- Speaker #0
Toujours y croire. Pour moi, c'est déterminant parce que c'est cette volonté de dire, ne rien lâcher, mais toujours y croire. C'est-à-dire que tout est possible, tout est possible. Et je pense que c'est vraiment ça. Si je me revois il y a quelques années en arrière, je me dis que j'étais culottée quand même à quelque part.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Le Sport en Face, le podcast du Comité Olympique et Sportif de la Drôme. Aujourd'hui, nous allons parler de féminisation du sport. Et pour cela, je suis ravi d'accueillir une invitée d'exception, une pionnière et une figure de référence de la féminisation du sport en France, ancienne athlète de haut niveau. Elle est aujourd'hui une dirigeante reconnue du sport français, vice-présidente de la Fédération Française de Cyclisme et vice-présidente du CNOSF. Elle a connu mille vies à travers le sport. Bonjour Marie-Françoise.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
J'en profite également pour remercier Team Paddle qui nous permet de réaliser ce podcast dans une infrastructure sportive. Donc voilà, on les remercie pour ça. J'en profite également pour préciser un petit peu comment va s'articuler ce podcast. Habituellement, dans le sport en face, on découpe le podcast en deux séquences différentes. Une première séquence avec le récit d'un invité qui nous raconte un petit peu sa carrière et son parcours. Et dans un second temps, on accueille habituellement un expert qui nous parle un petit peu des dispositifs existants en lien avec la thématique. Aujourd'hui, on a la chance d'accueillir une invitée qui a ces deux casquettes-là, donc on aura un plus long entretien et on pourra aborder ces deux séquences. Peut-être pour démarrer, Marie-Françoise, comme dans chaque épisode de Le Sport en Face, on demande à nos invités de ramener un objet qui peut symboliser quelque chose, qui peut raconter une histoire. Est-ce que vous avez pu ramener un objet ?
- Speaker #0
Oui, alors tout à fait. Pour moi, l'objet, c'est une carte postale marquée Vitalité, pour laquelle cette carte me parle beaucoup. j'ai fait pas mal de... de photolangage, dans du coaching notamment. Et voilà, cette carte vitalité, c'est moi. C'est moi parce que je suis hyper dynamique, hyper engagée, et puis je suis toujours dans le waouh.
- Speaker #1
D'accord, super. Pour commencer en douceur et pour apprendre un petit peu à vous connaître, est-ce que vous pouvez nous dire, nous raconter dans quel environnement vous avez grandi, comment était votre enfance et comment vous avez vécu vos premières années ?
- Speaker #0
Oui, alors donc moi je suis une Aix-Soise, donc j'habite toujours Aix-les-Bains. Je suis née à Aix-les-Bains et j'ai grandi bien sûr dans cette ville et j'y suis toujours d'ailleurs. Et j'ai été dans une famille de sportifs puisque mon papa était au club d'aviron, a fait de l'aviron. Mon frère a fait de l'aviron également. Et par contre, moi j'ai fait du cyclisme. Voilà, je suis l'aînée d'une famille de quatre enfants. voilà Et tout ça avec une vie à la fois familiale, une vie associative. Parce que j'ai traîné mes guêtres, je dis toujours, sur les bassins d'Aveyron. Puisque j'ai connu toute cette partie dans ce milieu-là.
- Speaker #1
Donc, de ce que je comprends, le sport est tout de suite rentré dans votre vie. Vous baignez déjà à petite dans un environnement sportif. Et j'imagine que vous avez fait plusieurs sports. Comment ça s'est passé ? Ça s'est passé de...
- Speaker #0
Oui, alors comme toute jeune fille, on se cherche un tout petit peu. Donc dès l'école primaire, ma mère m'avait mis dans ce folklorique, mais ce n'était vraiment pas pour moi. Donc à partir de là, après, j'ai fait du sport. Et j'ai d'abord du sport à l'école. Et je tiens à dire que le sport à l'école, c'est ce qui déclenche beaucoup d'engagement derrière, beaucoup d'envie. Donc avec des enseignants qui nous ont permis de découvrir différentes pratiques sportives. Et puis ensuite, alors ça, c'était en école primaire. Ensuite, dans le collège et le lycée, pareil, des enseignants qui ont permis de découvrir énormément de disciplines. Et j'ai fait à un moment donné du handball avec l'UNSS, grâce encore une fois à l'enseignante qui nous donnait l'envie de faire du handball. Et puis ensuite, j'ai plutôt pratiqué du ski de fond et ensuite le cyclisme aussi.
- Speaker #1
Par rapport au cyclisme, ce n'était pas votre sport de prédilection naturellement, en tout cas pas au départ. Comment vous en êtes arrivé à faire du cyclisme et pourquoi ça a pris une telle ampleur, une telle importance dans votre vie ?
- Speaker #0
Alors ça a pris de l'importance parce que dans la vie familiale, il y a eu des évolutions. Mon père est venu habiter au club d'aviron puisque c'était sa discipline. Et quand j'ai demandé à faire de l'aviron, c'était interdit aux filles avec ses bains, donc je n'ai pas pu faire d'aviron. Et un jour, un peu par colère, j'ai pris un vélo et je suis partie faire du vélo. Et c'est vrai que je me suis tout de suite sentie assez forte en vélo. Et derrière ça, avec un cousin qui m'a encouragée, puis après des amis, j'ai pris ma première licence à l'AMI Calciclexois.
- Speaker #1
Ok, et donc, vous avez rapidement pris goût à pratiquer le cyclisme. Et puis en plus, comme vous disiez que vous étiez à l'aise sur le vélo et que vous aviez des capacités, c'est ça qui vous a donné l'envie de continuer de prendre cette licence-là ?
- Speaker #0
Oui, voilà. D'abord, l'envie de faire. Je crois qu'il faut le dire. Aujourd'hui, quand on choisit un sport, il faut le choisir par envie.
- Speaker #1
Par plaisir, ok.
- Speaker #0
Alors après, quand on vous dit on est doué, on n'est pas doué, ce n'est pas ça. Aujourd'hui, si d'abord vous avez l'envie, forcément vous allez progresser. Il y a aussi ce sujet de progression qui fait que... Et puis après, par contre, effectivement, pour moi, il a fallu lever les barrières. Voilà, parce que pour faire du cyclisme, il y avait juste un club à Aix-et-Bain, mais qui n'avait pas de filles, etc. Donc, j'ai commencé par la FFGT, d'ailleurs, et j'ai gagné le championnat de France. Et c'est comme ça que je suis venue après à prendre ma licence à la Fédération française de cyclisme.
- Speaker #1
OK. Et pour rebondir justement sur un petit peu le regard qu'il pouvait y avoir parce que vous étiez une jeune fille qui pratiquait du vélo. Comme vous l'avez souligné, c'est un sport qui, à ce moment-là, était très, très masculin. Est-ce que ça a été plus dur pour vous de vous faire une place, même en tant que licenciée, pour pratiquer ? Est-ce que vous l'avez des fois mal vécu ou alors ça s'est fait assez naturellement et après, il n'y a pas eu de soucis particuliers ?
- Speaker #0
Alors, ça s'est fait, oui, ça ne s'est pas fait naturellement quand même. Il a fallu que j'insiste.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Voilà, parce que d'abord, je roulais toute seule. Après, effectivement, j'ai pris cette licence au club d'Exebin où j'ai roulé qu'avec des garçons. Donc, c'était quand même difficile parce que le niveau physique n'était pas le même, etc. Mais je me suis beaucoup accrochée. Donc, je pense que c'est aussi mon tempérament, cette volonté d'essayer de tenir, de faire aussi bien que. Et c'est de là qu'après, j'ai progressé et j'ai pu faire. j'ai pu faire évoluer ma carrière.
- Speaker #1
Par rapport à la pratique du sport, notamment le cyclisme, à partir de quel moment vous avez été en compétition seulement avec des filles ? Comment ça s'est passé ? Là, vous vous entraînez avec des garçons majoritairement. Est-ce qu'au bout d'un moment, à un certain niveau, il y avait des courses où vous étiez que entre filles ?
- Speaker #0
Les premières courses, je les ai faites en FFGT. C'était surtout des grimpés chronométriques. Dans la région de Savoie, c'était surtout ça. Donc, on était tous mélangés, mais il y avait un classement féminin, etc. Et puis après, à la Fédération Française de Cyclisme, via le club de la Micalcyc-Lexois, j'ai fait ma première course à Ponchara, je m'en rappellerai toujours. Première course avec les filles, Jeannie Longo était là et je fais deux derrière Jeannie Longo.
- Speaker #1
Ah oui, ça c'est une belle anecdote. Et j'imagine que c'est un de vos moments marquants dans votre carrière. Oui,
- Speaker #0
j'ai envie de dire que quand on commence par un résultat comme celui-ci, ça nous encourage. C'est pour ça que moi, je suis toujours très attentive à la prise de licence et derrière l'accompagnement. Parce qu'il faut qu'il y ait des réussites. C'est comme dans la vie de tous les jours, aussi bien professionnelle que familiale. Il faut des réussites pour que derrière, ça nous donne envie.
- Speaker #1
Super. Pour parler un petit peu du haut niveau et justement de votre carrière de cycliste. En 1984, il y a les premières épreuves cyclistes féminines qui arrivent aux Jeux Olympiques à Los Angeles. La même année, les organisateurs du Tour de France masculin décident de lancer le Tour de France féminin. On est en 1984, vous faites cette première édition du Tour de France, avec Jeannie Langot notamment. Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de cette période et du souvenir que vous gardez de ce Tour de France féminin ? Comment ça se passait ? Et puis peut-être le regard qu'il pouvait y avoir à la fois des spectateurs et du monde du cyclisme qui voit arriver ce Tour de France féminin.
- Speaker #0
Je suis toujours beaucoup dans l'émotion par rapport à ce Tour de France 84, parce que pour moi, c'est le démarrage de tout le reste de ce qui s'est passé dans ma vie après. 84, on nous dit qu'il y aura un Tour de France. Et on nous dit, écoutez, celles qui veulent faire le Tour de France, il faut aller chercher votre sélection. Et c'était dans le... dans le centre de la France. Je n'avais pas d'entraîneur à l'époque. J'y vais, etc. Et puis là aussi, je fais un résultat qui me permet, à la fin des épreuves, ils nous annoncent la sélection, je suis dedans. Et voilà, j'étais vraiment... Je ne m'y attendais pas du tout.
- Speaker #1
C'est un peu une consécration à ce moment-là, peut-être pour vous. Voilà,
- Speaker #0
et puis je me disais, je ne savais même pas ce qui m'attendait. Et donc, à partir de là, j'ai demandé des conseils à droite, à gauche, pour essayer de progresser encore dans la préparation pour essayer de faire le mieux possible pour moi sur le Tour 84. Et là, je pense que c'était un rêve qui s'est réalisé aussi. Et puis derrière, quand on était sur le Tour, après, c'était magique. Je crois que je m'en rappelle encore aujourd'hui. J'ai des scènes qui me reviennent sur... Voilà, on passait, les gens disaient « Ah, mais je crois que c'est des filles qui courent. » Enfin, incroyable. Donc,
- Speaker #1
vous en gardez un très bon souvenir quand même.
- Speaker #0
Oui, et puis je fais deux sur les Champs-Élysées. Je ne m'attendais pas à être dans cet échappé de départ. Je savais que j'allais être battue au sprint par une grande Hollandaise qui faisait deux fois ma taille. Mais j'entendais « allez la française, allez la française » . C'était incroyable, j'en ai encore des frissons.
- Speaker #1
Et vous jouiez la gagne sur les champs alors ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça, c'est dingue. Et du point de vue peut-être un peu plus du monde du cyclisme, comment vous étiez accompagnée, encadrée du point de vue du Tour de France féminin ? Est-ce que j'imagine forcément qu'il y avait une différence par rapport au Tour de France masculin ? Comment vous l'avez vécu, vous, d'un point de vue de l'accompagnement des sportives ?
- Speaker #0
Alors, à cette époque, en même temps, il y avait les Jeux. C'est ce qu'on a dit. Donc, il y avait cette équipe de France qui s'était constituée. C'est Jean-Yves Plaisance qui était un entraîneur chez les garçons en cyclocross que l'on avait désigné pour nous encadrer. Donc, je pense que ce n'était pas sa volonté première, mais il s'est prêté au jeu de nous encadrer. Et puis, en fait, on découvrait. Tous les jours, il y avait quelque chose. Voilà, nous on avait préparé comme on pouvait ce Tour de France, donc on avait des hauts et des bas, on était massés tous les soirs, ça nous était jamais arrivé jusqu'à là. Voilà, on avait la télé, on a eu quelques émissions à la télé, je m'en rappelle d'une émission, j'ai gardé encore la séquence où je dis, ah mais moi je ne pensais pas faire le Tour de France, et moi je ne pensais pas, puis je ne voudrais pas faire que du vélo parce que je veux rentrer chez moi, enfin c'est un truc incroyable. Et puis, tout compte fait, on était très solidaires, cette équipe de France, avec l'entraîneur, parce qu'il voulait vraiment qu'on allait au bout. Et en fait, on faisait toutes les fins d'étapes des garçons avec une journée de plus de repos. Donc, ce qui était extrêmement difficile, on n'était pas préparés pour.
- Speaker #1
Ah oui, c'est ça. D'un point de vue de la préparation physique, ça a été quand même très dur à la compétition. Vous sentiez que vous n'étiez peut-être pas préparés à un tel niveau ?
- Speaker #0
Non, on n'était pas du tout préparés. Moi, j'avais... Essayer de recueillir des conseils à droite, à gauche, etc. Voilà, alors j'ai une petite anecdote que je peux vous raconter. Moi, j'avais sollicité le partenaire Louk pour avoir des pédales automatiques pour le vélo. Parce qu'on me disait, c'est mieux, ça sera mieux que d'autres pédales, etc. Et j'avais reçu une lettre du directeur technique de l'époque de la Fédération qui me disait que si j'avais un problème avec... Avec mes pédales et mon vélo, je ne serais pas dépannée parce que j'avais des pédales Louk. Alors qu'aujourd'hui, toutes ces pédales automatiques sont quelque chose d'acquis. C'est incroyable. J'ai gardé le courrier.
- Speaker #1
Vous étiez en avance aussi là-dessus.
- Speaker #0
J'étais en avance là-dessus.
- Speaker #1
Par rapport à toute cette période du Tour de France, qu'est-ce que vous en avez gardé ? Même pour après plus tard, qu'est-ce que ça vous a appris cette carrière de cycliste de haut niveau ? Qu'est-ce que vous en avez gardé qui vous a suivi après et qui vous a servi surtout ?
- Speaker #0
Alors... Ce que je retiens, c'est quand même cet effort collectif. Moi, j'aime beaucoup le groupe, peut-être grâce à ça. On s'entraidait de celle qui était moins bien un jour, d'encourager l'autre, etc. Et puis, c'est aussi cette notion de dépassement. Parce que d'abord, c'était tellement nouveau pour nous. On s'est dit, mais est-ce qu'on va tenir trois semaines ? Il y avait cette question. Est-ce qu'on va tenir trois semaines, etc. Et on a tenu trois semaines. donc on a vu aussi qu'on pouvait aller au-delà de... de ce qu'on espérait. Donc, cette notion de dépassement, de détermination, c'est des qualités qu'on développe au travers d'un tel parcours de Tour de France. Donc, moi, j'ai envie de dire, je me suis révélée, en tout cas, j'ai découvert les capacités que je pouvais avoir. Et puis, il y a le mental. Je pense que, voilà, je suis quelqu'un de teigneux, je le sais, on me le dit assez souvent, je ne lâche rien. Et vous savez, quand vous êtes dans un col et que vous voulez vraiment finir l'étape, Et que vous n'êtes pas très bien, là, il faut avoir du mental.
- Speaker #1
C'est à ce moment-là que ça...
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Et puis, moi, ce que j'ai aussi comme souvenir de ce Tour de France, c'est les encouragements qu'on avait sur le bord des routes.
- Speaker #1
Et il y avait du monde et vous avez ressenti ce...
- Speaker #0
Il y avait du monde et les gens disaient, « Ah, mais il y a des Françaises, etc. » C'était incroyable. Et je pense que tout ça, c'est aujourd'hui... Voilà, quand on voit les Tours de France, moi, ça me fait repenser à ça. Bien sûr.
- Speaker #1
Et donc, j'imagine quand même qu'à l'époque, donc forcément, s'il y avait autant de gens sur la route qui vous ont vu faire ce Tour de France, Ça a quand même mis un coup de projecteur aussi sur le cyclisme féminin, mais le sport féminin, puisqu'on avait donc ce Tour de France féminin.
- Speaker #0
On était des bêtes curieuses.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Parce que comme ça n'a pas été très bien annoncé qu'il y avait ce Tour de France féminin en même temps que celui des hommes, puisque nous, on faisait les derniers kilomètres du Tour des garçons. Et il y a des gens qui disaient « Ah, mais je crois que c'est des filles qui passent » , puisqu'on était avant les garçons.
- Speaker #1
Tout le monde n'était pas forcément au courant. Non, pas du tout.
- Speaker #0
Voilà. Donc, tout le monde n'était pas forcément au courant. Et donc, on dit « Ah, mais je crois que c'est des filles » .
- Speaker #1
D'accord. Pour aborder un petit peu la transition entre votre carrière dans le haut niveau et l'engagement. Je voulais vous demander à quel moment vous avez ressenti, est-ce que c'est arrivé peut-être pendant votre carrière sur le vélo ou peut-être après, à quel moment vous avez ressenti cette envie et ce besoin de vous engager à la fois pour le sport mais aussi pour la place des femmes dans le sport ?
- Speaker #0
Je pense que c'est arrivé au fur et à mesure. Parce que j'ai senti qu'il y avait besoin de... On avait été soutenus aussi. Si on était là, c'est qu'on avait été soutenus. Donc il fallait, à notre tour, moi j'ai envie de dire, de redonner. Pour moi, c'était extrêmement important. Et puis, j'y voyais vraiment des ouvertures. Voilà, je me disais, on peut faire mieux si les filles sont plus encadrées, s'il y a des structures, le sport féminin peut grandir, à la fois sur la pratique et à la fois sur l'engagement.
- Speaker #1
D'accord, donc vous aviez déjà un petit peu cette vision de, vous arriviez à avoir les pistes d'amélioration et les brèches où le sport féminin pouvait vraiment trouver sa place.
- Speaker #0
Oui, et puis j'ai un peu dans mon caractère, j'ai toujours été chef de classe quand j'étais à l'école. Donc j'ai toujours cette envie d'être, voilà, je dis toujours la force est dans la meute. Donc il fallait absolument qu'on soit en meute pour avancer. Par le collectif. Par le collectif. Et je pense que ce Tour de France, ce premier Tour de France me l'a encore plus réveillé.
- Speaker #1
Ça a été vraiment fédérateur d'un point de vue collectif. Tout à fait,
- Speaker #0
parce que d'abord, on était très solidaires à ce moment-là. Je revois encore quelques collègues avec qui on a fait ce tour de France. D'accord, vous avez gardé du lien. Corinne Le Gall, Nathalie Diard, etc. Et on reparle de tout ça. Et on se revoit une fois par an, d'ailleurs, fin août, à Bordeaux, chez une autre collègue, etc. Parce qu'on a gardé ce lien.
- Speaker #1
Il y a vraiment eu ce lien.
- Speaker #0
Et comme quoi, le sport, c'est aussi du lien social. Pour moi, c'est hyper important.
- Speaker #1
Pour continuer un petit peu dans le fil chronologique de votre vie, de votre carrière, est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu comment s'est passée votre conversion ? Donc voilà, vous avez eu cette carrière dans le haut niveau. Aujourd'hui, vous êtes dirigeante dans le sport français. Mais quelles ont été les différentes étapes ? Parce que j'imagine que ça n'a pas été simple, surtout en tant que femme. Et quel a été un petit peu le cheminement pour arriver, donc une fois que votre carrière était derrière vous, à vous dire « Ok, maintenant je veux m'engager pour le sport » . Mais par quel biais et comment ça s'est un petit peu passé ce parcours-là ?
- Speaker #0
Alors si je vous disais qu'au départ, j'étais secrétaire médicale, donc vous voyez que ce n'est quand même pas le métier qui m'a amenée. Et derrière ça, donc la première année que je fais le Tour de France, je travaillais dans une clinique, c'était la clinique Saint-Joseph à Chambéry, où je me revois sur les marches de cette clinique avec tout le personnel pour m'encourager au départ du Tour de France. Et derrière ça, effectivement, j'ai bien vu que c'était plus compatible après pour essayer de faire une carrière. donc j'ai passé les diplômes. de moniteur de ski de fond, en disant je pourrais enseigner l'hiver et je pourrais faire que du vélo l'été. C'est ce que j'ai fait pendant un certain nombre d'années. Et une fois ma carrière de cycliste finie, j'ai eu envie de passer ce fameux brevet d'État qui permettait derrière d'en faire son métier, de faire un métier d'entraîneur, puis ensuite de cadre technique.
- Speaker #1
Au moment où vous voulez devenir cadre technique, du coup, est-ce que ça a été, j'imagine, pas si simple ? En tout cas, il n'y a pas... pu avoir des moments un petit peu frustrants. Est-ce que vous pouvez nous raconter comment ça s'est déroulé ?
- Speaker #0
Oui, alors d'abord, quand j'étais sur ce poste en reconversion, j'ai d'abord pris des fonctions au Vélo Club d'Anne-Mas. J'étais la première femme directrice sportive d'une équipe garçon. Et j'ai voulu passer le concours en même temps de la fonction publique, le cadre technique, et il n'était pas ouvert aux femmes. Quand je découvre ça, j'ai un papier collector quand même à la maison. Je me suis retournée vers le ministère en demandant de pouvoir faire en sorte que ce concours soit ouvert. Ça a mis un peu de temps. Je n'ai pas lâché. J'ai relancé très souvent.
- Speaker #1
Ça doit être frustrant pour vous parce que vous étiez prête et vous aviez envie d'y aller. Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Je me disais sans doute que je vais aussi ouvrir la porte pour d'autres femmes. Bien sûr. Et ça a été le cas. Et donc, quand je l'ai passé et que je l'ai réussi, je n'ai pas eu de poste tout de suite sur le cyclisme. Ok. J'étais en conseiller d'animation sportive dans une direction départementale jeunesse et sport. Et à Lyon, d'ailleurs, après à la direction régionale, avant d'avoir un poste à la fédération. Tout simplement, pourquoi ? Parce que je pense qu'on a, je dirais, dans l'histoire de la fédération, il n'y avait pas de femme 4 techniques et qu'on s'était dit non, ça ne peut pas être pour elle, etc.
- Speaker #1
Donc, ça vous a permis... Votre travail et votre abnégation a permis d'ouvrir des portes à beaucoup. Pour entrer un petit peu dans le vif du sujet, de la thématique du jour, de la féminisation, si on essayait de faire un petit état des lieux de la féminisation du sport, en tout cas en France, par rapport à ce que vous avez connu vous, en tant que sportif de haut niveau, et ce qu'on connaît maintenant, en 2026, est-ce que vous pouvez nous dire comment déjà vous jugez un petit peu l'avancée ? qui a été faite pour la féminisation et quels sont les progrès marquants qui ont pu être réalisés déjà ?
- Speaker #0
Je dis toujours qu'on est dans le trop peu ou le pas assez. Parce qu'aujourd'hui, évidemment, il y a eu des choses de faites sur la féminisation. Il y a beaucoup de femmes qui passent le concours de cadre technique. Avant d'être cadre technique, vous pouvez passer vos diplômes fédéraux, etc. Beaucoup plus facilement. Mais je pense qu'on a encore... Aujourd'hui, il n'y a que deux femmes d'Étienne. par exemple, et on a 33% de femmes à l'encadrement. Donc c'est quand même toute fédération confondue, mais c'est quand même très peu. Donc je pense qu'on est si vous voulez sur cette dynamique, mais qui prend du temps. Pourquoi ? Parce qu'en même temps qu'on pousse à ce que le concours soit ouvert, à ce qu'on puisse avoir des postes, ce qu'on oublie de faire, c'est d'aménager ce poste. Aujourd'hui, si vous... Alors... Peut-être que les hommes aujourd'hui revendiqueront les mêmes choses, mais je crois qu'en même temps qu'on pousse l'évolution des postes, il faut penser à réorganiser cette fonction. Aujourd'hui, je discute souvent avec des femmes qui entraînent des sports courts, si vous partez tous les week-ends, ou si vous avez un week-end sur deux d'ailleurs, ou vous coachez chez vous, c'est quand même pas facile. Donc aujourd'hui, en même temps qu'on pousse à avoir des femmes cas techniques, il faut réorganiser. réaménager les postes de travail. Donc, il faut retravailler avec les fédérations le poste de travail.
- Speaker #1
Pour penser à tous les à côté et le fait que...
- Speaker #0
Une vie familiale, une vie professionnelle, ça s'équilibre avec une vie familiale. Et aujourd'hui, on en avait fait des métiers très atypiques, les métiers de cadre technique, peu importe la discipline d'ailleurs. Vous partez très souvent à l'étranger ou en France, vous coachez le soir, etc. qui n'est pas forcément compatible avec une vie familiale. Aujourd'hui, il faut repenser aussi l'équilibre de vie. C'est comme ça qu'on aura beaucoup plus de femmes qui s'engageront demain.
- Speaker #1
Pour parler toujours, peut-être pour rester un petit peu sur le côté des progrès qu'on a fait dans la féminisation, est-ce que de par aussi votre casquette au CNOSF, vous avez certaines fédérations qui se sont vraiment emparées pleinement de ce sujet et sur lesquelles on voit qu'il y a des choses qui sont faites, des choses qui sont travaillées et qui fonctionnent ?
- Speaker #0
Alors, je pense qu'il y a beaucoup de fédés qui font beaucoup d'efforts aujourd'hui. Les sports co, peut-être, encore plus facilement que les sports individuels. Je ne vais pas en citer un plus que l'autre parce que tout le monde est dans cette dynamique. Voilà. Mais la féminisation des métiers, c'est un thème que l'on a aujourd'hui encore très présent au CNOSF et on essaye de le travailler. Et on va le travailler encore sur cette Olympiade parce qu'il a beaucoup évolué. Il y a des fédés en sports co qui... le basket, le hand, etc. Il y a des femmes qui coachent aujourd'hui, en sport individuel aussi, à l'athlétisme, il y a des femmes, etc. Pour autant, on a besoin, encore une fois, je vous dis, de revoir le temps de travail, l'équilibre de vie, mais qui servira aussi aux jeunes hommes.
- Speaker #1
Aussi. Et ça, c'est vrai que c'est important de le souligner, puisque les avancées qu'on fait pour les femmes, ça peut aussi profiter totalement.
- Speaker #0
Complètement, aujourd'hui, on ne peut pas dissocier les deux, parce que la vie moderne, on va dire, est faite de cette façon-là. Et plus on aura de femmes dans les instances dirigeantes, plus cette thématique-là va être portée.
- Speaker #1
Oui, on va y venir justement. Peut-être d'abord parler de la pratique sportive féminine. On voit en 2025, 61% des femmes de 15 ans et plus déclarent pratiquer une pratique sportive régulière, soit 10 points de plus par rapport à 2018. C'est 62% pour les hommes qui font seulement plus 5 points par rapport à 2018. Donc, on voit que l'écart est diminué. Pourtant, il y a quand même une statistique que je voulais partager avec vous. c'est celle des licences, parce qu'on voit qu'il y a à peu près 38% de licences qui sont détenues par des femmes en 2024. Donc, même si les femmes pratiquent beaucoup de sport, en tout cas à un niveau égal par rapport aux hommes, on voit que d'un point de vue des clubs et des licences, on n'est pas encore tout à fait à l'équilibre. Comment vous expliquez peut-être cet écart et quel regard vous avez sur ce constat-là ?
- Speaker #0
Alors oui, effectivement, il y a un écart, parce que je pense qu'il faut encore réorganiser nos structures clubs. parce que quand vous faites des entraînements le soir à 19h, c'est moins compatible pour certaines femmes, certaines disciplines, etc. Il faut qu'on réorganise. Est-ce que le samedi matin, vous prévoyez une petite garderie en même temps pour que vous puissiez accueillir des femmes qui viennent pratiquer, par exemple ? Après, ne pas donner des heures, des créneaux de gymnase à 19h pour les femmes, c'est aussi des choses à imaginer. Voilà, je pense qu'il faut... Alors, il y a encore ce faible pourcentage, il est en train de progresser et il faut donner de la visibilité aux bonnes pratiques. Plus on donnera de visibilité, plus on va encourager, si vous voulez, ce développement de pratiques d'une façon très différente d'avant, encore une fois. Je pense aussi au coût, au coût de pratique aussi. Peut-être aujourd'hui, imaginer la licence famille, etc. Il y a plein de choses à imaginer pour qu'on attire davantage de femmes à la pratique sportive.
- Speaker #1
Et c'est des choses qui sont, on peut le dire pour les salariés de club, les dirigeants de club qui nous écoutent aussi, c'est des choses qui sont accessibles et qu'on peut imaginer sans être un gros club d'un point de vue du budget ou sans forcément avoir des moyens colossaux. Mais en tout cas, c'est des petites choses auxquelles on peut penser déjà aujourd'hui. Et qui font que ça encouragera peut-être certainement plus de jeunes filles à venir pratiquer du...
- Speaker #0
Et puis, il y a les créneaux entre midi et deux qui, voilà, qui aujourd'hui sont favorables pour des femmes, etc. Et il y a, voilà, je pense qu'il y a tous ces enjeux-là qui demandent à être retravaillés pour essayer de mieux accueillir. Et puis, ne pas parler tout de suite compétition.
- Speaker #1
Ok, oui.
- Speaker #0
Voilà, je crois qu'on fait peur quand on parle de compétition aujourd'hui. Le goût de la compétition, il vient après. Je pense que d'abord, il faut donner le goût de l'effort, le goût de la participation collective, pour ensuite, on se dirigera très naturellement vers de la compétition, parce qu'on a envie de se mesurer. On est des humains.
- Speaker #1
Pour parler un petit peu maintenant, on l'a abordé un peu avant, de la place des femmes dans les instances dirigeantes. Pour introduire cette thématique-là, lors des dernières élections fédérales de 2024, on a pu voir que la part des femmes dans les conseils d'administration a considérablement augmenté. on est à 49% donc presque à la parité, concernant les conseils d'administration. Cependant, au niveau des différents postes de présidentes de fédérations, on voit qu'on est bien plus loin de la parité puisque aujourd'hui, on a seulement une vingtaine de femmes présidentes.
- Speaker #0
23.
- Speaker #1
23 femmes présidentes. Donc,
- Speaker #0
3 en coprésidence. Ah oui.
- Speaker #1
Sur plus de 110 fédérations membres du CNOSF. Quel regard vous avez là-dessus et comment vous expliquez que, même si on fait des progrès, D'un point de vue du conseil d'administration, mais sur le dernier étage de la fusée de la fédération, il y a encore une marche à gravir et des progrès à faire sur le rôle des femmes dans les fédérations.
- Speaker #0
Pour compléter, il y a aussi quatre femmes présentes de fédérations olympiques aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, ok.
- Speaker #0
Voilà, donc ce qui est très peu. Oui, alors pour progresser, je pense qu'on part de très loin.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà, et qu'il faut d'abord accompagner. à la prise de responsabilité, et ce qu'on fait, on en parlera tout à l'heure avec le Club des 300, c'est aussi changer nos organisations, nos modalités de fonctionnement, je vous le disais tout à l'heure. La réunionnite aiguë, le soir à 20h, etc., ce n'est pas possible pour des femmes ou très peu, mais ce n'est pas possible non plus pour les jeunes hommes aujourd'hui. Donc, je pense qu'il y a un modèle de fonctionnement qui est à revoir. Merci Covid, puisque le télétravail... permet aujourd'hui de la visio. S'adapter beaucoup plus simplement. Et donc, justement, gouverner à distance en visio, on le fait beaucoup plus. Donc, c'est favorable aux femmes aussi. Il y a un véritable changement organisationnel à faire pour que ça puisse être propice aux femmes, mais pas qu'aux femmes, je vous dis, aux jeunes hommes aussi, demain.
- Speaker #1
Par rapport à ces chiffres qu'on a donnés juste avant, on aurait presque tendance à penser qu'il y a un certain plafond de verre, en tout cas au niveau des fédérations, qui s'est installé par rapport à la place des femmes. Pourtant, comme on en discutait tout à l'heure, quand on s'intéresse au plus haut poste à responsabilité dans le paysage du sport français, le CNOSF est présidé par Amélie Boudéa-Castera, qui est une femme, qui a elle-même été ministre des sports. Depuis dix ans, on a majoritairement des femmes qui ont occupé cette fonction de ministre des sports. La présidente du CPSF, Marie-Amélie Lieufur, est aussi une femme, elle préside aussi l'ANS. Donc on voit en fait que quand elles ont la possibilité de prendre ces fonctions-là, et bien en fait elles le font pleinement et à tout moment compétences égales, si ce n'est plus importantes que chez les hommes.
- Speaker #0
Oui, alors elles prennent leur place et elles réussissent dans leur place. Ces modèles de réussite vont encourager d'autres femmes. On le voit, ça progresse. Pour autant, encore une fois, c'est l'organisation même de cette prise de responsabilité, du temps qu'il faut y consacrer, etc. On doit encore travailler sur ces modèles de gouvernance pour rendre quelque chose de plus agile, plus facile. Et puis moins coûteux, parce qu'il y a aussi coûteux aujourd'hui des femmes qui travaillent à côté. La plupart de ces femmes-là, ce sont des femmes bénévoles ou quasiment bénévoles. Bon, pas la présente du CNO, pas plus qu'Amélie, etc. Mais c'est aussi dans les fédérations, il y a encore beaucoup de femmes qui sont ou indemnisées ou peu indemnisées. C'est pareil pour les garçons. Donc je crois qu'aujourd'hui, c'est un véritable métier. On peut parler de métier et donc ça demande rémunération.
- Speaker #1
Très bien. Une question que je voulais vous demander par rapport à ça, à la place des femmes dans les instances dirigeantes. Est-ce que vous pensez, par rapport à tous ces constats qu'on vient de faire, qu'on est un petit peu dans l'obligation de légiférer et de poser un cadre juridique pour faire en sorte que les choses bougent vraiment et qu'en fait, on n'ait pas le choix, entre guillemets, pour que vraiment les choses avancent ?
- Speaker #0
Ah oui, je suis complètement convaincue. La loi sur la parité sur les instances nationales a fonctionné. Tout le monde s'est affolé à ce moment-là. On y reviendra sur le Club des 300. Mais je pense qu'il faut légiférer. Il n'y a que la loi qui contraint, mais qui fait progresser.
- Speaker #1
Très bien. Donc là, la transition, elle est toute trouvée. Vous portez un dispositif phare au CNOSF par rapport à la place des femmes dans les instances dirigeantes. Le Club des 300, est-ce que vous pouvez nous en parler un petit peu ?
- Speaker #0
Oui, alors c'est vrai que c'est vraiment quelque chose. J'ai le sourire, j'ai la banane quand je parle de ça parce que c'est une réussite totale. Pourquoi c'est une réussite ? Tout simplement parce qu'on a à la fois eu la volonté politique au niveau du CNOSF d'embarquer sur cet accompagnement des femmes pour aider les fédérations à se doter de ce taux de féminisation obligatoire. Mais on a eu aussi, grâce aux Jeux Olympiques de Paris 2024, le fonds de dotation qui est venu a bondé financièrement un programme d'accompagnement qui a permis justement de doter ces femmes d'outils pour pouvoir prendre leurs responsabilités. Et c'est une réussite, puisqu'après ce programme, il a réussi au niveau national, les contenus nous appartiennent, et aujourd'hui on les décline sur les territoires, via les ligues, via les crosses, via les dosses, etc. Donc pour moi c'est vraiment une réussite totale, et on a vu que si on met les moyens, s'il y a une volonté politique. Plus les moyens à côté, on peut réussir. Il se passe quelque chose. Il se passe quelque chose.
- Speaker #1
Et ça marche. Donc effectivement, dans les territoires aussi au niveau régional, vous avez des promotions un petit peu partout en France, donc du Club des 300. Est-ce que vous pouvez peut-être nous parler d'un résultat en particulier ? Est-ce qu'il y a un profil que vous voudriez, qui vous tient à cœur ? Pour exemplifier un petit peu cette réussite du Club des 300, est-ce qu'il y a un parcours qui vous a marqué plus qu'un autre ?
- Speaker #0
Je n'en ai pas un qui est sorti. plus du lot, j'en aurais plusieurs. Déjà Marie-Christine Place, par exemple, elle a fait l'accompagnement, elle est présidente du CROSS aujourd'hui. On a aussi accompagné la présidente aujourd'hui de la Fédération Montagne et Escalade, qui est aussi en accompagnement. On a beaucoup de réussites à tous les niveaux, donc je ne veux pas en valoriser une plus que l'autre. C'est des réussites totales. On voit cette dynamique qui s'est créée. Il y a des réseaux. Donc très solides entre elles. Même si elles ont fini le programme, elles restent en réseau, etc. Donc pour nous, c'est hyper important. Et elles viennent se soutenir quand elles en ont besoin. Je vous donne un exemple. La semaine prochaine, on aura l'Assemblée générale du CNOSF. Les présidents de fédérations m'ont téléphoné, certaines en disant, il faut que les présidents de fédérations on se retrouve après pour aller dîner ensemble. Je trouve ça génial.
- Speaker #1
C'est là où ça prend tout son sens. C'est que il y a cette dynamique collective. Est-ce qu'il y a des perspectives de continuation, de prochaine étape pour le Club des 300 ? Est-ce que vous avez déjà commencé à réfléchir à comment le perpétuer ?
- Speaker #0
Alors d'abord, on le décline sur les territoires. Oui, c'est vrai. C'est vrai qu'on le décline sur les territoires pour les fédérations via leur comité, pour les crosses et les doses via leurs entités, etc. Donc on va continuer parce qu'on avait d'abord fait une première sélection justement pour bien accompagner. ne pas le décliner tout de suite à tout le monde. Mais voilà, parce qu'on veut que les contenus ne soient pas dévalorisés. On veut vraiment garder ce fil conducteur qui est dans les contenus de formation. Et puis après, on a aussi un autre dispositif que l'on a mis en place. Alors là, pour quelques présidents de fédérations qui s'appellent du haut gagnant. OK, voilà. Là, c'est vraiment du mentoring qui est proposé à certaines présidents de fédérations. Mentoring avec une personne du monde de l'entreprise. hommes ou femmes et qui pendant quelques mois accompagnent une des présidentes qui en a besoin et c'est vraiment ça le mentoring c'est-à-dire de l'échange à un moment de la journée ou le soir etc. Moi je ne sais pas ce qui s'y passe mais c'est très bien et on nous en redemande Et vous avez d'excellents retours par rapport à d'un point de vue un peu plus local par rapport à la féminisation du sport,
- Speaker #1
au comité olympique et sportif de la DROM au CDOS en 2026 on a instauré un dispositif DROM Sportec qui s'articule autour de deux grandes actions complémentaires. La première, c'est qu'on organise des réunions de travail et de sensibilisation avec les éducateurs sportifs et les cadres techniques des comités sportifs. Donc là, le but effectivement, c'est de les réunir pour justement, un peu comme vous venez de le dire, mais échanger pour pouvoir monter en compétences, créer aussi un réseau de bonnes pratiques et de bonnes initiatives sur ce sujet-là. Et d'autre part, on a la deuxième action qui est un cycle de conférences, donc sport et femmes, ouvert au grand public cette fois. où l'objectif est de s'adresser à tout le monde pour diffuser des contenus qui soient accessibles et opérationnels, que les gens puissent s'en emparer concrètement. Pour vous parler de quelques thématiques de ces conférences sport et femmes, on parle de burn-out et de santé mentale, de la place des femmes dans les médias et de la communication, la prise en compte des spécificités féminines dans la préparation physique, et de la responsabilité des femmes dans les instances dirigeantes. Dans la Drôme, vous savez que si vous êtes intéressé par toutes ces thématiques-là, Je vous invite à suivre les réseaux sociaux du CDOS Drôme, puisque c'est là-dessus qu'on communique toutes les informations. Donc voilà, c'est aussi en territoire qu'on s'en parle de ces sujets-là. Il faut qu'un petit peu partout, on puisse en parler pour faire évoluer les choses. Je voulais aussi aborder avec vous le sujet de l'héritage de Paris 2024, puisque forcément, ça a été des jeux importants aussi pour la place des femmes dans le sport, puisque c'est les premiers jeux paritaires de l'histoire, notamment d'un point de vue des athlètes, puisqu'on était à 50-50. Est-ce que pour vous, ça représentait un signe fort ? Est-ce que vous pensez qu'on peut aller un peu plus loin vis-à-vis des Jeux Olympiques et de la place des femmes ?
- Speaker #0
Alors oui, c'est vrai que ces Jeux de Paris 2024 ont envoyé des signaux très forts. Il y a eu des moyens aussi de mis pour justement... travailler sur des enjeux comme la féminisation. Je vous disais, le Club des 300, grâce à Impact 2024, on a pu financer ce programme. Il y a eu cette visibilité aussi qui a été donnée au sport féminin et notamment aussi à l'handicap, comme jamais. Donc, comme je dis toujours, il faut montrer les choses pour que les gens s'en rendent compte. Et en plus, il y a eu aussi tout ce sport populaire. En tout cas, il y a eu beaucoup de gens qui ont vu les sports féminin, masculin, handisport, etc. Et qui font que ça laisse des traces. Plus que, voilà, si les jeux se passent à Los Angeles ou autre, même si vous les avez à la télé, etc. Les gens les ont vécu dans les territoires quand il y avait des animations, quand il y avait des épreuves dans les territoires. À Paris, c'était incroyable. Moi, j'ai beaucoup discuté avec les volontaires que je rencontrais sur mon chemin, mais tout le monde était joyeux. Je pense que c'était... Je vois aussi Les célébrations au Club France qui ont été des moments incroyables d'engouement, de joie. Et on en avait besoin. On avait besoin de cette joie. Et c'est ça aussi le sport. Dans les moments de crise politique ou autre, le sport est là pour donner de l'envie, donner de la joie.
- Speaker #1
Comment vous pensez qu'on peut arriver à vraiment ce... Alors, on est en 2026, donc ça a déjà un petit peu avancé. Mais c'était important aussi de se saisir, justement, d'essayer de surfer un petit peu sur cette dynamique qu'il y a. qui a été initiée par Paris 2024. D'un point de vue de la féminisation, est-ce que vous sentez qu'il y a vraiment eu quand même un avant-après et que dans le regard des gens, mais à la fois aussi dans les instances, que ça a pu faire bouger un petit peu les lignes et qu'on garde au-delà du souvenir de Paris 2024 quelque chose de tangible et concret qui a permis de faire avancer cette cause-là ?
- Speaker #0
Oui, d'abord parce qu'il y a eu des résultats avec le sport féminin français. Donc beaucoup de visibilité, beaucoup de résultats. Donc les gens ont découvert, des athlètes françaises, on va le dire. Et dans les volontaires aussi, puisqu'il y avait énormément de femmes aussi, puisqu'on était à parité, etc. Les gens découvraient qu'il y avait des femmes qui étaient là au bord d'une route ou au bord d'un stade, etc. Donc tout ça, on a donné à voir. Et là, forcément, dans ce cas-là, ça change, on va dire, ça change notre vision. On voit des femmes, on ne dit pas « Ah, donc c'est une femme » . On trouve ça tout à fait naturel. Moi, je voyais dans le métro, quand je voyais les volontaires, filles et garçons, je m'arrêtais, je discutais avec eux, etc. Je ne disais pas, tiens, il y a une fille. Oui,
- Speaker #1
la mixité n'était même plus un sujet.
- Speaker #0
La mixité n'était même plus un sujet. Et c'est pareil pour le handisport. Donc, je trouve que là, on a marqué les esprits. Voilà, donc alors, il faut encore, peut-être qu'on aura aussi cette chance-là sur les Jeux de 2030, je l'espère. Qu'on puisse avoir ce même engouement. Moi, je suis allée aussi sur les Jeux de Milan. J'ai vu aussi qu'il y avait encore ces traces. de cet engagement filles, garçons, etc. Je repense au match de hockey féminin à Milan avec le nombre de gens qui étaient là dans la patinoire. Je me dis que c'est gagné.
- Speaker #1
Vous avez présidé pendant dix ans une association qui s'appelle Femixport qui œuvre justement pour rendre le sport plus accessible aux femmes. Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de Femixport et des différents contenus et des choses qui sont mises en œuvre par l'association ?
- Speaker #0
Oui, alors Femixport est né après les Assises Femmes et Sports qu'avait organisé Marie-Georges Buffet, je tiens à le dire, et qui derrière cette association s'était créée pour justement continuer à travailler, vous voyez c'est vieux, et continuer à travailler sur ce terrain d'égalité, de valorisation du sport féminin, donc plusieurs choses, valorisation de la pratique, Donc, ça peut être... Des animations avec des établissements scolaires, moi je devais y aller cette semaine pour les aider sur une mission mais qui a été annulée à cause de la chaleur. Mais voilà, il y a encore des animations, sollicitations de fédérations aussi sur les formations dirigeantes qui viennent compléter celles qui sont faites par le CNOSF aujourd'hui. On avait créé, j'étais en tête de cette création de trois niveaux de modules pour prendre des responsabilités avant qu'on ait les modules du Club des 300. Donc là aussi, c'est des FED nous sollicitent et puis des conseils. Et puis de l'accompagnement quand il y en a besoin, etc. J'ai encore eu une jeune fille hier qui m'a appelée. Je ne suis plus présidente, mais je vais vous donner les conseils, etc. Voilà, donc il y a besoin.
- Speaker #1
Ça reste une ressource pour les acteurs.
- Speaker #0
Ça reste une ressource. Une ressource aussi, on travaille beaucoup avec le ministère des Sports, aux côtés du ministère des Sports. Voilà, moi, je leur avais, et notamment cette année, au moment... au mois de janvier sur la journée mondiale du féminin on a été accueillis à la fédération d'athlétisme et on avait travaillé avec les services de l'état de l'île de France et on a fait de très belles tables rondes sur tous les enjeux du sport féminin et voilà donc on est là il faudra continuer à à, comment dirais-je, à promouvoir, donc, au travers des tables rondes, au travers de la formation, au travers de l'accompagnement. C'est le rôle qu'endosse aussi FEMIC Sport encore aujourd'hui.
- Speaker #1
Super. On avance dans cet entretien, on arrive un petit peu vers la fin. J'aurais aimé qu'on aborde les différentes perspectives de la féminisation du sport. Vous avez mentionné le rôle du ministère des Sports, notamment. Quel regard vous avez sur l'action, justement, du ministère, ce qui est mis en place d'un point de vue des politiques publiques, Et est-ce que pour vous, il y a quelque chose encore à faire ? Est-ce que c'est suffisant pour que justement, on arrive à faire bouger les choses de ce point de vue ?
- Speaker #0
C'est suffisant, on ne sait jamais suffisant. Voilà, donc on a encore beaucoup de progrès à faire. Pour autant, je sais qu'aujourd'hui, il y a une vraie volonté du ministère des Sports à accompagner les fédérations sur leur plan de féminisation, sur la façon dont ils vont... Féminiser davantage leur encadrement, sur le développement de la pratique, sur la formation. Ils sont très soucieux justement de l'application de la loi pour les prochaines élections des fédérations. J'ai eu un contact cette semaine avec eux. Ils vont informer davantage les fédérations sur la façon de s'y prendre, etc. Je crois qu'on travaille tous ensemble. Le ministère des Sports, le comité olympique, les fédérations. Je crois qu'il y a une prise de conscience collective. Pour autant, comme je vous le disais au début, c'est qu'on part de loin et que ça prend du temps. Donc moi, je suis quelqu'un qui, effectivement, est très impatiente. J'ai envie de passer un grand coup d'accélérateur, mais ce n'est pas facile. Voilà, en vélo, c'est facile, on met les watts. Mais là, il y a encore un petit peu, mais bon, en tout cas, on fait en sorte que ça avance.
- Speaker #1
Et puis, c'est vrai qu'un des fils conducteurs au fil de notre discussion, ça a vraiment été de travailler de concert, l'effort collectif pour que On est conscients qu'on soit tous les acteurs du sport dans le même bateau et que c'est un travail collectif qui permettra de faire avancer les choses à terme. Tout à fait.
- Speaker #0
Et on l'a vu, ce travail collectif, il s'est fait pour Paris 2024. Dans les appels à projets, souvent, il y avait le sujet féminin. Donc, je pense que cet exemple-là doit se pérenniser. C'est-à-dire qu'on doit être... Et plus on aura de femmes dans les instances dirigeantes, dans les fédérations, plus il va y avoir, si tu veux, cette prise de conscience.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
qu'il faut encore travailler sur le féminin. Alors, il y en a toujours qui vous disent que c'est difficile, ça va être long, etc. Encore une fois, il faut passer des coups d'accélérateur pour gagner du temps.
- Speaker #1
Une de mes dernières questions, par rapport, vous avez abordé l'enjeu de 2030. On est à quatre ans de ces Jeux d'hiver en France. Quels objectifs, quels grands objectifs on pourrait se fixer et quelle vision on pourrait avoir de... de cette échéance-là, d'un point de vue de la féminisation du sport. Qu'est-ce que vous en attendez un petit peu peut-être de ces jeux-là ?
- Speaker #0
Moi, je pense qu'on aura, je souhaite en tout cas, c'est qu'on ait la même dynamique que l'on a eue sur Paris 2024. C'est-à-dire trouver, si vous voulez, une dynamique au travers de projets qui soient dirigés vers le féminin, donc avec des appels à projets, un fonds de dotation, etc. De la visibilité qui soit donnée aux femmes dans les sports. sports d'hiver, etc. Je pense qu'on ne va pas lâcher sur cette dynamique-là. Elle est là, elle est présente, il faut juste la réactiver.
- Speaker #1
Peut-être pour toutes les personnes qui nous écoutent, qui travaillent dans des clubs, qu'ils soient salariés ou dirigeants ou bénévoles, est-ce que si on pouvait essayer de retenir deux, trois éléments clés pour faire en sorte que les jeunes filles pratiquent de plus en plus on se dit du sport et qu'elle soit de plus en plus confiante, que ce soit à pratiquer du sport ou même à s'engager d'un point de vue de la direction, du point de vue de dirigeant. Quelles seraient les deux, trois petites choses vraiment qu'il faudrait retenir de cet épisode ?
- Speaker #0
D'abord, oser. Donc, c'est oser ouvrir les portes. Même si on n'a pas une section sportive féminine, on en ouvre une. Donc, on ose. Après, c'est oser donner des responsabilités aux femmes. C'est oser prendre des femmes dans les métiers. Voilà, je pense que j'ai trois piliers qui doivent permettre demain de passer encore à nouveau un cap.
- Speaker #1
J'avais une dernière petite question. Si vous pouviez vous revoir en tant que jeune cycliste, maintenant que vous avez parcouru un long chemin parfois sinueux, quel message vous vous adresseriez ? Qu'est-ce que vous diriez à la jeune Marie-Françoise Potreau qui était sur son vélo plus jeune ?
- Speaker #0
Toujours y croire.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pour moi, c'est déterminant parce que c'est cette volonté de dire, de ne rien lâcher, mais toujours y croire. C'est-à-dire que tout est possible. Tout est possible. Et je pense que c'est vraiment ça. Si je me revois il y a quelques années en arrière, je me dis mais j'étais culottée quand même à quelque part. Parce que j'ai fait des trucs un peu osés. Et oui,
- Speaker #1
mais c'est ça aussi qui vous a permis de...
- Speaker #0
Peut-être que c'est ça le mot plutôt, c'est osé.
- Speaker #1
Je pense que c'est un très bon mot de la fin. Merci beaucoup, Marie-Françoise, d'avoir accepté notre invitation et d'avoir partagé ce parcours qui aura inspiré beaucoup de gens qui nous écoutent. Merci beaucoup. Je tiens aussi à remercier toutes les personnes qui nous ont écoutées. Merci aussi, encore une fois, à Team Paddle qui nous accueille dans leurs superbes locaux pour tourner ce podcast. Merci aux équipes aussi de SVD Studio qui nous accompagnent dans la production et la réalisation de ce podcast. Je vous invite à retrouver ce podcast en format audio sur toutes les plateformes audio. et en format vidéo sur la chaîne YouTube du CDOS. Et donc pour finir, je vous invite aussi à suivre le CDOS sur tous ses réseaux sociaux, donc Instagram, Facebook et LinkedIn, où vous retrouverez tous les meilleurs passages de ce podcast. Donc merci beaucoup et à très bientôt pour un nouvel épisode.