Mario PlantinIci, je vous disais que l'absence de cadre crée plus de conflits qu'un leadership clair et assumé. C'est ce que la recherche démontre. Aujourd'hui, on plonge dans un livre qui décortique comment votre style de leadership influence directement le niveau de tension dans votre équipe. Bonjour et bienvenue à la Revue de lecture du Lab, l'émission où je décode pour vous les idées les plus pertinentes pour les leaders de terrain. J'analyse aujourd'hui « Gestion des conflits au travail, mythes et meilleures pratiques » , un ouvrage de Jean Poitras, Frédéric Moissan et Solange Pronovost, publié aux éditions Québec Livre en 2018. Les auteurs nous disent que prévenir les conflits, ce n'est pas une question de fermeté, c'est une question de qualité humaine. Et ça, c'est une excellente nouvelle, parce que ça veut dire qu'on peut agir. Voici les quatre qualités qu'ils identifient, et c'est parti. Première qualité, proposer une vision claire. Un leader fait preuve de vision lorsqu'il communique une idée claire de la direction à prendre pour assurer le succès de l'équipe. Ça crée un modèle mental commun pour tout le monde. Concrètement, quand tout le monde sait où on s'en va, les désaccords sur les méthodes se règlent plus facilement. La vision devient l'arbitre et elle neutralise beaucoup de frictions avant qu'elles ne dégénèrent. Ce qui est à retenir, la vision commune, c'est votre premier outil de prévention des conflits. Alors, l'expérience du Lab, posez-vous cette question cette semaine. Est-ce que chaque membre de mon équipe pourrait m'expliquer clairement notre direction commune ? Si la réponse est non, vous venez d'identifier votre premier levier. Deuxième qualité, être une source d'inspiration. L'inspiration du leader permet d'éviter l'escalade des conflits. Quand il affiche lui-même une attitude de collaboration, il offre l'image d'une façon positive de régler les désaccords. Il incite alors les gens à suivre l'exemple. Vous êtes un modèle. Que vous le vouliez ou non, si vous réglez vos propres désaccords de façon collaborative, votre équipe fera pareil. Et si vous les réglez par la pression ou l'évitement, votre équipe le fera pareil aussi. À retenir, votre façon de gérer vos propres conflits enseigne à votre équipe comment gérer les leurs. Alors, l'expérience du lab. Observez votre propre comportement cette semaine. Quand vous êtes en désaccord avec quelqu'un, quelle image donnez-vous à votre équipe ? Troisième qualité, faire preuve de considération. Un leader fait preuve de considération lorsqu'il démontre du respect pour les sentiments de ses employés. Ça crée un sentiment d'équité qui prévient les conflits relationnels. Quand les gens ont l'impression que leur patron tient compte de leur intérêt, ils sont plus ouverts aux solutions et moins enclins aux ressentiments. Même quand vos décisions ne plaisent pas, le ressentiment reste limité si les gens se sentent respectés dans le processus. C'est la grande distinction entre une décision difficile, bien reçue, et une décision difficile qui empoisonne le climat pendant des semaines. À retenir, la considération, c'est votre assurance contre le ressentiment. L'expérience du lab, lors de votre prochaine décision difficile, nommez clairement que vous comprenez l'impact sur les personnes concernées. Pas pour vous justifier, pour les reconnaître. Quatrième qualité, offrir un soutien émotif. Le soutien émotif du leader aide à modérer l'escalade des conflits. En permettant aux employés d'exprimer leur frustration et en les aidant à canaliser positivement leurs émotions, il évite le processus d'action-réaction qui peut devenir très destructeur. Quand un employé vient vous voir frustré, votre écoute peut empêcher la situation de dégénérer. Tout simplement, Sans ce soutien, l'employé pourrait tenter de régler ses comptes lui-même, ce qui va amplifier systématiquement le conflit. À retenir, votre écoute. est un extincteur de conflits. L'expérience du lab. La prochaine fois qu'un employé vous exprime une frustration, résistez à l'envie de solutionner immédiatement. Écoutez d'abord. Laissez la frustration se nommer avant de chercher la solution. Les auteurs concluent la première partie avec cette phrase. Un gestionnaire visionnaire, inspirant, faisant preuve de considération et de soutien, crée un milieu de travail où les employés ont plus de chances de régler eux-mêmes les conflits. Mais il y a un piège fréquent que les auteurs identifient, le patron trop gentil. Les leaders passifs sont plus souvent associés à des situations conflictuelles. Leur inertie laisse les simples désaccords dégénérer en conflits chroniques. Et les auteurs ajoutent quelque chose d'important, renoncer à son droit et à son obligation de gestion, ça ne constitue pas une bonne option à long terme. Éviter les conversations difficiles ne prévient pas les conflits, ça les amplifie. Le vrai leadership préventif, c'est d'exercer votre droit de gestion, mais avec respect et considération. Le silence n'est jamais neutre. Et voici une dernière idée forte du livre. Consultez les employés avant de prendre une décision et communiquez celle-ci avec respect. Ça permet de limiter le commérage en milieu de travail. Même les décisions impopulaires génèrent peu de réactions négatives si les gens ont l'impression d'avoir été traités avec respect. Ce n'est pas la décision qui crée le problème. C'est le sentiment d'injustice relationnelle. Ce que ça change concrètement pour vous ? Trois choses à retenir. Premièrement, votre style de leadership a un impact direct sur le niveau de conflit dans votre équipe. Ce n'est pas une question de personnalité, c'est une question de pratique, vision, inspiration, considération et soutien. Quatre leviers sur lesquels vous pouvez agir dès maintenant. Deuxièmement, une solution technique ne suffit pas. Une solution sans réconciliation ne rétablit pas la capacité de travailler ensemble. Vous pouvez régler le problème sur papier, mais si la dimension relationnelle n'est pas adressée, la collaboration reste compromise. Troisièmement, la consultation préventive est une arme puissante. Prendre le temps de consulter avant de décider crée un sentiment de justice qui limite les réactions négatives. Votre mission pour cette semaine, si vous l'acceptez, avant votre prochaine décision qui affecte votre équipe, prenez cinq minutes pour consulter les personnes concernées. Dites quelque chose comme, « Je réfléchis à telle décision avant de trancher. J'aimerais avoir ton point de vue. » Cette simple consultation crée un sentiment de justice relationnelle. Et ça limite les réactions négatives, même si la décision finale ne plaît pas. Partagez en commentaire si vous comptez tester cette approche. Et si un livre, un article ou une étude vous interpelle pour une prochaine revue de lecture, mentionnez-le en commentaire. L'analyse d'aujourd'hui était basée sur le livre « Gestion des conflits au travail » . Mythe et meilleure pratique par Jean Poitras, Frédéric Moissan et Solange Pronovost. La référence complète est dans la description et sur ObjectifCoaching.com. Pour ne rien manquer de mes prochaines analyses, pensez vous abonner et partagez pour contribuer au Lab. Merci de votre écoute. À bientôt.