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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Bonjour et bienvenue sur Le Lien, parlons de la santé mentale de nos ados, un podcast co-réalisé par PSSM France et Parentalité Adolescence. Vous êtes proche d'un adolescent et vous vous posez des questions sur sa santé mentale, ses émotions, son comportement, son mal-être ou tout simplement sur la manière de mieux l'accompagner ? Ce podcast est fait pour vous. Au fil de 12 épisodes courts, Olivier Conseil, spécialiste de la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes, et membre du conseil scientifique et pédagogique de PSSM France, répondra aux questions que se posent les adultes autour de la santé mentale des adolescents. Aujourd'hui, on retrouve Olivier Cranseil pour parler de la diversité des genres et de son impact sur la santé mentale des jeunes. Bonjour Olivier.
Bonjour Sarah.
Alors, comment les changements hormonaux et les transformations corporelles à l'adolescence influencent-ils la construction de l'identité de genre chez un jeune ?
Alors, bien évidemment, cette construction identitaire, et en particulier dans le genre, est multifactorielle. Alors, il y a des transformations biologiques, bien sûr, qui sont les déclencheurs. Il y a la puberté, les hormones sexuelles, l'oestrogène, la testostérone, qui induisent des modifications corporelles qui sont visibles, ce qu'on appelle les caractères sexuels secondaires, la pilosité, la voix, la poitrine, la masse musculaire. Et du coup, ces changements corporels peuvent renforcer ou... ou questionner le sentiment d'appartenance du jeune au genre auquel on l'identifie. Donc un jeune assigné fille à la naissance peut vivre douloureusement le développement des seins, parce qu'il y a peut-être aussi un décalage, sachant que la puberté est souvent précoce chez les filles, entre l'irruption de caractère sexuel secondaire et une identité encore qui n'est pas absolument construite, et qui ne s'identifierait pas comme une fille. donc c'est transformation peut vraiment entraîner une dissonance entre le vécu de son corps et le ressenti identitaire intérieur. Alors, dans le multifactoriel, il y a aussi le fait que il y a plein de facteurs qui interviennent, biologiques, neuroanatomiques, hormonaux, psychodynamiques, sociocognitifs, et en tout cas, ce que montrent les recherches, c'est que ce n'est ni les gènes, ni les hormones seules qui déterminent l'identité de genre, c'est vraiment une interaction complexe. entre le corps, le vécu, l'environnement et bien sûr les représentations sociales qui jouent un rôle extrêmement déterminant. Et donc c'est en tout cas la plurifactorialité du modèle qui permet de comprendre la diversité des parcours identitaires, y compris des identités non binaires, fluides, où il y en a toute une palette qui apparaîtra sur les couleurs d'un drapeau. peau qui n'a plus assez des couleurs de l'arc-en-ciel pour les faire toutes figurer désormais.
Merci beaucoup. Alors, quels peuvent être les effets du rejet, de l'incompréhension ou du manque de reconnaissance sur la santé mentale des jeunes concernés ?
Le regard social et les stéréotypes jouent un rôle déterminant dans cette affaire. Les transformations corporelles sont souvent malheureusement, maladroitement surinterprétés par l'entourage. Tu deviens un homme, tu es une vraie femme maintenant, là où, par rapport à un jeune qui, lui, ne se sent pas tout à fait en phase avec son corps, il y a eu cet effet d'assignation sociale qui peut rentrer en conflit avec le ressenti du jeune, et ça génère un mal-être, de la confusion, et ceux qui se sentent non conformes aux genres qui sont censés incarner. peuvent se sentir confrontés à des violences et surtout ils sont dans des parcours de soins controversés. Donc il y a vraiment un risque important, majeur, de détresse psychologique et de troubles anxio-dépressifs. On sait que ça fait partie des problématiques qui génèrent le plus de risques suicidaires, des tentatives de suicide. En tout cas, les jeunes en questionnement de genre, ils sont plus exposés à la dépression, à l'usage de substances, à l'anxiété, aux idées suicidaires, à l'isolement social. Et le rejet social et familial scolaire est vraiment un facteur majeur. Et puis bien sûr il y a un manque de reconnaissance sociale qui peut provoquer vraiment une souffrance identitaire intense. Et comme beaucoup d'adolescents s'est vécu vraiment avec une intensité mais aussi une centralité importante, c'est-à-dire que ce qu'ils vivent eux, ils ne peuvent pas se représenter. que d'autres le vivent du fait de l'intensité de ce qu'ils éprouvent. Ils se sentent absolument seuls dans cette éprouvée, dans ce vécu. Et bien évidemment, l'absence de reconnaissance à un moment où se constitue le narcissisme, l'estime de soi, a des effets extrêmement délétères.
Très bien. Merci beaucoup pour cette réponse. Alors, maintenant, comment les parents peuvent-ils... réagir, agir avec justesse quand leur ado exprime un questionnement sur son genre ?
Eh bien, personne n'aimerait être à leur place, parce que ça va être difficile en effet, parce que ça vient tellement à l'encontre de tout ce qu'ils ont pensé jusque-là, souvent. Donc, la première chose ça va être d'écouter sans juger. C'est peut-être le plus compliqué. Compliqué à faire quand on ne comprend pas une situation. Donc, il faut accepter de ne pas comprendre. Parce qu'en fait, L'adolescent en sait sûrement plus sur la question, ne serait-ce que par le rôle des réseaux sociaux, des pères et de tout ce qu'il aura pu collecter comme informations, que le parent qui sera extrêmement démuni sur la question. Donc il va falloir accepter, écouter, entendre ce que le jeune vous dira, de façon parfois un peu dogmatique, parce que ce sera des choses apprises. ou sur des réseaux avec des militants qui renforcent un petit peu le côté assertif de la demande. Donc il faut surtout rester patient, écouter, essayer de comprendre. Donc laisser la dose s'exprimer à son rythme, sans l'interrompre, sans chercher à argumenter, interpréter, surtout pas. Éviter la panique, éviter le déni, éviter la minimisation. Penser que c'est juste une phase où tu es trop jeune pour savoir, où tu n'as même pas encore vécu. Il faut surtout éviter ça. Et puis, poser des questions ouvertes. Peux-tu m'en dire plus ? Comment tu en es venu à penser ça ? Qu'est-ce qui t'a convaincu d'accéder à l'histoire ? Et puis après, il faut se renseigner, s'auto-éduquer. se renseigner, bon déjà à travers ce que le jeune peut vous en dire et puis après aller de son côté, aller sur les réseaux sociaux et puis surtout montrer à son adolescent qu'on a une volonté de comprendre, de s'informer, qu'on est dans une démarche d'ouverture, d'écouter les témoignages, de lire, de consulter. et puis reconnaître qu'on ne peut pas tout savoir qu'on est prêt à prendre qu'on essaye de en tout cas il ne faut pas faire porter aux jeunes la charge de tout expliquer. Même si j'ai dit qu'il fallait commencer par lui demander comment il en était arrivé là, c'est pas lui qui va tout expliquer. Il faut de son côté faire la démarche aussi de se renseigner. Et puis, il faut respecter l'identité exprimée, voire même aller jusqu'à ce qu'on appelle la transition sociale, c'est-à-dire accepter le changement de prénom, accepter... Déjà souvent, c'est cette reconnaissance de l'identité, du nouveau prénom choisi, est souvent suffisant, en tout cas dans un premier temps, pour justement que le jeune ait le sentiment d'avoir été entendu, d'être accepté comme il est, tel qu'il est, et en fait aimer inconditionnellement tel qu'il est par ses parents, ce qui est quand même ce qu'on attend de ses parents, c'est qu'ils vous aiment quel que vous soyez, quand bien même vous ne seriez pas tout à fait celui qu'ils auraient aimé que vous soyez. On attend d'eux qu'ils vous aiment inconditionnellement. Donc voilà, il faut utiliser le pronom, le prénom choisi, de le genre au féminin ou au masculin, en fonction de sa demande. Voilà, accepter l'expression de genre par les vêtements, tout ça, et puis ne pas forcer le jeune à se justifier, à prouver son identité. C'est un équilibre subtil, mais je dirais, de cette compréhension et de cette de l'expression aussi en offrant ce cas de sécurisation de cet amour inconditionnel de parent ça permet aussi d'atténuer les aspects ou les enjeux qui pourraient y avoir de conflictuels là-dedans et d'arriver peut-être aussi à une expression plus je dirais plus neutre ou moins orientée vers un stéréotype de genre quel qu'il soit d'un côté ou de l'autre mais plutôt dans quelque chose de plus neutre qui permettra justement que ce soit moins stigmatisant au niveau social pour le jeune le temps qu'il est dans cette démarche d'approfondissement de cette ce qui est aussi une recherche identitaire avant tout merci beaucoup pour cette réponse qui était très complète est très intéressante donc
on arrive à la dernière question donc c'est lié aux répondeurs qu'on a mis en place avant nos enregistrements donc qui permet aux parents ou aux proches de poser leurs questions ou ou leur témoignage. liées à la santé mentale des jeunes. Et je vous partage celle que l'on a choisie pour cet épisode.
Bonjour, je vous laisse un message au sujet de ma fille qui a 11 ans et qui se pose beaucoup de questions sur son identité. sur son genre et ça lui génère beaucoup d'angoisse depuis quelques mois. Et j'essaye de la rassurer tant que je peux et de lui donner confiance. Mais je ne suis pas sûre d'avoir tous les outils nécessaires. Est-ce que vous en auriez ? Merci, merci pour votre écoute.
Alors pour compléter ce que j'ai pu dire avant, je dirais que l'idée pour les parents, c'est pas seulement d'être... tolérant et de 7 mais d'être un allié et d'être un allié quand même un peu actif actif dans la recherche d'informations voilà sur sur la problématique enfin se renseigner se documenter je dirais aussi pour protéger le jeune lui assurer une sécurité autour de lui bon éviter qu'il se retrouve en but à des moqueries ou des questions ou des remarques désobligeante de la famille bon on peut aussi mettre un peu entre parenthèses tonton René ou tata Jacqueline qui ne comprennent pas et qui ne peuvent pas s'empêcher de faire des remarques et protéger le jeune de ça. Déjà, pour pouvoir accompagner ce cheminement dont l'issue n'est jamais certaine, parce que c'est tellement en phase et normalement en phase avec les questionnements identitaires de l'adolescence, sans compter que peut-être aussi, parfois, ces questionnements autour du genre masque peuvent masquer aussi des questionnements autour de l'orientation sexuelle et que les deux peuvent être confondus aussi ou indéterminés, puisqu'on parle beaucoup des problématiques de genre, mais on a tendance à oublier aussi que les problématiques liées à l'orientation sexuelle, à l'homosexualité, ne sont pas partout aussi, je dirais, fluides et naturellement acceptées que... que dans les classes favorisées des grandes cités. Donc tout ça se télescope aussi. Donc c'est absolument essentiel de pouvoir être là, d'accompagner, et d'être une ressource pour le jeune qui est en questionnement de genre.
Très bien. Merci beaucoup Olivier. Merci d'avoir écouté cet épisode en complément des ressources partagées par Olivier Canceil. Nous vous invitons à consulter les carnets du secouriste en santé mentale disponibles sur le site PSSM France. Vous pouvez également vous former au secourisme en santé mentale et plus particulièrement le module PSSM Jeune.
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Bonjour et bienvenue sur Le Lien, parlons de la santé mentale de nos ados, un podcast co-réalisé par PSSM France et Parentalité Adolescence. Vous êtes proche d'un adolescent et vous vous posez des questions sur sa santé mentale, ses émotions, son comportement, son mal-être ou tout simplement sur la manière de mieux l'accompagner ? Ce podcast est fait pour vous. Au fil de 12 épisodes courts, Olivier Conseil, spécialiste de la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes, et membre du conseil scientifique et pédagogique de PSSM France, répondra aux questions que se posent les adultes autour de la santé mentale des adolescents. Aujourd'hui, on retrouve Olivier Cranseil pour parler de la diversité des genres et de son impact sur la santé mentale des jeunes. Bonjour Olivier.
Bonjour Sarah.
Alors, comment les changements hormonaux et les transformations corporelles à l'adolescence influencent-ils la construction de l'identité de genre chez un jeune ?
Alors, bien évidemment, cette construction identitaire, et en particulier dans le genre, est multifactorielle. Alors, il y a des transformations biologiques, bien sûr, qui sont les déclencheurs. Il y a la puberté, les hormones sexuelles, l'oestrogène, la testostérone, qui induisent des modifications corporelles qui sont visibles, ce qu'on appelle les caractères sexuels secondaires, la pilosité, la voix, la poitrine, la masse musculaire. Et du coup, ces changements corporels peuvent renforcer ou... ou questionner le sentiment d'appartenance du jeune au genre auquel on l'identifie. Donc un jeune assigné fille à la naissance peut vivre douloureusement le développement des seins, parce qu'il y a peut-être aussi un décalage, sachant que la puberté est souvent précoce chez les filles, entre l'irruption de caractère sexuel secondaire et une identité encore qui n'est pas absolument construite, et qui ne s'identifierait pas comme une fille. donc c'est transformation peut vraiment entraîner une dissonance entre le vécu de son corps et le ressenti identitaire intérieur. Alors, dans le multifactoriel, il y a aussi le fait que il y a plein de facteurs qui interviennent, biologiques, neuroanatomiques, hormonaux, psychodynamiques, sociocognitifs, et en tout cas, ce que montrent les recherches, c'est que ce n'est ni les gènes, ni les hormones seules qui déterminent l'identité de genre, c'est vraiment une interaction complexe. entre le corps, le vécu, l'environnement et bien sûr les représentations sociales qui jouent un rôle extrêmement déterminant. Et donc c'est en tout cas la plurifactorialité du modèle qui permet de comprendre la diversité des parcours identitaires, y compris des identités non binaires, fluides, où il y en a toute une palette qui apparaîtra sur les couleurs d'un drapeau. peau qui n'a plus assez des couleurs de l'arc-en-ciel pour les faire toutes figurer désormais.
Merci beaucoup. Alors, quels peuvent être les effets du rejet, de l'incompréhension ou du manque de reconnaissance sur la santé mentale des jeunes concernés ?
Le regard social et les stéréotypes jouent un rôle déterminant dans cette affaire. Les transformations corporelles sont souvent malheureusement, maladroitement surinterprétés par l'entourage. Tu deviens un homme, tu es une vraie femme maintenant, là où, par rapport à un jeune qui, lui, ne se sent pas tout à fait en phase avec son corps, il y a eu cet effet d'assignation sociale qui peut rentrer en conflit avec le ressenti du jeune, et ça génère un mal-être, de la confusion, et ceux qui se sentent non conformes aux genres qui sont censés incarner. peuvent se sentir confrontés à des violences et surtout ils sont dans des parcours de soins controversés. Donc il y a vraiment un risque important, majeur, de détresse psychologique et de troubles anxio-dépressifs. On sait que ça fait partie des problématiques qui génèrent le plus de risques suicidaires, des tentatives de suicide. En tout cas, les jeunes en questionnement de genre, ils sont plus exposés à la dépression, à l'usage de substances, à l'anxiété, aux idées suicidaires, à l'isolement social. Et le rejet social et familial scolaire est vraiment un facteur majeur. Et puis bien sûr il y a un manque de reconnaissance sociale qui peut provoquer vraiment une souffrance identitaire intense. Et comme beaucoup d'adolescents s'est vécu vraiment avec une intensité mais aussi une centralité importante, c'est-à-dire que ce qu'ils vivent eux, ils ne peuvent pas se représenter. que d'autres le vivent du fait de l'intensité de ce qu'ils éprouvent. Ils se sentent absolument seuls dans cette éprouvée, dans ce vécu. Et bien évidemment, l'absence de reconnaissance à un moment où se constitue le narcissisme, l'estime de soi, a des effets extrêmement délétères.
Très bien. Merci beaucoup pour cette réponse. Alors, maintenant, comment les parents peuvent-ils... réagir, agir avec justesse quand leur ado exprime un questionnement sur son genre ?
Eh bien, personne n'aimerait être à leur place, parce que ça va être difficile en effet, parce que ça vient tellement à l'encontre de tout ce qu'ils ont pensé jusque-là, souvent. Donc, la première chose ça va être d'écouter sans juger. C'est peut-être le plus compliqué. Compliqué à faire quand on ne comprend pas une situation. Donc, il faut accepter de ne pas comprendre. Parce qu'en fait, L'adolescent en sait sûrement plus sur la question, ne serait-ce que par le rôle des réseaux sociaux, des pères et de tout ce qu'il aura pu collecter comme informations, que le parent qui sera extrêmement démuni sur la question. Donc il va falloir accepter, écouter, entendre ce que le jeune vous dira, de façon parfois un peu dogmatique, parce que ce sera des choses apprises. ou sur des réseaux avec des militants qui renforcent un petit peu le côté assertif de la demande. Donc il faut surtout rester patient, écouter, essayer de comprendre. Donc laisser la dose s'exprimer à son rythme, sans l'interrompre, sans chercher à argumenter, interpréter, surtout pas. Éviter la panique, éviter le déni, éviter la minimisation. Penser que c'est juste une phase où tu es trop jeune pour savoir, où tu n'as même pas encore vécu. Il faut surtout éviter ça. Et puis, poser des questions ouvertes. Peux-tu m'en dire plus ? Comment tu en es venu à penser ça ? Qu'est-ce qui t'a convaincu d'accéder à l'histoire ? Et puis après, il faut se renseigner, s'auto-éduquer. se renseigner, bon déjà à travers ce que le jeune peut vous en dire et puis après aller de son côté, aller sur les réseaux sociaux et puis surtout montrer à son adolescent qu'on a une volonté de comprendre, de s'informer, qu'on est dans une démarche d'ouverture, d'écouter les témoignages, de lire, de consulter. et puis reconnaître qu'on ne peut pas tout savoir qu'on est prêt à prendre qu'on essaye de en tout cas il ne faut pas faire porter aux jeunes la charge de tout expliquer. Même si j'ai dit qu'il fallait commencer par lui demander comment il en était arrivé là, c'est pas lui qui va tout expliquer. Il faut de son côté faire la démarche aussi de se renseigner. Et puis, il faut respecter l'identité exprimée, voire même aller jusqu'à ce qu'on appelle la transition sociale, c'est-à-dire accepter le changement de prénom, accepter... Déjà souvent, c'est cette reconnaissance de l'identité, du nouveau prénom choisi, est souvent suffisant, en tout cas dans un premier temps, pour justement que le jeune ait le sentiment d'avoir été entendu, d'être accepté comme il est, tel qu'il est, et en fait aimer inconditionnellement tel qu'il est par ses parents, ce qui est quand même ce qu'on attend de ses parents, c'est qu'ils vous aiment quel que vous soyez, quand bien même vous ne seriez pas tout à fait celui qu'ils auraient aimé que vous soyez. On attend d'eux qu'ils vous aiment inconditionnellement. Donc voilà, il faut utiliser le pronom, le prénom choisi, de le genre au féminin ou au masculin, en fonction de sa demande. Voilà, accepter l'expression de genre par les vêtements, tout ça, et puis ne pas forcer le jeune à se justifier, à prouver son identité. C'est un équilibre subtil, mais je dirais, de cette compréhension et de cette de l'expression aussi en offrant ce cas de sécurisation de cet amour inconditionnel de parent ça permet aussi d'atténuer les aspects ou les enjeux qui pourraient y avoir de conflictuels là-dedans et d'arriver peut-être aussi à une expression plus je dirais plus neutre ou moins orientée vers un stéréotype de genre quel qu'il soit d'un côté ou de l'autre mais plutôt dans quelque chose de plus neutre qui permettra justement que ce soit moins stigmatisant au niveau social pour le jeune le temps qu'il est dans cette démarche d'approfondissement de cette ce qui est aussi une recherche identitaire avant tout merci beaucoup pour cette réponse qui était très complète est très intéressante donc
on arrive à la dernière question donc c'est lié aux répondeurs qu'on a mis en place avant nos enregistrements donc qui permet aux parents ou aux proches de poser leurs questions ou ou leur témoignage. liées à la santé mentale des jeunes. Et je vous partage celle que l'on a choisie pour cet épisode.
Bonjour, je vous laisse un message au sujet de ma fille qui a 11 ans et qui se pose beaucoup de questions sur son identité. sur son genre et ça lui génère beaucoup d'angoisse depuis quelques mois. Et j'essaye de la rassurer tant que je peux et de lui donner confiance. Mais je ne suis pas sûre d'avoir tous les outils nécessaires. Est-ce que vous en auriez ? Merci, merci pour votre écoute.
Alors pour compléter ce que j'ai pu dire avant, je dirais que l'idée pour les parents, c'est pas seulement d'être... tolérant et de 7 mais d'être un allié et d'être un allié quand même un peu actif actif dans la recherche d'informations voilà sur sur la problématique enfin se renseigner se documenter je dirais aussi pour protéger le jeune lui assurer une sécurité autour de lui bon éviter qu'il se retrouve en but à des moqueries ou des questions ou des remarques désobligeante de la famille bon on peut aussi mettre un peu entre parenthèses tonton René ou tata Jacqueline qui ne comprennent pas et qui ne peuvent pas s'empêcher de faire des remarques et protéger le jeune de ça. Déjà, pour pouvoir accompagner ce cheminement dont l'issue n'est jamais certaine, parce que c'est tellement en phase et normalement en phase avec les questionnements identitaires de l'adolescence, sans compter que peut-être aussi, parfois, ces questionnements autour du genre masque peuvent masquer aussi des questionnements autour de l'orientation sexuelle et que les deux peuvent être confondus aussi ou indéterminés, puisqu'on parle beaucoup des problématiques de genre, mais on a tendance à oublier aussi que les problématiques liées à l'orientation sexuelle, à l'homosexualité, ne sont pas partout aussi, je dirais, fluides et naturellement acceptées que... que dans les classes favorisées des grandes cités. Donc tout ça se télescope aussi. Donc c'est absolument essentiel de pouvoir être là, d'accompagner, et d'être une ressource pour le jeune qui est en questionnement de genre.
Très bien. Merci beaucoup Olivier. Merci d'avoir écouté cet épisode en complément des ressources partagées par Olivier Canceil. Nous vous invitons à consulter les carnets du secouriste en santé mentale disponibles sur le site PSSM France. Vous pouvez également vous former au secourisme en santé mentale et plus particulièrement le module PSSM Jeune.
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Bonjour Sarah.
Alors, comment les changements hormonaux et les transformations corporelles à l'adolescence influencent-ils la construction de l'identité de genre chez un jeune ?
Alors, bien évidemment, cette construction identitaire, et en particulier dans le genre, est multifactorielle. Alors, il y a des transformations biologiques, bien sûr, qui sont les déclencheurs. Il y a la puberté, les hormones sexuelles, l'oestrogène, la testostérone, qui induisent des modifications corporelles qui sont visibles, ce qu'on appelle les caractères sexuels secondaires, la pilosité, la voix, la poitrine, la masse musculaire. Et du coup, ces changements corporels peuvent renforcer ou... ou questionner le sentiment d'appartenance du jeune au genre auquel on l'identifie. Donc un jeune assigné fille à la naissance peut vivre douloureusement le développement des seins, parce qu'il y a peut-être aussi un décalage, sachant que la puberté est souvent précoce chez les filles, entre l'irruption de caractère sexuel secondaire et une identité encore qui n'est pas absolument construite, et qui ne s'identifierait pas comme une fille. donc c'est transformation peut vraiment entraîner une dissonance entre le vécu de son corps et le ressenti identitaire intérieur. Alors, dans le multifactoriel, il y a aussi le fait que il y a plein de facteurs qui interviennent, biologiques, neuroanatomiques, hormonaux, psychodynamiques, sociocognitifs, et en tout cas, ce que montrent les recherches, c'est que ce n'est ni les gènes, ni les hormones seules qui déterminent l'identité de genre, c'est vraiment une interaction complexe. entre le corps, le vécu, l'environnement et bien sûr les représentations sociales qui jouent un rôle extrêmement déterminant. Et donc c'est en tout cas la plurifactorialité du modèle qui permet de comprendre la diversité des parcours identitaires, y compris des identités non binaires, fluides, où il y en a toute une palette qui apparaîtra sur les couleurs d'un drapeau. peau qui n'a plus assez des couleurs de l'arc-en-ciel pour les faire toutes figurer désormais.
Merci beaucoup. Alors, quels peuvent être les effets du rejet, de l'incompréhension ou du manque de reconnaissance sur la santé mentale des jeunes concernés ?
Le regard social et les stéréotypes jouent un rôle déterminant dans cette affaire. Les transformations corporelles sont souvent malheureusement, maladroitement surinterprétés par l'entourage. Tu deviens un homme, tu es une vraie femme maintenant, là où, par rapport à un jeune qui, lui, ne se sent pas tout à fait en phase avec son corps, il y a eu cet effet d'assignation sociale qui peut rentrer en conflit avec le ressenti du jeune, et ça génère un mal-être, de la confusion, et ceux qui se sentent non conformes aux genres qui sont censés incarner. peuvent se sentir confrontés à des violences et surtout ils sont dans des parcours de soins controversés. Donc il y a vraiment un risque important, majeur, de détresse psychologique et de troubles anxio-dépressifs. On sait que ça fait partie des problématiques qui génèrent le plus de risques suicidaires, des tentatives de suicide. En tout cas, les jeunes en questionnement de genre, ils sont plus exposés à la dépression, à l'usage de substances, à l'anxiété, aux idées suicidaires, à l'isolement social. Et le rejet social et familial scolaire est vraiment un facteur majeur. Et puis bien sûr il y a un manque de reconnaissance sociale qui peut provoquer vraiment une souffrance identitaire intense. Et comme beaucoup d'adolescents s'est vécu vraiment avec une intensité mais aussi une centralité importante, c'est-à-dire que ce qu'ils vivent eux, ils ne peuvent pas se représenter. que d'autres le vivent du fait de l'intensité de ce qu'ils éprouvent. Ils se sentent absolument seuls dans cette éprouvée, dans ce vécu. Et bien évidemment, l'absence de reconnaissance à un moment où se constitue le narcissisme, l'estime de soi, a des effets extrêmement délétères.
Très bien. Merci beaucoup pour cette réponse. Alors, maintenant, comment les parents peuvent-ils... réagir, agir avec justesse quand leur ado exprime un questionnement sur son genre ?
Eh bien, personne n'aimerait être à leur place, parce que ça va être difficile en effet, parce que ça vient tellement à l'encontre de tout ce qu'ils ont pensé jusque-là, souvent. Donc, la première chose ça va être d'écouter sans juger. C'est peut-être le plus compliqué. Compliqué à faire quand on ne comprend pas une situation. Donc, il faut accepter de ne pas comprendre. Parce qu'en fait, L'adolescent en sait sûrement plus sur la question, ne serait-ce que par le rôle des réseaux sociaux, des pères et de tout ce qu'il aura pu collecter comme informations, que le parent qui sera extrêmement démuni sur la question. Donc il va falloir accepter, écouter, entendre ce que le jeune vous dira, de façon parfois un peu dogmatique, parce que ce sera des choses apprises. ou sur des réseaux avec des militants qui renforcent un petit peu le côté assertif de la demande. Donc il faut surtout rester patient, écouter, essayer de comprendre. Donc laisser la dose s'exprimer à son rythme, sans l'interrompre, sans chercher à argumenter, interpréter, surtout pas. Éviter la panique, éviter le déni, éviter la minimisation. Penser que c'est juste une phase où tu es trop jeune pour savoir, où tu n'as même pas encore vécu. Il faut surtout éviter ça. Et puis, poser des questions ouvertes. Peux-tu m'en dire plus ? Comment tu en es venu à penser ça ? Qu'est-ce qui t'a convaincu d'accéder à l'histoire ? Et puis après, il faut se renseigner, s'auto-éduquer. se renseigner, bon déjà à travers ce que le jeune peut vous en dire et puis après aller de son côté, aller sur les réseaux sociaux et puis surtout montrer à son adolescent qu'on a une volonté de comprendre, de s'informer, qu'on est dans une démarche d'ouverture, d'écouter les témoignages, de lire, de consulter. et puis reconnaître qu'on ne peut pas tout savoir qu'on est prêt à prendre qu'on essaye de en tout cas il ne faut pas faire porter aux jeunes la charge de tout expliquer. Même si j'ai dit qu'il fallait commencer par lui demander comment il en était arrivé là, c'est pas lui qui va tout expliquer. Il faut de son côté faire la démarche aussi de se renseigner. Et puis, il faut respecter l'identité exprimée, voire même aller jusqu'à ce qu'on appelle la transition sociale, c'est-à-dire accepter le changement de prénom, accepter... Déjà souvent, c'est cette reconnaissance de l'identité, du nouveau prénom choisi, est souvent suffisant, en tout cas dans un premier temps, pour justement que le jeune ait le sentiment d'avoir été entendu, d'être accepté comme il est, tel qu'il est, et en fait aimer inconditionnellement tel qu'il est par ses parents, ce qui est quand même ce qu'on attend de ses parents, c'est qu'ils vous aiment quel que vous soyez, quand bien même vous ne seriez pas tout à fait celui qu'ils auraient aimé que vous soyez. On attend d'eux qu'ils vous aiment inconditionnellement. Donc voilà, il faut utiliser le pronom, le prénom choisi, de le genre au féminin ou au masculin, en fonction de sa demande. Voilà, accepter l'expression de genre par les vêtements, tout ça, et puis ne pas forcer le jeune à se justifier, à prouver son identité. C'est un équilibre subtil, mais je dirais, de cette compréhension et de cette de l'expression aussi en offrant ce cas de sécurisation de cet amour inconditionnel de parent ça permet aussi d'atténuer les aspects ou les enjeux qui pourraient y avoir de conflictuels là-dedans et d'arriver peut-être aussi à une expression plus je dirais plus neutre ou moins orientée vers un stéréotype de genre quel qu'il soit d'un côté ou de l'autre mais plutôt dans quelque chose de plus neutre qui permettra justement que ce soit moins stigmatisant au niveau social pour le jeune le temps qu'il est dans cette démarche d'approfondissement de cette ce qui est aussi une recherche identitaire avant tout merci beaucoup pour cette réponse qui était très complète est très intéressante donc
on arrive à la dernière question donc c'est lié aux répondeurs qu'on a mis en place avant nos enregistrements donc qui permet aux parents ou aux proches de poser leurs questions ou ou leur témoignage. liées à la santé mentale des jeunes. Et je vous partage celle que l'on a choisie pour cet épisode.
Bonjour, je vous laisse un message au sujet de ma fille qui a 11 ans et qui se pose beaucoup de questions sur son identité. sur son genre et ça lui génère beaucoup d'angoisse depuis quelques mois. Et j'essaye de la rassurer tant que je peux et de lui donner confiance. Mais je ne suis pas sûre d'avoir tous les outils nécessaires. Est-ce que vous en auriez ? Merci, merci pour votre écoute.
Alors pour compléter ce que j'ai pu dire avant, je dirais que l'idée pour les parents, c'est pas seulement d'être... tolérant et de 7 mais d'être un allié et d'être un allié quand même un peu actif actif dans la recherche d'informations voilà sur sur la problématique enfin se renseigner se documenter je dirais aussi pour protéger le jeune lui assurer une sécurité autour de lui bon éviter qu'il se retrouve en but à des moqueries ou des questions ou des remarques désobligeante de la famille bon on peut aussi mettre un peu entre parenthèses tonton René ou tata Jacqueline qui ne comprennent pas et qui ne peuvent pas s'empêcher de faire des remarques et protéger le jeune de ça. Déjà, pour pouvoir accompagner ce cheminement dont l'issue n'est jamais certaine, parce que c'est tellement en phase et normalement en phase avec les questionnements identitaires de l'adolescence, sans compter que peut-être aussi, parfois, ces questionnements autour du genre masque peuvent masquer aussi des questionnements autour de l'orientation sexuelle et que les deux peuvent être confondus aussi ou indéterminés, puisqu'on parle beaucoup des problématiques de genre, mais on a tendance à oublier aussi que les problématiques liées à l'orientation sexuelle, à l'homosexualité, ne sont pas partout aussi, je dirais, fluides et naturellement acceptées que... que dans les classes favorisées des grandes cités. Donc tout ça se télescope aussi. Donc c'est absolument essentiel de pouvoir être là, d'accompagner, et d'être une ressource pour le jeune qui est en questionnement de genre.
Très bien. Merci beaucoup Olivier. Merci d'avoir écouté cet épisode en complément des ressources partagées par Olivier Canceil. Nous vous invitons à consulter les carnets du secouriste en santé mentale disponibles sur le site PSSM France. Vous pouvez également vous former au secourisme en santé mentale et plus particulièrement le module PSSM Jeune.
Description
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Transcription
Bonjour et bienvenue sur Le Lien, parlons de la santé mentale de nos ados, un podcast co-réalisé par PSSM France et Parentalité Adolescence. Vous êtes proche d'un adolescent et vous vous posez des questions sur sa santé mentale, ses émotions, son comportement, son mal-être ou tout simplement sur la manière de mieux l'accompagner ? Ce podcast est fait pour vous. Au fil de 12 épisodes courts, Olivier Conseil, spécialiste de la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes, et membre du conseil scientifique et pédagogique de PSSM France, répondra aux questions que se posent les adultes autour de la santé mentale des adolescents. Aujourd'hui, on retrouve Olivier Cranseil pour parler de la diversité des genres et de son impact sur la santé mentale des jeunes. Bonjour Olivier.
Bonjour Sarah.
Alors, comment les changements hormonaux et les transformations corporelles à l'adolescence influencent-ils la construction de l'identité de genre chez un jeune ?
Alors, bien évidemment, cette construction identitaire, et en particulier dans le genre, est multifactorielle. Alors, il y a des transformations biologiques, bien sûr, qui sont les déclencheurs. Il y a la puberté, les hormones sexuelles, l'oestrogène, la testostérone, qui induisent des modifications corporelles qui sont visibles, ce qu'on appelle les caractères sexuels secondaires, la pilosité, la voix, la poitrine, la masse musculaire. Et du coup, ces changements corporels peuvent renforcer ou... ou questionner le sentiment d'appartenance du jeune au genre auquel on l'identifie. Donc un jeune assigné fille à la naissance peut vivre douloureusement le développement des seins, parce qu'il y a peut-être aussi un décalage, sachant que la puberté est souvent précoce chez les filles, entre l'irruption de caractère sexuel secondaire et une identité encore qui n'est pas absolument construite, et qui ne s'identifierait pas comme une fille. donc c'est transformation peut vraiment entraîner une dissonance entre le vécu de son corps et le ressenti identitaire intérieur. Alors, dans le multifactoriel, il y a aussi le fait que il y a plein de facteurs qui interviennent, biologiques, neuroanatomiques, hormonaux, psychodynamiques, sociocognitifs, et en tout cas, ce que montrent les recherches, c'est que ce n'est ni les gènes, ni les hormones seules qui déterminent l'identité de genre, c'est vraiment une interaction complexe. entre le corps, le vécu, l'environnement et bien sûr les représentations sociales qui jouent un rôle extrêmement déterminant. Et donc c'est en tout cas la plurifactorialité du modèle qui permet de comprendre la diversité des parcours identitaires, y compris des identités non binaires, fluides, où il y en a toute une palette qui apparaîtra sur les couleurs d'un drapeau. peau qui n'a plus assez des couleurs de l'arc-en-ciel pour les faire toutes figurer désormais.
Merci beaucoup. Alors, quels peuvent être les effets du rejet, de l'incompréhension ou du manque de reconnaissance sur la santé mentale des jeunes concernés ?
Le regard social et les stéréotypes jouent un rôle déterminant dans cette affaire. Les transformations corporelles sont souvent malheureusement, maladroitement surinterprétés par l'entourage. Tu deviens un homme, tu es une vraie femme maintenant, là où, par rapport à un jeune qui, lui, ne se sent pas tout à fait en phase avec son corps, il y a eu cet effet d'assignation sociale qui peut rentrer en conflit avec le ressenti du jeune, et ça génère un mal-être, de la confusion, et ceux qui se sentent non conformes aux genres qui sont censés incarner. peuvent se sentir confrontés à des violences et surtout ils sont dans des parcours de soins controversés. Donc il y a vraiment un risque important, majeur, de détresse psychologique et de troubles anxio-dépressifs. On sait que ça fait partie des problématiques qui génèrent le plus de risques suicidaires, des tentatives de suicide. En tout cas, les jeunes en questionnement de genre, ils sont plus exposés à la dépression, à l'usage de substances, à l'anxiété, aux idées suicidaires, à l'isolement social. Et le rejet social et familial scolaire est vraiment un facteur majeur. Et puis bien sûr il y a un manque de reconnaissance sociale qui peut provoquer vraiment une souffrance identitaire intense. Et comme beaucoup d'adolescents s'est vécu vraiment avec une intensité mais aussi une centralité importante, c'est-à-dire que ce qu'ils vivent eux, ils ne peuvent pas se représenter. que d'autres le vivent du fait de l'intensité de ce qu'ils éprouvent. Ils se sentent absolument seuls dans cette éprouvée, dans ce vécu. Et bien évidemment, l'absence de reconnaissance à un moment où se constitue le narcissisme, l'estime de soi, a des effets extrêmement délétères.
Très bien. Merci beaucoup pour cette réponse. Alors, maintenant, comment les parents peuvent-ils... réagir, agir avec justesse quand leur ado exprime un questionnement sur son genre ?
Eh bien, personne n'aimerait être à leur place, parce que ça va être difficile en effet, parce que ça vient tellement à l'encontre de tout ce qu'ils ont pensé jusque-là, souvent. Donc, la première chose ça va être d'écouter sans juger. C'est peut-être le plus compliqué. Compliqué à faire quand on ne comprend pas une situation. Donc, il faut accepter de ne pas comprendre. Parce qu'en fait, L'adolescent en sait sûrement plus sur la question, ne serait-ce que par le rôle des réseaux sociaux, des pères et de tout ce qu'il aura pu collecter comme informations, que le parent qui sera extrêmement démuni sur la question. Donc il va falloir accepter, écouter, entendre ce que le jeune vous dira, de façon parfois un peu dogmatique, parce que ce sera des choses apprises. ou sur des réseaux avec des militants qui renforcent un petit peu le côté assertif de la demande. Donc il faut surtout rester patient, écouter, essayer de comprendre. Donc laisser la dose s'exprimer à son rythme, sans l'interrompre, sans chercher à argumenter, interpréter, surtout pas. Éviter la panique, éviter le déni, éviter la minimisation. Penser que c'est juste une phase où tu es trop jeune pour savoir, où tu n'as même pas encore vécu. Il faut surtout éviter ça. Et puis, poser des questions ouvertes. Peux-tu m'en dire plus ? Comment tu en es venu à penser ça ? Qu'est-ce qui t'a convaincu d'accéder à l'histoire ? Et puis après, il faut se renseigner, s'auto-éduquer. se renseigner, bon déjà à travers ce que le jeune peut vous en dire et puis après aller de son côté, aller sur les réseaux sociaux et puis surtout montrer à son adolescent qu'on a une volonté de comprendre, de s'informer, qu'on est dans une démarche d'ouverture, d'écouter les témoignages, de lire, de consulter. et puis reconnaître qu'on ne peut pas tout savoir qu'on est prêt à prendre qu'on essaye de en tout cas il ne faut pas faire porter aux jeunes la charge de tout expliquer. Même si j'ai dit qu'il fallait commencer par lui demander comment il en était arrivé là, c'est pas lui qui va tout expliquer. Il faut de son côté faire la démarche aussi de se renseigner. Et puis, il faut respecter l'identité exprimée, voire même aller jusqu'à ce qu'on appelle la transition sociale, c'est-à-dire accepter le changement de prénom, accepter... Déjà souvent, c'est cette reconnaissance de l'identité, du nouveau prénom choisi, est souvent suffisant, en tout cas dans un premier temps, pour justement que le jeune ait le sentiment d'avoir été entendu, d'être accepté comme il est, tel qu'il est, et en fait aimer inconditionnellement tel qu'il est par ses parents, ce qui est quand même ce qu'on attend de ses parents, c'est qu'ils vous aiment quel que vous soyez, quand bien même vous ne seriez pas tout à fait celui qu'ils auraient aimé que vous soyez. On attend d'eux qu'ils vous aiment inconditionnellement. Donc voilà, il faut utiliser le pronom, le prénom choisi, de le genre au féminin ou au masculin, en fonction de sa demande. Voilà, accepter l'expression de genre par les vêtements, tout ça, et puis ne pas forcer le jeune à se justifier, à prouver son identité. C'est un équilibre subtil, mais je dirais, de cette compréhension et de cette de l'expression aussi en offrant ce cas de sécurisation de cet amour inconditionnel de parent ça permet aussi d'atténuer les aspects ou les enjeux qui pourraient y avoir de conflictuels là-dedans et d'arriver peut-être aussi à une expression plus je dirais plus neutre ou moins orientée vers un stéréotype de genre quel qu'il soit d'un côté ou de l'autre mais plutôt dans quelque chose de plus neutre qui permettra justement que ce soit moins stigmatisant au niveau social pour le jeune le temps qu'il est dans cette démarche d'approfondissement de cette ce qui est aussi une recherche identitaire avant tout merci beaucoup pour cette réponse qui était très complète est très intéressante donc
on arrive à la dernière question donc c'est lié aux répondeurs qu'on a mis en place avant nos enregistrements donc qui permet aux parents ou aux proches de poser leurs questions ou ou leur témoignage. liées à la santé mentale des jeunes. Et je vous partage celle que l'on a choisie pour cet épisode.
Bonjour, je vous laisse un message au sujet de ma fille qui a 11 ans et qui se pose beaucoup de questions sur son identité. sur son genre et ça lui génère beaucoup d'angoisse depuis quelques mois. Et j'essaye de la rassurer tant que je peux et de lui donner confiance. Mais je ne suis pas sûre d'avoir tous les outils nécessaires. Est-ce que vous en auriez ? Merci, merci pour votre écoute.
Alors pour compléter ce que j'ai pu dire avant, je dirais que l'idée pour les parents, c'est pas seulement d'être... tolérant et de 7 mais d'être un allié et d'être un allié quand même un peu actif actif dans la recherche d'informations voilà sur sur la problématique enfin se renseigner se documenter je dirais aussi pour protéger le jeune lui assurer une sécurité autour de lui bon éviter qu'il se retrouve en but à des moqueries ou des questions ou des remarques désobligeante de la famille bon on peut aussi mettre un peu entre parenthèses tonton René ou tata Jacqueline qui ne comprennent pas et qui ne peuvent pas s'empêcher de faire des remarques et protéger le jeune de ça. Déjà, pour pouvoir accompagner ce cheminement dont l'issue n'est jamais certaine, parce que c'est tellement en phase et normalement en phase avec les questionnements identitaires de l'adolescence, sans compter que peut-être aussi, parfois, ces questionnements autour du genre masque peuvent masquer aussi des questionnements autour de l'orientation sexuelle et que les deux peuvent être confondus aussi ou indéterminés, puisqu'on parle beaucoup des problématiques de genre, mais on a tendance à oublier aussi que les problématiques liées à l'orientation sexuelle, à l'homosexualité, ne sont pas partout aussi, je dirais, fluides et naturellement acceptées que... que dans les classes favorisées des grandes cités. Donc tout ça se télescope aussi. Donc c'est absolument essentiel de pouvoir être là, d'accompagner, et d'être une ressource pour le jeune qui est en questionnement de genre.
Très bien. Merci beaucoup Olivier. Merci d'avoir écouté cet épisode en complément des ressources partagées par Olivier Canceil. Nous vous invitons à consulter les carnets du secouriste en santé mentale disponibles sur le site PSSM France. Vous pouvez également vous former au secourisme en santé mentale et plus particulièrement le module PSSM Jeune.
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