- Speaker #0
Coucou Caroline !
- Speaker #1
Bonjour Lilou.
- Speaker #0
Merci de m'avoir rejoint ici pour cette interview sur ton livre aux éditions Jouvence, le livre des secrets de famille. Alors ça, ça nous concerne tous, c'est un sujet qui me passionne. D'ailleurs, c'est un sujet que j'ai parfois couvert, mais pas avec une psychoanalyste clinicienne comme toi. Donc je suis ravie parce que là, tu pratiques ça depuis suffisamment longtemps pour nous donner beaucoup de clés, et dans ce livre, et là dans cette interview. Donc les secrets de famille, ils existent clairement, on en a tous. C'est pas possible de passer à côté.
- Speaker #1
Non, on en a tous. On est tous des individus avec des secrets des plus ou moins bons, des plus ou moins lourds, des plus faciles à porter ou pas. Mais on a tous des secrets. Il n'y a pas que des mauvais secrets, il y a aussi des bons secrets.
- Speaker #0
Et ça, c'est bien. C'est vrai que ça, c'est important parce qu'il y a des secrets qui méritent d'être dits et d'autres d'être gardés, c'est ça ?
- Speaker #1
Aussi. Et il y a des secrets qui vont être sublimés dans le sens où on va pouvoir avoir, je vais dire... Une création qui va donner quelque chose de positif au fait de porter un secret. Il n'y a pas que des traumatismes.
- Speaker #0
C'est croustillant tout ça. Déjà, juste de parler de secret, on a envie de savoir. Alors, oui, forcément, parce qu'il y a des secrets. Avant même de parler des secrets familiaux, c'est-à-dire que nous-mêmes, dans notre vie, on a des secrets.
- Speaker #1
On a tous des secrets. Tu as des secrets, j'ai des secrets. Après, les secrets, ça construit. Les secrets, ça vient donner un lien d'appartenance. Les secrets, ça vient avoir son petit jardin secret. enfant Quand tu lui dis qu'est-ce que t'as mangé à la cantine à midi, il va dire je ne sais plus, alors qu'il sait très bien, mais il va venir se construire. Un adolescent, il va venir s'enfermer dans sa chambre, il va avoir son monde. Un jardin secret, c'est pas justement un secret, il y en a des bons et il y a aussi des mauvais secrets. Les mauvais secrets, c'est ceux qui vont, on va dire, transpirer, qui vont sointer, qui vont faire des ricochets sur plusieurs lignées. Mais pour ça, il faut partir d'abord de soi. On va venir regarder un petit peu. Les blocages, les répétitions, on va venir regarder qu'est-ce qui vient en fait faire non-sens ou des comportements inappropriés, des pensées irrationnelles, tout ça. On vient regarder qu'est-ce qui vient jaillir, qu'est-ce qu'on a mis sous l'iceberg, qu'est-ce qui vient être caché.
- Speaker #0
Comme tu disais, il y a des secrets qui sont sains et d'autres qui sont toxiques.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
À quel moment il devient toxique ?
- Speaker #1
Il vient toxique quand il y a une maladie, quand il y a un symptôme, quand il y a un comportement, quand il y a quelque chose en fait qui vient réagir. En fait, je vais dire, le plus dérangeant, ce n'est pas le secret. C'est tout l'environnement qui se passe autour. Le secret, en fait, il ne vient pas s'opposer à la vérité, il vient s'opposer à la communication. C'est quelque chose où c'est l'ambiance générale, le climat qui va être dérangeant. Le secret en tant que tel, c'est un peu comme on dit la souris qui accouche de la montagne. la montagne qu'elle couche de la souris. Non,
- Speaker #0
ça c'est parce que tu habites en Haute-Alpes.
- Speaker #2
Mais on dit cette expression, je crois.
- Speaker #1
Mais le secret, quand il est dit, ça donne quelque chose de très factuel, et on va dire ah oui, c'était ça. Mais en fait, le plus important dans le secret, c'est tout l'environnement, c'est l'énigme, c'est tout ce qui va faire énigme. Freud le disait comme ça. C'est tout ce qui va faire énigme dans la famille pour la personne qui va venir repérer certains comportements, certains agissements, certaines inquiétudes. Et en fait, étant donné que ça fait énigme, la personne va venir imaginer et souvent on imagine carrément pire que ce qui existe. Et la plupart des patients d'ailleurs, une fois que le secret est révélé, vont dire en fait j'ai l'impression de rien apprendre mais de tout comprendre. Ça c'est vraiment la phrase qui revient souvent. en séance, en disant j'ai rien appris mais j'ai tout compris. Parce qu'on le sait en fait, mais on ne le connaît pas.
- Speaker #0
Est-ce qu'on a besoin de nommer forcément ce secret pour le libérer ? Parce que quand ça date de génération en génération en génération, comment mettre le doigt dessus ?
- Speaker #1
Alors ça c'est toute la complexitude je vais dire, de tout ça. C'est qu'en fait, si tu le dis bien, c'est qu'au début le secret on ne va pas le dire, après on ne va pas le nommer, et après on ne va même plus le penser. Donc, au-delà de trois générations, on ne va plus avoir la possibilité de venir accéder au secret. Et c'est pour ça que, généralement, en séance, on va venir partir de soi-même pour pouvoir remonter cette pelote de laine, pour qu'on vienne regarder vraiment tout ce qui a fait choix, non-choix, le couple, les métiers, les maladies, les prénoms, les enfants. On va venir regarder la structure, le système. Ça,
- Speaker #0
c'est des indices. qui vont te permettre de déclaircir ce secret même si on ne le nomme pas exactement on va quand même avoir une cartographie il y a tout un système qui va nous aider à clarifier on va faire une enquête c'est vraiment quelque chose de comme un détective on va venir faire une enquête sur la situation et
- Speaker #1
on va venir regarder tout ce qui fait énigme et tout ce qui a été différent de ce qui aurait pu se passer le quoi d'autre est possible et on vient regarder un petit peu ce qui se passe et on vient donner une transcription je dirais tu as une traduction différente, où là on va avoir un autre langage. Et c'est là où c'est très important parce qu'il va y avoir le langage inconscient. Parce qu'on n'en a pas conscience, puisque c'est secret. Et on va venir chercher à l'intérieur de soi, avec un langage symbolique. Freud, il appelait ça l'âme collective. Jung, il appelait ça l'inconscient collectif. On vient travailler après dans la structure familiale. On vient regarder la dynamique au niveau de la constellation familiale, au niveau de la constellation systémique, ce qui se trame. et on va l'enchevêtrer avec trois gros... piliers, trois grosses parties, qui vont être donc l'inconscient, qui vient en même temps que nous quand on est. On va avoir la génétique avec l'épigénétique et le génome qui va être marqué d'un traumatisme. Et ça, c'est hyper important aussi, c'est que sur trois ou quatre générations, on voit que le traumatisme, il est donné, un peu à la roulette russe, mais il est donné et apporté dans la fratrie. Donc on va venir regarder aussi l'épigénétique. sur lesquelles on peut changer. Et c'est ce qui est bien, parce que si on ne change pas l'ADN, on peut changer tout ce qui va être de l'ordre du génome et du gène en venant travailler. Alors oui, on vient résoudre le problème de l'arrière-grand-père, l'arrière-grand-mère ou l'arrière-grand-oncle.
- Speaker #0
Mais qui est aussi noté.
- Speaker #1
Voilà, on a écopé de cette petite bourrette-là. Et puis, on a l'environnement. Et là, on retrouve aussi tout ce qui va être de l'ordre des secrets qui ne nous appartiennent pas, mais qui sont en fonction de la famille qui nous a élevés. Parce que, tu vois, moi, par exemple, dans mon métier, avant d'être psy, j'étais éduque et j'ai travaillé avec des enfants qui ont été abandonnés ou nés sous X. Et en fait, on vient travailler sur la structure familiale, on vient travailler sur le système. On vient porter, donc non pas la génétique, mais le système familial et tout ce qui va transpirer dans les attitudes, dans les attitudes des parents, dans les choix des frères et sœurs. On va venir participer. au partage du secret. Mais encore une fois, le plus important, ce n'est pas forcément le secret, c'est vraiment tout ce qui se trame tout autour.
- Speaker #0
Donc c'est quand même une sacrée enquête, ça met combien de temps tout ça, avant de pouvoir vraiment arriver au minimum à des informations qui ont suffisamment de poids pour qu'il y ait transformation ou libération ?
- Speaker #1
Alors je dirais que c'est le travail d'une vie. Vraiment. Moi-même, en faisant partie, puisque j'ai une famille, donc j'ai des secrets de famille et j'ai un arbre généalogique également et en fonction en fait de comment est-ce que tu vas faire des étapes dans ta vie, il y a la boîte de Pandore qui ne s'ouvre pas de la même manière avant d'avoir des enfants, après avoir des enfants avant un mariage, après il y a vraiment tout ce qui se passe en fonction de la différence entre conscience et prise de conscience je dirais si tu veux j'ai un exemple non Quand j'ai accouché de ma première fille, Toscane, j'avais la connaissance de l'histoire de ma famille, l'histoire de ma mère, qui a été laissée chez sa nourrice à 18 mois. Sa maman n'est pas venue la rechercher à 18 mois. Et du coup, ça on le savait, ce n'est pas un secret, on a grandi avec. Mais il y avait un non-dit sur l'abandon, dans le sens où, est-ce qu'on abandonne ? Est-ce qu'on ne vient pas te rechercher ? Est-ce qu'on ne veut pas te rendre ? Parce que pareil, on se dit, qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #0
Parce qu'il n'y avait pas de lettres, c'était une énigme.
- Speaker #1
Une énigme, on ne savait pas. Mais elle, pour elle, la vérité, sa vérité, c'était on m'a abandonné. Ce qui est, on va dire, sa propre vérité. Parce qu'il y a pareil, il y a plusieurs vérités. Il y a une variété de vérités, comme dirait Lacan. Donc il y a une varité, il appelle ça. C'est que chaque personne va avoir sa propre vérité. Et moi, quand j'ai accouché de ma fille, il m'était totalement impossible de changer de pièce. C'est que si je ne l'avais pas à vue, mais vraiment à vue, même dans une autre pièce, des pensées irrationnelles, des émotions débordantes, alors que je suis psy, j'ai été éduque, je suis moi-même en analyse, parce que quand t'es psy, c'est important, et qu'en plus, je connaissais la vie de ma mère, je connaissais l'histoire de mes parents.
- Speaker #0
Donc là, c'était un gros indice.
- Speaker #1
Et là, mais oui, complètement. Là, je me suis dit, mais qu'est-ce qui se passe pour que si je ne l'ai pas...
- Speaker #0
C'est illogique que tu... Complètement,
- Speaker #1
et irrationnel. C'est que si je ne l'avais pas dans mon regard, j'avais l'impression, et je disais ça comme ça, et c'est là où c'est très intéressant dans les phrases, je disais à mon mari, j'ai l'impression qu'on m'arrache un membre. Et tu vois, un membre, donc un membre à bras, mais un membre, c'est un membre familial aussi. Et quand tu viens faire, dans ce langage inconscient, sur des phrases comme ça qui sont données, en disant, j'ai l'impression qu'on m'arrache un membre, où je n'arrivais même pas à déposer les poubelles à l'extérieur de la maison, on en était là, donc... complètement irrationnelle, émotion totalement débordante, eh bien là, tu comprends qu'il y avait un autre possible, en fait. Et c'est ce que je veux t'expliquer, c'est qu'il y a une différence entre conscience, donc j'avais la conscience. du secret, mais je n'avais pas pris conscience à l'intérieur de moi. Alors que je pensais que j'allais accoucher de ma fille, que tout allait bien. Pendant deux heures, j'allais pouvoir partir chez le coiffeur. Pas du tout. Pendant un an, pieds et mains liés, impossible de faire autrement.
- Speaker #0
Et comment à partir de là, alors, tu t'y es pris ?
- Speaker #1
Alors, justement, c'est tout le travail analytique, c'est tout le travail en thérapie. On vient vraiment décomposer l'émotion. On vient accompagner le langage inconscient. On vient regarder ce qui se passe pour la personne. Là, j'avais mon exemple, mais il y a des tas d'autres exemples.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui s'est passé dans ta famille, alors, là ? C'était quoi cet abandon, justement ? Est-ce que le fait de le savoir ne suffit pas, donc ?
- Speaker #1
Le fait de le savoir ne le suffit pas. Il faut vraiment le passer dans le corps. Oui. Pour voir comment est-ce qu'on vient s'en libérer, comme tu dis. Après, encore une fois, la plus importante... La chose la plus importante, c'est de venir le comprendre pour savoir pourquoi on a choisi ça, ou pourquoi on fait ça, ou pourquoi on a cette émotion-là. Parce qu'une fois qu'on le sait, il va y avoir 50% du boulot de fait, du travail de fait, et on va se dire ok, ça ne m'appartient pas. Je prends conscience que, donc là tu rationalises, je prends conscience que c'est l'histoire de cette personne-là, je viens le travailler pour moi. Et là, on vient travailler tout ce qui va être de l'ordre de l'attachement, de la diade symbiotique mère-enfant, on vient travailler le rôle du tiers séparateur, on vient travailler la réassurance, on vient travailler plein de choses dans ces cas-là.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a quelque chose de l'ordre énergétique qui se passe dans cette libération-là ?
- Speaker #1
Alors, ça, je vais dire que c'est complémentaire. C'est que s'il y a tout ce qui va être de l'ordre de l'énergie éthique, moi, c'est ce que je dis à mes patients, vous allez le travailler en parallèle avec la séance de... psy, avec l'analyse, c'est, tout dépend des croyances de chacun dans ces cas-là. Tout dépend de ce qu'ils veulent ajouter à ça. Mais à partir de là, je vais dire, si toi tu parles d'énergie, moi je vais peut-être plus parler d'un conscient collectif ou d'un conscient familial et d'un conscient individuel. On va avoir cet entonnoir qui va faire de l'universel aux familles, à l'individu et on va revenir passer dans le tamis comme ça, où tu vas venir chercher à la rigueur ta propre énergie et ta propre propre connaissance de toi-même.
- Speaker #0
Parce que dans ces cas-là, il y a une mémoire qui est libérée et donc on récupère une partie de soi, on retrouve sa liberté d'être, on retrouve beaucoup de sens à tout. Donc c'est quand même l'énergie vitale remonte, je suppose.
- Speaker #2
Je pense aussi, oui, ça c'est sûr.
- Speaker #1
Après, tout ce qui va être de l'ordre du cellulaire, la mémoire cellulaire, quand on parlait d'épigénétique tout à l'heure, forcément les cellules, elles sont impactées. Et c'est en faisant ce passage dans le corps que ça va, on va dire, se catharsiser, sortir et se transformer. Ça va vraiment avoir, et c'est là où on va récupérer de l'énergie vitale, comme tu dis, ça va vraiment avoir une fonction de libération. Après, tu vois, là en parlant, je me dis aussi qu'il est important de préciser que le secret, il a une fonction, justement.
- Speaker #0
Et oui.
- Speaker #1
Il protège. Quand on vient faire un secret, c'est pour protéger l'autre et protéger soi-même. Il a eu lieu d'être. Oui, le secret protège une famille. Par exemple, dire, je ne sais pas, je donne un exemple, mon oncle m'a violée pendant dix ans quand j'étais petite, un exemple. Eh bien ça, en fait, le fait de ne pas le dire, tu viens protéger 40 personnes de ta famille. Parce que qu'est-ce qui va arriver à cet oncle ? Qu'est-ce qui va arriver à soi-même ? Qu'est-ce qui va arriver aux parents ? Qui s'en veut ? Qui ne s'en veut pas ? Tu as toujours le gardien, le complice. Oui, c'est ça. Mais du coup, au détruiment de se dire, je cache pour deux personnes, le gardien du secret, souvent celui qui le fait, et le complice, la victime, on va voir qu'est-ce qui vient se créer et qu'est-ce qui fait que la famille va tenir sur ce secret. Et du coup, le secret va devenir un symptôme. Et comme le symptôme va venir tenir la famille dans les générations d'après, il va y avoir par exemple des maladies. Il va y avoir dans les prénoms des choix qui vont venir essayer de répéter ses propres schémas pour essayer de comprendre dans les liens d'attachement, dans le choix des couples, dans le besoin des métiers. Moi, mon métier, c'est psy. Je suis la gardienne des secrets. En plus, c'est que tu as tout à l'heure, je te parlais de sublimation. dans... le choix, ou par exemple quand on va être notaire et qu'on voit qu'il y a eu des choses, des spoliations au niveau des territoires et que les générations d'après vont choisir d'être notaire ou des abandons d'enfants et qu'après on va choisir un métier dans l'éducation ou côté juste des affaires familiales. On va venir, et c'est là où je te dis, exactement, le secret va venir sublimer d'un... Côté positif, il n'y a pas que des maladies. C'est vers là où je vais aller. C'est que tout ne se dit pas non plus dans des choses hyper traumatiques avec des symptômes et des somatisations. Ça peut être aussi des chouettes choix.
- Speaker #2
Des chouettes choix, ça, ce n'est pas facile à dire. Non, pas du tout.
- Speaker #1
Aujourd'hui, aller chez un psy, c'est beaucoup plus facile qu'il y a un certain temps. Donc, il y a ça peut-être aussi, dans le sens où ça va être une génération qui va venir libérer. On va venir essayer de faire différemment. Après, il y a des secrets que l'on a, auxquels on n'a même pas accès. Tu vois, quand tu disais qu'on a accès à nos propres secrets. Les mécanismes de défense, ils font bien leur boulot. En mode armé, on peut avoir le refoulement, le clivage, le déni. Et il y a des choses que l'on va avoir vécues, qu'on va avoir mises dans un beau petit coffre, qu'on va enterrer au fond du jardin, qu'on va fermer à clé. Et puis surtout, on ne l'ouvrira jamais. Et même les siens, parfois, on n'en a pas accès. Alors, t'imagines encore plus ceux des autres. Donc là, c'est là où tout l'art de l'analyse va venir jouer. Ça va être dans le langage inconscient. Tout ce qui va se passer dans les lapsus, dans les rêves, dans les métaphores, dans la créativité, les artistes quand ils créent des chansons, quand ils créent des pièces de théâtre, quand ils créent des films. Le dernier film de Cédric Clapiche, La venue de l'avenir, c'est vraiment sur les secrets de famille. Ça commence, ils sont chez le notaire avec l'arbre généalogique et ils s'aperçoivent qu'il y a des frères et sœurs qui n'ont jamais vu. Et en fait, à la fin, tu te rends compte qu'en fait, ça fait deux générations qui reproduisent exactement la même famille, alors qu'ils n'avaient pas connaissance de la première. On a vraiment, dans le langage inconscient, tout ce qui va venir être très intéressant. qui va faire enquête et qui va faire énigme. Et tu vois, quand j'ai mes patients, quand ils viennent avec leur blocage, leur répétition de schéma, leur non-compréhension, leur pensée irrationnelle ou leurs émotions débordantes, comme je t'ai pu donner l'exemple tout à l'heure avec un exemple de secret, eh bien, dans ces cas-là, quand tu n'as pas accès, moi, je les emmène, je suis spécialisée en hypnose ericksonienne. Et du coup, c'est pour ça que dans mon livre, je l'ai écrit en tant que tel. pour que du coup les personnes puissent venir dans le...
- Speaker #0
Faire ce voyage.
- Speaker #1
Exactement, ce voyage dans l'inconscient. Quand tu représentes l'iceberg, tu vas venir avoir ton bateau, tu vas venir plonger et voir un peu comment ça se passe à l'intérieur de toi. Par des métaphores, il est tellement plus facile d'imaginer quelque chose, un peu comme des contes d'enfants. Les contes d'enfants, le méchant loup et le petit chaperon rouge, on ne va pas le montrer comme un violeur potentiel et une petite fille qui va courir dans les bois.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
On va essayer de trouver une métaphore qui va induire à l'enfant la protection et le danger. Eh bien, c'est pareil dans nos rêves.
- Speaker #0
C'est fou d'avoir pu le transposer quand même en un livre, parce qu'il y a tellement de repères, que tu as tellement de... Je veux dire, là, d'avoir même fait un audio, qu'un livre puisse avoir un impact. Alors, ce n'est pas comme une séance, mais c'est quand même génial de donner accès à ça au travers de toutes ces lectures. Par exemple, le métier.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
parlons de métiers. Quels sont les indices des métiers qu'on pratique, que nos parents ont pratiqués, de comment on commence à regarder ça ?
- Speaker #1
Alors les métiers, ce qui est...
- Speaker #0
Quels indices peuvent-ils nous donner ces métiers ?
- Speaker #1
Exactement. Alors, ils peuvent nous donner beaucoup d'indices. Pourquoi ? Parce qu'on va passer 8 à 10 heures par jour à travailler. Donc le métier que l'on choisit a toujours souvent, a quasiment toujours et souvent sa raison d'être. Dans le sens où même si c'est un métier alimentaire... Eh bien, on vient regarder, peut-être, ça pourrait signifier, je vais dire, en période de guerre, la famine. Et on va venir avoir ce boulot.
- Speaker #0
Par exemple, mes parents étaient restaurateurs et je suis intervieweuse auteur.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Là, qu'est-ce que ça te dit ?
- Speaker #2
Alors là, ça ne me dit rien.
- Speaker #1
Parce qu'il faut vraiment... Alors, ce qui est important, mais c'est super que tu me poses ce genre de questions, parce que c'est des questions que je vais avoir en mode. Est-ce que tu peux me dire, mes parents restaurateurs ? Moi, journaliste, qu'est-ce que tu m'en dis ? Alors, je ne suis pas médium. Donc, ce qu'on va faire, c'est qu'on va venir poser l'ensemble. Donc, on va s'aider, par exemple, de l'arbre généalogique. On va venir faire le génome. Ce qui est hyper intéressant, c'est de venir raconter ton histoire sur ta famille. Et ce n'est pas en donnant que deux éléments que je vais te dire, écoute, je vais ouvrir mon grand dictionnaire du savoir et puis je vais te donner ta vérité. Non, on va venir regarder comment est-ce que... Ça va venir s'articuler dans l'ensemble. Et avec toi, c'est dans l'ensemble, c'est un tout dans son ensemble. C'est unique dans un tout. On va venir regarder l'individu dans son ensemble. Sinon, ça serait tellement facile. C'est comme le décodage biologique, c'est extra. C'est que tu prends le livre, tu l'ouvres et tu dis, OK, j'ai mal ici. Quel organe ? Quelle fonction ? Et après, le plus important, c'est est-ce que ça vient de faire sens ? Et c'est en ça que l'histoire va être très importante. Parce que restaurateur, ça raconte quelque chose. Toi, journaliste, ça vient raconter autre chose. Est-ce que les deux se rassemblent ? Oui ou non ? Est-ce que toi, tu vas venir, je vais dire, tu vas venir rejoindre tes parents ou alors tu vas venir rejoindre un arrière-grand-parent ou une autre tante ? Et ça, je ne peux pas te le dire tant que je ne l'ai pas sous les yeux et que je n'ai pas ton histoire comptée.
- Speaker #0
Donc, on n'est pas forcément lié au même... Dans une famille, on n'est pas forcément lié au même secret. Ce n'est pas le même secret qui plombe toutes les générations.
- Speaker #1
Pas du tout. Ça va dépendre de ce que tu as récolté. Bon, mais excuse-moi, mais du côté négatif du secret. C'est ce que tu vas venir récolter en naissant avec ton empreinte, je dirais. l'ADN pour le coup et les génomes et le gène qui est venu te composer et l'environnement parce que toi aussi tu as eu tes choix de vie et peut-être que tu vois le fait d'être journaliste, tu donnes la parole à tu as une mission de partager, de diffuser et en quoi ça va être intéressant ça et alors là on te parle je te dis ok toi tu es dans le partage, tes parents aussi dans le partage de la nourriture autour d'une table on va venir partager on va venir partager aussi des secrets et en fait ça peut se rassembler dans ces deux manière de voir le métier, tu vois. Donc rien que ça, là par exemple, en parlant et en déroulant, on peut avoir une petite ficelle qu'on tire, un peu comme à la fête foraine où tu veux le gros nounours d'un coup et t'as le petit truc qui sort tu sais, dans tous les fils. Mais c'est ça qui va être intéressant, c'est de venir regarder ok, restaurateur, journaliste, je vois pas le rapport et en fait si, il y a peut-être quelque chose autour d'une table et d'un partage et on va venir autour D'une table et d'un partage de l'autre côté. Qu'est-ce que vous voulez partager ?
- Speaker #0
Parce que quelque chose n'a pas été partagé,
- Speaker #1
dit,
- Speaker #0
donné, su, pu. Je suppose que des fois, il y a des... Parce que c'est fou ce à quoi on accède justement sous hypnose et quand on est dans d'autres états de conscience modifiés. C'est fou l'information qui peut jaillir de nous qui n'est pas de l'ordre mental. Et là, d'un seul coup, hop, les choses se révèlent. Non, tu dois être... par moments, être quand même assez stupéfaites, des réponses ou des informations qui peuvent ressortir, ma foi, assez facilement.
- Speaker #1
Oui, alors là... Certaines,
- Speaker #0
celles qui sont prêtes, quand le fruit est mûr, le fruit tombe de l'arbre.
- Speaker #1
Complètement. Après, il y a vraiment le côté où on va avoir... Et ça, on ne l'apprend pas dans nos livres. On ne l'apprend pas en théorie. C'est qu'on vient lâcher la théorie, on vient rencontrer l'âme humaine, on vient rencontrer l'autre, on vient rencontrer son histoire. Et on va avoir quelque chose qui va être de l'ordre de l'intuitif, de l'intuition. Et on va venir avoir cette lecture qui va être entre les lignes. Où c'est bien beau de parler de symboles, de lapsus, de peut-être le langage des oiseaux. Tu vois, comme j'ai une patiente la semaine dernière, on parlait d'un œdème. Et je lui disais dans l'œdème, tu entends un œdème, un œdamour, le œdème. Et on va venir jouer sur les mots comme ça. parce que là... pour ma patiente, ça parlait. Je n'ai pas lu ça dans un livre de décodage biologique. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne suis pas allée voir Eudem, voyons ce que ça vient signifier. Mais on vient en fait avec, je dirais, une multitude, ou en tout cas tout ce que je peux avoir glané de savoir en fonction de ma pratique, des gens, d'expérience, de public. Et on vient venir proposer. Et ça, c'est très important. C'est qu'on ne vient jamais imposer, on vient proposer. Et pareil pour le secret, on ne vient jamais imposer à l'autre de l'entendre, ni obliger à l'autre de le dire. On vient proposer la situation et peut-être, comme tu dis, il y a peut-être un temps où ça marche, où ça ne marche pas. Mais par exemple, le Nodem, est-ce que là, ça a fonctionné ? Oui, là, elle l'a pris. Parce que ça a fait sens et écho avec son histoire où elle a rebondi. Mais ça aurait pu faire un flop, parce que peut-être que ce n'était pas ça, ou peut-être parce que ce n'était pas le moment. Et ça, il faut le respecter. Tu vois, ça c'est vraiment important. Ce week-end, j'ai... Alors, pour te donner une métaphore, j'y ai pensé ce matin, quand j'ai pensé à notre interview, et je me suis dit, il faudra peut-être que je te l'exprime comme ça, alors je vais essayer de l'expliquer. Ce week-end, j'ai débroussé mon jardin. J'ai des grands arbres, et tu sais, il y a ce genre de mauvais lierre autour des arbres. Et je me suis dit, en fait, les secrets, c'est un peu ça, c'est qu'on ne va pas toucher à la famille, on ne vient pas toucher à l'arbre. On ne vient pas toucher à la structure, à la... au contenant, parce qu'encore une fois, le secret, il a une fonction, donc on ne va même pas toucher à tout ce qui est secret. Par contre, on vient dénouer, je viens dénouer, et nous venons en séance, dénouer les liens qui étouffent, les liens qui font que ça dérange la progression de l'arbre. Mais on garde tout le reste. Donc, c'est en ça où, tu vois, je pense que c'est très important, on ne va pas changer de parent, on ne va pas changer d'histoire, on ne peut pas modifier le passé. Ça aussi, c'est très important à entendre. Mais on peut être, pour les générations futures, pour soi-même, être dans quelque chose qui va bouger, qui va se mouvoir. Et tu vois, quand les personnes me disent, maintenant que j'ai le secret, est-ce qu'il faut que je le dise ? Ça pourrait faire mourir ma mère, par exemple. Est-ce que ça a une utilité ? Si elle a vécu avec, et ce n'est pas elle qui est en thérapie. Par contre, toi, dans ce qui va être de l'ordre de la compréhension du secret, qu'est-ce que tu peux en faire maintenant ? Et surtout, c'est des dynamiques, et là on rejoint les constellations, c'est que tu vas venir travailler dans la systémie de ta famille, et que quand on est sur un fauteuil droit comme ça, et si on bouge, et si on vient comprendre certaines choses, l'autre bouge, fatalement. Ou alors, comme je dis en thérapie de couple, ou alors l'autre part, mais en tout cas ça fait bouger. C'est que si l'autre ne vous suit pas, donc ça part ricocher, les autres vont changer.
- Speaker #0
Parce que ça peut faire énormément souffrir. C'est dur des fois de dépasser un secret une fois découvert, quel que soit l'ordre. Je veux dire, ce n'est pas évident pour les membres de la famille. Enfin, je veux dire, ça peut éveiller beaucoup de souffrance.
- Speaker #1
Totalement.
- Speaker #0
Et beaucoup de colère.
- Speaker #1
Beaucoup de colère, beaucoup de honte, beaucoup de culpabilité. Tu vois, les trois gros types des secrets.
- Speaker #0
Ça a tellement été étouffé que... Totalement. Trois types de secrets.
- Speaker #1
Oui, les trois principaux ou les trois... coffre, je vais dire, tu vas avoir le premier qui va être d'où tu viens. Donc tout ce qui va être lors de ta filiation. On plaisantait en off tout à l'heure où je te disais, la mère, on en est toujours sûr, le père un peu moins. On va être dans d'où je viens. Et d'ailleurs, la première vraie question...
- Speaker #0
Parce que je trouve qu'elle a un air de Véronique Janot, quand même. Alors là, Véronique, si tu regardes cette vidéo, en tout cas, je vais te l'envoyer. Écoute, c'est quand même hallucinant. On a dû te le dire, non ?
- Speaker #1
la voix,
- Speaker #0
l'énergie les yeux rieurs, c'est fou ça c'est fou, ah non mais ça il y a un truc, c'est là où on a blagué sur l'histoire du père parce que tu as blagué toi donc voilà,
- Speaker #1
d'où je viens parce qu'en plus c'est très souvent qui suis-je et surtout qu'est-ce qu'on vient faire là, c'est quoi notre mission c'est vraiment aussi une grande question qui nous trimballe toute notre vie et à quoi je sers, on va avoir le deuxième coffre qui va être autour de la mort dans le sens où il est plus facile de dire papy est mort dans son sommeil plutôt que papy a été retrouvé pendu dans la cave voilà où mamie est partie et là t'as pas le mot et l'enfant va avoir juste
- Speaker #0
un test et on n'ose pas y aller parce qu'on sent que ça dérange émotionnellement ça c'est un truc qui est fort avec les secrets c'est ce côté émotionnel qui bloque et qu'on n'ose pas parce qu'on veut pas faire du mal protège et exactement
- Speaker #1
Et puis le troisième, donc la honte et la culpabilité. Mais ça, c'est aussi bien sûr la sexualité, tout ce qui va être de l'ordre de l'inceste. Ça va être l'argent, ça aussi. On n'en parle pas en famille. Ça va vraiment donner la structure de la famille, tu vois. Il va y avoir toutes les histoires, je vais dire, les histoires de guerre, les histoires culturelles, les histoires de religion. Parce que ça aussi, ça, c'est très important à dire. c'est qu'il faut toujours recontextualiser en fonction de la personne et de la culture. Ça veut dire que si la personne vient en cabinet et qu'elle va être, par exemple, de confession musulmane, ce qui, moi, dans mon côté traditionnel occidental, va me paraître un problème, une problématique, ne l'est pas du tout pour l'autre. Donc, on ne vient pas avec son décodeur. on vient apprendre le décodeur de l'autre.
- Speaker #0
Et ça, c'est très important.
- Speaker #1
Très important. Parce que justement...
- Speaker #0
Et quand on ne sait pas, moi, je n'ai pas peur de dire, écoutez, moi, je ne connais pas grand-chose dans votre culture. Est-ce que vous pouvez m'apprendre ? Pour que du coup, je m'imprègne du décodeur et je dise, OK, donc le terrain, c'est ça. Qu'est-ce qu'on va venir travailler ? Il n'y a pas de honte à ne pas savoir. Il vaut mieux poser une question plutôt que d'aller dans sa propre vérité. On ne sait pas. Quand on est un accompagnateur dans la santé mentale ou dans la thérapie, il faut arrêter de croire qu'on ne sait. On ne sait rien. Toi, tu sais, et je vais t'aider à avoir remonté ta clé. Mais je ne sais pas à ta place. Tu vois, quand tu me dis...
- Speaker #1
Ça, c'est une belle vigilance, d'ailleurs, et un bon discernement, en tout cas, une information qui est importante pour choisir une personne qui, justement, avec laquelle on peut travailler, avancer, parce qu'elle va nous dire des choses vraies, humaines, et non pas manipulatrices. Parce que, justement, j'ai fait une interview sur l'emprise. Il y a des mécaniques de l'emprise et ça fait tellement de dégâts. Et une, c'est de penser tout savoir ou d'avoir honte de dire qu'on ne sait pas, alors que forcément, il y a un échange qui se passe. Totalement.
- Speaker #0
Heureusement qu'on ne sait pas tout. Et encore moins, on sait la vie de l'autre. Et on ne sait pas, moi, je ne sais pas ce qui se passe à l'intérieur de toi. Par contre, je peux savoir, et je dis je peux savoir, je ne sais pas, je peux savoir comment peut-être on va venir faire émerger une émotion et on va venir regarder et traduire. J'ai cette connaissance théorique, mais après, toi, tu as la pratique, tu as ta pratique avec toi-même. Et comme je t'ai dit, on va faire Colombo, on va faire l'enquête, on vient regarder, on va essayer de proposer des hypothèses. Et quand l'hypothèse vient faire sens, tu le ressens dans tes cellules.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu le ressens automatiquement.
- Speaker #1
Et quand c'est libéré, on le sent aussi.
- Speaker #0
Exactement. Et comme je dis à mes patients, tu n'auras jamais un fax ou un mail de la rire grande tante en disant « c'est ça mon secret » . Par contre, à l'intérieur de toi, Tu peux savoir que oui. Et personne ne va pouvoir dire que ce n'est pas vrai, puisque tu l'as senti. Et ça, c'est très important, et c'est ce que je dis souvent à mes patients, c'est que si demain, vous venez plus me voir, pour X raisons, ce n'est pas sur moi et sur ma parole que ça tient votre travail de libération, c'est sur votre ressenti et votre propre libération. Ce n'est pas parce que moi, j'ai dit qu'il y avait ça, c'est parce que vous avez compris et que vous avez ressenti que c'était ça. Ça, ça fait toute la différence aussi.
- Speaker #1
Oui. Comment on sait que la libération ne s'est pas faite jusqu'au bout ? Comment savoir que ça a été vraiment traité pleinement ?
- Speaker #0
Alors, je ne sais pas si on peut le traiter pleinement. Je pense que vraiment, il y a quelque chose où on vient... En fait, c'est le début. Là, quand on vient libérer, quand on vient toucher, c'est le début du commencement, en fait. Le travail.
- Speaker #1
Aïe, aïe, aïe !
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ? C'est là où ça commence en fait.
- Speaker #1
C'est un nouveau chapitre.
- Speaker #0
Exactement, parce qu'en fait, jusqu'à là, tu t'étais presque inventé une vie avec tes propres schémas, ton propre confort, tes propres mécanismes et tes protections. Et il faut tout recommencer avec cette nouvelle donne, tu vois. Donc, je vais dire, on vient s'en libérer quand on a acquis peut-être, enfin en tout cas c'est ce que je pense, quand on a acquis une certaine sagesse, où il va y avoir... ce que j'appelle un dépassement. Tu sais, quand on... Moi, je dis parfois à mes patients, le pardon n'existe pas, dans le sens où si tu dis « je te pardonne pour ça » , en fait, tu ne l'as pas pardonné puisque tu viens de restipuler la petite chose qui vient t'embêter. « Je t'ai pardonné pour le livre que tu ne m'as pas rendu » .
- Speaker #1
On ne parle même plus quand il n'y a pas.
- Speaker #0
Exactement. C'est qu'on a oublié. Et quand on a oublié, il y a quelque chose qui vient de l'ordre du dépassement. C'est qu'il y a quelque chose qui est passé. Et là, tu sens qu'il y a vraiment une libération. C'est que tu ne viens plus ressasser ni répéter les mêmes schémas. Tu vois, quand je te parlais de blocage ou de schéma répétitif chez les personnes qui me disent, je ne sais pas, je répète sans cesse toujours les mêmes rencontres. Eh bien, on vient regarder un petit peu ce qui se passe. Et est-ce que ça vient rejouer quelque chose qui n'a pas été compris, qui vient d'être redonné un peu sur un plateau et réchauffé, où on commence à en avoir marre. Tant que tu n'as pas compris l'univers, il vient te le reproposer. Alors, il y en a qui parlent d'univers, il y en a qui parlent d'inconscient, il y en a qui parlent de synchronicité, de quantique, de Dieu, de physique. Oui, mais à un moment,
- Speaker #1
on doit se rendre compte quand même qu'on est la personne en commun parmi toutes ces situations, parce qu'on a beau continuer de blâmer l'extérieur, à un moment, c'est toi qui es en train de revivre cette situation avec plusieurs personnes à la fois. Donc là, hop, hop.
- Speaker #0
Et tu peux y faire quelque chose. Tu es acteur. Et ça, c'est très important. Et tu vas... Moi, je travaille avec une personne qui est docteure en épigénétique. Et on vient travailler justement sur tout ce qui va être épigénétique et... le génome et le gène qui peut être transformé parce que s'il a été donné, traumatisé, blessé, on va avoir la possibilité grâce à une thérapie, le pouvoir de l'intention, du travail au quotidien, la mise, je vais dire, en matérialisation par différents actes symboliques, par différentes matérialisations, sublimations, catharsis, on va venir changer, modifier, on n'est pas condamné. Et ça quand même, c'est quand même très agréable à l'entendre également.
- Speaker #1
Tu es ce docteur, tu peux donner un nom ?
- Speaker #0
Sandra Kefelou, exactement. Elle est à Paris. Elle travaille sur Paris. Elle est extra.
- Speaker #1
Futur interview, là.
- Speaker #0
Et elle est très simple d'accès. Elle parle, elle n'a pas un jargon pro où tu ne comprends pas forcément, parce que c'est ça aussi qui n'est pas facile. Elle est accessible, elle est juste géniale.
- Speaker #1
Parce que là, il y a plein de choses dont tu parles, de personnages, de portes, de... Est-ce qu'il y a autre chose que tu aimerais dire par rapport au livre ? Parce qu'on ne peut pas tout dire, mais qui est important pour toi. Parce qu'on arrive vers la fin de cette interview. Je veux parler de ces belles petites graines, de ces actes symboliques qu'on peut faire. Parce que tu m'as montré ça et j'ai tellement aimé que je vais en parler tout à l'heure, juste après. Mais par rapport à ce livre, est-ce qu'il y a des informations ou quelque chose que tu peux nous dire pour un peu mieux comprendre et cerner justement ces secrets de famille ? ou qui devrait nous avertir qu'il y a quelque chose, ou une façon, ça peut être aussi sur la méthode que tu proposes, ce qui te passe par là, ce qu'il y a en tête, ce que tu aimerais dire dans cette interview et qu'on n'a pas dit.
- Speaker #0
Alors ce qui est important, c'est que justement, si on n'a pas accès, et c'est ce que j'explique, on va avoir tout le décryptage que pourrait avoir notre propre langage de l'inconscient, de notre inconscient et le langage symbolique. Et c'est pour ça que j'ai fait, comme quand je suis en cabinet, où la parole ne suffit plus, où la personne tourne en rond et on voit qu'il y a des blocages, on voit qu'il y a des mécanismes de défense ou de protection qui viennent un peu en armée comme ça, où là, l'intérêt, c'est de venir regarder ce qui se passe à l'intérieur. Donc, j'ai construit ce livre en balade hypnotique. Le livre va te parler, va venir t'accompagner. Mais pour qu'il agisse sur toi. Comme si j'étais à côté, exactement. En fait, tu as vraiment, en lisant, tu as une petite voix qui t'accompagne. Avec une technique qui vient faire que cela t'amène à aller ouvrir des portes, donc à construire ta maison qui n'est autre que toi-même, le moi, donc le toi, avec T-O-I-T. Tu vas venir construire ta maison et tu vas venir remonter un peu les couloirs du temps où tu vas donner le choix à plusieurs portes, donc plusieurs thématiques, les métiers, les choix, les maladies, les prénoms, les couples. Et tu viens regarder un petit peu comment est-ce que cela vient te parler. Avec différentes perches que j'ai tendues, toujours dans un langage symbolique. Tout à l'heure, je parlais des contes pour enfants. On est vraiment là-dessus, donc c'est très doux. Savoir aussi que tout ce qui ne peut pas sortir, tout ce qu'on n'a pas le droit de sortir, ne sortira pas. L'inconscient est quand même bien fait. Oui, il faut le protéger. Exactement. Tout ce qui va remonter, c'est que tu es capable de venir le traiter. J'ai mis aussi des issues de secours, comme je dis, parce qu'il y a des fois des émotions où tu te dis, ton livre, là, je le pose parce que ça remue trop. Les issues de secours, comme dans tous les grands établissements, servent à ça, de dire, OK, je vais prendre une petite temps de pause, je vais partir et je reviendrai plus tard. Et après, on va avoir tout ce qui va être de l'ordre des personnages, parce qu'on va être le composant. Là, tu es une femme, tu es l'immacé, voilà. Moi, je suis Caroline de Rumini, je suis une femme, voilà, psychoanalyste, clinicienne, toi journaliste, ok, ça c'est dans le factuel, c'est dans le concret, c'est très beau. Mais l'archétype, on va avoir une part de féminin, une part de masculin, on va avoir la part de nos ancêtres, notre part d'enfant, on va avoir notre part de victime, notre part d'abîmé, notre part de professionnel, nos différentes casquettes. Et se regarder dans un miroir et voir quel fragment vient nous parler, en fait c'est pas que de nous. c'est oui notre vécu comme je disais tout à l'heure avec nos trois piliers, il y a notre environnement ok, mais il y a notre épigénétique et puis il y a notre inconscient donc c'est vraiment corps, esprit, âme tu vois, et on va venir comme ça refonder, refabriquer notre être pour mieux se comprendre et c'est en ça que c'est très important et qu'on va pouvoir être beaucoup plus léger parce qu'une fois qu'on sait et bien c'est reposant en fait, une fois qu'on sait on est plus en paix tu vois Je ne sais pas si je ne me suis pas trop embarquée, mais...
- Speaker #1
Ah non, tu es passionnée par ton sujet. C'est ce que j'aime. J'aime interviewer des gens passionnés parce que vous avez du métier, vous avez des échanges concrets avec plein de personnes. Moi, je passe de personne en personne en interview et toi, c'est en patient. Et tu as l'occasion vraiment d'explorer beaucoup, beaucoup de secrets, beaucoup de choses. Ça doit être quand même hallucinant comme métier.
- Speaker #0
C'est génial. Moi, je suis la gardienne des secrets, du coup. Ah ouais ! Mais du coup, je suis celle qui va déranger ma famille, parce que moi, je vais poser des questions qui dérangent.
- Speaker #1
Et oui, moi aussi. Mais je pense que pas mal de personnes qui regardent cette vidéo, eux aussi, se sentent qu'ils sont ceux qui dérangent. Mais voilà, on fait partie de la génération aussi qui a choisi de s'incarner, je pense, pour que ça bouge, parce qu'on sent qu'il y a quand même pas mal de dossiers à libérer. Là, je tiens dans ma main les petites cartes à semer d'actes symboliques. Je trouve ça tellement chou, là ! Mais tellement chouchou, ce papier que l'on va mettre en terre en fonction des différents événements de vie, de libération, des angoisses, de l'être à soi-même, de tout ça, de mémoire d'enfant décédé pour ceux qui ont vécu ça ou de mémoire familiale et autres. Et donc tu plonges ce papier comme un axe symbolique en fonction de ce qui a été révélé, de ce que tu souhaites libérer, on va dire, symboliquement en terre et ça fleurit. C'est génial.
- Speaker #0
Ça vient pousser des fleurs, on est dans la sublimation, on va transformer le moche en beau. Oh, j'adore ! Moi, dans mon idée, c'était vraiment de matérialiser la pensée, les actes symboliques. Jodorowsky parlait de psychomagie, mais on a vraiment quelque chose qui va être de l'ordre de... entre la psychologie et la psychanalyse, dans le sens où, tu sais, il y a la fameuse phrase de dire... J'ai écrit une lettre à tous ceux que je n'aimais pas. Je l'ai brûlé, qu'est-ce que je fais des lettres maintenant ? Ça c'est la petite blague, tu vois. Dans le sens où on va venir matérialiser quelque chose pour s'en libérer. Donc avec ces fleurs qui poussent, on vient donner autre chose et autrement, on vient apporter à ton psychique la matérialisation pour qu'il comprenne qu'il y a quelque chose qui a été enterré, déplacé, dépassé et transformé. Et ça, c'est très important parce que comment est-ce que tu peux te débarrasser de quelque chose d'impalpable ? Tu ne peux pas. Le secret, en lui-même, il a un non-sens, il n'est pas palpable. Quand tu, dans les dessins d'enfants, tu demandes à matérialiser une situation. Comme je te disais tout à l'heure avec tes deux exemples pour toi, sans ton histoire, je ne peux pas l'interpréter. Sans l'histoire de l'enfant, je ne peux pas interpréter son dessin. Ça serait de faire de la psychologie sauvage, ça n'arriverait à rien. On vient vraiment... se saisir du matériel et on vient le transformer en quelque chose qui va prendre sens. Et tu vois, là je fais juste un petit pont peut-être, mais dis-moi si je dépasse trop. Moi je suis spécialisée aussi, j'ai appris la langue des signes. Et je signe couramment, je fais des ateliers bébé-signeur maintenant, aujourd'hui, mais j'ai travaillé avec un public d'adolescents à l'Institut National de Jeunes Sourds, donc tous les déficients auditifs. Et tu vois, à chaque fois, on me disait, mais pourquoi est-ce que tu as appris la langue des signes ? Il y a quelqu'un de sourd dans ta famille, de malentendant ? Personne. Et en fait, quand je suis devenue psy et que j'ai travaillé tout ce qui était au lord de transgénérationnel, psychogénéalogique, je me suis dit, il y a peut-être ça en fait. Dans la langue des signes, je donne la possibilité à ceux qui ne peuvent pas parler ou qui ne peuvent pas entendre de s'exprimer de cette manière-là. Et un bébé, par exemple, de zéro à deux ans, le... La rinx, il n'est pas assez descendu pour pouvoir faire des sons et des phrases. Par contre, ils ont plein de choses à nous dire et ils peuvent communiquer et leur donner la possibilité de signer, de mettre en matériel leurs envies, leurs besoins. Eh bien, ça va venir déjà apporter quelque chose. Tu vois ce que je veux dire ? Donc, il va y avoir tout un pan comme ça dans ces actes symboliques qui va vraiment l'importance de matérialiser la pensée. C'est là où on peut s'en débarrasser, mais ce n'est pas le plus facile.
- Speaker #1
Et puis cela ne suffit pas, mais je trouve que ça peut enclencher et que ça peut...
- Speaker #0
C'est le début.
- Speaker #1
C'est le début, voilà. Parce que nous savons que nous sommes embarqués dans cette vie avec quelques petits bagages, quelques secrets. Certains nous appartiennent, d'autres pas. Certains doivent être gardés et d'autres libérés. Et merci beaucoup pour ce livre qui vit. Il est vivant ton livre, on le dit des fois que les livres sont vivants, mais là Oui, là, oui, il agit et on a l'impression que tu es avec nous et que tu nous prends par la main et que tout ça va accompagner. Donc, ce n'est pas rien d'avoir créé ce livre. Merci beaucoup, Caroline.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Lilou.
- Speaker #1
Le livre des Secrets de Famille aux éditions Jouvence. Si cette vidéo vous a plu, si cette interview vous a plu, n'hésitez pas à la partager, que ce soit en format audio ou vidéo, sur YouTube ou dans la voiture ou, Dieu sait où, en balade, par exemple.
- Speaker #0
Pourquoi pas ? Exactement.
- Speaker #1
Pourquoi pas nous écouter en balade avec cette belle voix que Caroline a ? Je vous embrasse très très fort, je vous dis à bientôt et merci Caroline.
- Speaker #0
Merci vraiment Lilou.
- Speaker #1
Merci, gros bisous. A bientôt !