Speaker #0Bienvenue. Sur notre bureau, ici nous sommes sur la Dordogne, la partie basse d'Ordogne. Nous nous situons en Sainte-Terre, la capitale de l'Alent-Proix. C'est un village de pêcheurs depuis le XIVe siècle. Ici, nous sommes sur la partie basse d'Ordogne. La particularité de cette partie de la Dordogne, c'est qu'on est encore sous l'influence des marées. Toute notre vie, et notamment notre activité de pêche fluviale, est lié et rythmé par ces marées. Nous sommes très loin de l'océan, puisque l'océan a plus de 250 km, l'estuaire fait 80 km, et après la rivière est toute en méandre, donc vue du ciel c'est magnifique. Du coup, il y a une grande distance depuis l'océan. Et l'effet de marée se poursuit jusqu'au-dessus de Castillon-la-Bataille, à Pessac-sur-Dordogne. Donc c'est important parce qu'on va voir aussi au travers de ce parcours, le parcours des poissons migrateurs. Et c'est important de parler de ça parce que cet effet de marée va aussi impliquer qu'on puisse aller à la pêche ou pas. Donc David, mon mari, est pêcheur depuis trois générations ici à Sainte-Terre. Son père était pêcheur, il y a eu une grande mobilité géographique professionnelle puisque son papa habitait la maison d'à côté. Et aujourd'hui, nous pêchons comme pêchait son père, comme pêchait son grand-père et comme pêchaient les pêcheurs du Moyen-Âge. Pourquoi je mets l'accent sur ça ? C'est que Sainte-Terre, c'est un village de pêcheurs depuis le XIVe siècle. Donc, les gens ici, les villageois, se sont nourris de cette activité. Nourris parce qu'autrefois, même ceux qui travaillaient pour les pêcheurs professionnels, étaient payés en poissons. Et il fallait, dans les vieux contrats de travail, les vieux parchemins, on découvre, c'est anecdotique, mais c'est assez drôle, c'est qu'il fallait que les ouvriers pêcheurs soient payés en monnaie saumante et trébuchante au moins une fois par semaine. Parce que le reste du temps, ils étaient payés en poissons. Donc en fait, pourquoi Sainte-Terre est la capitale de la Longue Croix ? Parce qu'aujourd'hui, ici à Sainte-Terre, on est dans le Libournet. Et la culture gastronomique dont on va parler après de la Lamproie est intimement liée aussi au parcours, la qualité du poisson est intimement liée au parcours qu'a fait la Lamproie de son retour de migration où elle va être pêchée. Et la qualité du poisson est liée à ce retour de migration dont on parlera tout à l'heure. Donc ici, sur ce bureau, qui quand il fait beau, fait sourire souvent les gens. Mais il faut savoir que la plupart des pêches que l'on pratique se pratiquent l'hiver. Donc, c'est beaucoup moins drôle qu'il plus est quand il pleut et quand c'est la nuit, puisque qui dit marée dit des horaires qui changent en permanence. Et donc, on peut pêcher la nuit pour certaines espèces. Quoi dire sur la pêche ? La pêche, c'est un très vieux métier, comme je l'ai dit tout à l'heure. On pêche ici depuis certainement la nuit des temps. et cette pêche de tout temps à jamais a toujours été encadrée par l'État, et notamment la pêche des poissons migrateurs. Donc on ne pêche pas comme on veut et quand on veut. Donc ici... Sur cette partie de ce linéaire de rivière, un peu plus loin, on ne voit pas parce qu'il y a un méandre et c'est le village de Cabara. D'un côté, il y a Sainte-Terre, 9 km de frontière avec la rivière. Donc, vous pouvez imaginer le nombre de personnes qui ont vécu de ce métier-là sur les bords de la rivière à Sainte-Terre. Et nous, on se situe ici, sur la partie basse d'Ordogne. Après, on va voir la moyenne d'Ordogne et la haute d'Ordogne. Et là, on retrouve la d'Ordogne. dans tout son linéaire, depuis sa source dans le puits de Sancy, où la Dordogne et la Dogne se rejoignent, pour former la rivière, le fleuve, puisque la Dordogne se jette au même titre que la Garonne, dans l'estuaire, voilà. On ne peut pas parler de la Dordogne sans parler de cette particularité locale, c'est le mascaré, donc cette vague qui arrive par la marée de l'océan, et qui va... une seule vague, donc qui va rentrer dans l'estuaire et parcourir la Dordogne jusqu'à peu près au-dessus de Castillon. Alors bien évidemment, le spot historique où tout le monde va voir le mascaré, notamment sur les marais d'Equinox, c'est à Saint-Pardon, sur la commune de Verre, avant Libourne. Donc là où on a une multitude de gens depuis plusieurs années qui viennent surfer, kayaké, avec leur planches, de toutes les manières possibles et inimaginables. Donc ça, c'est une expérience à vivre, à voir et à vivre. Et du coup, il ne faut pas louper la vague, parce qu'il n'y en a qu'une. Donc ce mascaré, bien évidemment qu'il arrive juste ici, à Saint-Terre, mais comme la distance est de plus en plus longue, la vague du mascaré va venir s'écraser tout au long de son parcours. Donc elle passe Libourne et le Brannes et chez nous c'est une, on va dire, une vaguelette. Quand le mascaré est très fort, ça devient une vaguelette ici et sinon on ne la voit pas. Elle passe, mais on ne la voit pas parce qu'avec l'effet de l'eau, des courants, on ne discerne plus ce qui est mascaré ou courant de la rivière. Mais il n'empêche que le mascaré, s'il y a une expérience touristique unique en France quand même à voir, c'est bien le mascaré. C'est autre chose, bien évidemment on a le vin, on est très proche de Saint-Émilion, Saint-Terre ça servait de port pour les barriques qui arrivaient du Coteau, de Saint-Émilion. On est dans la partie, la Dordogne est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, on est dans la zone tampon, c'est-à-dire on est à côté de la zone qui est classée. Néanmoins, l'histoire de la Dordogne, de la vie des habitants sur les rives, sont intimement liées à la Dordogne, puisqu'on avait des gabards qui, par leur va-et-vient, tout au long des siècles, sont venus aussi apporter du bois, notamment, ou des noix, ou des produits typiquement de Dordogne, sont venus au fur et à mesure transporter des barriques de vin au fur et à mesure du périple, et quand certaines remontaient, remontaient avec des denrées un peu plus exotiques ou un peu plus rares. pour ceux qui vivaient sur la Haute-Dordogne. Et du coup, le chemin qui passe juste là, c'est le chemin qu'on appelle le chemin de halage, puisque historiquement, ici à Saint-Terre, on avait des haleurs, donc c'était des hommes qui, avec des harnais sur les zones dangereuses, notamment là où il y a des marées, des courants, tiraient les gabards le long de ce chemin de halage pour les sécuriser. Et vers le milieu du XIXe siècle, on a interdit les haleurs humains au profit des bouviers, parce qu'on retrouvait des bouviers haleurs sur toutes les rivières françaises. Mais ici à Sainte-Terre, ça a été aussi une petite crise. C'est anecdotique, mais ça a été une petite crise, puisqu'on prenait le travail de ces haleurs, dont c'était leur métier, mais ça a été considéré comme une forme d'esclavage, et il y a eu quelques rixes entre les derniers haleurs humains. et les haleurs bouviers qui ont progressivement remplacé les haleurs. Sainte-Terre, ça a toujours été un lieu déjà propice à la pêche, toujours eu beaucoup de pêcheurs. De ce fait, il y a toute une activité économique dans ce village qui est né. Et par exemple, il y avait un très vieux fabricant de filets qui existe encore, qui est la famille Guignon, qui après s'est installée à Bordeaux. Mais les pêcheurs d'Arcachon, Les pêcheurs de Garonne venaient acheter leur filet qui était tressé, tissé. ici à Sainte-Terre. Et à l'angle plus loin, il y avait aussi la construction navale. Donc on avait beaucoup de bateaux de gabards qui étaient construits également à Sainte-Terre et pas que. Il faut quand même parler de ce qui nous intéresse, c'est-à-dire les poissons qu'on retrouve dans la Dordogne. Donc historiquement, la Dordogne est une des rivières façades atlantiques, des fleuves pardon, de façades atlantiques, comme la Loire, comme la Dour. comme la Garonne, où on retrouve des espèces emblématiques, des espèces migratrices emblématiques, dont la lamproie fait partie, mais pas que. Puisqu'au Moyen-Âge, on pêchait énormément de saumon, le saumon sauvage, pas celui qu'on trouve sur catalogue où on choisit la couleur pour pouvoir mieux la vendre. On avait l'esturgeon, l'esturgeon européen. On a l'alose, ici méconnue en France, mais très connue des locaux. C'est une espèce migratrice. Il y a la grande alose et une plus petite alose. Je vais parler beaucoup en argot aujourd'hui, parce qu'ici, on parle encore en argot. L'autre famille d'alose, c'est une plus petite alose qu'on appelle ici la gâte. L'anguille, bien évidemment. Et la lamproie. Pour la lamproie, il y a deux espèces différentes. Il y a la lamproie marine, celle pour qui on voit un culte gastronomique avec la lamproie à la bordelaise. Et on a aussi une petite lamproie qui n'est pas plus grande que ça. Souvent, les gens pensent que c'est le bébé lamproi, mais absolument pas. C'est une espèce à part entière. C'est la lamproi fluviatile, qu'on appelle ici plus communément dans l'argot local le lamproyon. Donc, ces poissons migrateurs vont parcourir, vont naître en rivière, vont aller grandir en mer et revenir après en rivière pour se reproduire et mourir. La seule espèce qui a une migration inversée, on appelle ça... Thalassotoc, c'est Longui, puisque Longui, elle, elle naît dans la mer des Sargasses. Le bébé, le bébé Anguille, qui est la civelle, ici qu'on appelle la pibale, dans l'argot toujours, elle, donc elle naît dans la mer des Sargasses. Par les courants du Gulf Stream, cet alevin, la civelle, va parcourir plus de 6 000, 7 000 kilomètres pour venir rejoindre les fleuves européens, pour pouvoir grandir et repartir. quand le cycle est fini, vers la mer des Sargasses pour se reproduire et mourir. Et pour la petite anecdote, l'anguille va se reproduire si profondément dans la mer des Sargasses qu'à ce jour, on va sur la Lune, mais on ne sait toujours pas comment une anguille se reproduit. Tous les autres poissons migrateurs dont on a parlé, et l'allemproie, ce sont des potamotax, donc ce sont des poissons qui naissent en rivière, en fleuve, et qui vont repartir en mer. pour grandir à l'âge adulte et vont revenir finir leur cycle en se reproduisant et à la fin de la reproduction, ils meurent. Déjà, il faut partir sur l'histoire de la pêche. En Gironde, c'était un département où il y avait beaucoup de pêcheurs professionnels fluviaux. Pour vous donner un exemple, il y avait à peu près 200 pêcheurs en Gironde de pêcheurs professionnels fluviaux, répartis sur la Dordogne et la Garonne. Et à partir des années 80, il a commencé à y avoir des interdictions pour protéger les poissons. Il faut aussi historiquement remettre dans le contexte, au milieu du 19e siècle, il y a les premiers barrages, dont Bergerac par exemple, aussi en amont, qui vont être, ces barrages, quand ils vont être construits, bien sûr d'utilité publique, néanmoins, ça va faire des ruptures sur la continuité écologique des cours d'eau. Et c'est pour ça que ces dernières années, beaucoup... beaucoup de barrages sont modifiés et on va apporter des passes à poissons, des ascensures à poissons pour permettre aux poissons migrateurs de remonter le plus loin possible sur les zones de frayères historiques. Donc ça, il faut se remettre en tête. Bien évidemment que le poisson s'est adapté et a fait ses zones de frayères, a fait ses nids plus bas. Néanmoins, c'est vraiment au-dessus que les eaux sont le plus propices. pour la reproduction. Quand les eaux sont très calmes, quand il y a tout ce gravier emblématique, il faut vous dire aussi également, pour remettre les choses dans leur contexte, qu'à partir des années 70-80, il va y avoir les constructions des routes. Et en face, vous avez une friche, alors on ne voit pas bien derrière les arbres là, mais vous avez une friche industrielle où on va, à partir fin des années 70, début 80, autoriser à puiser la grave de la rivière pour pouvoir construire les routes. Donc aujourd'hui, si on a des bouchons vaseux, parce qu'on voit bien que la rivière, elle n'est pas comme quand on est dans le département de la Dordogne. Autrefois, il y avait des cailloux partout, le lit de la rivière était nickel. À force de puiser cette grave, on a détruit le lit de la rivière et on a mis des années à pouvoir interdire les lobbies, parce que c'était le tout-feu des routes et des autoroutes. On a mis des années à interdire l'extraction de graves. Et du coup, le lit de la rivière sur notre partie Basse-d'Ordogne a été fortement détérioré. Donc ça, ce sont les premières explications et ce sont les premiers aléas. qui sont venus contraindre les poissons migrateurs vers leur lieu de reproduction. Ensuite, bien évidemment, quand on est 200 pêcheurs professionnels, il y avait aussi des pêcheurs amateurs, bien évidemment que sur certains poissons, notamment l'esturgeon et le saumon, bien évidemment qu'à cette époque-là, il y avait une pêche très importante, donc on peut parler de surpêche, et c'est pourquoi au début des années 80, on va interdire… la pêche de l'esturgeon pour le protéger. Mais le mal a été grandement fait. Et du coup, quand on s'est rendu compte de ça, on a très vite interdit la pêche du saumon, le saumon atlantique, qui lui, depuis ce temps-là, a bénéficié de campagnes de réintroduction pour préserver, protéger l'espèce et la maintenir avec difficulté. On va le voir tout à l'heure, parce qu'au fil des années, il est apparu d'autres contraintes. dont un poisson dont on va parler qui n'est pas un migrateur, qui est le silure, et qui n'est pas un poisson autochtone de nos rivières, mais qui maintenant, après son introduction dans les années 80, est devenu très grand, très gros, et qui se nourrit, et il se nourrit en priorité de quoi ? De ce qu'il a apporté de bouche, c'est-à-dire les poissons et les poissons migrateurs. Donc ces deux poissons ont été les deux premiers poissons à être interdits à la pêche, Et comme je vous le disais tout à l'heure, la pêche, elle est légiférée. depuis le Moyen-Âge. Donc la législation autour de la pêche fluviale professionnelle est allée de contrainte en contrainte pour justement harmoniser et permettre aussi aux poissons de remonter de continuer à aller se reproduire. Dans les années 2000, on a les premières très importantes canicules et là on a vu les contingents d'alloses se réduire. Donc on pense que l'impact... avec les baisses des niveaux d'eau, le bouchon vaseux, cette base avec la chaleur en suspension, les niveaux très bas, l'eau qui se réchauffe. Ces dernières années, l'été, on peut avoir la rivière à 28-30, pour vous donner un ordre d'idée. Bien évidemment que, sans être scientifique, en toute logique, on peut imaginer que ça a un impact sur les poissons migrateurs, et ça, ça s'étudie encore aujourd'hui. Voilà pour les espèces qui ont été protégées, puisque du coup, la pêche de l'alose a été interdite, en tout cas la grande alose, alosa alosa, en 2008. C'était un moratoire de 5 ans, mais depuis, le moratoire n'a jamais été suspendu. Donc, on peut pêcher aujourd'hui la petite alose, la alose phallax, qu'on appelle l'agate, mais plus la grande alose depuis 2008. L'anguille, on la pêche toujours. Donc la civelle, le bébé, la levain de l'anguille, elle, elle est complètement légiférée. Donc c'est une pêche, c'est un quota collectif, c'est légiféré au niveau européen. Donc pour justement protéger l'espèce. Et aujourd'hui, il faut aussi relativiser. Nous ne sommes plus que 30 pêcheurs professionnels en Gironde. Donc c'est un métier qui vient de la nuit des temps, qui a nourri des générations et des générations. Aujourd'hui, il n'y a plus que... 30 pêcheurs et sur ces 30 pêcheurs en Gironde, à l'heure où je vous parle, il y en a plus de la moitié qui ont plus de 62 ans. Donc, ce n'est pas un métier en devenir. Et au fur et à mesure des interdictions, on a vu que les pêcheurs n'ont pas continué ou souvent c'était les fils de pêcheurs qui reprenaient l'activité familiale. Aujourd'hui, à 30, on peut imaginer que ce n'est pas le cas. métier. aussi en voie de disparition. La lamproie, c'est le poisson ici emblématique parce qu'on en a fait une culture gastronomique emblématique locale. Il n'y a pas plus Bordelais ou Girondins que la lamproie à la bordelaise. Et cette recette, elle vient du fond des temps puisqu'on la date à peu près du Moyen-Âge. Et on retrouve, pour la petite histoire, des traces de repas de festin royaux. puisque la lamproie au Moyen-Âge, ce n'était que pour les nobles. Les pêcheurs ne pouvaient pas la vendre tout un chacun sur le marché. C'était uniquement destiné aux nobles et aux rois, puisqu'on retrouve dans les festins royaux des premiers livres de recettes du viandier de Taïwan, la lamproie cuisinée sur les tables royales au XIVe siècle. Donc, cette emproie, ces dernières années, au regard de tout ce que je vous ai dit, il y avait toujours du poisson puisque nous, on est en aval des barrages. Néanmoins, on commence à ne plus les voir passer sur les passes à poissons et les barrages. Et qui dit plus de passage aux passes à poissons dit, du coup, là, c'est le grand débat aujourd'hui, s'il n'y a plus de poissons aux passes à poissons, ça veut dire qu'il n'y a plus de poissons. Aujourd'hui, c'est un peu un raccourci parce que le poisson lui remonte, mais il va retrouver des contraintes, certes, telles que pêcheurs, les derniers qui restent, mais aujourd'hui, ils se retrouvent confrontés à des baisses de niveau d'eau, à un appauvrissement aussi des zones de frayères, parce qu'il dit réchauffement de l'eau, il dit appauvrissement de tout ce qui peut les nourrir. surtout à l'état larvaire, parce que la lamproie va se nourrir à l'état larvaire essentiellement de plancton. Et puis ce poisson qui est arrivé dans les années 80, qui n'a effrayé personne parce qu'il était tout petit, c'est un poisson, le silure, qui a été importé du Danube. C'est le poisson emblématique de Hongrie, de Roumanie. Et quand il était tout petit, personne n'a vu le danger. Sauf que c'est un poisson qui n'a pas de prédateur. Et aujourd'hui, ces poissons-là peuvent faire au pied des barrages entre 2,50 m et 2,70 m. Donc, il dit 2,50 m, 2,70 m. On peut imaginer la quantité de nourriture dont il a besoin pour vivre. Et là, des dernières estimations scientifiques, au pied des barrages, il y aurait autour de 700 individus par hectare de rivière. La pêche du silure, les pêcheurs de loisirs, aller dans ces pays-là pour faire de la pêche sportive, en se disant, on va en ramener, comme ça on n'a plus besoin de voyager, on les aura apportés, sans voir bien évidemment les dégâts qu'ils allaient commettre et la problématique qu'allait générer cette présence dans nos rivières, puisqu'évidemment avec le réchauffement climatique, le silure, il y est pompélope ici il se il se Alors, ce n'est pas qu'ils s'endorment un peu, mais il est un peu l'hiver quand les eaux sont froides, il est un peu caché et endormi. Et dès que les eaux se réchauffent, ils vont en bande aller essayer de chercher de se nourrir. Et nous, à partir de la fin de l'hiver et du printemps, on a tous les poissons migrateurs qui remontent pour venir se reproduire. Et donc, c'est du pain béni pour eux. Donc, ils ont dans les rivières, dans les fleuves côté atlantique. ils ont cette quantité de nourriture qui arrive depuis des années, et du coup, un appauvrissement, bien évidemment, de la ressource. Donc voilà, on ne peut pas tout mettre sur le dos du silure, ça serait très réducteur, mais vous voyez, de toute façon, un problème n'est jamais avec une seule cause, il y a tout un tas de causes, donc les premiers barrages, la rupture de la continuité écologique, le réchauffement climatique, là sur pêche un certain hum à une certaine période, ça on peut le dire. Et cette présence aujourd'hui, et des niveaux d'eau qui sont très très bas, notamment l'été avec le réchauffement climatique. L'esturgeon, on le retrouve plutôt dans les zones estuariennes. Maintenant qu'ils reviennent jusqu'ici, on ne peut pas le dire, on a eu des pêches dans des filets où on a pu les observer, les photographier, les mesurer, et bien évidemment les remettre à l'eau, puisque c'est ça. Si un pêcheur pêche un poisson interdit, c'est la remise à l'eau obligatoire. Ce qui fait dire que certains peuvent revenir juste ici, mais on n'en est pas encore à repeupler la rivière bien loin de là. Pour le saumon, c'est différent parce que le saumon, dès qu'il y a eu l'interdiction de pêche, très vite, il a été mis en place des campagnes de réintroduction et de protection du saumon. Donc, lui, il est encore présent, certes pas en plus grande quantité, en quantité énorme, mais toujours plus que l'esturgeon. Et il est toujours introduit, il est toujours surveillé, il est toujours protégé. Donc voilà pour ces deux espèces. Là, l'amproie, à partir des années 2020, on se rend compte qu'elle ne remonte plus au passe à poisson. Donc si elle ne remonte plus, c'est qu'il n'y en a plus. Sauf que nos carnets de pêche prouvaient que nous, en aval, on avait du poisson. Nous, on est des lanceurs d'alerte, la pêche professionnelle fluviale, on est des lanceurs d'alerte sur la présence du silure et les dégâts causés par le silure depuis les années 90. où on a commencé à voir dans nos nasses, nos bourgnes, des quantités incroyables de petits silures, donc petits silures égales aux gros poissons en devenir. Et on a lancé alerte en disant, attention, cette espèce va faire des dégâts. Et à la fin des années 2010, début des années 2020, on a commencé avec le soutien de l'État, qui a enfin accepté l'idée, parce qu'il y a eu des rapports scientifiques aussi qui prouvaient ça, de faire une campagne de régulation du silure, pour notamment au pied des parages, sortir les plus gros, et surtout pas les remettre à l'eau, pour justement permettre, maintenant qu'il y a des passes à poissons et des ascenseurs à poissons, permettre à un plus grand nombre de poissons migrateurs de remonter. Donc ces campagnes de pêche de régulation du silure ont toujours lieu tous les ans, depuis les années 2020. Et on commence à voir un peu moins gros au pied des bois rages, un peu moins gros. Ici, on est sous les influences des marées. Donc, on est bien plus loin que le barrage de Bergerac. Néanmoins, on était assez sur des petites pièces, sur des silures qui faisaient 1,20 m, 1,50 m, 1,60 m. Sauf qu'avec le réchauffement climatique et les niveaux d'eau plus bas, les poissons, maintenant, sont ici et dans les trous d'eau. parce qu'il ne faut quand même pas qu'ils se planquent pour être bien et ne pas avoir trop d'activité physique, on les retrouve à 1,80 m et 2 m ici aussi. Et c'est là où c'est inquiétant. Là, l'emploi, depuis des associations environnementales, on commence à attaquer les arrêtés de pêche qui encadrent la pêche fluviale. euh... Aujourd'hui, on est sur une suspension de la pêche de la Langrois en attendant un jugement. Et ce jugement, on l'attend puisque la pêche est suspendue sur un référé, suspension depuis 2023. Donc nous, nous sommes, pour tout dire, assuitiers puisqu'on ne travaille pas notamment sur notre ressource principale depuis 2023. Donc le métier de pêcheur, on regarde toutes ces... Ces interdictions, on comprend bien pourquoi il y a de moins en moins de pêcheurs aussi. Quand la pêche était autorisée, on faisait ce qu'on appelle la translocation de l'emploi. Ça veut dire qu'on pêchait de l'emploi qu'on avait en quantité, on avale, et pour les aider à passer les différents obstacles, et notamment l'obstacle du filure, on les transportait avec des camions aquarium sur des zones très en amont de la Dordogne ou sur le Siron, des zones démunies de filures, où la présence du filure n'était pas un danger, où ils étaient quasiment absents. pour favoriser la reproduction de la lamproie. Cette opération, qui est menée depuis de nombreuses années maintenant, fait ses preuves, puisque les scientifiques qui étudient et l'association qui est en charge du suivi de cette opération de préservation prouvent que les nids de lamproie sont très prolifiques, d'année en année, au regard de cette opération de translocation. Depuis la suspension, En 2023, l'État a mis en place un arrêté scientifique pour justement qu'on puisse continuer à pêcher la lamproie uniquement à des fins de préservation, cette fameuse translocation, pour pouvoir permettre aux lamproies d'être directement sur leur zone de frayère et qu'elles puissent se reproduire sans être dévorées avant d'arriver sur ces points-là. Donc cette opération continue toujours, mais ces associations... sont capables aussi d'attaquer cet arrêté scientifique sous justificatif que quand on pêche, on pêcherait des espèces interdites. Mais de tout temps à jamais, les espèces interdites, quand on les pêchait, si on les pêchait, elles étaient remises à l'eau automatiquement. On est en région viticole, donc qui dit l'emploi, dit l'emploi à la bordelaise, qui dit l'emploi à la bordelaise, dit l'emploi et vin. Puisque là, l'emploi à la bordelaise, on en parlera tout à l'heure, c'est une alchimie. c'est un plat gastronomique qui nécessite la présence du vin. Donc, on a toujours dit, pour une Lamproie achetée, il y a au moins deux litres de bouteilles de vin achetées. Parce qu'il y a une bouteille qui est dédiée à la cuisine de la Lamproie et une bouteille qui est dédiée à la consommation du vin, bien sûr, en toute proportion gardée, de manger la Lamproie. on croit la bordelaise avec un bon vin. Donc c'est toute une économie qui est aujourd'hui suspendue, bien au-delà de ce qu'on peut imaginer. Les techniques de pêche se pratiquent toujours comme au Moyen-Âge, c'est juste le matériel qui a changé, c'est-à-dire les matériaux des matériels de pêche qui ont changé. Comme je le disais tout à l'heure, l'État légifère toutes les pêches, on pêchait la lampe croix de janvier à avril. On ne pêche pas comme on veut, quand on veut. Déjà, on pêche notamment la lamproie que sur marée descendante avec nos filets. On pêche du lundi au vendredi ou du lundi au samedi de telle heure à telle heure pour permettre aux poissons de continuer à remonter. Et quand on pêche aux filets, nos filets n'ont pas à couvrir la largeur de la rivière. Donc même la taille de nos filets est réglementée. en fonction de la taille de la rivière. Voilà pour les techniques de pêche. Et si vous voulez, puisqu'on en est sur les techniques de pêche, aujourd'hui, on va pêcher comme on pêchait au Moyen-Âge. Tout simplement, les matériaux de ces instruments de pêche, eux, vont évoluer avec le temps. Néanmoins, on pêche toujours de la même manière. Donc, il y a deux techniques principales de pêche pour les pêcheurs professionnels. en eau fluviale. Donc, on a une première technique qui est la technique au filet dite dérivant. Donc, petit bateau. Pourquoi un petit bateau ? Donc, ce sont tous déjà des bateaux à front plat. C'est la caractéristique des bateaux de pêche sur la Dordogne. Une plus grande stabilité aussi. Et du coup, la pêche au filet, c'est-à-dire qu'on va partir sur ce qu'on appelle des lents de pêche à la haine. Un lent de pêche, c'est un espace de rivière Merci. où les fonds sont assez plats, où en début de saison, bien avant la saison, plusieurs pêcheurs vont passer des grandes chaînes pour racler les fonds, enlever les branches qui pourraient déchirer les filets. Et pour vous donner un exemple, ici on a un espace de rivière qui est propice, donc un long pêche qui fait à peu près 500 mètres, mais notre lieu de pêche, notre long historique qui est pratiqué depuis la nuit des temps, c'est un petit peu plus loin après ce virage. À gauche, on a le village de Cabara. À droite, on a la Sainte-Terre. Et là, on va avoir un linéaire de rivière qui fait plus d'un kilomètre propice à la pêche au filet dérivant. La pêche au filet dérivant, c'est qu'on va déposer en largeur de la rivière notre filet. qui va être maintenu de l'autre rive avec une bouée, et on va déployer le filet, et on va se laisser porter par la marée qui descend. Donc au bout du long de pêche, on remonte le filet, on vide le filet, on remonte la rivière, et on recommence jusqu'à l'étale. Donc en fait, on ne pêche pas comme on veut, quand on veut, et puis on ne pêche pas quand il y a des inondations, parce que ce n'est pas possible, quand les eaux sont trop fortes. c'est pas possible quand les autres sont trop basse on a différentes tailles de filet pour pêcher avec des filets qui vont plus en profondeur des puissants des filets qui vont pêcher plus en surface et souvent c'est magnifique parce que ça fait une ligne de flotteurs qui se dessine sur la rivière et sur cette ligne de flotteurs bas on peut déjà appréhender si on a quelques prise ou pas puisque les flotteurs vont se mettre à bouger ou à couler. Et c'est là où on se dit qu'on a certainement une prise. Donc ça, c'est une technique de pêche ancestrale. Donc ce qu'on appelle les filets de tramail, c'est trois voiles de maille. Parce que pour pêcher la lamproie, notamment, comme la lamproie, elle est anguilliforme, et tout en longueur, si on n'avait qu'une seule taille de maille, elle passerait à travers. Donc du coup, là, on a une superposition très, très fine de voiles de maille avec des tailles de maille différentes. Du coup, quand la lampe croît, rencontre le filet, elle essaye de le contourner et elle va venir s'emberlificoter dans le filet. Alors dans le Libournet, autrefois, bien évidemment les bateaux n'avaient pas de moteur et pour pêcher au filet c'était assez compliqué. On avait ce qu'on appelle des landes d'escaves, des pêches au filet, mais tirées. Donc c'est une technique qu'on retrouve. partout dans le monde, la pêche à la Seine, on avait un groupe d'hommes qui tenaient un bout du filet. Le patron pêcheur amenait le filet au large, ramenait le bout un petit peu plus loin et un autre groupe de pêcheurs tirait et ensemble, on ramenait la poche de filet avec le poisson à l'intérieur sur la rive. Ça nécessitait beaucoup de personnes puisqu'avec la force des marées, avec les courants et puis le poids du poisson et puis la force de l'eau, ça nécessitait beaucoup d'hommes. Ça, c'est une technique qu'on retrouve partout dans le monde. Dans le Libournet, et puis sur les rives de la Garonne, on avait cet engin aussi. Celui-là, ce n'est pas historique, ça a été reconstitué. On attachait, c'est un cabestan, donc un appareil de force. On attachait, ils étaient un peu enfoncés dans la terre, on attachait le bout du filet au cabestan. Le patron pêcheur ramenait son filet au large, ramenait l'autre bout, et il suffisait de très peu d'hommes pour tourner le filet et ramener le filet à terre, avec les poissons à l'intérieur. L'autre bateau, qui est beaucoup plus grand, qui est juste à côté, il est beaucoup plus large et plus grand. parce qu'avec ce bateau-là, on va plutôt aller à la pêche aux bourgnes. Donc les bourgnes, notre argot local, ce sont des nasses, et des nasses bien spécifiques pour pêcher l'alloncroix. Voici une bourgne. Donc cet engin de pêche est dédié à la pêche de l'alloncroix. Il faut vous dire qu'autrefois, ces bourgnes, ces nasses, elles étaient tressées par les pêcheurs avec l'osier. puisqu'on a sur nos bords de rivière des sols. Les pêcheurs taillaient les sols, les faisaient sécher et tressaient leurs nasses, comme on verra après dans la salle, les nasses en osier. Du coup, il faut vous imaginer, comme c'est fait avec des éléments naturels, que même s'ils tressaient ça toute l'année, une saison de pêche et le matériel était à reconstruire chaque année. Donc, ça occupait bien son homme et toute une famille. Aujourd'hui, ce sont des nasses qui sont faites comme des casiers à poisson en mer. Néanmoins, elles sont construites de la même manière que les bourgnes en osier. C'est un matériau bien plus solide. Il n'empêche qu'avec les inondations, les fortes marées, on peut en perdre. Là, même si on peut les réparer, on va les garder une dizaine d'années. Elle est, vous voyez, avec un système de double entonnoir. Donc on a un premier entonnoir à l'entrée et un deuxième entonnoir avec un fil un petit peu plus souple pour... pour ne pas abîmer le poisson, qu'on voit bien ici. Donc on va prendre des grappins. Avec ces grappins, on va lester des cordes en largeur de la rivière. Et lorsque les cordes sont bien restées au fond de la rivière, on va venir accrocher une dizaine de nasses. Et du coup, par le lestage de ces grappins de la corde, auxquels on attache une dizaine, une douzaine de bourgnes, on va avoir nos nasses. dans le lit de la rivière. La lampe-croix de retour de migration, plutôt en début de saison, va plutôt nager en fond. Donc, c'est une technique pour les poissons qui nagent au fond de la rivière. Donc, la lampe-croix de retour de migration, elle est fatiguée par le long parcours qu'elle a fait. Et autour de la nasse, il y a une agitation du fait des marais, des courants. Et au milieu, c'est calme. Et en fait, la lampe-croix, elle va rentrer dans la nasse uniquement. pour se reposer. Donc elle va rentrer à l'intérieur du premier entonnoir et dans la logique va poursuivre et se retrouver enfermée, piégée dans cette deuxième partie. Donc toutes les semaines, une à deux fois par semaine, on va relever les bourgnes par le couvercle, on va les vider dans le vivier, dans le bateau et réinstaller. l'anasse au fond de l'eau. Voilà sa petite sœur qui n'est pas du tout destinée à la pêche de la Lamproie mais ce sont les bourgnes que l'on va installer à partir du 1er mai jusqu'à fin septembre au fond de la rivière pour les anguilles, la pêche de l'anguille. Donc exactement le même système avec une ouverture en entonnoir et un second entonnoir un petit peu plus loin. Par contre, autant l'empereur rentre dans les bourgnes pour se reposer, donc on n'a pas besoin d'impater, autant celle-là, si on n'impate pas, l'anguille ne rentrera jamais. Elle va rentrer dans la nasse parce qu'il y aura de la nourriture. Pas de nourriture, pas d'anguille dans les nasses. Voilà. Et cet engin de pêche, On va l'utiliser ici aussi en Gironde, c'est très connu, pour pêcher à partir du mois d'août jusqu'à septembre, octobre. Une petite crevette qui remonte de la mer, qui est une toute petite crevette blanche translucide, qui remonte les rivières, les fleuves côté atlantique, à partir de juin. Nous, on est loin de l'océan, donc elle va arriver ici mi-août, fin août. Et cette petite crevette blanche... C'est l'apéritif du pêcheur ou l'apéritif bordelais, puisque quand on la pêche, on va la faire cuire en courbouillon avec de l'anis étoilé. Et c'est vraiment quelque chose qui est dans toutes les mémoires des familles, notamment de bord de rivière, de manger cette petite crevette qu'on mange entièrement, parce qu'elle est toute petite. Et pourquoi on l'appelle la crevette blanche ? Parce qu'elle est translucide quand on la pêche et elle devient toute blanche quand elle est cuite en courbouillon. Pour pêcher la civelle, on a des bateaux avec des... avec des tamis sur les côtés qu'on appelle la pêche à pousser, puisque c'est des bras qui mettent les tamis dans l'eau et on avance avec les moteurs. Nous ici, on pêche encore avec nos petites lumières la nuit, puisque la pêche de la civelle c'est une pêche de nuit, et on pêche avec des tamis. Donc ce n'est pas du tout les mêmes quantités que l'on pêche. Et cette pêche-là aujourd'hui elle est autorisée. légiféré, on a un quota collectif à atteindre, et là c'est encadré par des lois européennes. Voici la reine des lieux, donc la lamproie. La lamproie, c'est Petromysum marinus, en latin ça veut dire suce-pierre, on va voir pourquoi on l'appelle, on lui a donné ce nom-là. Donc la lamproie, c'est un poisson migrateur, c'est un poisson qui vient du fond des temps, puisqu'elle vient de la préhistoire. et c'est une des rares espèces dans le monde qui est telle qu'à l'origine sans avoir évolué. Il faut vous imaginer qu'elle est présente sur Terre depuis plus de 450 millions d'années sans avoir évolué. On dit poisson parce qu'elle vit dans l'eau, mais des scientifiques s'interrogent sur le terme de poisson et vont plutôt utiliser le terme d'animal aquatique, voire même animal fossile vivant. fossile parce qu'elle vient de la préhistoire et elle a surécu à l'extinction des dinosaures il y a 66 millions d'années et elle est telle qu'à l'origine. Donc pourquoi on s'interroge sur la qualité de poisson ? Tout simplement, c'est qu'un poisson a une mâchoire et une paire de nageoires latérales. La lomproie n'a pas de nageoire latérale et n'a pas de mâchoire. Ce qui interroge beaucoup les gens, puisqu'elle a des dents, c'est difficile d'assimiler le fait que cette bête-là a des dents et pas de mâchoire. Elle ne peut pas mordre, elle vit la bouche ouverte. C'est très flagrant quand on la sort du gigier, quand on la montre. Elle se rétracte, mais elle ne ferme jamais la bouche. Donc ça c'est les particularités de la lamproie, du fait qu'on dise que c'est un animal aquatique plutôt qu'un poisson. Et elle a un port branchial, on ne dit pas branchie, donc son système respiratoire s'est fait de 7 trous qu'elle a de part et d'autre. Donc c'est pour ça qu'un des surnoms autrefois c'était poisson-flûte, mais je vous garantis que personne ne veut essayer de jouer de la flûte quand on l'a. Donc la lamproie, elle naît en rivière, dans les eaux calmes de la rivière. petits graviers, une lamproie femelle mais à peu près 250 000 oeufs, donc ils ne vont pas faire 250 000 lamproies, on est bien d'accord, parce qu'avec la chaîne alimentaire ça va nourrir aussi d'autres poissons. Néanmoins, la lamproie va la mossette, puisque c'est comme ça qu'on appelle le bébé lamproie, va rester à l'état larvaire microscopique et à l'état larvaire pendant 4 ans. dans les graviers de la Dordogne, et pendant toute cette période-là, elle va se nourrir de planctons. Donc il faut imaginer que ce n'est pas du tout ici qu'elle va se reproduire, c'est dans les zones plus en amont, où les eaux sont calmes, où il n'y a plus d'effet de marée, etc. Et la lamproie, de la quatrième à la cinquième année, tout d'un coup, elle va grandir d'une vingtaine de centimètres. Toute cette période-là, elle se nourrit de planctons. Et quand elle a environ cinq ans, son disque buccal, on va en parler, est formé. Et c'est l'appel de la mer, M-E-R. Donc, c'est là où elle va commencer sa migration vers l'océan Atlantique. Les zones de migration des lamproies marines sont plutôt le nord de l'Atlantique, entre les côtes américaines, canadiennes, irlandaises, anglaises et françaises. En tout cas, tout le nord de l'Atlantique. Et la lamproie va y rester à peu près de 3 à 5 ans encore. Mais elle va se nourrir d'une autre manière. On a dit qu'il n'y avait pas de mâchoire, donc ce n'est pas un poisson qui va pouvoir mâcher, donc ce n'est pas un poisson carnivore. Néanmoins, pour pouvoir se nourrir, la lampe-croix va se fixer par suction sur les autres poissons, parce que sa bouche, c'est une ventouse, très puissante. Et les dents, qui sont des petits picots très très durs qu'on voit ici, en tout cas celles qui sont au fond, ressemblent à... une amorce de dentier, et après ce sont des petits picots que l'on a là. Donc les dents vont s'ancrer dans la chair du poisson, et la particularité c'est qu'en s'ancrant, ça va diffuser un anesthésiant naturel, et le poisson ne sait pas qu'il est parasité. Et à partir de là, alors là c'est pas très flagrant parce que c'est une sculpture, mais il y a comme un crochet, je vous montrerai une autre photo, et cette langue, cette râpe, va venir percer le cuir du poisson. Le poisson ne sent pas qu'il est parasité. À partir du moment où le crochet, la langue, la petite langue va venir percer, ça va faire un trou et elle va, par mouvement d'absorption circulaire, absorber tous les liquides vitaux du poisson qu'elle parasite. C'est comme ça que la lamproie, pendant les quelques années qu'elle passe en mer, de 3 à 5 ans, c'est comme ça qu'elle va se nourrir et prendre cette taille-là. Donc voilà l'anatomie de la lamproie. On ne dit pas branchie, on dit port branchial. Donc elle a sept coudes de part et d'autre. Bien sûr, ses yeux, sa bouche avec les petits picots, on va par facilité dire que c'est des dents, mais une lamproie ne mâche pas parce qu'elle n'a pas de mâchoire. Sur le dessus, on a la narine céphalée, le nasopore. C'est par là que va se dégager l'effet hormone, notamment pour indiquer... que la lamproie femelle, les oeufs sont matures et que c'est un signal pour le mâle. Ici, on a un petit replat. C'est par ce petit replat qu'elle va distinguer s'il fait jour ou s'il fait nuit. Elle a deux nageoires dorsales et une caudale. Et tout à l'intérieur, pourquoi on dit que c'est un poisson préhistorique qui vient du fond des temps, c'est que la lamproie n'a absolument pas d'arête. C'est une colonne vertébrale Donc qui est... de la taille de mon petit doigt, qui part de la tête et qui va jusqu'au bout. jusqu'à la queue. Et du coup, c'est un vertébré. Ce sont les tout premiers vertébrés au monde et elle n'a jamais évolué. Donc, si nous, c'est un os au fil du temps, nous, on a une colonne vertébrale osseuse, l'allemproie, c'est toujours un cartilage. Et ce cartilage, quand on va cuisiner l'allemproie, ça va devenir, à force de cuisson, un tout petit fil qu'on enlève. Et donc, du coup, l'allemproie, c'est que de la chair qu'il y a autour de la colonne vertébrale. et du sang, puisque la lamproie, c'est un animal qui saigne. Donc la chair, elle est rosée. Il y a du sang. Alors si nous, on a entre 4 et 6 litres de sang, si on est un homme et une femme, une lamproie, ça va être l'équivalent d'une tasse à café. Ce sang est indissociable de la recette de la lamproie à la bordelaise, puisque comme je vous le disais, la lamproie à la bordelaise, c'est une alchimie, cette recette, où on va harmoniser le sang de la lamproie avec du vin. et on va y faire cuire nos morceaux de lamproie associés à des blancs de poireaux. Pourquoi des blancs de poireaux dans cette recette ? Tout simplement parce qu'au Moyen-Âge, les poireaux poussaient l'état naturel dans les rangs de vignes, la baragane, le poireau sauvage. Donc c'était le légume du poireau, ce n'était pas cher, on était plein de bon sens et on cuisinait avec ce qu'on avait sous la main. Et donc c'est ainsi qu'est née la recette de la lamproie à la bordelaise au XVIIIe siècle, fin XVIIe. Et aujourd'hui, c'est toujours le plat emblématique de la Gironne, la Lomproie, la Bordelaise, que l'on mange en sauce, puisque c'est cuisiné dans une sauce au vin rouge, c'est un civet si on veut. Et la chair du poisson, on va la cuire de longues heures et ça va devenir une chair à la fois dense qu'on va mâcher, mais à la fois fondante et c'est vraiment une expérience unique à vivre. et chacun doit faire sa propre expérience. On ne peut pas dire quel goût ça a, parce que c'est chacun qui va vivre sa propre expérience. Pour le côté plus scientifique, la lamproie, en fait, elle est étudiée, c'est un animal qui interroge les scientifiques depuis très très longtemps, parce que chacun de ses organes a une particularité, notamment pendant très longtemps, ils ont étudié les yeux de la lamproie. Aujourd'hui, on... On travaille avec la lamproie fluviatile, avec des chercheurs du CRNRS à Bagnoules, qui eux vont travailler surtout sur le cerveau de la lamproie, qui est minuscule. Et il y a des équipes en Suisse qui ont créé des robots lamproies sur la motricité de la lamproie pour créer des robots dans le biomimétisme, pour notamment aller explorer les fonds marins, notamment par exemple sur des fonds... sur les zones polluées. Il y a aussi des gens qui travaillent sur le système neurologique de la lamproie pour créer éventuellement des membres articulés pour les êtres humains. Historiquement, la lamproie est dans la tête de chacun depuis la nuit des temps, de par son histoire, de sa présence sur Terre, on l'a dit depuis la préhistoire. Mais pour la petite anecdote, il y a un roi anglais en 1135 qui serait mort en Normandie. d'une indigestion de l'amproi. Il adorait tellement la l'amproi, il en aurait tellement mangé qu'il serait mort d'une indigestion de l'amproi. L'autre version, que j'apprécie beaucoup moins, c'est qu'il aurait mangé des lamprois variés. La lamproi, elle est aussi dans la littérature depuis très très longtemps. Jules Verne, si on lit 20 milieux sous les mers, à un moment, il parle de la lamproi. Plus récemment, si on parle de Game of Thrones, Un des personnages dans un épisode, il dit « excellent lamprey pie » , il dit « tourte de lamproie » . Pourquoi ? Parce que les rois anglais mangeaient de la lamproie en tourte, et cette lamproie, elle était produite dans un village qui s'appelle Gloucester, et la reine d'Angleterre, jusqu'à sa mort, s'est jubilée, mangeait encore de la tourte de lamproie. Donc vous voyez, elle est là en filigrane, à la fois méconnue, connues des locaux, mais méconnues du plus grand nombre, et en même temps connues à travers le temps pour ses différents aspects culinaires, dans la littérature, dans le cinéma. On fait allusion à la Long-Croix sans qu'on s'en aperçoive, parce qu'on ne la connaît pas. Moi, j'ai envie de mettre en valeur toute l'histoire de la bâtellerie entre Bergerac et Libourne. Il y a la communauté de communes de Castillon-Pujol qui a acheté. Une des dernières gabar construites, là, récemment, il y a eu une opération qui s'appelait Dordogna, donc une descente en gabar d'un monsieur qui a construit la gabar et ils ont fait une descente, il y a deux ans ou trois ans, ils ont fait une descente de la rivière en gabar, comme l'auraient fait les gabariers de l'époque et la communauté de communes de Castillon-Cujol a racheté cette gabar, qui maintenant est dans les mains d'une association, Enina. Et cette association commence à mettre en avant cette gabarde au travers d'événements, etc. et veulent développer l'histoire de cette gabarde et des gabariers de l'histoire. Parce qu'après, il y a toute l'histoire du vin, on pourrait parler bien évidemment de Saint-Émion, qui est intimement liée à la vie de la rivière et au commerce, donc au gabarde. on a aussi à Rosan la grotte célestine avec toute son histoire et son château qui se visite. Mais moi, j'ai à cœur de mettre en avant l'histoire de la rivière parce que c'est un puits sans fin. Si on remonte la rivière, on découvre toute l'histoire. Quand on sait que les Vikings ont remonté cette rivière, ça, plus personne n'en parle, plus personne ne le sait. Et je pense qu'on écrirait des livres et des livres et on aurait des films à faire. Et sur l'histoire, moi, mon rêve, c'est qu'un jour, il y ait une grande série à la télé sur l'histoire de ces familles de pêcheurs. Parce qu'il y a des familles où ça a été toute leur vie et ça a été transmis de trois, quatre, cinq générations. Et aujourd'hui, on arrive à la disparition. Et je pense que ça ferait une belle série. Comme on a eu la rivière Espérance, ça pourrait faire une magnifique série. qui je crois intéresserait la France entière pour le coup.