- Speaker #0
Il n'y a pas d'entraîneur parfait, il n'y a pas de coach parfait. Souvent les coachs répètent des schémas qu'eux-mêmes ont vécu en étant entraînés. La chose la plus importante c'est d'être en capacité de se poser des questions et de se remettre en question. Ok, est-ce que c'est vraiment nécessaire ? Est-ce que ce qui est créé c'est vraiment de la motivation ou plus un sentiment de peur ? Je pense que pouvoir se remettre en question sur ces pratiques, c'est quelque chose qui est très important. Et c'est ce qui permettra petit à petit de faire évoluer les schémas.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Le Sport en Face, le podcast du Comité Olympique et Sportif de la Drôme. Aujourd'hui, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode où on va parler de violences sexuelles et sexistes dans le sport. Je tiens tout d'abord à remercier Tim Paddle. pour la présence dans leurs locaux. Et je suis ravie de vous présenter aujourd'hui Emma Odu, ancienne athlète de haut niveau, spécialiste du 3000 mètres steep et membre de l'équipe de France d'athlétisme. Emma s'est également engagée ces dernières années pour faire avancer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport. À travers ses prises de parole, ses interventions et son documentaire suite, elle contribue à libérer la parole et à sensibiliser l'ensemble du monde sportif. Emma, merci d'être là avec nous aujourd'hui. Comment est-ce que tu vas ?
- Speaker #0
Merci Léane pour ton accueil, ça va très bien et toi ?
- Speaker #1
Oui ça va, merci. Donc avant de rentrer dans le vif du sujet, on a une petite tradition dans le podcast, c'est que chaque invité ramène un petit objet qui a marqué son parcours sportif ou qui lui rappelle un souvenir, une anecdote ou une étape importante dans sa vie. Qu'est-ce que tu nous as ramené ?
- Speaker #0
Alors moi j'ai ramené mon casque pour écouter de la musique. C'est un casque que j'ai beaucoup utilisé quand j'étais sportive de haut niveau. C'est important de pouvoir se mettre dans sa bulle, notamment au moment de l'échauffement. J'écoutais beaucoup de musique quand j'étais sportive. Ce casque m'a accompagnée un petit peu partout. C'est l'objet que j'ai décidé de ramener aujourd'hui.
- Speaker #1
Ça aide à se concentrer, à se déstresser aussi, j'imagine.
- Speaker #0
Et à se concentrer au maximum et à se mettre soit dans sa séance, soit dans sa compétition.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Donc tu as été spécialiste du 3000 mètres steeple et championne de France, double médaillée de bronze au championnat d'Europe et sport en 2015 et 2017. Et tu as porté les couleurs de l'équipe de France à de nombreuses reprises. Comment est-ce que tu es arrivée à l'athlétisme ?
- Speaker #0
Alors j'ai commencé l'athlée, j'avais une dizaine d'années à peu près. C'est arrivé un petit peu par hasard parce que je n'ai pas forcément une famille très sportive. Mais par contre le sport faisait quand même partie de l'environnement familial parce que j'avais... Une grand-mère qui regardait beaucoup l'athlète à la télé. On regardait les championnats d'Europe, les championnats du monde, les Jeux olympiques. Ça existait quand même, même si ce n'était pas très pratiqué. Et ensuite, à 10-11 ans, j'étais quand même une petite fille qui bougeait beaucoup. Et donc, on s'est dit, où est-ce qu'on peut l'inscrire ? Mes parents se sont dit, où est-ce qu'on peut l'inscrire pour qu'elle puisse exprimer toute cette énergie ? Et le choix s'est fait sur l'athlète.
- Speaker #1
D'accord, donc tu es restée à l'athlétisme. Oui,
- Speaker #0
en fait, je suis restée à l'athlète parce que très tôt, les entraîneurs qui m'entraînaient m'ont dit que j'avais quand même des belles capacités. Et il faut aussi souligner que j'étais dans un... Pareil, ça s'est fait un peu par hasard, enfin même complètement par hasard. J'étais dans un club où il y avait un pôle espoir. Il y avait déjà un groupe de haut niveau. Et donc, j'ai été repérée par le coach de ce groupe de haut niveau. Et c'est ce qui a fait que très tôt, j'ai pu me... projeté sur une carrière de haut niveau. Et donc, je suis... En fait, ça a été très sérieux, très vite quand même, l'athlète.
- Speaker #1
D'accord, oui. Donc, tu as commencé le haut niveau à quel âge à peu près ?
- Speaker #0
Ma première sélection en équipe de France, c'était à 15 ans. Donc, tu vois, je commençais à 10-11 ans. Et à 15 ans, je fais ma première sélection en équipe de France. Et je resterai ensuite 10 ans, donc jusqu'à mes 25 ans en équipe de France. Ah oui,
- Speaker #1
donc tu as commencé très jeune et puis tu as fait quand même très longtemps dans le haut niveau.
- Speaker #0
Oui, complètement.
- Speaker #1
OK. Donc maintenant on va parler de ton vécu, le pourquoi tu as arrêté l'athlétisme, qu'est-ce qui s'est passé, si tu veux bien nous raconter les violences que tu as pu subir dans le sport.
- Speaker #0
J'ai décidé de mettre un terme à ma carrière quand j'avais 25 ans. Et 25 ans pour l'athlète, surtout sur du demi-fond, c'est quand même assez tôt. Donc j'ai arrêté ma carrière un petit peu prématurément. Et j'ai fait ce choix parce que j'ai été confrontée à différentes situations de violence. de différents types. Donc là, le sujet, c'est plus les violences sexistes et sexuelles. Mais il faut savoir que dans le monde du sport, notamment du sport de haut niveau, il y a beaucoup de violences, des violences psychologiques, des violences physiques. Et donc, j'ai été confrontée à des violences sexuelles de la part d'un entraîneur de l'équipe de France. Et c'est l'une des raisons qui m'a poussée à arrêter le sport de haut niveau. Donc, c'est quelqu'un qui a été écarté des équipes de France. suite au fait que j'ai décidé de parler. Je sais que depuis, il est revenu en équipe de France, mais bon, ça, c'est autre chose. Et ouais, en fait, j'ai essayé de continuer. Enfin, j'ai même continué ma carrière malgré tout ça. Mais forcément, c'est quelque chose qui abîme. On ne se rend pas trop compte sur le coup. Et surtout, nous, les sportifs, on est quand même habitués à continuer malgré tout. on est habitué à accepter accepter la douleur, accepter la difficulté, la souffrance. Et donc, j'avais cet état d'esprit où je devais continuer coûte que coûte. Et donc, j'ai continué pendant plusieurs années. Mais je pense que c'est des choses qui finissent par vous rattraper à un moment ou à un autre. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai décidé d'arrêter ma carrière.
- Speaker #1
Oui, puis c'est parfois difficile d'identifier qu'on est victime de ça sur le coup.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Est-ce que tu as réalisé tout de suite ce qui s'était passé ? Est-ce que tu étais une victime ? Est-ce que quelqu'un t'a aidé ? Un témoin ? Une témoin ?
- Speaker #0
Oui, en fait, tout ça, ça s'est déroulé en 2014. Et en 2014, on ne parlait pas du tout de ces sujets comme on parle maintenant. Il y a deux éléments qui m'ont vraiment aidée. Le premier élément, c'est que j'avais une copine qui a vu plus ou moins ce qui s'était passé et qui m'a dit qu'en fait, ce n'était pas normal. Donc, je savais que ce que j'avais vécu, ce n'était pas normal. Mais jamais à l'époque, j'aurais mis le... terme de violences sexuelles. Parce que pour moi, à l'époque, ce terme-là, c'était trop grave. Je me disais, non mais violences sexuelles, c'est vraiment un truc beaucoup plus important. Et en fait, non. En fait, non, j'avais été victime de ces violences-là. Mais tout ça, pour pouvoir mettre le terme de violences sexuelles, ça a mis du temps. Ce qui m'a notamment permis de le faire, c'est tout le mouvement MeToo. Ça m'a permis de... d'avoir des définitions un peu plus claires sur qu'est-ce qu'on entend par violence sexuelle. Et donc, c'est là que je me suis vraiment rendue compte de ce qui s'était passé, que j'ai pris l'ampleur de ce qui s'était passé. Et c'est à partir de là que j'ai décidé de parler de ce qui m'était arrivé. Et voilà, ça a commencé comme ça.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que de voir les autres parler, en fait, on se dit, moi aussi, j'ai le droit de parler et je peux en parler.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. On se sent un petit peu plus légitime, on se sent plus comprise aussi, moins seule. Et oui, c'est ce qui m'a permis, moi, de mettre des mots sur ce qui m'était arrivé et ensuite de prendre la décision de parler de tout ça.
- Speaker #1
Tu avais quand même des peurs avant de parler ?
- Speaker #0
Bien sûr. Ah oui, oui.
- Speaker #1
Surtout par rapport à ta carrière,
- Speaker #0
j'imagine. Bien sûr, on a toujours peur et toutes les personnes qui ont été victimes de ça et qui décident de parler, c'est complètement normal d'avoir très peur. J'avais peur des représailles. Je me disais, bon, déjà, est-ce qu'on va me croire ? Et en plus de ça, j'étais encore en plein dans ma carrière. Donc, je me disais, quelles peuvent être les conséquences sur ma carrière ? C'était quelqu'un d'assez puissant parce que c'était une personne qui était en équipe de France depuis des années et des années. Donc, évidemment que ça fait peur. Mais le besoin que j'avais à ce moment-là, que ça sorte, et d'avoir une forme de chercher à réparer, était... au-delà de la peur que j'avais des représailles.
- Speaker #1
Et au final, il y a eu des répercussions sur ta carrière. C'est toi qui as décidé d'y mettre fin ou c'est le fait que tu aies parlé ?
- Speaker #0
Alors, en fait, c'est pour ça que je dis que la fin de ma carrière s'explique en partie par ce qui s'est passé, mais ça ne s'explique pas que par ça. Il y a eu des conséquences dans le sens où j'ai décidé de porter plainte. Ça a été classé sans suite, donc ça a été difficile à accepter. Je sais, comme je t'ai dit, qu'au début, il a été écarté des équipes de France. Donc, j'avais quand même ce sentiment où je me sens écoutée. Il y a des choses qui sont mises en place derrière. Par contre, oui, ça crée quelque chose où on a un sentiment d'insécurité. J'étais en équipe de France, j'avais ce sentiment d'insécurité-là. Donc, ça a été compliqué. Et donc, cet épisode-là, plus... un environnement du sport de haut niveau qui peut parfois être malsain par plein d'aspects, ça m'a poussée à vouloir arrêter parce que je me rendais compte que je n'étais plus du tout alignée avec ce milieu-là.
- Speaker #1
Aujourd'hui, tu es aussi connue pour ton engagement du bout contre les violences dans le sport. Tu interviens auprès d'institutions internationales comme l'UNESCO et l'ONU, ainsi que dans des établissements scolaires aussi, où les clubs sportifs pour sensibiliser, éduquer et protéger les athlètes face aux violences et aux discriminations. Et tu es également ambassadrice de la Fondation pour l'enfance depuis 2023. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu cet engagement ? Comment est-ce qu'il est né ?
- Speaker #0
C'est un engagement qui a été assez naturel. Quand j'ai décidé d'arrêter ma carrière, je ne savais absolument pas ce que j'allais devenir et ce que j'allais faire. Parce que toute mon identité reposait sur le fait que j'étais une sportive de haut niveau. Et en plus, quand on est sportive à ce niveau-là, toute sa vie tourne autour de la performance, de la compétition. On mange sport, on respire sport. On dort, on rêve des potentielles médailles qu'on va faire. Vraiment, c'est toute une vie qui est organisée autour de ça. Donc, quand ça s'est arrêté, ça a été difficile de pouvoir me rendre compte qu'il y avait un après derrière. Et ce qui s'est passé, c'est que ça a commencé avec une prise de parole progressive sur les réseaux sociaux. Donc, j'avais commencé cette prise de parole quand j'étais encore sportive. Et cette parole-là s'est encore plus déployée à la fin de ma carrière parce que je me sentais... beaucoup plus libre de pouvoir parler de ce qui se passait en coulisses et du revers de la médaille du sport. Et quand j'ai parlé, je me suis rendue compte que je n'étais pas du tout la seule à vivre toutes ces injustices et toutes ces situations de violence. J'ai décidé d'en faire un documentaire, le documentaire qui s'appelle Suite, qui retrace le parcours de cinq athlètes qui ont vécu des violences sexistes et sexuelles dans le sport. C'est un documentaire qui a été projeté à l'Assemblée nationale et ensuite à l'UNESCO. Et ça a commencé vraiment comme ça. Suite à ça, il y a plusieurs structures qui m'ont demandé d'intervenir pour faire de la sensibilisation, que ce soit auprès des sportifs directement, mais également auprès des encadrants et encadrantes. Et voilà, ça s'est fait très progressivement. J'ai commencé à travailler avec l'UNESCO, j'ai commencé à travailler avec la Fondation pour l'enfance. Et ma volonté, c'était vraiment de pouvoir mettre à profit ce que j'avais vécu pour mieux protéger les autres. En fait, moi, vraiment, j'aurais adoré qu'il y ait une personne, plusieurs personnes, plusieurs associations, comme c'est plus le cas aujourd'hui. J'aurais adoré à mon époque que ça existe pour pouvoir, moi, mettre des mots beaucoup plus facilement sur ce qui potentiellement pouvait m'arriver, pouvoir mieux me protéger, pouvoir mieux signaler. Et avoir des adultes autour de moi qui savent de quoi on parle quand on parle de violence et qui ont de meilleures pratiques pour nous accompagner dans nos carrières. Et oui, j'ai décidé de mettre mon vécu au service des autres, en tout cas au service d'un sport qui puisse être beaucoup plus sécurisant et beaucoup plus juste pour toutes et tous.
- Speaker #1
Donc, tu interviens aussi dans des collèges ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
avec des enfants, comment est-ce que ça se passe ? Est-ce qu'ils sont ouverts au dialogue ?
- Speaker #0
Moi, j'adore intervenir auprès des enfants et des adolescents. C'est vraiment un public génial. C'est un public aussi qui a peut-être moins de filtres et qui ose poser des questions que les adultes ne poseraient pas. Et j'apprends tout autant que ces jeunes. parce que, oui, Ils ont une manière de penser qui est rafraîchissante, j'ai envie de dire, et ça permet de voir les choses sous un autre angle. Et intervenir, donc j'interviens auprès d'eux, on essaye de parler d'égalité, on essaye de déconstruire les stéréotypes de genre dans le sport, et on en vient petit à petit, très progressivement, et évidemment c'est adapté selon les âges, à parler des violences dans le sport. Et en fait ce qui est hyper intéressant, c'est qu'on parle des violences dans le sport, on va parler notamment de tout ce qui est violences sexistes et sexuelles. Donc, la porte d'entrée, c'est le sport, mais eux, ça va leur servir aussi dans toutes les autres sphères de leur vie, donc sur ce qui peut se passer potentiellement chez eux, sur ce qui peut se passer à l'école, sur ce qui peut se passer un petit peu partout. Et je trouve que c'est très intéressant de partir de ce point de départ qui est le sport, qui est un sujet assez universel. Et ensuite, chacun... en fait quelque chose et repart avec des messages qui sont des messages. Vous êtes des enfants, vous êtes des adolescents, vous faites potentiellement du sport et en fait, vous avez des droits. Et on ne peut pas vous faire n'importe quoi, on ne peut pas vous dire n'importe quoi. Et vous, vous devez aussi vous montrer respectueux avec les autres. Je pense que c'est primordial de pouvoir les éduquer dès le plus jeune âge sur ces thématiques.
- Speaker #1
Ça permet de ne pas normaliser et banaliser certains comportements. qui pourraient l'être à cet âge-là ?
- Speaker #0
Oui, absolument. Des enfants, c'est vrai que, étant donné que c'est des publics qui sont plus vulnérables, on peut avoir tendance à croire que, pendant un match de foot, c'est normal d'hurler sur des enfants, c'est normal de les rabaisser, de les humilier pour les motiver, entre guillemets. Et en fait, non. C'est des choses, ça s'appelle des violences psychologiques. On ne peut pas leur faire et leur dire n'importe quoi. Et c'est très important qu'ils en aient conscience.
- Speaker #1
Pour reposer un peu le cadre, on peut donner une définition des violences sexistes et sexuelles. Ça regroupe l'ensemble des comportements, des propos ou des actes à caractère sexuel ou sexiste imposés à une personne sans son consentement. Selon une synthèse internationale soutenue par l'UNESCO, il y a 21% des sportifs qui déclarent avoir subi une forme d'abus sexuel durant leur enfance dans le cadre sportif. Ça fait à peu près une sportive sur cinq, donc c'est quand même pas rien. Selon toi, pourquoi est-ce que le milieu sportif peut parfois créer des situations à risque ?
- Speaker #0
Ça peut créer des situations à risque, le sport, parce qu'il y a deux choses que j'observe. Je ne suis pas la seule à l'observer, mais il y a déjà une proximité physique qui existe dans le sport, qui existe dans très peu d'autres milieux. Je donne souvent l'exemple de la parade en gymnastique. Il y a un contact physique qui est là pour sécuriser. les gymnastes en l'occurrence, mais ce contact physique, il devient presque banalisé parce que ça fait partie de la pratique du sport. Moi, pareil, pour pouvoir corriger des mouvements, plein de fois, il y a des coachs qui m'ont touchée au niveau des hanches, au niveau du dos. Donc ça, ça ne caractérise pas, ça ne constitue pas des agressions sexuelles. Il n'y a aucun problème. Ils ne pensent pas à mal derrière. mais c'est un milieu où effectivement on touche beaucoup plus facilement qu'ailleurs. Et c'est pour ça que c'est très important de sensibiliser les plus jeunes dès le plus jeune âge, parce qu'il faut qu'ils puissent faire la différence entre on me touche dans le dos, dans le bas du dos, et on me touche les fesses. On n'a pas le droit de me toucher les fesses, on n'a pas le droit de me toucher la poitrine, on n'a pas le droit de me faire un bisou sur la bouche sans le consentement, etc. Et c'est des choses qu'il faut pouvoir répéter et il faut éduquer là-dessus. Ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose, en dehors de cette proximité physique, il y a aussi un rapport à la souffrance, un rapport à la douleur et du coup, un rapport aux limites qui est très spécifique dans le milieu du sport. On nous apprend depuis tout jeune à accepter la douleur, à accepter le fait que pour arriver à un certain niveau de performance, il faut ne pas avoir de limites. On l'entend souvent dans le sport, c'est toujours dépasser ses limites, toujours aller plus loin. Le problème, c'est que... Quand il n'y a pas de limite, du coup, il n'y a pas de cadre et il n'y a pas de protection. Et c'est très difficile ensuite de faire la différence entre de la souffrance, de la douleur et de la maltraitance. Et c'est pour ça qu'à mon sens, et selon pas mal d'études scientifiques, il y a un milieu sportif qui, pas qui encourage, mais en tout cas qui facilite grandement. les violences dans le milieu du sport. Et une dernière chose que j'ajouterais peut-être plus en rapport avec les violences sexistes, c'est que le milieu du sport est un milieu qui a été construit à la base par les hommes pour les hommes à la fin du XIXe siècle, où le but c'était de pouvoir éduquer de futurs soldats pour pouvoir défendre la France, etc. Donc les racines viennent quand même de là. Donc c'est quand même... Ça a des racines qui sont très viriles, virilistes, très masculines en tout cas. Et petit à petit, on arrive à s'en détacher. Mais on ne peut pas ignorer que le sport porte en lui des racines qui font qu'il faut faire particulièrement attention aux violences sexistes et sexuelles qu'il peut produire.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que comme tu disais, dans certains sports, la proximité est presque obligatoire. Mais en fait, des fois, les entraîneurs, ils n'osent pas en parler. Et c'est vrai que des fois, juste d'en parler, ça permet d'enlever finalement le sujet et ça permet de rassurer tout le monde aussi.
- Speaker #0
Tout à fait. J'ai eu la dernière fois en formation un coach qui m'a expliqué que, donc un coach de gymnastique, pour rattraper une gymnaste sans faire exprès, il lui a touché les fesses. Et je dis... quelle a été votre réaction à ce moment-là ? Et il me dit, en fait, j'étais très gênée, je préfère ne pas en parler parce que si j'en parle, ça va créer un problème là où il n'y en a pas. Et en fait, je l'ai invité peut-être à réfléchir autrement, c'est-à-dire qu'évidemment que ce n'est pas une agression, étant donné qu'il a voulu la rattraper pour sa sécurité. Par contre, effectivement, il y a un contact physique avec une partie du corps, une certaine partie du corps qui peut mettre mal à l'aise la gymnaste. Et ça... prends quelques secondes pour lever le tabou par rapport à ça. Le coach peut aller dire à la gymnaste, écoute, j'ai été touchée à cet endroit-là, je suis désolée, ça a été fait un peu dans la précipitation et dans l'urgence, est-ce que c'est OK pour toi, est-ce que tu veux qu'on en parle ? Ça, ça va créer deux choses, ça va sécuriser la gymnaste, qui dira très certainement, il n'y a pas de souci, parce que les jeunes comprennent, ils sont tout à fait intelligents. On ne sait pas aussi elle ou lui ce qu'il ou elle a pu vivre en dehors de ça. Il ne peut pas être tout à fait à l'aise avec son corps. Donc, c'est très important de pouvoir en parler. Donc, ça lève le tabou. Et deuxièmement, ça crée un sentiment de confiance aussi avec l'encadrant en question. C'est-à-dire que quand le jeune voit qu'avec cet encadrant, on peut parler de tout sans tabou et que c'est quelqu'un qui sait mettre des limites claires, si ce jeune-là, si cette gymnaste en l'occurrence a un problème, elle saura parfaitement que... J'ai un adulte de confiance en face de moi, je peux aller lui parler si je traverse une situation de violence ou une situation malaisante en dehors de la sphère sportive même.
- Speaker #1
Oui, donc finalement, ça rejoint un peu ma question suivante, c'était qu'est-ce qui peut rendre difficile la prise de parole dans un club ? Au contraire, qu'est-ce qui peut justement faciliter la prise de parole dans un club ? Finalement, c'est tout à fait ça. Juste qu'en fait, on puisse avoir entre guillemets un référent. où on sait qu'il y a une personne qui est ouverte à ça, qui en a déjà parlé, ça peut aider ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Je comprends parfaitement que ce soit des sujets qui font peur. C'est des sujets qui touchent à l'intime, avec lesquels tout le monde n'est pas à l'aise. On n'a pas reçu la même éducation. On n'est pas sensibilisés de la même manière. On peut avoir peur de dire ou de faire des bêtises. Ja. un manque de sensibilisation, un manque de formation des encadrants et encadrantes. Et c'est pour ça, comme tu le dis, qu'il y a de plus en plus de référents éthiques, référents violences qui sont mis en place, qui sont des personnes qui sont censées être un peu plus formées sur ces questions. Je pense vraiment qu'en parler, c'est ce qui va permettre petit à petit d'endiguer les violences. Pourquoi ? Parce que le silence, c'est exactement ce qu'utilisent les auteurs de violences. Très souvent, chez les enfants, notamment quand ils sont victimes de violences sexuelles, on entend « j'ai rien dit pendant des années parce que l'auteur de violences, l'agresseur, m'a demandé de rien dire, m'a dit c'est notre secret, c'est notre secret » . Et le fait de ne rien dire, ça maintient tout ça, ça maintient l'omerta dont on entend beaucoup parler dans le sport. Et donc pouvoir en parler de la manière la plus libre possible, c'est quelque chose qui permettra encore une fois. d'être mieux éduquée sur le sujet et de libérer la parole quand un jeune ne se sentira pas bien ou pas à l'aise dans une situation ou s'il traverse une situation de violence, il saura qu'il peut en parler. Alors que si c'est complètement étouffé dans un silence ambiant, ce sera beaucoup plus difficile pour cette personne.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Après, il y a aussi les violences psychologiques, on en a parlé. Ça peut venir aussi de la relation. Est-ce que la relation entraîneur-sportif, elle peut créer une forme d'emprise ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr, il y a des phénomènes d'emprise qui existent parce qu'il y a une relation entre l'entraîneur et le sportif ou la sportive qui est aussi très particulière. C'est une personne qu'on va énormément voir. Pour ma part, je voyais beaucoup plus mon entraîneur que mes propres parents. Donc, ça crée une relation. affectives avec cette personne. On va vivre des émotions qui sont très fortes dans le sport de haut niveau, que ce soit des émotions soit difficiles, soit très positives quand on gagne une course, une compétition. On part à l'autre bout du monde, moi ça a été mon cas aussi, je suis partie dans plein de pays différents avec mon coach, on part en stage, donc il y a une proximité qui se crée. Je pense que ça peut être une très belle relation, mais ça peut aussi être une relation qui tend vers une forme d'emprise. Pourquoi l'emprise ? Parce qu'on est dans des systèmes encore où le coach décide de beaucoup de choses. cette posture de sachant, on lui fait pleinement confiance et on met notre carrière entre ses mains. Et là, je parle du sport de haut niveau, mais je parle même à des niveaux plus loisirs, par exemple. Il y a une confiance quasi aveugle qui est confiée au coach. Et donc, c'est pour ça qu'il faut faire attention parce qu'il y a un déséquilibre des forces, des pouvoirs. Et ça peut, on peut petit à petit... tomber vers une forme d'emprise.
- Speaker #1
Et du coup, quels conseils on pourrait donner à un coach ou à un éducateur ? À quoi est-ce qu'il doit être vigilant justement pour ne pas tomber sous cette emprise ?
- Speaker #0
Je pense que la première chose qui est très importante à comprendre déjà, c'est qu'il n'y a pas d'entraîneur parfait, il n'y a pas de coach parfait. Souvent, les coachs répètent des schémas qu'eux-mêmes ont vécu en étant entraînés. La chose la plus importante, c'est d'être en capacité de se poser des questions. et de se remettre en question. C'est-à-dire, OK, bon, j'ai toujours fonctionné comme ça. Pour moi, je dis n'importe quoi, crier sur des athlètes, c'est quelque chose que j'ai toujours connu et que je fais parce que j'ai envie de les motiver. OK, est-ce que c'est vraiment nécessaire ? Est-ce que ce qui est créé, c'est vraiment de la motivation ou plus un sentiment de peur ? Je pense que, ouais... Pouvoir se remettre en question sur ces pratiques, c'est quelque chose qui est très important. Et c'est ce qui permettra petit à petit de faire évoluer les schémas.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'il faudrait avoir face à quelqu'un qui se confie ? Qu'est-ce qu'il faudrait dire ou ne pas dire, justement ?
- Speaker #0
Alors, face à une personne qui se confie, il faut faire extrêmement attention. Déjà, partir du principe. que si une personne se confie à moi, je ne suis pas là, moi, pour mener l'enquête. Lorsqu'il y aura un signalement, ce seront aux services compétents de mener des enquêtes, de savoir qui a fait quoi, est-ce qu'il y a eu des gestes violents ou quoi. Ça fait partie des missions des personnes qui sont compétentes. Une personne qui vient se confier à moi, admettons, je suis coach, qui vient me confier une situation de violence sexuelle, par exemple. Déjà la première chose c'est lui dire qu'elle a très bien fait de venir m'en parler. Partir du principe que cette personne dit la vérité. Tu as très bien fait de m'en parler. C'est interdit qu'on te fasse ça. Et je vais t'accompagner pour pouvoir signaler, pour pouvoir mieux te protéger. Et ensuite, pouvoir peut-être se mettre dans une salle à côté avec la personne, lui proposer de s'asseoir, lui proposer un petit verre d'eau et noter au maximum. ce qui va nous être dit. Il faut savoir que si c'est un mineur ou une mineure qui se confie à nous à ce moment-là, on est dans l'obligation de signaler. On va être obligé de signaler, par exemple, à la cellule Signal Sport du ministère des Sports. Et donc, pour pouvoir faire un signalement le plus solide possible, l'important, c'est d'avoir un maximum d'éléments. Comme je l'ai dit, le but, ce n'est pas de mener une enquête. Donc, on peut poser des questions qui sont, est-ce que tu veux m'en dire un petit peu plus sur ce qui s'est passé ? Et avoir au moins des éléments tels que la date, le lieu et la personne de qui on parle. Et ensuite, laisser la personne dérouler. Pour ce qui concerne les majeurs, là, il n'y a pas d'obligation de signaler. Donc, ça peut être écouter cette personne, écouter ce qu'elle a à nous dire et peut-être qu'elle décidera. d'en parler aux autorités compétentes, là, maintenant, tout de suite, ou dans quelques années, il y a aussi un timing à respecter selon les personnes.
- Speaker #1
Oui, donc finalement, c'est vraiment être à l'écoute de la personne et la croire.
- Speaker #0
Oui, vraiment partir du principe que je te crois. Vraiment, tu as bien fait de me parler. Je te crois. Ce qui s'est passé, ce n'est pas normal. Et je suis là soit pour t'aider, soit pour t'accompagner, pour te protéger dans le cas de... de mineurs, c'est très important.
- Speaker #1
Maintenant, on peut parler aussi du rôle des clubs et des dirigeants de clubs. Selon toi, qu'est-ce qu'un club pourrait mettre en place pour prévenir ces violences ? Quelque chose de peut-être tout simple finalement et qui pourrait beaucoup aider les sportifs et les sportives ?
- Speaker #0
Déjà, je comprends aussi parfaitement que les clubs, surtout dans les temps actuels, ils ont énormément de choses à respecter, de choses à mettre Merci. à mettre en place. Et parfois, on a l'impression que s'occuper des violences, notamment des violences sexistes et sexuelles, ça ne fait pas partie des priorités. Or, c'est tout à fait prioritaire. Tu l'as dit, 21% des sportifs sont touchés par les violences sexistes et sexuelles dans le sport. Donc, ça fait un sportif sur cinq. Donc, ça existe partout, dans tous les sports, dans toutes les structures. Déjà, prendre conscience de ça, c'est un grand pas. Il y a une chose qui a été mise en place par le ministère des Sports, c'est l'affichage de la campagne Signal Sport. C'est quelque chose qui est rendu obligatoire. On en a parlé aussi un petit peu, pouvoir nommer un référent ou une référente sur ces questions. Et puis, ça peut être des choses toutes simples à mettre en place en début de saison. Je trouve qu'au mois de septembre, c'est pas mal. Comme ça, tout le monde part sur le même niveau d'information. Il y a plein d'outils qui existent aujourd'hui, notamment un outil comme Règle au sport, qui permet de pouvoir se rendre compte si on est face à des situations de violence ou pas. Donc, proposer aux jeunes pendant 30 minutes, une heure, de regarder le Règle au sport, de donner des situations, des exemples, etc. Et j'invite aussi vraiment à mettre les parents dans la boucle. Plus il y aura des adultes qui seront sur le même niveau d'information et qui seront alignés. par rapport à la protection des pratiquants et pratiquantes, et mieux ce sera. Donc pareil, ça peut être une petite réunion avec les parents au début d'année, de 30 minutes, une heure, ou aborder ce sujet-là pendant son assemblée générale. Après, le mieux effectivement, c'est de mettre en place des sensibilisations ou des formations en faisant appel à des associations, à des structures. Je pense à Jeunesse et Sport, je pense... ou comité olympique départemental qui peuvent être des ressources pour accompagner les structures locales.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et du coup, comment est-ce qu'un club pourrait réagir quand il y a une alerte qui remonte sur un de ses coachs ou de ses entraîneurs ?
- Speaker #0
Alors, ça dépend comment l'alerte remonte. Par exemple, si le président de club a connaissance d'une situation de violence au sein de sa structure, il y a plusieurs choses qui peuvent être mises en place. Déjà, s'il s'agit d'un ou d'une mineure, il y a obligation de signaler, soit à Signal Sport, soit à la police, etc. Donc ça, vraiment, ça va être obligatoire. Et ensuite, le club peut aussi tout à fait mettre en place des choses d'un point de vue disciplinaire au sein même de sa structure. Mais pour ça, il faut que ça apparaisse quelque part, il faut que ça apparaisse dans les statuts ou dans le règlement intérieur du club. J'invite vraiment les clubs à réfléchir à ça en amont. Pourquoi ? Parce que souvent, on est dans des situations où il y a une situation de violence dans le club en question et personne ne sait trop comment faire. tout le monde est pris par l'émotion, ce qui est complètement normal. C'est facile pour personne quand il y a... ce genre de situation qui remonte. Donc, pouvoir préparer ça en amont, de manière rationnelle, en ayant la tête froide, pour savoir exactement ce qu'on peut mettre en place d'un point de vue disciplinaire le jour où ce genre de situation arrive. Et ensuite, ne pas hésiter à être accompagné par des associations locales ou encore une fois par les services de jeunesse et sport au comité olympique départemental, par exemple.
- Speaker #1
Donc là, on a parlé du rôle des clubs et des dirigeants. On peut aussi parler maintenant des sportifs et sportives. Comment est-ce qu'on peut aider les jeunes à savoir ce qui est normal ou pas ? On l'a un peu dit. Et comment est-ce qu'on pourrait les aider à aller oser parler, finalement ?
- Speaker #0
Je pense que les éduquer dès le plus jeune âge et les sensibiliser à ce que sont des violences, c'est extrêmement important. Et créer un environnement de confiance. on pourra faire toute la sensibilisation du monde, le risque zéro n'existe pas. Et donc on peut être face à des jeunes qui vivent ces situations de violence-là, que ce soit au sein même de la structure, mais même au sein de sa famille, ou à l'école, ou en colonie de vacances. Malheureusement, il y a plein de circonstances qui peuvent faire qu'un jeune vit ces situations-là. Et donc plus il sera éduqué jeune, et mieux ce sera. et plus il se sentira en confiance avec les adultes qui sont autour de lui et mieux ce sera. Et comment est-ce qu'on crée ce lien de confiance ? On crée ce lien de confiance en tant qu'adulte en étant dans la tolérance zéro. C'est-à-dire, on n'accepte pas les petites blagues sexistes, on n'accepte pas les tapes sur les fesses avant de commencer, avant qu'un athlète ne rentre sur la piste, on n'accepte pas les blagues comme je l'ai dit, sexistes ou même racistes ou homophobes, etc. C'est vraiment tolérance zéro par rapport à tout ça. Et c'est ce qui permettra de créer cet environnement de confiance et potentiellement aux jeunes de parler beaucoup plus facilement.
- Speaker #1
Et s'il y a des témoins, est-ce que les témoins, ils ont un rôle à jouer pour aider la victime justement à parler ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr, les témoins peuvent permettre deux choses. La première, c'est de rendre réel ce qui s'est passé. Parce que quand on est dans ce genre de situation, on peut avoir du mal à mettre des mots et à se rendre compte, on peut être en état un peu de sidération et se dire « mais est-ce que j'ai vraiment vécu ça ou est-ce que je me trompe ? » Donc le témoin peut réassurer la personne victime dans ce qu'elle a vécu et puis elle peut aussi permettre d'accompagner cette personne-là dans le signalement, dans le fait de décider d'aller parler.
- Speaker #1
Et pour finir, une petite... question finale, si demain, chaque club devait changer quelque chose justement pour protéger ses sportifs et sportives, ce serait quoi ? Parce que c'est vrai qu'il y a plein de dispositifs qui existent, donc on peut être un peu perdu par rapport à ça, mais si là, demain, un club, il voulait se dire, bon ben d'accord, j'agis, qu'est-ce que je peux mettre en place facilement ?
- Speaker #0
Alors, je pense que comme tu l'as dit, il y a plein de choses qui peuvent être mises en place. La chose, vraiment, si j'ai une recommandation à faire, c'est en parler. au début d'année en septembre. Début de la saison, on en parle en septembre, on n'est pas obligé d'en parler pendant deux heures, mais ça peut être le bureau qui fait un petit brief aux entraîneurs, et les entraîneurs ensuite qui font un brief aux sportifs et sportives, en leur disant si vous avez le moindre souci, vous savez que nous, on est là. Le mieux, c'est de faire quand même de la sensibilisation par rapport à toutes ces personnes, mais juste ne serait-ce qu'ouvrir la parole là-dessus, parler des violences, dire que ça existe et qu'en tant qu'adulte, on est là pour sécuriser au maximum les pratiquants et pratiquantes. Ce ne sera jamais parfait. On n'est pas obligé d'être un spécialiste pour parler de tout ça. Mais juste ouvrir le sujet, ça me paraît extrêmement important et ça me paraît être le début de la solution.
- Speaker #1
Oui, donc finalement, c'est des actions simples que tout le monde pourrait faire dans les clubs et qui aideraient beaucoup les sportifs et sportives. Oui,
- Speaker #0
oui, totalement. Après, encore une fois, je comprends que ça paraisse difficile et compliqué parce que ce ne sont pas des sujets qui sont... qui sont évidents, mais effectivement, juste en parler en début de saison, ça me paraît être déjà une très bonne chose pour tout le monde.
- Speaker #1
Pour finir, est-ce que tu aurais quelque chose d'autre à rajouter avant de conclure l'épisode ?
- Speaker #0
J'ai envie de m'adresser aux personnes qui potentiellement ont été victimes de toutes ces situations, que ce soit violences sexistiques et sexuelles, mais aussi des violences physiques et psychologiques. de leur dire qu'elles ne sont pas toutes seules, que je comprends vraiment à quel point ça peut être très compliqué de parler, de s'ouvrir là-dessus, que parfois on peut passer par des moments où on ne se sent pas toujours cru, où on se sent très isolé, et leur dire que moi je les crois, que je suis vraiment à fond derrière elles, qu'il y a de plus en plus de choses qui sont mises en place. pour mieux les protéger, pour mieux prévenir ces violences. Et pour les encadrants et encadrantes, j'ai envie de leur dire que déjà, s'ils commencent à se poser des questions sur leur posture et leur pratique, ils ont tout compris pour moi et pareil, c'est le début de la solution. Et j'espère d'un sport plus sain et sécurisant pour tout le monde.
- Speaker #1
Oui, on l'espère aussi. Merci beaucoup pour ces échanges constructifs. On a été ravis de t'accueillir avec nous aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci Léane.
- Speaker #1
Donc maintenant, après avoir reçu Emma Odu pour parler de violence dans le sport, on va maintenant accueillir Romain Bézier pour parler plutôt des dispositifs qui existent pour pallier à ces sujets. Donc bonjour Romain, on est ravi que tu sois là avec nous aujourd'hui. Comment tu vas ?
- Speaker #2
Ça va très bien, merci et toi ?
- Speaker #1
Oui, ça va très bien. Est-ce que tu peux te présenter rapidement, s'il te plaît ?
- Speaker #2
Moi, je m'appelle Romain Bézier, je suis professeur de sport, conseiller d'animation sportive au sein du service départemental de la jeunesse, de l'engagement et des sports de la Drôme. Et mes missions, c'est entre autres la lutte et les préventions contre les violences sexuelles et sexistes, les réglementations sportives.
- Speaker #1
D'accord. Donc là, on va surtout aborder les dispositifs qui existent sur le territoire, mais aussi au niveau national, pour lutter justement contre les violences sexuelles et sexistes dans le sport, et pour donner un peu des clés au club, dans le monde du sport. Donc, ce qui existe, il y a la plateforme Signal Sport. est-ce que tu peux nous l'expliquer comment ça fonctionne ?
- Speaker #2
Signal Sport c'est une adresse mail une adresse mail à laquelle une personne qui veut faire un signalement qu'il soit victime, témoin témoin à un degré divers entendu parler ou vu des choses éventuellement n'importe qui peut prendre en main cette adresse mail et écrire donc ce sont des fonctionnaires du ministère des sports, la direction des sports qui reçoivent et qui traitent ces mails là et qui ensuite les renvoient sur les départements concernés. Donc s'il y a un signalement qui a lieu, on va prendre notre exemple dans la Drôme, le signalement nous est redescendu, et ensuite nous on traite le signalement, on va mener une enquête, mais on y reviendra probablement après. Et la cellule aussi, elle s'occupe de coordonner les différents acteurs, donc elle va orienter aussi les victimes vers des associations d'aide, etc. elle va essayer de mettre en lien un Les fédérations, quand la personne mise en cause est liée par sa profession ou par sa licence à une fédération, elle va coordonner tous les acteurs de ce signalement-là.
- Speaker #1
D'accord, donc là tout le monde peut signaler et écrire à cette adresse mail-là.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Et donc qu'est-ce qu'on attend des personnes qui signalent ? Qu'est-ce qu'il faut dire en priorité ? Est-ce qu'il y a des choses obligatoires à dire ? Comment ça marche ?
- Speaker #2
Il n'y a rien d'obligatoire, il n'y a pas de formalisme attendu sur un signalement. La première chose que je tiens à dire aux personnes dont je parle de signalement, c'est qu'un signalement, ce n'est pas une dénonciation. C'est dans le but de protéger des victimes, ou quand c'est des fois trop tard, malheureusement, c'est protéger d'autres éventuelles victimes. Donc ce n'est pas une dénonciation. Nous, services départementaux, sous autorité de la préfecture, on intervient pas dans le but de sanctionner un éducateur sportif, un dirigeant, un juge ou un arbitre. On est là pour protéger les publics. On met... à l'écart les mises en cause au bout de notre enquête pour protéger les publics. On n'est pas, comme sur le volet judiciaire, sur une punition, il n'y a pas d'amende, il n'y a pas nous, on met à l'écart les personnes mises en cause.
- Speaker #1
D'accord, donc une fois qu'on fait le signalement, après il est envoyé à qui derrière ce signalement ?
- Speaker #2
Alors donc... ça me fait penser que je n'ai pas répondu sur le formalisme du mail, j'y viens. On écrit au ministère des Sports via Signal Sport qui nous redescend et qui en même temps prend contact avec la fédération pour avoir des informations, notamment des informations de licence, donc avec le numéro de téléphone, l'adresse, etc. et des informations complémentaires quand la fédération en a, sur le mis en cause et les victimes. Comme ça, ça nous permet d'avoir les contacts directs, de pouvoir les joindre par téléphone, par mail, le plus rapidement possible. On intervient dans un délai extrêmement rapide sur le signalement. La direction des sports accuse réception dans les 24 heures. Voilà, pas c'est ce qu'ils disent, mais ils le font même de manière plus rapide. C'est extrêmement rapide. C'est pas rare que nous, quand on reçoit un signalement, c'est même, en voulant voir, on est encore en attente de... de la réponse de la fédération, ils ne perdent pas de temps, parce que comme nous, on connaît le territoire sur lequel on est, sur notre département, on peut connaître le club, on peut connaître déjà des liens, donc on peut aussi nous gagner du temps et intervenir très vite. L'un des derniers signalements qu'on a eu, il est arrivé un lundi sur deux mois de mail, ça devait être 19h, j'étais au téléphone avec le président du club le lendemain à 9h. parce que toutes les infos étaient données. Et sur le signalement, parce que le signalement aussi était très clair, il y avait des pièces jointes, il y avait des choses qui étaient claires. Les coordonnées aussi du président étaient déjà aussi dans sa signature, mais des fois, c'est des choses qui sont toutes bêtes, mais qui font gagner du temps. Parce qu'en fait, ce que fait la direction des sports, c'est qu'ils transfèrent le signalement qu'ils ont eu, avec des fois quelques données. Et sur le signalement, il n'y a pas de formalisme. Plus il y a d'informations, plus nous, ça nous permet de traiter rapidement et de manière la plus efficace possible, parce que quand il n'y a pas trop d'informations, nous, on est obligé d'aller chercher. Si on a le mis en cause, donc l'auteur, là où les victimes, les circonstances, et si elle est en sécurité ou pas, déjà, on a grand chose, parce que nous, au niveau administratif, dans ce qu'on appelle la police administrative, au niveau préfectoral, on peut agir en urgence. C'est-à-dire qu'au vu du signalement qu'on reçoit, au vu des éléments qu'on a, si on estime que c'est urgent d'interdire cette personne, on peut interdire en urgence, c'est un arrêté préfectoral d'interdiction en urgence des fonctions d'éducateur sportif, dirigeant, juge ou arbitre. Cet arrêté est valable 6 mois. Pendant ça, nous, ça permet d'écarter la mise en cause. Et nous, on a le temps de l'enquête. Mais si on se rend compte qu'au final, il n'y avait rien, c'était un faux signalement, etc., on peut très rapidement abroger cet arrêté. Mais effectivement, ce sont des choses qui sont des... Je n'aime pas le terme d'arme, parce que ce n'est pas un vocabulaire égaré. Ce sont des leviers que nous, on peut activer très rapidement par rapport au volet pénal qui souvent est un peu long parce que eux, ils ont d'autres... Les délais ne sont pas les mêmes parce que les objectifs ne sont pas les mêmes. Nous, ils sont là pour chercher une réparation et qualifier des faits. Nous, on ne qualifie pas. Nous, on n'est pas là pour chercher si c'est vrai. On est là pour chercher si c'est vraisemblable déjà. Donc, c'est... Quand on rédige un arrêté, on essaie de le caler dans le temps, etc. Parce que si on nous dit, vous avez fait tel acte, telle date, et le mis en cause, il dit, non, telle date, j'étais en vacances à l'autre bout du monde. Donc, nous, on essaie déjà de voir si c'est vraisemblable. Et on n'est pas là pour chercher la vérité. Ça, c'est le côté pénal.
- Speaker #1
Oui, du coup, on peut aborder ce sujet-là. C'est qu'il y a différentes procédures. Et donc, il y a les procédures qui sont plus administratives, fédérales et pénales. C'est quoi les différences entre...
- Speaker #2
entre ces trois filières ? Les objectifs. Les grosses différences sont les objectifs et également les moyens qui sont derrière. Par exemple, nous, si malheureusement, on ne peut pas obliger quelqu'un à témoigner ou à auditionner si une personne ne veut pas témoigner. en fait, notre dossier est vide. On a un signalement anonyme, par exemple, et la personne ne veut absolument pas que son identité soit révélée. Des fois, on a une fausse adresse mail, on a un signalement qui remonte, mais la personne est injoignable, le dossier est vide, et en fait, on n'a pas d'enquête. Nous, si on n'a pas de témoignage, on n'a pas d'enquête, on ne peut pas obliger les personnes à enquêter, on ne peut pas remonter forcément très loin. Nous, on peut... On ne peut se baser que sur les faits qu'on a. On ne peut pas gratter beaucoup plus loin. Donc nous, au niveau de la filière administrative, donc c'est trois filières, que ce soit la filière administrative, donc au niveau de l'État, de la préfecture, que ce soit au niveau fédéral ou au niveau judiciaire, les trois, elles sont en parallèle, elles sont indépendantes. Il y a des porosités, puisqu'il y a des transmissions d'informations. Pas tout le temps, des fois ce n'est pas nécessaire. les fédérations vont jouer sur le côté licence. Elles peuvent, à terme, au bout de leur enquête, toutes les fédérations, ou la plupart en tout cas, ont des comités d'éthique, de déontologie. Ils ont pour la plupart des noms différents. Et ce sont eux qui mènent une enquête au niveau fédéral. Pareil avec les éléments qu'ils ont. Si personne ne discute, ça va être compliqué. Et eux, ils vont pouvoir interdire de licence. au niveau de leur propre fédération. Ils peuvent interdire une personne mis en cause d'être licenciée au sein de leur fédération sur une durée courte ou plus longue, voire même à vie. Et nous, on peut, par exemple, empêcher une personne, on peut interdire une personne d'être éducateur sportif, d'être juge ou arbitre, d'intervenir auprès de mineurs, même d'être en collectif de mineurs sur des colos, des centres aérés, etc., que la justice pénale, elle va chercher à punir le... Alors eux, ils ne vont plus parler de mise en cause, mais ça va être d'accuser. Voilà, avec de l'amende, avec des peines de prison, on n'a pas de peine en tant que telle, même si ça peut y ressembler, honnêtement.
- Speaker #1
Donc là, on a parlé de la cellule Signal Sport. Il y a d'autres dispositifs qui existent, comme RégloSport, par exemple. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #2
Alors, le RégloSport, c'est un outil qui a été créé, si je ne dis pas de bêtises, par le Comité Paralympique Sportif Français. ça permet notamment aux plus jeunes ou à des personnes qui ne se rendent pas forcément compte de l'environnement dans lequel ils sont au niveau sportif c'est une échelle de 0 à 20 de mémoire et il y a en face de chaque note un état d'esprit je me sens bien dans mon club donc je me sens bien dans mon club on est dans le vert, je sais plus si on est à 0 ou à 20 je sais plus l'échelle de gravité dans quel sens elle est il y a plein de choses comme ça et puis au fur et à mesure on va je subis du chantage, je subis des attouchements je me fais agresser etc donc là on est dans le rouge et en fait ça permet aux gens et notamment aux plus jeunes de se rendre compte que ce qu'ils vivent c'est pas normal, si je suis là cet outil là il me dit qu'en fait c'est grave
- Speaker #1
Ça permet de ne pas banaliser des situations. C'est un outil pédagogique, finalement.
- Speaker #2
C'est ça, parce que c'est important aussi de signifier aux sportifs, aux sportives, notamment les plus jeunes, que c'est la difficulté des violences sexuelles dans le sport. C'est comme le corps est l'outil de la performance, quelle qu'elle soit, je veux dire, même une performance de loisir. Ne serait-ce qu'aller faire une randonnée en moyenne montagne en famille, ça reste une performance en soi. Donc, c'est un outil et notamment dans le sport où on cherche des résultats, où on cherche à progresser, on va effectivement rentrer un petit peu plus dans le dur. On va essayer de pousser un peu ses limites, mais c'est aussi là où on retourne son plaisir. Mais voilà, c'est l'outil. Donc, si on me fait mal à mon outil, c'est normal. Donc, il y a aussi… Oui. C'est normal. C'est ce que l'athlète pense. et non justement il faut qu'ils se rendent compte que certaines choses qu'ils peuvent vivre ne sont pas normales et ce sont des violences.
- Speaker #1
D'accord. Donc ça, c'est un outil qui est accessible gratuitement en ligne et que tous les clubs, par exemple, pourraient mettre à disposition dans les vestiaires ou autres, par exemple ? Oui,
- Speaker #2
il est téléchargeable. Je crois que le comité paralympique peut aussi en fournir. D'accord. Ou de toute façon, il est imprimable. Il existe soit en réglette, donc c'est un format, ça doit faire un format 15 sur 3, quelque chose comme ça, ou il existe en kakémono, au déroulant, en plus grand, qu'on peut afficher dans les clubs.
- Speaker #1
Ok, donc c'est vrai que c'est intéressant à mettre à disposition pour les jeunes, les sportifs et sportives. Du club ? Oui. Donc, il y a aussi des kits de formation. Lilia, si je ne me trompe pas, est-ce que tu peux nous expliquer un peu en quoi ça consiste ?
- Speaker #2
Alors, Lilia, ça fait partie d'un... C'est un kit de formation à destination des exploitants, des entrepreneurs, de tous ceux qui tournent autour des activités physiques et sportives. Et c'est un kit parmi tant d'autres. C'est sur un site gouvernemental, Arrêtons les violences, où il y a de nombreux outils. contre les violences de mémoire. Il y a la violence au sein du couple, la violence au travail, etc. Et il y a donc la violence au sein d'une activité sportive. Et le kit Lilia, qui est gratuit, qui est téléchargeable, il y a un court-métrage tourné et fait par des vrais acteurs. Un petit quart d'heure, 13 minutes de mémoire, qui est très bien joué d'ailleurs, qui est assez prenant. et qui parle d'une mère qui refuse à son enfant d'aller dans un stage d'entraînement parce qu'elle a eu une mauvaise expérience à elle plus jeune et l'entraîneur de sa fille justement prend le relais et explique que les temps, j'allais dire ont changé, changent, que ce n'est pas fini, les temps changent et il y a des pratiques qui ne se font plus. Et il y a aussi un kit pédagogique avec des explications sur comment doivent se comporter les exploitants, les éducateurs, sur quels sont quelques signaux à éviter, comment faire en sorte qu'il y ait des situations qui n'arrivent pas, et vers qui se tourner, des associations d'aide aux victimes, entre autres Signal Sport, évidemment.
- Speaker #1
Ok, merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres dispositifs dont tu aimerais nous faire part, ou on a à peu près fait le tour de... de ce qui existe et de ce dont vous voulez parler ?
- Speaker #2
Après, les signalements peuvent être faits directement auprès des fédérations, et les fédérations prennent le relais. Les fédérations, en 2025, ce sont eux qui ont porté le plus de signalements, qui ont rapporté des signalements auprès de la cellule Signal Sport. Ensuite, il y a des associations d'aide aux victimes, il y a la voix de Sarah, Sarah Bitbol, il y a... Colosse aux pieds d'argile, qui est une des grosses associations des eaux victimes aussi, qui peuvent aider à l'accompagnement et au signalement. Mais l'idéal, c'est quand même de se tourner vers Signal Sport ou directement vers le service jeunesse et sport de son département. C'est aussi parce que dans tous les cas, l'info nous... Nous, si on reçoit un signalement direct, on va le traiter. On le fait dans tous les cas remonter au ministère via la cellule Signal Sport. Nous, au niveau du département, et dans de nombreux départements maintenant, il y a une adresse mail de signalement direct en interne au sein des services départementaux.
- Speaker #1
D'accord. Merci beaucoup pour tous ces échanges constructifs. Là, on a parlé des dispositifs qui étaient plutôt au niveau national. Au niveau du territoire, le CDOS a mis en place un plan d'action de prévention des VSS à la suite de plusieurs affaires. qui ont été remontés en Drôme. Et donc les objectifs, c'est vraiment de sensibiliser les dirigeants, accompagner les entraîneurs et aussi prévenir et rassurer le grand public. Et donc dans le cadre de ce plan d'action, il y a trois conférences qui ont été organisées sur le territoire drômois. Elles seront prochainement disponibles en vidéo sur le site internet du CDOS. Et il y aura également une plateforme qui est créée en partenariat avec la SDJES aussi, dédiée aux violences sexuelles et sexistes dans le sport. qui sera également accessible depuis le site internet du CDOS. Et donc l'objectif de cette plateforme, c'est que chaque club puisse disposer d'au moins un référent sur cette thématique et un référent qui pourra être formé grâce à plusieurs vidéos et des modules qui seront interactifs. Donc c'est des modules et des vidéos d'environ une vingtaine de minutes. Donc l'objectif, c'est qu'elles soient mises en service en septembre à peu près. À terme, elles serviraient également de support. pour des campagnes de sensibilisation destinées au grand public afin de mieux informer et prévenir des situations de violence. Et donc la formation, elle sera évidemment totalement gratuite et accessible pour tout le monde. Donc ça, c'est vraiment ce qui est fait au niveau du territoire drômois. Maintenant qu'on a fini cet épisode, je tiens tout d'abord à te remercier Romain. Je remercie également Emma Oudieu. Et je vous remercie tous les auditeurs d'avoir écouté cet enregistrement. Je voudrais également remercier les équipes de SVD Studio pour ce tournage. Et je vous invite à nous suivre sur les réseaux sociaux si le podcast et le contenu vous a plu, notamment Instagram et LinkedIn. Et si ça vous a plu, n'hésitez pas à commenter, partager et liker. Et on se retrouve pour de prochains épisodes. Au revoir.