- Speaker #0
Cher Mohamed, c'est un bonheur de pouvoir te retrouver ici en studio à Bordeaux après pas mal de mois qui se sont écoulés depuis notre dernière interview.
- Speaker #1
Deux ans même.
- Speaker #0
Deux ans, il y a deux ans j'étais à Marrakech, je t'interviewais, je prenais connaissance de ton travail. Une interview qui a énormément plu, 190 000 vues et surtout un impact profond avec beaucoup de questions après qui s'en sont suivies. Des gens qui sont venus te voir à tes différents ateliers, un petit peu partout. Moi, j'ai été ravie de cette conversation et j'ai envie de la continuer. Il y avait bien sûr des petits points de suspension. On avait dit on continuera ça sur la mission de vie, etc. Mais il y a vraiment ce côté constellation familiale. Enfin, moi, j'aimerais bien. J'ai plein de questions. J'ai plein de questions, mais j'aimerais discuter de constellation familiale avec toi. Voir comment tu vas déjà. Comment vas-tu depuis tout ce temps ?
- Speaker #1
Super bien. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts grâce à cette. J'ai fait des interviews, beaucoup d'internationales que je n'avais jamais abordées avant, surtout dans le mouvement. J'avais des clients à distance, mais cette fois, c'est Australie, Canada, États-Unis.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Voilà, toute la francophonie et même les anglo-saxons des fois. Donc ça va. Et puis le mouvement entre la Belgique, la France et le Maroc. Donc oui, beaucoup de bonnes choses, alhamdoulilah.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et ravi d'être là encore une fois pour le plaisir d'être avec toi et pour le plaisir de partager ce que nous vivons tous ensemble.
- Speaker #0
Ouais, donc tu es ingénieur et là tu découvres à un moment dans ta vie la puissance ou l'impact des constellations familiales. Et là, j'ai envie de dire en dix minutes, tu vas me dire, mais en dix minutes, il y a 24 ans de blocage qui d'un seul coup, il y a quelque chose, il y a le voile qui se lève et il y a des choses, tu as une compréhension, etc. Comment t'expliques ? que ça puisse avoir un tel impact ? Je veux dire avec ton esprit rationnel, tout ce que tu as vécu et vu, comment d'un seul coup ça a percé ?
- Speaker #1
En fait, c'est pour ça qu'on appelle ça la thérapie quantique. C'est que dans la quantique, il n'y a que des sauts, il n'y a pas de continuum. Toute la logique de la thérapie quantique, c'est qu'on passe d'un état à un état différent. Et c'est ce que les gens de Palo Alto ont appelé le changement type 2. Tu passes d'un état à un autre état et tu n'es pas dans un continuum parce que le continuum, eux, ils l'appellent le changement type 1 qui est l'équilibre homéostatique, ça veut dire revenir au point de départ. Donc quand on fait des petites choses pour s'occuper l'esprit, pour se donner l'illusion, ça fait un schéma répétitif de je fais une retraite et puis je suis bien trois semaines, quatre semaines et après je retombe. Et ça, c'est ce qu'on appelle justement dans la logique de Palo Alto. Le changement type 1 qui est l'équilibre homéostasique qui me ramène toujours à mon point de départ. Le vrai changement c'est qu'il y a une dynamique intérieure, une volonté intérieure qui me donne cette énergie de passer d'un niveau à un autre de conscience qui me permet de me révéler à moi-même ou de révéler des choses qui sont en moi, que je ne voyais pas et qui se mettent à la lumière du jour. Et donc je peux les utiliser dans mon devenir pour repartir d'un autre niveau. Et donc ça... Ça facilite l'accès, ça donne de la conscience, et en même temps ça te permet de voir clairement. En fait, et quand on est scientifique, les so-quantiques, on y est habitué, parce que dans la vie d'un électron entre deux couches, du tableau de Mendeleïev, un atome c'est plusieurs couches et plusieurs niveaux d'énergie, et on sait qu'un électron, il bascule entre les deux niveaux à chaque fois, en permanence. Il n'a pas de lieu, il flotte entre les deux niveaux. Et tant que tu lui donnes énergie qui est 0, 9, 9, 9 jusqu'à l'infini par propulsion, il ne passe jamais de l'autre côté. Dès que tu lui donnes un plus, un petit quelque chose à l'infini, il passe de l'autre côté, il ne retombe plus et donc il est dans un autre nuage. Et c'est pour ça qu'on appelle le sou quantique, c'est parce que justement, j'ai eu assez d'énergie pour passer à l'autre niveau. Quand je dis énergie, ce n'est pas nécessairement de l'effort.
- Speaker #0
Mais qu'est-ce qui a provoqué ça, tu vois, parce que ce n'est pas toujours le petit truc. qu'on a essayé tous peut-être... C'est pas pour autant que le petit truc a eu un impact.
- Speaker #1
Non, c'est juste le niveau de la profondeur de l'approche, le niveau de la profondeur de la lecture énergétique. Parce qu'on parle constellation beaucoup ces dernières années, grâce à la série Chemin des Oliviers, mais les constellations n'est qu'un process. C'est plus la lecture énergétique, aller vers l'information qui conditionne la problématique. et de mettre le doigt dessus qui permet de résoudre le problème. Et donc, c'est vraiment une question d'énergéticien, de thérapeute, pas nécessairement de pratique. Donc, des fois, tu as quelqu'un qui se révèle un phénomène dans sa vie mais qui n'est pas capable de dépasser, et ça fait un nœud. C'est pour ça que moi, je parle toujours d'énergie, de psycho-énergie et de constellation familiale, parce que la pratique énergétique permet de lier l'effet à la cause. Et donc, finalement, de dire ça vient de là, ce qu'on appelle les schémas répétitifs ou les choses qui sont arrivées dans la vie de mon père, de mon grand-père et qui arrivent dans ma vie, en fait, ça devient évident à la lecture. Mais il n'y a pas que ça. Dans ce qui est transgénérationnel, tout n'est pas prévisible et tout n'est pas lisible de la même manière quand il y a un schéma répétitif ou pas. Parce qu'on peut avoir des incidences qui n'ont pas ce schéma répétitif. ou qui ne sont pas invisibles en termes de vision et de lecture. Et donc, on peut avoir des maladies différentes dans le système familial, mais qui ont la même cause. Ou des comportements psychologiques différents, mais ayant la même cause. Et donc, c'est toujours la lecture qui me permet de faire le lien. L'énergie, c'est quoi ? C'est qu'on parle d'une problématique. Cette problématique, elle crée une pulsion énergétique et émotionnelle chez le thérapeute. Et c'est à travers ça qu'il va chercher l'information. Et puis on a des indications si ça appartient au passé. C'est vraiment physiologique.
- Speaker #0
Oui, tu le ressens. Je te vois, je t'ai vu à l'œuvre. J'avais emmené des femmes au Maroc. Justement, on était un super groupe de 15 femmes. Comme ça, on était venus te voir. Et dans le désert, à Agafaï, je te voyais faire. Tu fermais les yeux et paf, tu avais l'info. Tu nous plaçais parce que finalement, il y a une personne avec une problématique qui est là dans la salle. Tu te connectes, tu te relis, tu fais ce que tu as à faire toi de ton côté. Et ensuite, tu invites des personnes à représenter une personne de la famille, un proche. Mais ça peut être également, et c'est ça que je voulais te poser comme question, quelqu'un qui est décédé. Donc ça peut être, qu'est-ce qui est dans notre champ finalement ? C'est-à-dire que ça peut être un ancêtre, ça peut être un grand-père, une grand-mère, mais ça peut être un non-né, ça peut être un avortement. En fait, c'est juste un traumatisme.
- Speaker #1
Un traumatisme qui a eu lieu, quelle que soit sa nature. Que le traumatisme ait eu lieu, Bertélingard parle de sept générations d'impact.
- Speaker #0
Sept.
- Speaker #1
Aujourd'hui, l'épigénétique est là pour démontrer l'impact. On a vu dans l'épigénétique qu'un traumatisme crée une altération du code génétique et qu'une thérapie associée à un traitement psychologique ou vibratoire peut libérer. Cette altération génétique est donc recouvrée de l'ADN initial. Et donc toute notre vie est un ensemble d'altérations de grande importance ou de petite importance. Quand c'est une grande importance, ça crée vraiment un phénomène qui devient sur tout le système et qui vient toucher tout le système. Et quand c'est un traumatisme personnel, il impacte ma vie avec des émotions refoulées et qui vont réapparaître à un moment donné dans ma vie. et qui se mettent en face, en fait, qui m'explosent à la figure, parce que ce qu'on appelle la crise de la quarantaine ou la crise de sens ou tous les schémas qu'on a vus dans nos théories de perception de l'humain dans sa psyché et dans son corps, ils viennent rappeler ces traumatismes vécus mais qui n'ont pas été digérés, pas acceptés au moment où ils sont arrivés. Et c'est ce qui fait que ça ressort à un moment donné où on est prêt à les traiter. Donc la crise n'est jamais une crise, ça veut dire que c'est un problème, c'est plus la naissance d'une solution. Une maladie ou un traumatisme psychologique ou un blocage même professionnel des fois, il me ramène à une autre dimension de moi-même que je m'étais caché ou que mon cerveau en tant que gestionnaire de risque l'a mis de côté jusqu'à ce que je sois capable de la traiter parce que la fonction du mental, elle est là-dedans. Est-ce que je suis capable de digérer cette émotion à ce moment-là ? Si je n'en suis pas capable, le mental, qu'est-ce qu'il fait ? Il efface de la mémoire vive le sujet, il le stocke quelque part. Et il attend que je sois capable de lire ce traumatisme et de le dépasser pour qu'il me ressorte au bon moment. Et donc quand je suis prêt, ça ressort sous forme de maladie ou sous forme de burn-out.
- Speaker #0
Le traumatisme, c'est toujours quelque chose qu'on va occulter et qu'on ne va pas se souvenir ? Parce qu'il y en a des en effet. Pas tout le temps.
- Speaker #1
C'est la lecture et l'éducation de la personne. En fait, moi j'appelle ça la logique de l'acceptation qui est la foi. Quand tu traverses une émotion et que tu l'accueilles au premier degré et tu dis, bon, c'est un événement de ma vie, c'est là. Je l'accueille, je le traverse et je vis son impact. Le deuil qui est l'exemple le plus parlant dans cette structure. Quand j'accepte le deuil, j'accueille le départ de la perte. personne.
- Speaker #0
Je m'ouvre à cette nouvelle situation.
- Speaker #1
C'est l'acceptation. L'acceptation génère de la tristesse dans ma vie. C'est ça. Toutes les émotions sont saines. Il n'y a pas d'émotion négative et d'émotion positive. Donc je vis ma tristesse qui peut durer. Et puis après... Ayant assimilé cette dimension de tristesse et d'acceptation, je vois et je laisse partir l'autre dans sa dimension de lumière et je commence à vivre avec lui dans des interactions qui peuvent être positives. Quand j'ai un peu de déni, ça fait une grande tristesse que je n'arrive pas à dépasser. Ça fait souffrir plus longtemps. Voilà, et qui peut prendre énormément de temps. Et quand c'est un déni cérébral, c'est que je n'arrive même pas à accepter. C'est ce qui arrive chez les enfants. quand tu as un adulte qui a... peur, qui est en insécurité permanente, qui a peur de prendre des risques, etc., c'est en général la mort d'un parent trop tôt. Et comme c'est en général plus le papa que la maman qui est la source de sécurité dans le système, donc j'ai grandi dans l'insécurité. Et donc je grandis dans cette peur-là, et donc j'ai peur de tout et de n'importe quoi. Et moi, quand j'aurai mes enfants après, je vais leur fournir cette peur et ce sentiment d'insécurité, parce que... Je n'étais pas un papa, un enfant sécurisé, donc je ne peux pas être un papa sécurisant. Et d'où le transgénérationnel. Donc l'incident, il est dans la vie du père, qu'il n'a pas digéré parce qu'il n'a pas accepté la mort de son père, il a vécu dans le déni. Et ce déni-là crée ce sentiment d'insécurité qui va être transféré. On a des manifestations corporelles de la peur qui sont des maladies intestinales et donc qui font le lien entre la maladie et puis le drain. Et c'est ce qui nous permet justement de clarifier chez les personnes comment aborder le sujet pour pouvoir le dépasser.
- Speaker #0
Quand est-ce qu'on sait que cette souffrance-là nous appartient ou elle appartient à un ancêtre ?
- Speaker #1
Alors énergétiquement, c'est simple, c'est le corps qui parle. Quand quelqu'un parle d'une problématique, moi par exemple dans ma façon de travailler, si j'ai une douleur dans l'oreille gauche, c'est la maman, si c'est dans l'oreille droite, c'est du côté du père. Et donc je sais déjà que ça ne lui appartient pas. Si je n'ai pas ces deux incidents, c'est que c'est dans sa vie personnelle. Après, techniquement, on va chercher la racine du problème. C'est que...
- Speaker #0
C'est aussi rapide que ça.
- Speaker #1
Ah oui, c'est instantané. C'est instantané.
- Speaker #0
C'est-à-dire que tu fermes les yeux et tu sais. Oui. Est-ce que c'est parce que tes parents étaient guérisseurs aussi ? Non,
- Speaker #1
c'est accessible à tout le monde. Tout le monde peut faire ça. Tout le monde peut faire ça. Non mais attends,
- Speaker #0
ça peut être dangereux aussi parce qu'on ne peut pas dire que parce que je ressens un truc là ou j'ai ça là, je sais que...
- Speaker #1
Non, ce n'est pas un code. Ce n'est pas un code. Dans mes formations, je n'apprends pas aux gens... Ma façon de ressentir, je leur fais expérimenter, c'est eux qui développent leur propre décodeur. Il n'y a pas de décodeur, on n'est pas tous pareils. C'est comme la PNL, le kinesthésique, l'auditif, le visuel, on a des modes de perception différents. Donc on ne peut pas venir dire, ah non mais tu vas le ressentir comme ça. Non, ça s'affiche. Non, en fait on met, on fait vivre l'émotion. On la place quelque part comme une énergie. Et on dit, ressens ce que ça fait dans ton ressenti corporel à toi. Et donc il va le ressentir, il va le décoder comme ça. Et donc quand il aura une autre information de la même nature, il aura son décodeur et donc le décodeur se construit dans le temps. Mais l'information de base, c'est une émotion et une énergie. Et dans mes ateliers, dans la première journée, même quand je fais un week-end, les gens sont capables de parler de leur traumatisme respectif en une demi-journée. Et sans qu'il soit initié vraiment à des approches thérapeutiques ou énergétiques.
- Speaker #0
Puis le fait de le vivre en groupe, forcément, il y a des résonances. Ce n'est pas un hasard non plus, je suppose, que ces personnes-là sont très... Oui,
- Speaker #1
mais c'est la même chose en individuel. L'individuel, il est beaucoup plus profond parce qu'il est plus structurant. Quand on travaille avec une personne, on travaille sur la structure de la personnalité, sur un processus thérapeutique. En groupe, on travaille sur une problématique spécifique. C'est là la différence entre la thérapie énergétique avec l'approche constellation familiale ou individuelle. C'est que tu es dans un cheminement de transformation où tu revois toujours ta vie. Ça veut dire qu'on se raconte sa vie plusieurs fois. Et on trouve les nœuds et on les traite. Dans une thérapie de groupe, on traite une seule problématique qui peut être très profonde d'ailleurs. Et donc on fait le point sur la problématique elle-même et ses conséquences et ses racines. On coupe les racines et la personne se soulage du traumatisme familial.
- Speaker #0
Quand tu dis couper ses racines, parce qu'il y a une partie qui est positive dans tout ça.
- Speaker #1
Oui, on traite tous les problèmes. Je veux dire,
- Speaker #0
il y a du transgénérationnel positif et il y a du transgénérationnel qui nous plombe. Bien sûr. On va dire ça comme ça.
- Speaker #1
Bien sûr, quand on parle de dons, les dons, c'est les lumières ancestrales. Et on en a toujours des deux côtés, paternel et maternel, sous différentes formes.
- Speaker #0
Ah, il y en a toujours ? Parce que j'ai l'impression qu'il y a des familles qui ont plein de dons.
- Speaker #1
C'est juste que c'est spécifique et c'est pratiqué. Mais chez toutes les personnes, il y a un don quelque part qui est caché. Soit qu'il est dans l'histoire de la famille et que ça a été oublié. D'ailleurs, des fois, ça crée des blocages professionnels.
- Speaker #0
Eh oui !
- Speaker #1
Tu as quelqu'un qui a un don, mais qui ne pratique pas. Et à un certain âge, il n'y a rien qui marche pour lui professionnellement. Et quand il vient chercher la solution, tu n'honores pas le truc familial que tu as. Et c'est ça qui te bloque. Et pourquoi c'est bloqué ? C'est toujours lié à de la colère. Quand il y a un blocage, ça veut dire colère. La colère provoque les blocages, la colère est domicilée dans le foie qui est le moteur de l'action. Donc les petites colères favorisent mon développement, mais la vraie colère, elle devient un frein qui cale le moteur et donc qui m'arrête dans mon processus de vie. Et quand on cherche des fois dans le transgénérationnel, il y a des dents qui ont été bloquées dans le temps parce qu'il y a eu mauvais usage.
- Speaker #0
Eh oui.
- Speaker #1
Quand un dent est mal utilisé, il devient une malédiction dans le système. Et dès qu'il y a malédiction, ceux qui vont vivre la malédiction vont dire « Ah non, on arrête avec le don, il ne faut plus toucher, ça c'est dangereux. » Et donc la transmission génétique continue, mais l'utilisation ne continue pas. Et donc le don se perd dans deux, trois générations. On n'a plus la pratique ancestrale qu'on avait, jusqu'à ce que ça renaisse quelque part chez quelqu'un.
- Speaker #0
C'est intéressant parce que même au niveau historique, tu vois quand il y a eu la chasse aux sorcières ou des choses comme ça, je suppose que collectivement parlant... Il y a dû y avoir beaucoup de colère ou autre, enfin il y a eu, on a empêché certaines femmes et hommes de pratiquer des choses plus intangibles ou plus ésotériques à un moment, et je suppose que ça a créé aussi un égrégore de colère et des choses qui n'ont pas pu retrouver un équilibre dans la vie de tous les jours, alors que ça fait partie finalement d'être humain on va dire. Exactement, ça fait partie de nous,
- Speaker #1
de notre histoire. Et en même temps, c'est générique et ça touche tout le monde. Ça veut dire qu'il n'y a pas de spécificité individuelle qui fait que l'un est plus guérisseur que les autres. On peut dire j'ai un don de guérison parce que j'ai plus de sensibilité à guérir en touchant. Ou j'ai un don de clairvoyance ou de médiumnité. Déjà,
- Speaker #0
on va redéfinir guérir, juste pour être clair, parce que le mot est un petit peu chassé ou un petit peu abattu par certains. Qu'est-ce que pour toi guérir, guérison ?
- Speaker #1
La guérison est une prédisposition interne à résoudre son problème. Donc le thérapeute, il te met en face de ta responsabilité de te transformer et de guérir. Mais tu as des gens qui ne veulent pas guérir. Il y a toujours un bénéfice dans le fait de garder la maladie, parce qu'on veut que les gens soient autour de moi, ou qu'il y a un bénéfice matériel, ou que je n'ai pas envie de travailler. Il y a de l'attention. Oui. Pour moi, le burn-out généralisé, ça n'existe pas. Tu as beaucoup de gens qui disent « je suis en burn-out » . Mais quand tu analyses la vraie raison, c'est qu'il a juste marre de son boulot et il n'arrive plus à y aller parce qu'il n'aime pas. Et quand il va décrire ses symptômes…
- Speaker #0
Il va trop loin dans ce processus-là.
- Speaker #1
Il va décrire les symptômes chez son thérapeute et qui va lui prescrire un arrêt. Mais c'est lui qui, selon ses lectures… a défini les critères qui remplissent le Burnout, et donc il a décrit le Burnout, mais de façon presque rationnelle. Mais à l'intérieur de lui, c'est juste qu'il en a marre de son boulot et que finalement, il a besoin d'une raison pour ne pas y aller.
- Speaker #0
Il n'a pas eu le courage de changer avant.
- Speaker #1
Il n'a pas le courage de poser le problème, déjà. De dire non, je dois changer de boulot, ça ne me convient pas et donc il n'a qu'à changer de boulot. Donc là,
- Speaker #0
dans un cas de burn-out, la guérison par exemple,
- Speaker #1
elle se passe quand ? Tout dépend en fait, tout dépend si c'est un vrai burn-out ou pas déjà dans la lecture. Parce qu'il faut faire le diagnostic du burn-out, l'affirmer et voir que la personne ne se dérobe pas par rapport à ses responsabilités professionnelles et qu'il rencontre sa chose. Une transition de vie aujourd'hui peut passer pour un burn-out. J'ai été dans un métier pendant 15 ans, 20 ans, j'ai beaucoup trimé, je suis fatigué, et à un moment donné, c'était peut-être même pas le métier que j'aurais aimé faire. Et donc j'ai une double connotation négative, il y a la lourdeur du métier, et puis le ressenti initial, et donc j'ai envie de changer de vie, de boulot, etc. Mais je n'ai pas le courage de le faire parce qu'il y a l'enjeu. Il y a la partie de chômage que je vais vivre si j'arrête, etc.
- Speaker #0
C'est des SOS,
- Speaker #1
tout ça. Voilà, c'est des alertes qui se mettent en place et qu'il faut traiter en ayant un peu de conscience dans sa façon de voir les choses et de confronter ma réalité pour dire oui, il faut que je change de physionomie, de façon de faire, de structure de pensée, de structure de croyance et de structure de valeur aussi. Et je vais vers moi-même. pour être dans mon propre équilibre et être dans mon alignement. Et là, je vais trouver mes solutions. Ça peut passer par un trouble, un dysfonctionnement ou une période de transition qui est financièrement difficile, oui. Mais c'est aussi un chemin de construction qui m'emmène vers moi-même et donc vers le meilleur. Voilà, donc pour revenir à la guérison, la guérison c'est un chemin de transformation que la personne prend en mettant en conscience ses propres problèmes, ses propres blocages. Et donc, elle prend le chemin de la guérison à travers le médical ou à travers d'autres processus.
- Speaker #0
C'est bien de responsabiliser parce que c'est vrai que tu vois, même je le vois dans un... Par exemple, on fait une constellation familiale ou on vit un séjour de stage ou on fait une retraite ou je ne sais pas, on fait un coaching ou autre, tu vois. Et je le vois trop souvent, et même moi la première, où il faut vraiment déjà gratitude d'avoir cette reconnaissance d'avoir vécu ça. de se responsabiliser face aussi à ce qu'on a reçu, les éléments de ce qu'on a reçu, et ensuite l'appliquer au quotidien. Parce que bien souvent, on attend des solutions faciles. Ah bah tiens, je vais faire une constellation familiale, ça va débloquer mon lien avec ma mère. Mais ensuite, on ne nourrit pas et on ne cultive pas, tu vois, au quotidien, tous les jours, tous les jours, cet état d'esprit, cette bienveillance, cet amour qu'on a reçu, ce qu'on a vu qui manquait dans notre vie, etc. Je trouve que... On ne fait pas assez notre part dans la co-création, on est trop un peu en recul à attendre que le thérapeute ait la solution magique.
- Speaker #1
Pour moi, le mot conscience, c'est être capable de se prendre en charge, ayant compris les fonctionnements et les soucis qui conditionnent ma vie. Le mot conscience n'est pas la connaissance, parce que tu as beaucoup de gens qui viennent me voir et je leur dis, vous avez ce souci dans votre vie ? Ils me disent, non, ça je l'ai traité. Et je lui dis, si tu l'avais traité, je ne l'aurais pas retrouvé. Parce qu'un problème qui apparaît, ça veut dire qu'il n'a pas été accepté. Et donc, il figure encore dans ta mémoire cellulaire. Et s'il figure encore dans ta mémoire cellulaire, c'est qu'il a été traité de façon cérébrale et pas de façon profonde et énergétique pour pouvoir créer la transformation réelle. C'est ce qu'on appelait l'homéostasique. C'est que je vois, oui, j'ai vu, je connais le problème. Mais qu'est-ce que j'ai fait intérieurement pour bouger, pour ne plus en faire un problème ? Comme le détachement, comme beaucoup de choses. Des gens qui viennent guérir de l'attachement, mais ils s'attachent au thérapeute. Il ne veut pas arrêter le procès. Moi, dans ma démarche, je ne vois jamais plus de six fois la personne, quelle que soit la problématique qu'elle a. Exceptionnellement sept. Je lui dis, va faire ton chemin, trouve-toi. tes propres solutions en mettant en place ta conscience et ta compréhension de ce qui s'est passé, ou au pire, moi j'ai atteint mes limites avec toi, donc si je ne suis pas arrivé à résoudre tes problèmes, ça ne sert à rien que je te retienne plus, va voir un autre thérapeute qui peut-être te donnera une lecture un peu plus profonde que moi. Mais rester avec la même personne tout le temps et dire, il faut que je trouve la solution avec lui, non. C'est qu'il faut une certaine responsabilité et humilité de se transformer chez le patient et l'humilité chez le thérapeute, bien sûr. On n'est pas là pour solutionner les problèmes, on est là pour guider les personnes vers leurs solutions. Que ce soit dans toutes les approches de coaching ou autres, la solution est toujours chez la personne et jamais chez l'accompagnateur, quel que soit son processus d'approche, qu'il soit constellation, énergétique, coaching. En mentoring, toutes les approches sont là pour te montrer le chemin, pas pour marcher à ta place. D'ailleurs, même les maîtres soufis, quand ils parlent de guidance, ils te disent fais ton premier pas et ton chemin se tracera pour toi. Tu n'es pas là pour suivre les traces du maître parce que tu seras une copie du maître et donc tu seras une fausse personnalité. Donc un vrai maître ne te guide pas et ne t'emmène pas dans son chemin. Il te montre. Comment approcher ton chemin ? Et c'est à toi de faire ton propre chemin, vers toi-même, vers Dieu, vers tout ce qui est ouvert. Et donc le champ de la découverte est un champ de responsabilité et d'autonomie. Pas d'accompagnement, pas de dépendance, pas d'attachement. C'est juste, je prends les leçons de vie, c'est ce qui nous arrive avec nos enfants. Nos enfants nous prennent pour modèle. Si je suis un bon modèle. Il va suivre ma façon de faire, mais il ne va pas faire le même parcours que moi. Mais il a les mécanismes qui lui permettent d'être autonome. Mais si je le remets dans la dépendance, après ils vont grandir, ils vont rester dépendants.
- Speaker #0
Ils vont reproduire.
- Speaker #1
Et je vais être un mauvais parent parce que je vais les modéliser à ma manière, alors que les enfants ne suivent pas le modèle nécessairement. Ils le suivent par comparaison. et par conviction. Donc ne donne jamais de leçons à tes enfants, montre-leur ce que tu es, ils décideront s'ils te suivent ou ne te suivent pas.
- Speaker #0
Donc en couple, parce que ça c'est quand même un sujet, couple quand même, il y a des dynamiques qui se jouent, là aussi que tu dois voir sous plein d'aspects différents, je vois que tu as déjà le sourire parce que c'est un sujet crucial, c'est quand même pas rien, le couple vient nous chercher au plus profond de nous-mêmes, non ?
- Speaker #1
Oui, parce que c'est ce qui heurte le premier, en fait. Le couple, c'est d'abord le rêve de l'image, et puis après, la réalité qui vient rattraper l'image du rêve et le transformer. En général, tout humain a des blessures. Et donc, mes blessures font que je ne m'aime pas assez. Et on est en général des faits-plaisirs. Parce que je voulais plaire à mon père, parce que je voulais plaire... D'ailleurs, c'est un message que je voudrais passer beaucoup aux parents, surtout aux couples qui vont avoir des enfants. Ne désirez rien accueillir l'enfant. Parce que les catastrophes qu'on voit en termes de souffrance, tu prends l'endométrio, c'est un rejet de féminité. La douleur des règles, c'est un rejet de féminité. Les dérèglements hormonaux, c'est un rejet de l'identité. Tout ça... vient d'une petite fraction de seconde où le père ou la mère a dit j'aimerais bien que ça soit un garçon ou j'aimerais bien que ça soit une fille. Et l'enfant à l'intérieur du ventre, il est déjà là, il est déjà identifié dans son sexe et puis il va se sentir rejeté pour rien.
- Speaker #0
C'est forcément lié à ça parce que là, c'est quand même un niveau de la santé, c'est quand même un... Tu dis les choses avec aplomb,
- Speaker #1
mais ce n'est pas des raccourcis. Non, non, ce n'est pas du tout un raccourci. Le nombre de drames... que j'ai vues et qui sont identifiées. Ça veut dire vérifiées et déterminées par les personnes. C'est que tu as le rejet déclaré ou reconnu après. Donc ils viennent, mais ils ne font pas le lien entre le dysfonctionnement physiologique et le rejet. Moi, je dis souvent ça parce qu'on a perdu nos identités dans le couple. Il y en a beaucoup qui en parlent, ils te disent c'est la maman qui est devenue le papa et le papa qui est devenu la maman, les mamans sont plus dans le pilotage, le contrôle et le suivi, etc. Et le papa est dans la douceur. Et donc on a inversé un peu nos rôles et donc chacun a pris un territoire qu'il ne maîtrise pas nécessairement et donc on le fait mal. Et l'idée est justement de servir d'exemple aux enfants en étant soi-même cohérent. quand je reçois un couple, je ne traite pas le couple, pour revenir à ta question. La thérapie du couple, je n'y crois pas. Pour la simple raison que c'est un problème d'identité d'abord. Je donne juste l'exemple le plus courant. Le terme pervers narcissique était à la mode depuis 13-14 ans. Et donc, tous ceux qui venaient pour se plaindre, ils disaient, je vis avec un pervers narcissique ou mon patron est un pervers narcissique. Qu'il soit homme ou femme. Et ma première question, est-ce que cette personne est perverse avec tout le monde ? Ah non, mon mari, ma mère, mes soeurs l'adorent, mes copines aussi, il n'y a qu'avec moi qu'il est pervers. Et je pose cette question, mais qu'est-ce qui fait qu'il est pervers avec vous ? Qu'est-ce qui, dans votre identité, lui permet de vous pervertir ? Et donc je vais traiter cette dimension chez toi, parce que lui, je ne peux pas le changer, il est loin. Il n'est même pas concerné par la thérapie, donc tu ne peux pas modifier. Et beaucoup de personnes recommandent de fuir le pervers. Mais quand tu fuis un pervers sans avoir travaillé sur toi, tu vas vers un autre pervers parce que ta structure est pervertible. Et donc ce n'est pas une histoire.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui a autorisé ça et qu'est-ce qui favorise ça ?
- Speaker #1
C'est que je suis une personne manipulable, qui n'a pas confiance en lui-même, qui cherche son image à l'extérieur, qui cherche à plaire à tout moment. Et finalement, je cherche à plaire à tout prix. Donc c'est un match. Oui, mais lui, il cherche à... Il a un égo démesuré, lui aussi il a des blessures, c'est juste une personne en souffrance aussi le pervers. C'est deux souffrances de deux natures qui se rencontrent pour se nourrir l'une de l'autre, et c'est ce que Cartman appelle le triangle dramatique, où on va jouer le rôle du sauveur et du persécuteur et de la victime en jouant sur le triangle. Donc c'est une histoire d'identité.
- Speaker #0
Et donc, il n'y a pas de mauvaise ou de bonne personne, il y a toujours des interactions où on est en défaut de soi-même. Je ne m'aime pas assez, je cherche mon image à l'extérieur et donc finalement, je nourris ce besoin d'être aimé par l'autre tel qu'il est. Sauf que...
- Speaker #1
Je crée la situation pour que ça, ça se passe aussi.
- Speaker #0
Je veux attirer l'attention n'importe comment. Alors quand on ne s'aime pas, on est plutôt exogène en termes d'action. Ça veut dire que je fais pour les autres pour qu'eux, ils m'aiment. Donc je cherche toujours une approbation extérieure, j'ai mes parents, puis dans le couple,
- Speaker #1
puis dans la boîte,
- Speaker #0
je ne suis pas moi-même, je ne suis pas visible à moi-même, donc je vais être visible pour les autres. Et donc je fais l'effort. Et donc dans le couple, qu'est-ce qui se passe ? En général, je prends quelqu'un qui me ressemble. Et donc les premières vibrations, c'est en général des lectures parallèles de vibrations en harmonie qui attirent. Je vais essayer de l'attirer, il va essayer de m'attirer, on va faire un effort l'un pour l'autre, pour s'aimer, pour se plaire, etc. Mais comme moi j'ai un problème avec moi-même, lui il a un problème avec lui-même, quand on se rencontre et qu'on se met dans la même assiette, il devient moi et je deviens lui. Et donc tout ce que je n'aimais pas en moi-même, il va se révéler chez lui, et donc c'est là où on commence à projeter en disant c'est de sa faute, c'est lui qui m'a fait ça, c'est lui, et donc on commence à s'accuser. Pourquoi ? Parce que le projet que j'avais ici en étant à l'extérieur, j'attendais qu'il reste aussi gentil qu'il l'était avant le mariage. Et moi, j'attendais qu'elle reste aussi aimable qu'elle l'était avant le mariage. Sauf qu'avant, elle traitait quelqu'un qui était extérieur. Et là, elle traite quelqu'un qui est à l'intérieur, dans l'intimité. Donc, tous les problèmes qu'elle avait avec elle-même ou qu'il avait avec lui-même, il fallait les projeter dans le couple et d'où les chocs. Surtout dans les premières années de mariage et après, soit qu'on les amplifie, soit qu'on va travailler sur soi et avancer. On avance à deux, on avance tout seul, mais moi quand je reçois un couple, je les reçois pour expliquer ce phénomène d'interaction et de projection et de perception. Et j'accompagne chacun individuellement pour qu'ils se remettent en place dans le couple, mais ayant compris leur fonctionnement respectif. Ne plus revenir pour les mêmes raisons et pour les mêmes attitudes. Et donc ça peut créer une dimension du couple qui est différente. Et donc le couple, c'est juste ça. C'est que cherche toujours ce qui ne va pas chez toi avant de voir ce qui ne va pas chez l'autre. Et comme ça, tu as le discernement de voir s'il te convient toujours ou pas. Et on ne fait pas une thérapie du couple pour que le couple reste ensemble. On fait une thérapie du couple pour que les deux se sentent bien dans leur vie, dans le couple ou en dehors du couple.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et à partir du moment où les deux personnes se sentent bien dans leur vie, voyons ce qui se passe.
- Speaker #0
Oui, ils choisissent. Ça paraît plus logique. C'est juste être autonome et responsable. Quand je dis tu es ma vie, je pose la question, mais elle est où ta vie si elle est chez lui ? Donc il y a un problème de lecture. Donc dépendance automatiquement. Donc si dépendance, ça veut dire trop d'attachement, moins de liberté, moins de... Et donc finalement, ça crée des tensions. Donc dans le schéma individuel, je m'aime assez. Il dit, adore-moi cette formule, l'autre n'est jamais là pour me donner de l'amour, il est là pour venir parfumer, colorer et égayer mon amour pour moi-même.
- Speaker #1
Wow.
- Speaker #0
Si j'en ai pas pour moi-même, il n'y en a pas.
- Speaker #1
Alors ça, cette phrase-là,
- Speaker #0
oui. En fait, dans la première interview, on avait parlé de la bouteille, si tu te rappelles. Oui,
- Speaker #1
c'est justement l'image que j'avais avec ces trous. Exact.
- Speaker #0
Alors, la bouteille se vide, ça veut dire que je n'ai pas d'amour pour moi-même. OK ? Et donc, quoi qu'ils fassent les autres pour moi, ils vont mettre un peu d'arôme, un peu de... colorant, un peu de parfum, mais comme ça coule que par le bas et que moi je ne le vois pas me remplir, je ne vois pas l'effet. Donc il dit, je vais dire ma mère ne m'a jamais aimé alors qu'elle n'a pas arrêté de verser des arômes. Que mon mari ne sert à rien alors qu'il n'a pas arrêté de mettre des colorants. Mais dès que je reprends confiance en moi et que je m'aime, ça veut dire que j'ai colmaté le trou, la bouteille se remplit avec l'énergie divine et donc je suis plein de moi-même. Mais moi j'ai une couleur, une spécificité. Et le rôle de l'autre, c'est de venir mettre un peu de valeur ajoutée, que j'appelle moi parfum, arôme ou couleur. Donc mon amoureux ou mon amoureuse va ramener des colorants. Et moi, je suppose que c'est du lait qui remplit ma bouteille, qui est nutritif et tout. Et donc quand il va mettre ses colorants, je vais devenir un beau tableau qui change toutes les deux secondes, avec l'écoulement du fluide. Et donc, tant qu'il y a ces couleurs, il y a de la beauté qui change. Mais c'est un effet éphémère. Mon robinet d'amour continue à couler, il va faire sortir les colorants, et puis au bout de 2-3 heures, son effet sur moi est parti, et je vais chercher un autre arôme chez ma mère, chez mes enfants, etc. Et donc ces gens, quand ils viennent dans ma vie, ils mettent quelque chose dans ma bouteille, ma bouteille le ressent, je vais le dégager. Si c'est du parfum, tout ce qui va déborder de moi va être parfumé. Si c'est de l'arôme, tout ce qui va déborder de moi va être aromatisé. Moi, le premier bénéficiaire, celui qui m'a donné en deuxième, et puis tout le peuple qui est là, qui sent mon parfum ou mon arôme, il peut le manger, le sentir, peu importe, mais il bénéficie. Donc je déborde d'amour, mais cet amour, il est coloré par la présence de l'autre dans ma vie. Mais quand je n'ai pas d'amour propre et il coule par le bas, je n'en bénéficie pas du tout, et lui non plus. Et donc je vais l'attaquer en lui disant, tu ne sers rien. rien alors qu'il a mis trois tonnes de colorant, mais ça ne s'est jamais vu parce que moi, j'étais vide de moi-même. Donc la structure du couple, c'est d'abord s'aimer pour permettre à l'autre de venir parfumer et moi, pareil chez lui. Et donc nous avons une valeur ajoutée l'un pour l'autre sans créer et sans éliminer l'identité. Sa bouteille d'un côté, ma bouteille d'un côté. Je ramène un arôme et je le fais. Il ramène un arôme et donc on est dans un échange. de transfert de petites choses de nous-mêmes, on ne va pas se déverser comme bouteille chez l'autre et se vider, non, on va mettre une goutte là, une goutte là, et ça donne cette valeur ajoutée sans se vider de soi-même.
- Speaker #1
Mais souvent on confond amour de soi avec narcissisme ou égoïsme.
- Speaker #0
Oui mais c'est juste parce que...
- Speaker #1
C'est quoi alors s'aimer ?
- Speaker #0
Alors pour moi s'aimer, c'est voir le beau en l'autre en premier, c'est voir sa lumière avant de voir ses drames.
- Speaker #1
C'est pareil pour nous-mêmes.
- Speaker #0
Pareil pour nous-mêmes. En tant que thérapeute, la première chose que je dis à quelqu'un, voilà les pouvoirs et les lumières que tu as héritées de tes parents et qui te caractérisent et qui peuvent t'aider à dépasser ce que tu as. Et donc, on lui montre sa lumière, soit la brillance qu'il a dans ses yeux, soit le sourire qu'il a dans ses yeux, soit dans sa bouche, soit le teint qu'il a, soit la brillance qu'il a, peu importe. Mais on a tous une lumière quelque part, que la personne elle-même a oublié de regarder. Tu vois, des fois, je reçois des personnes qui ont des yeux qui sont captifs de lumière, mais eux, ils ne le voient pas. Et je leur dis, mais ce n'est pas possible qu'avec des yeux là, on peut continuer à souffrir. Parce que c'est une connexion à la lumière qui est exceptionnelle. Et tu vois ça et tu vois l'évidence. Une fois, j'ai dit à un client, j'aimerais bien que tu te vois avec mes yeux. Parce que c'est vraiment un potentiel énorme. Mais lui, comme il est accroché à ses drames et à ses souffrances, il ne voit pas tout le potentiel. D'ailleurs, les parents, c'est comme ça. Aujourd'hui, quand quelqu'un souffre dans sa vie, qu'il a des blocages dans sa vie, et d'ailleurs, ça répond à la première question du transgénérationnel, on a du bon et du mauvais, et nous, on s'attache surtout à ce qui est mauvais. Les enfants, en général, se prennent pour des sauveurs, ils captent les drames familiaux, ils essayent de les sauver.
- Speaker #1
Ils se prennent pour des sauveurs.
- Speaker #0
Ils se prennent pour des sauveurs. On se prend tous alors pour des sauveurs. Oui, on est tous des sauveurs, justement. Pourquoi ? Parce qu'on est empathique à la base. On est connectés. Et en fond, je ressens toute la souffrance de ma mère et de mon père. Et comme je sais que je les vois souffrir, il faut que je trouve une solution. Et qu'est-ce que je fais ? Je fais du copier-coller. Donc je prends la souffrance de mon père, je l'installe chez moi. Je vais enlever de là. D'ailleurs, l'image que j'aime le plus dans ce schéma, en fait, les enfants... Ils sont là en train de jouer avec une torche à la main, qui est la lumière. Et la souffrance de ses parents, je vais l'imager comme une chambre obscure.
- Speaker #1
Oui, tu m'avais déjà... On en avait parlé. Et donc finalement,
- Speaker #0
l'enfant, il rentre, il dépose sa torche à l'extérieur, il rentre partager l'obscurité des parents, en croyant qu'il a enlevé de l'obscurité à ses parents par sa naïveté. Et donc, il va souffrir et il sort récupérer sa torche et partir. Il dit « Oura, j'ai enlevé trois heures d'obscurité » , mais pas. Sauf que dans la réalité, il a vécu trois heures d'obscurité. S'il rentre avec sa lumière, et ça c'est autant pour les enfants que pour les adultes, il vaut mieux donner de l'amour que de prendre de la détresse. Et donc, si on apprend cette dynamique de « aimer d'abord avant de souffrir pour l'autre » , dès que je lui donne de l'amour, bye ! Il n'aura plus besoin de... Sa souffrance va disparaître au moins momentanément. Et donc je lui donne un élément de lecture différent de sa vie. Quelqu'un, il pleure, je vais le chatouiller, il va sourire. Il va rire même. Et donc il va oublier pendant quelques secondes ou quelques minutes ses larmes. Mais si je me mets à pleurer avec lui, on va pleurer pendant deux heures, chacun va partir avec ses drames et on n'a pas besoin de problème.
- Speaker #1
C'est une question de... De donner justement cet amour dans ces moments de détresse, c'est pas des choses que les parents des fois font avec leurs enfants ou les conjoints font face à leurs partenaires, c'est pas aussi... Je veux dire, dans le coup, à quel moment on prend ses responsabilités, tu vois ? À quel moment on fait vraiment... Parce que si on donne de l'amour en excès toujours à quelqu'un, enfin, on donne de l'amour justement pour combler cette détresse qu'on voit chez l'autre, qu'on aime tant, ça masque aussi...
- Speaker #0
Ben non, on l'appelle la compassion. On l'appelle la compassion. La compassion, c'est de voir la douleur chez l'autre. Oui, et d'être avec. Et de ramener une autre énergie. je ne prends pas sa douleur je lui donne je ne suis pas là pour combler je suis là il y a beaucoup de gens qui viennent ils me disent je suis rassuré quand je suis chez toi moi qu'est-ce que je fais c'est juste que je me mets dans une énergie divine et donc je partage ce sentiment de sécurité divine on l'a tous parce que c'est simple que je le dise comme ça en fait et c'est ce que j'apprends une de mes premières clientes je me rappelle très bien de ce cas là Elle m'a dit, je n'arrive pas à passer une demi-heure avec ma mère le week-end. Et je suis obligé d'aller la voir pour qu'elle voit ses petits-enfants et que les petits-enfants voient leur mamie. Mais elle m'a dit, j'étouffe. Alors quand je me suis connecté à la maman, la maman avait 8 ans d'âge émotionnel parce qu'elle avait perdu son père à l'âge de 8 ans. Et elle est restée dans une sidération. Donc elle a un âge émotionnel de 8 ans et 67 ans d'âge à cet instant-là. Et quand je fais la lecture de l'image de la maman, je lui dis tu as toujours materné ta mère.
- Speaker #1
Il fallait bien puisqu'elles agissaient comme une équipe.
- Speaker #0
Et ce n'est pas un défaut. Mais quand tu es devenu une vraie maman, tu n'avais plus le temps pour materner ta mère et donc tu as reculé. Et ta mère est en déficit. Donc la prochaine fois que tu vas voir ta mère, juste rayonne de l'amour, tu n'as besoin de rien faire. Parce qu'elle a juste besoin d'être visible et d'être aimée. Aimer ce n'est pas un acte, c'est une vibration. On croit que c'est difficile, oui. Et donc, rayonner l'amour, c'est une connexion à soi-même, d'abord, connexion à son divin, qui est une connexion à soi-même, qui me rattache au tout. Et donc, j'offre ce morceau de tout à cette personne-là qui va se connecter à sa propre dimension du tout. Finalement, je ne lui ai rien fait, moi. J'ai juste vibré et je lui ai rappelé qu'elle avait une dimension d'amour à l'intérieur d'elle, même qu'elle peut retrouver. Et donc, momentanément, elle va se connecter à elle-même.
- Speaker #1
Ce n'est pas faire le travail pour l'autre à leur place.
- Speaker #0
On ne peut jamais faire le travail à la place de quelqu'un.
- Speaker #1
Si, en rassurant, en disant tout va bien. Oui,
- Speaker #0
mais rassurer n'est pas...
- Speaker #1
Non, ne t'inquiète pas, tu es aimé, je vais te surprotéger. Il ne va pas le croire.
- Speaker #0
Parce que quand on parle, quand on a besoin de parole, c'est qu'on ne vibre pas l'amour réellement. Le vrai amour, il se ressent. Tu n'as pas besoin de le verbaliser. Si tu verbalises, c'est que tu te justifies.
- Speaker #1
Et tout ça sans attente.
- Speaker #0
Sans attente, bien sûr. vibrer l'amour c'est que j'en déborde c'est l'histoire de la bouteille qui déborde encore faut-il s'en donner suffisamment pour que ça déborde oui mais dès qu'on commence à s'aimer et qu'on a travaillé sur soi et qu'on a pris conscience que nous sommes sa propre solution et que ça ne dépend pas et que mon bonheur ne dépend pas de qui est avec moi ni de comment il va me traiter ni quelle est l'image qu'il me donne de moi-même la connaissance de soi c'est ça et donc finalement je vais vibrer cet amour-là et je vais le partager c'est juste du partage Une fleur dans un jardin dégage son parfum, ça ne lui coûte rien du tout. Et pourtant, il y a beaucoup de gens qui en profitent. Mais elle n'a rien perdu. C'est ça, aimer. C'est rayonner. Une ampoule qui éclaire un chemin, elle brille pour elle-même d'abord l'ampoule.
- Speaker #1
C'est prier aussi pour quelqu'un ?
- Speaker #0
Oui, c'est envoyer de la lumière et de l'amour la prière. C'est juste que tu te rappelles de lui, tu envoies un brin d'amour et... Il le reçoit, qu'il soit vivant ou mort, des fois dans des situations...
- Speaker #1
Vivant ou mort, oui.
- Speaker #0
Oui, oui. Dans des situations, tu as... Pour moi, la plus grande surprise que j'ai vécue à la première, qui m'a le plus étonné, dans notre cours de constellation en 2012, on avait une personne qui était très réticente aux constellations dans le groupe. Et puis, il y a le prof qui lui parle d'une problématique familiale et il lui dit, mets ton frère en face de toi et parle-lui. Et elle lui dit, non, je ne veux pas lui parler. Il s'était passé trois ans sans qu'il se parle. Et le prof a insisté pour lui dire, essaye, regarde et tu vas voir. Et donc, elle met son frère en face d'elle, elle déverse sa colère, elle explique tout ce qu'elle a vu. Donc là, il y avait quelqu'un qui représentait son frère en face ? Non, non, c'est juste en visualisation. En visuel, juste comme si... Il dit, mets-le en face de toi et dis-lui tout ce que tu as sur le cœur.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Mais parle du lien, tu es mon frère. Et cette personne, avec toute sa réticence, bon, elle a... Elle a fait le travail quand même demandé par le prof. Le lendemain, elle revient transformée avec une ouverture totale. Son frère l'a appelée à 10h du soir, après trois ans de coupure. Et c'est lui qui l'a appelé. Et donc finalement, quand tu as ça, après, la visualisation, c'est une connexion vibratoire, c'est une connexion d'amour. Parce qu'on est dans un champ vibratoire, on n'est pas dans le concret. Tu dois me voir, les mamans qui ressentent l'accident de l'enfant qui, aux Etats-Unis, elle est là. Mon fils, c'est le lien qui a vibré, ce n'est pas le fait qu'elle a vu l'accident avec ses yeux. C'est du ressenti. Et donc, la communication émotionnelle. Il n'y a pas de frontières. D'où la beauté de tout ce qui est lien, justement. Et pour revenir aux constellations familiales, aux liens transgénérationnels, c'est un lien d'amour. Mais dans ce lien d'amour, il y a des traumatismes qui voyagent dans le temps et dont il faut se libérer. Et ce n'est pas une loyauté. En fait, notre problème, c'est qu'on a de la loyauté plus envers l'obscurité qu'envers la lumière, parce qu'on se prend pour des sauveurs.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Et tout ce que je fais moi, c'est que je dis aux gens, on aurait d'abord la lumière. Parce que quand je dénie comme un père ou je dénie comme un mère, je me coupe d'une de mes dimensions. Et les parents sont à vénérer. Les parents aiment toujours leurs enfants et leur amour est à vénérer et ils sont à vénérer.
- Speaker #1
Même s'ils sont odieux.
- Speaker #0
Quand ils sont odieux, ils expriment leur souffrance. En fait, quand un papa a grandi... battu. C'est un signe d'amour pour le papa qui le frappe. Il l'a compris comme ça. Quand il dit, pourquoi tu me frappes ? Je suis en train de t'éduquer. C'est ça le message du père. Oui, c'est dur. Mais, tu vois, dans la transmission, le message de l'amour a été transmis comme ça. Je ne dis pas que c'est une bonne action d'aimer. C'est juste que ça exprime un modèle que le papa qui l'a... proposé,
- Speaker #1
avait vécu avant.
- Speaker #0
Donc on est toujours dans un système de transmission, en fait. C'est tout. Et c'est pour ça qu'il ne faut pas culpabiliser les gens. J'ai traité une fille qui a été abandonnée, et je lui ai expliqué pourquoi sa maman l'a abandonnée. Elle était bien dans une famille, bien accueillie avec elle, mais elle savait qu'elle n'était pas l'enfant de cette famille, depuis l'âge de 6 ans. Quand elle est venue se plaindre, elle a dit « Pourquoi ma maman m'a laissé ? » Et je lui ai expliqué l'histoire de sa mère. Et je lui ai dit « Si elle t'avait ramené dans sa maison, il t'aurait tué avec elle peut-être. » Et donc finalement, parce qu'on n'accepte pas d'avoir des filles sans mariage, on n'accepte pas de voir, et c'est une fille de viol en plus. Alors quand j'ai dit ça, je lui ai dit « Ta maman a souffert en te laissant, donc ne vois pas dans son abandon un acte. »
- Speaker #1
Donc tu expliques les choses quand même à la personne. Ah oui,
- Speaker #0
parce qu'il y a toujours une histoire. La dame dont j'ai parlé tout à l'heure et qui devait donner de l'amour, le week-end d'après, elle m'envoie un message. Magnifique journée avec ma mère, merci. Elle a passé toute la journée au lieu de la demi-heure habituelle. Et c'est ça qui te permet d'avancer dans ce métier avec autant de plaisir. C'est que quand les gens sont connectés à l'amour, ils le vibrent et ils le font. gagner de l'espace et du temps dans les liens.
- Speaker #1
Et quand on ne sait pas encore s'aimer ou se donner cet amour, il y a ce vide intérieur, est-ce que le divin, justement, l'amour divine, quelque chose de plus grand, peut remplir cet espace ?
- Speaker #0
Il le remplit tout le temps. En tous les cas, tu te connectes à la source ou pas. Et donc, il faut travailler sur soi pour se reconnecter à ces dimensions-là.
- Speaker #1
Je veux dire, on a l'impression des fois que la foi, tu vois, au Dieu, ou le divin, ou quelque chose de la façon dont on l'aime, peut remplir un espace. qu'on ne se donne pas et que ça peut être... Pas une béquille, c'est pas ce que je veux dire, mais par substitution, on peut arriver à grandir d'autres espaces en nous parce que justement le divin est en nous.
- Speaker #0
Oui, en fait, c'est juste une...
- Speaker #1
C'est intéressant.
- Speaker #0
Oui, on est dualité. Mais la vie est une trinité, pas une dualité. Donc nous sommes toujours un mélange de plusieurs choses. Nous avons la lumière et l'obscurité. nous avons l'amour et la souffrance nous avons le noir et le blanc et la vie n'est pas ça ou ça nous avons le masculin et le féminin et on nous a formaté que la dualité est confrontation et donc je suis toujours en train de lutter contre ça ou contre ça mais la vraie vie c'est une trinité, ça veut dire je transcende la dualité je prends une part de là une part de là et je fusionne pour donner une identité qui est une Merci. composition des deux, mais qui ne se rejette pas et qui se complète. Donc je suis masculin. avec une dimension féminine et puis en fonction...
- Speaker #1
Avec une dimension divine.
- Speaker #0
Et une dimension divine, mais dans le féminin et le masculin, je suis sur l'individu. Le divin, il est global, il est asexué, on va dire. Il n'est pas dans la trinité. Non, lui, il est dans la globalité. On se noie dedans. Et quand on se noie, on se perd et donc on oublie l'identité individuelle pour être dans le tout. C'est comme l'histoire de la goutte.
- Speaker #1
d'eau de Jbran Khalil Jbran qui a préhendé son parcours c'est différent,
- Speaker #0
moi je dis Khalil Jbran c'est pas pareil c'est plus lourd parce qu'il est libanais à l'origine et nous on l'a plus connu en arabe qu'en français et donc Khalil Jbran quand il parle de la goutte d'eau il a dit, elle oublie que c'était elle l'océan dans sa chute dans cette embouchure en fait et quand tu comprends que tu es tout ça les maîtres soufis le disaient Merci. Un des maîtres soufis qui est un des disciples de Ibn Arabi, il disait une fois, je suis Dieu et Dieu est moi, et on l'a tué, parce qu'on n'a pas compris le sens de la phrase. Et il a été tué parce qu'il a osé dire, mais nous sommes tous un souffle de Dieu et donc nous avons une dimension de divinité qui éclaire notre vie. Et plus on se connecte à cette dimension, plus on est heureux. Et heureux, ça ne veut pas dire que j'ai que des bonnes nouvelles tout le temps et que j'ai que des bonnes émotions tout le temps, non. Être heureux, c'est accueillir ce que je vais recevoir en termes d'argent, en termes de santé, en termes d'émotions, en termes d'événements, en termes donc... L'acceptation, la foi, c'est juste accueillir ce qui est.
- Speaker #1
Alors l'acceptation n'égale pas foi ?
- Speaker #0
C'est l'une des dimensions de la foi, en fait. La foi, dans notre jargon de musulman, elle a six piliers. Donc c'est reconnaître Dieu. ses prophètes, ses livres, les anges, les écrits, et le destin, bon ou mauvais. Et donc c'est là ça l'acceptation, c'est un des piliers de la foi.
- Speaker #1
De faire confiance à Dieu que ce que je dis est juste finalement,
- Speaker #0
parce qu'il a choisi pour nous. Il est juste et j'ai la possibilité de le gérer, c'est même au-delà. Le croire juste me donne... Il y a un monsieur que j'adore, il est égyptien, Il a dit que quand le drame arrive, il arrive toujours avec la grâce divine. Tout le temps. Le pire chez l'humain, c'est qu'il vit le drame en appréhension. Et quand il le vit en appréhension, il n'y a pas la grâce divine avec, parce qu'il n'est pas encore arrivé.
- Speaker #1
Ou pas dans l'acceptation de ce qui est. Voilà,
- Speaker #0
quand tu appréhendes déjà un drame, tu vis le drame et la souffrance du drame avant qu'il ne soit arrivé. Et donc finalement, tu n'as pas la miséricorde et la grâce qui vient avec, qui l'adoucit. Mais quand tu es dans l'accueil... Dès que tu vois l'événement, tu vois la grâce qui te permet de le dépasser. Donc, tu vas l'accueillir, oui, en souffrant, oui, en étant triste, oui, en perdant ce que tu as perdu, un deuil, quelque chose, un blocage professionnel, une faillite. Mais tu te reconstruis parce que tu crois que c'est juste un chemin de transmission et de transition, plutôt qu'un... qu'une épée de Damoclès ou une punition qui est tombée sur la terre. Et donc tu as toujours cet optimisme de croire que demain est meilleur qu'aujourd'hui. Et donc finalement tu vas te relever, tu vas être résilient, tu vas croire à un lendemain meilleur et tu vas apprendre tes leçons de l'événement pour pouvoir construire demain. Et donc tu n'es jamais dans la détresse, tu es dans la bonne lecture de ce qui est arrivé, tu reconnais ce qui n'a pas marché, tu reconnais ce qui n'a pas fonctionné. Et tu te dis, ok, la prochaine fois je ne ferai pas comme ça, et je me lève, je me construis, peut-être un peu dans la douleur, mais je sais parfois que le chemin que je vais prendre est meilleur que celui que j'ai perdu. Parce que ce n'est pas évident, c'est que le doute il est là, il est permanent. D'ailleurs le doute c'est ce qui légitime la foi. Le doute, c'est pareil dans l'arabe et dans le français. Le mot doute est équivalent à la...
- Speaker #1
Il est sain le doute dans l'islam,
- Speaker #0
dans le soufisme, dans toutes les religions. Dans tous les doutes. Le récit que j'adore le plus, c'est le récit d'Abraham dans sa quête de sens. Abraham avait adoré dans les écrits coraniques, on parle de la vie d'Abraham ayant passé plusieurs étapes de foi, il a adoré la lune, il a adoré le soleil, etc. Et on décrit son processus de remise en question de... de ses équilibres et de ses pensées. Et quand il a eu la révélation, ça veut dire qu'il est devenu prophète, nous on l'appelle l'intime de Dieu, Abraham. Ça veut dire qu'il y a eu une communication profonde. Mais même dans ce cadre d'intimité, dans un des versets, il demande à Dieu, montre-moi comment tu redonnes vie aux morts. Et le bon Dieu lui dit, ah parce que tu ne crois pas ? Il dit, si, mais c'est juste pour être sûr. Et le divin répond en lui proposant un schéma de démonstration. Il ne s'est pas fâché pour lui dire, mais comment ça tu doutes de moi ? Il lui a dit, prends quatre oiseaux, tu les découpes en morceaux. Tu les mets sur les sommets d'Omantane, autour de toi, tu te mets au milieu, ils viendront se rassembler devant toi pour redevenir les oiseaux qu'ils étaient. Et donc il lui a donné la preuve parce que c'est légitime de douter. Et dans un des récits du prophète, ses compagnons sont venus lui dire, aux messagers de Dieu, il nous arrive de douter de la présence de Dieu. Et là il leur répond, mais nous sommes plus à même de douter qu'Abraham. Et donc le doute... Tu vois,
- Speaker #1
le doute, d'ailleurs j'en parle dans mon dernier justement, je te l'offrirai à zéro doute, parce qu'il y a deux sortes de doutes, tu vois. Pour moi, il y a un doute qui est sain justement, et qui permet plus de lucidité, et il y en a un autre qui est lié à nos blessures du passé, et qui continue en boucle, et en boucle, et en boucle, et qui font qu'on n'achève pas des... Enfin, on ne va pas vers certains projets, certains rêves...
- Speaker #0
Alors il y a le doute de la foi et le doute de la peur.
- Speaker #1
Tu vois, et il y en a un qui est drainant, et qui est épuisant, et dans lequel on ne retrouve jamais cet espace où tout est... Tout est connecté. Et c'est là où la foi intervient, justement.
- Speaker #0
Le doute, c'est ce que j'allais dire tout à l'heure, le mot doute, il signifie, en arabe, le doute et la foi ont le même verbe. Comme croire et croire. Je crois que c'est vrai. Donc j'ai un doute, je crois en Dieu, je n'ai pas de doute. Et on utilise le même verbe pour la démonstration à la fois de la foi. et du doute. En arabe, c'est pareil. Yadounou, celui qui est sûr. Yadounou, celui qui doute est empêché. Donc la même racine, le même verbe signifie à la fois la certitude et le doute. Parce que la frontière entre les deux n'est jamais sûre. Parce que la foi, c'est juste que je crois à quelque chose que je n'ai jamais démontré. Il n'y a pas de logique dans la foi. Et quand j'ai la foi, ça se traduit dans mon comportement par des choses qui viennent se révéler à moi, mais à la base, c'est une hypothèse.
- Speaker #1
Qui deviennent tangibles.
- Speaker #0
Oui, j'en fais quelque chose de tangible parce que j'y crois. Et aujourd'hui, la physique quantique est venue justement mettre un peu de sens dans ces choses-là. Et je l'ai vu dans un des riles de Nassim Haramein, que tu as déjà interviewé et que tu connais très bien. Il dit, il y a d'abord l'information. Et l'information... vient créer la matière. Donc la présence de l'information, c'est une intention, c'est une présence, c'est une idée, et c'est cette idée-là qui vient se condenser, se densifier pour devenir matière. Donc la réalité elle-même n'existe pas, c'est l'information qui crée la réalité. Et c'est ce qui fait justement tout ce champ quantique dans lequel on baigne, qui fait que lorsque je suis au contact de ma lumière, cette lumière me permet d'éclairer ma zone d'ombre. Et en éclairant ma zone d'ombre, je peux aller un peu regarder qu'est-ce qui se passe dedans, je mets une compréhension dedans, et je peux dépasser mes problématiques et les transcender. Et donc je sors du champ de la lumière seule et de l'obscurité seule, et c'est la mise en cohérence des deux qui crée cette trinité qui me permet de transcender cette dualité dans laquelle je vis, et c'est la clé de la vie pour moi.
- Speaker #1
Tadam ! Génial ! Mohamed, je peux parler des heures avec toi, je sais que j'ai encore... beaucoup de questions à te poser. Je viens de découvrir qui est un studio de podcast à Casa. Je te propose de potentiellement te retrouver là-bas parce que je voulais une fois de plus discuter de la mission de vie avec toi parce que je sais que c'est aussi un de tes sujets de prédiction. Je viendrai à Casa la prochaine fois.
- Speaker #0
Juste en un mot. La mission de vie, c'est de vivre. Beaucoup de gens posent des questions sur le quoi, le comment. Vivez d'abord. Et la mission viendra vers vous. Il ne faut pas aller la chercher. Il faut l'accueillir. Et plus tu es connecté à toi-même, plus ta mission te rejoint.
- Speaker #1
Elle se révèle.
- Speaker #0
C'est juste vivre, s'autoriser à vivre, aimer la vie, croquer la vie, dans toutes ses dimensions positives et négatives, accueillir, accueillir. Et c'est fou ce que les choses viennent vers nous avec facilité. C'est bluffant quand tu accueilles et que les choses viennent vers toi sans que tu le demandes.
- Speaker #1
Je t'adore. Merci beaucoup pour ce moment passé ensemble. On vous embrasse très, très fort. N'hésitez pas à partager cette vidéo. Pas seulement en France ou en francophonie, en Maroc aussi. Partout, partout, partout, partout dans le monde, aux quatre coins. Il se déplace en plus, ce monsieur, c'est pas génial. Un plaisir. Et on peut même faire des constellations à distance. Ça, c'est aussi bluffant, non ?
- Speaker #0
Oui, des séances individuelles.
- Speaker #1
Ça, c'est quand même quelque chose. Donc, merci beaucoup. On se reverra prochainement. Inch'Allah, comme tu dis. C'est le destin ou c'est Dieu qui nous réunira.
- Speaker #0
Inch'Allah, avec grand plaisir.
- Speaker #1
Et on vous embrasse très fort. Merci de partager. N'oubliez pas que vous pouvez aussi écouter ou regarder, regarder ce podcast sur YouTube, l'écouter sur toutes les plateformes de podcast. Donc ça, c'est génial. Même en voiture, hop. Même, je pense que cette interview s'écoute deux, trois fois, ça ne ferait pas de mal. Parce qu'il y a pas mal de choses. Elle est riche en informations. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à toi. Ravi de te... d'être avec toi, c'est un bonheur. Merci de nous ouvrir ce jour.
- Speaker #1
Et on embrasse très fort tout le Maroc. On embrasse Rachid, Saïd, tout le monde qu'on adore là-bas et qui vibre fort. Gros gros bisous à tous. Au revoir.
- Speaker #0
A bientôt.
- Speaker #1
Merci.