'humeur ça veut dire que je veux pas faire de fausses promesses ma démarche elle est la suivante c'est que alors en France on est présent chez tous les opticiens à tol et ma démarche elle est toute seule écoute Tu ne perds rien à essayer. Je ne te fais aucune promesse, je ne te dis pas que ça va marcher ou pas marcher. Vas-y, essaye, c'est gratuit, sans obligation d'achat, à toi de voir. Parce qu'il y a quand même beaucoup de... Je ne veux pas qu'on puisse un jour me reprocher, et d'ailleurs moi-même en tant que parent, ça m'embêterait qu'on me fasse des fausses promesses, surtout quand ça touche mon enfant, à la limite pour moi pourquoi pas, mais quand ça touche mon enfant, je ne veux pas jouer avec ça. Et c'est gratuit sans obligation d'achat. Première chose, en France. Et à l'étranger, 30 jours satisfaits ou remboursés. Alors tu as raison, il y a un coût logistique, mais finalement assez peu, parce que quand même, quand je dis 30 jours satisfaits ou remboursés, c'est hors frais d'expédition. C'est-à-dire que le produit, tu le payes, je te le rembourse. Quand je te l'envoie, c'est toi qui as payé les frais d'expédition. Et quand tu me le renvoies parce que tu n'es pas content... c'est toi qui paye les frais d'expédition aussi. À un moment, moi aussi, je me suis dit que ce n'était pas possible. Je n'ai pas encore les moyens, si je veux, d'offrir l'expédition d'un paquet à l'autre bout de la planète et puis de payer pour le retour aussi. Mais ça, les gens le comprennent. Il n'y a pas de débat là-dessus. En revanche, est-ce que ça marche ? Ça marche plutôt bien parce que du coup, ça abaisse la barrière à l'entrée. On l'explique très bien sur notre site web. Et aujourd'hui, en plus, il se trouve que, si tu veux, non seulement j'y crois, mais les chiffres me donnent raison, on a moins de 2% de retour. Les gens, que ce soit aux États-Unis, au Brésil ou à l'Arabie saoudite, ils commandent, on envoie, puis en fait, ça ne revient pas. Donc, c'est qu'ils sont contents.
- Speaker #1
Tu parlais justement d'image et d'intégrité, d'importance, que ce soit, comment dirais-je, transparent, carré. Et de l'autre côté, il y a un sujet qui peut être assez sensible pour beaucoup d'entrepreneurs, notamment avec l'ère des réseaux sociaux et autres. Il y a des gens qui t'appellent charlatan ou autre. Comment tu dis ça ? au quotidien, est-ce que ça t'a obligé à changer quelque chose dans ta façon de communiquer, de te défendre, de prouver ? Je te pose cette question parce que le regard des autres ou la critique, qui souvent d'ailleurs est très facile, gratuite et encore plus aujourd'hui, elle peut être très mal vécue par beaucoup d'entrepreneurs, voire même certains peuvent avoir des idées absolument géniales. mais... ne pas oser les lancer, voire renoncer à développer leur business ou leur idée à cause justement de critiques qui peuvent, dans certains cas, ne même pas être fondées. Comment tu l'as vécu ? Comment ça t'a influencé d'une certaine façon ou alors pas du tout parce que tu sais que ce que tu fais est bien et tu es aligné avec ce que tu fais ?
- Speaker #0
Merci pour cette question parce que c'est un point important à préciser. J'ai beaucoup de choses à dire. Je vais essayer de structurer ma réponse. En contexte, je dirais que l'exilène, c'est vraiment une innovation de rupture. C'est vraiment un truc inattendu. On apporte une approche complètement orthogonale qui vient un peu bousculer le parcours patient et qui, du coup, est mal comprise. Ce que je t'ai dit tout à l'heure en quelques phrases par rapport à la neurovision... Je dois avouer qu'au début, moi-même, il y a quelques années, je n'en parlais pas forcément. Et du coup, les gens me disaient « c'est évident que la dyslexie n'a rien à voir avec la vue » . Oui, c'est vrai, la dyslexie n'a rien à voir avec la vue. On ne peut pas la corriger avec des lunettes standards. Mais pour le coup, ce ne sont pas des lunettes standards. L'excellence vient corriger la neurovision. On modifie littéralement la manière dont le cortex visuel traite les images. Mais ça, il faut l'expliquer. Donc, je passe mon temps à être pédagogue, vulgarisateur. Et bon, ça fait partie du job, c'est normal. Malgré tout, malgré tout, oui, oui, on m'a traité de charlatan. On me traite encore de charlatan. Et du coup, la manière dont je le prends, ce n'est pas personnellement. Enfin, bon, évidemment, ce n'est pas toujours évident. Mais surtout, c'est l'impact sur le business. Et surtout, je vais te donner un exemple. Je vais te donner un exemple, c'est qu'il y a quelques années, un opticien m'appelle en me disant « Écoute, je dois rembourser une lunette. Je dois rembourser une lunette, c'est compliqué, je ne comprends pas pourquoi. » Donc je lui demande de me raconter. Un père vient dans la boutique essayer, donc à nouveau gratuitement, sans obligation d'achat, en magasin. l'enfant Essaye les lunettes, tout va bien, vraiment c'est râle, mais quel changement radical dans la lecture, etc. Alors, bon, il décide d'acheter la paire de lunettes. Une semaine ou deux semaines plus tard, le père revient en disant, je veux qu'on me rembourse. Alors, bon, bien sûr, si tu veux que je te rembourse, je te rembourse, mais qu'est-ce qui se passe ? Ça ne marche pas finalement ? Ah si, si, ça fonctionne. Ah, d'accord, quel est le problème alors ? Mon fils est allé voir son orthophoniste, qui lui a dit « qu'est-ce que c'est que ce connerie ? Tu t'es fait avoir, t'es vraiment un gogo » . Il a dit « regarde, écoute comment il lit » . « Non, non, non, non, mais moi je ne rentre pas dans tes combines, c'est toi le gogo » . Et donc finalement le père dit « bon ben… » Voilà, je veux être remboursé. Bon, il a été remboursé, pas de problème. Mais si tu veux, l'incompréhension ou la mécompréhension porte préjudice à moi, bon, à la limite, pourquoi pas. Mais surtout, c'est tous ces enfants qui pourraient s'épanouir à l'école, qui pourraient vivre mieux et grandir mieux. Mais c'est surtout ça qui m'intéresse, tu vois. Alors, est-ce que ça change quelque chose ? Dans mon discours, un peu, c'est-à-dire il y a plusieurs choses. D'abord, j'essaie d'être encore plus vulgarisateur, encore plus pédagogue. Ensuite, je fais très attention à ce que je dis, je ne fais pas de promesses. Déjà que je n'en faisais pas, là, j'en fais encore moins. Et puis, j'essaie, et ça, c'est mon challenge, mon défi pour... 2026, c'est... si tu veux, inclure davantage tout l'écosystème. Parce que c'est vrai que là, effectivement, ça c'est une leçon dont je tire de mon expérience avec un peu de recul, c'est qu'au début, tu es très le nez dans le guidon. Tu conçois ton produit, tu travailles avec le laboratoire, tu t'améliores ton truc, ok, ok. Mais là, c'est peut-être, même probablement, une erreur de ma part. J'aurais dû peut-être inclure davantage l'écosystème à ce moment-là pour les prévenir. Si tu veux, regardez les gars, j'arrive, venez, on participe tous ensemble. Et je ne l'ai pas fait à l'époque, ou en tout cas pas suffisamment. Il n'est peut-être pas trop tard de le faire maintenant. Donc aujourd'hui, si tu veux, j'ouvre davantage pour... J'essaie d'inclure davantage l'écosystème pour, si tu veux, transformer une innovation technique en progrès social. Si tu veux, il y a le produit d'une part, et puis il y a les bénéfices pour la société. Moi, ce qui m'intéresse, c'est les bénéfices pour la société. Et ça, ça n'arrivera que si la société s'en empare. C'est-à-dire s'il y a autour de la table, de manière imagée, la start-up qui fabrique le produit, ok, mais aussi... le corps enseignant, mais aussi les professionnels de santé, mais aussi les parents, les associations et les usagers. Tout le monde s'en empare. C'est que comme ça qu'on peut vraiment aller de l'avant et en faire bénéficier de tout le monde. Oui,
- Speaker #1
qu'il y ait une adoption massive de toutes les parties prenantes et de tous les acteurs qui pourraient contribuer de près ou de loin à l'expansion et à l'adoption finalement de ce type de ce type d'outils et de technologies.
- Speaker #0
C'est ça. Si tu veux, c'est un objet qui a été créé, mais ensuite, c'est aux gens de s'en emparer. Ils l'utiliseront comme ils ont envie de l'utiliser. Quelque part, l'objet t'échappe à un moment. Il doit vivre sa vie. Et à partir du moment où il apporte un bénéfice à la société, moi, ça me va.
- Speaker #1
Merci pour tout ce que tu as partagé dans le cadre de cet épisode. Mickaël, j'ai une toute dernière question à te poser. mais avant ça pour celles et ceux qui ont apprécié écouter cet épisode autant que je n'ai eu de plaisir à l'animer, faites-le nous savoir en mettant 5 étoiles sur votre plateforme de streaming préférée, également on mettra les différents liens dans la description de cet épisode et on fera un post LinkedIn pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, te suivre et en savoir plus sur Abbey, l'excellence et la suite de l'aventure est-ce que tu peux nous partager s'il te plaît, le déclic Merci. qui a fait toute la différence dans ta carrière, que ce soit professionnellement comme personnellement. Ça peut être une simple phrase, ça peut être une anecdote, ça peut être quelque chose de positif, quelque chose de moins positif. Peu importe, tu as carte blanche pour le mot de la fin.
- Speaker #0
Waouh, fin de la pression. Le déclic, je ne sais pas, mais en tout cas, une réflexion, c'est qu'à un moment, tu fais plein de trucs. Tu fais, tu fais, tu fais, tu fabriques. tu accomplis des choses. Et en fait, il y a deux choses qui me viennent à l'esprit, que d'ailleurs je dis à mes enfants, c'est que n'oublie pas de t'amuser en chemin. Parce que sinon, si tu ne te concentres que sur la destination, en fait, elle n'arrivera jamais. Je ne dis pas que tu vas rater, pas du tout. Mais en fait, c'est sans fin, quoi. C'est sans fin. Donc tu dis, je m'amuserai quand j'aurai 20 ans, je m'amuserai quand j'aurai 30 ans, 40 ans, 50 ans. Bon, bah... Non, c'est le chemin. C'est ce qui va t'aider non seulement à être meilleur, et puis à apprécier et à surmonter les obstacles, parce que des galères, il va y en avoir. En tant qu'entrepreneur, elles viennent généralement de là où tu ne les attends pas. Si tu t'amuses chaque jour, quand je dis s'amuser, ce n'est pas au sens, enfin, vous comprenez, ça prend du plaisir chaque jour. Ça, c'est clé. N'oublie pas de t'amuser. N'oublie pas de t'amuser. Et puis, on fait, mais il ne faut pas oublier aussi de être. C'est-à-dire que, quelque part, être aligné, comme tu disais tout à l'heure, c'est aussi être en accord avec soi-même. Je m'attache à être, comment dire, à faire les valeurs que j'ai, de matérialiser. Ce que je ressens aussi, c'est que sinon, il y a trop de dissonance, tu ne peux pas tenir longtemps. Il faut être et faire de manière cohérente, tu vois ce que je veux dire ? Et ça... Je crois que non seulement ça apporte quand même de la paix intérieure, mais aussi ça te permet d'être meilleur, tout simplement, et de tenir plus longtemps, et d'avoir, si on peut dire ça comme ça, d'avoir la foi. Quand tu travailles sur, quand tu passes beaucoup d'heures, quand tu résouds des problèmes sur un chemin qui est parfois un peu escarpé, tu prends du plaisir chaque jour et tu avances malgré tout, parce que... parce que tu te sens bien dans ce que tu fais. Et ça, je pense que c'est vraiment important parce qu'il ne faut pas oublier qu'on vit qu'une seule fois.
- Speaker #1
Merci Michael.
- Speaker #0
Merci à toi.