- Speaker #0
Je crois que je suis content.
- Speaker #1
Et oui, bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour cette nouvelle émission des voix de l'écho. Il y a des par... qui ne rentrent dans aucune case. Des trajectoires faites de virages, de contrastes, parfois même de ruptures. Mon invité aujourd'hui a connu plusieurs vies professionnelles. Aujourd'hui, il a choisi un terrain d'expression brut, plus visible, plus direct. Celui de la rue, des murs, de l'espace public. Ses œuvres interpellent, questionnent, font sourire ou dérangent. Pourquoi ? Elle s'adresse à tout le monde, sans invitation, sans billet, sans filtre. Nous allons parler de strip-hop et de créativité. Et avec moi aujourd'hui en studio, notre accompagnatrice spirituelle, Anne Texero. Bonjour Anne, de quoi allez-vous nous parler aujourd'hui ?
- Speaker #2
Bonjour à tous, bonjour Yves. Eh bien, je vais vous parler d'intuition. Ça vous parle d'intuition Yves ?
- Speaker #1
L'intuition, je pense que oui, c'est un très très beau sujet en tout cas.
- Speaker #2
Je remercie notre invitée ici présent qui part son arme à amener à réfléchir sur le sujet.
- Speaker #1
Voilà. Très bien, j'ai hâte de vous entendre tout à l'heure, d'ici une quinzaine de minutes à peu près. N'oubliez pas, dans le prolongement des voix de l'écho, juste après nous à 13h, l'émission Les métiers de l'ombre. Et oui, mon invité a développé plusieurs aventures entrepreneuriales, nous allons également en parler, mais alors comment passe-t-on d'un emploi salarié au street art en quelques années ? Comment concilie-t-on l'art, l'entreprenariat et la liberté ? Et surtout, comment crée-t-on sa voie quand on décide de ne plus suivre celle qui semblait toute tracée ? J'ai le plaisir aujourd'hui de recevoir le créatif et street artiste boteropope de son vrai nom, Laurent Maupassant. Bonjour Laurent, bienvenue dans l'émission Les Voix de l'Echo. Bonjour à tous et merci pour l'invitation. Avec grand plaisir. Avant de poser des questions, juste mon petit jingle habituel. Les
- Speaker #2
Voix de l'Echo, une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #1
Alors Laurent Maupoint, vous êtes connu sous le nom de Botero ou Botero Pop, mais avant cela vous avez eu une carrière... très différentes. Qui est Laurent Maupoint ?
- Speaker #3
Un peu chahuteux. Qui je suis ? Effectivement, un petit parcours atypique. Vous voulez que je recommence à partir de quel moment ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. La fin de votre emploi à Saray, par exemple,
- Speaker #3
peut-être ? Je vais peut-être même recommencer un peu avant et revenir au lycée, parce que ce sera important pour la suite.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #3
Lycée à Chartres, en Noéloir. Je m'embête un peu et j'ai quelques facilités en mathématiques. Je vais mettre côté sur le « je m'embête un peu » , on y reviendra tout à l'heure. Mais je choisis des études de maths simplement parce que c'est le chemin le plus simple pour avoir de bonnes notes en en faisant le moins possible. Donc ce n'était pas une... passion en tant que telle, mais une voie de la raison où je me dis sans trop me fatiguer, j'arrive à avoir de bonnes notes. Donc j'arrive à Angers pour faire une fac de maths appliquée, je continue, je fais deux, trois aventures ici. Et le plus simple après ces études a été de me faire embaucher dans des établissements financiers. Et pendant 10-15 ans, grosso modo, j'ai travaillé dans différentes banques et surtout à l'organisation générale, donc la gestion de projet. donc très intéressant, très stimulant intellectuellement, mais finalement, je ne devais pas être à la bonne place, puisque j'en suis parti au bout de 15 ans pour des histoires de santé, de dos précisément, et donc en avoir plein le dos, devait sûrement avoir une signification.
- Speaker #1
Anne Texel, vous ne direz pas le contraire.
- Speaker #2
Tu me parles.
- Speaker #3
Donc voilà, je n'étais pas vraiment à ma place, même si c'était fort sympathique. Et cette malchance, cette chance, finalement, de me retrouver bloqué du dos pendant un bout de temps et de ne pas pouvoir bouger. Et là, en regardant plein de choses autour de moi, puisque je m'étais dit, tiens, je ne regarde pas la télé dans mon canapé, je ne vais pas pouvoir bouger, je vais devenir... un peu un légume très rapidement, donc je passais mon temps à lire et autres, et je suis tombé sur une marque de thé que je trouvais très cool. qui faisait un produit qui m'intéressait beaucoup, mais dont je trouvais le marketing pas à ma façon. Alors que je n'y avais jamais mis les pieds dans le marketing ou dans la com, j'ai créé une marque de thé, un peu comme un ovni finalement, parce que toutes les marques de thé parlent finalement de l'histoire de la Chine, de l'Inde, classe tout en thé noir, thé vert, et moi n'ayant pas... Mon ambition de faire une marque de thé à l'origine, n'étant pas un puriste du thé ou ce genre de choses, je me suis permis de créer ça complètement différemment. Donc j'ai mélangé les recettes thé noir, thé vert, de façon complètement indifférente, mais par typologie d'histoire, et à chaque fois mes histoires racontaient l'histoire d'Angers. Ce qui peut paraître contre-intuitif, tant que je ne parle pas de l'histoire d'Angers avec du thé. Mais c'était rigolo, j'ai repris tous les rois et reines de Plantagenet, et au regard de leur vie, finalement j'inventais les... les recettes en fonction et qui racontaient leur vie. Arthur Ier était roi de Bretagne, il avait donc un thé noir au caramel. Marguerite d'Anjou était reine d'Angleterre pendant la guerre des Deux Roses, elle avait un thé à la rose, jusqu'à finir par Jeanne d'Arc, alors qu'il n'était pas reine en tant que telle, mais qui a combattu les plantagenais anglais avec les plantagenais français, et elle, elle avait le droit à la samsouchong. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un thé fumé. C'est une blague. C'était un espèce d'ovni un peu rigolo. On était encore au début et aux prémices des réseaux sociaux. N'ayant pas de budget, j'ai beaucoup communiqué sur les réseaux sociaux, Twitter à l'époque, quand il était encore sage, Instagram, ce genre de choses, qui a plutôt bien fonctionné. C'est là qu'un nouvel événement est apparu, où l'université est venue me chercher, en me disant, tu sais bien le faire, Nous, il nous manque des profs de communication numérique. Est-ce que tu voudrais bien les expliquer ? Et trois mois après, je me suis retrouvé devant un amphithe de 200 personnes avec un micro pour leur faire un cours sur un diplôme que si moi je le passais, je n'étais pas sûr de l'avoir. Mais c'est moi qui donnais les notes. C'était plutôt rigolo. Et j'ai continué à faire mes cours de la façon un peu what the fuck, pour être honnête, comme je faisais ma propre communication personnelle. Mais ça donnait des choses assez intéressantes, parce que la communication, finalement, en revenant aux bases et au sens du questionnement, on arrive à des choses assez intéressantes.
- Speaker #1
On peut nommer, c'était le thé Lagosta. Tout à fait, oui. Au niveau de la marque, ça a duré combien de temps, cette aventure ?
- Speaker #3
Je ne sais plus, 7 ans, un peu comme ça.
- Speaker #1
Oui, quand même un temps plutôt long. Vous avez donc été dans le monde de la finance. Est-ce qu'aujourd'hui, vous voyez des parallèles quand même avec ce que vous faites dans la rue ou en tant que créatif ?
- Speaker #3
Alors, sur le monde de la finance, oui et non. Sur le monde de l'entrepreneuriat, de façon globale, oui. À deux niveaux, il y a la partie communication, puisque je donne des cours de com. Et l'art, c'est de la communication aussi. Et j'ai un art très minimal. minimaliste, et dans toute chose, faire simple, c'est ce qui est le plus compliqué, puisque justement, on est obligé de revenir aux sources des choses, et trouver ce qu'il y a de façon intrinsèque qui peut permettre de donner un message en étant très simple. Donc vraiment, revenir aux racines profondes, au fond des choses, et pas se limiter à la forme. Donc il y a un vrai parallèle entre les cours de com et l'art. Et comme il y a un deuxième parallèle entre... artistes et entreprises. Souvent, on voit les artistes comme un monde un peu éthéré, l'artiste maudit, ce genre de choses. En fait, on a un numéro de sirète et on est des entreprises. Donc, on a quasiment un bilan. On a des charges, des prix, il faut vendre pour en vivre, parce que c'est bien sympathique de vouloir faire plein de choses, mais si on ne peut pas en vivre, ça ne sert pas à grand-chose. Donc, il faut continuer à faire ce qu'on aime, sans se dénaturer et en même temps Hmmmm... Donc c'est un équilibre permanent, mais en même temps avec une petite particularité, peut-être une petite parenthèse, mais j'ai entendu souvent des copains qui sont chefs d'entreprise parler de la solitude du chef d'entreprise dans sa prise de décision, de quand il rentre chez lui, quand il a passé une mauvaise journée, et ainsi de suite. Je l'entends totalement, je l'ai vécu. Et en fait, artiste, c'est pareil, avec une petite nuance en plus, c'est qu'on ne vend pas des cuisines équipées, des voitures ou des boulons. on vend notre vision du monde. Et donc à chaque fois qu'on a un refus, C'est pas pareil que de ne pas avoir un devis qui n'est pas passé et on espère que ça sera mieux demain et ainsi de suite. C'est qu'on a l'impression que notre vision du monde a été remise en question à chaque fois. Donc c'est un boulot très très exigeant qui certes a une forme de liberté apparente, mais c'est comme la simplicité, ça paraît simple mais il faut d'abord bien le travailler. Donc pareil, entre le fond et la forme, la forme de l'artiste paraît... fort sympathique et elle l'est. Le fond, des fois, est un petit peu plus compliqué et il n'y paraît que aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est très important ce que vous dites. Vous avez choisi le pseudonyme Botero ou Botero Pop sur les réseaux. Que raconte-t-il de votre univers graphique ?
- Speaker #3
Alors, c'est assez étonnant et c'est pour ça que tout à l'heure, dans mon avant-propos, je... Je parlais du lycée où je m'embêtais. En fait, le personnage Bottero Pop, puisqu'il s'appelle ainsi, même si souvent il est effectivement raccourci en Bottero, a une double naissance. Donc ça fait 7 ans maintenant que je le travaille. Mais sa première naissance vient du lycée. où j'étais donc lycéen, à m'embêter un peu en cours. Et comme tout lycéen qui s'embête en cours, on aime bien dessiner dans nos cahiers. Donc c'est ce que je faisais, et j'avais inventé ce petit personnage à l'époque, qui déjà à l'époque était très simple, puisque il fallait que je dessine vite pour ne pas me faire choper par les profs. Simplement. Et je n'étais pas forcément très bon en dessin, quoique ça allait à peu près, mais il fallait surtout qu'il soit exécuté très rapidement. Et le visage est quasiment la chose la plus compliquée à faire, et en tout cas très longue. Donc je lui ai mis un grand chapeau, ce qui me permettait de cacher son visage et donc de l'exécuter très rapidement. Pour le corps, c'est pareil, un poncho. Donc il avait un côté hyper sud-américain. Et en fait, j'avais très peu de culture d'art, mais j'avais reçu un moment une espèce de boîte qui était assez rigolote, comme les fiches de cuisine de Elle, pour les plus vieux qui s'en souviennent, où dedans il devait y avoir les 200 ou 300 plus grands artistes du monde. Et il n'y en avait qu'un seul sud-américain, grosso modo, et c'était Fernando Botero. colombien et qui fait des personnages tout en rondeur. Et mon personnage à moi avait un chapeau qui ressemblait à un sombrero, un corps qui ressemblait à un poncho, donc très sud-américain, complètement par hasard, c'était juste pour le dessiner vite. Et comme, pareil pour le dessiner vite, c'était des tout petits bras, des toutes petites jambes, donc le total opposé de Fernando Botero, pour rire je l'avais appelé Botero tout simplement. Donc il m'a accompagné tout le temps du lycée. Quand je suis arrivé à la fac, j'ai eu moins besoin de le dessiner. Et petit à petit, je l'ai complètement oublié. Et quasiment pendant 30 ans, je l'ai oublié. Et un soir, au détour d'une discussion avec des amis, je ne sais plus comment la discussion est arrivée là-dessus, mais je me rappelle de ce personnage et je commence à le redessiner. Et puis c'est là que sa deuxième naissance est apparue. Et quand j'ai voulu en ouvrir un compte Instagram, puisque c'était l'époque d'Instagram, moi, il s'est toujours appelé Botero. J'ai essayé d'ouvrir le compte Instagram avec Botero, mais il était pris par Fernando Botero. Malheureusement, mais voilà. Et surtout, le nom Botero en Colombie doit être aussi répandu qu'un Dupont et un Martin en France. Donc des Botero quelque chose, il y en a 36 000. Et comme je savais que j'allais travailler sur l'ensemble de la culture pop, je l'ai appelé Botero Pop. à la petite origine du nom d'accord,
- Speaker #1
vous avez un travail qui est vraiment reconnaissable visuellement quand on va dans les rues d'Angers et qu'on observe ce qui se passe, parce que c'est quand même assez riche même au niveau du street art sur Angers on reconnait tout de suite votre patte et donc justement vous parlez du côté pop donc pop culture c'est vraiment vos inspirations principales ou vous avez... piocher aussi dans d'autres univers ?
- Speaker #3
Alors, essentiellement la pop culture, mais dans son acceptation la plus large possible, à ne pas confondre avec la culture geek, qui est beaucoup plus liée aux jeux vidéo, aux mangas, ce genre de choses. C'est-à-dire que je peux parler aussi bien des dieux, des grecs anciens, que de Botticelli, que de Shakespeare. En fait, la culture pop, Pour moi, dans son acceptation la plus large, je reprends tout ce que tout le monde connaît assez facilement, même si on ne l'a jamais vu. Tout le monde connaît Dark Vador, elle le reconnaît en un clin d'œil, même si on n'a pas vu Star Wars. Tout le monde connaît le logo de Mamie Nova, même si on n'a pas mangé un yaourt de Mamie Nova. Donc voilà, c'est tous ces codes qui se baladent et qui nous entourent. Et j'ai mangé beaucoup de culture pop quand j'étais jeune, regardé beaucoup de films de lecture et ainsi de suite. Et j'en ai en... engranger des tonnes et des tonnes sans savoir trop à quoi ça allait me servir. Et effectivement, maintenant, tous les matins, je me réveille avec ça en me disant qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire avec ça de façon rigolote.
- Speaker #1
Très intéressant. On va continuer à en parler, mais Laurent, je vous propose d'abord de faire un premier jeu dans l'émission. C'est parti. un peu de culture un peu de Mario j'entends culture un peu geeky pop pour ce premier jeu je vous propose de faire la boussole métier, c'est 5 questions pour comprendre un peu ce que vous faites, est-ce que vous êtes prêts ?
- Speaker #0
Je suis prêt.
- Speaker #1
Allez, c'est parti. Dans votre métier, à qui rendez-vous service ?
- Speaker #3
En premier, à moi.
- Speaker #1
Ok. Dans votre métier, quels problèmes simplifiez-vous dans le quotidien de vos clients ?
- Speaker #3
Aucun.
- Speaker #1
Quel est votre geste métier distinctif ?
- Speaker #3
La forme de mon personnage, clairement.
- Speaker #1
Quel signe observal montre que votre métier, ça marche ?
- Speaker #3
Le sourire des gens.
- Speaker #1
Et à quelle question assumez-vous de dire non à votre client ?
- Speaker #3
À quelque chose qui, moi, ne me ferait pas plaisir, qui ne serait pas dans mes valeurs, ce genre de choses.
- Speaker #1
Ok, super. Merci beaucoup, Laurent, pour vos réponses.
- Speaker #2
Les voix de l'écho, une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #1
C'est aussi important que la réflexion. L'intuition est quelque chose qui est très important dans le processus créatif. J'imagine que vous êtes d'accord avec ça, Laurent. Totalement. L'intuition, c'est le sujet, justement, de notre chroniqueuse Anne Texerow.
- Speaker #2
Je sème, donc je suis. Une chronique de la coach Anne Texerow. Aujourd'hui, je vais vous parler d'intuition. Certains d'entre vous pensent qu'ils ne sont pas tombés dans la bonne marmite et qu'ils n'ont pas d'intuition ni de créativité. J'entends encore d'un ton parfois plaintif, mais moi je ne suis pas créatif. Alors là, je vais faire tomber tout de suite le mythe. Nous avons tous de l'intuition. car c'est un don inné, sacré. Donc nous avons cette dotation essentielle, en deux mots. Mais alors qu'est-ce que l'intuition ? L'intuition c'est être en relation avec l'univers et recevoir les informations. C'est-à-dire que nous avons une capacité originelle pour nous connecter à un espace plus grand que nous pour obtenir de l'information. Comme le définit Philippe Bobola, physicien et chercheur spirituel, L'intuition, c'est l'art de se préparer à recevoir. Je complète cette définition avec celle du Larousse. L'intuition est la connaissance directe, immédiate de la vérité, sans recours au raisonnement, à l'expérience. C'est donc la capacité à recevoir des informations, sans passer par le raisonnement. On peut se poser la question suivante, est-ce qu'il y aurait à se brancher quelque part, comme pour une prise où on se plug à quelque chose ? J'ai plutôt envie de dire qu'il faut apprendre à se débrancher. à se débrancher de quoi ? De notre mental. En effet, tout notre système d'éducation nous a programmé pour faire fonctionner au maximum notre cerveau gauche, c'est-à-dire notre mental. Donc nous avons bien souvent développé largement la raison, la logique, le rationnel, au détriment de l'intuition et l'inspiration. On a sous-estimé tout le potentiel de notre cerveau droit. D'ailleurs, la notion de cerveau Ausha est selon les neurosciences plus complexe que ce schéma compartimenté. Comme le souligne Einstein, l'esprit intuitif est un don sacré et l'esprit rationnel son fidèle serviteur. Donc nous avons créé une société où l'on honore le serviteur et on a oublié le don, l'intuition. Dorénavant, la question qui brûle nos lèvres est comment développer son intuition. Vous avez compris que l'émergence de l'intuition est liée à un état d'être. Alors c'est quoi la recette ? Placez-vous dans un état de réception. Un état où vous ouvrez vos capteurs sensoriels. Un état de complétude corps-esprit où vous êtes dans vos ressentis et vos perceptions. Cela nécessite aussi une haute énergie de la confiance en soi. L'intuition est très sensorielle et passe par le corps. C'est le corps qui signale et témoigne. Vous avez peut-être le ventre noué ou la gorge serrée. Vous ressentez peut-être la chair de poule en arrivant dans un certain lieu ou encore vous vous sentez dans un état de bien-être et d'expansion. Cette disposition ouverte vers l'intuition est facilitée quand vous vous reliez à votre double quantique, c'est-à-dire votre part supérieure, qui sait ce qui est bon pour vous. C'est donc se relier à cette part pour être dans un état informationnel, en dehors de l'espace-temps où tout est possible. C'est là que vous accédez à la connaissance et à l'information. Vous pensez peut-être que ce que je dis est perché ? Alors à ce moment-là, on est nombreux. Tenez, regardez par exemple les Ausha. On parle souvent du chat qui a un sixième sens, qui ressent quelque chose de subtil, comme s'il avait des antennes pour s'en tirer capter. Les Ausha pensent, ressentent et expérimentent leur monde à leur manière unique. Ils vivent dans l'instant présent, ils suivent leurs instincts et sont émotionnellement ouverts. Alors, ce que je vous propose, c'est de vous exercer. Quand vous rencontrez un questionnement, une problématique, je vous invite à faire le vide et à faire appel à votre double quantique, à votre soi. et vous adressez à lui pour déposer votre question. Plus concrètement, prenez ce temps de centrage et de reliance. Posez juste votre question au-dedans de vous, puis Ausha. Faites une petite méditation, prenez une douche, vous partez pour une promenade en nature ou encore faites un footing. Et là, la solution émerge en vous. En d'autres termes, en faisant le vide, vous vous êtes branché sur des données immédiates de la grande conscience. J'ai une question pour vous, Laurent. Comment ça vous parle, l'intuition ? Et comment peut-être, alors ça fait deux questions, et comment peut-être vous décoder, si c'est possible, votre propre processus créatif ?
- Speaker #3
Vaste question. Moi, j'ai un processus créatif et d'intuition, mais je pense que l'intuition se travaille énormément. On l'a tous, effectivement. Beaucoup ont peur de l'avoir et la masque, mais une fois qu'on ose lui faire un peu confiance, tout se déroule mieux. Et après, il faut la travailler. Ce que je disais tout à l'heure, c'est que j'ai accumulé une bonne trentaine, quarantaine d'années de culture pop. Maintenant, je peux jouer avec, faire des liens, faire des ponts et retrouver ce qui m'intéresse pour mon personnage Botteropop. Je pense que l'intuition, c'est la même chose. Depuis que l'homme est homme, c'est par exemple avec les récits qu'on s'est le plus formé. de la Grèce antique, qui ont inventé tous les archétypes aux derniers des films, des mangas ou ce genre de choses. Très souvent, même tout le temps, on raconte la même chose. C'est par les archétypes de récits et les archétypes de personnages qu'on arrive à comprendre. Et en fait, accumuler du temps de lecture différent, que ce soit des mangas, de la littérature et peu importe laquelle, de voir plein de films ou ce genre de choses, nous fait vivre indirectement mille vies, mille situations qui nous permettent... de potentiellement trouver la bonne réponse à la solution qui nous est demandée. Et en fait, on ne sait pas d'où ça vient, et donc on appelle ça l'intuition, mais ça vient de toute cette bibliothèque qu'on s'est formée, et quand on est un peu plus détendu, donc peut-être après la douche, la promenade, et ce genre de choses, effectivement l'accès à cette bibliothèque, qui est une espèce de fourbi incroyable, arrive sans trop d'où ils viennent, donc on appelle ça l'intuition, mais en fait on l'a déjà vécu avant. Je dirais que l'intuition vient de la curiosité. Et si on veut avoir de l'intuition artistique ou professionnelle ou personnelle, il faut accumuler, accumuler des récits, des expériences, des récits, des expériences, et être ouvert à tout ça.
- Speaker #2
Merci pour votre éclairage. Merci.
- Speaker #3
Merci.
- Speaker #1
Merci beaucoup Anne pour votre très belle chronique. Et j'aime beaucoup cette fois-ci aussi encore votre choix de musique. Je trouve ça très intéressant.
- Speaker #2
J'ai rien pourtant avant de la trouver, j'avoue. Oui,
- Speaker #1
mais je trouve que c'est très intéressant. Et puis le pan, c'est tellement magnifique comme instrument. C'est parfait. Merci beaucoup Anne.
- Speaker #0
Les voix de l'écho,
- Speaker #2
une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #1
Je voudrais qu'on parle un peu plus vraiment maintenant de street art, qui est quand même un art qui est exposé au plus grand nombre. Est-ce que pour vous c'est justement une liberté ou une conquente, Laurent ? Les deux, forcément.
- Speaker #3
Je suis arrivé au street art complètement par hasard et c'était une vraie découverte et je ne peux plus m'en passer. Pour plein de raisons, il y a une petite adrénaline qui est quand même chouette. Il faut être honnête. Il y a une histoire d'ego aussi, qu'il ne faut pas nier, imposer aux autres son point de vue, et le poser dans la rue, alors que les gens n'ont rien demandé. C'est aussi particulier. On parlait tout à l'heure d'intuition, il y en a plein qui sont artistes chez eux, qui écrivent des livres, qui font du dessin, mais qui n'osent pas le partager, qui ont peur de le partager et de s'exposer. Le street art a cet intérêt, c'est qu'on pose quelque chose sur un mur qui ne nous appartient pas, qu'on n'a pas grand-chose à dire. Si des fois après elle est détruite, j'ai le temps de prendre une petite photo et après ça ne m'appartient plus. Mais ce qui est génial, c'est que c'est exposé à tout le monde. Donc aussi bien au positif, au négatif et à l'indifférence. Et cette chose-là, je la trouve super intéressante en tant qu'artiste, c'est qu'on a un retour complètement brut. et sans filtre de tout le monde, et l'indifférence en faisant partie. Alors qu'on ne travaille qu'en atelier, qu'on n'est exposé par exemple qu'en galerie, on est critiqué positivement ou négativement par des gens qui ont un intérêt, et qui en général sont plutôt bien pensants et plutôt bienveillants. Alors que dans la rue, c'est complètement différent. Il y a des gens qui peuvent crier très violemment. ou adorer, mieux, ou passer devant et ne jamais le voir. Mais quoi qu'il arrive, ça remet son égo à zéro en permanence. Et je trouve ça bien parce qu'on revient après en atelier, on est nourri de tout ça, et c'est quand même chouette parce que dans chaque oeuvre, on met beaucoup de ses propres traits, de sa vie sur le monde, et ainsi de suite. L'oeuvre peut être mise et durer très longtemps, peut être vandalisée au bout d'une demi-heure, ça arrive. Et en fait, il faut revenir à l'atelier et repartir comme s'il ne s'était rien passé, et recommencer et remettre autant de soi dedans, alors qu'on sait que ça sera peut-être très très éphémère. Et cette logique-là, elle est super intéressante.
- Speaker #1
Oui, c'est carrément... Ce n'est pas si simple à gérer. Je pense effectivement de se dire, je crée quelque chose, et derrière, en 30 minutes, c'est effacé.
- Speaker #3
Pour être tout à fait honnête, les premières œuvres qui m'ont été vandalisées, oui, ça fait mal aux ventes. J'ai accompagné pas mal d'autres artistes aussi qui faisaient des premiers collages ou peintures dans la rue. Au début, tout le monde est là, mais non, ça va bien se passer. Et effectivement, quand la première dégradation arrive, alors que c'est peut-être juste quelqu'un bourré, on ne sait pas, qu'il y avait juste zéro intention derrière, il n'empêche que celui à qui ça arrive le prend toujours au début de façon personnelle. Et justement, ce travail de décorréler... cet acte de vandalisme sur un acte de vandalisme à son propre ressenti plutôt intéressant
- Speaker #1
Quel est votre rapport avec justement l'espace public quand vous intervenez sur un mur ou dans la rue comment vous choisissez un peu vos espaces et tout ?
- Speaker #3
Il y a plein de choses intéressantes parce que effectivement c'est des endroits qui ne nous appartiennent pas en fait il y a plein d'écoles dans ce rétard, il y a des purs vandales Euh... d'autres qui font d'autres choses, il y a des vieux de la vieille qui trouvent que ceux qui ne font pas du vandal ne sont pas légitimes, et ainsi de suite. Et à la rigueur, ça ne m'intéresse que très peu, je fais juste moi ce que j'ai envie de faire.
- Speaker #0
Même si j'apprécie ce que fait tout le monde, parce que déjà, le faire, c'est courageux. Donc rien que ça, ça se respecte. Dans les purs vandales, il y a aussi un travail qui est graphique, des fois extraordinaire, qui est très chouette. On pourrait en débattre longtemps, mais pour répondre, je vais parler juste de moi. Ce que j'aime bien, mon personnage, je l'ai déployé en 500, 600 versions différentes. Donc je ne vois pas pourquoi je collerais ma version de Batman sur tel mur plus que sur tel autre. Je n'y verrais pas beaucoup d'intérêt. Donc je fais toujours attention, et c'est un peu plus long à réaliser, mais à choisir le personnage en fonction du lieu où il est. Donc sur les petits carreaux de faïence, beaucoup en ville, sur des noms de rues ou des façades de magasins, notamment, à chaque fois le personnage est choisi en fonction. Des fois ce n'est pas forcément évident, il faut la référence et tout le monde n'a pas toutes les références, mais il y en a toujours une. Un des derniers que j'ai pu mettre qui me fait rire, c'est Iti, donc sur le restaurant, la maison. Tout le monde l'a vite. Mais il y a aussi le petit prince de Saint-Exupéry, rue de Bel Air. Ça fait le petit prince de Bel Air. Celle-là, il y a un peu plus tiré par les cheveux. Mais il y a toujours cette réponse. Et c'est ça qui me fait rire. Moi, c'est de jouer avec la ville. Donc, quand j'ai mon laboratoire, parce que je connais les rues par cœur, et quand je me déplace après dans d'autres villes, Je traite des fois la ville de façon globale. Saumur est la ville du cheval, donc il y a essentiellement des références de personnages de culture pop ayant un cheval célèbre. Je pense que demain, je vais aller faire un petit tour au Mans. et j'en ai prévu plein, donc pareil, des personnages de la pop culture, mais ayant une voiture que ça l'aime. Donc ça va de flics à Miami, à Oui Oui, ou l'agence touristique. Une espèce de panthéon un peu rigolo.
- Speaker #1
Vraiment, c'est vraiment... Ça permet d'avoir un petit parcours artistique qui est sympathique aussi, par se dire, je vais déambuler dans les rues pour essayer de trouver où sont justement les personnages. Il y a de l'influencé,
- Speaker #0
et après effectivement réfléchir au pourquoi. Pourquoi ce personnage est là ? Il y en a un qui intrigue beaucoup. Par exemple, place du lycée, il y a Aristote. Dans la culture, tout le monde connaît à peu près Aristote. Et en fait, on l'a un peu oublié. Et si les places du lycée, pareil, ce n'est pas innocent, c'est que plus personne ne se pose la question de pourquoi un lycée s'appelle un lycée. Or, l'école philosophique d'Aristote, qui était multidisciplinaire, s'appelait le lycée. Et donc, le lycée vient de là. Donc, si les gens tombent dessus et se disent, tiens, normalement, il y a une raison, donc pourquoi, et ainsi de suite. S'ils recherchent un peu, ils ont envie de tomber sur cette explication. Je trouve ça intéressant aussi.
- Speaker #1
Ça fait réfléchir votre art. On cherche avant tout à provoquer, à faire sourire, à faire réfléchir, à créer de l'émotion. Est-ce que vous avez déjà eu des ennuis avec la police par exemple ?
- Speaker #0
Oui et non. Un petit peu quand même. Je me suis fait arrêter plusieurs fois et j'ai eu de la chance. C'était en faisant du collage. Donc dans ce cas-là, ça se passe. plutôt bien. Les fois où j'ai fait des choses un peu plus illégales, je ne me suis pas fait arrêter, donc ça se passe bien, même si effectivement on me reconnaît bien. Mais, pareil, j'aime bien interroger toute cette limite entre la légalité et l'illégalité. On parlait tout à l'heure qu'un artiste est aussi une entreprise, qu'on fait du street art, il faut se le dire, quand on est visible dans la rue, c'est une forme de publicité. enfin, on est aussi intéressé en termes de reconnaissance, mais pour autant, normalement, on n'a pas le droit. Mais si on le fait à peu près intelligemment, c'est toléré. Ce n'est pas autorisé, mais c'est toléré. Donc, c'est tout ce jeu de chat et de souris, qu'est-ce qu'on a le droit, qu'est-ce qu'on n'a pas le droit. Le dernier truc qui me fait beaucoup rire, c'est que j'ai créé des illustrations. Et à chaque fois qu'on vend des illustrations, il y a un carton derrière qui permet de rigidifier la pochette. Et ça m'embêtait de voir partir tous ces cartons à la poubelle ensuite. J'ai un peu réfléchi, je ne pouvais pas techniquement l'enlever, mais j'ai trouvé une solution que je trouvais assez intéressante, c'est que je fais découper au laser ce carton derrière, et qui par chance reprend effectivement la forme de mon personnage, qui est bien identifiable. Et donc quand les gens ramènent chez eux cette pochette avec l'illustration, et qu'ils l'enlèvent, ils récupèrent ce carton arrière, Avec cette découpe, qui est en fait un pochoir, et la partie intérieure se transforme aussi en statue, en carton, à pimper soi-même suivant ses envies. Donc c'est bien pour la créativité des gens, ils peuvent en faire des trucs, c'est bien pour la planète, on gâche moins des ressources, donc j'explique bien qu'on n'a pas le droit de faire des pochoirs dans la rue, c'est illégal, mais après si les gens le font, moi j'y peux rien, je leur conseille de le faire dans leur jardin, dans leur coin, mais même si les gens ne le font pas dans la rue... Moi, discrètement, je peux en faire. Et on reconnaît bien ma forme, donc on sait que c'est moi. Il n'y a aucun souci là-dessus. Pour autant, judiciairement parlant, si on peut dire, on ne peut pas m'accuser moi, puisque ça peut être une des personnes ayant acheté une pochette qui l'a fait. Ce qui fait qu'on peut retrouver plein de ces pochoirs dans la rue, mais on ne sait pas qui les a faits. On sait de qui ils parlent, moi en l'occurrence, mais on ne sait pas si c'est moi qui les ai faits. Si tout le monde va me faire prendre en flagrant délit... normalement ça se passe bien mais voilà, cette petite zone de gris où dans cette société des fois un peu trop manichéenne il y a les gentils, il y a les méchants un retour à la nuance, qu'est-ce qui est autorisé ou pas et moi le premier j'en fais de ces pochoirs mais j'essaye de le faire sur des endroits certes qui ne m'appartiennent pas, qui ne sont pas autorisés, mais je ne vais pas les faire sur la façade du théâtre ou sur le mur qui vient d'être fait d'une maison d'un particulier il y a un vrai respect
- Speaker #1
paix sur effectivement aussi l'espace public.
- Speaker #0
Il y a plein de petites interstices où on peut se glisser sans gêner les autres.
- Speaker #1
Je vous propose de faire une petite pause musicale à présent dans l'émission. Nous allons écouter School de Supertramp. On reparle de ce choix musical avec mon invité Laurent Maupoint juste après. Bonne écoute sur Radio-G.
- Speaker #2
I can see you in the morning when you go to school Don't forget your book to know you've got another goal in the room The teacher tells you stop your playing, get on with your work You can be like Johnny Too Good Don't you know he never shivers He's coming along
- Speaker #3
Les voix de l'écho, une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #1
Vous êtes toujours sur Radio G en direct à l'écoute de l'émission Les Voix de l'Echo. Je suis en compagnie de mon invité Laurent Maupoint, connu sous le pseudonyme Botero. Nous venons d'écouter School de Supertramp que j'ai été obligé de décourter un petit peu quand même parce qu'elle est très très longue. Laurent, pourquoi avoir choisi ce titre musical ?
- Speaker #0
Pourquoi ? Parce qu'il m'a toujours plu. depuis tout petit c'est une vieille chanson ça s'entend à la musicalité, au côté rock le rythme m'a toujours plu le non-school m'a toujours plu cette montée crescendo m'a toujours plu et tout à l'heure on parlait d'intuition et c'est assez rigolo petit, et même encore maintenant, j'ai toujours été nul en anglais, ce qui fait que je n'ai jamais compris les paroles. Enfin, dans très longtemps, je n'ai pas compris les paroles de cette chanson, mais elle m'a toujours parlé pour autant. Je savais qu'il y avait quelque chose, et je n'avais jamais fait l'effort de regarder plus les paroles que ça, mais à l'arrière de ma petite tête, il devait y avoir une intuition que ça me disait quelque chose quand même. Et à un moment, j'ai quand même regardé un peu que racontait cette chanson, et en fait, Je me suis pris encore plus une claque en comprenant les paroles de cet enfant qui va à l'école, qui n'est pas dans les codes, qui ne respecte pas les cases et qui doit se faire confiance et réinventer son monde. Finalement, je pense m'aller pas mal, mais je ne le savais pas. L'anglais, ce n'était pas mon truc. Et j'ai toujours compris l'anglais dans les chansons comme un instrument. Mais comme la parole, pour moi, dans une chanson, très souvent, est juste un instrument de musique en plus, mon intuition avait raison.
- Speaker #1
En début d'émission, on parlait un peu aussi de la marque La Gosta. Est-ce que créer ou développer une marque et créer et développer une œuvre, c'est finalement si différent ?
- Speaker #0
Eh bien, je ne pense pas. Peut-être à la différence de plein d'autres artistes, j'ai une vision très pragmatique, puisque je vous disais, si je ne veux continuer de vivre de Botero et pouvoir le continuer, l'amener le plus loin possible, il faut que j'arrive à en vivre, à vendre des choses et ainsi de suite. La différence, c'est qu'il ne faut pas juste se trahir et continuer à faire ce qu'on aime. Mais après, il y a des histoires, effectivement, de rentables. de vente, on ne vit pas d'amour et d'eau fraîche, on ne vit pas de visibilité, même si plein de fois on a des propositions assez indécentes en nous demandant de faire des fresques, mais ça c'est pour l'ensemble des street artists, quasiment gratuite parce que ça nous fera de la visibilité, mais ça paye rarement mon banquier et la caisse du supermarché, donc non, il y a des histoires bassement pragmatiques, il faut gagner des sous. Donc il y a bien sûr un développement de la même façon qu'une entreprise. Moi, j'ai eu une chance, et ça a été complètement un hasard, d'avoir un personnage qui, finalement, est très reconnaissable. Et ça arrive souvent que des personnes, voyant le personnage une fois, ne le revoient plus pendant très longtemps, mais 4-5 ans après, retombent dessus. Ils disent, en fait, je le connais. Donc, j'ai un avantage qui est génial, c'est que ce petit bonhomme, malgré le fait qu'il soit hyper simple, est hyper reconnaissable. Donc, en termes de visibilité, comme pour une entreprise, c'est plutôt un avantage. Après, ça se travaille. On fait aussi de la communication, comme tout le parti, sur les réseaux sociaux et ce genre de choses, et même passer à la radio.
- Speaker #1
On est très contents de vous avoir ici dans le studio. Laurent, je vous propose de faire un autre petit jeu dans l'émission. Est-ce que vous êtes prêt ? Je suis prêt. Allez, go ! Alors, pour ce deuxième jeu, nous allons faire un vrai-faux express. Vous devez simplement répondre par vrai ou faux. Est-ce que vous êtes prêt Laurent ?
- Speaker #0
Oui, mais je vais vouloir répondre autre chose que vrai ou faux. Vous voulez me dire pourquoi ? Ça va être terrible. Je vais vraiment me limiter à vrai et faux. Oui, oui. Je vais essayer de m'y tenir.
- Speaker #1
Allez, c'est parti. Le street art est toujours une pratique illégale. Faux. Une œuvre de street art est conçue pour durer dans le temps. Le street art est forcément un art engagé ou politique. Le street art ne peut pas être compatible avec une démarche entrepreneuriale. Créer pour la rue impose moins de contraintes que créer pour une galerie. Le regard dépassant fait partie intégrante de l'œuvre. Le street art est aujourd'hui reconnu comme une forme d'art à part entière. Beau. Ok. Merci beaucoup, Laurent, pour ces petites réponses et d'être resté très concis.
- Speaker #0
Il est bien ce jeu, mais j'ai envie de dire plein d'autres choses.
- Speaker #1
On va continuer à en parler encore.
- Speaker #3
Les voix de l'écho, une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #1
Alors justement sur ce vrai faux express Laurent est-ce que vous avez quelque chose En plus à dire Est-ce qu'il y en a une de ces Petites affirmations qui vous a le plus marqué Que vous voudriez compléter
- Speaker #0
Non pas une en tant que telle mais peut-être un petit chapeau Qui est sur la dénomination street art Qui regroupe tout Et n'importe quoi Il y a La street art c'est l'art dans la rue Donc une statue officielle et du street art. Un tag vandal et du street art. Et donc tout ce qui est dans la rue et du street art. Et sous cette dénomination, on y met plein de choses. Donc on appelle souvent ça du street art en disant que ça vient des Etats-Unis, les tags, et que ça arrivait après en Europe, et ce genre de choses. Mais les hommes de Cro-Magnon faisaient du street art. Les plus grands inventeurs du street art, d'ailleurs, ne sont pas américains. Peu importe, il y a plein de choses et il y a plein d'écoles qui se respectent plus ou moins, qui se côtoient, qui vivent différemment les choses, qui le font pour des raisons différentes. Et en fait, peu importe, tant que c'est fait, c'est fait. Et dans ce monde, ce que je disais tout à l'heure, un peu manichéen, où tout doit être propre, ce genre de choses, moi je suis content qu'il y ait des petites marges comme ça. Dedans il y a des trucs officiels, dedans il y en a qui le font que pour des histoires pécuniaires, dedans il y en a qui le font à leur âge, peu importe, ça reste de la vie, ça reste de l'humain, et que tout se côtoie, c'est chouette, et si on ne peut pas vivre dans Disneyland, ça serait chouette.
- Speaker #1
En tant que créatif, est-ce que vous faites aussi des créations pour les entreprises ? Est-ce que c'est des choses ou des associations, des choses que vous diversifiez, pas seulement des collages dans la rue ou des dessins ?
- Speaker #0
En fait, si on veut vivre en tant qu'artiste, il faut faire plein de choses. Il faut vendre dans des galeries, il faut faire des petites bêtises dans la rue, parce que c'est sympa, même si ça ramène pas des sous. Des commandes publiques, intervenir dans des écoles. Il y a plein de façons de se déployer. Des fresques pour des entreprises également. Et ce qui est intéressant, notamment avec mon petit personnage, c'est que je travaille sur le fait qu'un accessoire... deviennent le principal et racontent les choses. Et là, on revient sur des histoires de communication, puisque ça appelle aussi un logo, une direction artistique, ou ce genre de choses. Et travailler avec des entreprises, c'est aussi intéressant pour moi et pour elles, c'est que ça leur fait voir, avec ce regard d'artiste, peut-être des choses différentes sur elles-mêmes qu'elles ne connaissaient pas, qu'elles n'avaient pas vues, qu'elles avaient en intuition, mais qu'elles n'osaient pas ressortir. Et du coup, ça donne des... des dialogues et des discussions assez intéressantes et on refait sortir des choses autrement de compréhension de soi. Donc avec grand plaisir, je trouve ça toujours intéressant de voir comment on peut voir autrement une entreprise au-delà de ce qu'elle raconte. pas souvent purement de façon technique.
- Speaker #1
Tout à l'heure, en antenne, Anne avait une question que je trouvais très intéressante sur les matériaux que vous utilisez et quel type d'outils créatifs vous utilisez. Est-ce que c'est toujours de la bombe avec du pochoir ou est-ce qu'il y a plein d'autres techniques que vous utilisez ?
- Speaker #0
En fait, je me limite à pas grand-chose. J'ai une énorme contrainte. J'utilise toujours mon personnage. Il faut le minimum d'accessoires. Et ça, c'est déjà, je peux vous dire, rempli, rempli de contraintes. Donc, j'en ai déjà assez à ce niveau-là. Et donc, je ne m'interdis rien. Par ailleurs, quand j'ai commencé Botero, c'était des feuilles A4 avec des Posca. Et j'ai dessiné dessus, je les scannais et je les mettais sur Instagram. Ça commençait simplement comme ça. Et après, quand il a fallu coller dans la rue... J'ai redessiné sur d'autres papiers, mais j'ai aussi fait des photocopies, qui est un outil artistique comme un autre. Et puis après, j'ai découvert l'iPad, j'ai découvert la peinture, la bombe à peinture, sacrément technique à maîtriser. J'ai fait des mosaïques, j'ai fait des statues en métal, en plexiglas. Et en fait, dès que je découvre un nouveau médium, ça réouvre un champ des possibles extraordinaires, qui donne finalement... Mon personnage rempli de contraintes et d'un côté simple, ça le fait rentrer dans un nouvel imaginaire qui peut raconter autre chose. Ce personnage n'a pas de visage puisque son chapeau le cache entièrement. Dans l'art, pas souvent quand il y a un personnage, c'est l'intensité du regard et son expression de visage qui donne l'émotion. Là, moi, je n'ai pas accès à l'émotion. Et donc l'émotion, je dois la faire passer par autre chose. Donc des fois, c'est le médium qui me permet aussi de faire passer ça.
- Speaker #1
Oui. On va terminer là-dessus. Et oui, c'est déjà la fin de l'émission. Merci beaucoup, Laurent Maupin, d'être venu. Merci à vous. Vous parlez de créativité, d'entrepreneuriat, de street art. Vous venez d'écouter les voix de l'écho sur Radio-G, sur le 101.5 FM en DAB+, et également sur radio-g.fr. Ce que je retiendrai, moi, de cette émission, c'est que l'audace n'est pas forcément une prise de risque insensée, mais parfois simplement une écoute plus attentive. de ce qui nous anime à l'agrément. Merci beaucoup Anne-Therese Seurat pour votre chronique sur l'intuition. Merci à vous, auditeurs et éditrices, de nous écouter. Merci à l'association Champs contre Champs pour la production de cette émission. Si vous avez manqué le début, le lien du replay est disponible sur le site de Radio G. Merci de partager tout autour de vous cette émission. Retrouvez tout de suite Fabien Bertrand pour l'émission des métiers de l'ombre et son invité Laura Chaponneau qui est restauratrice d'objets. d'art, et oui, on reste dans l'artistique. On se retrouve le mercredi 4 février 2026 à midi 10 et en direct, nous allons parler vélo. Encore merci d'avoir été avec nous aujourd'hui et à très bientôt sur les ondes du Soin.5 FM. Prenez soin de vous !