- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du Carre d'or santé, le podcast qui répond à vos interrogations en matière de santé et de droit en 15 minutes montre en main. Je suis Margot et je suis accompagnée de Céline, ma nouvelle compère de micro. Bonjour Céline.
- Speaker #1
Bonjour Margot.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on se retrouve pour un nouvel épisode dédié à la santé mentale. Grande cause nationale 2025 est reconduite en 2026, c'est un enjeu de santé publique majeur. Comme le fait d'être en bonne santé physique, être en bonne santé mentale permet de se sentir bien dans sa peau, de s'épanouir, d'agir et de participer à la vie sociale. Santé mentale et santé physique sont donc indissociables. Et pour lever les tabous, renforcer l'information et renseigner sur ce sujet, nous accueillons donc aujourd'hui Samira Essami, coordinatrice du Conseil local de santé mentale du Douai-Zi, et Mélanie Devos, chargée de projet prévention à la CPM de l'Île-d'Ouvée. mais aussi formés au premier secours en santé mentale.
- Speaker #2
Bonjour ! Bonjour !
- Speaker #0
Avant de répondre aux questions de nos assurés, place à la chronique de Céline qui revient sur l'importance de ce sujet plus que jamais d'actualité.
- Speaker #1
Quand j'ai appris que la santé mentale était reconduite comme grande cause nationale en 2026, je me suis dit que ça devait être un enjeu de société majeur. Alors j'ai cherché des chiffres. Et je sais donc maintenant que 53% des Français... disent avoir été en souffrance psychique durant les 12 derniers mois. Et que pourtant, la santé mentale reste un sujet considéré comme tabou pour 70% d'entre eux. J'ai découvert également que de plus en plus de personnes utilisent l'IA pour obtenir de l'aide. Alors, j'ai demandé à une IA ce que les personnes lui posaient comme question sur leur santé mentale. En voici quelques-unes. Est-ce normal d'être triste sans raison ? Comment faire face à un échec au travail ou aux études ? Comment traverser un deuil ? Est-ce que ce que je ressens est normal ? Comment en parler sans me sentir jugée ? Je lui ai demandé comment il pouvait aider ces personnes. Il m'a répondu entre autres qu'il pouvait leur proposer une écoute bienveillante. Alors je me suis interrogée. Comment est-ce qu'il pouvait proposer une écoute sans oreille ? Ni même les voir ? En sachant que nos émotions peuvent passer par les gestes, la posture, le son de la voix, le regard, vous savez, la tête qu'on fait quand on est contrarié ou quand on est épuisé suite à deux insomnies consécutives, qu'on a les yeux au bord des larmes, les yeux rouges. Qu'on a le cerveau en ébullition et qui s'arrête jamais. Autant de signes que seul un humain peut déceler, ou peut-être aussi votre animal de compagnie. Comment remplacer quelqu'un qui vous regarde dans les yeux, avec compréhension, ou vous tend une oreille attentive ? Pourquoi utiliser l'intelligence artificielle, plutôt que de privilégier le contact humain ? Peut-être parce que l'on ne sait plus à qui parler, ou qu'on en a déjà parlé à ses proches, mais que ça ne suffit pas. Mais alors, à qui s'adresser ? comment aider un proche. En préparant cet épisode sur la santé mentale, j'ai appris qu'il existait pas mal de ressources et de personnes à qui parler. Alors, parlons santé mentale. Échangeons entre nous. Renouons le lien social. Rien ne remplace l'écoute attentive d'un proche, d'un professionnel ou de quelqu'un formé à accompagner l'autre qui va mal.
- Speaker #0
Merci Céline pour cette mise en perspective de notre sujet santé mentale. Comme tu l'as évoqué, 70% des Français considèrent la santé mentale comme tabou. Samira et Samy, pouvez-vous nous indiquer comment en parler sans se sentir jugé ? Et peut-être rappeler à nos auditeurs et auditrices à quel moment on considère que notre santé mentale va mal, comme nous le demande notre assuré Khadija.
- Speaker #2
Alors j'aurais envie de vous dire, on peut en parler comme n'importe quel sujet, parce qu'on a le droit. On a le droit de ne pas être bien. Vous l'avez dit tout à l'heure, il n'y a pas de santé sans santé mentale. Donc je peux en parler parce qu'aujourd'hui, la santé mentale est l'affaire de tous. C'est devenu l'une des priorités des politiques publiques en 2025 et c'est d'ailleurs encore la priorité en 2026. Certes, la santé mentale est parfois taboue, c'est historique. Mais on peut dire toutefois que depuis le Covid, on en parle de plus en plus. Moi, le message que je veux faire passer, c'est qu'on a le droit de ne pas aller bien. On a le droit de dire aussi que ça ne va pas bien et ne pas aller bien ne veut pas dire non plus grave maladie et prise en charge médicale. Il faut en parler, c'est un droit et c'est en parlant de plus en plus ensemble, à tout âge, tout au long de la vie, que la santé mentale ne sera plus taboue dans la société.
- Speaker #0
Mais justement Mélanie, cela me... permet de rebondir sur une interrogation de Willy qui se questionne sur le dispositif Mon Soutien Psy.
- Speaker #3
Oui, Mon Soutien Psy, c'est un dispositif de l'assurance maladie qui a été mis en place il y a quelques années suite au Covid notamment et qui a été réévalué l'année dernière et qui permet d'avoir jusqu'à 12 séances prises en charge chez un psychologue. L'accès est facilité puisque c'est pris en charge à 100% par l'assurance maladie et sans avance de frais, notamment pour les personnes qui sont bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, la C2S. Sur ce dispositif, vous y retrouverez uniquement des psychologues qui sont conventionnés. La liste est disponible sur le site amelie.fr. Il y a un annuaire qui est disponible où vous pouvez choisir le professionnel le plus proche de chez vous, de votre choix tout simplement. Il faut savoir que ça peut être fait également en hybride, puisque la première séance est obligatoire en présentiel et le reste peut être fait à distance. Et c'est accessible sans ordonnance, surtout donc très facilitant. Au niveau de l'accès, qui est concerné ? Ce sont tous les assurés dès l'âge de 3 ans. Donc même pour les enfants, on a des praticiens qui sont spécialisés.
- Speaker #0
Merci pour ces éclairages sur le dispositif Mon Soutien Psy, Mélanie, et sur le parcours thérapeutique en général. D'autres assurés déjà présents dans un dispositif de suivi nous questionnent sur la difficulté à s'en sortir et nous pointent des hauts et des bas ou des baisses de motivation. Qu'est-ce qu'on peut leur répondre Samira ?
- Speaker #2
Alors, ce qu'on peut leur répondre, c'est de bien prendre en considération cette notion de temps. Le temps, c'est très important en fait. Le temps que je me rende compte que ça ne va pas, le temps que je m'accepte, et ensuite le temps de trouver un professionnel adapté. Et ensuite, une fois que je vais consulter le professionnel, il va falloir du temps. Parce qu'une thérapie, c'est plus ou moins long, c'est en moyenne entre 10 et 20 séances. C'est un peu comme un traitement. Honnêtement, lorsque j'ai une petite infection et qu'il faut que je prenne un antibiotique, le médecin va se prescrire 7 jours, 8 jours, 10 jours et parfois ça va être renouvelable. C'est un peu comme une fracture où pour me rétablir de ma fracture, je vais me faire opérer. On va me mettre une broche et puis du plâtre et puis j'aurai une béquille et puis de la rééducation. Au niveau de la santé mentale, c'est pareil. Cette notion de temps est très importante dans le parcours de soins. C'est vraiment une notion à ne pas négliger et surtout à accepter.
- Speaker #0
Et justement, ça nous permet de rebondir avec une question de Nicolas, qui d'ailleurs reboucle aussi avec notre propos introductif. Si la santé mentale est comme la santé physique, comme vous le disiez Samira, si on peut avoir un arrêt de travail parce qu'on s'est cassé une jambe, peut-on bénéficier d'un arrêt de travail ? ou d'un accident de travail pour cause de souffrance psychologique ?
- Speaker #3
Oui, alors l'arrêt de travail, il est possible. Après, il n'est pas systématique. Ça reste à l'appréciation du médecin, médecin traitant, médecin du travail. Il dépend également de la sévérité des symptômes, du lien avec le travail également qu'il peut y avoir. Je pense que le plus simple, c'est dès qu'on ressent un mal-être ou un impact sur son travail en lien avec sa santé mentale, il ne faut pas hésiter à se tourner vers un professionnel de santé. et notamment son médecin pour qu'il puisse juger si l'arrêt de travail est possible, tout simplement.
- Speaker #0
Et peut-être avant de laisser nos auditeurs et auditrices, Samira, avez-vous un mot de la fin ?
- Speaker #2
Oui, j'aimerais rebondir. Tout à l'heure, tu m'avais demandé comment prendre soin de soi. J'ai donné quelques conseils, mais j'insiste sur le fait que la meilleure façon de prendre soin de soi, c'est de s'informer. Et il existe une multitude de sites qui sont validés par les politiques publiques comme Parlons Santé Mentale, Psycom, Nightline, qui sont des sites ressources qui nous permettent de mieux comprendre ce qu'est la santé mentale, où m'orienter, à qui en parler, ce que je peux faire, ce que je peux mettre en place pour aller mieux, pour apporter aussi de l'aide à quelqu'un. Donc ce sont des ressources qui ne sont pas à négliger. Je voudrais également aborder la formation Premier Secours Santé Mentale. Il existe une formation pour aider une personne qui fait un malaise ou qui fait une crise cardiaque. C'est connu depuis des années. Et bien là, depuis quelques années, en France, il existe une formation qui nous permet d'aborder une personne qui souffre d'une problématique de santé mentale sans tabou. L'idée de cette formation, c'est lorsque je suis face à une personne qui présente une problématique de santé mentale, qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je dis ? Comment je l'aborde ? Comment je l'accompagne ? Comment je l'oriente ? et surtout vers qui je l'oriente. Donc c'est vraiment une formation qui mérite d'être mise en lumière. On peut se former à l'échelle nationale. Il y a une multitude de sessions qui se mettent en place. N'hésitez pas à vous rendre sur le site de Premier Secours Santé Mentale France pour avoir toutes les informations.
- Speaker #0
Merci beaucoup à Mélanie et Samira pour vos regards et conseils autour de la santé mentale.
- Speaker #2
Merci à toi d'aborder ce sujet plus qu'important aujourd'hui.
- Speaker #0
Vous l'aurez compris, en 2026 et plus que jamais, levons les tabous et parlons santé mentale. Nous remercions Odile, Khadija, Amzi, France, Willy, Nicolas et Nathalie pour leurs questions qui nous ont permis de construire cet épisode. Le quart d'heure santé, c'est fini pour aujourd'hui, mais nous vous donnons rendez-vous prochainement. D'ici là, n'hésitez pas à nous partager vos questions sur la santé, les démarches à adopter ou certains dispositifs en particulier sur nos réseaux sociaux. Facebook Blue Sky, LinkedIn et Youtube mais aussi via la fonctionnalité commentaire sur Spotify on collecte, on répond à toutes vos questions dans ce podcast santé Retrouvez les précédents épisodes du quart d'heure santé sur toutes les plateformes de podcast et n'hésitez pas à vous abonner à notre chaîne