- Speaker #0
Bonjour, je suis Jalé Bradéa et je suis très heureuse de vous accueillir dans le Pouvoir d'Agir Ensemble. Et pour ce premier épisode, quelle joie d'accueillir Elisabeth Moreno, qui à mes yeux représente vraiment ce Pouvoir d'Agir. Merci chère Elisabeth d'être là.
- Speaker #1
C'est un vrai plaisir pour moi, Jalé Bradéa, d'être avec vous dans ce premier épisode qui j'espère en laissera... plein d'autres venir.
- Speaker #0
J'espère, je sais que vous allez me porter chance, j'en suis sûre. Elisabeth, c'est difficile de faire votre bio en 30 secondes, néanmoins j'ai tenté de le faire et vous compléterai si j'ai oublié quelque chose d'essentiel, d'accord ?
- Speaker #1
Volontiers.
- Speaker #0
Donc, vous êtes une grande dirigeante française, en particulier dans le secteur du numérique, vous êtes présidente du conseil d'administration de Ring Capital et vous avez été ministre de l'égalité femmes-hommes, de la diversité et de l'égalité des chances. Est-ce qu'il y a autre chose à dire ?
- Speaker #1
Oui, je pense que j'ajouterais à ça que j'ai été une femme entrepreneur à l'âge de 20 ans dans le bâtiment et l'isolation thermique. La raison pour laquelle je le précise, c'est parce que vous parlez ici de pouvoir d'agir et je veux juste dire qu'il n'y a pas d'âge pour commencer à agir.
- Speaker #0
Oui, ça peut être 20 ans comme ça peut être 70 ans.
- Speaker #1
Et je connais des entrepreneurs qui ont commencé à 15 ans.
- Speaker #0
Et moi, j'en connais qui commencent à 56 ans.
- Speaker #1
Et voilà, exactement. Je pense que c'est important de le mentionner.
- Speaker #0
C'est important de le mentionner. Alors, revenons à l'égalité femmes-hommes, puisque vous étiez cette ministre. Et moi, c'est là que je vous ai connue, c'est là que j'ai apprécié le travail que vous faisiez avec beaucoup de sincérité. Et sur ce sujet que j'aime porter aussi, ce travail sincère, il est nécessaire, il est primordial. Il l'était, il l'est peut-être encore plus aujourd'hui, justement, où on en est, de l'égalité femmes-hommes.
- Speaker #1
Moi, je suis quelqu'un de fondamentalement optimiste, donc je vais commencer par vous dire ce que je trouve formidable sur ce sujet-là. La première chose qu'on peut dire, c'est que notre situation à vous et à moi est bien meilleure que celle de nos mères et de nos grands-mères. Il y a des droits qu'on devait demander il y a 60 ans, ouvrir un compte en banque toute seule, utiliser notre argent comme nous le souhaitons, porter des pantalons. C'est des choses qui aujourd'hui peuvent paraître totalement absurdes. Mais c'est une réalité. Donc les droits des femmes ont avancé. Ils ont avancé sur les questions des violences physiques et sexuelles. Ils ont avancé sur les sujets économiques. Il y a à peine 11 ans, on n'avait quasiment pas de femmes dans les conseils d'administration. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. La loi Rixin permet aussi d'avoir plus de femmes dans les postes de direction, dans les codires, dans les comex, etc. On ne parle plus de crimes passionnels quand il y a des féminicides. Donc la société est de plus en plus sensibilisée sur ce sujet et ça c'est formidable. Maintenant, le pouvoir reste quand même extrêmement concentré. On n'a que 10% de femmes qui dirigent les grands groupes du CAC 40. Je parle de ça parce que c'est assez symbolique. Dans notre pays, les femmes sont plus diplômées que les hommes. Donc ce n'est pas une question de compétence, ce n'est pas une question de talent. C'est que le pouvoir reste très entre soi. on n'a que 2%. du venture capital, des capitaux privés, des entreprises qui investissent, 2% uniquement qui sont dirigées vers les entreprises créées par les femmes. Et dans notre pays, tous les trois jours, une femme meurt encore sous les coups de son conjoint ou de son ex-conjoint. Donc, je dirais que d'un côté, les choses avancent. D'un autre côté, il nous reste fort à faire.
- Speaker #0
Il nous reste fort à faire, effectivement. Et j'avais vu dans un sondage récent, parlant du monde de l'entreprise, 50% des femmes managers... ont fait face à des attentes liées à leur genre plutôt qu'à leurs compétences.
- Speaker #1
Mais bien sûr, parce que les biais, les préjugés, les stéréotypes, on l'a dans le long. Moi, j'ai fait, par hasard, toute ma carrière dans des milieux très, très, très masculins.
- Speaker #0
Oui, parce qu'essentiellement, avec beaucoup d'hommes présents dans ces métiers, avec beaucoup d'hommes,
- Speaker #1
que ce soit le bâtiment, que ce soit le numérique, que ce soit la politique, même quand j'ai été juge, parce qu'il y a beaucoup de femmes qui sont juges, Mais quand vous arrivez dans les postes de pouvoir, elles disparaissent dans la nature. On a plus de 80% de femmes qui sont professeurs-enseignantes. Pour autant, dès qu'on arrive au poste où les décisions se prennent, elles disparaissent. Les médecins, on aura bientôt plus de médecins femmes que d'hommes. Mais il n'y a encore jamais une seule femme qui a été à l'ordre des médecins. Vous voyez ? Jamais, jamais. Et donc, tout ça vous montre d'où nous partons. et tout ce qu'il reste à faire. Et moi, j'aime rappeler, encore une fois, que ce n'est pas une question de talent, ce n'est pas une question de compétence. Les femmes, dans notre pays, tout du moins, on ne parle pas de l'Afghanistan où, quand vous avez 12 ans, on vous oblige à arrêter l'école. On vous parle d'un pays qui est suffisamment développé dans les droits pour permettre aux filles et aux garçons de faire les mêmes études. Donc, vous êtes sur les bancs de la fac, vous assistez aux mêmes cours, vous avez parfois plus de diplômes. Mais vous n'avez pas encore accès ? aux mêmes opportunités. Et c'est là que le bas blesse. Je m'arrête deux secondes sur l'entreprise parce que je viens de là et c'est de là que part votre question. En fait, comment vous expliquer qu'alors que les femmes entreprennent de la même manière que les hommes, qu'elles sont beaucoup plus rigoureuses sur certains sujets, qu'elles performent autant que les hommes, voire plus, comment vous expliquer qu'il n'y a que 2% de capitaux qui leur sont dédiés pour leur permettre Au revoir. de créer leur entreprise.
- Speaker #0
Comment vous l'expliquez alors ?
- Speaker #1
Je l'explique par les biais, par les préjugés, par les stéréotypes qui commencent à la maison. Vous avez encore des familles qui considèrent que certains métiers sont faits pour les filles et d'autres pas. Je l'explique par la confiance. C'est vrai qu'on accorde davantage de confiance aux hommes pour entreprendre. Et c'est vrai que les règles du pouvoir et du leadership, on les comprend aux masculins. Si je vous dis, j'allais fermer les yeux, et penser à un vrai leader, il y a de fortes chances pour que ce soit l'image d'un homme qui surgisse. Moi, j'ai un pied inversé. Vous vous êtes biaisé. Mais, allez, 8 fois sur 10, c'est un homme qui émerge dans nos esprits.
- Speaker #0
Dans l'inconscient collectif. Dans l'inconscient collectif,
- Speaker #1
c'est un homme. Parce qu'on est habitué, parce que les chefs de guerre, on va d'abord vous parler d'un homme, alors que... sauf erreur de ma part, Jeanne d'Arc a été une extraordinaire chef de guerre. Donc en fait, c'est parce que dans notre inconscient et même dans le conscient, on considère que les hommes sont plus forts, plus charismatiques, de meilleurs dirigeants, mais si je peux me permettre, l'état du monde dans lequel nous vivons aujourd'hui montre que le leadership masculin a des limites et qu'on ne peut pas être que dans la prédation. On ne peut pas être que dans la domination, on ne peut pas être que dans la consommation. Il faut aussi penser à régénérer. Et la régénération, elle fait partie notamment des qualités des femmes. Et c'est pour ça que je crois que le leadership de demain doit être un leadership équilibré. Et la question de la place des femmes dans la société, contrairement à ce qu'on pense, ce n'est pas une question de femmes. C'est une question civilisationnelle, parce qu'à chaque fois qu'une femme va bien, Sa famille va bien, la société va bien, et c'est une nation toute entière qui en bénéficie. Donc, ce n'est pas leur faire au monde, c'est faire du bien à la planète toute entière, surtout en ce moment.
- Speaker #0
C'est vrai, justement, parlons de « surtout en ce moment » et de certains hommes de pouvoir, parce qu'il me semble que ce ne sont que des hommes auxquels je pense là. 98% Et d'un retour en arrière qu'on ressent, qu'en tout cas j'ai l'impression qu'on ressent. Tout à l'heure, vous disiez, avant, on ne pouvait même pas se mettre en pantalon. D'un coup, quand vous m'avez dit ça, je me suis dit, et si un jour on revenait en arrière et qu'à nouveau, on nous interdisait de nous mettre en pantalon ?
- Speaker #1
Ah, je sais.
- Speaker #0
Et si on ne pouvait plus ouvrir de compte ? Parce qu'en fait, les droits sont fragiles. On a pas mal de choses, c'est génial. Mais il y a ce retour du masculinisme, que d'autres appellent virilisme. D'ailleurs, je ne sais pas comment vous l'appelez. Comment vous l'analysez ?
- Speaker #1
Je crois que... Je vous recommande une série. tirée d'un livre incroyable qui est La Servante écarlate. Ça se passe aux États-Unis et c'est une ville imaginaire où les femmes sont réduites à la maternité, à porter des enfants. Au passage, c'est une ville où on ne procrée plus, on ne crée plus. C'est noir, c'est gris, c'est triste et les femmes sont réduites à leur... capacité à donner la vie. C'est très beau de donner la vie quand on le choisit. Mais n'être utilisé que pour ça, c'est terrible. Et je trouve que cette série a ça d'intéressant qu'elle montre comment on peut basculer dans le totalitarisme en un claquement de doigts. Et on se rend compte que cette bascule est favorisée par certaines personnes qui ferment les yeux. Soit par l'acheter, Soit parce que ça les arrange, soit parce que ça leur permet de garder le pouvoir. Et je crois que ce qui se passe notamment aux États-Unis, quand on voit que les États-Unis reviennent sur les droits des femmes à disposer de leur corps, à choisir le moment où elles vont fonder une famille ou pas, leur droit à travailler. En fait, il y a quelque chose d'assez étrange qui se passe dans les pays européens où la démographie est en berne. C'est nous réduire à la maternité, alors que nous sommes bien plus que cela. Par conséquent, je crois que le masculinisme, moi je ne veux surtout pas que la question de l'émancipation des femmes devienne un combat des sexes. Parce que si c'était le cas, nous y aurions tous à perdre. Le masculinisme vient du fait que certains hommes considèrent que l'émancipation des femmes peut être un danger pour leur pouvoir ou pour leur virilité.
- Speaker #0
C'est peut-être vrai d'ailleurs.
- Speaker #1
Je ne crois pas. Je ne crois pas parce que si vous êtes un homme solide, pourquoi est-ce que vous craindriez qu'une femme ait envie de travailler, qu'elle choisisse d'avoir un enfant ou pas ? En fait, les femmes ne sont pas contre les hommes. Je crois que nous avons fondamentalement besoin les uns des autres. On a besoin de toute une société pour résoudre les problèmes auxquels on est confrontés. Il y a trop de problèmes dans la société aujourd'hui pour imaginer qu'une personne providentielle va les régler. Et en revanche, Si on met toutes les intelligences ensemble, on peut y arriver. Et les masculinistes, notamment les incels, les involuntary celibates, comment vous pouvez imaginer que votre célibat est lié, est la faute d'une femme ? Ça vous montre la fragilité qu'il y a chez certains de nos garçons. Ça vous montre la fragilité qu'il y a chez certains hommes qui, eux aussi, peuvent perdre confiance et sont inquiets de la manière dont la société évolue. Et qui, plutôt que de blâmer le développement de la société tout entière, va blâmer des femmes. C'est absurde. Vous et moi, nous le savons. Et j'espère que nos auditeurs et auditrices le savent. Mais lorsque un jeune homme de 18 ans est arresté par la cellule antiterroriste, parce qu'il est devant un lycée et qu'il veut tuer des femmes qu'il ne connaît ni d'Ève ni d'Adam, mais qu'il veut les tuer juste parce qu'il considère qu'elles sont responsables de son célibat, c'est grave. Ça dit combien on a besoin de prendre soin de nos garçons et de nos filles et de leur apprendre à tenir debout, seul, sans dépendre de l'autre. L'émancipation des autres n'est pas un danger pour soi. Je crois que c'est Mandela qui disait que la lumière des autres n'éteint pas la nôtre. La lumière des femmes n'éteint pas celle des hommes, bien au contraire, elle peut la magnifier.
- Speaker #0
Exactement. Et si, puisqu'il s'agit de parler aussi de nos pouvoirs d'agir, là, à court terme, avec cette espèce de tendance, peut-être de peur aussi chez certains hommes, j'entends que c'est par peur qu'il y a ces réactions, qu'est-ce qu'on peut faire ?
- Speaker #1
D'abord, leur dire que les femmes aussi ont peur. Nous aussi, on est inquiète de la société dans laquelle on évolue. Il faut rappeler que derrière chaque homme, il y a une mère, il y a une épouse, il y a une sœur. On ne se désintéresse pas. de ce qui se passe dans notre société. On n'est pas en guerre contre les hommes. On veut juste que nos filles aient les mêmes chances de réussir et qu'elles aient accès aux mêmes opportunités. Et puis, leur dire qu'on a vraiment besoin de travailler ensemble pour rendre ce monde plus vivable et plus désirable. Et leur dire qu'ils subissent aussi, eux, ces règles du patriarcat. qui les enferment dans des rôles qu'ils n'ont pas toujours choisis. Et nous sommes un pays suffisamment développé pour donner à chacune et à chacun le pouvoir d'apporter sa pierre à l'édifice. C'est de ça dont il s'agit. Quand on est confronté à autant de crises climatiques, environnementales, politiques, géopolitiques, quand on est au bord de la guerre, quand on a l'intelligence artificielle, la robotique, le numérique, qui transforme nos sociétés comme on ne l'a jamais vu. Et on est totalement dépassés par ces progrès technologiques. Vous ne croyez pas qu'on a mieux à faire que de se taper dessus ? C'est dramatique d'en être arrivée là.
- Speaker #0
Peut-être que c'est la technologie qui nous permettra de nous donner la parole. Non, je crois que c'est... Pour les femmes, pour avancer.
- Speaker #1
Alors, d'abord, je pense qu'on blâme la technologie pour trop de choses et on la rend responsable de trop de choses. La technologie ne nous sauvera pas. La technologie, c'est un outil créé par les humains. et qui est censée être au service des humains. On s'est débrouillé pour qu'elle... hante nos cerveaux pour qu'elle nous habite du moment où on se lève au moment où on se couche et ça c'est dramatique ça c'est vraiment dramatique parce que c'est dangereux parce qu'on perd notre libre arbitre parce qu'on ne se rend pas compte de tout ce qu'elle enlève à nos enfants quand j'ai lu une étude récemment qui disait que 30% des métiers que qu'utilisaient nos enfants pour rentrer dans le monde du travail allait disparaître à la faveur de l'intelligence artificielle. Mais comment ils vont se former ? Comment ils vont apprendre ? Comment ils vont se développer ? Comment ils vont prendre leur place dans la société qui est la nôtre si on ne leur donne pas la possibilité de le faire correctement ? Donc, les technologies sont ce que nous en faisons. Assumons nos responsabilités pour le meilleur et pour le pire. Moi, je suis une technophile. J'ai travaillé plus de 25 ans dans le monde des technologies. Je sais ce qu'elles peuvent nous apporter, mais j'en connais aussi les dangers. Et ne soyons pas naïfs, les plateformes ne sont pas là pour nous rendre service. Elles sont là pour nous vendre des produits et elles feront tout ce qu'elles pourront, y compris le pire, pour nous retenir sur ce qu'elles font. Et c'est ça qui est dangereux pour nos enfants et pour notre société et pour notre démocratie et pour notre capacité à vivre ensemble.
- Speaker #0
Très bien, effectivement. Ce que j'entends dans ce que vous dites, c'est ne faisons pas aujourd'hui de la technologie l'autre. Celui qu'on rend fautif de tout.
- Speaker #1
Soit on lui confie trop de responsabilités de nous rendre heureux, de nous rendre épanouis, de régler tous les problèmes du monde. Soit on la blâme pour des choses dont elle n'est pas responsable. La technologie rend ce qu'il y a de meilleur en nous encore mieux et ce qu'il y a de pire en nous encore pire.
- Speaker #0
Exactement. J'aimerais qu'on revienne en arrière. vous parliez de nos enfants et des responsabilités face à ces enfants au moment où vous, vous étiez enfant au Cap Vert. Vous êtes née au Cap Vert. Vous êtes partie vers 7 ans, je crois. Et dans la toute dernière émission d'Ambi d'agir, je vous avais dit, parce que moi je vous vois comme cette femme successful qui me porte aussi moi. Et vous m'avez dit comme ça mais tout n'a pas été toujours aussi simple. Tout n'a pas toujours été simple. C'est ça que vous m'avez dit. Et je voudrais savoir Merci. À quoi vous pensez en particulier quand vous dites ça ?
- Speaker #1
Je trouve que dans nos sociétés occidentales, nous avons tendance à magnifier le succès sans jamais raconter le prix du succès. D'abord, réussir est quelque chose de très personnel, c'est très subjectif. Moi, je considère aujourd'hui que j'ai réussi parce que je suis partie de rien, je suis partie du fond de la mine. Et que j'ai réussi petit à petit grâce aux rencontres de la vie, grâce au travail, grâce aussi peut-être à la témérité, à traverser des plafonds qui devaient m'enfermer et que je n'étais pas censée traverser. Mais le succès, ça c'est le côté immergé, c'est Instagram. C'est les belles images où vous faites un super sourire et puis vous êtes avec un fond, vous êtes sur la plage alors qu'en vérité, à l'intérieur, vous pleurez. Et en vérité, je crois que nous rendrions beaucoup plus service, non seulement à notre jeunesse, mais aussi à tout le monde, si on racontait la vraie vie, pas l'artifice, pas ce qui est superficiel. Moi, je suis née dans un archipel qui est magnifique, mais qui est terriblement pauvre, dans lequel... En 1947, presque la moitié de la population a été décimée parce qu'il n'y avait pas d'eau potable. Vous imaginez, nous sommes 69 millions de Français, si du jour au lendemain ou en trois mois, 30 millions de Français disparaissaient de nos territoires. Moi, je suis née dans un territoire comme celui-là. Je suis née pendant la colonisation. Donc, je sais ce que c'est que de ne pas s'appartenir. Je sais ce que c'est qu'être utilisé comme un bien meuble. Je sais ce que c'est que d'être déplacé d'un endroit à un autre sans avoir de main prise sur votre propre destinée. Et par conséquent, les réussites professionnelles que j'ai eues, évidemment que j'en suis heureuse, évidemment que j'ai énormément de gratitude pour toutes les personnes qui m'ont permis de traverser tous ces obstacles. Mais pour moi, ce n'est pas que ça qui est intéressant. Ce qui est intéressant pour moi... c'est de voir toutes les personnes, femmes, hommes, de tous les âges, de toutes les origines, qui me disent « merci de nous montrer que c'est possible » .
- Speaker #0
Exactement. C'est ce rôle-là que vous jouez pour moi en vrai. Du coup, dans cette émission, j'ai instauré une petite question qui s'appelle « le bonbon acidulé » . Qui peut piquer un peu, mais ce n'est vraiment pas grave. D'accord ? Donc voilà ma question. Chère Elisabeth, qu'est-ce qui est plus dur ? Être une femme ou être noire ?
- Speaker #1
Alors celle-là, on ne me l'avait jamais demandé. Nous les femmes, nous sommes 50% de la population mondiale. Et donc mathématiquement, 50% de la population mondiale est discriminée. C'est dur. Mais les femmes noires ? En particulier, elles sont en bas de toute la chaîne alimentaire. Nous avons été esclavagisés, nous avons été colonisés. Nous vivons encore aujourd'hui des préjugés qui sont inhumains, intolérables, inacceptables, d'une injustice que l'on ne peut même pas expliquer, ou que l'on soit, quelles que soient nos réussites. quels que soient les postes que nous occupions, nous sommes en permanence jugés, jaugés, humiliés, rejetés. Et je crois qu'être une femme noire, et en plus avec un handicap, bravo, ce n'est pas facile, mais je vais vous dire une chose, ça donne un goût tout particulier. à la vie, parce que tous les jours quand je me lève, je sais pourquoi je me bats.
- Speaker #0
Bien sûr. Ça donne cette espèce de niaque.
- Speaker #1
Ah oui. Mais oui, parce que moi, je me sens... J'ai une responsabilité. Le fait d'avoir la parole aujourd'hui, le fait que vous m'interviewez, me permet de dire des choses que beaucoup de femmes comme moi ne peuvent pas dire parce qu'elles sont invisibles. Parce qu'elles sont inaudibles. Donc, je ne me sens pas investie d'une mission divine. Ce n'est pas ça. Mais c'est juste que je me dis que cette parole, elle doit avoir un sens et qu'elle doit me permettre de dire des choses qu'on ne veut pas toujours entendre.
- Speaker #0
Bien sûr. Et qu'on ne peut pas dire, en fait. Même si on les dit, on ne les entend pas. Mais vous, vous avez la chance.
- Speaker #1
Moi, j'ai choisi.
- Speaker #0
De pouvoir être.
- Speaker #1
J'ai choisi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Malgré tout ce que ça sous-entend. Parce que... Vous savez, les réseaux sociaux ont ça de terrible, que des personnes extrêmement courageuses, planquées derrière leur écran, se permettent des choses qu'elles n'oseraient jamais faire si elles étaient en face de vous. C'est ok, j'ai accepté le prix à payer. Mais pendant trop longtemps, en tant qu'enfant, j'ai eu l'impression de ne me voir nulle part. J'ai eu l'impression que personne ne parlait pour moi. Je ne me reconnaissais dans aucune des histoires que j'entendais ou dans les films que je voyais. Et par conséquent, heureusement que les temps ont changé, que les modèles sont de plus en plus diversifiés, que les histoires sont de plus en plus différentes. Et ça, ça nous donne beaucoup d'espoir parce que ça rend possible des choses qu'on ne pouvait pas imaginer il y a quelques années.
- Speaker #0
Tout à fait. Qu'une petite fille noire aujourd'hui, dans un pays, peut-être vous regarde et vous dise « je peux faire comme elle » . Noire ou blanche d'ailleurs, peu importe.
- Speaker #1
Ce n'est même pas une question de couleur. puisque je suis une transclasse aussi, je veux qu'une enfant d'ouvrier ou une enfant de femme de ménage puisse se dire, mais en fait, on peut ne pas choisir le départ de notre vie, ce que les bonnes fées mettent dans notre berceau, on peut ne pas choisir ça, mais on peut décider de transformer l'histoire en quelque chose qui correspond davantage à ce à quoi on aspire. Moi, mes combats, c'est pour que chacun puisse vivre la vie qu'il a envie de vivre, indépendamment de son origine sociale, ethnique, de son genre, de son orientation sexuelle, de sa religion. Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Bon sang de bonsoir, du sexe que vous avez dans votre pantalon, des personnes que vous aimez ou que vous n'aimez pas, d'où vous êtes nés, je m'en fous. Ce qui m'intéresse, c'est quelle valeur vous portez et qu'est-ce que vous avez envie d'apporter à ce monde.
- Speaker #0
Très bien. Je n'ai rien à ajouter à ça. C'est tellement bien dit. Alors, effectivement, et c'est ce que j'aime aussi particulièrement avec vous, Elisabeth, c'est que vous dites les choses. Vous les dites avec les vrais mots. Il n'y a pas de langue de bois. Et pourtant, cette femme dirigeante d'entreprise est passée en politique. Pourquoi ce mouvement en politique ? Et derrière ça, est-ce qu'il y a des choses de cette période-là dont vous êtes particulièrement fière ? Et est-ce qu'à contrario, il y a des choses dont vous vous dites, ah ! J'aurais voulu faire ça mieux quand même.
- Speaker #1
Pourquoi la politique ? On pose souvent cette question, parce que moi, je n'avais... Je n'ai pas fait l'ENA, je n'ai pas fait Sciences Po, je n'ai pas fait Polytechnique. Et là aussi,
- Speaker #0
on sait que souvent, c'est fermé.
- Speaker #1
C'est un monde extrêmement fermé, extrêmement fermé. Et donc, quand on m'a proposé, quand le président de la République et le premier ministre m'ont proposé de rejoindre le gouvernement de Jean Castex, j'en ai été la première surprise, disons les choses. Et la première chose que je me suis dite, c'est que je leur ai dit, mais moi, je ne suis pas une femme politique. Je n'ai jamais fait de politique. Pourquoi vous pensez que je... Et ils m'ont dit, mais justement, on a besoin de sang neuf. On a besoin de regard neuf. On a besoin de faire les choses différemment.
- Speaker #0
Ce qui est hyper intéressant.
- Speaker #1
Et je trouvais l'approche intelligente, au-delà du fait que ce soit intéressant, c'est de se dire que... La politique en France, elle ne se fait pas dans le cinquième et le sixième et septième arrondissements de Paris. La France est vaste. La France, c'est les zones rurales, c'est les territoires ultramarins, c'est les quartiers populaires, c'est tout ça. Donc, prétendre que 5 ou 10 % de la population va décider pour 99 % de la population, c'est absurde. C'est absurde. Donc, c'était intelligent et c'était sage. C'est pour ça que j'ai accepté. d'aller en politique avec tous les dangers que je pouvais...
- Speaker #0
Que vous connaissiez déjà.
- Speaker #1
En fait, je ne suis pas naïve. J'étais présidente de Yulet-Pakar d'Afrique et j'avais dirigé Lenovo en tant que PDG. Je sais ce que c'est que les postes de pouvoir. Je sais que dans les postes de pouvoir, il y a eu des guerres fratricides. Et je n'avais pas envie de ça. Moi, je n'aime pas la violence. Je suis quelqu'un de fort, mais si je peux éviter la violence, ça me va très bien. Et je sais combien la politique peut être violente. Et en même temps, je me suis dit, mais vu mon histoire, vu mon parcours, si je ne saisis pas cette chance de rendre possible ce qui est souhaitable, je m'en voudrais toute ma vie. Et donc, j'y suis allée. J'ai fait plus de choses que je n'aurais imaginé possibles parce que je suis rentrée au gouvernement avec Jean Castex et je suis repartie avec Jean Castex deux ans après. Et quand je suis arrivée, en gros, je caricature à peine, on me dit, sois belle, gentille et tais-toi. En gros, ça devait se résumer à ça. Comprenez bien. Ça, je savais pas. Et en fait, je... Mais c'est pas moi, c'est mal me connaître. Désolée, je crois que c'est un mauvais castique. Donc, je suis très heureuse d'avoir pu travailler avec Marie-Pierre Hixin sur les questions. d'égalité économique parce que je crois que les violences économiques sont les mères de toutes les violences. Beaucoup de femmes qui sont violentées dans leur foyer, qui subissent des violences domestiques, le font parce qu'elles n'ont pas les moyens économiques de partir. La prostitution, beaucoup de vulnérabilités naissent du manque économique. Ça, c'est quelque chose qui me tenait à cœur. Travailler sur les questions de la PMA. Pourquoi une femme mariée peut avoir accès à la PMA et pas une femme célibataire ou lesbienne ? Vous dites, mais c'est quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette injustice ? Travailler sur les thérapies de conversion. Des parents qui ne supportent tellement pas que leur enfant soit homosexuel, qu'ils vont leur faire subir des thérapies dites de conversion. Comme s'il y avait quelque chose à guérir dans l'homosexualité. Vous voyez ? Le fait d'avoir travaillé sur les questions d'égalité des chances dès l'école. Parce que ça commence à l'école très très tôt. Ça commence même à la maison. Mais ensuite, ça se poursuit à l'école. Ensuite, ça arrive dans le monde de l'entreprise. Et après, c'est tentaculaire. Donc, tout ça, pour moi, il y a une autre chose qui peut paraître basique, mais le fait de donner accès à la pilule jusqu'à 25 ans. le fait de...
- Speaker #0
Cette liberté de choisir.
- Speaker #1
Cette liberté de choisir. Les questions de précarité menstruelle, on n'en parle jamais.
- Speaker #0
Ça commence à venir maintenant.
- Speaker #1
Mais ça commence maintenant. Parce que vous êtes passée aussi par là. Le fait de démultiplier les moyens pour qu'une femme qui subit des violences conjugales puisse quitter le domicile conjugal avec ses enfants ou choisir de rester et que ce soit le monsieur qui parte. En fait, tout ça, je n'aurais pas imaginé que ce soit possible. Et je l'ai fait.
- Speaker #0
C'est génial.
- Speaker #1
Et donc, bien sûr que j'aurais voulu faire tellement plus. Mais il faut aussi être lucide et réaliste. Et chacun fait sa part.
- Speaker #0
Et Isabelle Rome, après moi, a fait sa part. Et Bérangère Couillard, après moi, a fait sa part. Et pour moi, c'est ça qui compte. C'est qu'il y a un temps pour tout. Mon temps en politique était de deux ans. J'ai pris le pouvoir d'agir en deux ans pour faire tout ce que je pouvais faire.
- Speaker #1
Et c'est très intéressant ce que vous dites, parce que je me demande si même il ne faut pas de temps en temps qu'il y ait des personnes comme vous qui apportent ce sang neuf, ce regard de la société civile en politique, mais que ça ne dure jamais très très longtemps.
- Speaker #0
La politique ne devrait pas être un métier.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Il faut garder cette niaque, cet enthousiasme de faire. Parce qu'au bout de quelques temps, si on rentre dans le jeu de tout le monde, finalement...
- Speaker #0
Moi, quand je vois des femmes et des hommes politiques qui n'ont fait que ça toute leur vie, quand vous avez fait de la politique pendant 50 ans, vous êtes rentrée en politique...
- Speaker #1
Qu'est-ce que vous connaissez à la vraie vie ?
- Speaker #0
Mais en fait, mais tais-toi, de quoi tu parles ? Tu me parles des zones rurales, tu n'y as jamais mis les pieds. C'est quand la dernière fois que tu as parlé à un agriculteur ? Tu me parles des quartiers populaires comme si c'était un terme technique. Mais, mais, mais... Tais-toi !
- Speaker #1
Et qu'on avance ensemble, franchement ! Alors, ça avance beaucoup trop vite. Là, on arrive à une rubrique de l'émission qui s'appelle « Human or not human, that is the question » . J'ai demandé à une personne qui est proche de vous et de l'autre côté, à une IA, de vous poser une question.
- Speaker #0
Oh, ça c'est intéressant.
- Speaker #1
Surprise de la part des deux. Par laquelle souhaitez-vous commencer ?
- Speaker #0
Human, definitely.
- Speaker #1
Human, j'en étais sûre. D'ailleurs, je l'ai posée en premier sur ma petite tablette. Alors, c'est Marie-Éloi que vous connaissez. Eh bien, je crois. Qui a souhaité vous poser la question. Donc, je vais vous poser, mais vous nous direz déjà en deux mots qui est Marie-Éloi et pour vous, qui elle est. Donc, elle m'a dit, il y a quelques jours, au téléphone, Pourquoi est-ce important pour toi que chacune et chacun rejoignent World with Women ?
- Speaker #0
C'est tellement facile de répondre à cette question.
- Speaker #1
Alors ?
- Speaker #0
Tout simplement, d'abord,
- Speaker #1
il faut savoir,
- Speaker #0
Marie-Éloi est l'une des femmes les plus engagées que je connaisse sur les questions d'égalité entre les femmes et les hommes. elle a fondé euh euh Femme des territoires, elle a fondé Bouge ta boîte, elle a fondé Bouge ton groupe, elle se bat en France, mais aussi sur les territoires ultramarins, partout. Le réseau le plus efficace que j'ai vu en Bretagne, notamment, c'était Femmes des territoires, des femmes qui entreprennent et qui s'entraident. C'est parti de là, d'ailleurs, je crois. C'est parti de là. Et Marie-Éloi et Caroline Blais, qui est aussi une journaliste féministe, des femmes sincèrement engagées. Elles m'ont contactée il y a quelques mois pour me dire, voilà, on trouve qu'il y a un tel backlash sur les droits des femmes au niveau mondial qu'on pense qu'il est temps de faire quelque chose qu'on n'a jamais fait. Et on va s'inspirer de nos aînés qui nous ont ouvert la voie. En 1975, les Islandaises ont tout arrêté dans leur pays, que ce soit le travail domestique, le travail dans les bureaux, le tout. Elles ont tout arrêté pour montrer que quand les femmes s'arrêtent, le monde s'arrête. Et derrière ça, c'est mettre en lumière toute la contribution des femmes dans la société. Tout ! Parce qu'il y a tellement de travail invisible fait par les femmes dont on ne parle jamais. S'occuper des enfants, s'occuper de nos aînés malades. Il y a tellement de choses que les femmes font qui ne comptent pas parce qu'on a décidé de ne pas les faire compter. Et il y a tellement de pays qui gagneraient. à reconnaître non seulement la contribution des femmes, mais à leur permettre de réussir davantage. Et elles ont décidé de créer World with Women, c'est un magnifique collectif de femmes extraordinaires qui travaillent sur ces sujets dans tous les domaines, les universités, les entreprises, les ONG. Il y a des architectes, il y a des artistes, il y a des jeunes, il y a des moins jeunes, partout dans le monde. on va reconstituer cette dynamique. pour faire en sorte que les femmes comptent et qu'on se rende compte que sans elles, non seulement le monde est moins beau, mais il avance beaucoup moins vite.
- Speaker #1
C'est clair. Et alors, vous savez quoi ? Du coup, je fais partie aussi de ce collectif.
- Speaker #0
Mais ça me paraît être une évidence. J'allais lancer l'invitation et j'allais vous dire que, en fait, on va, le 13 octobre 2026, on va s'arrêter. D'abord parce que, de temps en temps, il faut savoir s'arrêter pour bien réfléchir et je trouve que le monde est beaucoup plus trop bruyant et beaucoup trop accéléré. Donc, on va s'arrêter pour réfléchir. Les hommes intelligents, les hommes qui nous soutiennent, les hommes qui croient qu'une société plus juste pour les femmes est aussi une société plus juste pour eux, eh bien, ils vont prendre le relais pendant cette journée-là.
- Speaker #1
Je pensais qu'ils s'arrêtaient aussi, qu'on s'arrête tous. Ah non,
- Speaker #0
non, parce que il faut bien que le monde continue quand même. Mais le fait qu'ils fassent ce que nous, nous faisons tous les jours, peut-être aussi que ça va leur permettre de comprendre certaines choses qu'ils ne comprennent pas encore aujourd'hui. Et donc, Donc, on va ensemble, femmes et hommes. S'arrêter un instant pour réfléchir à l'état du monde et à se dire que peut-être que si les femmes apportaient davantage de contributions, tout le monde s'en porterait mieux. Et c'est pour ça qu'on veut le faire au niveau mondial, parce que s'il y a une injustice universelle, c'est bien l'injustice faite aux femmes.
- Speaker #1
50% du monde. Exactement. Génial. Donc voilà, vous avez une nouvelle recrue dans le nouveau 3W que vous avez créé. Et Marie m'a dit, je lui ai dit, mais elle va comprendre, Elisabeth, elle va savoir, la surprise va tomber à l'eau. Elle m'a dit, non, non, t'inquiète, t'inquiète, ça va aller. Donc voilà, mais c'était il y a deux jours. Sinon, moi, je suis la première à vendre les surprises avant l'heure. Je me suis retenue de vous le dire, là, c'est super. Alors, la question de Lya, à qui j'ai dit, va chercher le profil d'Elisabeth Moreno sur Internet et surprends-moi avec la question. Je ne veux pas que ce soit une question un peu bateau. Donc, je vais vous la lire, je ne l'ai trouvée pas si mal, moi. Donc, Lya vous dit, vous avez dirigé Lenovo. HP Afrique, vous avez été ministre, vous avez lancé un fonds pour l'Afrique et vous présidez aujourd'hui Farmat Numérique. Si une IA devait écrire votre biographie dans 20 ans, quels mots-clés voudriez-vous qu'elle n'oublie jamais ? Et au contraire, quels mots vous ne voudriez absolument pas qu'elle utilise ? C'est pas mal, vous avez le temps de réfléchir.
- Speaker #0
Elle est très très bonne. Humanité.
- Speaker #1
Mots clés à retenir. Et qu'est-ce qu'ils ne devraient pas retenir. Moi j'en ai un dans ma tête, pour vous.
- Speaker #0
Abandon.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire. J'allais dire baisser les bras. Bon, ça fait plusieurs mots. Je vois que vous êtes meilleure, vous ne m'avez donné qu'un. Parce que je ne vous ai jamais vu baisser les bras. Eh bien, voilà, Léa, c'est ce qu'elle a à faire maintenant. Est-ce qu'en rentrant chez moi, je lui redonne la réponse ? Oui.
- Speaker #0
Ah ben oui, ça vous la peine. Faisons-le sérieusement.
- Speaker #1
Ça va dans 20 ans. Quand il prend l'avion, il y aura déjà ça. Parfait. Ça, c'est une bonne chose de faite. Alors, on arrive quasiment au terme de l'émission. Là, je vais vous emmener sur des choix Cornélien. Et je voudrais que de façon très synthétique, vous me disiez si vous en avez envie. Vous pouvez ne pas expliquer votre choix, vous pouvez l'expliquer, vous pouvez ne pas faire de choix. Tout est possible.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
On est complètement libre. Donc, je vais vous donner des propositions et vous allez me dire ce que vous choisissez. Diversité ou inclusion ?
- Speaker #0
Je ne choisis pas.
- Speaker #1
Je comprends. Égalité ou équité ?
- Speaker #0
L'égalité fait peur. Alors, équité.
- Speaker #1
Très bien. Masculinisme ou virilisme ?
- Speaker #0
Aucun.
- Speaker #1
Super choix. La méritocratie à la française, mythe ou réalité ?
- Speaker #0
Mythe.
- Speaker #1
L'IA, donc l'intelligence artificielle, progrès ou danger ?
- Speaker #0
Les deux.
- Speaker #1
Fromage ou dessert ?
- Speaker #0
Dessert.
- Speaker #1
je suis une gourmande battante vous auriez pu prendre les deux non mais définitivement je suis une sucrée génial merci beaucoup Elisabeth qu'est-ce qu'on dit en conclusion de ce pouvoir d'agir qu'on a envie de lancer je
- Speaker #0
vous remercie merci à vous je vous remercie de montrer que tout le monde a un pouvoir d'agir indépendamment d'où nous venons, de ce que nous faisons et de ce dont nous disposons. Parfois, on pense qu'on ne peut pas, que c'est trop grand, que c'est trop important. D'abord, quand on rêve petit, on atteint des choses petites. Il faut toujours rêver grand pour d'abord se donner de l'élan et ensuite pour se rendre compte qu'il n'y a de limite que celle qu'on s'impose. Donc, le pouvoir d'agir, tout le monde l'a. Et cette émission est intelligente et intéressante. En ce que j'espère, elle inspirera. plein de femmes et d'hommes à se dire que même si le monde est chaotique, nous avons toujours le pouvoir d'agir et nous avons toujours le pouvoir de décider de quel monde nous allons laisser. L'histoire nous regarde.
- Speaker #1
Exactement. Merci beaucoup. Je n'ai rien à ajouter, c'est parfaitement dit. Effectivement, dans ce temps chaotique, nous pouvons et nous avons le pouvoir d'agir, mais il faut encore plus certainement prendre ce pouvoir-là, parce que c'est maintenant que ça se joue aussi. Donc continuez à nous suivre, regardez-nous sur YouTube, LinkedIn, Facebook, Instagram. Ça y est, c'est lancé, on compte sur vous parce que votre pouvoir d'agir, à vous aussi, c'est de nous aider à continuer à exister et à ce qu'on se bouge tous ensemble pour un monde meilleur. Merci encore chère Elisabeth.
- Speaker #0
Merci pour votre invitation, Jalé.
- Speaker #1
Merci.