Speaker #0Selon le rapport de Santé publique France, le suicide est la première cause de mortalité maternelle considérée jusqu'à un an après la grossesse. Quand j'ai lu ça, je suis tombée sur le cul et ça m'a révoltée parce que putain, le suicide, pas les hémorragies, pas les complications médicales, le suicide. Est-ce qu'on réalise ce que ça veut dire ? Les mères vont tellement mal qu'elles en arrivent là. Et la société, elle fait quoi ? Elle continue comme si de rien n'était. Alors, aujourd'hui, j'avais envie d'en parler. Récemment, une de mes clientes m'a écrit quelque chose qui m'a arrêtée nette. Elle m'a dit qu'elle était épuisée d'être sans cesse tiraillée entre ses enfants, ses obligations et ses propres besoins, avec cette sensation de toujours décider dans l'urgence, de ne jamais souffler. Et je l'ai comprise, mais tellement comprise. Parce que moi aussi je connais ce truc. Ce truc où ta vie ressemble à une to-do liste infinie. Se lever, check. Boire un verre d'eau, check. Réveiller les enfants, check. Tidège. Nettoyer, check. Emmener tout le monde quelque part, se rendre au boulot, check. Et le soir on recommence. Récupérer les gamins, gérer les devoirs. Gérer les crises émotionnelles parce que forcément, les enfants ont besoin de décharger en fin de journée. Préparer le repas. Et si en plus t'as des activités extrascolaires ou des rendez-vous médicaux qui s'ajoutent, bah alors là il faut activer le mode queen. Et après ça c'est les douches. Et accessoirement, il faut aussi que toi tu trouves le temps de te laver les cheveux. Là-dessus je suis sûre qu'on se comprend. Moi c'est le mercredi et le dimanche, et même sur ces deux jours-là c'est l'enfer. J'appréhende toujours le lavage des cheveux parce que le shampoing, le masque, tout le bordel, ça prend trois plombes. Sauf que pour ça on n'a pas le temps. Et tu sais ce qui me frappe ? C'est que tout ça, c'est pas une exception. C'est la norme. On vit dans une société qui te dit « prends soin de toi » . On te vend des rituels, des mantras, des moments coucouning. Et moi, la première, j'essaie vraiment. Mais longtemps, ça n'a pas été mon quotidien. Et c'est pour ça que je veux prendre la parole aujourd'hui. Parce qu'à côté du « prends soin de toi » , ben il faut aussi gérer le boulot, la maison, être une maman présente. Une compagne présente, survivre au manque de sommeil et supporter le regard des autres. Et au bout d'un moment, bah on craque. Et là on te dit, ah bah ouais , t'aurais dû prendre du temps pour toi. Bah sérieusement, mais quand ? Comment ? Parce qu'on nous donne pas les moyens de le faire. Toi tu viens d'accoucher, t'as les émotions qui sont en vrac, ton corps est en chantier, tu chiales toutes les 10 secondes. Le mot sommeil te donne envie de pleurer et on te dit « Il va falloir retourner au travail, ma petite dame, et laisser votre bébé de quelques semaines à une inconnue. » Je ne te raconte même pas si tu as l'aide. Puis on te dit « Soyez présente pour votre bébé, c'est essentiel pour son développement. Restez toujours calme, bienveillante, répondez à tous ses besoins. Allaitez exclusivement jusqu'à au moins 6 mois, mais retournez bosser à 2 mois, cherche l'erreur. » Mais à quel moment on te donne les moyens d'être une super maman, d'être une femme épanouie, de te reconstruire toi, qui viens de traverser quelque chose d'énorme. De retrouver ton identité parce qu'elle change quand tu deviens mère. De te réapproprier ton corps, tes émotions. Et ça, ça vaut pour toute ta vie de mère. Moi perso, mon aîné, il a 15 ans, et être maman d'un ado, c'est un tsunami aussi, vraiment. Alors tu dois traverser toutes ces transformations et à côté de ça, tu dois être productif. Parce que si tu ne travailles pas, personne ne ramène ton salaire à ta place. Si tu ne t'occupes pas de la maison, qui va le faire ? Si tu ne t'occupes pas de tes enfants, qui te remplacent ? Il faut, il faut, il faut, tu dois, il faut et tu dois. Et dans tout ça, ton couple, lui aussi, il peut prendre une claque. Le baby clash, c'est réel, et là c'est encore plus dur à gérer. On se sent seule, incomprise, épuisée, alors qu'on rêve juste de boire un mojito tranquillou sur une plage ensoleillée. Je vais prévoir des retraites comme ça d'ailleurs. La société te donne tous ses il faut et tous ses tu dois, mais sans jamais te donner les moyens de les tenir. Et c'est tellement plus facile de te faire croire que le problème c'est toi, que tu n'es pas assez forte, pas assez organisée, pas assez patiente, alors qu'en réalité, c'est le système qui est tout cassé. Parce que non, c'est pas normal qu'on te demande d'être productive quand ton bébé a deux mois, que tu dors trois heures par nuit et que tu sais même plus quel jour on est. Juste ça, juste ne pas dormir, c'est de la torture. Alors le problème ? C'est pas que tu n'arrives pas à prendre soin de toi. C'est qu'on te demande de le faire dans un monde qui ne te laisse aucune place pour ça. C'est pas toi qui es faible. C'est ton environnement qui est violent. Et ce qui manque, c'est pas de la volonté, c'est du soutien. De la bienveillance. De la reconnaissance. Quelqu'un qui te regarde et qui te dit... Je vois tout ce que tu fais. Et c'est normal que tu sois épuisée. Mais tu es une femme et une mère merveilleuse. Mais au lieu de ça, on culpabilise. On ajoute. Toujours plus. Alors, qu'est-ce qu'on fait avec tout ça ? Ben d'abord, on arrête de se mentir. Tout ce que je viens de te raconter là, je l'ai vécu. Combien de fois j'ai craqué, combien de fois j'ai perdu patience avec mes enfants alors qu'ils y étaient pour rien. Mais juste parce que j'étais au bout du rouleau. Parce que j'en pouvais plus d'être toujours en train de produire, de gérer, de donner à tout le monde. Et j'ai aussi vécu la maternité en tant que maman solo. Sans personne pour prendre le relais quand tous les enfants avaient la gastro et que j'étais aussi malade. Sans personne pour te prendre dans les bras et te dire que ça va aller. Ça c'est un niveau d'épuisement à part. Mais peut-être que toi aussi, même si tu es en couple, tu es très souvent solo parce que peut-être que tu as un conjoint qui travaille beaucoup et que tu n'as pas d'autre choix que de gérer seul. Et je sais à quel point c'est dur. Mais ma vie, elle a radicalement changé à partir du moment où j'ai appliqué ces quelques clés que je vais te partager. La première clé, c'est d'apprendre à être égoïste. Si tu fais passer tout le monde avant toi, tu ne pourras jamais être la mère que tu veux être. Ni la compagne, ni la femme d'ailleurs. Toutes les réponses sont en toi. Dans ta vie, quel que soit le domaine où tu te sens perdu, quel que soit le domaine où ça ne marche pas, la réponse, c'est toi. Tu es paumé en tant que mère ? Reviens à toi. Ton business ne marche pas ? Reviens à toi. C'est le bordel dans ton couple ? reviens à toi. Tout part de toi. Sauf que comment veux-tu revenir à toi si tu ne t'écoutes jamais ? Donc, apprends à être égoïste. Apprends à être présente pour toi avant d'être présente pour qui que ce soit. Et laisse-toi l'espace pour t'écouter vraiment. Et on en vient à la clé numéro 2, prendre Du temps pour soi. Mais vraiment. Et prendre soin de toi, c'est pas te faire couler un bain une fois par mois. C'est pas non plus forcément aller à la salle de sport ou au spa tous les jours. Enfin, si tu peux, c'est génial, fonce et envoie-moi une invitation. Mais ça peut juste être 10 minutes au calme. Quelques exercices de respiration. Une marche de même 15 minutes avant de récupérer tes enfants. Danser sur une musique, ça te prend 3 minutes. Fermer les yeux et faire le vide. même 5 minutes, tout ça, ça régule ton système nerveux. Et quand ton système nerveux souffle, tu reviens à toi. Et si tu me dis, mais comment veux-tu que je trouve le temps même pour 10 minutes alors que je cours déjà partout ? Eh bien, je t'invite à regarder dans ton téléphone le temps que tu passes à scroller sur les réseaux sociaux ou même juste à jouer sur ton téléphone ou ta console, que sais-je. Moi, je l'ai fait et waouh ! Alors je travaille avec les réseaux sociaux mais honnêtement il y a énormément de temps de scroll qui ne sert à rien. Et je te passe les effets néfastes pour ton cerveau d'un tel temps sur le téléphone. Alors la prochaine fois que tu as envie de prendre ton téléphone pour scroller, pose-le. Et fais quelque chose qui te recharge vraiment. Respire, marche, lis, danse, ce que tu veux. Mais donne-toi cet espace, parce que je suis sûre que tu peux te prendre au moins. 3 fois 5 à 10 minutes dans la journée. Ne serait-ce que souffler quand tu es aux toilettes. Juste fais ça. Tu verras que déjà ton système nerveux te dira merci. La clé numéro 3, c'est d'arrêter de tout porter toute seule. Quand j'ai compris que mon conjoint aussi pouvait emmener les enfants chez le médecin, que mes enfants n'allaient pas se tordre le poignet s'ils mettaient la table, que je n'avais pas à tout faire toute seule, que je n'avais pas à tout porter toute seule. à tout gérer toute seule. Je me suis enlevé un poids, mais de dingue. Alors c'est sûr, ça demande de lâcher son perfectionnisme, et son besoin de tout contrôler. Je t'assure que j'ai fait un gros travail sur ça. Et j'ai aussi appris que demander de l'aide, c'est pas de la faiblesse, c'est de l'intelligence, c'est du courage. Parce que c'est dur de dire j'ai besoin d'aide, et ça demande une vraie force. La clé numéro 4, c'est de savoir reconnaître ce qui est ok et ce qui ne l'est pas. Ou autrement dit, apprendre à dire non merci. Maintenant quand mes enfants veulent me raconter leur journée, pendant que le repas est en train de cramer parce que je cours partout, et que le mini est au meilleur de sa forme, je leur dis j'ai vraiment envie de t'écouter, mais là je ne suis pas disponible. On en parle après. Et après, je reviens vers eux vraiment. Et là, à ce moment-là, je suis disponible. Avant, j'aurais eu tendance à les écouter. Alors qu'en réalité, j'écoutais que d'une oreille. Et limite, ça me gonflait parce que j'étais en train de courir partout et je ne peux pas être partout. Juste parce que j'aurais voulu être une bonne mère. Toujours présente. Mais en réalité, tu préfères quoi ? Écouter tes enfants à moitié parce que tu es à bout ? ou leur donner ton attention entière une fois que tu as rechargé tes propres batteries. Parce que si tes batteries elles sont vides, tu ne peux rien donner à personne. Et là je te prends les exemples des enfants, parce que c'est un peu mon quotidien, mais ça marche pour tes amis, pour ta famille, pour ton conjoint, pour toutes les situations de ta vie, pour ton patron aussi d'ailleurs. A chaque fois que tu te trahis, que tu dis oui alors que la réponse est non, Que tu continues alors que ton corps te supplie d'arrêter. Tu te détruis un peu plus. Apprendre à poser tes limites, ce n'est pas une option. Tu dois être ta propre priorité. Toujours. Et aujourd'hui, quand je vois ces statistiques, je me dis que ça suffit en fait. Il est grand temps que les mères apprennent à dire stop. À dire là, ce n'est pas ok pour moi. À demander de l'aide, à poser des limites. Ta valeur ne dépend pas de ce que tu fais, mais de qui tu es. Et tu ne peux pas être la meilleure version de toi-même si tu ne te respectes pas. Accessoirement, tu es aussi le modèle de tes enfants. N'oublie pas ça. Alors, demande-toi, quand tu fais quelque chose, si ce serait ok pour toi de voir l'un de tes enfants se faire passer toujours au second plan, comme tu le fais toi. Si la réponse est non, alors ne le fais pas. Traite-toi comme tu traiterais tes enfants. Aime-toi aussi fort, si ce n'est plus, que tu aimes tes enfants. Je t'assure que la clé, elle est là. Si cet épisode t'a parlé, n'hésite pas à le partager à une femme qui en a besoin. Et si c'est toi qui en as besoin, tu peux venir me parler en privé.