- Speaker #0
La discipline te permet d'avoir une progression constante. Si tu ne comptes que sur ta motivation et sur ton envie d'aller à la salle, tu n'y arriveras pas. C'est impossible. Oui, c'est dur. Oui, des fois je suis fatigué. Mais il faut le faire. Le physique finalement n'est que le prolongement de ton mental.
- Speaker #1
Tu as réalisé l'exploit inédit pour un français de te qualifier trois années de suite pour Mister Olympia.
- Speaker #0
Le plus important dans tout ça, c'est de donner du sens à ce que tu fais. Entreprendre, c'est bien. Gagner des titres, c'est bien. Quand c'est vide de sens, ça... Ce n'est que des chiffres ou c'est qu'une médaille. Elle ne représente rien. Ça ne peut pas te remplir. Le court terme, ça n'a jamais fait gagner quoi que ce soit à personne. Sont tous des gens qui sont comme toi.
- Speaker #1
Quel est l'intérêt ?
- Speaker #0
C'est le début de la pauvreté. Le résultat n'est pas là sans effort ni douleur.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue. Nouvel épisode du podcast Le Déclic. Encore une fois, bien accompagné, je suis avec Théo Le Guerrier. Comment tu vas ?
- Speaker #0
Ça va très bien. Je te remercie. Merci de m'accueillir.
- Speaker #1
Eh bien, écoute, c'est moi qui te remercie d'être là. Ça me fait super plaisir de t'avoir sur le podcast. Ça fait un moment que je voulais faire un épisode avec toi.
- Speaker #0
J'en ai entendu parler.
- Speaker #1
C'est vrai. J'ai eu des échos. Écoutez plusieurs épisodes aussi, j'imagine.
- Speaker #0
Notamment, notamment.
- Speaker #1
Eh bien, écoute, on va revenir sur ton parcours. Il y a énormément de choses à dire. Tu es le plus gros bodybuilder français en activité et l'un des athlètes les plus reconnus sur la scène mondiale, pesant jusqu'à 135 kg hors saison. Oui. Tu as réalisé l'exploit inédit pour un Français de te qualifier trois années de suite pour Mister Olympia. Mister Olympia, on en parlera, mais c'est la compétition.
- Speaker #0
Le Super Bowl.
- Speaker #1
Le Super Bowl dans cette discipline, te hissant ainsi dans le top 15 des meilleurs physiques de la planète. Tu as transformé ton nom en une marque puissante, cumulant les casquettes d'athlètes sponsorisées par les géants mondiaux, cofondateur également d'un complexe sportif de 1000 m², associé dans une société de 1000 PrEP, Split Nutrition. qui distribue des plats partout en France. Tu interviens aussi lors de masterclass, de conférences, notamment autour du développement personnel, la discipline, la performance. Et tu es devenu un média à part entière, suivi par plus de 300 000 personnes sur les réseaux sociaux. Théo, on pense souvent que la discipline se joue dans la tête, mais tu prouves qu'elle se sculpte également dans la chair. Tu as transformé ton corps en une multinationale de 135 kg. Aujourd'hui, je veux comprendre comment tu ignores tes limites et bâtis ce mental indestructible. Bienvenue encore sur le Déclic.
- Speaker #0
Écoute, super introduction. Même moi, j'ai envie de la regarder, la vidéo. Mais c'est marrant d'ailleurs de reprendre tout ça. Ça permet aussi des fois de regarder un petit peu, enfin, faire un petit pas en arrière en voyant le parcours. Et c'est assez rigolo. Mais là, tu parles d'un sujet très intéressant qui est le sujet mental. Là, on lit souvent la pratique sportive au physique, alors qu'en fait, le physique finalement n'est que le prolongement de ton mental. Donc, c'est aussi mental aujourd'hui de développer un physique que de développer une société, une structure. C'est juste que ce que tu vas faire est différent, mais la partie prédominante reste bien entendu le mental dans tout ça.
- Speaker #1
Hyper intéressant comme concept. On va creuser, mais avant ça, pour ceux qui ne sont pas forcément, comme on dirait, familiers avec la discipline, c'est quoi le bodybuilding ?
- Speaker #0
Alors, le bodybuilding, c'est, on est vraiment sur le terme anglo-saxon, c'est vraiment le culturisme. qu'on aurait pu à l'habitude de dire en francophone, c'est le développement vraiment musculaire. Alors, on passe plusieurs heures évidemment à la salle, etc. Ça se traduit aussi par une alimentation très réglée, des récupérations du sommeil, etc. Le but étant de se développer au maximum musculairement, tout en respectant certains critères. Il y a des critères d'équilibre, des critères aussi de sèche. Quand on est sur scène, c'est le fait d'être dessiné, d'avoir une condition musculaire irréprochable, de ne pas avoir par exemple de la rétention d'eau, être vraiment à fleur de peau, un peu comme un écorché en science. Donc on va essayer d'allier le maximum de masse musculaire à une qualité musculaire. Et on est jugé là-dessus sur scène, non pas sur une performance sportive à proprement dit, à soulever des poids, mais sur des pauses qui vont être imposées, comparées à certaines autres personnes. Sur justement tous ces critères-là. Et même si ça reste quand même aussi une performance sportive, parce que faire du statique pendant plusieurs minutes, même plus que ça, alors qu'en plus physiquement, tu es vraiment au bout du bout et sur un fil rouge, c'est en tout cas moi qui viens d'un autre sport à la base. Au début, je me suis dit, bon, ça va, je vais poser sur une scène. Et ça aussi, c'était une sacrée performance. Donc ça ressemble un petit peu à tout ça. Et à côté, évidemment, ça demande un lifestyle assez poussé. Donc après comme tout sport de haut niveau, là en l'occurrence c'est qu'au-delà de l'entraînement, tu as aussi tous les aspects comme je viens de les citer qui comptent, la nutrition, la récupération, ce qui fait un peu une vie monacale autour de ton objectif. Mais j'ai envie de te dire finalement, comme n'importe qui qui a envie de s'extraire un petit peu et d'aller vraiment au-delà des limites pour apparaître dans le top mondial, dans n'importe quel secteur que ça soit, il faut aussi faire ce genre de choses.
- Speaker #1
Complètement. Je reviens juste sur un point que je n'ai pas évoqué dans ta présentation. mais qui me tient vraiment à cœur. Et je te l'ai dit en off la toute première fois qu'on s'est rencontrés, j'ai énormément d'admiration pour toi. Non pas parce que tu es énorme ou tu as fait Mister Olympia, mais parce que pour donner un ordre d'idée aux gens qui nous écoutent, être dans le top mondial, on parle de top 15, je crois que c'est plus spécifiquement top 12, c'est juste énorme dans une discipline comme celle-ci. Il y a énormément de gens qui veulent y aller finalement, il y a énormément de gens qui sont prêts à tout. pour y aller aussi. Donc beaucoup, beaucoup, beaucoup de candidats pour très, très, très peu d'élus. Et j'ai face à moi l'un des rares élus qui plus est le seul à ce niveau-là français. C'est un peu comme si on avait, à toute proportion gardée, mais Bernard Arnault devant nous, mais du Boldy Building, ou qui s'est confronté à Elon Musk.
- Speaker #0
Ce serait pas mal, ce serait pas mal.
- Speaker #1
Mais c'est la réalité, parce que ça demande énormément de sacrifice, ça demande énormément de discipline, énormément de persévérance. Et c'est vraiment du très très...
- Speaker #0
Et une intelligence aussi sociale, etc. Parce que c'est pareil, c'est tout comme dans un autre business ou quoi que ce soit. Il faut savoir aussi avoir un entourage. Il faut aussi avoir une certaine intelligence, une certaine politique aussi. Parce que le sport professionnel, comme son nom l'indique, ça reste un business. Donc il y a aussi toutes ces choses-là à prendre en compte une fois qu'on a une carrière pro et pour accéder au plus haut niveau, que ce soit via les partenaires, via les promoteurs des compétitions, la ligue, etc. Donc il y a plein de choses à savoir faire pour se mettre aussi dans les meilleures conditions et se donner les moyens d'arriver à ce niveau-là.
- Speaker #1
Complètement. On va refaire un peu ton parcours. Et tu l'évoquais, tu n'as pas commencé par le bodybuilding, tu as commencé par la gymnastique.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Tu viens de ce monde-là, c'est un sport, on va dire, militaire, très cadré. Qu'est-ce que, justement, les tapis de gymnastique t'ont appris et t'ont forgé dans ton état d'esprit, avec cette discipline, cette nécessité aussi de déjà, tout de suite, souffrir, entre guillemets, pour aller au maximum de sa discipline ?
- Speaker #0
C'est marrant qu'en plus tu dis ça, parce que vraiment, tu mets les mots sur des choses très importantes que peu de gens ont fait parallèle, en tout cas, par rapport à tout ça. donc c'est très intéressant, la gymnastique c'est un sport qui est... Comme tu l'as dit, quasi militaire, c'est un sport qui n'a pas beaucoup évolué finalement et qui demande une éducation assez rustre quand même ce sport-là. Donc ça m'a appris déjà l'humilité. Parce qu'évidemment, quand tu penses en tout cas être le meilleur et que juste tu passes sur un agréé, par exemple les barres parallèles ou les arçons, peu importe, et que tu n'arrives pas et qu'au-delà de ne pas arriver, tu te fais très mal parce que tu te prends les pieds dans des barres en bois. En général, tu vois, ça nécessite quand même... un sacré mental aussi par la suite et surtout de devoir y retourner. La gymnastique, je pense qu'aujourd'hui ça poserait certainement problème pour pas mal de gens et pas mal de parents, mais c'est vrai que nous à l'époque en tout cas, et pourtant je te parle de ça, c'était pas il y a non plus 50 ans, déjà on arrivait en retard, on avait des montées de cordes. Donc vous voyez tout à l'heure, on était très souvent en retard, je te le cache pas. Je faisais partie de ces gars-là. Il y a un rassemblement avant l'entraînement, c'est-à-dire qu'on était tous alignés. Rassembler avant l'entraînement, savoir un peu ce qu'on allait faire et ce qu'allait se passer. Et que ça soit entendu aussi par nous-mêmes, tu vois. Ça pose aussi quand même un certain cadre. Je me rappelle à être des fois peut-être un peu trop longtemps assis sur un tapis à attendre mon tour. Et à mettre pris des coups de pied dans les fesses. Mais vraiment des coups de pied dans les fesses. Et c'est une vie de groupe aussi. C'est une vie de groupe avec des gens de milieux sociaux complètement différents. avec des stages où des fois on était à dormir 10-15 dans les mêmes chambres, à manger à la cantine, à devoir faire la vaisselle les uns avec les autres, avoir un tour par rapport à tout ça, prendre les douches collectives, enfin bref, tout ce que ça peut amener dans ta construction de vie d'homme. Et du coup, c'est des expériences assez uniques, qui sont assez dures aussi, mine de rien, mais qui te préparent quand même à pas mal de choses dans la vie. Donc il n'y a pas de cadeaux qui te sont faits. On ne te met pas dans le meilleur environnement pour que tu réussisses, on t'explique juste les choses comment elles sont. Et si tu n'y arrives pas, tant pis pour toi. Ça m'est arrivé, j'ai le souvenir d'avoir les mains en sang des fois, parce que ça peut arriver souvent que sur certains agrès, notamment la barre fixe, que tu t'ouvres les mains en faisant des exercices. Je me rappelle pleurer en me disant que je n'avais pas envie d'y retourner. Mon coach me dit, attends, viens là deux secondes. Il prend un bloc de magnésie, il me le met sur la peau ouverte, il appuie fort, il tourne. Je pleure, j'ai mal, comme c'est pas possible. Il me dit, c'est bon, tu peux retourner, t'auras pas plus mal. J'ai dit, ok. Alors, ça paraît hyper rustique, ce que je suis en train de dire. Mais vraiment, après la vie, c'est ça, quoi. Il faut savoir ce que tu veux.
- Speaker #1
Ouais. T'avais quel âge à ce moment-là ?
- Speaker #0
Là, sur ces épisodes-là, je pense que j'avais peut-être 12 ans.
- Speaker #1
Donc finalement, t'as été bercé dans le sport depuis ton jeune âge.
- Speaker #0
Ouais. Mon père a fait plein de sports. Il a été dans le tumbling. J'ai fait des compétitions internationales, tous mes frères c'était pareil. Donc j'ai commencé la salle de gym, en vrai j'avais 6 ans, tu vois. Mais surtout ça m'a éduqué à l'effort. Parce que du coup, le résultat n'est pas là sans effort ni douleur. Donc dans ma tête, tout simplement, c'est imprégné comme ça. Je me suis éduqué, je me suis formé avec si je n'ai pas de douleur, si je n'ai pas d'effort, je ne peux pas avoir de résultat. Ça ne marche pas.
- Speaker #1
C'est un processus.
- Speaker #0
C'est un vrai processus qui est ancré en moi.
- Speaker #1
Et à 16 ans, tu dis le bodybuilding t'a sauvé la vie.
- Speaker #0
Pourquoi ? Savé la vie, effectivement. Non, j'étais quelqu'un qui avait beaucoup, beaucoup d'énergie, qui est constamment en train d'essayer de repousser les limites, qui est souvent complètement dans les opposés. Donc, à me tester, il y a peut-être une forme d'autodestruction là-dedans, je ne sais pas. Mais quoi qu'il en soit, en fait, je recherche vraiment les émotions, vivre fort.
- Speaker #1
L'extrême.
- Speaker #0
L'extrême, oui, c'est ça. Et donc, si tu veux, j'ai commencé... à travailler très tôt, un apprentissage, à 15 ans et quelques mois, dans la restauration. Non pas que je voulais être serveur ou je ne sais quoi, mais tout de suite j'avais déjà cette idée aussi d'avoir des restaurants, etc. et d'entreprendre en tout cas là-dedans. Et avec tout ce que ça comporte du coup, socialement, les sorties, la vie la nuit, etc. Du coup je suis beaucoup sorti aussi. J'ai fait beaucoup de découvertes, peut-être des fois un peu trop, mais en tout cas je me connais plutôt bien et c'est vrai que c'était une hygiène de vie qui n'était pas en tout cas... tenable dans le long terme et sur ce que je voulais réellement. Donc j'ai remplacé un extrême par un autre. Et en fait, finalement, le bodybuilding m'a donné un cadre. Parce que sorti de ce cadre-là, tu ne peux pas réussir dedans. Du coup, ça m'a obligé aussi à suivre certains préceptes et un processus où je ne pouvais pas en sortir. Donc ça m'a donné une hygiène de vie complètement différente que j'avais avant.
- Speaker #1
Très clair. Avant d'en parler justement de cette carrière ensuite, et puis passion, philosophie et même lifestyle autour du building qui a démarré à ce moment-là. Je rebondis sur un point, tu dis tout de suite, j'avais cette envie d'entreprendre, peut-être d'ouvrir des restaurants. Ce n'est pas anodin ce point-là. Qu'est-ce qui fait qu'un jour, à un moment donné, peut-être tu as eu un déclic ou une prise de conscience et tu t'es dit, moi, je ne serai pas dans le monde du schéma traditionnel, j'ai envie d'entreprendre.
- Speaker #0
En fait, c'est marrant que tu me poses cette question. C'est une question que je me pose aussi maintenant avec un peu de recul et savoir aussi d'où ça vient. Parce que des fois, on peut avoir quelque chose comme ça, ou une affiliation par rapport avec un membre de la famille, ou quoi que ce soit. En l'occurrence, pas du tout. Je n'ai pas d'une famille d'entrepreneurs. Je n'étais pas avec des personnes, en tout cas dans ma famille, qui avaient ce mindset-là, ni quoi que ce soit. Et je me suis toujours senti un petit peu à part, seul avec du monde autour, tu vois. Et j'ai tout de suite et très tôt ressenti une très grosse énergie en moi, ce qui a fait aussi que, bien sûr, j'avais une vie un peu rock'n'roll à un moment, ou quoi que ce soit, mais parce que j'avais cette énergie au plus profond de moi. comme peut-être vouloir une revanche sur la vie ou je ne sais pas. Et en fait, je me suis rendu compte que c'était un égilet. Elle me donnait juste envie de m'extraire socialement et de faire quelque chose de ma vie et de devenir aussi quelqu'un. Et que je déteste, j'avais beaucoup de mal en tout cas avec l'autorité. Et je n'aimais surtout pas qu'on me mette dans une case et qu'on me donne des limites. Et j'ai passé ma vie en fait à vouloir repousser ça. Donc l'école, le collège, pour moi c'était quelque chose de très particulier. J'ai dû faire face à des gens qui clairement étaient très exigus dans leur façon de penser. Tu es noté par rapport à des notes. Et je me souviens très vite avoir dit, et même au collège, à des filles de ma classe qui te prennent un petit peu pour quelqu'un de moins intelligent que toi, enfin moins intelligent qu'elles, pardon, parce que tu as des mauvaises notes, elles en ont des bonnes. Et je leur ai dit, mais attends, tu penses que parce que hier soir, tu as lu 3-4 fois ta leçon, tu es quelqu'un de plus intelligent que moi ? Je dis non, tu sais juste réciter. Ça ne fait pas de toi quelqu'un d'intelligent. Bizarrement, j'avais compris ça très tôt. J'avais une hantise de devoir redoubler. Parce que du coup, j'aurais fait une année supplémentaire dans un système dans lequel je voulais m'extraire absolument. Un système rempli d'injustices. C'est un lieu de passage, mais les gens qui sont là, ils travaillent tous les jours. C'est-à-dire qu'un professeur, lui, ne se rend même plus compte de l'empreinte qu'il va avoir sur ta vie prochaine. L'injustice que tu crées auprès d'un élève, par exemple, au collège, quand il est en pleine construction, ça peut le marquer toute sa vie. Toute sa vie. Il y a des gens qui vont réagir face à ça, il y a des gens qui vont se donner les moyens d'être quelqu'un de différent, ils vont utiliser ça au niveau positif, et il y en a d'autres qui vont y croire. Il y en a d'autres qui vont croire qu'ils sont mauvais, il y en a d'autres qui vont croire que ce sera les derniers de la classe. Juste parce que peut-être que, malheureusement, ça reste un humain en face de toi, qui n'est peut-être pas dans une bonne phase de sa vie, et qui malheureusement a oublié un petit peu sa vocation, et ne t'aime pas en tant que personne. Parce que ça arrive, même s'il essaie de faire de son mieux. Mais le jugement reste quand même un peu abstrait.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et quand tu te confrontes à ça et que tu en as conscience tout de suite, tu veux tout faire pour sortir de ce monde. Et je pense que ça te donne aussi une revanche à prendre. Par exemple, en 3ème, tu sais, ils te demandent ce que tu veux faire, etc. Moi, j'ai dit, je veux aller en hôtellerie-restauration. Et à l'époque, c'est pas si lointain que ça. Mais je passais un peu pour le mec qui allait dans la voie de garage. Par rapport à des gens où j'étais en sport-études, ils se veulent tous faire kiné. C'était la grande mode encore à l'époque, tous les sportifs veulent faire kiné. Et ils te font comprendre qu'eux, ils vont être kinés, machin, etc. Je dis, mais les gars, le jour où toi, tu auras terminé tes études, moi, j'aurai déjà 3, 4, 5, 6 restaurants, et toi, tu seras encore étudiant. Et ça m'a donné une énergie folle, tu vois, pour m'extraire de tout ça.
- Speaker #1
Cette volonté de revanche, finalement.
- Speaker #0
Ouais, je pense que c'est ça.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Clairement. Mais du coup, j'ai pas senti ce... Pour répondre vraiment à ta question, parce que là, on s'est un peu éparpillés, mais d'où ça vient, je ne sais pas, mais à un moment ou à un autre, j'ai senti ça, et ces injustices, je pense que c'est une des choses, un des marqueurs les plus importants dans ma vie, c'est l'injustice. Et ça, ça m'a mené, en fait, à vouloir m'extraire, en fait.
- Speaker #1
Un outil, finalement, d'émancipation.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et tu t'es dit que celui-ci permettait peut-être de le faire naturellement. Finalement, ça a été le bodybuilding dans un premier temps. Donc, à 16 ans, tu plonges dans le bodybuilding. Comment ça se passe ? Parce qu'entre l'âge de 16 ans et 2018, où à Las Vegas, tu vas avoir cette fameuse carte pro, on va en parler, ça faisait combien de temps déjà que tu faisais du bodybuilding ? Est-ce que ça a été assez rapide ? Oui. Parce qu'il y a tout un parcours. Tout le monde veut tout vite aujourd'hui Pour autant il y a énormément de travail C'est des années de travail Notamment sur des carrières comme ça
- Speaker #0
Où il faut de la construction C'est dans le mot bodybuilding J'ai découvert la salle de sport La salle de musculation Parce que tout simplement je commençais à travailler Et j'avais un physique Grâce à la gymnastique Et je ne voulais pas perdre non plus cet aspect là Et ce physique Et j'aimais bien aussi m'entretenir Et j'aimais bien tout simplement les muscles Et du coup avec un pote je suis allé dans une salle Merci beaucoup. Et je me suis très vite rendu compte que j'étais très fort. Et j'ai bien aimé ça. J'aimais ce goût de l'effort. Et j'aimais le fait, encore plus que la gymnastique, de là me donner et avoir un résultat. Je donne, je reçois. C'est à la hauteur de ce que j'y mets. Et j'ai vu que j'ai eu très des grosses capacités. Et donc tout le monde m'a dit, il y a des compètes, etc. Et je dis « Ouais, ok, pourquoi pas, quoi ? » Et en fait, la vie, c'est aussi souvent des rencontres. Et mon patron de l'époque, chez qui j'étais en apprentissage dans un restaurant, m'a donné, enfin m'a prêté, maintenant il me les a donnés vu que je les ai gardés, mais les DVD à l'époque de Pumping Iron, qui sont les reportages documentaires à l'époque avec Schwarzenegger, etc., dans les années 70, début 80. On voit un peu tout l'âge d'or du bodybuilding là-bas. Et j'ai trouvé ça super cool, je savais même pas que ça existait vraiment quoi, les compétitions comme ça. Je les ai regardées, je me suis dit bah ok, je me suis un peu imprégné de ça, et de cette ambiance aussi, Venice Beach, etc. Et je me suis dit bah ok, let's go, je vais faire une compétition quoi. Il se trouve que j'ai gagné une compétition sans me préparer vraiment plus que ça, et je me suis rendu compte qu'en fait j'avais des très grosses capacités là-dedans, même si à côté je travaillais toujours dans la restauration, l'hôtellerie. Je passais directeur de restaurant, j'ai géré un bar de nuit, j'ai ouvert tout un secteur événementiel dans une grosse société de sécurité aussi, etc. Parce que, encore une fois, c'était le sport, mais avant tout, c'était une vision d'une carrière.
- Speaker #1
Ok. Et cette vision, tu l'as eue dès le premier jour, parce que finalement, là, quand tu décris ça, on ne le voit pas, mais tu mènes un peu une double vie. C'est deux carrières en parallèle, sauf qu'il y en a une qui est peut-être encore trop petite pour pouvoir en vivre et la développer pleinement à 100% à ce moment-là. et on a une autre qui sert un peu de ton pont, le temps d'eux, mais avec quand même une vision de vouloir apprendre des choses, monter les échelons, prendre des compétences, compétences qu'aujourd'hui tu utilises, parce qu'on en parlera, mais tu as aussi différentes boîtes, différents projets autour de tout ça. Cette vision, tu l'as eue dès le départ ou pas ?
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, je ne me suis pas servi de l'un pour faire l'autre. Bizarrement, tu vois, c'est que j'avais une vision globale de réussir ma vie et d'arriver un peu à quelque chose qui m'allait. ça pouvait être d'un côté comme d'un autre, en fait, finalement. Je veux dire, demain, je me serais découvert à faire du vélo sur piste. Je me serais dit, OK, c'est parti, je vais aller aux Jeux Olympiques, quoi. Tu vois, c'était pas ancré dans le marbre de faire de la restauration ou d'être dans le bodybuilding. On parle vraiment d'une carrière, vraiment, au sens global. Ça aurait pu être n'importe quoi. Je voulais juste y aller à fond et être le meilleur. Et du coup, au début, je savais pas que tu pouvais vivre du bodybuilding d'une manière, enfin, d'une bonne manière, etc. Et pour moi, c'était encore un petit peu abstrait, tout ça. Et puis... Bah encore une fois, entre s'entraîner dans sa salle de musculation et se comparer à des gars où ils sont 20 sur la planète en vive... Il y a un monde, et à un moment aussi, tu te dois d'être quand même un peu responsable et de te dire, ok, très bien, est-ce que je mets tout là-dedans, ou est-ce qu'aussi à côté, je place mes billes quand même dans l'entrepreneuriat, etc. Donc, j'ai mené cette double vie, comme tu dis, qui n'a pas été si évidente que ça, parce que la restauration, à cette époque-là aussi, tu pouvais faire beaucoup d'heures, tu vois. Donc, je me vois encore faire des 50, 60 heures par semaine, m'entraîner pas dans mes coupures, et aller préparer des compétitions et être au régime, tu vois. à servir des fois des pizzas ou bref, peu importe, alors que moi je suis...
- Speaker #1
Affamé.
- Speaker #0
Affamé quoi, clairement c'est le terme. Mais c'est juste ce que je voulais en fait. J'ai jamais fait d'écart ni rien. Je me suis dit je veux faire ça et je ne me mens pas à moi-même. Je ne vais pas déroger à cette règle-là. Je sais comment aller du point A au point B, et bien je fais ce qu'il faut faire, c'est tout. Terminé. Et du coup j'ai continué comme ça et j'ai laissé peu à peu le bodybuilding en ayant des vraies opportunités. par rapport aux sponsors, etc. Là, je me suis dit, il y a toute une économie derrière tout ça. Il faut que je le vive. Il faut que j'y aille maintenant pleinement, voir jusqu'où je peux aller.
- Speaker #1
C'est à partir de quelle année que tu peux en vivre du bodybuilding ?
- Speaker #0
C'est un petit peu avant que je passe professionnel. Parce que je fais les championnats du monde, je suis classé au championnat du monde, je fais 3e au championnat du monde, en lourd, en IFBB, etc. Je suis déjà un bodybuilding reconnu, en tout cas en France. Donc j'ai des propositions, en tout cas, là-dessus, sur cette vingt-sponsor. qui me permettait effectivement de viser correctement déjà. Et donc je me dis, OK, il y a quelque chose à faire. Et puis au moins, je peux tenter cette aventure-là. J'ai pris tout mon bagage à côté sur le métier que je connais, qui est le métier de la restauration, etc., l'hôtellerie, l'événementiel. J'ai un carré d'adresse qui est assez sympa. Si je veux y revenir, j'y reviens sans problème.
- Speaker #1
Donc tu te dis, j'ai un matelas de sécurité si besoin, je peux aller à 100 % dans cette aventure. Oui,
- Speaker #0
et ce n'est même pas en fait me dire que j'ai une sécurité. Je trouve que c'est un peu un manque de courage, ça.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Tu vois, c'est pas comme ça que je le verrais.
- Speaker #1
Parlons-en, justement, parce que souvent, l'entrepreneur, quel qu'il soit, ou des gens qui nous écoutent, peut-être attendent que ce soit le bon moment. Il n'y a pas de bon moment.
- Speaker #0
Le bon moment n'arrive jamais. Si toi, tu attends le bon moment, les autres le feront à ta place. Ça n'existe pas, le bon moment. Et en fait, il faut juste être OK aussi avec l'échec. Une vie est faite d'échecs. Une réussite, c'est très mince. Déjà, si t'en as une dans une vie, c'est exceptionnel. OK, pas de problème, quoi. Donc moi, je me suis jamais dit ça. J'ai juste cru en moi. En fait, je me suis pas dit j'ai ça, c'est que je me suis dit de toute façon, je saurais faire autre chose. Même que ça soit là-dedans ou dans autre chose. Je veux dire, demain, même si tu m'enlèves d'être responsable commercial de quelque chose, quelque chose que je n'aurais jamais fait, je veux dire, ok, pas de problème. Je blabla un petit peu le gars, et puis le temps que je me suis dit, ok, il m'a vraiment choisi pour être embauché, pendant 2-3 jours ou le soir, je vais apprendre comment ça se passe, et c'est bon, j'aurai les codes au bout d'une semaine. En fait, j'ai juste confiance en moi.
- Speaker #1
C'est peut-être ça le secret, c'est d'avoir confiance en soi et de se donner les moyens d'oeil. Justement, en 2018, Las Vegas, là tu vas avoir ta carte pro, mais il y a un point quand même assez particulier, c'est encore une fois cette force de caractère, parce qu'à ce même moment, intoxication alimentaire.
- Speaker #0
Pas le pire qui puisse t'arriver.
- Speaker #1
Pas bien du tout.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Et comment tu gères cette situation ? Parce que c'est un des moments les plus importants de ta vie, c'est décisif, tu as cette carte de pro, tout change, et derrière, tout change. Et tu arrives à... ordonné à ton corps d'être au top, parce qu'à ce niveau-là, il n'y a pas d'excuses, tu dois être au top niveau. Comment ça se passe ce moment-là ? Raconte-nous.
- Speaker #0
C'est très difficile. C'est la première fois que je vais aux Etats-Unis de ma vie aussi. Alors bon, là, je suis quand même assez jeune, j'ai 25 ans. J'ai un peu voyagé, mais pas plus que ça non plus. T'imagines bien qu'avec une vie d'entrepreneur et d'athlète, je passais pas mon temps à voyager. Puis là, je vais aux Etats-Unis. C'est pas n'importe quoi. Je vais à Las Vegas et tout. La première fois que tu découvres ça, et jeune, c'est quelque chose d'exceptionnel. Je payais tous mes voyages à l'époque. Ça représentait quand même aussi une petite somme d'argent. Et j'arrivais là-bas. Et puis oui, les jours avant la compétition, on mange un petit peu plus pour avoir ce pic de forme sur scène. Donc ça se joue, comme tu le dis, à des heures des fois. Tu vas calculer le nombre de glucides que tu vas ingérer, l'eau que tu bois, le sodium, tout le sel, etc. Tu vas même apaiser le sel pour être prêt à l'heure H, non pas aujourd'hui, mais à l'heure H. Il se trouve que la veille de la compétition, effectivement, je tombe malade. Je vomis toute la nuit et j'ai vraiment des douleurs au ventre extrêmes. Je me rappelle, mon coach qui était là, il était derrière, il était dépité. Parce que même lui, il était impuissant en plus face à ça. Et moi pareil, qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? Rien. Donc je me dis, bon, advienne que pourra. Le lendemain matin, je me rappelle, je me suis dit, écoute, tu as commencé, tu finis. Va au bout. Va au bout. Même si effectivement, tu ne seras peut-être pas au top aujourd'hui de ce que tu peux être, pas à 100%. Tout le temps que tu as passé à la salle, etc. Tu ne peux pas abandonner maintenant. Tu es le premier à le dire. Tu es le premier à la salle. Quand quelqu'un est très fatigué ou qui a du mal, tu lui dis « Allez, tu me motives, c'est le dernier. Après, ça ira mieux et ce sera terminé. » Je ne peux pas abandonner là. Je suis parti à la compétition. J'étais tout seul, ils étaient déjà tous sur place. Je me revois encore en salle d'échauffement, enlever mon survêtement, avoir la tête qui tourne, avoir mal au ventre. C'était vraiment un moment très peu agréable. Et tu te poses quand même beaucoup de questions. Tu te dis, attends, je suis là, à l'autre bout de la planète. Ça fait des années que je m'entraîne. C'est peut-être mon moment aujourd'hui. Et il m'arrive ça, quoi. Pareil, c'est un peu injuste, mais bon. Et finalement, je monte sur scène. Je prends les choses peut-être moins à cœur. J'ai peut-être moins d'adrénaline sur scène, ce qui me permet finalement d'avoir un détachement où je suis peut-être plus à l'aise, finalement. Tu vois, je n'ai pas le stress de l'enjeu. Parce que j'ai un lâcher prise. Et je vois les résultats. Je gagne ma catégorie. Je dis, waouh, déjà, incroyable. Je vais au tout de catégorie, du coup, pour que le grand gagnant remporte cette fameuse carte pro qui est le sésame pour aller en ligue professionnelle. On peut aller en NBA ou en...
- Speaker #1
Il n'y en a qu'un qui la garde. Sur combien de compétiteurs à ce moment-là ?
- Speaker #0
Je ne pourrais pas donner le nombre exact, mais on est bien facilement un peu plus d'une centaine. Et ce, après, il faut aller se qualifier pour déjà aller faire cette compétition-là. Donc après, ça représente vraiment un peu tout le monde dans le monde. Et du coup, à l'arrivée, je gagne le tout de catégorie. Beaucoup d'émotions sur ce moment-là, en pleurs. Parce qu'en fait, du coup, ça me fait remonter aussi toutes ces difficultés passées. Donc c'est une libération, donc un super moment, mais effectivement le soir j'ai quand même mangé une soupe et j'étais au lit quoi.
- Speaker #1
Et quand tu te remets de ces émotions justement, alors à partir de ce moment-là tu as une carte pro, concrètement qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qui change ? Parce qu'avant tu faisais déjà des compétitions, tu nous dis aussi que tu pouvais déjà en vivre assez confortablement. Il y a cette carte pro, qu'est-ce qui change concrètement ?
- Speaker #0
Eh bien, écoute, la carte de pro, c'est un accès, tu vois, à la... Grande ligne, tu vois, vraiment aux compétitions les plus prestigieuses. Et évidemment aussi, c'est à toute une industrie qui est un petit peu différente. Là, on parle d'une époque où les réseaux sociaux n'étaient pas encore des forces de vente très particulières, où tu n'avais pas, par exemple, d'influenceurs fitness, à proprement dit, qui n'étaient pas athlètes professionnels, qui pouvaient avoir une communauté et qu'une marque allait sponsoriser. Il fallait quand même être un athlète reconnu. Donc, ça me donnait quand même aussi espoir, évidemment. d'avoir plus de sponsors et de mieux en vivre. Je disais que j'en vivais bien, mais par rapport à ce que je faisais avant, dans la restauration, la compétition et le sport de haut niveau, ça demande aussi beaucoup de moyens. Si tu veux te staffer, si tu veux voyager, faire des compétitions à droite, à gauche, tant que tout ça n'est pas pris en charge ou que tu n'attapes pas un certain montant, ça reste quand même de toute façon une vie un peu particulière où tu es obligé un peu de compter. Donc là, c'était juste en fait une... l'accès à possiblement quelque chose de vraiment beaucoup plus grand.
- Speaker #1
Et à ce moment-là, tu te dis tout est possible. Et c'est quoi les prochaines étapes ? Parce que même ce chemin, il s'est passé assez rapidement de par le fait que tu avais aussi des bases très solides de par ton parcours dans la gym. Tout de suite, tu t'es dit j'ai quelque chose à faire, je me donne à 200%. À ce moment-là, c'est quoi les prochaines étapes pour la suite Mister Olympia 3 fois ? C'est combien d'années plus tard ? Comment ça se passe ?
- Speaker #0
Il s'est passé un petit peu de temps parce qu'il y a eu aussi des désillusions. Pas que sur le côté de la compétition. J'ai fait des compétitions pro, mais c'était un peu trop tôt. Et on n'était pas préparé à ça. Donc, ça avait passé aussi par un changement de coach. Avoir un coach étranger, qui avait aussi, du coup, lui, une habitude avec, justement, les gros athlètes internationaux, etc. Ce qui n'était pas le cas de mon coach, tu vois. Donc, c'était des facteurs limitants, en fait, mine de rien. Et puis, on avait lié aussi une bonne amitié. Donc, ça devenait une relation un peu plus compliquée. Il fallait que je change. Il fallait que je fasse quelque chose d'autre. Et après, j'ai eu quelques problèmes. avec les sponsors. Mon sponsor a eu des problèmes, ce qui fait que je me suis retrouvé sans rien. Ça m'est arrivé deux fois dans le bodybuilding, mais une première fois avec une société qui a fermé avec beaucoup d'impayés. J'ai dû encore une fois parier sans moi.
- Speaker #1
C'est-à-dire sans rien ? À zéro ?
- Speaker #0
Oui. Et là, ça m'est arrivé juste après la carte professionnelle. Et c'est là où je me suis rendu compte que j'étais quand même full dépendant d'un sponsor. Et je me suis retrouvé, ce qu'il y a eu, une enquête judiciaire, etc., avec des saisies, que ce soit chez certains responsables dans ce sponsor, et aussi avec des employés, et aussi du coup avec des gens qui étaient sponsorisés.
- Speaker #1
Des athlètes ?
- Speaker #0
Exactement. Donc je me suis retrouvé sans contrat, j'étais à mon compte, donc je n'ai pas de chômage, et en même temps mes comptes étaient saisis.
- Speaker #1
Donc du jour au lendemain, zéro.
- Speaker #0
Je suis ressorti de la gendarmerie, je m'appelle avec une carte bleue qui du coup ne servait à rien. Plus de téléphone portable, plus d'ordinateur et le temps de l'instruction, de tout ça quoi.
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, a posteriori, on en sourit, on le raconte, mais comment tu te sens à ce moment-là ?
- Speaker #0
Écoute, c'est assez étrange, mais en fait je me suis dit aussi que je vis une expérience de vie. Alors ça paraît peut-être fou, mais je me suis dit que je vis une expérience quoi. Donc ça, ce sponsor-là, ça a été une grosse affaire judiciaire aussi. Donc moi, on peut en parler maintenant parce qu'évidemment, l'affaire est passée. J'ai du coup aussi, et moi, été jugé. Il ne m'était rien reproché. Je n'ai pas eu d'amende. Je n'ai rien eu du tout dans tout ça. Mais comme quoi, des fois, tu peux être pris un peu dans le système judiciaire malgré toi. Et ça peut faire des ravages,
- Speaker #1
je crois.
- Speaker #0
Je suis quand même sorti de chez moi, menotté, emmené en voiture, etc. Au même titre que 25 personnes ce jour-là, quoi. Donc, un peu spécial, hein. Et je me dis, waouh, je vis une expérience là. Je vis une expérience et je me suis enrichi de tout ça, de chaque instant. Mais vraiment, que ça soit à tant de bien sur le fonctionnement, que ça soit bien sur ce que je ressens, etc. Et oui, je me suis retrouvé, je me rappelle, en sortant de là-bas, c'était l'anniversaire de ma femme. Alors qu'on, tu vois, donc la veille, perquisition à 6h du matin, et là, je me suis dit, ok, bon, je l'ai appelé pour qu'elle vienne me chercher. Je lui dis, qu'est-ce qui va se passer pour moi ? Tu vois, joyeux anniversaire. Un peu compliqué, quoi. Et bizarrement, non, je n'ai pas balisé ni rien. En fait, je trouvais ça fou de vivre... Je ne sais pas si c'est de la folie, mais je trouvais ça fou de vivre ce genre d'expérience.
- Speaker #1
Tu t'es dit, dans tous les cas...
- Speaker #0
Je vais m'en sortir.
- Speaker #1
Je vais m'en sortir, je vais apprendre quelque chose. Oui,
- Speaker #0
tu vas m'en sortir. Vraiment. En fait, il aurait pu se passer n'importe quoi. Ce n'est pas grave, de toute façon, je vais m'en sortir. Je sais pas si c'est de la naïveté, j'en sais rien, mais en fait je me suis dit « Waouh, j'ai eu la chance de vivre une expérience que beaucoup de gens ne vivront pas. » Et mine de rien, chaque expérience est bonne à prendre, t'en tires quelque chose. Même dans les choses les plus graves dans la vie, les plus lourdes, tu as du positif à en tirer. Et il y a des opportunités qui s'en dégagent. C'est juste qu'il faut faire la lumière dessus. Mais dans n'importe quoi, c'est obligatoire. Il y a du bon et du mauvais dans tout.
- Speaker #1
Cet état d'esprit, tu l'as toujours eu ou ça s'est forgé au fil du temps ?
- Speaker #0
Non, je ne sais pas, j'ai toujours eu ça.
- Speaker #1
Ouais ?
- Speaker #0
Ouais, j'ai toujours eu ça. Et puis, effectivement, après, en ayant cet état d'esprit-là, tu rencontres aussi d'autres personnes, il se passe d'autres choses. Donc, tu enrichis un petit peu plus tout ça. Mais je me suis toujours dit ça.
- Speaker #1
Et tu disais que tu l'as vécu deux fois ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ce genre de situation. La deuxième fois, comment ça se passe ? À quel moment ? C'est aussi entre cette carte pro et Olympia ?
- Speaker #0
C'est après la carte pro que j'ai vécu. La première fois, c'était vraiment juste la société qui me sponsorisait, qui avait eu des problèmes financiers, parce qu'ils avaient perdu un procès avec un manufacturier, etc. Ils m'avaient mis vraiment dans le rouge. Ils ont fait un dépôt de bilan. Moi, j'étais prestataire. J'ai eu 75 000 euros d'impayés en tout. Sauf que moi, j'avais la trésorerie, perso. J'avais les pré-pro, j'avais pas mal de choses. Donc, comme très souvent, le mandataire judiciaire, il passe. Et les premiers qui sont payés, c'est l'État. Et s'il reste quelque chose, on voit avec le reste. Mais souvent, il ne reste rien. Donc, moi, je me suis retrouvé un peu sur la paille à ce moment-là. En sachant que, du coup, les gens qui gèrent ces sociétés-là, quelques mois après, eux, rouvrent un restaurant, etc. Se remettent dans une activité. Alors, tu te dis, OK, moi, je suis... Moi je suis au sol, c'est quand même assez étrange dans ce pays, comment ça fonctionne. Qui va me payer ? Apparemment personne. Par contre, moi il faut que je paye la banque. Donc j'ai eu un appel d'un sponsor et c'est là où je me suis dit, ok c'est une autoparticulier, il fallait que je déménage dans une autre ville. Et j'ai dû vendre un bien immobilier pour pouvoir situer ce temps-là. Je me suis dit, en fait je vais m'autofinancer, tout simplement. En me disant, je verrai après, mais bon, je vais me débrouiller.
- Speaker #1
Assez dingue, assez dingue. C'est finalement ce dévouement et cette conviction, cette croyance que ça fait partie de la vie. Temporairement, de toute façon, on n'a pas le choix, on va y faire face et puis on verra par la suite. Et est-ce que c'est à ce moment-là… Tout s'arrange,
- Speaker #0
quoi.
- Speaker #1
Tout s'arrange, effectivement, mais encore une fois, quand on est dedans, on n'a pas tout le monde, en tout cas, cette petite lueur d'espoir, cette lumière au bout du tunnel en mode tout s'arrange, t'inquiète, c'est qu'un processus.
- Speaker #0
Et attention, ce n'est pas valable dans tout non plus dans ma vie. C'est-à-dire que vraiment sur tous ces aspects-là… vraiment, il n'y a aucun problème. Sur d'autres choses qui peuvent être touchées plus au perso et à l'émotionnel, je n'arrive pas forcément à avoir cette vision-là et ce détachement.
- Speaker #1
Hyper intéressant, ce parallèle. Ça nous permet aussi de faire le parallèle que parfois, on peut par exemple être très confiant j'ai une bêtise, mais dans le business, dans la vente, dans la négociation, et dans un autre cadre, on ne peut l'être pas du tout.
- Speaker #0
Un problème de cœur ou des choses comme ça, amicales ou quoi, je ne vais pas réussir justement à être dans cet instant présent. Je vais être dans le passé avec une... peut-être une certaine mélancolie, des regrets dans le futur avec des mauvaises projections. Donc, rien à voir. Je ne vais pas m'en sortir aussi rapidement. Vraiment pas. Alors que le reste, je me dis, bon, ok, on y va.
- Speaker #1
Et avant qu'on continue sur la partie athlète, carrière, bodybuilding, est-ce que c'est suite à ces deux déconvenues qui plus est où tu n'as pas forcément de maîtrise que tu te dis, je vais devoir créer quelque chose par moi-même en parallèle du bodybuilding ? Parce qu'aujourd'hui, tu ne vis plus uniquement de sponsor. ou autre. Être moins dépendant. Oui, être moins dépendant totalement, voire pas du tout. Et de réussir à créer ses propres sources de revenus, créer des boîtes, s'associer, créer une image de façon à pouvoir utiliser ça comme effet de levier à certains égards. C'est à ce moment-là que tu as eu ce déclic ?
- Speaker #0
Oui, en fait, si tu veux, c'est que j'avais du coup cet esprit-là au début. Et d'être dans ce sponsor-là, Avec une personne qui a une personnalité en plus très forte, etc., qui était vraiment un gros entrepreneur, en fait, je me suis un peu endormi, je me suis rendu compte. Et je me suis dit, je me suis un peu endormi à être dans un confort où en fait, j'étais complètement dépendant de ce sponsor-là. Et que des fois, du coup, il y avait des choix que lui pouvait faire sur tel ou tel athlète que je ne comprenais pas non plus. Ah oui, mais pourquoi lui, il a ci, pourquoi lui, il a ça, alors que moi, je fais ci et je fais ça. Et en fait, je me suis dit, mais en fait, c'est son argent. Il fait ce qu'il veut. C'est sa boîte. Je suis qui, moi, pour dire ça ? Personne. Et c'est là où je me suis dit, après, effectivement, quand j'avais plus ça, mais j'étais beaucoup trop dépendant de ça. Et j'ai eu cette discussion avec un de mes amis, du coup, à Lyon, Gino, qui a une grosse entreprise qui sertit des diamants, etc., pour Ventecliffe, Cartier, etc., donc une très grosse entreprise avec plus de 200 employés, qui lui m'a dit, mais, en fait, Théo, ça, c'est une leçon, juste, tu vois. C'est une leçon et juste, il ne faut plus que tu sois dépendant de personne.
- Speaker #1
C'est à quel moment ça ? On est en quelle année ?
- Speaker #0
C'est en 2018 du coup.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Enfin juste après...
- Speaker #1
Juste après la carte.
- Speaker #0
Ouais ça ou du coup 2019 ouais.
- Speaker #1
Ok. Et là du coup, c'est à ce moment-là que tu te lances sur les réseaux, que tu commences à vouloir développer ?
- Speaker #0
En fait j'avais plus rien, j'ai un ami du coup qui m'a passé un ordinateur.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et je me suis dit bon, je vais prendre un ordinateur et je vais faire du coaching en ligne en plus, pour me faire une source de revenus. Et on va commencer comme ça.
- Speaker #1
Ok, première source de revenus, coaching en ligne.
- Speaker #0
Coaching en ligne.
- Speaker #1
Ok, et après du coup, progressivement, il y a des opportunités qui se créent, qui se mettent en place.
- Speaker #0
Exactement, parce que de toute façon, j'avais déjà un nom aussi, une carte professionnelle, donc une notoriété en France, donc pour beaucoup d'athlètes, une expertise, évidemment. Et du coup, après, j'ai eu, en fonction des coachs et des rencontres, des opportunités de sponsoring. Au début, il y en a que je n'ai pas pu honorer. J'ai eu des touches. En fait, j'étais interdit de sortir de territoire via cette affaire. Ce qui était fou, parce que je n'avais pas les ressources pour fuir. Alors, plus que ce qui m'était reproché n'avait rien à voir. Je suis tombé sur un juge d'instruction qui était très particulier, qui a d'ailleurs été destitué. Chose extrêmement rare dans le système judiciaire. C'était de l'abus de pouvoir, clairement. Et du coup, j'avais des rendez-vous à l'étranger pour les sponsors et je ne pouvais pas m'y rendre. Parce que je faisais des demandes et on me refusait. Même pire que ça, mon avocat y allait. Il y a les deux fois, trois fois, pour donner des nouvelles, il dit non mais je vous répondrai dans mon délai légal.
- Speaker #1
Ah ouais ? Ouais,
- Speaker #0
ouais, ouais.
- Speaker #1
Donc exemple, imaginons que t'écris à Prozis qui est au Portugal, sans vouloir citer des marques si on peut, voilà, et tu peux pas y aller, donc...
- Speaker #0
Pire que ça, je l'aurais pas écrit, on m'a écrit.
- Speaker #1
Ah, ah ouais, donc...
- Speaker #0
Il s'agissait de certains sponsors, notamment en Belgique, etc., je n'ai pas pu y aller.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Eh oui, j'ai eu des opportunités sur des salons. On m'appelle sur des salons pour gagner de l'argent, être présent, faire de la présence. Non. Du coup, je ne pouvais plus exercer mon métier. Donc, c'était très particulier. J'avais affaire à quelqu'un qui avait une dent contre les bodybuilders ou les mecs musclés. Je ne sais pas, mais c'était particulier.
- Speaker #1
C'est assez dingue, puisque malgré toutes ces épreuves, il y a toujours cet optimisme. Il y a toujours ce positivisme. Il y a toujours cette lumière au fond du tunnel. J'ai bien compris, je ne vais pas te reposer la question, mais c'est quelque chose qui est inné. Mais j'insiste là-dessus, parce que souvent... surtout quand on est entrepreneur on a l'impression que tout est contre nous qu'on se fait taxer dans tous les sens ça dépend comment tu le prends ça dépend comment tu le prends soit en fait c'est juste ta vie et c'est ce que c'est et à ce moment là très vite tu te dis qu'en fait t'as pas de problème avec ça ou
- Speaker #0
soit tu te dis j'ai toute la misère du monde sur le dos et effectivement de se dire ça c'est très très lourd sauf juste tu acceptes ce qui se passe Et en fait, chaque problème a une solution, finalement. Et en fait, ton rôle aujourd'hui, et même quand ta société est plus empruntée, ton rôle, c'est de devoir gérer ça.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Donc il faut savoir aussi accepter tout ce genre de choses. Et je pense qu'en fait, ce qui t'amène à une certaine réussite, c'est ta capacité de résilience. Clairement. Parce que toutes les personnes aujourd'hui que tu as pu croiser, notamment dans le business ou qui peuvent être inspirantes dans n'importe quel secteur d'activité, ont toutes eu des gros problèmes. Toutes. Ce qu'ils font qu'ils en sont là, c'est qu'ils ont une capacité de résilience qui est augmentée, on va dire. C'est OK, il y a un problème ? OK. Je l'accepte. qu'est-ce que maintenant on met en place pour passer au-dessus de ça ? 100%. Et moi, en tout cas, je pense que c'est quand c'est dur et dans la difficulté qu'en fait, je me surpasse. Quand c'est trop facile, je pense que…
- Speaker #1
Ça ne te stimule pas ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Ok, donc tu as besoin de ce challenge, ce niveau de difficulté, cette adrénaline, si je peux dire, pour te dépasser. Hyper intéressant. Et du coup ?
- Speaker #0
On en revient peut-être à la gym, au fait d'avoir été imprégné de ça. C'est possible. Là, quand j'y repense, du coup, via notre discussion, je me dis, c'est peut-être ça. J'arrive pas à y mettre exactement le doigt dessus. Mais oui, il s'avère que c'est toujours dans ces difficultés-là où je me suis surpassé. Tout le temps, tout le temps, tout le temps.
- Speaker #1
Typiquement, même l'intoxication alimentaire. Oui, exactement.
- Speaker #0
Et là, je suis venu y repenser, même mes qualifications pour l'Histoire Olympia, parce que sur le plan personnel, ça a été des années catastrophiques. Donc, tu vois, c'est pas du tout là où j'avais la meilleure de ma vie. Ma vie, quoi. Je ne sais pas. C'est là où je me suis dépassé pour faire tout ce genre de choses.
- Speaker #1
Et justement, si on continue à dérouler le parcours, donc là, tu es relancé, tu as ces différentes étapes qui se débloquent, 2-3 coachings en ligne, le sponsor, d'autres opportunités.
- Speaker #0
qui arrivent qui les espaces au caril j'arrive à faire lever cette interdiction j'ai un sponsor qui vient évidemment ils savent que tu as dans le besoin c'est la dure loi du marché donc effectivement c'est pas des gros salaires et il faut faire ses preuves il faut mettre son égo de côté aussi à ce moment là ça c'est un autre point effectivement qui est très bien mais Qu'est-ce que tu veux faire ?
- Speaker #1
T'as pas le choix.
- Speaker #0
Non. Donc il faut mettre ça de côté. Parce qu'ils te disent, ouais, mais nous on a machin qui fait ça, ouais, tu dis, enfin bon, lui je le bats tous les week-ends. Ouais, mais tu sais, nous il nous rapporte ça, il fait ça et tout, et toi, pour l'instant rien quoi. Ça te remet aussi dans une réalité de marché, tu vois, plus que d'image, et des fois c'est pas forcément évident à gérer, mais en fait tu te dis juste, bah ok, je vais... Comme j'ai pu faire avant, apprentissage, machin, je vais garder les échelons, petit à petit, et ça va bien se passer. Et en même temps, j'ai eu la chance aussi à ce moment-là d'avoir un coach étranger qui était dans ce même sponsor, et qui me disait « Wait and see, tu vois. T'inquiète, tout arrivera à temps. Fais ce qu'il faut et t'iras à l'Olympia » . et les sponsors ça ira.
- Speaker #1
Donc tu avais cette vision à ce moment-là d'Olympia, c'était le Graal, c'était l'acte où vous l'avez ?
- Speaker #0
Je ne l'avais même pas parce que c'était comme si tu te vois en finale de la Coupe du monde de foot. C'est quand même encore loin. Et au-delà du fait que c'est une performance sportive, t'as affaire à une carrière. Et en fait, il y a des rendez-vous qui des fois ne se font pas. T'as le potentiel, mais tu n'y es pas arrivé. 15 personnes par an. T'as des mecs qui avaient le potentiel d'y aller. Qui n'y sont jamais allés. Intoxication alimentaire, regarde. Si je me blesse, si j'ai un problème digestif, que je ne gagne pas ce show qui pourra me faire qualifier, etc., etc., c'est des rendez-vous manqués des fois. Donc, au-delà du potentiel... C'est, comme je te dis, c'est les sponsors, c'est le rendez-vous, c'est avoir les moyens de pouvoir aller faire aussi cette compétition.
- Speaker #1
Créer les conditions qui permettent.
- Speaker #0
Exactement. Créer toutes ces opportunités qui vont te permettre d'y arriver. Donc c'est ça que tu dis, c'est un petit peu loin. J'ai jamais voulu en fait passer par une frustration, à ça de me mettre un objectif trop grand. Même si je crois en moi, attention. Mais dès la première épreuve, du coup me dire, j'y arriverai pas. Tu vois, step by step. C'est un schéma qu'il faut respecter. C'est pas, je passe pas de là à là-bas. Il va y avoir des étapes. Il va y avoir des étapes. Et le premier call que j'ai avec ce coach étranger, il me dit, si tu m'écoutes, je t'emmènerai au Olympia. Moi, je lui dis, ok. Tu vois,
- Speaker #1
je vais t'écouter.
- Speaker #0
Je lui dis, ok, mais...
- Speaker #1
Est-ce que là, tu l'écoutes tout de suite ou pas ? Oui.
- Speaker #0
En fait, tu sais, il y a... Le plus gros problème des gens, c'est l'adhésion. Ils te disent qu'ils font tout ce que tu leur dis de faire, que ce soit du coaching en entreprise, en développement personnel, en diététique, mais ils ne se rendent pas compte de certaines choses. Si jamais par exemple tu cuis tes aliments, mais qu'à chaque fois tu mets un filet d'huile d'olive dans ta poêle, eux ils pensent qu'ils respectent ce que tu leur dis, tu ne leur as jamais dit de mettre le filet d'huile d'olive dans la poêle. Alors c'est rien, c'est une petite cuillère à café d'huile d'olive. Mais cette cuillère à café, 4 fois par jour, 7 jours par semaine, 4 semaines dans le mois, plus 12 mois, ça fait combien l'arrivée ? C'est l'adhésion au process qu'on te donne qui fait que tu y arrives plus vite. Celui-là, il ne sait pas, ton coach, que tu fais ça. Comment du coup l'expliquer sur ton organisme que tu fonctionnes de telle ou telle manière ? Quand tu coaches quelqu'un en entreprise, c'est pareil. Il y a des petites choses, il te dit qu'il les fait. Mais est-ce qu'il les fait vraiment ? Est-ce qu'il les fait vraiment avec l'intention ? Même lui, ça se trouve, il pense que c'est ça faire les choses. Mais non, respecter un truc qui est écrit noir sur blanc, ce n'est pas faire plus, ce n'est pas faire moins.
- Speaker #1
Oui, et c'est bien que tu insistes sur ce petit détail de la cuillère d'huile d'olive parce qu'à ce niveau-là, c'est vraiment à des détails. Moi, je me souviens, j'ai vu passer une vidéo récemment. que tu as publié sur ta chaîne où tu partageais les 8 ou 10 conseils que tu aurais aimé avoir si tu redémarrais la muscu de zéro. Le conseil que moi, j'ai retenu personnellement, c'est dormir, le sommeil. Et ça paraît bête, mais finalement, après, je me suis renseigné parce que je me suis dit « Bon, est-ce que Théo a vraiment raison ? » Parce que moi, je ne dors pas énormément, mais en même temps, je sens que quand je dors un peu plus…
- Speaker #0
C'est mieux si on s'en appelle à ça parce que tu t'éduques toi-même.
- Speaker #1
Exactement. Et que j'ai plus de performances, etc. Et finalement, effectivement, mais c'est vraiment dingue comme… une heure de sommeil seulement, passer de 7 à 8 par exemple, peut faire absolument toute la différence sur ta capacité à brûler tes graisses, sur ta capacité à régénérer ton muscle, sur ta capacité à recharger même tes batteries cognitives, tous ces éléments. C'est un exemple parmi ton d'autres, mais à quel moment tu te dis, ok, je prends conscience que je vais suivre à la lettre ces conseils, ces éléments, cette recette, et pas que, parce que finalement, même à la salle, l'intention que tu mets Merci. derrière, ce n'est pas tu vas avec des potes, tu mets quelques poids. Non. Tu y vas pour te tuer, réellement.
- Speaker #0
C'est ça. En fait, c'est comme dans le monde de l'entreprise. Quel est ma zone de génie ? J'ai une génétique qui est faite pour ça et j'ai une capacité à me dépasser. Est-ce que je suis le meilleur coach de la planète ou le diététicien ou machin ? Et en plus, à cet âge-là, est-ce que moi, j'ai l'expérience de ce mec qui a fait gagner des pros au show ? Non, je n'ai pas son expérience. Alors lui, il fait son travail, moi je fais le bien. Tu vois ? Ouais. C'est lui qui sait, ce n'est pas moi. Et au pire des cas, si ça ne fonctionne pas, je le verrai à un moment ou à un autre. J'aurai une discussion. Mais pour l'instant, je n'en suis pas à ce stade. J'ai quelqu'un qui a une réelle expertise, qui a un CV, qui a de l'expérience. Moi, je n'en suis pas là. Moi, j'isole ma zone de génie. Je me focus sur ce que j'ai à faire. Et pour le reste, j'éteins mon cerveau. Parce que si jamais mon cerveau est en permanence allumé pour des choses que ce n'est même pas moi qui est censé gérer, ma perte d'énergie et d'influx nerveux et ce que tu veux est beaucoup trop grande. Beaucoup trop grande. Je me concentre sur ma zone à moi.
- Speaker #1
Cette lucidité justement de lecture personnelle que tu as où tu te dis que ma zone de génie, c'est celle-ci. L'humilité aussi de te dire que tu n'as pas du tout l'expérience de certains ou autres. dans un sport assez égocentrique, qui plus est, où finalement, on passe son temps à se regarder dans le miroir, prendre le bon angle, se trouver beau, si j'ose dire.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. En fait, si tu veux, c'est pareil. C'est une vision de l'extérieur. D'où le fait que je te pose la question. Quand je me regarde dans le miroir, c'est comme le gars qui fait du triple saut, regarde tous ses triples sauts pour voir tous ses appuis. Tu vois ? Moi, quand je me regarde dans la glace, c'est ça que je regarde. Je ne suis pas en train de me demander si je suis beau. Je regarde si j'ai pris du volume ici, je regarde si je suis bien équilibré, je regarde mon état de forme, mon taux de masse grasse, si j'ai une densité musculaire, etc. Je ne suis pas du tout en train de voir quelque chose d'esthétiste, je suis en train de voir la performance. Si demain je voulais juste être... Bien foutu pour aller à la plage, je ne ferais même pas un quart de ce que je fais aujourd'hui. On est full focus sur une performance, on n'est plus du tout sur des préceptes comme ça. Donc évidemment c'est égocentré, mais comme n'importe quelle personne qui est au centre du projet.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
L'entreprise c'est moi. Donc évidemment, c'est égocentré, mais en revanche, ça ne fait pas forcément de moi quelqu'un d'égoïste. Et l'important, c'est aussi moi, tout mon émouvantement, et que je le fais aussi avec des gens. C'est d'amener tout ça et amener une histoire humaine dans tout ça.
- Speaker #1
Totalement. Je reviens sur Olympia, mais on disait, et tu disais à juste titre, que c'est 15 élus seulement, les 15 meilleurs au monde, mais qu'en plus de ça, il y a aussi des conditions très spécifiques à devoir réunir, parce qu'il y a énormément d'éléments qui font que même si tu as toutes les conditions et que tu le mérites, tu ne l'es pas. Pour autant, tu le fais trois fois. Consécutivement. C'est vraiment très particulier, c'est assez unique. Je ne sais pas si en France, on l'a dit, t'es le seul. Même au monde, je pense qu'à part certains, peut-être aux Etats-Unis ou autre.
- Speaker #0
C'est vrai que oui, trois fois la fille. En tout cas, en Europe, il y a des athlètes, si tu veux. Mais en France, déjà, on doit être cinq mois compris à avoir fait Olympia depuis les années 60. Donc ça fait quand même peu de monde. Trois fois d'affilée, ça ne s'est pas fait. Mais il y a beaucoup de choses effectivement à réunir, mais après, ça se provoque. Tu vois, c'est des choses qui se provoquent. Je n'avais pas conscience que j'allais pouvoir participer aux Olympiades non plus, même si je croyais en moi. J'ai vu que c'était possible le jour où j'ai quelqu'un qui était coaché par le même coach que moi, qui est un peu plus âgé, mais avec qui j'avais plus ou moins démarré, qui a réussi à se qualifier. Et je me dis là, mais en fait, c'est vraiment possible. Je savais que ça existait, mais je ne touchais pas encore cette réalité d'être dans la course pour. Je faisais les choses sans non plus me dire que c'est l'objectif maintenant à court terme. Je me disais que c'est possible, c'est réalisable là. Et tout simplement, il y a une année où j'ai fait 8 shows dans une saison, ce qui est le record égalé dans la ligue. Parce que je n'ai pas lâché, à l'époque on pouvait encore se qualifier au point. Parce que pour se qualifier à Mister Olympia, en fait il y a des compétitions un petit peu partout dans le monde, au même titre que des Grand Prix de Formule 1, et quand tu gagnes un des Grand Prix dans le monde, tu es qualifié pour aller faire cette compétition qui est donc le Super Bowl. Et à l'époque, il y avait trois personnes qui pouvaient être qualifiées au point. Et donc je me suis dit, bon bah... Moi je vais y aller quoi, j'ai fait des 3ème place, des 2ème place, ou des fois un très mauvais classement derrière, je me dis bon c'est pas grave, je vais refaire quand même une compétition, à devoir partir tout seul, à l'autre bout de la terre, à me dire bon j'ai pas l'argent pour celle-là quoi, bon allez c'est pas grave j'y vais, je prendrai un prize money certainement, j'irai bien et puis je me débrouillerai tant pis quoi. Et alors partir tout seul avec mes valises, revoir les plans, je suis à New York, je vais à San Diego, allez finalement je vais au Canada la semaine d'après, etc. Et des fois on est en seul, c'est un peu spécifique. Parce que du coup à cette époque là tu peux pas emmener tout le monde avec toi non plus. Me retrouver à Puerto Rico, dans un endroit paradisiaque, sauf que pendant une semaine je parle à personne et je suis tout seul, tu vois. C'est assez spécial. Il s'avère que du coup je me qualifie au point, la saison n'est pas encore terminée. Donc normalement, potentiellement, je suis dans les personnes qui vont à Olympia cette année-là. Il reste un show, enfin il reste quelques shows avant d'y aller, dont un en Europe. Et je ne sais pas pourquoi, je me dis, je vais le faire. Alors que je n'ai pas la nécessité de le faire. Mais je dis, c'est quoi, je vais le faire, je vais gagner. Et en fait, c'est comme si j'avais déjà vu l'histoire. C'est très bizarre. Mais c'est comme si je connaissais déjà la suite. Et je n'ai eu aucun stress là-dedans. Peut-être du fait aussi que je sois déjà qualifié, je ne sais pas. Mais je savais que ce jour-là, j'allais gagner. J'avais mon ancien coach qui m'accompagnait à l'époque aussi, en plus de mon coach qui vivait cette préparation avec moi. Et qui lui aussi savait que j'allais là-bas pour gagner. Comme si j'avais déjà gagné la compète. Je suis allé là-bas et finalement, il se passe ce qui devait se passer. Les athlètes ont dit déjà, qu'est-ce que tu fous là ? Tu es déjà qualifié. J'ai dit, gars, je fais mon métier. Si je peux prendre une qualification et prendre le prize money en plus, je le prendrai. Et du coup, j'ai gagné cette compétition. Mon père était là d'ailleurs ce jour-là. Donc, c'était aussi un moment assez fort émotionnellement aussi. C'est le premier Pro Show que je gagne, mon père qui vient, etc. Et du coup, c'était génial. Je vais à Mister Olympia, mais pas seulement en étant quelqu'un de qualifié au point, mais en étant quelqu'un aussi qui a gagné sa place en gagnant le Pro Show.
- Speaker #1
Wow. Finalement, doublement qualifié. C'est ça. À ce moment-là, si j'ose dire. Et comment ça se passe ton premier Olympia ? Ce n'est pas anodin, encore une fois, dans la carrière d'un bodybuilder. C'est vraiment un moment unique.
- Speaker #0
Oui, c'est retour à Las Vegas, quelques années après.
- Speaker #1
Mais sans intoxication alimentaire. Oui,
- Speaker #0
et cette fois-ci, chez les pros. Donc, tu arrives sur le strip, c'est à Planet Hollywood, qui est un hôtel avec une grosse galerie aussi sur le strip à Las Vegas, avec du coup, sur les panneaux à LED du Planet Hollywood, sur le strip, Mister Olympia, avec les compétiteurs en photo et tout, machin. Donc là, tu y es. Tu y es vraiment. Et tu as le meeting pro. En fait, la semaine du Mister Olympia où on a un meeting avec les responsables de la Ligue. Tu t'enregistres. Tu fais tous les papiers qu'il y a à faire, etc. Machin. Et ils te remettent aussi une veste de survêtement de participation. Donc c'est quelque chose d'un peu beatique, tu vois, c'est comme une bague pour le Superbowl ou je ne sais quoi. Tu vas là-bas et je me retrouve en fait, il n'y a que les athlètes, les médias, c'est assez très sur le volet, plus la ligue qu'elle est là, et le propriétaire de la marque Mister Olympia. Et je me retrouve dans une pièce où je suis avec que des gens que j'avais vus aussi dans les magazines à l'époque. Quand je te disais que je travaillais dans la restauration, j'ai encore le souvenir d'être dans la pizzeria où je travaille, dans l'arrière-cuisine. Avec un pote à moi, on fumait une cigarette, à l'époque je fumais, et on regardait sur les magazines et sur le téléphone le Mister Rapper en disant « Oh, t'as vu lui ? » et machin. Et ben lui, il était à côté de moi ce jour-là quoi.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Tu vois, je lui dis « ben je concours avec » . Alors qu'à un moment, regardez ça, à des kilomètres de ça. Donc je me retrouve avec tous ces gens-là, je me dis, quand même, tu vois. Et je reçois ma veste, je l'ouvre pas, c'est dans un sac et tout. Je ressors, j'ai payé le voyage à ma mère et tout, pour qu'elle vienne au Mister Olympia me voir, et qu'elle découvre aussi les Etats-Unis, tu vois. Et je m'appelle, du coup je sors, il y a ma mère, mon premier coach aussi, qui était là. Mon coach actuel, il y avait ma femme qui était là, la fille de mon coach, et je me rappelle, ça me fait bizarre d'en reparler, je sors la veste du paquet, et je vais faire une photo avec, parce que tu as une veste, et il n'y a que les Open en plus de ça à Olympia, parce qu'il y a plusieurs catégories qui ont marqué leur nom sur cette veste. Donc tu as toute la veste siglée, tu sais, à l'américaine, Mister Olympia, Clanné, etc. Et mon nom, en dessus, en gros, le guerrier, tu vois. Et je m'appelle à avoir fondu en larmes. Je ne l'ai pas contrôlé. En fait, tous les moments dont on a parlé avant et les galères, tout est remonté.
- Speaker #1
Tous ces sacrifices, toute cette résilience. C'est ça.
- Speaker #0
Et c'est assez marrant, mais c'est un peu comme si je le voyais à la troisième personne. Comme si j'avais la vision de ce gamin. Tu vois ? C'est comme si je voyais cet enfant qui s'était fait du mal. et quand elle était là. Et c'est ça qui m'a fait pleurer. Je ne sais pas comment l'expliquer, tu vois, mais en retrait un peu, c'est bizarre, mais je me suis dit « Waouh ! » Tu vois, c'est injustice et belle, quoi. Au même titre que tu regardes un film et qu'il te touche, pareil.
- Speaker #1
Ouais. Tu revois tout ce chemin parcouru qui t'a mené jusqu'ici et comment ça se passe après la compétition ?
- Speaker #0
Bah, la compétition, c'était ma première. C'est difficile de prendre du plaisir. T'es dans l'événement. Après moi je suis quelqu'un de très jovial, etc. Donc je me fais souvent beaucoup d'amis et de liens. Donc c'est cool, je passe un bon moment quand même. Je me souviens être dans les backstage. C'est une très grosse régie. C'est dans les plus grosses salles à Las Vegas, là où je joue les gros spectacles, les gros artistes. Et je me retrouve en fait... Avant d'arriver sur scène, t'as une présentation du coup. Pendant une minute, t'es tout seul, machin, etc. On passe chacun par un. Du coup t'as les mecs derrière qui viennent me chercher en backstage. Un régisseur avec le micro et tout, tout le monde est dans le noir comme un concert tu sais, avec la frontale et il me dit il explique les trucs et machin, faut que tu restes là et quand là ça va s'ouvrir, tu es sur scène devant, il y a une croix, tu te positionnes dessus et tu démarres ton truc. J'ai dit ouais ok ça roule et tout. Il est là, ta mère, je dis ouais nickel t'inquiète, je vais faire un show. Il dit yes et puis il se fond des mots à l'américain genre ok let's go man et tout. Ouais génial tu vois. Bref il ferme le rideau et je me retrouve en fait dans une box noire et en fait c'était derrière tous les gros écrans qu'il y avait dans la scène parce que l'écran s'ouvre. Et t'arrives sur scène avec de la fumée, tu vois. Et je me rappelle me retrouver là. Du coup là, t'es tout seul. Y'a plus personne, t'es dans la setbox là, t'es tout seul, tout seul. T'entends juste la musique, avec les basses qui font tout vibrer, dans tous les sens. T'entends le public qui gueule de l'autre côté, parce qu'il y a un mec qui est en train de poser. Ouais, ouais. Et t'es là tout seul. Et ce moment-là, je me rappelle, je me suis mis à rire. Vraiment. Parce que je me suis dit, ah là là. Enfin, en repensant, tu vois, genre, je me dis, ah, Théo, quand même, tu vois. Genre là, pour tes potes et tout, à l'époque, on rigolait de ça. Puis là, t'es vraiment là, mec, en slip, à Las Vegas, devant 15 000 personnes, avec des gens qui gueulent comme si t'étais Michael Jackson, quoi, tu vois. Et je me dis, ouais, c'est fou, quand même. Et ça m'a fait rire, tu vois, cette dérision complète, quoi, tu vois. Je trouvais ça très rigolo. En se disant, comme si c'était mes potes qui se disaient, ah, il l'a fait, quand même, tu vois. C'est assez fou. Qu'est-ce qui explique selon toi aussi cet engouement pour le bodybuilding, la muscu ? On en parlait en off et justement, en ce moment, les 15 000 personnes, on pourrait penser qu'il n'y a que des gars ultra costauds, etc. Et pour autant, pas forcément. Mais il y a quand même cette fascination pour le sport, pour ce que ça représente, pour le bien-être, le dépassement de soi aussi. Et tu vois, moi par exemple, je ne suis pas Mister Olympia. Mais pour autant, le sport m'a fait gagner confiance en moi. Je n'aurais pas créé ma boîte, je pense, si je ne m'étais pas mis à la musculation. Je faisais 55 kilos tout mouillé. Vraiment, je n'osais même pas parler à un inconnu. Et je me suis mis au sport. J'ai gagné confiance en moi grâce à ça. Et ça m'a poursuivi. J'ai continué de manière, on va dire, récréative et plus par passion, par envie. Mais c'est aussi un état d'esprit. Et c'est cet état d'esprit, finalement, que vous représentez. Comment tu expliquerais cet engouement ?
- Speaker #1
Alors là, toi, tu le vois vraiment parce que... T'as une analyse aussi, avec du recul là-dessus, etc. Mais premièrement, c'est l'entertainment.
- Speaker #0
Ouais, ok.
- Speaker #1
C'est le spectacle. Aux Etats-Unis, t'as des spectacles d'à peu près tout. Tu vois ? Donc c'est aussi un spectacle. Je mets n'importe qui au défi, même en France, qui me dit « j'aime pas la musculation » , que je l'emmène voir Mister Olympia et qu'il soit pas impressionné. Tu vois ? Et qu'il se dise pas « waouh » . Enfin, effectivement, ça va être un show et c'est impressionnant. Donc c'est pour ça que tu retrouves aussi beaucoup de gens là-dedans qui n'ont aussi rien à voir. Ça reste un show qui est très connu. Et c'est du spectacle, tout simplement. Maintenant, effectivement, c'est vrai que pour beaucoup de personnes, et beaucoup d'autres sportifs, et même de personnalités que tu peux retrouver aussi qui viennent des fois à Mister Olympia, on a souvent vu des gars comme Chuck E. O'Neill, Buster Hyles, Wade Johnson et tout, ils ont cette affiliation parce que justement, ils savent ce que c'est que ce dépassement. Et du coup, en voyant ce spectacle, et en voyant les masses musculaires, etc., ils le voient avec un œil vraiment différent, en se disant « Waouh ! » C'est impressionnant, mais ils savent tout le boulot qu'il y a derrière aussi. Donc pour eux, c'est un vrai combat qui est en train de se passer sur scène. Donc quand tu es sensibilisé un petit peu à ça, effectivement, tu vois quelque chose de complètement différent. Et par rapport à, comme tu le disais, tout ce que le sport peut amener dans une vie. Oui,
- Speaker #0
complètement. Combien de temps dure en moyenne la carrière d'un mister olympien ? Sous-entendu, tu le disais très justement tout à l'heure, c'est que tu construis. Tu construis du muscle pendant des années et des années et des années. Tu ne peux pas comme ça. Et à... pas de recette miracle, même si aujourd'hui tout le monde veut aller très vite. Il n'y a pas de recette miracle. Tu l'as fait une première fois, une seconde fois, une troisième fois. Est-ce que tu te revois aller à Mister en lapin ? Est-ce que tu as déjà identifié par rapport à ta maîtrise, ta capacité, ta connaissance de toi-même, quand est-ce que tu pourras être plus ou moins ce qu'on appelle à ton prime ? Est-ce qu'il y a une target précise que les athlètes…
- Speaker #1
Olivier Roland On a des données aussi. On a des données. 35 ans en général, c'est l'âge où tu peux commencer à atteindre ton prime. ça reste des cellules musculaires quoi que tu fasses, quoi que tu manges n'importe quel complément que tu peux y prendre ou n'importe comment que tu t'entraînes le temps est incompressible donc t'as des carrières qui sont dites tard par rapport à d'autres sports parce que beaucoup de ministères olympiaques et d'aliments avaient 40 ans donc de 35 à 40 ans t'es censé avoir tes plus belles années si en tout cas tu n'es pas blessé et que tu n'as pas eu de problème de santé donc oui le but c'est d'y retourner Hum. Mais je ne vais pas y retourner juste pour y retourner. Je vais y retourner en faisant partie vraiment du mix, tu vois, c'est-à-dire dans le top 10, top 8, pour là encore vivre une expérience complètement différente. J'ai les capacités pour me qualifier, plusieurs fois. Maintenant, je vais voir si je peux faire mieux que ça. Donc, j'ai décidé de prendre un peu de recul pour justement reconstruire certaines choses que je dois revoir. pour arriver plus fort par la suite. Ce qui est très compliqué. Parce que c'est un sport où, tu sais, c'est ton image aussi qui est en jeu. Donc des fois, se mettre un peu en dehors de la scène, ça peut être quelque chose d'effrayant. C'est là où c'est un peu difficile, le sport professionnel. C'est que, et notamment aussi le bodybuilding, tout est lié à ton image. Donc tout est lié aussi au désir de la personne. Contrairement à une entreprise. Si toi l'entreprise ou ton produit des fois marche un peu moins bien, ça ne te touche pas directement. Oui c'est lié, mais il ne s'agit pas de toi et de ta personne. Tu vois ?
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Là c'est différent. Les sponsors et l'économie essayent de tourner autour de toi. La hype que tu peux avoir, justifiée ou non. Tu vois ? Des fois tu mérites, mais tu ne l'as pas. Donc c'est très particulier à vivre tout ça. Là aujourd'hui j'essaye vraiment de faire des pas en arrière pour savoir qu'est-ce qui va m'aller aujourd'hui, comment je peux progresser. mieux. Pour ça, il me faut du temps. Il faut que je prenne justement un petit peu de temps hors saison, on appelle ça, donc sans concourir, pour pouvoir construire plus facilement du muscle et sur un plus long terme. Chose que les Européens souvent ne font pas, contrairement aux Américains qui ont pris des années complètement off, hors concours, pour arriver plus fort. Mais justement, les Européens ont peur d'être oubliés. C'est ça qui est fou, c'est que nous on a peur d'être oublié. Du coup on veut toujours concourir, toujours être là, au cas où quoi. Donc il faut se refaire confiance aussi, ce qui n'est pas toujours évident. C'est beaucoup plus simple quand t'es en montée, et que t'as faim, que t'es un jeune loup, qu'une fois que t'y es, et que là aussi tu peux vivre aussi des désillusions, t'as cette remise en question, du coup se dire, est-ce que j'y arriverais ? Est-ce que finalement je suis vraiment fait pour aller là ? Des questions que tu te posais pas avant, c'est si tu fonces. Là, il faut prendre du recul, comme sur ta société, à se dire, OK, on en est là, comment aujourd'hui passer le cap au-dessus ? C'est une refonte totale. En plus de ça, t'as vieilli. Donc je fais aujourd'hui avec des choses que je ne faisais pas avant. Des blessures, un environnement différent, des sociétés, une économie. Donc comment faire aussi avec tout ça pour le mettre en œuvre, en tout cas pour faire partie de ce fameux top 8 ?
- Speaker #0
D'autant plus que tout ce que tu dis est exacerbé. avec les réseaux sociaux.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Toi, tu es très visible. Donc, j'imagine aussi qu'il y a pas mal de feedback, pas mal de retours, des gens qui te posent des questions. Là, je te les pose, mais justement, c'est pour te permettre d'avoir une réponse directe. Bien sûr. Mais quand c'est dans les commentaires et que tu en as beaucoup, etc., puis que des fois, il n'y a pas forcément des commentaires que encourageants.
- Speaker #1
Non, là, on est dans une bienveillance.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'est quelque chose de très différent. Mais effectivement, tu es comme tout le monde et quand tu es une personnalité dite publique... Oui. Tu t'exposes aussi à tout ça. Et à des gens qui, eux, ne sont pas du tout bienveillants. Et des fois, tu te dis, mais ils ont peut-être raison.
- Speaker #0
Tu l'as vécu, ça, ouais ?
- Speaker #1
Ouais. Alors qu'avant, non. Et c'est vrai que des fois, quand tu te remets en question, forcément, tu t'écoutes. Si t'es normalement fait et que tu fais des vraies remises en question, t'écoutes aussi autour. T'écoutes ce qui se dit, t'écoutes les gens. Tu consultes. Des fois... tu vas te mettre à écouter ou regarder des choses que tu ne devrais pas, bien évidemment. Parce que, très honnêtement, des fois, c'est une minorité de personnes. Sur 200 commentaires, s'il y en a un qui est un hater et qui a mis le doigt, justement, sur toi ce qui te fait du mal en ce moment ou la question que tu te poses, ça va complètement polariser tout le reste. Donc tu vas t'accrocher dessus. Et ça, tu te dis, bon, ok, il ne faut pas que j'aille voir. Et puis, en plus, qui le met ? Quelle est son expertise ? Rien du tout. Effectivement, il faut jouer avec tout ça. Les réseaux sociaux, il faut du moins s'en détacher. Mais c'est pareil, encore une fois, les réseaux sociaux aussi, tu as un système de vue, tu as un système d'affiliation aussi avec les sponsors par rapport aux ventes que tu réalises, etc. Donc, c'est des facteurs de stress que tu peux te mettre en plus sur ta propre réussite.
- Speaker #0
Complètement. À partir de quel moment tu as vraiment développé les réseaux sociaux ? Parce que là, depuis quelques années, on te voit vraiment... Popper et sortir aussi sur YouTube de plus en plus. À quel point justement tu t'es dit il y a quelque chose à faire, il y a une percée à prendre et il y a du business derrière. Parce que maintenant on le sait ça fait plus d'une heure qu'on échange, on se connaît c'est différent. Mais ceux qui nous écoutent comprennent tout de suite et je pense dès les premières minutes que tu as cette philosophie entrepreneuriale, tu arrives à comprendre comment les mécaniques fonctionnent et voir où sont les opportunités pour pouvoir aussi servir tes objectifs et réussir à avancer. À quel moment tu t'es dit ? les réseaux sociaux, il faut que j'en profite.
- Speaker #1
Eh bien, écoute, j'ai très vite, même à l'époque des sponsors, compris l'économie de tout ça. Et qu'effectivement, il y avait des personnes qui n'avaient pas du tout le même palmarès que moi ou quoi que ce soit, mais qui pouvaient en vivre, même très bien en vivre, voire être millionnaires. Pourquoi ? Parce qu'ils sont dans le fitness, qu'il y a les réseaux sociaux, etc. Ils ont créé une industrie autour de ça. Pourquoi pas moi ? Maintenant, entre le pourquoi pas moi et le faire, il y a un monde. Et si tu veux, à un moment, j'ai voulu vraiment me professionnaliser sur YouTube aussi. J'étais prêt à faire tous ces sacrifices, moi en tout cas, dans ma carrière, pour l'entraînement, pour la diète, etc. Mais je n'étais pas encore structuré professionnellement sur tout le reste. Ce qui était un peu plus difficile pour moi. Je suis plus quelqu'un qui est dans le feeling. Il faut que je ressente les choses, il faut que je les vive, etc. Donc tout ce qui peut être un peu plus abstrait, et qui tient vraiment à l'organisation pure, tu vois, pour les médias, etc., c'est quelque chose qui est plus difficile pour moi. J'ai essayé de commencer à le faire, je me suis peu à peu professionnalisé, il a fallu surtout aussi que je puisse investir là-dedans. Parce que malheureusement, sans investissement, tu ne peux pas non plus faire grand-chose. Jusqu'au jour où mon petit frère, en fait, est venu me rejoindre et a fait partie de mon aventure. Et de là, ça fait, on va dire, un an et demi, pas longtemps, deux ans, que là, on a vraiment mis tout un système en place. Et en fait, on a... Ouais, je pense qu'en... En un an et demi, on a quadruplé nos chiffres d'affaires.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Ouais. Qui étaient déjà très bons.
- Speaker #0
Et donc, ça c'est finalement la prise de conscience de l'importance du focus et de savoir s'entourer.
- Speaker #1
Exactement. Et tu vois, mon petit frère ne connaissait rien de bodybuilding. Rien du tout. Et d'ailleurs, je ne sais même pas si ça l'intéresse à la base. Mais en fait, je me suis toujours dit qu'il faut que j'ai des gens qui ont une expertise aussi complètement différente de la mienne. Je n'ai pas besoin de quelqu'un qui sait ce que c'est que le bodybuilding. Je sais ce que c'est. Je sais ce que c'est, et j'ai pas besoin qu'on m'apprenne quelque chose là-dedans, en tout cas, hors un coach. Lui, c'est pas ça que je lui demande. Je lui ai demandé, lui, d'établir justement sa zone de génie là-dedans, quelles sont ses compétences, lui, où il va pouvoir m'aider, et maintenant, le plus important, ça va être juste notre communication, et qu'on ait la même vision. Et qu'avec peu de mots, ils comprennent où on va, et que du coup, ce ping-pong se fasse... presque même des fois plus du tout et qu'on comprenne où on va et qu'on n'a même plus besoin de se parler. C'est là où c'est le mieux avec un collaborateur, toi finalement. Il fait ce qu'il a à faire, je fais ce que j'ai à faire.
- Speaker #0
C'est vraiment cette complémentarité.
- Speaker #1
C'est le plus important. En fait, de s'entourer des gens qui sont comme toi, quel est l'intérêt ? Quel est l'intérêt ? Si ce n'est que, effectivement, pour l'ego, des fois ça peut être sympa. Parce que si t'es le meilleur de ton groupe... Ok, c'est génial, très bien, mais on va où ? Et en plus de ça, ce serait comme faire un algorithme Instagram, c'est-à-dire que t'es entouré de que de personnes qui réfléchissent comme toi. C'est le début de la pauvreté, clairement. Parce que si tu veux justement être riche de tout ça, de tout ce sens, d'être riche de toutes ces connaissances, il faut tout le temps et en permanence être avec des gens de milieux complètement différents, qui ont une vision complètement différente de la tienne. Parce qu'encore une fois, des fois, c'est juste une question de point de vue. Et tout est dans ce mot, point de vue. C'est-à-dire que moi, là... Ce que je vois là, c'est pas toi ce que tu vois. Juste parce que toi t'es de l'autre côté. Il faut que j'ai une personne de l'autre côté, qui voit aussi différemment. Il fait partie du public, il fait partie d'une audience. Si aujourd'hui je veux m'ouvrir, et ne pas rester que dans ce milieu, il faut que je m'entoure de personnes qui ne sont pas dans ce milieu. Qui savent ce que c'est qu'ailleurs. Qu'est-ce qui est intéressant d'ailleurs, toi qui connais rien dans le bodybuilding, qu'est-ce que t'aimerais voir ? Qu'est-ce qui t'intéresse ? Je sais ce qu'intéresse un bodybuilder. Et toi, qu'est-ce qui t'intéresse toi ?
- Speaker #0
Oui, je vois. Et aujourd'hui, vous avez développé différentes entités. On en a parlé tout à l'heure sur la salle de sport, les repas, le coaching. C'est quoi les différentes business units et comment tu arbitres ? Parce qu'il y a cette volonté aussi de se disperser, se diversifier, pardon. Bien sûr. Mais il ne faut pas se disperser, justement, et réussir à investir focus. C'est très compliqué, surtout quand il y a plein d'opportunités, que tu as beaucoup de visibilité, que parfois même c'est l'audience qui te demande « Tu devrais faire ça, et ci, et ça. » Bien sûr, bien sûr. Et que tu es sollicité, que les opportunités viennent à toi. On le dit souvent, la force d'entrepreneur.
- Speaker #1
Tout en respectant ce lifestyle pour arriver au top niveau dans le sport.
- Speaker #0
Parce qu'on n'en a pas parlé, mais c'est réveil tous les jours à la même heure, dormir tant d'heures par jour, directement commencer par du cardio, ou autre, s'entraîner.
- Speaker #1
Tu dirais, tu as un jour off ? Oui, j'ai un jour off. Mais mon jour off, en fait, c'est le terme jour off. Ce n'est pas off. C'est que même le jour off, je vais aller faire de la mobilité, du cardio, les bains froids, les saunas, le massage, l'ostéo, le machin.
- Speaker #0
Tous les jours, 365 jours sur 365, même en déplacement.
- Speaker #1
Si tu veux arriver... Au point où il y a très peu de personnes et que personne ne fait, tu dois faire ce que personne ne fait.
- Speaker #0
On va en reparler, mais justement par rapport aux activités. Quelles sont ces activités, les différentes activités ? Comment tu concilies ça ? Et surtout, dans quelle mesure, là aussi, tu te concentres sur ta zone d'ingénie ? On a bien compris qu'il y a cette complémentarité avec ton frère. J'imagine que derrière, il y a aussi des équipes. Vous n'êtes pas tous les deux aujourd'hui.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Comment vous gérez ça ?
- Speaker #1
En fait, effectivement, avec mon frère, c'est tout ce qui est partie média. Donc, on a développé tout ce qui était YouTube, surtout. Pour augmenter énormément notre audience et créer une communauté, pour avoir une réelle force de vente aussi et de conversion, et en fait simplement amener les gens avec nous dans cette aventure, c'est quelque chose qu'on a très bien réussi à mettre en place, donc il y a effectivement mon petit frère, et après tout ce qui va être, toutes les personnes qui vont être liées à ça, des miniaturistes, ça peut être des monteurs, donc plusieurs prestataires autour de tout ça. Il y a évidemment aussi tout ce qui va être photos à côté, Que ce soit des précédents appareils en photo, en vidéo, et tout ça aussi qu'on va caler là-dedans. Dans ce... Parallèlement à ça, effectivement, j'ai fait des investissements pour ouvrir aussi une salle de sport, dans laquelle je suis associé. Du coup, là, en l'occurrence, moi, je me concentre quoi ? Sur l'image que je diffuse. Tu vois, ça va être le réel intérêt. Sans être dans l'opérationnel. Je peux pas être dans l'opérationnel sur le terrain, sur quelque chose. C'est pas possible pour moi. Quand j'y suis, je peux l'être, et ça se trouve, je peux être le meilleur. Même je pense. C'est comme ça qu'il faut réfléchir, tu vois. Mais, c'est pas là où je serai le plus productif dans ce que je fais. Le temps qu'il met à partie, là, il faut que j'utilise dans là où je suis le plus productif. Donc ça va pas être en faisant partie d'un agenda, tu vois, dans une boutique ou quoi que ce soit. Donc tiens, t'apportes une expertise aussi via, par exemple, ce que j'ai pu connaître du commerce et de la restauration. Mais du coup... Tu isoles juste le fait que toi tu sois une personnalité, que tu peux amener de la diffusion sur les canaux par exemple de la salle. À côté de ça on a parlé des plats préparés, donc là encore une fois c'est pareil, moi l'intérêt là-dedans et mon apport en industrie j'ai envie de dire, ça va être mon nom, mon image, et à côté aussi tous les ressorts maintenant que j'ai au niveau du marketing et de la visibilité, et justement sur la croissance par exemple d'une marque sur Instagram, sur du branding, la valeur perçue et ce genre de choses. Donc ça va être encore une fois là-dedans, mais pareil. Je ne suis pas dans l'opérationnel. Aujourd'hui, ça va être... C'est des réunions, vraiment de direction, avec d'autres associés ou quoi que ce soit. On établit les plans. Moi, je dis ce que j'en pense. Je donne ma vision. Et après, il y a des gens qui vont exécuter, tu vois. Parce que... C'est pareil, encore une fois. Mon temps est trop important, entre guillemets, pour passer ce temps à faire ça. Je donne le meilleur ce que j'ai de moi. Même si je voulais cuisiner les plats ou faire les vidéos pour être sûr que ça soit bien fait, il y a plein d'autres gens qui savent le faire. Et il y a des gens qui le font mieux que moi. Donc, se relâcher là-dessus, faire confiance, déléguer, toi juste isoler les choses que tu fais bien, de amener ta patte et ton savoir et rester là-dedans. Et puis à côté, on développe tout l'aspect numérique chez nous avec des programmes qui arrivent, des e-books, etc. Donc là, on est en train vraiment d'être dans le branding de notre site internet autour du nom, de tout ce qui va être cet écosystème avec du coaching, etc. Donc ça c'est quelque chose qui prend énormément de temps aussi, parce que tu as de la rédaction, après tu as de l'illustration, donc il faut tous les médias pour ça, illustrer tous tes propos, etc, sur vidéo, photo, le design, design et tout, que ce soit justement pour ton branding, pour le site, pour les programmes, enfin bref, c'est un travail de titan et au début, comme quand tu démarres partout, au début tu fais par toi-même aussi. Certes, tu t'entoures de certaines personnes qui vont pouvoir te faire gagner du temps, avec qui tu as confiance. Mais le premier pas, c'est toi qui vas le faire. C'est ta première, c'est à toi de le faire maintenant. C'est à toi de mettre les mains dedans. Après, tu auras vu comment ça se passe, tu sauras comment ça fonctionne, quels sont tes facteurs limitants là-dedans et tout ça. Et pour la prochaine fois, c'est OK. Donc pareil, s'entourer de personnes qui vont savoir faire aussi des tunnels de vente, des lits de maniettes et tout ça. Donc tu apprends aussi, c'est l'autre métier. Et à côté de ça, je suis toujours à l'alerte sur certains clubs pour faire des investissements dans certaines boîtes qui font des levées de fonds et tout ça. Et notamment, des fois, pareil, sur d'autres fonds de commerce ou de l'achat de murs professionnels pour des commerces, etc.
- Speaker #0
Le point le plus intéressant que je viens d'identifier là, c'est la compréhension de la valeur réelle de son temps. Et ça, c'est le truc que les entrepreneurs devraient faire davantage et ne font pas. Pour autant, toi, tu n'as pas le choix parce que tu as cette rigueur. On va en parler de ce quotidien, finalement, pour qu'on se rende compte à quel point la discipline que tu dois avoir au quotidien, mais c'est de toujours te concentrer uniquement sur là où tu crées le plus de valeur.
- Speaker #1
C'est difficile à comprendre.
- Speaker #0
En le moins de temps possible et d'accepter la délégation, même quand ce n'est pas fait parfaitement. D'autant plus qu'il y a un point que tu n'as pas évoqué ici, mais que je me permets d'évoquer, c'est que dans tous ces business, le point commun, c'est que tu utilises ton image pour vendre.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas toi qui délivre. Et donc, peu de gens auraient la capacité… à pouvoir aussi se détacher émotionnellement.
- Speaker #1
C'est difficile.
- Speaker #0
C'est très difficile.
- Speaker #1
Mais là, ton égo, il faut le ranger.
- Speaker #0
Parce que tu dois faire confiance aussi aux équipes opérantes, que ce soit pour les plats préparés, la salle de sport, les coachings, etc. Enfin, tout ça. Même le sponsoring, parce que finalement, celui qui te fait confiance et qui achète, il n'achète pas la marque. Il achète Théo qui parle de la marque.
- Speaker #1
Et la marque a une communication aussi, que tu ne contrôles pas.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Et qu'à un moment ou à un autre, tu joues aussi avec ton image. Donc ça, il s'avère qu'il faut faire aussi des bons choix.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et que, effectivement, des fois, ça peut poser aussi... Il y a certains points de friction, quand même, qui peuvent se créer, que ce soit dans les sponsors, parce que t'as pas envie de faire ça, ou t'as pas envie d'apparaître dans ça, parce que toi, c'est pas ta façon, c'est pas ta DA, sans parler de valeur, mais c'est juste même pas ta DA. Ça fait deux ans que je travaille là-dessus, j'ai pas envie de dévaluer ma DA et ma valeur perçue juste pour vous faire la promotion d'un truc que je trouve pas terrible et que la façon dont vous le faites n'est pas top. Ça me dessert. Et en l'occurrence, ça peut être le cas aussi avec d'autres associés ? Ou par exemple, quand la boîte n'est pas à un point où toi, t'as envie pour l'instant de mettre ton image en jeu, parce que tu trouves qu'on n'y est pas encore, la valeur perçue n'est pas assez bonne, le produit n'est pas assez qualitatif, comment il est fini, etc. Et que disent maintenant, t'es assez avec nous, pourquoi tu ne nous fais pas de pub ?
- Speaker #0
Ouais. Et qu'en plus de ça, peut-être qu'ils n'ont pas le même niveau de conscience aussi sur tous ces sujets que toi. Tu dois leur expliquer.
- Speaker #1
Et c'est pour ça qu'aussi, du coup, s'associer avec les bonnes personnes est primordial. Là, aujourd'hui, en tout cas, dans les plats préparés, certains se sont posés cette question. Et un de mes associés, lui, il comprend complètement. Il dit, non, mais toi, il n'y a pas à mettre son image en jeu. Les gars, si on ne fait pas ça bien, ou si ce n'est pas nickel, il dit, c'est normal. C'est son gain de pain. Il arrive à dissocier tout ça. Parce que les gens, souvent, ils sont un peu friés, ils sont dans le court terme. Mais non, le court terme, ça n'a jamais fait gagner quoi que ce soit à personne. Personne. Tu vas prendre de l'argent là, maintenant, oui. Tu vas prendre tes 10 euros maintenant, tout de suite. Mais tu n'auras rien de plus derrière. Moi, ce que je te propose, ce n'est pas de prendre tes 10 euros là, mais c'est que dans 6 mois, tu en prennes 150. Ce n'est pas la même chose.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que si tu prends les 10 maintenant, tu ne prendras jamais les 150.
- Speaker #0
Et justement, je rebondis sur ce que tu viens de partager, à quel point c'est important et c'est puissant pour ceux qui nous écoutent également. Le bon timing, cette marque de plats préparés, tu en as parlé récemment. C'était une des premières fois que tu en parlais ou pas ?
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, on a changé tous les tic-tacs et tout ça, ça ne me convenait pas.
- Speaker #0
C'était hier ou avant-hier, un truc comme ça ? On est d'accord. Ce n'est pas parce qu'il y a la vidéo, mais c'est pour te dire. Un, quand j'ai vu que tu en as parlé, j'ai trouvé que c'était... bien évoqué, bien mis en avant. J'ai cliqué, j'ai regardé. J'ai vu effectivement que le packaging était stylé, que la marque s'adonnait bien, etc. Et ensuite, j'ai copié le truc, j'ai envoyé ça à mon assistante. Je lui ai dit, ah tiens, ça peut être une alternative. Si un jour, on a besoin, l'équipe se déplace, etc. Mais parce que c'était le bon moment, tu vois. Et je ne savais même pas que tu étais associé dans cette part. C'est là en préparant l'épisode. Oui, ce n'était pas le but.
- Speaker #1
Et en fait, je ne voulais pas... Parce qu'encore une fois, en fait, c'est pareil. Mettre ton naming. Sur une boîte, quel est l'intérêt ?
- Speaker #0
Il y a des enjeux hyper importants.
- Speaker #1
Alors que pourtant, moi je veux dire, ce serait quelque chose d'important justement le naming.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Ça tourne autour de moi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais les autres boîtes ne tournent pas autour de moi.
- Speaker #0
Et le but c'est de créer des systèmes.
- Speaker #1
Exactement. Sauf qu'en plus de ça, être vraiment sous ton naming tout le temps, c'est la pire erreur que tu peux faire de ta vie. La pire erreur. Demain j'ai un bad buzz, demain j'ai une blessure, demain j'ai plus de hype, j'ai plus aucune valo. Zéro ! Si la marque de nutrition, elle s'appelle Théo Le Guerrier, la marque des plats préparés, si la salle, elle s'appelle Théo Gym, qui va vouloir racheter ça le jour où j'y suis plus ? Personne ! Si demain, il y a un problème avec moi, plus personne ne va commander de plat. Et il faut aussi être conscient d'une chose. Certes, j'ai une communauté, mais j'ai aussi plein de gens qui ne m'aiment pas. C'est aussi un facteur limitant, demain, pour convertir. Quelqu'un qui ne m'aime pas, mais qui sait que c'est ma boîte. Pas que j'y suis associé, enfin que mon image y est associée parce que je fais la promotion, mais qui sait que c'est ma boîte, il ne va pas me donner d'argent.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Eh oui. Alors que si c'est juste que je suis athlète dedans, a priori il y a aussi d'autres athlètes, ce n'est pas un problème. Ce ne sera pas un facteur limitant. Mais de savoir que c'est moi qui la tiens, ouh là là, attention, surtout dans le pays qui est le nôtre. Il faut aussi savoir penser à tout ça. Donc, mon égo, il n'a rien à faire là-dedans. Il faut essayer d'être clairvoyant vraiment par rapport à ça.
- Speaker #0
C'est très bien que tu le cites parce que cette lucidité justement sur ces sujets, que ce soit le timing qui fait que là, c'était le bon moment et tout de suite, je me suis dit, ah ouais, sympa, etc. Il y a des choses à faire et autres, potentiellement pour en être client littéralement. Et que toi, tu as eu la lucidité de te dire, non, ce n'est pas encore le bon moment, les gars. Tes associés l'ont compris et là, boum. Et le fait aussi de la marque, c'est hyper important à partager à ceux qui nous écoutent. Parlons un peu de ton quotidien, qu'on se rende compte. C'est quoi le quotidien d'un bodybuilder professionnel comme toi, dans cette période-là, hors les phases de l'Olympia, etc. ?
- Speaker #1
Je ne suis pas dans une phase où je suis en restriction calorique. C'est une phase qui est un peu plus facile pour moi à tenir. J'ai plus de battements sur ma diète, même si je respecte une diète à la lettre. Je peux juste me permettre certains écarts d'aller manger, etc. qui nous donne un peu plus de... qui va me donner un peu plus de temps pour peut-être aller partager un repas ou aller faire quelque chose ou faire certains événements je serai tout simplement aussi moins fatigué physiologiquement donc ça ce sera intéressant dans cette phase où je suis c'est une phase où, cette phase de construction je peux aussi bien m'en servir pour justement aussi construire tout le reste à côté donc c'est, quand t'es en pleine saison tu peux pas, alors certes je suis obligé de le faire mais de gérer un petit peu tout ce qu'il y a à gérer aussi à côté Mais ça va te demander un effort qui n'est vraiment pas du tout le même. Et tu dois être un robot, en fait, dans cette préparation. Donc là, ça me permet de l'être un petit peu moins pour pouvoir aussi faire grossir tout le reste. OK.
- Speaker #0
Et concrètement ?
- Speaker #1
Et dans les bons timings, comme tu as dit. Totalement.
- Speaker #0
Et dans une phase de préparation, concrètement, c'est quoi ? En termes de réveil, de diète, de rythme de vie ?
- Speaker #1
Écoute, une journée type, entre guillemets... Ça va être, je me réveille vers 7, 7h30. Directement, la première chose que je fais, c'est que je vais faire du cardio. Tu sais que le boxeur qui se lève le matin, qui va courir. La même chose, soit je vais à la salle, soit je vais courir chez moi si j'ai un tapis à la maison. Donc, agent, tu te lèves, tu prends juste un litre d'eau quand je me réveille le matin avec certains compléments. La première chose qu'il te faut, c'est te réhydrater. Donc, à peine le moment où tu es levé, tu as optimisé ce temps-là pour ce qui te manque et ce que tu dois faire. Je vais aller au cardio, après je vais faire de la mobilité. Donc, ce qui va me permettre, tu vois, de... de faire des étirements, certains mouvements qui vont permettre d'avoir de la mobilité dans ce que je fais, etc. Posing, là où j'envoie le bilan à mon coach, où je vais faire mes pauses le matin, etc. Je pars petit déjeuner, je fais tous mes mails, les appels, les visios. Deuxième repas, je continue un petit peu sur le taf, où j'essaye de prendre aussi un petit temps calme. Après, je fais mon repas pré-training, donc là je vais aller m'entraîner, et c'est là où il va falloir vraiment que j'envoie tout ce qui est possible. que ce soit physiquement comme nerveusement et c'est ça aussi pour ça que j'ai souvent ce petit temps calme avant d'y aller parce qu'il faut que je me remette sur le bon objectif parce que tu sors des fois de réunions, de projets et tu sais c'est des trucs qui te courent quand même tous les entrepreneurs savent ça c'est pas une fois que t'as fermé la porte ou que t'as fini ta visio que les choses s'arrivent là, non t'es constamment en train de penser, savoir comment tu peux l'évoluer qu'est-ce que tu vas avoir à faire etc. Et là ça va être justement Faire cette gymnastique de, ok, je coupe avec ça, et justement là, il faut que je pense à le moins de choses possibles, juste à ce que je dois réaliser maintenant et tout de suite. Donc partir là-dessus, y mettre tout ce que j'ai à y mettre, donc des fois ça peut être aussi se recentrer, travailler sur sa respiration avant d'y aller, et trouver des ressorts de motivation pour pouvoir se dépasser. C'est pas toujours évident, la motivation c'est comme ça. La discipline par contre elle te permet d'avoir une progression constante. Si tu ne comptes que sur ta motivation et sur ton envie d'aller à la salle, ou l'envie de faire ce que tu vas faire, tu n'y arriveras pas. C'est impossible. Moi des fois, pendant trois mois, je n'ai pas envie de m'entraîner.
- Speaker #0
Et tu y vas quand même ?
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Discipline ?
- Speaker #1
Parce que c'est ça qui va me faire réussir. Je sais que je suis obligé de le faire. Si je veux arriver là, l'objectif que j'ai dit, que je me suis donné, je n'ai pas le choix que de le faire. Alors oui, je n'ai pas envie. Oui, c'est dur. Oui, des fois je suis fatigué. Mais il faut le faire. C'est comme une recette de cuisine. Si dans le bœuf bourguignon, tu ne mets pas de vin rouge, tu n'auras pas un bœuf bourguignon. Tu vois ? Une recette de cuisine, tu la respectes. Pourquoi tu ne respectes pas le process pour arriver à ton objectif ? Alors que tu respectes ta recette de cuisine. Moi, je les connais tous les ingrédients. Il y a un moment, si je n'y arrive pas, c'est que je n'ai pas voulu faire comme c'était écrit ou je ne l'ai pas fait. Ou je n'y ai pas mis cette intensité. Et là... Je ferai face à un truc que j'ai pas envie de faire face, c'est mon erreur de moi, de mon erreur à moi-même. Je suis mis face à moi-même ou c'est de ma faute. J'ai pas envie que ça soit de ma faute, parce que j'ai pas fait. Donc non, je vais tout faire à fond. J'essaie de l'optimiser, comme je te dis, avec de la respiration, ce genre de choses. Ça peut être aussi une playlist musicale, tout simplement, qui va t'emporter quelque part. Que t'aies un petit peu cette vision, que tu te projettes, que t'amènes un ressort émotionnel dans ce que tu fais pour aller chercher plus loin. Il s'agit pas juste de faire, il s'agit de le vivre. C'est pas tout à fait la même chose. Comme toi, si tu peux faire un pitch ou quoi que ce soit, il s'agit pas de le faire, il s'agit de le vivre, de l'incarner. Pourquoi ? Parce que ce sera meilleur. Ce que tu as donné, ta prestation sera meilleure. Ma prestation à la salle, plus elle va être bonne, plus j'en tirerai un bénéfice. Donc tout ce travail-là, après, directement, post-training, les shake-out protéines, prendre les vitamines qu'il faut et tout ça. Je rentre chez moi. en général j'ai toujours encore un peu de boulot à faire l'éditing par exemple ou quoi que ce soit voir aussi avec mon petit frère qu'est ce qu'on a prévu ce seront si on a des tournages donc ça c'est une journée où je ne tombe pas des fois je peux tourner en même temps sur cette journée donc c'est le petit peu différent j'en veux soit donc je vois tout ça je refais un repas et une fois que j'ai fini ce repas là il faut que je prépare les repas de la veille de lendemain que je prépare tout ça que je mette tout en place et que je démarre ce processus de pré-coucher, tu vois, à me mettre dans une certaine atmosphère pour du coup faciliter et du coup potentialiser au maximum mon endormissement et mon sommeil pour que j'ai mes 8h, 8h30.
- Speaker #0
de sommeil. Donc ça passe par cette routine, justement parce que mon organisation là qui est chiante des fois, tu finis de manger, j'aimerais bien me mettre dans le canapé quoi. Non, c'est pas fini. Maintenant il faut que j'aille faire mes pancakes ou mes crêpes pour le lendemain, cuire du riz, machin, peu importe. Ok. Comment je peux le faire ? Je peux être triste, déconcentré. Que je vais faire ? Je vais mettre mes écouteurs, je vais mettre un podcast, ça se trouve je vais entendre des trucs qui vont me servir, ou je vais mettre la radio. Je sais que je vais pouvoir être concentré dans ce que je fais et dans ma tâche. Allez, c'est parti. J'ai pas envie, mais je le fais. Pourquoi ? Parce que demain matin, c'est quand je serai fatigué. Si je dois le faire demain matin, ce sera pire. Et de toute façon, je le ferai pas. Et là, ce sera vraiment dur. Pourquoi ? Je vais me rendre un truc difficile encore plus dur. Non, facilite-toi la tâche. Facilite-toi la tâche. Donc je le fais, et puis après, je refais un repas encore une fois, tu vois. Parmi les 5, 6 repas, ou des fois 7 que je peux faire. Et là j'essaye de le faire vraiment dans un temps calme. Et je le mange tout seul, très souvent. Je préfère. Ça me permet de faire le point sur plein de choses. Je me regarde des fois un épisode Netflix ou quoi que ce soit. Mais pareil avec mes écouteurs, même sur le téléphone, même pas la télé. Je suis vraiment dans le noir presque en train de manger avec ça. Et ça me permet de déconnecter, refaire le point avec beaucoup de choses. Comment dirais-je, faire redescendre aussi mon rythme cardiaque, etc. Et des fois, s'ils me projetaient sur des choses meilleures, ou à me faire rêver aussi, et me transcender à travers ce que je regarde, ce que je regarde essentiellement des choses de sport, de business, etc., ou des documentaires très souvent, des biopics, ou ce genre de choses qui vont continuer à me donner, tu sais, à alimenter ce feu un petit peu, de créer des choses incroyables.
- Speaker #1
En termes de quantité qu'on se rende compte, c'est combien de calories tu commences déjà par boire ?
- Speaker #0
un litre d'eau je bois 6 à 7 litres par jour d'eau proportionnellement c'est normal je fais 130 kilos de muscles il le faut la plupart des gens ne s'hydratent pas correctement en dessous de 2 litres 3 litres pour un homme c'est pas assez donc il faut beaucoup boire c'est pour ça que je bois autant et en calories hors saison je suis à plus de 5000 calories donc 5600 peut-être des trucs comme ça Une fois je suis arrivé à 6000 calories, mais avec de la nourriture qui est dite saine et propre. Donc c'est des quantités astronomiques, pour te donner un ordre d'idée, une fois cuit dans une assiette, je peux avoir 500 grammes de riz, 250 grammes de viande, 300 grammes de légumes. Donc on est sur des assiettes à 1 kilo. Tu diras, ça ne moure pas, mais je mange ça 6 fois dans la journée. Donc c'est des kilos de nourriture par jour, plusieurs fois par jour. Et ce, pendant des mois. Donc c'est ça qui est difficile aussi à faire. C'est effectivement le faire une journée. Pourquoi pas ? Le faire tous les jours de l'année, très différent.
- Speaker #1
6 jours sur 7, donc tu t'entraînes. 7 jours sur 7, c'est assez difficile.
- Speaker #0
En fait, je ne réfléchis pas en semaines et en jours. Ça, c'est pareil. C'est un truc où je l'ai fait à un moment. Et quand je me suis dit qu'il fallait que je sois meilleur, je me suis dit, non, non, enlève vraiment tout ça. Enlève tout ça.
- Speaker #1
Déconstruire pour reconstruire. Exactement. Différemment.
- Speaker #0
C'est tout à fait ça. Quel est le plus optimal à faire ? Selon la paire de chevilles, ça peut être 2 jours d'entraînement, 1 jour off. Donc 3 jours d'entraînement, 1 jour off. Ok. Ah oui, mais moi, le dimanche, je ne m'entraîne pas le dimanche. Sur le dimanche, je fais ci, je fais ça, et c'est un jour off le dimanche. Oui, mais du coup, je dois faire 3 jours un jour, et là, ça ne me fait que 2 jours un jour, parce qu'il y a le dimanche. Non. Arrête ça. Arrête ça. Qu'est-ce qui est le plus important ? Quel est le plus grand ? Où tu veux aller ? Déconstruis ça. Et tu feras deux jours, un jour, deux jours, un jour, le lundi, le mardi, le dimanche, le vendredi, peu importe. C'est une journée. Ça n'a rien à voir. Enlève ce calendrier-là de ta tête. Donc ça se passe vraiment comme ça. Et ça, je le fais tout au long de l'année. Et en fait, ma diète est adaptée en fonction de l'objectif que je me donne. Mais il y a toujours une diète qui est carrée. Et c'est tous les jours de la semaine. Tous les jours de la semaine.
- Speaker #1
Toi, tu vis la discipline au quotidien ?
- Speaker #0
Oui, et malgré moi, parce que je ne suis pas quelqu'un de discipliné. C'est ça qui est fou.
- Speaker #1
Alors, attends. Alors ça, on va creuser. Parce que justement, j'allais dire, c'est quoi la discipline pour toi ? Parce que c'est vraiment un truc que tous les entrepreneurs doivent mettre en place sur la discipline. On sait qu'il faut, par exemple, faire ses appels de vente, j'en sais rien. Il faut mettre à jour ceci ou cela. Et il faut le faire dans le temps, dans la durée, même quand tu n'as pas envie. Tu disais tout à l'heure, pendant trois mois, par exemple, je n'ai pas envie d'aller à la salle, j'y vais. Et là, tu me dis, attends, tu as sereine de vivre, mais à la base, tu n'es pas discipliné.
- Speaker #0
Absolument pas.
- Speaker #1
Explique-nous alors, comment c'est possible ?
- Speaker #0
Je sais pas, je pense qu'il y a certaines choses qui m'effraient, les choses qui ne tiennent pas, en fait, si tu veux, à des tâches physiques, sont beaucoup plus compliquées pour moi. Je suis dyslexique. Donc déjà, il y a plein de choses qui, pour moi, c'est un gros facteur limitant sur plein de choses, à la base. Par exemple, tu vois, mon comptable, clairement, je ne suis pas le bon client pour lui. Mais après, je le paye pour ça aussi. Mais lui, il me court après souvent, quand même. Oui, oui, oui. Même si, des fois, je mets les choses en place et je suis réprochable. Mais le tenir dans la durée, c'est dur pour moi. Ça me demande un effort considérable de faire ça ou d'être assis pendant une heure. Chez le comptable, avec des chiffres, ça va m'épuiser, m'épuiser. Alors que je peux faire une journée où je m'entraîne, je signe des interviews, je fais un podcast, et le soir j'en ai le mot pour une ouverture de salle. Et je le fais bien. Mais ça, une heure comme ça, concentré sur une chaise de vachement...
- Speaker #1
Il y a des choses qui te pompent en énergie.
- Speaker #0
Et complètement. Donc j'ai un problème vraiment de discipline sur certaines choses, ou juste, voilà, qui sont... qui sont beaucoup plus difficiles finalement pour moi.
- Speaker #1
Je rebondis sur un point, c'est au niveau des sponsors. Récemment, tu as signé aussi avec Gymshark.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On en a parlé de Tsunami tout à l'heure.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comment ça marche ce monde des sponsors ? Parce que pour beaucoup, c'est un peu le Graal justement. Il y a peut-être plein de gens qui nous écoutent, qui nous regardent, qui ne sont pas partie de ceux qui écoutent habituellement le Déclic et qui viennent de ta communauté, qui rêvent d'une carrière dans le sport. pas forcément peut-être dans le bodybuilding, mais en tant qu'athlète, parce que tu représentes avant tout un sportif de haut niveau, un athlète, un vrai, qui a construit sa vie autour de sa performance physique personnelle. Comment ça marche cette économie ?
- Speaker #0
En fait, ce n'est plus la même économie qu'il y a 20-30 ans non plus. C'est-à-dire qu'il y a 20-30 ans, le fait juste d'être athlète et dans les meilleurs du monde, te donnait accès à tout ça. Parce que du coup... On connaissait pas les autres, on connaissait que les 20-30 meilleurs, parce que les magazines ne mettaient en avant que ces gens-là, et tu ne connaissais pas Pierre, Paul, Jacques, t'es dans une salle ou quoi que ce soit. Aujourd'hui, les réseaux sociaux ont déconstruit complètement ça. Parce que justement, tu peux être Pierre, Paul ou Jacques n'importe où dans le monde, ne pas avoir fait Mister Olympia, et pourtant avoir une communauté très puissante, et du coup porter une économie autour de toi. Donc déjà, les choses ont un petit peu changé quant à ça. Donc quelqu'un aujourd'hui qui fait du sport... qui veut être sponsorisé, bien gagner sa vie et être soutenu, ça ne passera pas que par ses résultats. Si tu ne vends pas, tu ne peux pas être sponsorisé à hauteur de ce que tu aimerais. C'est triste à dire, mais en fait, ça respecte tout simplement une logique. Ce n'est pas des mécènes, tes sponsors. Ce n'est pas une entreprise. Ça existe, les mécènes, évidemment, dans le sport. Mais là, on parle à une échelle qui est un petit peu différente. Nike, ce n'est pas un mécène. Tu comprends ? Oui. Qu'est-ce qui fait qu'ils viennent chez toi ? Parce que tu fais vendre. Eux, c'est une boîte. Ils ont des chiffres à respecter. Ils ne vont pas prendre des athlètes pour le plaisir de prendre des athlètes. OK, ils peuvent être passionnés, mais ça a une limite. Donc c'est une économie. Donc il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, quand tu te plains de part de sponsor, mais que tu as fait tel ou tel résultat, là n'est pas la question. Si tu me coûtes plus que ce que je te donne, je n'ai pas d'intérêt de travailler avec toi. C'est aussi simple que ça. C'est une réalité basique. Donc il faut créer justement tout cet engouement, toutes ces communautés et créer cette économie autour de toi. Une fois que tu l'as et que tu commences à faire des chiffres, effectivement, et que tu as une DA qui est assez intéressante, etc., les sponsors après viennent et t'appellent. Là, comme tu l'as signifié, on a le Gymshark qui est venu, qui est un sponsor qui est beaucoup plus mainstream que les marques de compléments alimentaires que tu peux avoir chez un bodybuilder. Parce que moi, je suis une des parties du fitness. Il y a plein de choses dans le fitness. Bodybuilder, ça reste une niche aussi, mine de rien, dans cette économie qui est très vaste. et très puissante aussi. Jim Shark, aujourd'hui, je ne sais plus la valo de la boîte, mais c'est gigantesque. On est sur des milliards. Donc c'est énorme pour quelqu'un qui a commencé dans son garage d'ailleurs. Superbe histoire. Mais Jim Shark, ils ne sont pas dans la niche bodybuilding. Pourquoi ils sont venus me chercher ? Parce qu'on s'est médiatisé et qu'on s'est ouvert à ce monde-là. Et qu'on a une communauté. Et que je sors aussi des carcans du bodybuilding un peu hardcore. Ce n'est pas l'image que je veux donner. Et du coup, ça leur convient, cette DA aussi. Et ils sont venus parce qu'en fait, je suis vendeur. Pas parce que je suis Théo Le Garrier trois fois à l'implat. Alors oui, ça joue aussi dans tout ça. Mais en fait, c'est des synergies après. Mais juste qu'il faut créer une économie autour de toi. Il faut que tu crées une valeur. C'est surtout ça le truc. C'est pas juste un résultat. Exactement. Donc après, c'est pareil. Quand tu fais des rendez-vous, etc. Tu as un professionnalisme aussi à avoir. Aujourd'hui j'ai mon petit frère qui était si web designer avant. Aujourd'hui quand les marques nous contactent, on leur envoie un Media Kit. Tu vois ? Donc, qui est personnalisé pour la marque.
- Speaker #1
J'imagine qu'ils reçoivent ça rarement, justement.
- Speaker #0
Justement.
- Speaker #1
Ce côté professionnel tout de suite.
- Speaker #0
Avec un bodybuilder, jamais. Je vais être très honnête. Et ce n'est pas pour jeter la pierre au bodybuilding. Un bodybuilder, souvent, il n'est pas très professionnel. Et il y en a peu qui le sont. Et qui se donnent du temps pour ce genre de choses. Tu vois ? C'est égocentré, etc. Machin, souvent, les gens viennent te chercher. Et ça ne se passe pas comme ça. Toi, là, si tu le fais, avec des rapports de vente, des schémas. des camemberts, des machins, ils disent « Wow, à qui on a affaire ? » Tu vois, on se dit « Ok, d'accord. » Déjà, le rapport de force, ceci n'est pas du tout le même. Tu parles avec quelqu'un qui te montre aussi ses partenaires et qui te montre aussi ce qu'il fait. Qu'est-ce que nous, on génère aujourd'hui, actuellement ? On n'est pas n'importe qui, tu vois. Et puis, tu ne parles pas pareil avec quelqu'un où tu sens que, pareil, ça peut être Charly Le Garrier qui a fait le truc, ce n'est pas directement Théo, par exemple, tu vois, et que c'est fait superbement bien. Tu le prends pas à la légère, le gars. Tout de suite, ça instaure aussi quelque chose de différent. Et tout ça, ce sont plein de petites choses qui font qu'après, déjà, un, on te veut, tu sais que la personne va être professionnelle, tu sais qu'elle se donne les moyens de faire quelque chose de bien, et elle comprend que tu le fais pas que dans l'intérêt de la marque. De toute façon, tu fais dans ton intérêt à toi. Très important. Je vais pas faire le travail qu'ils me demandent pour eux, mais je le fais pour moi. Et ce que moi, je vais développer, la marque aura à y gagner. Ce que je veux aujourd'hui, sur mes sponsors, en fait, finalement, c'est des partenaires. C'est juste que dans le storytelling de Théol et Garillet, j'ai des partenaires avec moi. Si je grossis, eux vont grossir. Et vice-versa. Il faut qu'on s'apporte les uns les autres, tu vois. Et ça, à partir du moment où ils le comprennent, après, t'as un rapport, en fait, clairement d'entrepreneur et commercial avec la personne. Et puis la fête. Et ça change beaucoup, beaucoup de choses. Tu vois ?
- Speaker #1
Le rapport de force, notamment, tu l'évoquais. La posture, la dynamique.
- Speaker #0
Exactement. C'est pareil, même dans ton phrasé, dans... Si tu dis à ta marque tous les ans, nous on a prévu de faire ça cette année, et pas juste on a prévu de faire ça, mais pareil, avec quelque chose d'élaboré, d'illustré, avec des timings, des machins, etc. Comme tu pourrais avoir un devis. Si demain tu as quelqu'un qui vient chez toi pour les travaux, et le mec il dit ça, machin, il est là avec son crayon, puis il te rappelle le soir où il t'envoie juste un email, ça va faire ça, si tu arrives à faire une idée de vie comme ça, franchement tu es un champion du monde. Par contre le mec qui arrive avec quelque chose de détaillé, d'illustré, pas juste des chiffres, d'illustré, même il a projeté des images, etc. T'as juste à signer. T'as l'impression que c'est déjà fait. T'as juste à signer. A 90% tu signes. Moi c'est pareil, c'est ce que je fais aussi avec mes collaborateurs.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Surtout que souvent t'as affaire à des gens comme J.P. Shark qui ont aussi... c'est des gros quand même, tu vois. Les équipes,
- Speaker #1
c'est des présenteurs locataires professionnels en face.
- Speaker #0
Ils ont ça, ils disent « Ah putain, le mec il est sérieux, de toute façon il va demander à son responsable. » Ils ont l'argent pour le faire. Ça, c'est pas un problème. Ils ont l'argent pour le faire. Et ce qu'ils veulent, c'est juste que ce qui est très important avec ces gens-là, c'est que tu leur facilites la tâche et tu leur donnes la visibilité sur ce que tu veux faire. L'argent pour eux, c'est pas un problème. Ils y sont que dans l'investissement marketing. Ils savent déjà que t'es rentable. Ils connaissent tes chiffres. Lui, il a juste à signer là et tu t'occupes de tout. À 95% c'est fait.
- Speaker #1
On parlait de réseaux sociaux et à plusieurs reprises tu as parlé de DA, direction artistique, mais finalement c'est ligne éditoriale aussi pour ceux qui nous écoutent. Et du bodybuilding hardcore et que tu n'as pas envie d'être dans cette image-là. Quel message finalement tu as envie de véhiculer aussi au travers des réseaux de tout ce que tu crées ? Parce que certes, il y a le côté bankable, mais le premier des points c'est aussi que tu as évoqué l'impact, la création d'une communauté, des gens que tu emportes avec toi dans cette aventure. Quel message t'as envie de véhiculer au travers des réseaux ?
- Speaker #0
En fait, si tu veux, c'est vraiment que les gens fassent partie de cette aventure. Alors évidemment, il y aura aussi des contenus beaucoup plus éducatifs, etc. Ce qui me plaît, c'est comme si on pouvait faire un documentaire toute l'année, comme moi, ce que j'adore regarder finalement. Moi, regarder juste un mec s'entraîner, gueuler et porter lourd, ça ne m'intéresse pas. Je le fais tous les jours en plus. Ça ne m'intéresse pas. Ça ne m'intéresse absolument pas. Consomme pas ce genre de contenu. Déjà je vais pas faire un truc qui moi m'emmerde quoi. Donc il faut que je l'apporte aux gens du divertissement. Et au delà du divertissement il faut aussi que je leur apporte, pour moi en tout cas c'est quelque chose que je mets dedans, c'est d'apporter une espèce de valeur tu vois, un petit plus là dedans, quelque chose qui va peut-être les aider dans leur vie, un mindset, le fait de se sentir compris, le fait de pouvoir les aider à se dépasser, de se remettre en question, etc. C'est une valeur ajoutée qui pour moi est très importante. Faire pour faire, ça ne m'intéresse absolument pas. Tu es sûr que tu ne me verras pas demain si on doit faire des trucs comme ça. Je ne vais pas le tenir parce que ça, à la fin, je m'en fous. Mais si on peut avoir un impact chez les gens, c'est ça le plus important. Le plus important dans tout ça, c'est quoi ? C'est donner du sens à ce que tu fais. C'est donner du sens à ta vie. Entreprendre, c'est bien. Gagner des titres, c'est bien. Mais quand c'est vide de sens, ça, ce n'est que des chiffres ou c'est qu'une médaille. Elle ne représente rien. Ça ne peut pas te remplir. Ce qui compte, c'est le sens que tu veux de ça. Alors quand des fois, nous, on a des gens qui me reconnaissent, qui viennent ou qui viennent à la salle, qu'on fait des kilomètres pour venir. Ah, j'avais envie de te croiser, machin, ou des commentaires. Ils disent, ah, je suis tombé sur tes vidéos. Quand cette vidéo-là, tu sais, il te ressort des séquences, des mots que tu as pu avoir, il te dit « ouais, depuis, j'ai perdu 25 kilos, j'ai retrouvé confiance en moi, etc. » Et tu te dis « waouh, on est capable de faire ça ? » « Bah ouais, ok, super, c'est ça que je veux faire aussi, quoi. » Dans tout ce contenu-là, et cette DA, c'est tout simplement des aventures, du développement personnel. Et de ça, aujourd'hui, on a beaucoup de gens qui sont sur la chaîne qui ne sont pas du tout dans le milieu du bodybuilding, qui n'en consomment pas et qui n'iront pas voir de compétition. Mais ils s'intéressent juste à ce parcours, à ces épreuves, et à ce que, du coup, ça évoque chez eux.
- Speaker #1
Merci Théo pour tout ce que tu as partagé. D'ailleurs, si vous avez adoré cet épisode, comme j'ai eu de plaisir à l'animer comme à chaque fois, faites-le nous savoir en likant la vidéo, en commentant la vidéo, en la partageant. Et puis, si vous étiez sur votre plateforme de streaming préférée, mettez 5 étoiles. sur celle-ci assurément. Théo, j'ai une dernière question pour toi que je pose à chacun de nos invités. Est-ce que tu peux nous partager le déclic qui a fait toute la différence dans ta vie, que ce soit professionnellement comme personnellement, que tu n'as pas encore partagé dans cet épisode, que peut-être tu n'as jamais partagé dans aucune interview ? Ça peut être une simple phrase, une situation, une frustration, une anecdote, quelque chose de positif, moins positif. Peu importe, tu as carte blanche pour le mot de la fin.
- Speaker #0
Là, c'est très difficile. de voir ça comme ça. Il y a tellement eu de prises de conscience et quoi que ce soit. Juste une phrase qui m'accompagne et j'ai un bâton qui m'a dit ça et à la base, on rigolait là-dessus, mais c'est une vérité. Quand il y a un doute, il n'y a pas de doute.
- Speaker #1
Merci Théo.
- Speaker #0
Merci à toi.