- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans le Labo des Couples ! En ce mois d'octobre rose, j'ai eu envie de remettre en lumière une association que j'avais déjà reçue dans le Labo il y a quelques mois. Cette association s'appelle « Debout pour deux » et elle accompagne les hommes aidants de femmes malades. Dans cet épisode, Nicolas et Thierry étaient venus raconter leur expérience auprès de leurs épouses. Ils avaient accepté de parler de ce que la maladie avait changé dans leur vie et dans leur couple, en abordant aussi un sujet très personnel, la sexualité et l'intimité. Aujourd'hui... Je te propose de retrouver une vingtaine de minutes de cet échange consacré en grande partie à cette question. Que tu aies déjà écouté l'épisode ou que tu le découvres, j'avais envie de donner une nouvelle place à leur témoignage et aussi de réfléchir avec toi à la place de l'intimité quand la maladie s'invite dans le couple. Parce que quand on parle de maladie, on pense au traitement, au rendez-vous, à la fatigue, à toute l'organisation du quotidien, mais on ne parle jamais de ce qui se passe entre les deux partenaires, du désir. des gestes de tendresse, du besoin de proximité, et même des hésitations parfois à aller vers l'autre. Ces questions peuvent être difficiles à exprimer quand on a peut-être peur de paraître égoïste, de demander trop ou d'ajouter une préoccupation à toutes celles déjà présentes. Pourtant, elles concernent une part de la vie à deux qui mérite, elle aussi, qu'on puisse en parler. Avant de retrouver Nicolas et Thierry, j'aimerais donc qu'on prenne un moment Pour se poser cette question, quand on devient aidant, comment continuer à être amoureux ? Parce qu'au milieu des rendez-vous, des soins et des inquiétudes, il y a toujours deux personnes qui ont une histoire à vivre ensemble, avec leurs habitudes, leurs complicités, leurs envies et parfois des difficultés à se retrouver. Deux personnes qui peuvent avoir besoin de soutien, mais aussi d'un moment où on se regarde, où on se rapproche sans avoir besoin de tout organiser. C'est cette place du couple que j'ai envie d'explorer avec toi aujourd'hui. Bienvenue dans le labo des couples ! L'amour ne s'explique pas, il se ressent. Ton couple n'est pas quelque chose que tu possèdes, c'est une histoire que tu écris. Bienvenue dans le Labo des couples, le podcast qui analyse, questionne et décortique les relations amoureuses d'aujourd'hui. Ici, on parle vrai, on parle de vulnérabilité, d'attachement, de désir, d'engagement et de liberté. On parle de ce qui te relie à l'autre et de ce qui vient parfois compliquer les choses. Bref, on explore tout ce qui fait qu'un couple tient ou vacille. Parce qu'aimer, ça ne s'apprend pas dans les livres. Ça se vit, ça se traverse, ça se construit et ça se cultive. Alors, ose regarder ton couple autrement et entre dans le labo. Imagine une scène toute simple. C'est le soir, la journée a été chargée, on a parlé des rendez-vous à venir, de la fatigue, de ce qu'il fallait organiser. Et puis, enfin, on se retrouve à deux. On pourrait se rapprocher, poser une main sur l'autre, l'embrasser, se blottir contre lui. Mais parfois, avant même de faire ces gestes, les questions arrivent. Est-ce que c'est le bon moment ? Est-ce que je vais lui faire mal ? Est-ce qu'elle en a envie ? Et si mon geste était mal compris ? De l'autre côté, il peut y avoir une autre hésitation. J'aimerais qu'on me prenne dans les bras, mais je n'ai pas envie que ça aille plus loin. Comment le dire sans donner l'impression de repousser l'autre ? Et ce moment qu'on aurait aimé partager peut finalement passer sans qu'on ait osé faire quoi que ce soit. C'est l'une des questions que j'ai envie de garder en tête en réécoutant cet épisode. Comment se retrouver quand on ne sait plus très bien ce que l'autre attend, ce qu'il peut vivre ou ce qu'on peut soi-même demander ? Parce que le mot sexualité peut déjà sembler immense, lorsqu'on traverse une période difficile. Il peut évoquer ce qu'on ne fait plus, ce qui a changé, ce qu'on aimerait retrouver. Et il peut aussi mettre une pression dont personne n'a besoin. Alors dans cet épisode, il ne sera pas question de fixer un rythme ou un objectif à atteindre. Ce qui m'intéresse, c'est de laisser une place à ces questions qu'on n'ose pas toujours poser. Peut-on parler de son désir quand l'autre est malade ? Peut-on dire ? qu'on manque de proximité sans ajouter un poids sur ses épaules. Et comment exprimer qu'on a besoin de tendresse tout en ayant besoin que certaines limites soient respectées ? Les hommes aidants ont aussi besoin d'un espace pour parler de ce qu'ils vivent. C'est justement à eux que s'adresse Debout pour deux et c'est pour remettre leur parole et leur travail de l'association en lumière que j'ai choisi de partager à nouveau cet extrait à l'occasion d'Octobre Rose. Si tu avais déjà écouté cet épisode, je te propose de le retrouver avec cette question en tête. Quelle place peut-on préserver pour les amoureux quand la maladie prend beaucoup de place ? Et si tu le découvres aujourd'hui, je te laisse faire connaissance avec mes deux invités à travers leur expérience et leurs mots. Place à leur échange ! Comment chacun de votre côté dans votre couple, vous réussissez à maintenir, à nourrir votre lien amoureux ? malgré les aléas de la maladie, malgré les moments de moins grande forme de vos femmes, malgré peut-être le manque d'envie de certaines activités de votre femme, comment vous arrivez à garder un peu de piment dans votre couple et à maintenir votre lien amoureux ?
- Speaker #1
Complicité et rire.
- Speaker #0
Complicité et rire. Je fais un podcast sur le rire très bientôt, j'espère que tu l'écouteras.
- Speaker #1
Complicité et rire, parce que... Voilà, je suis fâché. toujours en train de l'embêter, de la charrier, tout ça. Et voilà, rien. Et qu'on puisse dire qu'elle a rien.
- Speaker #0
Ouais, d'accord. Super.
- Speaker #2
Nicolas ? Moi, je serais de cet avis-là sans aucun doute. Mais après, c'est qu'en fait, moi, j'ai pas l'impression que quelque chose ait changé. Donc, on avait cette espèce de fusion avant la maladie. avec des activités peut-être un peu différentes, encore que. Mais le lien est toujours resté le même sur notre couple.
- Speaker #0
Ça n'a pas changé d'après toi ?
- Speaker #2
D'après moi, il faudra lui poser la question, mais je pense que pour elle, c'est la même chose. Parfois,
- Speaker #0
ça peut renforcer.
- Speaker #2
Oui, ça renforce naturellement parce qu'on fait des choses peut-être un petit peu différemment. Comme quoi,
- Speaker #0
par exemple ? Quand tu dis ça, tu penses à quoi ?
- Speaker #2
Déjà, les relations intimes, elles sont quand même un petit peu différentes. D'accord. Ou peut-être pas forcément différentes, mais moins intenses. D'accord. Quand je dis moins intenses, c'est peut-être moins fréquentes.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Je vais changer le terme.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Moins fréquentes, ok.
- Speaker #0
Pas forcément moins intenses, du coup, au vu de ta tête.
- Speaker #2
Peut-être pas moins intenses, mais en tout cas, peut-être moins fréquentes.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #2
Mais ça, c'est lié aussi au fait que les traitements, naturellement, font que la libido baisse très significativement. pour certaines, voire est anéantie pour d'autres.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Peut-être pour d'autres, moins... une baisse moins forte. En tout cas, moi, j'en suis témoin.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Mais effectivement, oui, les relations intimes, elles sont forcément différentes. Mais le reste des activités, on est resté les mêmes.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #2
Les mêmes.
- Speaker #0
Alors, on va aborder, du coup, un sujet que vous avez déjà évoqué à plusieurs reprises tous les deux, la sexualité et l'intimité. Alors, je vais m'adresser à Nicolas d'abord. Ta femme étant assainte, d'un cancer du sein. Son physique, j'imagine, a changé.
- Speaker #2
Bien sûr.
- Speaker #0
Comment on vit ça ? Est-ce que tu peux peut-être nous expliquer rapidement comment elle a vécu ça ? Et comment toi, tu as vécu ça en tant qu'homme ?
- Speaker #2
Je peux très bien l'expliquer. Elle a subi une mastectomie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
D'un seul. D'un seul. Que celui qui était affecté, on va dire. D'accord. Voilà. Donc, Naturellement, forcément, après l'opération, on sait très bien, même avant l'opération, on sait très bien que le corps va être tuméfié, va être atrophié, ça on le sait.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
On ne sait pas jusqu'à quelle mesure, parce qu'on ne voit pas forcément avant ce que ça peut donner. D'accord. On n'a pas encore l'IA qui génère peut-être des photos après intervention. Et puis ensuite, s'ensuit aussi par les traitements la chute des cheveux.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
qui a été quelque chose qui, pour une femme, alors pour un homme ça peut peut-être être compliqué, mais pour une femme, suite à la maladie, c'est encore plus compliqué psychologiquement, donc là c'est très difficile, d'ailleurs, elle ne les a pas laissé tomber, elle les a rasés, parce qu'elle ne voulait pas subir ça, et ça je me rappelle très bien aussi du moment où ça s'est produit un matin, où elle m'a dit, oh là là, j'ai des touffes de cheveux, ne pars pas maintenant. « Pars pas maintenant, il faut que je le fasse. »
- Speaker #0
D'accord. Tu étais présent, du coup ?
- Speaker #2
Oui, j'étais présent.
- Speaker #0
Ok. Tu l'as fait, peut-être ? Non, non, c'est elle qui l'a fait.
- Speaker #2
C'est elle qui l'a fait. Elle m'a dit « Pars pas tout de suite, je ne suis pas très bien, machin. » Moi, je suis parti après, conduire les enfants, je suis parti au travail. Et quand elle m'a envoyé un texte, elle m'a dit « Ben voilà, je les ai rasés. »
- Speaker #0
Ok. D'accord.
- Speaker #2
Voilà. Mais pour moi, elle restait la même. Oui. Même si physiquement, elle est effectivement meurtrie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
À la fois physiquement, mais aussi psychologiquement.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #2
Et c'est ça qui est peut-être le plus dur. Alors, pour moi, pas forcément. Pour elle, très certainement, parce que derrière, le regard des autres, l'achat d'un foulard pour masquer le fait de ne plus avoir de cheveux. Derrière, c'est l'achat d'une perruque qu'elle n'a d'ailleurs jamais portée.
- Speaker #0
Ah, finalement, elle l'a...
- Speaker #2
Elle n'a d'ailleurs jamais portée puisqu'elle s'est... Très vite assumée en tant que femme sans cheveux. Alors avec Turban oui, mais après elle a assumé... Elle m'a demandé même si ça ne me dérangeait pas qu'elle soit tête nue.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Non. On en a parlé avec les enfants. Alors les enfants c'était peut-être un peu plus dur pour eux de voir maman sans ses cheveux. Ça doit être une transformation compliquée pour un enfant. C'est une transformation. Elle a été très longue à se mettre devant moi torse nu. Ouais, ok. Pascal Nasu. Alors, elle l'assumait, elle, mais intérieurement. Mais elle ne voulait pas me faire subir la trophie qu'elle a eue.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Alors que moi, je lui ai fait comprendre que je n'avais pas de problème.
- Speaker #0
Oui, mais je peux comprendre qu'elle ait eu peur de plus te plaire. En tout cas, que tu la désires moins.
- Speaker #2
Oui, mais moi, je lui ai montré très significativement qu'elle me plaisait tout le temps. Et que ce n'était pas parce que mastectomie est un sein en moins. qu'il allait changer quoi que ce soit entre nous.
- Speaker #0
Oui, mais ça...
- Speaker #2
Mais c'est légitime qu'elle y pense.
- Speaker #0
Voilà, on est d'accord.
- Speaker #2
Mais elle l'a très vite... Alors très vite, peut-être pas très vite assumée, mais en tout cas, elle a mis un petit peu de temps à vouloir s'exposer devant moi torse nu. OK. Parce qu'il y a eu cicatrice, parce que... Donc pour elle, c'était plus la même.
- Speaker #0
Ouais, OK, je comprends.
- Speaker #2
C'est plus la même physiquement, c'est vrai.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #2
Mais malgré tout, ça restait celle que j'avais... Je choisis pour faire ma vie.
- Speaker #0
Pas épousé, mais peut-être bientôt.
- Speaker #2
Peut-être bientôt, on verra. On verra, c'est Thierry qui doit... Je vais l'organiser. Ah,
- Speaker #0
tu seras témoin.
- Speaker #2
Non, non, non, mais c'est vrai que... Je l'ai assumé aussi très vite. Voilà, mais c'est des choses...
- Speaker #0
Tu l'as accepté, peut-être plus qu'assumé. Tu utilises le mot assumé en parlant de toi.
- Speaker #2
Oui, assumé, c'est peut-être le terme... Non mais peut-être De toute façon on ne peut pas revenir en arrière Si ce n'est que de faire une reconstruction Mais il n'y avait pas de sujet Puisque après coup, après les multiples interventions qu'elles subissent Certaines femmes se disent Moi je ne veux pas re-subir une autre Parce que ce n'est pas qu'une autre C'est une succession pour pouvoir reconstruire le sein C'est une succession d'interventions Donc elle a dit c'est bon j'en ai suffisamment vu C'est bon j'arrête Est-ce que ça me pose problème ? Non ça ne me pose pas de problème J'ai deux mains Merci. Certes, mais je ferais qu'avec un seul sein, c'est pas grave.
- Speaker #0
Ouais, alors j'arrive à toi, je te délaisse pas Thierry, mais juste, je termine avec Nicolas un petit moment. Justement, est-ce que tu avais parfois... Tu étais parfois maladroit, peur de toucher, de faire mal, peur de ne pas toucher au bon endroit, peur de... C'est délicat.
- Speaker #2
De faire mal, non, parce que quand on a recommencé à avoir des relations intimes, parce que forcément, à un moment donné, ça s'arrête. Mais quand on a recommencé...
- Speaker #0
Ça s'arrête ? En fait,
- Speaker #2
ça s'arrête parce que les traitements font que la libido est complètement en berne, on va dire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Et puis que derrière, il y a aussi des effets secondaires qui sont relativement compliqués à gérer pour la malade. Pour la femme, ok. Alors, c'est peut-être des troubles hautes, mais c'est dans les articulations, c'est plein de choses. Donc, il y a plein de choses qui font qu'elle n'a pas envie. Oui, je comprends. Voilà, donc on l'assume très bien. Et là, j'ai bien parlé d'assumer, on assume le fait de ne pas avoir de relation. Après, de là à être maladroit ou faire mal, non, c'est simplement que je craignais potentiellement de l'endroit où je posais ma main. Oui. Parce que, malgré tout, il y a quand même eu une cicatrice. Les cicatrisations, ça laisse des douleurs bizarres, des sensations bizarres après une intervention. Oui, d'accord. Donc, ça pouvait la gêner, ce qui était normal.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et donc, moi, j'avais peur à ce moment-là de mettre ma main là où il ne fallait pas.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Je comprends. Que ça lui fasse mal finalement. Oui,
- Speaker #2
que ça lui fasse mal ou que ça lui fasse des sensations bizarres. C'est une cicatrice, donc il y a une périphérie autour de la cicatrice qui n'est pas endolorie, mais qui a une sensation bizarre. Donc c'était ça, ce dont je redoutais. Et puis maintenant, ça fait six ans, c'est passé.
- Speaker #0
C'est passé, c'est normal, c'est devenu anodin.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #0
du coup alors Thierry toi ta femme, on le rappelle, a un cancer du rectum. Donc, physiquement, en tout cas, d'apparence, est-ce que ça se voit ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Pas du tout ?
- Speaker #1
Non, elle n'a pas perdu ses cheveux sur la chimio. Extérieurement, on ne voit rien.
- Speaker #0
Extérieurement, on ne voit rien. Donc, ça se passe tout à l'intérieur.
- Speaker #1
Elle a subi une multitude d'opérations. Et au bout d'un moment, ils lui ont... Tout enlever, vagin, tout.
- Speaker #0
Tout enlever, absolument tout ?
- Speaker #1
Oui. Comme je l'ai dit, je vais pouvoir ranger mon pyjama et poser mon téléphone dans les étagères.
- Speaker #0
D'accord. Voilà. D'accord, d'accord.
- Speaker #1
Voilà, comme je l'ai dit plusieurs fois. Je dis, t'en fais un beau range-pyjama. Mais depuis, ils ont mis une grille maintenant. Donc voilà. Ils ont mis une grille, un portail.
- Speaker #0
Donc pour toi... Qu'est-ce que ça a changé en termes d'intimité avec ta femme ? Explique-nous clairement.
- Speaker #1
Eh bien, on avait une sexualité très active. Du jour au lendemain, il n'y a plus rien. Donc, vous essayez. mais c'est beaucoup trop douloureux, beaucoup trop compliqué et je pense que les traitements et cette douleur fait que naturellement il n'y a pas l'envie quoi donc voilà, après... On en parle, on n'a pas de soucis par rapport à ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On est très libre par rapport à ce sujet-là. D'accord. On n'a pas aucun souci pour en parler à tout le monde. Et on fait avec.
- Speaker #0
D'accord. Voilà.
- Speaker #1
On fait sans, du coup.
- Speaker #2
Donc voilà,
- Speaker #0
vous n'avez plus de relations sexuelles, c'est ça ?
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. D'accord. Et on fait... Ben oui, on agrémente par des calas, des calaises...
- Speaker #0
Est-ce que vous connaissez le sexe tantra ? Non mais c'est pas une bêtise, il faut pas rigoler à chaque fois qu'il dit quelque chose
- Speaker #1
Donc je suis un fan des massages Et donc c'est un sujet que je vais aller essayer Ah très bien, tu me diras ce que tu en penses Donc c'est prévu que j'aille faire un massage tantra
- Speaker #0
Et après le tantrisme est quelque chose qui justement peut aider à garder une intimité dans les couples Tel que le vôtre où physiquement ça paraît compromis, voire impossible Du coup, en effet, c'est une alternative. Je ne suggère pas des bêtises. Non, non,
- Speaker #1
non. Je vais faire un massage tantra, même si beaucoup de gens ne comprennent pas quand j'en parle. Ils sont surpris,
- Speaker #0
peut-être.
- Speaker #1
Surpris ou parce que c'est méconnu, peut-être. Voilà, c'est ce que j'allais dire. Ils ne connaissent pas. Et puis, comme on a eu une fois une conversation avec d'autres, quel est l'intérêt ?
- Speaker #0
Ah bah, parce qu'ils ne savent pas ce que c'est du coup.
- Speaker #1
Voilà,
- Speaker #0
ils ne savent pas ce que c'est. Oui, c'est ça, comme le cancer. Quand les gens ne savent pas,
- Speaker #1
ils ne comprennent pas. Là, dans les semaines qui arrivent. Ok,
- Speaker #0
super, c'est programmé. Quand il y a un prochain podcast,
- Speaker #2
c'est très tentrisme.
- Speaker #0
Alors on en a déjà un, on a reçu Stéphanie qui est masseuse tantra. Alors elle, elle ne fait pas du massage sexuel puisqu'elle s'arrête au tantra rose. Il faut savoir qu'il y a différentes couleurs dans le tantrisme. Et donc ce n'est pas du massage sexuel, mais ça reste du tantra et ça apporte énormément de bienfaits, notamment au couple, en effet. Ok, ok. Donc, vous, on l'a compris, vous avez toujours du désir sexuel. Ça n'a pas changé. Donc, est-ce que tu... Alors, tu vas essayer le tantra, on l'a compris. Quelles autres alternatives, vous ou tu, as-tu trouvé ? Alors,
- Speaker #1
que j'ai trouvé, non, mais que... Voilà, si j'écoute mon épouse, elle me dit... Ta vie, c'est avec moi. Mais le sexe, ça peut être avec une autre.
- Speaker #0
D'accord. Donc, couple libre.
- Speaker #1
Voilà. Donc, on est allé, même pas à le cacher, on est dans une boîte échangiste.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais ça reste quand même très compliqué de passer le cap alors que... Alors, avant la maladie, on y était déjà allé.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, d'y aller avec elle alors qu'elle ne peut rien faire, et bien, passer le cap de dire je vais faire devant elle, ça devient compliqué quand même. Ça devient compliqué. Oui, parce que j'ai une... mon cerveau me dit, mince, ta parole est fermée. faire ça. Ça reste compliqué. Je ne pense pas que je pourrais le faire si elle est là. Après, c'est un travail aussi par rapport à ça. Mais elle me dit tu vas voir ailleurs. Tu me le dis, il n'y a pas de souci. Enfin, tu dois me le dire.
- Speaker #0
Tu dois me le dire. Mais tu n'as pas le droit de t'en amour.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
je comprends ta crainte.
- Speaker #1
Et c'est ce qui lui fait peur. Parce qu'elle dit que c'est quelque chose qu'une autre fille peut lui proposer. Le sexe. Et que moi, je ne peux pas. Et donc,
- Speaker #0
elle a peur que ce que je comprends ce que je peux comprendre oui bien sûr ok ok ok et donc est-ce que les actes sexuels deviennent différents peut-être plus lent plus attentionné plus quelque chose d'autre, je ne sais pas.
- Speaker #2
Est-ce que ça a changé ? Oui, je serais tenté de dire qu'on ne change pas nos habitudes, parce qu'on ne va pas dire qu'on a des habitudes, quoique on peut avoir des habitudes dans le sexe, mais non, on change peut-être nos pratiques, oui. on change peut-être nos pratiques d'accord, vous essayez de nouvelles choses oui alors après la technologie fait plein de choses maintenant il peut y avoir plein d'artifices qui s'associent à ça qu'on n'avait pas forcément imaginé auparavant parce qu'aussi Parce qu'aussi les traitements font que quand on a des traitements d'hormonothérapie, on sait très bien qu'il peut y avoir des sensibilités sur sécheresse vaginale, etc. Et donc on aborde le sujet de manière un peu différemment.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #2
En tout cas, on prépare les choses différemment. Avec des agréments annexes Oui tout à fait Alors sans que ce soit des artifices très très Très très dévergondés Non mais bien sûr Mais des choses dont on ne pouvait pas forcément imaginer Auparavant Il a fallu s'adapter du coup L'adaptation est vite faite On s'adapte très vite sur ce genre de choses Il y a certainement des choses où on a du mal à s'adapter Mais ça on va dire que Ça va vite Oui quand l'envie est là des deux côtés on s'adapte très vite Ok. Moi j'ai la chance Contrairement à Titi De pouvoir continuer à avoir Une vraie vie sexuelle Donc voilà Je me réjouis de ça Parce qu'effectivement, ça peut ne pas être le cas pour tout le monde.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Moi, j'ai retrouvé mes 14 ans, je suis droitier maintenant.
- Speaker #2
Oui, ben voilà, donc... Oui, oui.
- Speaker #0
Mais oui, mais il faut en parler aussi. Bien sûr.
- Speaker #2
Il faut avoir de la corde sur les mains, donc, maintenant.
- Speaker #0
Mais ouais, non, mais bien sûr, c'est sûr que, du coup, ça incite peut-être plus à la masturbation, finalement. Ok. T'as de l'imagination,
- Speaker #2
plein de choses.
- Speaker #0
Ça ne gêne pas vos femmes ?
- Speaker #2
Non. On peut imaginer que non, mais je n'ai pas besoin, moi, forcément. Oui, oui.
- Speaker #0
Après, tu disais qu'il y avait, et ce qui est normal, une période...
- Speaker #2
Oui, plus négative, on va dire. Mais non.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas une honte, ce n'est pas un tabou du tout ? Non, non,
- Speaker #2
du tout, du tout. Donc, non, non, mais après, ça s'est bien passé.
- Speaker #0
Et alors, du coup, vous disiez tout à l'heure que la sexualité est un sujet beaucoup abordé. au sein de l'association ?
- Speaker #2
Beaucoup. En tout cas, en tout cas... Régulièrement ? Alors, on n'a pas eu l'occasion, comme c'est très très récent, on n'a pas eu l'occasion forcément de se rencontrer beaucoup, enfin à plusieurs reprises, avec les nouveaux adhérents. Malgré tout, la première réunion que l'on a eue, la première activité que l'on a faite pour fin janvier, c'est venu comme question, en disant est-ce qu'on a le droit de parler sexe ? C'est comment chez vous ? Et toi, tu fais comment ?
- Speaker #0
Alors, sans nommer qui que ce soit, quelles sont les problématiques fréquemment rencontrées justement ? C'est qu'il n'y a plus du tout.
- Speaker #1
Oui, je pense que suite au traitement et au changement physique, il y a des choses qui...
- Speaker #0
Et donc les questions... Quelles questions se posent les aidants dans ces cas-là ? Est-ce que ça va revenir ? Dans combien de temps ça va revenir ? Comment ça va revenir ?
- Speaker #1
Il y a une chose que petit à petit on va découvrir, est-ce que c'est l'épouse ? Ou monsieur qui, suite au changement physique, fait qu'il y a une difficulté.
- Speaker #0
De qui ça vient ?
- Speaker #1
De qui ça vient. D'accord. Ça, on n'a pas les infos parce qu'on ne connaît pas encore assez les gens pour aller, entre guillemets, un peu plus loin. Non,
- Speaker #0
ils ne sont pas allés jusque-là pour l'instant. Non, ils ne sont pas allés jusque-là.
- Speaker #1
D'accord. Mais il y a quand même deux choses.
- Speaker #0
J'avais envie de prolonger cet échange avec une idée toute simple. On peut avoir besoin de se rapprocher sans avoir envie d'aller plus loin. Dit comme ça, ça paraît évident. Mais dans un couple... « Est-ce qu'on me dit toujours aussi clairement ? » « J'aimerais que tu me prennes dans tes bras. » « J'ai envie de t'embrasser, mais ce soir je préfère qu'on en reste là. » Ou encore « Tu me manques, je ne sais pas très bien comment venir vers toi en ce moment. » Ces phrases ne règlent pas toutes les difficultés. Elles permettent simplement de dire quelque chose que l'autre ne peut pas forcément deviner. Parce que lorsqu'un geste devient rare, on peut finir par lui donner beaucoup de sens. Une main qui se retire. un baiser plus court, une soirée où on s'endort chacun de son côté. On peut se demander si l'autre nous désire encore, si on le dérange, si quelque chose s'est perdu. Et quand on hésite à en parler pour protéger l'autre, ces questions peuvent rester longtemps sans réponse. Alors, si tu te reconnais dans ces hésitations, la petite proposition que j'ai envie de te faire aujourd'hui, c'est de mettre des mots sur un geste précis, quelque chose dont tu aurais envie... Et que tu peux proposer en laissant à l'autre la liberté de dire oui, non ou autrement. Ça peut être, est-ce que tu aurais envie qu'on reste un moment l'un contre l'autre ? Et la réponse peut aussi être, ce soir, je préfère qu'on se tienne simplement la main. Il n'y a rien à réussir derrière, rien à faire suivre obligatoirement. Cette proposition peut d'ailleurs trouver sa place dans bien d'autres moments de la vie de couple. Quand on est épuisé, préoccupé. ou qu'on a du mal à se retrouver, pouvoir dire ce qu'on souhaite, ce qu'on ne souhaite pas, et entendre la réponse de l'autre, c'est déjà une manière de prendre soin de ce moment à deux. Si cet échange t'a donné envie d'en entendre davantage, je t'invite à écouter l'épisode complet « Que devient le couple lorsque la maladie s'invite dans la relation ? » Tu pourrais retrouver plus largement le parcours de Nicolas et Thierry, leur expérience auprès de leurs épouses, et ce qui les a conduits à s'engager dans l'association « Debout pour deux » . Le lien est dans la description avec les informations pour découvrir l'association. En choisissant de remettre cet échange en lumière à l'occasion d'Octobre Rose, j'avais aussi envie qu'on pense à ceux qui accompagnent, ces hommes qui sont présents au quotidien, qui soutiennent leur compagne et qui peuvent eux aussi avoir besoin d'être écoutés, avoir un endroit où parler de ses inquiétudes, de ses difficultés ou de ses questions sans craindre de peser sur la personne malade, et ça c'est précieux. Si tu connais quelqu'un à qui cet épisode pourrait parler, n'hésite pas à lui transmettre. On ne sait pas toujours quoi dire à une personne qui traverse une période difficile. Lui partager un témoignage peut être une façon toute simple de lui dire « j'ai pensé à toi » et peut-être de lui faire découvrir une association vers laquelle se tourner. Merci encore à Nicolas et Thierry de Debout pour deux pour leur confiance et pour leur sincérité. Parlez de son couple ! De la maladie et de son intimité, c'est pas forcément facile. Leurs paroles méritent vraiment d'être entendues et je suis heureuse de lui redonner une place dans le labo aujourd'hui. Et merci à toi d'avoir passé ce moment avec moi. Si tu apprécies le labo des couples, parle du podcast autour de toi et partage les épisodes qui te touchent. Ton partage peut permettre à quelqu'un de se reconnaître dans un témoignage, de trouver des mots pour parler à son partenaire ou de se sentir moins seul dans ce qu'il traverse. Je te retrouve bientôt dans un nouvel épisode. D'ici là, prends soin de toi et de ton couple et à très vite dans le Labo des Couples.