- Speaker #0
Bienvenue dans cette mini-série dédiée au tracking, un sujet technique et souvent galère pour les marketeurs et dirigeants. On n'y comprend pas grand-chose, on a peur de mettre les mains dedans et on ne se rend pas forcément compte des enjeux. Pourtant, le tracking est indispensable pour piloter votre activité. Il vous permet de comprendre le comportement de vos utilisateurs, de mesurer l'efficacité de vos actions marketing, et de prendre les bonnes décisions pour développer votre entreprise. ConsentMod, Serverside, CookieTiers, RGPD, Google Tag Manager, on met les pieds dans le plat et on va tacler ces sujets un par un, une bonne fois pour toutes. Et pour m'épauler dans cette lourde tâche, j'ai le plaisir d'accueillir à mon micro un expert et passionné du tracking, j'ai nommé Romain Trubla, consultant senior en tracking et analytics. Et enfin... Comme le tracking est un sujet technique, on vous a préparé des fiches mémo pour revoir les notions clés abordées dans l'épisode. Pour y accéder, cliquez sur le lien en description de l'épisode pour télécharger la bibliothèque de ressources. Vous êtes prêts ? C'est parti ! Disclaimer. On n'est pas juriste, avocat ni DPO. On vulgarise des notions complexes liées au tracking pour vous aider à prendre les bonnes décisions. Mais nous ne sommes pas garants des installations que vous mettrez en place. Dans ce deuxième épisode, on va parler du Google ConsentMod, un sujet brûlant avec de nouvelles réglementations qui ont été mises en vigueur en mars 2024 et qui, pour le coup, ont chamboulé pas mal de choses. Il y a eu déjà beaucoup d'incompréhensions. Il y a pas mal d'entreprises qui se sont bousculées et dans la précipitation, il y a eu aussi pas mal de loupés. Donc, on va tâcher d'éclaircir tout ça dans cet épisode. Et pour commencer, Romain, est-ce que tu pourrais nous expliquer ce qu'est le consentement ?
- Speaker #1
Alors déjà, le consentement, c'est ce qui a blindé mon agenda sur le début de l'année. Ça a été vraiment le sujet du début d'année 2024 et ce n'est pas fini d'ailleurs. Mais c'est un dispositif. Ce qui fait écho, en fait, pour résumer, ce n'est pas quelque chose qui sort de nulle part. C'est-à-dire qu'il y a une loi européenne qui est sortie au mois de mars, qui a été annoncée à partir de septembre 2023, qui vise à rétablir un certain équilibre et une libre concurrence au niveau européen, et notamment pour protéger les entreprises européennes face aux entreprises américaines. Donc sont concernées, sont montrées du doigt certaines entreprises américaines. Et donc on imagine bien que ces entreprises-là sont Google, sont Microsoft, sont Apple, sont Amazon et sont Facebook. Et puis il y a ByteDance qui est la société TikTok, donc société chinoise. Donc c'est ces grosses sociétés-là, ces six sociétés-là qui étaient dans le viseur de l'Union Européenne. Donc ça a amené pas mal de changements et vous le voyez peut-être au quotidien dans votre téléphone maintenant. Si vous avez un iPhone, vous pouvez... télécharger des applications venant d'autres stores. Bientôt, sur WhatsApp, vous allez pouvoir communiquer avec des gens qui n'ont pas WhatsApp, qui ont une autre messagerie. C'est ce qu'on appelle l'interopérabilité. Mot compliqué à dire. Donc voilà, il y a tout un panel de mesures qui ont été prises pour protéger les utilisateurs européens ou leur amener plus de liberté et donc qui ont contraint ces entreprises à faire des modifications dans leurs produits. Et donc Google a amené pas mal de modifications. Par exemple, quand on clique sur la Maps maintenant, sur Google, on n'accède plus directement à Google Maps parce que c'est anticoncurrentiel. Si on va... Par exemple, les avis Google aujourd'hui sont mixés avec les avis PageZone, les avis Trustpilot. Pareil, pour éviter d'avoir un monopole. Et donc, il a été imposé à ces entreprises-là de bien respecter, de bien s'assurer de respecter le RGPD. Et donc Google est arrivé avec son produit en disant nous on a un produit qui s'appelle le ConsentMod qui existe déjà depuis quelques années parce que le ConsentMod s'appelle V2 parce qu'il y avait une V1. Et donc l'objectif numéro 1 du ConsentMod c'est de venir s'assurer que la donnée qui est récoltée qui est envoyée par un annonceur A à Google il y ait bien eu consentement. Il y a bien eu consentement sur est-ce que l'utilisateur veut être traqué pour les données analytiques est-ce qu'il veut être traqué pour les données ads. Est-ce qu'il consent à donner ses données personnelles ? Est-ce que j'ai envoyé une adresse e-mail hachée à Google ? Est-ce que l'utilisateur avait bien accepté d'envoyer cette donnée-là ? Et donc, c'est un signal de consentement, le Google consentement. À la base, c'est juste ça.
- Speaker #0
Et pour rebondir là-dessus, parce que je pense qu'il y a eu pas mal d'incompréhensions pour les entreprises, ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est que le consentemode, c'est un moyen qui permet à Google, aux GAFAM et à d'autres acteurs de répondre aux exigences de cette nouvelle loi, mais c'est en aucun cas une nouvelle réglementation liée au RGPD. Ce qui veut dire que si une entreprise ne met pas en place le consentemode, ça ne veut pas dire qu'elle n'est pas conforme au RGPD. Par contre, si une entreprise ne met pas en place le consentement de V2, Il y a des chances pour qu'elle récolte moins de données et qu'elle soit limitée. Et c'est pour ça que Google pousse cette solution de consentement V2, parce qu'avec certains paramétrages, il y a la possibilité d'atténuer cette perte de données. Et justement, parce que tu l'expliqueras bien mieux que moi Romain, est-ce que tu pourrais nous dire quels sont les deux modes d'implémentation de ce consentement V2 ?
- Speaker #1
Il y a un mode d'implémentation basique. Et donc là, on reste stricto sensu dans le cadre du RGPD. c'est à dire l'utilisateur accepte le consentement, je traque. Il refuse le consentement, je ne traque pas. Et du coup, quand il accepte le consentement, on va envoyer un signal à Google disant que l'utilisateur a bien accepté le consentement. Et ce signal passe par le Google consent mode. Donc le Google consent mode pour un utilisateur lambda, j'arrive sur le site, c'est invisible, ça s'intègre à la CMP, c'est-à-dire que j'ai des clients qui m'ont demandé parfois est-ce que je vais devoir avoir un autre panneau de cookies disant effectivement Il y a l'acceptation des cookies classiques. Et puis, en plus de ça, est-ce que je vais devoir dire oui, j'accepte pour Google, je refuse pour Google telle ou telle ligne ? Non, ça s'intègre à la CMP. Donc, l'utilisateur ne voit pas. Il ne voit pas s'il a accepté ou non les données pour Google. Donc, ça, c'est le consentement de basique.
- Speaker #0
OK, très clair. Donc, premier mode, mode basique. Et le deuxième mode. C'est le mode avancé. Et justement, avant que tu nous expliques ce que c'est, j'aimerais bien que tu nous dises ce que ce n'est pas aussi. Parce que tu vois, pour moi, il y a eu de vrais raccourcis là-dessus qui ont été faits avec pas mal de boîtes qui se disaient que le consentement de V2, c'était un moyen de récolter plus de données, de pouvoir filouter un petit peu et contourner le RGPD. Et pour le coup, pour moi, c'est un vrai abus de langage parce que ce n'est pas vrai du tout.
- Speaker #1
Oui, tu as raison, il y a un vrai abus de langage là-dessus. parce qu'on pense directement modélisation de données, on pense comment je vais contrer le fait que je perde la donnée avec le consentement. En fait, c'est un abus de langage parce que pendant des mois, on va dire des années, parce que le consentement n'a pas 15 ans, mais le consentement n'a à peu près un an et demi, deux ans. En fait, il n'y avait que le consentement d'avancer. C'est-à-dire qu'en fait, quand je mettais en place le consentement, l'intérêt, c'était de modéliser la donnée des utilisateurs qui avaient refusé les cookies. est arrivé le consentement de V2 et donc la loi DMA, parce que justement, Google avait besoin de s'assurer de l'acceptation des cookies par les utilisateurs. Et donc, ils ont mis en place ce dispositif-là avec la possibilité d'être en mode basique, parce que si tu imposais à tout le monde de déclencher tes balises quand l'utilisateur refusait les cookies, il se mettrait un peu à l'écart, enfin complètement à l'écart du RGPD. Et donc, ce serait pareil, ça pourrait être considéré comme... abus de position dominante, etc. Tout ça pour dire, mode basique, on garde le consentement de l'utilisateur et on sert du consentement comme moyen de communication. Mode avancé, on va déclencher les balises tout le temps. Quand l'utilisateur accepte les cookies, je déclenche les balises, bien entendu, mais quand il refuse, je déclenche également et le comportement va être différent parce qu'à chaque page vue par l'utilisateur, alors il ne va pas avoir un ID qui va être persistant durant sa session. Donc on va dire que sa donnée est anonymisée. De plus, il n'y aura pas de dépose ni de lecture de cookies, forcément, parce que s'ils commencent à déposer des cookies, là, on est complètement en marge du RGPD. Et donc, il y a plusieurs dispositifs comme ça qui vont faire que la donnée va être partiellement obfusquée. Et donc, on va avoir une donnée qui est, j'ai envie de dire, soi-disant anonymisée, envoyée vers Google. Après, quand on regarde un petit peu, on a quand même le User Agent qui est mes caractéristiques matérielles qui sont envoyées. J'ai mon adresse IP qui est envoyée. Même si Google assure ne pas la stocker, c'est là où on est un peu en zone grise, un peu borderline. Et pourquoi on se dirait je vais déclencher mes balises en mode refus de consentement ? Pourquoi j'irais faire ce risque-là ? Pourquoi je ne respecterais pas stricto sensu le fait que l'utilisateur a refusé le consentement et donc je vais quand même déclencher mes balises ? Tout ça pour déclencher de la modélisation statistique. En fait, l'intérêt de ça, c'est que Google... te permet, à partir d'un certain volume de données, d'avoir des données modélisées dans Google Ads et dans Google Analytics, et donc d'essayer de retrouver en quelque sorte le monde d'avant. en disant je vais récolter mes 70% d'utilisateurs qui ont accepté le consentement et je vais récupérer une partie des 30% qui ont refusé. Google annonce 65% officiellement, après selon les comptes ça peut varier. Et donc je compense l'effet du RGPD par la modélisation statistique. C'est pour ça qu'il faut un certain seuil de volume de données d'utilisateurs qui acceptent et qui refusent les cookies pour déclencher de la modélisation sur Analytics. C'est ce qui va faire que tous les annonceurs ne peuvent pas accéder à la phase de modélisation sur Google Analytics et sur Google Ads. Je dis toujours, sur Analytics, si tu as moins de 60 000 sessions par mois, c'est très compliqué de déclencher le consentement. De par les seuils qui sont imposés. Sur Google Ads, il faut à minima 700 clics par jour pour déclencher la modélisation. Donc, c'est pareil. Il faut quand même un volume de données. Alors, pour certains, 700 clics, c'est fait à 8 heures du matin, c'est déjà fait. Pour d'autres, on est à 200 clics par jour. Donc, forcément, on ne va pas déclencher. Quand c'est comme ça, conseil, ne mettez pas en place le Google Consent Mode Advanced. Vous allez donner de la donnée supplémentaire à Google, alors que vous savez que vous n'allez jamais modéliser.
- Speaker #0
Ok, intéressant. Et du coup, pour peut-être prendre un exemple pour illustrer pour nos auditeurs, Je pars avec 100% de mon trafic. Admettons que j'ai un taux d'acceptation, pour faire simple, de 50%, même si l'objectif, c'est qu'il soit plus élevé de 50% au démarrage pour perdre moins de données. Si je suis avec mon consent mode en mode basique, ça veut dire que je récolte 50% des données et c'est strict, donc je perds 50% des données. Si je suis en consent mode avancé ou advanced, comme tu disais en anglais juste avant, Euh... là. si j'ai un volume de données suffisant, je vais pouvoir avoir la modélisation. Et donc, sur ces 50% de données que j'ai en moins, je vais pouvoir récupérer jusqu'à 65% des données. Mais ce sera de la modélisation et ce ne sera pas aussi précis que les 50 autres pourcents des personnes qui ont accepté.
- Speaker #1
Exactement. Sachant qu'en moyenne, 65%, c'est-à-dire que tu peux avoir plus, tu peux avoir moins selon les comptes. Mais comme tu dis, ce ne sera pas aussi précis. A noter que tes audiences de remarketing ne seront pas alimentées, parce qu'on ne va pas modéliser des personnes pour faire du remarketing. Là, en fait, on vient modéliser à des fins statistiques, et donc à des fins d'analyse, mais pas à des fins actionnables. D'ailleurs, tu ne vas pas pouvoir retargeter des personnes qui ont refusé le consentement. Là, on sortirait clairement du cadre.
- Speaker #0
Oui, c'est bien de le repréciser parce que je pense qu'il y a eu un peu un... Un mythe et toute une histoire qui s'est créée autour du consentement de V2 de dire c'est la solution ultime pour récupérer un maximum de données, pour contrer le RGPD et pour pouvoir faire du remarketing. Non, ce n'est pas possible. Dans tous les cas, il y a une paire de données. Ça atténue cette paire de données-là, mais on ne revient pas du tout à la situation initiale et on est au maximum en conformité avec le RGPD.
- Speaker #1
C'est exactement ça. et à noter qu'il y a eu il y a un autre pense, c'est le fait de passer du V1 au V2, ça a ajouté deux paramètres supplémentaires et l'obligation qui s'est faite, c'était pas de la première obligation, c'était pas de choisir entre Basic et Advanced, c'était vraiment de mettre en place, bien entendu ça a inclué de faire ce choix là, mais le fait de mettre en place le Constant Mode V2, ça a inclué deux paramètres supplémentaires qui sont le Add User Data et Add Personalization et donc c'était d'envoyer à Google le signal comme quoi mon utilisateur avait bien accepté le fait d'être retargeté, donc ad personalization et le fait qu'on utilise ces données utilisateurs donc l'adresse email par exemple pour le suivi avancé des conversions. Et donc quand Google reçoit le signal comme quoi on est en true sur ad personalization, alors il va pouvoir stocker les utilisateurs entre guillemets, dans des audiences de remarketing. Si on n'installe pas le consentement de V2 et qu'on veut faire du remarketing les audiences vont être vides parce que Google ne reçoit pas le signal comme quoi il peut Merci. stocker les identifiants utilisateurs dans des audiences. Donc ça, c'est important, c'est que ça devient une obligation, entre guillemets, d'avoir le consentement si je veux faire de la publicité correctement sur Google Ads. Il y a des annonceurs aujourd'hui, par contre, ils s'en foutent. J'ai des exemples de clients qui font du 90% de budget pub sur Meta. Et sur Google Analytics, au final, l'impact est un peu moindre. au niveau consentemode, c'est-à-dire que c'est juste à des fins d'analyse. Et du coup, le consentemode, il est en mode basique. Et puis, en fait, ils n'ont pas de vocation à venir modéliser de la donnée sur Google Ads. Parce que le consentemode, c'est vraiment Google Ads et Google Analytics. Ce n'est pas Meta, ce n'est pas autre plateforme.
- Speaker #0
Mais en fait, peut-être que ça, c'est important de le préciser aussi, parce que là aussi, je pense qu'il y a des incompréhensions de se dire, voilà, le consentement, ça concerne Google Ads et Google Analytics exclusivement. Donc, l'impact sur la boîte va dépendre aussi des piliers de croissance qui sont mis en place. Typiquement, si on a très peu de Google Ads, ça ne va pas avoir d'impact. À l'inverse, si Google Ads est un canal d'acquisition important, voire majoritaire, là, on va sentir la différence.
- Speaker #1
C'est exactement ça. et... Microsoft Ads a sorti son consent mode parce que, bien entendu, Microsoft Ads copie à 100% Google Ads. Donc là, c'est en cours en ce moment. Il y a eu le sujet avancé des conversions Microsoft Ads qui est sorti. Et là, il y a le consent mode qui est en cours de déploiement également. Donc, prêt à voir l'impact puisque les budgets sont souvent beaucoup plus réduits sur Microsoft.
- Speaker #0
Et pour comprendre, question pas facile, mais tu vois, tout à l'heure, tu disais... Quand on installe le consentement V2 avancé, on est dans une zone grise d'un point de vue RGPD. Quel conseil tu pourrais donner aux boîtes pour finalement se fixer aussi là-dessus, de comprendre quand est-ce qu'on dépasse la limite, avec quoi on est OK ? Peut-être sans trop rentrer dans le technique, mais je me dis que c'est une question que pas mal d'auditeurs doivent se poser. En fait, si je mets en place le consentement V2, est-ce que je suis conforme ? au RGPD, qu'est-ce qui peut potentiellement m'arriver ? Comment je peux vérifier que c'est OK ?
- Speaker #1
Disons que si tu respectes le consentement et que tu as une politique de confidentialité qui est clean, on va dire que de base, tu respectes le RGPD sur ton site, arrive le consentement, tu te poses la question, est-ce que j'implémente en mode avancé ou est-ce que j'implémente en mode basique ? J'ai eu le cas de chez pas mal de clients. Alors les clients qui ne sont pas très exposés, souvent ils disent je vais en mode advance. De toute façon, il n'y a pas de problème à ça. J'ai des clients qui sont soit issus de filiales du CAC 40 ou des très grosses boîtes. Bon, eux, conseil numéro un. De toute façon, ils n'ont pas besoin de mon conseil pour ça. On voit avec le responsable juridique, on voit avec le DPO et c'est lui qui tranche. Tant qu'il y a une validation sur ces sujets-là, c'est important de se couvrir en tant que responsable marketing, en tant que traffic manager. Ce qu'il faut dire, c'est que ça reste quand même des choses qui peuvent avoir un impact demain sur une boîte. Google Analytics, si on prend l'exemple, il y a deux ans, ça a été déclaré illégal par la CNIL. Après, ça a pu être déclaré illégal parce qu'il y a eu des évolutions. La CNIL, ils n'avaient pas dit « Attention, Google Analytics va être illégal » . La CNIL, ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont mis en demeure Auchan et Decathlon, enfin tout le groupe mulier, en disant, dès que Google Analytics est illégal, vous devez la retirer, on vous met en demeure de la retirer. Et c'est comme ça que ça fonctionnerait demain s'il y a une entreprise qui est épinglée par rapport au consentement. Imaginons que la CNIL prenne la décision de dire le consentement, c'est illégal suite à une plainte d'un internaute. Et donc, ils font une enquête et puis ils disent que non, le dispositif n'est pas conforme. Ils mettent en demeure une grosse entreprise. Et là, forcément, les ennuis commencent. Les ennuis commencent, c'est une mise en demeure, donc il n'y a pas directement une amende, mais c'est des articles de presse, c'est toujours de la mauvaise publicité. Et donc, protégez-vous. Quand vous faites partie d'une grosse entreprise, d'autant plus, c'est de vous dire, consultez votre responsable juridique, votre DPO, archivez ça, expliquez pourquoi vous avez pris la décision d'installer le consentement, parce que vous avez des gros budgets publicitaires, ça vous permet de modéliser les conversions, vous vous assurez que l'adresse IP n'est pas envoyée. On peut mettre en place des choses, on peut dire je fais en sorte que l'adresse IP soit pas envoyée vers Google dès lors qu'il n'y a pas de consentement. On peut mettre des transformations telles que celle-ci. Ça demande du tracking un peu plus avancé, mais dans l'idée, le mieux c'est de se protéger. Après on est une boîte plus confidentielle la plupart du temps, le CEO il dit ok, ok, KO, à choisir, mais c'est beaucoup plus rapide. Et en même temps l'acne il n'ira sans doute pas taper. en premier lieu sur une petite PME.
- Speaker #0
Oui, c'est intéressant de se dire que justement, avant de prendre ce type de décision sur la partie marketing, de se dire OK, on met en place le consentement avec un mode avancé, de bien avoir ces discussions en interne avec les dirigeants, les services juridiques, le DPO pour valider tout ça avant la mise en place et être sûr qu'il n'y a pas de désalignement entre chaque équipe. Oui.
- Speaker #1
éviter qu'une personne du juridique découvre du jour au lendemain qu'il y a quelque chose qui a été implémenté sur site et qui était border, qui est dans une zone grise. Si on regarde les textes de la CNIL, la notion de cookie et traceur... Ce n'est pas juste un cookie qui est déposé sur le site. Quand la CNIL dit qu'on n'a pas le droit de déposer un cookie sur un site quand on n'a pas le consentement, un cookie, on pense directement au fichier JavaScript qui contient un identifiant. Sauf qu'en réalité, il y a aussi tous les dispositifs liés au fingerprinting. Pour décoder ça, c'est toutes les prises d'empreintes. Par exemple, le fait d'envoyer à Google mon user agent. Mon user agent, c'est « je suis sur Mac » . je suis sur Safari, telle version, sur telle résolution d'écran. Donc c'est un peu ma carte d'identité numérique, carte d'identité matérielle. Google, en regardant un peu mes données matérielles d'une page sur l'autre, il peut savoir que je suis la même personne. Parce que mon matériel potentiellement, avec ma mise à jour, avec mon dispositif que j'ai mis en place, je suis peut-être suffisamment unique sur le site pour être... considéré comme étant un seul utilisateur. Et là, Google n'a pas besoin de cookies pour savoir que je suis un seul et même utilisateur. C'est comme ça que fonctionne le Google ConsentMode. On envoie le UserAgent et il arrive à savoir que tel utilisateur, sur quatre pages différentes, en était un seul parce qu'il a les mêmes données matérielles. Et ça, c'est considéré comme étant un cookie, un traceur par la CNIL. D'où le fait qu'on est vraiment dans une zone ultra grise avec le ConsentMode en mode avancé. qu'aujourd'hui, il n'y a pas de choses illégales. Et la CNI ne dira jamais le consentement de ces légales, parce que la CNI n'est pas un organisme qui valide des choses. Par contre, ce n'est pas impossible un jour qu'il déclare que c'est illégal.
- Speaker #0
Et tu vois, il y a un cas que j'aimerais bien aborder, qui est, je pense, le cas que tu as dû pas mal voir passer et que moi, j'ai eu chez mes clients. Et on va peut-être faire un focus justement sur une cliente sur laquelle tu m'as aidé à solutionner un problème que pas mal d'annonceurs ont... rencontrer, c'est, j'ai envie de dire, la grande classique qui est « Ok, j'ai entendu parler, je suis dans une boîte, je fais service marketing, j'ai entendu parler du consentement de V2, ça fait un peu flipper, il faut qu'on se mette en conformité, on n'avait pas encore de CMP pour nous permettre de gérer la bannière de nos cookies, on va mettre ça en place, on met ça en place, on met ça en place de manière très stricte, voire trop stricte, et du coup, du jour au lendemain, on se rend compte qu'on perd 90% de son trafic sur Analytics, que sur Google Ads, du jour au lendemain, on passe de tout plein de conversions à zéro, mais vraiment zéro, une courbe plate. Et là, on se dit, OK, on a dû mal paramétrer quelque chose. Pourtant, ça paraissait simple. On a installé une CMP. C'est soit les personnes acceptent, soit elles refusent. Et en fait, sous le capot, on se rend compte qu'il y a tout un tas de paramétrages à faire et que s'ils sont... pas bien fait, clairement ça peut tuer des business parce que du jour au lendemain, une boîte qui perd 90 à 100% de ses données, c'est vraiment la panique à bord. Donc voilà un petit peu le contexte. Et si vous vous reconnaissez et que vous avez connu cette situation, vous voyez l'impact que ça peut avoir. Et est-ce que tu pourrais nous décoder un petit peu ça techniquement et comprendre quelles sont un petit peu les bonnes pratiques et les erreurs à éviter ?
- Speaker #1
J'ai envie de dire que déjà de manière ultra générale, On ne met jamais en production un dispositif qu'on ne comprend pas ou qu'on n'a pas testé. Ça c'est le B.A.B.A. C'est un bon point. Ça peut paraître très bête, mais j'ai eu encore le cas, alors avec un client commun qu'on a eu, mais j'ai eu le cas encore hier sur une très grosse marque, sur un site satellite, donc ce n'était pas le site principal, c'était un blog... qui est sur une de leurs thématiques. Et puis, ils se sont rendus compte que depuis le 1er mars, quand ils ont installé la CMP, ils n'ont plus de trafic. Plus de trafic sur Analytics. Alors, il n'y a pas d'Ads qui tournent dessus, donc ça n'avait pas un impact sur les budgets publicitaires. Une nouvelle fois, si je mets en production le Google ConsentMode, si je mets en place le Google ConsentMode, je pousse mon Google Tag Manager en production. Et puis, je n'ai pas testé. potentiellement il peut y avoir parfois des comportements inverses de celui qu'on aimerait qu'il soit en place. Par exemple, si je me mets en mode avancé ou en mode basique, pour le coup la distinction ne va pas se faire là-dessus, mais quand l'utilisateur accepte les cookies, j'ai envie que le signal qui soit envoyé à Google soit positif. C'est quand même dommage qu'un utilisateur ait accepté les cookies et puis qu'on dise à Google, bah non, l'utilisateur n'a pas accepté les cookies. Le code de statut que je vais envoyer, c'est G100. En fait, il y a des codes, en quelque sorte. On a du G100, G101, G110, G111. Et puis, c'est en fonction du choix de l'utilisateur, le code va changer. G100, c'est un binaire, en fait. C'est-à-dire que le G1, c'est pour donner le consentement. et puis derrière, on a le... premier 0 et puis le deuxième 0 qui peut se transformer en 1, qui va correspondre aux données ads et aux données analytics. En gros, est-ce que l'utilisateur a accepté oui ou non l'analytics ? Est-ce qu'il a accepté oui ou non l'ads ? Pour faire simple. Et en clair, on a des cas clients où quand l'utilisateur accepte les cookies, on a quand même les deux paramètres qui sont sur 0. Donc qu'est-ce qui se passe ? Google réceptionne bien la donnée, ne va pas avoir assez de données pour modéliser. Parce que lui, il lui faut de la donnée d'utilisateur qui consente, donc il ne va pas modéliser. Puis on va se retrouver avec un encéphalogramme plat, parce qu'on se retrouve avec zéro conversion. On se dit, le tracking ne fonctionne plus, depuis qu'on a mis le consent mode, on n'a plus rien qui marche. En fait, si tous les tags se déclenchent bien, tout continue de fonctionner, sauf qu'en réalité, il y a un seul paramètre qui vient faire poison. Et souvent d'ailleurs, les annonceurs qui ont des problèmes par rapport au consentement, ils n'ont pas forcément de problème sur Meta, ils n'ont pas forcément de problème sur TikTok ou sur d'autres plateformes, parce que justement, l'impact il est sur le consentement. Après, il y a aussi les annonceurs qui ont mis en place une CMP, ils ont tout mis en même temps, ils ont tout fait mal. Bon, là, il y a un impact sur tout. Mais faites bien attention, surveillez, testez. Si vous ne savez pas ce que vous faites, Soit vous regardez les documentations officielles, soit vous regardez les tutoriels. Je pense qu'aujourd'hui sur YouTube, avec forcément tout le bruit qui s'est fait, il y a quand même pas mal de tutoriels, il y a des formations. Léa, on fait partie d'un collectif, Blaise et Bruno, où on a fait une formation sur le consentement. Donc si vous souhaitez apprendre vous-même, vous avez des formations pour ça. Sinon, vous faites appel à votre prestataire, à votre agence Ads. Il y a des personnes qui sont quand même compétentes, je pense, autour de vous. pour pouvoir tester. Je pense vraiment que c'est le minimum, c'est se dire là, on est sur des mises en proc qui peuvent être breakdown. C'est vraiment ultra stratégique de se dire je mets quand même quelque chose en ligne sur mon site qui peut péter l'intégralité de mon tracking s'il n'est pas testé.
- Speaker #0
Et ouais, je pense que c'est typiquement le genre de sujet où il ne faut pas trop vouloir prendre des risques à ce moment-là. Pour moi, tu as vraiment deux options. En effet, soit tu te formes en interne, mais du coup, tu prends le temps de te former, tu t'assures d'avoir les bonnes informations, de tester avant de mettre en prod. Soit, si vous n'avez pas la compétence en interne, vous déléguez et au moins, vous vous assurez que c'est bien fait et que c'est fait correctement. Parce que l'impact, il est tellement énorme derrière que vous ne pouvez pas vous permettre de faire ça à l'arrache. Ou si vous vous êtes permis, vous avez rapidement eu la monnaie de votre pièce, de se rendre compte des impacts que ça pouvait avoir. Une perte de données du jour au lendemain, ça peut vraiment tuer votre business. Avant de clôturer cet épisode, faisons un petit point d'étape avec les infos à emporter. On démarre avec un topo rapide sur le Google ConsentMod, qui est un moyen de communication entre votre site Internet et plus précisément votre tracking et les différents outils de Google. Il va permettre d'indiquer à Google si l'utilisateur a accepté ou non le consentement grâce à de nombreux paramétrages. Et le consentemode, il permet aux GAFAM et aux autres grands acteurs de répondre aux exigences du DMA, Digital Marketing Act, une nouvelle loi qui est entrée en vigueur le 6 mars 2024. Mais attention à ne pas tout confondre avec deux éléments à noter. Si votre entreprise ne met pas en place le consentement, ça ne veut pas nécessairement dire que vous n'êtes pas conforme au RGPD. Parce que la réglementation du RGPD, elle concerne la manière dont vous allez recueillir, utiliser et protéger les données de vos utilisateurs en s'assurant de respecter leur consentement. Et la deuxième chose, c'est que le consentement, ce n'est pas une plateforme de gestion du consentement. Asepcio, Didomi, SeerData, en fait le consentement va venir se coupler justement à votre plateforme de gestion de consentement. Donc, c'est nécessaire pour vous d'en avoir une sur votre site Internet pour pouvoir récolter le consentement de vos utilisateurs. Ensuite, retenez qu'il existe deux modes d'implémentation du consentement. Le premier, c'est le mode basique qui va être très strict. Et le deuxième, c'est le mode avancé qui lui va être plus permissif et qui va nous permettre de faire de la modélisation de données et d'atténuer la perte de données. qu'on a avec la mise en place de cette bannière cookie. Pour choisir le mode d'implémentation du consentement dans votre entreprise, je vous conseille de réunir différentes parties pour prendre cette décision. Le dirigeant, le service juridique et le service marketing. C'est en mettant tout le monde autour de la table que vous pourrez choisir la bonne décision pour votre entreprise et trouver le bon équilibre entre le respect du RGPD et la récolte de données nécessaires au service marketing pour pouvoir piloter la croissance de l'entreprise. Si cet épisode vous a plu, partagez-le à un marketer ou à un entrepreneur à qui ça pourrait être utile. Vous pouvez aussi laisser 5 étoiles au podcast sur Spotify ou Apple Podcast. Et comme le tracking est un sujet technique, on vous a préparé avec Romain des fiches mémo pour retrouver les notions clés abordées. dans l'épisode sous forme de schéma. Pour y accéder, cliquez sur le lien dans la description de l'épisode pour télécharger la bibliothèque de ressources. Et je vous dis à très vite pour le prochain épisode. Ciao ciao !