- Speaker #0
Bonjour, bonjour à vous Nathalie, bonjour à vous Bruno et bienvenue dans cette vidéo pour parler du coup de la sortie du dessin animé de Luca. Vous, je sais que vous êtes productrice de Media Valley.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est ça. Et vous, vous êtes du coup auteur de la BD et illustrateur aussi, ce qui n'est pas toujours le cas, de la BD Luca. Et donc voilà, on va essayer de venir un peu sur votre métier facilement. En quoi il consiste exactement, au sens large ? Et après, on parlera de Luca.
- Speaker #2
Le métier de producteur ou de productrice ? En fait, c'est un peu comme en cinéma. Un producteur, c'est quelqu'un qui va initier un projet puis le conduire jusqu'au bout. Donc, ça peut être acheter des droits ou partir d'une œuvre originale, monter une équipe autour du projet. Là, c'est un dessin animé, donc réalisateur, les auteurs, directeurs d'écriture, les studios d'animation. Et puis suivre toute la production, livrer la série, ça veut dire aussi monter le financement et rechercher les partenaires qui vont permettre à la série d'exister. Donc les chaînes de télé, les distributeurs, les aides publiques, etc. C'est vraiment un métier complet à la fois de financement artistique, juridique, commercial qui permet à une œuvre d'exister en fait.
- Speaker #0
Et ça fait longtemps que vous faites ça ?
- Speaker #2
Ça fait longtemps, oui. Ça fait longtemps. J'ai commencé, on était encore à faire des dessins animés sur Cello, ça fait longtemps, et j'ai commencé chez Saban, avec Rahim Saban, avant les Power Rangers, à travailler sur les premiers dessins animés qu'on allait produire avec le studio Saban. Donc moi j'ai travaillé, j'ai eu la chance de travailler avec un monsieur que vous connaissez qui est Bruno Bianchi. qui est le papa d'inspecteur gadget, des entrechats, etc. Ok,
- Speaker #0
trop bien.
- Speaker #2
J'ai commencé en assistana de prod et puis assistante de développement et j'ai monté les échanges.
- Speaker #0
Ok, vous n'en faites pas, on va revenir sur tout ça petit à petit. Non, non, c'est moi. Et vous Bruno, dites-moi alors.
- Speaker #1
Pas où commencer. De manière, au début j'étais animateur. J'ai commencé, j'ai fait ma formation, j'ai fait l'école de dessin, Emil Kohl, après j'ai fait spécialisation au Gobelin pour devenir animateur.
- Speaker #0
Sur dessin animé.
- Speaker #1
Oui, exactement. D'abord en 2D.
- Speaker #0
Pas en centre aéré.
- Speaker #1
Ça pourrait être en centre aéré, mais non. Je ne suis pas assez patient pour ça. Et du coup, j'ai intégré un grand studio assez rapidement. J'ai intégré le studio Illumination, où j'ai fait ma carrière là-bas, où j'ai fini directeur d'animation là-bas, sur les mots moches et méchants, les mignons, tout ça. C'est plutôt pas mal. Et en parallèle de ça, j'ai fait ma série de bande dessinée pour pouvoir raconter mon histoire. Et c'est comme ça qu'est né Luca. Donc, il a été fait un peu en même temps que ma carrière dans l'animation, au début. Donc, je travaillais le soir et le week-end dessus, en plus de mes heures de travail. Et puis après, ça a commencé à bien marcher. J'ai commencé à faire ça, on va dire, en alternance. Aujourd'hui, ça marche vraiment bien. Je suis très heureux et accompli avec la série. Donc, je ne fais que ça à temps plein.
- Speaker #0
Ok, trop cool. Alors là, maintenant, je voulais savoir quel est un peu l'enfant qu'il y a au fond de chacun. Et du coup, qu'est-ce que vous, vous aimiez ? C'était quoi votre rêve, en fait, enfant ? Qu'est-ce que vous vouliez faire plus tard ? Parce que j'imagine que producteur, c'est compliqué à voir quand on a 4 ans.
- Speaker #2
Oui, d'ailleurs, on ne sait pas ce que c'est. Et je ne voulais pas forcément travailler dans le dessin animé. Moi, je voulais être chanteuse à 4 ans. Donc, pas grand-chose à voir. En fait, je voulais être chanteuse. Je me rappelle d'un papier qu'il fallait écrire à l'école. Qu'est-ce que vous voulez être plus tard ? Et moi, j'ai écrit chanteuse, écrivain. dessinatrice, je dessinais aussi, alors pas aussi bien que Bruno, mais voilà, plein de métiers, et puis j'ai mis plein de métiers, puis ils ont lu les papiers, et puis ils ont lu ce papier, puis toute la classe s'est marrée, parce qu'en fait il y avait des choses dans tous les sens, et là le prof a dit un truc intéressant, il m'a dit mais rigolez pas, en fait c'est que des métiers de la création, donc voilà, c'est un profil, et arrêtez de vous moquer, et je me suis dit, ben... Des années après, je me suis dit, c'est ça en fait que je veux faire. C'est un métier de création. Alors, moi, je ne crée pas directement, mais je porte des visions de créateur. Et ça me plaît beaucoup parce que c'est autant de créateurs, autant de talents et autant de nouveaux projets qui vont arriver sur les écrans.
- Speaker #0
Ok. Et vous, Bruno ?
- Speaker #1
Pour moi, finalement, c'était le dessin déjà.
- Speaker #0
Oui, souvent, c'est rare de s'y mettre à l'âge adulte.
- Speaker #1
Non, oui, c'est ça. Souvent, ce que les gens appellent le talent, c'est juste qu'on dessine depuis tout petit, sauf qu'on a beaucoup dessiné, on ne s'est jamais vraiment arrêté. Et du coup, forcément, on est meilleur dessinateur que les autres parce qu'il y a beaucoup de travail derrière. Mais du coup, depuis tout gamin, je veux être dessinateur. J'ai pris quelques crochets dans mes envies. Après avoir vu Top Gun, je voulais être pilote de chasse, ce genre de trucs, normal. mais sinon non non c'était vraiment le dessin depuis toujours.
- Speaker #0
Niveau dessin animé c'était quoi qui vous... je parle pas de la productrice, je parle pas de l'hôtel.
- Speaker #2
De l'enfant.
- Speaker #0
L'enfant.
- Speaker #2
Alors il y a du long métrage et puis il y a du dessin animé à la télé alors quand j'étais petite à la télé il n'y avait pas grand chose mais ça commençait donc à la télé moi je suis génération lié aux enfants et aussi parce qu'on regardait les dessins nuits plus tard que des générations maintenant. maintenant, même à 10-11 ans, on regardait des dessins animés, donc plutôt récréadeux, donc Candy, etc. Ça revient souvent, Candy. Et aussi, il était une phallome qui passait en prime time sur FR3. Et puis après, en termes de dessins animés au cinéma, j'ai découvert au cinéma, avec mes parents, quand j'étais petite, Robin Desbois. Donc, on allait à Montparnasse pour l'opening de Robin Desbois, Bernard et Bianca. Donc voilà, c'était les années, fin des années 70. Et les dessins animés, c'était le grand Disney de Noël. Donc ça, ça m'a marqué à vie, quoi. C'était top.
- Speaker #0
Trop bien. Et vous, Bruno ?
- Speaker #1
Moi, génération Club Dorothée. Donc, les Chevaliers du Gédiac, Dragon Ball, Nicky Larson, Oliver Thorne.
- Speaker #0
Et si t'en avais un, c'est lequel ?
- Speaker #1
Je vais m'en faire ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça serait vraiment un truc...
- Speaker #0
Je comprends.
- Speaker #1
Non mais c'est vrai que souvent, on a des questions, on nous dit, c'est quoi ton truc préféré ? Moi, je suis le pire client pour ça. Moi j'arrive pas à choisir. On me dit choisir c'est renoncer donc bah non. Ouais. Voilà. C'est non.
- Speaker #0
Mais du coup le panel c'est Chevalier du Zodiac, Dragon Ball.
- Speaker #1
Ouais des trucs vraiment de mon enfance qui m'ont marqué vraiment. Ouais ça c'était Chevalier du Zodiac à fond. On se faisait des armures en carton après avec mon frangin et ça durait 5 minutes parce qu'on les explosait. Et Olivier Tom aussi beaucoup, c'est mes premiers émoi footballistiques c'était grâce à Olivier Tom. Je me pose la question. Ouais. Et puis après plein d'autres. Ouais, les Dragon Ball. Nicky Larson, ce genre de choses à fond. Et puis aussi le long métrage, effectivement. C'était un moment, on va dire, moins égoïste que ça. C'était vraiment que les enfants. Nous on regardait la télé, c'était notre petit moment, le Club Dorothée. Après il y avait des trucs plus familiaux, c'était le rendez-vous. Alors maintenant il y a beaucoup de productions cinéma, d'animation. A l'époque c'était vraiment le rendez-vous de l'année en général. C'était le Disney qui sortait. C'était le moment où il y allait avoir un moment de haut de volée, on va dire, en animation. Ça c'est un truc où on allait au cinéma. Ça, je regarde de très bons souvenirs aussi.
- Speaker #0
Par quoi vous avez commencé, alors même pas forcément dans le monde de l'animation, mais par quoi vous avez commencé vos métiers en fait, et les étapes qui vous ont amené jusque-là ?
- Speaker #2
Je suis sortie moi de mes études dans les années 80, et là c'était la com, le marketing, donc j'ai commencé dans la com, donc dans une agence de com, qui est devenue ensuite Euro RSCG, et donc j'ai commencé par faire travailler pour des clients. Et puis j'avais fait du journalisme aussi, j'avais travaillé dans des titres, j'ai fait des stages dans le journalisme, c'était vraiment voilà un peu ça qui était à la mode. Puis en fait je me suis rendu compte que parler des autres c'était bien mais j'avais envie de faire des choses par moi-même. Et donc j'ai repris des études, je suis partie aux Etats-Unis, je suis partie à Los Angeles pour faire un master en... Donc j'ai fait des études, des bonnes études en France de Sciences Po et puis après je suis partie aux Etats-Unis faire un master. de communication parce que je voulais travailler dans la télé. Puis là, c'est pareil, on m'a dit, tu veux travailler en production ou en programmation ? Alors pareil, j'ai dit, les deux. Ah ben non, il faut choisir, je suis comme Bruno. C'est dur. Je ne veux pas choisir et du coup, j'ai fait les deux. J'ai travaillé en production, j'ai commencé donc chez Sabane. J'ai appris vraiment le dessin animé, l'international, faire des séries pour l'international. Et puis, au bout de cinq ans, je suis partie en diffusion puisque j'ai travaillé à M6 et j'étais directrice des programmes jeunesse pendant... pendant 12 ans à M6. Et même quand j'étais à M6, j'ai pu monter une société de production où j'ai produit des longs-métrages et des séries. Donc, la société, c'est M6 Studio, qui existe toujours. Et avec la société, j'ai produit des films d'Astérix. Donc, les films Astérix et les Vikings, Le Domaine des Dieux, Le Secret de la Potion Magique, les séries du petit Nicolas. Et du coup, après, quand j'ai créé ma boîte de production, j'avais quand même déjà des productions à mon actif. Aussi, celle de Sabane, où il y avait... Princesse Sissi,
- Speaker #0
la chute d'Allon,
- Speaker #2
et après j'ai monté ma boîte en ayant toute cette expérience de longues années de production et de diffusion derrière moi.
- Speaker #0
Donc Media Valet, c'est votre bébé ?
- Speaker #2
C'est mon bébé.
- Speaker #0
Et ça fait combien de temps ?
- Speaker #2
J'ai monté en 2010, donc ça fait 16 ans. Donc c'est plus un bébé, c'est un ado.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut citer des oeuvres que vous avez faites avec Media Valet ?
- Speaker #2
Bien sûr, bien sûr. J'avais commencé, j'ai fait une série des triplés. J'ai fait trois saisons double Dauphin Blanc pour nos amis TF1. Ernest et Rebecca, on a continué Le Petit Nicolas avec Le Petit Nicolas tous en vacances. Et puis maintenant, Luca.
- Speaker #0
Et vous, Bruno ? On a un peu effleuré le sujet, vous êtes passé par les Gobelins. Qu'est-ce que vous avez pu toucher, faire avant Luca ? On va forcément passer par Illumination aussi.
- Speaker #1
Oui, forcément.
- Speaker #0
Mais dites-nous les étapes.
- Speaker #1
Je suis passé par la case... J'ai travaillé en tant que storyboarder sur un film qui s'appelle Un monstre à Paris, qui était produit par Europacorp, quand même.
- Speaker #0
Dit-il comme ça.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Trop bien ce film.
- Speaker #1
C'était ma première expérience. Je faisais du storyboard. J'en s'y chaînais justement avec de l'anime dessus. Et après, tout de suite derrière, je suis allé chez MacGuff, qui faisait un premier long métrage en partenariat avec une filiale d'Universal, qui allait devenir Illumination. Mais à l'époque, je ne le savais pas. Et qui était moi, Moche et Méchant, le premier. Et je suis arrivé en tant qu'animateur là-bas. Donc j'ai fait mes...
- Speaker #0
Mais comment ça s'est fait ça par contre ? Comment tu as...
- Speaker #1
Comment j'ai intégré le studio ? Oui. En fait, j'avais croisé quelqu'un, justement, sur la production Europe Accor, un monstre à Paris, qui avait beaucoup aimé mon travail et qui m'avait conseillé auprès du directeur d'animation à l'époque. Il avait besoin d'un animateur un peu expérimenté. Il m'a donné mon nom et du coup, je suis allé voir le projet, comment ça se passait, puis j'ai dit OK. On s'est dit OK. Et du coup, j'ai travaillé pendant un an en tant qu'animateur. là-bas. Et pendant cette année, après j'enchaînais sur un deuxième film, c'était le Lorax, en tant qu'animateur. Et pendant mon année sur Moi, Moche et Méchant, le premier, en fait, ça a bien matché avec le réalisateur Pierre Coffin. Et il m'a proposé de passer directement directeur d'animation pour le Moi, Moche et Méchant 2. Et au début, c'était pas sûr parce que j'étais pas passé par la case lead, normalement, en gros. Il y a une centaine d'animateurs, les animateurs par petits groupes sont dirigés par un lead et le directeur d'anime chapote le tout. Et là t'as sauté cette étape. Et du coup j'ai sauté cette étape pour aller directement... T'as dû le voir pas en ce moment là. Ouais ouais ouais, je faisais poker face hein, c'est genre...
- Speaker #0
Oui je vois très bien.
- Speaker #1
Bien sûr mais bon... Je gère. C'est ça, évidemment, à l'intérieur j'étais liquide. Mais c'était une super expérience. Pas qu'ils se refusent pas. Bah non, complètement. Et puis moi j'étais très excité par ça et puis... J'adore donner mon avis sur tout, donc c'est formidable. Et j'allais pouvoir donner mon avis sur tous les plans, mais c'est tellement génial. Et du coup, j'ai fait Moins Moche et Méchant 2, j'ai fait Mignon en tant que directeur d'anime aussi, et j'ai fait Moins Moche et Méchant 3. Et donc du coup, en parallèle de tout ça, il y a eu Lucas qui est venu.
- Speaker #0
T'avais le temps ? Non,
- Speaker #1
j'avais pas le temps, mais j'ai pris. D'ailleurs,
- Speaker #0
c'est une idée qui te vient d'avant, mais que t'as mis du temps. de temps à pouvoir mettre en œuvre ?
- Speaker #1
Alors, en fait, vraiment, la base de Lucas, c'est vraiment quelque chose que j'ai depuis longtemps. La base, évidemment, c'était loin d'être le projet qu'on a là. Il s'appelait Lucas, c'était un footballeur, c'était plutôt des sketchs de football que je faisais. Et ça,
- Speaker #0
tu l'imagines quand, ça, déjà ?
- Speaker #1
Je devais avoir 18 ans, un truc comme ça. Et puis, finalement, je fais mes études, je continue un petit peu, quand même, ce projet-là, parce que je l'aime bien, mais j'ai fait quelques planches, des trucs comme ça, j'ai pas fait grand-chose. Et puis après je le mets de côté parce que j'ai mes études d'animation, je vois ma carrière d'animateur. Et voilà, je suis concentré sur ça, ça me passionne et c'était super à ce moment-là, j'étais vraiment focus là-dessus. Et puis finalement, à force de bosser sur les projets des autres, j'avais envie aussi de faire le mien. Et puis c'est très complémentaire, c'est-à-dire qu'il y en a assez. On travaille effectivement en équipe, donc l'histoire de quelqu'un d'autre, un réalisateur. des animateurs qu'on va diriger, c'est vraiment un travail d'équipe, c'est génial. Mais auteur, on est seul, on a fait son truc, et il n'y a personne pour nous casser les pieds, c'est bien aussi. Et en fait, c'est bien d'avoir les deux, parce que des fois, on se sent un peu seul aussi en tant qu'auteur. J'aime bien aussi l'émulation qu'il y a dans le travail d'équipe.
- Speaker #0
Et toi, pour le coup, tu es illustrateur aussi ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Là, donc, il y avait les seuls échanges que tu avais, c'est avec l'éditeur ? C'est avec mon éditeur. Ce n'est pas au niveau de la créa brute ?
- Speaker #1
Non, c'est ça, c'était les retours que j'avais quand je les envoyais, et puis c'est des retours qui se font. régulièrement, mais c'est quand même très espacé. On est quand même un peu seul malgré tout quand on est autant de monde dessiné. Maintenant, j'ai un coloriste, mais pendant 7 ans, j'étais vraiment seul. Oui,
- Speaker #0
parce que je me dis que si on choisit le fait de prendre un illustrateur, parfois, c'est parce qu'on est juste bon scénariste et qu'on ne dessine pas. Mais souvent, c'est un peu des deux. Les scénaristes, je me rends compte qu'ils ont tous un peu... Ils savent dessiner, en fait. Mais c'est surtout une sorte de temps.
- Speaker #1
C'est du temps et puis c'est du... Des fois on a un projet et puis peut-être que son style ou peut-être qu'on sent qu'on n'a pas les capacités. De toute façon, je ne pense pas qu'on devienne scénariste de bande dessinée sans avoir une petite affinité. Essayer de coller un petit peu. Et à un moment, quand on croit... Il y a des dessinateurs qui sont brillants, et certainement si on a une histoire qui doit avoir un style de dessin un peu comme ça, on se dit, si c'est lui qui dessine mon histoire, ça va être génial. Et c'est comme ça qu'on peut choisir. Moi je pourrais scénariser pour quelqu'un d'autre, ça ne me dérangerait pas. Si j'estime que mon histoire, mon style, ça ne va pas correspondre, en tout cas ça ne va pas vraiment apporter le plus que... Je vais passer par un autre dessinateur. Luca, je l'ai toujours imaginé avec mon style, donc du coup il y a une cohérence parce que tout a été fait comme ça, mais on peut très bien scénariser en imaginant autre chose.
- Speaker #0
Donc c'est ta première BD ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et unique jusqu'à ce jour ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu peux nous pitié un petit peu l'histoire de Luca ? La BD, parce qu'il y a des différences avec le dessin animé, même si elles ne sont pas dans le pitch général, je pense que ça ne se ressentira pas, mais est-ce que tu peux nous la pitcher un peu ?
- Speaker #1
Le pitch général ne bougera pas, c'est après par la suite comment c'est développé, mais c'est l'histoire d'un adolescent qui est hyper maladroit, qui est un peu loser, il n'est pas très à l'aise dans ses potes, mais il est très sympathique, il n'a pas beaucoup de copains, il est un petit peu transparent on va dire, et il va tomber un jour et un an avec le fantôme d'un... C'est un autre lycéen, mais lui c'était son opposé. C'est un mec beau gosse, charismatique, star du fou du lycée, la totale. Le mec énervant. Et il n'y a que lui qui arrive à le voir. Et du coup, Nathan étant ce fantôme, étant un peu seul depuis longtemps, il va quand même se dire, allez, je vais t'aider à devenir quelqu'un, et puis j'ai un peu que toi dans mon entourage. Et à l'ouké, il va se dire, chique, il y a quelqu'un qui va peut-être m'aider à... à me dépasser et à m'améliorer. Et c'est comme ça que ça va commencer entre deux.
- Speaker #0
Comment ça s'est fait ? Du coup, ça a l'air hyper naturel pour toi, en fait, que ton œuvre BD finisse en animé, puisque tu viens du monde de l'animation. Comment s'est fait la liaison avec MediaValet ? Comment vous vous êtes rencontrés ? Et vous, comment ça vous a donné envie ? La volonté vient de quel côté ?
- Speaker #2
Tu veux répondre ?
- Speaker #1
On commence, je vais trop parler. Mais dis des trucs sympas.
- Speaker #2
Pas de soucis. La volonté, elle vient des deux côtés, mais en fait, c'est une rencontre. Je pense que Bruno, de son côté, il y avait eu des opportunités avant, et puis moi, de mon côté, je cherchais à... J'avais fait des séries, notamment avec des héroïnes filles, comme Ernest et Rebecca, donc Rebecca, et je cherchais dans un univers totalement différent. à m'intéresser à des héros garçons, mais des héros garçons différents, des héros garçons avec des failles, qui soient drôles, qui soient des vecteurs d'identification auprès du public, parce que c'est toujours ce qu'on cherche quand on est producteur, on essaie d'avoir le sens du public, enfin un minimum. Et du coup, en regardant, c'était en 2019, il y avait déjà un beau succès de Luca, puisqu'il y avait de nombreux albums qui étaient déjà vendus, des volumes qui étaient parus. Moi, je vais toujours dans les librairies, pour ne pas citer des noms, mais je passe mon temps à regarder ce qui se fait, ce qui sort, à être un peu curieuse. Et puis, je rencontre les éditeurs. Et donc, en rencontrant l'éditeur chez J'ai du Puy, Laurent Duvaux, qui s'occupe de tout ce qui est la gestion des licences et des projets qui sont ensuite proposés aux producteurs, que ce soit pour en fiction ou en animation. Donc, avec Laurent, on a discuté. J'ai dit, moi, j'aimerais bien m'intéresser à Luca. Il m'a dit, ah ben ouais, c'est cool. qu'est-ce que tu veux en faire ? Et puis du coup, j'ai fait un peu mon pitch, et puis ils l'ont proposé à Bruno, et Bruno s'est dit, c'est intéressant. Donc ça vient de vous, en fait. Vous étiez prêt à ça,
- Speaker #0
mais d'un côté, vous n'avez pas été convaincu par le projet qu'on faisait de votre bébé, et c'est ça un peu ?
- Speaker #1
Quand j'ai eu d'autres interlocuteurs, ils ne m'avaient pas convaincu, effectivement. C'est-à-dire que le problème des productions, même dans le monde de manière générale, c'est qu'il y a des beaux parleurs, mais moi je connais un peu quand même le milieu, et il y a certains discours qui sont un peu trop ambitieux, qui moi ne me rassurent pas spécialement, parce que je trouve que c'est toujours pareil,
- Speaker #0
il y a beaucoup de grandes promesses.
- Speaker #1
Un discours rationnel que des paillettes. Exactement. Et c'est le discours qu'a eu Nathalie, c'est un discours rationnel qui moi m'a rassuré. Je me suis dit, elle n'est pas en train de me vendre ce qu'on fait des autres, qui étaient en mode, on va faire ci, enfin, trop. je trouvais que c'était trop je me suis dit non vous n'allez pas faire si c'est pas possible pour que vous acceptiez on vous dit qu'il va être chouchouté au max ça limite j'espère que c'est chouchouté mais on va dire en termes de production je sais ce qui est possible ce qui n'est pas possible vous êtes du monde de l'animation c'est un expert Bruno vous ne pouvez pas me la mettre à l'envers donc il y en a c'était un peu trop beau moi ça ne m'a jamais convaincu Il y a eu effectivement un discours rationnel, bien les pieds sur terre, c'est un truc qui moi déjà, j'ai eu de l'intérêt en tout cas pour continuer, alors que les autres c'était carrément, c'était du début, c'est bon.
- Speaker #0
Ok, est-ce que du coup Lucas a commencé à quelle année exactement le premier tome ?
- Speaker #1
Il est paru en 2013.
- Speaker #0
2013, et vous quand vous le contactez ?
- Speaker #2
2019.
- Speaker #0
On est en 2019, et on en est à peu près au tome 6 je suppose.
- Speaker #1
6-7, ça doit être un truc comme ça à cette époque-là.
- Speaker #0
Donc, comment vous imaginez, parce que Medievalet n'est pas un studio. Oui. Si ? Non ?
- Speaker #2
En fait, on est un producteur.
- Speaker #0
Vous êtes un producteur. Chez qui vous confiez Luca, du coup ?
- Speaker #2
Le producteur, c'est moi. Donc après, il y a plein de sociétés qui sont des producteurs, y compris des grosses boîtes, qui n'ont pas forcément un studio de fabrication. C'est-à-dire que nous, on a un studio au sens où on a des... des gens qui développent, donc on a des dessinateurs etc. qu'on fait travailler mais on n'a pas le studio de fabrication de l'animation mais il y a peu de... enfin il y a des producteurs qui l'ont mais il n'y en a pas énormément qui ont tout le studio. Donc la plupart des producteurs aujourd'hui, il y a peut-être une moitié ou un deux tiers qui n'a pas de studio et un tiers... qui en a, vous voyez, c'est assez classique. Et vous,
- Speaker #0
quel est votre cas ?
- Speaker #2
Moi, je n'ai pas de studio. C'est-à-dire que moi, je travaille en effet avec une équipe de développement. Et après, il s'agit de mettre en production sur des centaines de personnes qui vont travailler. On va chercher des studios pour la fabrication de l'animation.
- Speaker #0
Qui est le réalisateur du dessin animé Luca ?
- Speaker #2
C'est Cyril Adam.
- Speaker #0
Cyril Adam.
- Speaker #2
Et donc, au début, on a travaillé avec June Violet. Cyril et June ensuite est parti sur un autre projet parce qu'il y a le temps du développement qui est très long, ça prend deux ans. Et après le réalisateur doit aussi pouvoir enchaîner sur des productions assez vite. Et donc June est parti sur une autre production et nous a dit travaille avec quelqu'un que je connais qui est Cyril Adam. Donc on a rencontré Cyril Adam et ça s'est super bien passé parce qu'il y avait cette proximité dans l'idée avec June. C'est June qui a fait le développement et on a commencé par ce qu'on appelle un teaser. Donc on présente un teaser au marché. Ça c'était donc... Donc, 2019, on se rapproche, on prend les droits, on prend un contrat et ensuite, on développe. On développe et ensuite, on présente un teaser sur le marché. C'est au Forum Cartoon, ça se passe à Toulouse. Ah, ça se fait là-bas. Et c'était 2022.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #2
Et ensuite, on avait déjà TF1 qui nous accompagnait en développement. Et ensuite, la présentation de ce teaser permet d'agréger des intérêts à un coproducteur, un préacheteur, la distribution internationale et que le projet se finance. Vous voyez, ça met du temps. C'est un métier de marathonien, le métier de producteur.
- Speaker #0
Et du coup, vous, vous êtes à la bible littéraire et graphique de l'œuvre. Alors, ce n'est pas tout le temps le cas, même quand c'est votre œuvre. Là, c'était un souhait de votre part d'être dans la...
- Speaker #1
Oui. Pour moi, c'était la meilleure... Disons que j'allais la laisser tranquille pendant la production. Donc, il fallait qu'en amont... Que pour moi, ce soit bien calibré graphiquement et aussi dans qui sont les personnages, où est-ce qu'ils vont, où est-ce qu'ils ne peuvent pas aller, ceci, cela. Que tout soit, on est d'accord sur tout. Même les changements qu'on peut apporter à certains personnages pour le bien de la série télé ou ce genre de choses, il fallait qu'on soit tous d'accord et qu'il n'y ait pas des trucs que je me sente partir dans un endroit où je n'aimerais pas. Et ça, ça permet justement qu'on soit tous d'accord, on a accordé nos violons, on est bien. Après, je sais que je suis déjà plus en confiance pour la suite.
- Speaker #0
Donc vous vouliez que l'adaptation de Lucas soit bien faite.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Vous aviez peur, enfin peur. Oui, vous avez pris le soin d'être un peu aux manettes à ce niveau et ensuite vous confiez au Réal et à vos équipes. Oui,
- Speaker #1
parce que c'est beaucoup de boulot. On ne peut pas être toujours là. Déjà, je n'ai pas le temps à ça. Puis c'est pénible les ayants droit qui sont trop intrusifs. C'est-à-dire qu'il y a un moment où il faut laisser bosser. C'est comme ça. On fait des choix, on n'est pas dans le feu de l'action, on ne connaît pas tout. Donc ça, c'était ça. Et puis aussi les scénarios, c'était la même chose. J'ai donné mon avis sur chaque synopsis, sur chaque scénario définitif. S'il y avait des petits trucs qui me dérangeaient, je pouvais le dire. Mais globalement, le directeur d'écriture a drivé bien les équipes et je trouve qu'il a rapidement eu le ton. Et on a eu quelques discussions, mais ce n'était pas non plus des grosses discussions. Donc voilà, encore une fois, ça fait partie du début. Et après, ça a filé tout seul, moi je ne m'en suis pas mêlé.
- Speaker #0
Du coup, le dessin animé, il a été sur la même trame scénaristique que la BD, c'est-à-dire que c'est la même histoire, avec des nuances ou pas.
- Speaker #1
Ah oui, il y a beaucoup de nuances. Ça ne traite pas de la même chose. C'est le même pitch de départ. Mais la bande dessinée, c'est une grande histoire avec une évolution. Ça se suit tout le temps. Alors que là, ce sont des épisodes qui sont non feuilletonnants, qui sont autoconclusifs. Et ça a permis de mettre les personnages et tous les personnages de l'univers de Lucas dans des situations différentes. Mais il n'y a aucune situation qui sont les situations de la bande dessinée. C'est vraiment... D'autres moments, on va dire, un peu ce qu'on peut imaginer entre les histoires, entre les séquences de la bande dessinée. Qu'est-ce qu'il fait Lucas quand il y a entraînement, il se passe ci, ou il a un rendez-vous, il se passe ça. Peu importe, il y a beaucoup de thèmes.
- Speaker #0
En fait, la BD, le dessin animé, il est en complément de la BD. Oui,
- Speaker #1
complètement. Ok,
- Speaker #0
trop bien.
- Speaker #1
Ça aussi, c'est un truc qui m'avait aussi convaincu de ne pas avoir une répétition de ce qui existe déjà en réalité. d'avoir un... quelque chose qui est complémentaire.
- Speaker #0
Ok. À qui s'adresse le dessin animé ? À quel public ? Quel âge ?
- Speaker #2
Alors, en fait, c'est le public des cases jeunesse de TF1. C'est-à-dire que là où la BD va s'adresser déjà aux enfants qui savent lire, par définition, nous, on s'adresse à leurs petits frères ou leurs petites sœurs. C'est-à-dire qu'on s'adresse à des enfants qui regardent les dessins animés, qui vont avoir 6 ans et jusqu'à 10 ans, on espère, le plus âgé possible, même les parents. Mais on sait qu'on les prend à un moment où ils ne savent pas forcément lire. Donc pour nous, le dessin animé, c'est une porte d'entrée. Et ensuite, l'idée, c'est de leur donner envie d'aller lire la BD. Mais c'est vrai que dans le dessin animé, il y a plein de choses qui sont dans la BD qu'on ne traite pas. On ne traite pas la backstory de Nathan. Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Parce que ça, c'est l'objet de choses qui se passent dans la BD, qui sont hyper intéressantes. Ce n'est pas le même ton aussi. Et comme disait Bruno, nous, on raconte peut-être un peu... Ce qui se passe, c'est un peu entre les cases et c'est à un moment compris entre l'album 1 et l'album 3 où Lucas rencontre Nathan, il est au lycée, il a sa vie de tous les jours, il doit faire ses entraînements. Mais Julie, qui justement maintenant, vous en parlerez peut-être, elle a un peu un autre rôle dans le dessin animé, c'est un personnage important. Qu'est-ce qui va se passer quand Julie doit l'entraîner dans un match et qu'il doit s'équiper de son petit frère à la maison en même temps ? C'est toutes ces petites histoires qu'on appelle un peu plus sitcoms. qu'on raconte dans le dessin animé, alors que la bande dessinée est plus... C'est presque une saga, en fait. La bande dessinée, c'est une saga, et nous, on est plus sur... Qu'est-ce qui se passe dans ces moments où Lucas est plus dans son quotidien. Voilà, on peut résumer ça comme ça.
- Speaker #0
Du coup, oui, le fait d'avoir développé des personnages qui ont une place différente dans l'œuvre, comme par exemple Julie, et pas que, c'est une volonté de ta part ?
- Speaker #1
Non, à la base, ce n'est pas une volonté qui vient de moi. C'est un besoin... pour les scénarios de Nathalie, certainement du directeur d'écriture, d'avoir aussi un peu plus de rôle à donner à Julie notamment. Julie, c'est vraiment le personnage qui a le plus bougé dans sa fonction. C'est un peu, là on va dire, c'est l'amoureuse de Luca, elle est toute belle sur pied d'estal et il fait beaucoup de choses pour elle, animée par l'envie de lui plaire. Mais elle n'est pas très active dans la série, c'est vraiment plus tourné sur Luca et ses envies à lui. Quand tu dis série, tu parles de la BD. Oui, pardon, la série de BD. Et du coup, ça a toujours été un peu une frustration, parce que la pagination d'une BD, c'est quand même quelque chose qui tient un auteur et qui oblige à filer un petit peu dans l'histoire, sinon on s'éparpille un peu trop. Je n'ai pas l'occasion de développer des personnages secondaires.
- Speaker #0
Alors que t'aimerais ?
- Speaker #1
J'adorerais.
- Speaker #0
Et là, c'est l'occasion, du coup ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ok, trop bien.
- Speaker #1
Donc du coup, quand il y a ce genre d'idée, moi j'étais assez, après un temps assez court de réflexion, j'étais d'accord. Je me suis dit que c'était bien de la mettre un peu plus dans l'équipe. Du coup, ce rôle de coach adjoint qui n'existe pas dans la BD, mais qui, je trouve qu'en termes de caractère et de positionnement même du personnage, pour être plus dans les matchs, plus avec l'équipe, c'était un peu une évidence. Je me suis dit oui.
- Speaker #0
Est-ce qu'on a le droit de considérer que ce qui se passe dans le dessin animé, pour parler des mots, on va dire un peu manga et tout, c'est canon ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok. Donc les relations, les choses qui sont développées font partie intégrante de l'oeuvre même si c'est des bulles. Exactement. Est-ce que la BD est en son dénouement ?
- Speaker #1
Elle va l'atteindre, oui.
- Speaker #0
Là on est sur les dernières...
- Speaker #1
On est sur le dernier cycle on va dire. Après c'est Lucas qui a pas mal d'avenir devant lui parce que dans la série il y a une grande ellipse qui est volontaire. Bref, on retrouvera les personnages. Ok,
- Speaker #0
d'accord. Voilà, parce qu'on a la finale partie 1, ça sera en deux parties ? Possiblement. Ouais ?
- Speaker #1
Je ne sais pas encore. Je suis au train de... Je suis dessus !
- Speaker #0
Et donc, oui, c'est... Et c'est un peu la phase finale. Donc en fait, ça se passe en parallèle de ça. Mais ça ne va pas au-delà. Ce qui se passe dans le dessin animé, pardon, je me suis peut-être mal exprimé. Ce qui se passe dans le dessin animé ne dépasse pas.
- Speaker #1
C'est même, j'allais dire, ça se contonne même aux deux premiers tomes de la série. C'est vraiment où, en fait, en gros, où Luca, ce qui est le plus riche et le plus intéressant, en tout cas pour cette première saison, c'est Luca, il est au lycée. Il y a l'équipe du lycée qui est une équipe. qui était une ancienne équipe vraiment de très haut niveau et qui est tombée au fond du classement et qui est à deux doigts de la relégation. Le but de Lucas et de Nathan, surtout Nathan, lui, il est hyper motivé, c'est de redresser l'équipe parce que lui, de son temps, c'était la meilleure équipe possible. Et du coup, ensemble, leur objectif, c'est de la maintenir et même de l'élever le plus haut possible. Donc, on est vraiment sur la série de BD. C'est vraiment les deux premiers tomes à peu près, pas tellement plus.
- Speaker #0
Le foot, c'était quelque chose d'important pour toi ? Parce qu'au final, dans le dessin animé, le foot est secondaire, mais en même temps, il ne sert pas à rien. Je dis secondaire dans le sens où c'est surtout la relation entre les personnages, les histoires qui se passent dedans, plus que le foot en lui-même. Qu'est-ce que ça représente pour toi, le foot, et pourquoi avoir décidé de le faire tourner autour de ce sport ?
- Speaker #1
Parce que c'est un sport que j'aime beaucoup. C'était une des raisons... Ton club ?
- Speaker #0
C'est quoi ton club ?
- Speaker #1
Je ne parle pas de mes clubs. J'en ai eu beaucoup dans ma vie. C'est vrai ? Dans d'autres pays ? Parce que j'ai déménagé tout le temps.
- Speaker #0
Moi,
- Speaker #1
je suis né à Bordeaux. J'ai beaucoup été à Lyon dans ma vie. Ça fait des années que j'habite à Paris. Moi, j'aime plein de clubs. C'est vrai que je supporte... C'est la logique,
- Speaker #0
tu as été souvent... Là où les équipes étaient les meilleures, en fait. Bordeaux à une époque, ensuite Lyon.
- Speaker #1
Non mais quand j'étais à Bordeaux, même quand j'étais plus jeune, je supportais même Marseille, parce que c'était la grande époque de Marseille en 91, et tout le monde supportait Marseille, comme aujourd'hui, en gros, tout le monde, on va dire, supporte le PSG. Enfin, il y a les plus gros stars.
- Speaker #0
En plus, t'as Zidane. C'est une grosse aparté, mais oui.
- Speaker #1
Non mais voilà, il y a tout un truc. Maintenant, ça fait pas mal d'années, pour être tout à fait franc, je supporte plus vraiment d'équipes en particulier. Je regarde beaucoup le football, j'aime bien ça. Mais je suis très détaché. L'équipe nationale, la France ? Là par contre, quand même. Je défends l'équipe nationale.
- Speaker #0
Cristiano ou Messi ?
- Speaker #1
Cristiano.
- Speaker #0
Ah ouais ? Incroyable ! Est-ce que t'es un haters de Messi ? Pas du tout. Parce que là, attention, ça, ça allait partir en fumette.
- Speaker #1
Non, j'adore Messi. Ce que j'aime dans Cristiano Ronaldo, et c'est parce que moi je me vois un peu là-dedans, c'est un travailleur. C'est un Messi. petit génie et c'est ce que j'aime dans Ronaldo parce qu'évidemment Messi je le trouve spectaculaire. Mais moi j'aime bien justement Ronaldo, il avait certainement pas le talent de Messi.
- Speaker #0
Mais il a tout fait pour être au même niveau. Exactement,
- Speaker #1
il a bossé comme un malade et ça c'est un truc que je porte dans ma série aussi, c'est le dépassement de soi, on parlait des thèmes, pour moi le thème numéro un c'est pas le football, c'est pas l'amour, non c'est le dépassement de soi.
- Speaker #0
La négation.
- Speaker #1
Exactement, un peu de savoir ce qu'on veut et de mettre les moyens pour y arriver. Parce que c'est facile de dire, tout le monde le dit, ah bah j'aimerais bien savoir jouer de la guitare. Vas-y, tu peux, tu peux. Ça va être un rock'n'roll.
- Speaker #0
Christiano Ronaldo c'est un modèle, vraiment.
- Speaker #1
Et pour ça, c'est pour ça que j'aime bien Christiano Ronaldo, c'est uniquement pour... Ce côté-là que je salue.
- Speaker #0
Maintenant, pour parler du choix des comédiens de doublage. Vous avez participé Ausha des voix ?
- Speaker #1
J'ai participé. Il y avait un directeur de casting. Oui, bien sûr. Qui vous montre une palette de personnes. Vous avez donné votre avis sur les choix. J'ai donné mon avis sur les personnages de Luca et Nathan.
- Speaker #0
Oui, ok. Les principaux.
- Speaker #1
Oui, pour moi... J'avais toujours pareil dans un souci de contrôle, je suis un peu un contrôle freak sur les bords, mais je voulais être sûr qu'il y ait une voix qui pour moi je suis en accord avec, parce que comme on le dit, les gamins qui vont regarder la série animée, ils vont avoir cette tête là et puis ils vont avoir ça en tête, et puis après ils vont lire les albums et ils vont toujours avoir cette petite musique en tête, c'est quelque chose de super important. Moi c'est muet, donc les gens se font la musique qu'ils veulent dans leur tête, et là d'un coup on va leur imposer quelque chose. Du coup, c'est une transformation qui peut paraître anodine, mais pour moi, elle est radicale. D'un coup, il y a des voix, il y a du son, il y a plein de choses qui n'existent pas dans la BD. Pour moi, je n'allais pas encore une fois faire le casse-pied et dire que je voulais donner mon avis sur tous les personnages, que je voulais laisser les gens faire leur travail. Mais par contre, Lucas et Nathan, je voulais donner quand même...
- Speaker #0
On peut peut-être appeler le nom des comédiens qui ont été sélectionnés.
- Speaker #2
Oui, bien sûr, c'est Lucas Garzot et Rémi Duton.
- Speaker #0
Donc, Lucas pour Lucas.
- Speaker #2
Lucas pour Lucas, ça s'est bien trouvé.
- Speaker #0
Et vraiment la même orthographe. Non, non, c'est pas la même aventure. Elle est du C.A.S.
- Speaker #2
Et il connaissait aussi, il avait lu les BD quand il était petit. Et Rémi Guthon qui fait Nathan. Et en fait, ce qui est très marrant, c'est qu'ils sont amis dans la vie. Et ils ont un peu ce rôle-là dans la vie. Rémi est un petit peu plus âgé et il coache Luca. Donc, ils se sont bien bien éclatés. Ils continuent dans les sessions. Donc, dans les sessions où l'âge s'éclate et ça continue parce que la série... continue d'être post-produite en ce moment. Donc, on est très contents. On a eu une super directrice de casting, Céline Honté et aussi Valérie Ciclet. Et quand elles nous ont présenté le casting, nous, c'était un peu une évidence. Donc, on a évidemment consulté Bruno, qui avait les mêmes...
- Speaker #0
Vous n'avez pas demandé de choix en particulier. Vous lui avez laissé carte blanche. Absolument,
- Speaker #2
c'est pareil. Elles connaissent et donc elles ont... Elles ont vraiment casté... La seule chose qu'on leur a demandé, c'est que sur les autres personnages, notamment, on cherchait à ce que... Il y a beaucoup de personnages issus de la diversité dans Luca, et on voulait que les voix, ce soit aussi la même chose. Que ce soit des jeunes issus de la diversité, et pas forcément des gens qui ont déjà fait du doublage. Donc, notamment...
- Speaker #0
C'était un peu ça, ma question. Parce que Luca, mine de rien, là, je ne parle pas de l'oeuvre, je parle du comédien, Et... fait partie de ces comédiens un peu, on va dire, star-montant, dans le sens où il démarre un peu sur des rôles principaux. Et c'est vrai que Luca, particulièrement Rémi, je le connais moins, mais il est impressionnant, franchement, il est très très bon. Et je voulais savoir si c'était une volonté de votre part de prendre quelqu'un qui n'avait pas une empreinte trop marquée sur d'autres personnages.
- Speaker #2
Complètement.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, c'est le cas aussi pour Julie, je ne me trompe pas. Mélissa, oui,
- Speaker #2
Mélissa Bérard. Voilà,
- Speaker #0
qui est aussi très connue. mais qui, mine de rien, sonnent neufs.
- Speaker #2
Complètement. En fait, ils sont jeunes, ils ont 15 ans. Donc on dit déjà, essayons d'avoir des jeunes. Alors, ils n'ont pas forcément 15 ans, c'est des jeunes adultes. Essayons d'avoir des jeunes à la vingtaine qui ont cette énergie et qui ne sont pas des voix qu'on a entendues tout le temps. Et donc, c'est pareil pour Mélissa, c'est pareil pour pas mal d'autres comédiens. On a aussi Cépha qui fait Cid. Cépha, c'est un jeune qui vient de la comédie française. On l'a vu dans le film de la comédie française où il joue l'ouvreur. Et c'est son premier doublage. Et il est trop bien. Parce qu'en fait, il y a une certaine...
- Speaker #0
Il joue quelle personne là, je te parle ?
- Speaker #2
Il joue Cid. Qui est un des footballeurs de l'équipe des Faucons. Rémi aussi, c'est Benjamin Coel. C'est la première fois qu'il fait des voix. Et du coup, ça ouvre... Déjà en termes d'oreilles, on n'a pas le sentiment de les avoir entendus dans une autre série qu'on peut voir sur la même chaîne ou sur d'autres chaînes. Et puis... En fait, ils incarnent aussi nos personnages parce que c'est des jeunes qui sont issus de différentes origines, de différents milieux. Et ça permet d'amener du sang neuf dans des métiers où on entend un peu souvent les mêmes voix. Ça, c'était vraiment une demande qu'on avait vis-à-vis de nos directrices de casting qui étaient hyper contentes d'ouvrir aussi à ces jeunes. Parfois, c'est un peu plus de travail parce que c'est un métier aussi d'être acteur de comédien de doublage. C'est pour ça qu'on fait souvent appel aux mêmes parce que c'est tellement de boulot. Il y a tellement de textes à dire en une façon très resserrée que c'est beaucoup plus de travail pour des gens qui n'ont pas l'habitude. Mais on s'est dit, donnons-nous cette possibilité-là pour cette série.
- Speaker #0
OK. C'est quoi vos personnages préférés de l'histoire ?
- Speaker #2
Alors, moi, c'est un personnage sur mon air qui s'appelle Mounia.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #2
Parce que Mounia, c'est un peu la bonne élève. C'est un peu... Elle peut péter des câbles aussi, donc voilà, ça me fait rire. Et c'est un peu la maman du petit groupe. Donc déjà, je suis maman, puis même en tant que productrice, donc femme chef d'entreprise, on est un peu parfois la maman de son équipe. Et aussi, Mounia, elle n'a pas la... C'est une nana, elle est comme elle est, elle est un peu ronde. Voilà, elle n'a pas un body shape de mannequin. et moi ça me plaît aussi de montrer aux... aux jeunes, aux petites filles, aux petits garçons, qu'on n'est pas obligé d'être Ausha en V et que tous les body shapes existent, ils sont tous chouettes. Et c'est pour ça que j'aime bien ce personnage de Mounia.
- Speaker #0
Donc Lucas s'inscrit vraiment dans le temps, dans les codes de la société actuelle.
- Speaker #2
C'est ce qu'on aimerait.
- Speaker #0
Et vous, je vais plutôt parler de chouchous, on va dire, parce que vous, c'est tous vos... Mais est-ce qu'il y a un petit chouchou caché ?
- Speaker #1
Non, je n'ai pas de chouchou caché.
- Speaker #0
Ok. Alors franchement, mais... Pas de choix.
- Speaker #1
Ouais. Non mais oui, c'est mes personnages, je les aime, et j'aime même mes méchants, j'aime mes personnages.
- Speaker #0
Comment ça s'est fait le choix de Gwendal Marimuthu pour le générique ? Luca,
- Speaker #2
faut pas lâcher maintenant Gwendal, moi je l'avais rencontré en tant que productrice sur d'autres séries donc il avait interprété un générique sur une série sur laquelle j'ai travaillé en tant que consultant qui était Arthur et les Minimoys donc il avait chanté ce générique là donc je connaissais, et puis je connaissais aussi du Roi Lion je connaissais tout ce qu'il a fait dans The Voice etc Je travaille avec les équipes musiques de TF1, une musique, et aussi avec des compositeurs qui sont... C'est la première fois aussi qu'ils composent pour une série. Ils ont composé beaucoup de choses, et notamment il y a un des co-compositeurs qui vient de composer des titres pour Céline Dion, pour Grand Corps Malade. Trop bien ! Voilà, c'est des gens qui sont vraiment très connus dans le métier, mais qui n'avaient pas encore fait de composition pour une série animée. Et donc j'aurais dit, bon, tu vois qui pour... Vous voyez qui pour interpréter les génériques ? Je pose la question aussi à une musique. Et puis on a pensé à Gwendal, parce que Gwendal déjà il a une voix extraordinaire, il a une énergie extraordinaire, il est proche des enfants en effet, parce qu'il a animé des émissions sur Gulli, et également c'est un artiste complet. Donc comédie musicale, il chante, il danse. Il a aussi été sur des séries pour TF1, donc tout pour la lumière, il a joué dans... des séries pour TF1, et donc on lui a proposé, et il était très enthousiaste, et c'est ça qui nous a plu également, c'est la qualité de sa voix, et puis cet enthousiasme, cette jeunesse, il a trouvé ça top, et on s'est dit bon coup, on y va.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des points que je n'ai pas abordés qui peuvent vous sembler importants ?
- Speaker #2
Peut-être que ce qui peut être important, c'est la place des filles, parce que c'est vrai qu'on a parlé de Mia, Julie, il y a d'autres personnages. Et qu'il y a aussi une équipe de foot féminin, même si elle n'intervient pas forcément dans tous les épisodes, mais que c'est important parce que je pense que le foot féminin, ça fait partie des sports qui montent. Et Lucas, ce n'est pas que du foot pour les garçons, c'est aussi une ouverture du foot pour les filles.
- Speaker #0
C'est vrai que Lucas, en plus, c'est un personnage lui-même, pas sur des codes masculins.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #0
Comme à l'ancienne.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #0
bien qu'il soit attiré par les codes masculins sous certains aspects comme tout garçon, mais qui a ses failles et qui le rende tout à fait...
- Speaker #2
Sensible.
- Speaker #0
Oui, sensible. Je ne veux pas dire féminin, parce que ce n'est pas quelque chose de féminin. Non, non, non, c'est justement sensible. C'est vrai que c'est connoté féminin, mais qui le rend moins masculin dans l'idée qu'on peut s'en faire.
- Speaker #2
Ou un macho peut-être, on peut dire.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et d'ailleurs, c'est vrai... Est-ce que, alors ça, je n'ai pas su dire, est-ce qu'il y a une différence entre l'approche dessin animé et l'approche BD ? Et si oui, enfin si non, si c'est le même type de personnalité, est-ce que c'était voulu ou non ?
- Speaker #1
Non, je pense que la personnalité est la même. Vraiment, Luca a toujours été profondément humain. On est loin de l'archétype du héros. C'est plutôt d'ailleurs l'inverse. C'est-à-dire que le héros de l'histoire, c'est plutôt le... Ça va être le sidekick, celui qui est normalement le p'tit rigolo. Et le héros, c'est plutôt Nathan. Dans le monde, on va dire, dans une histoire normale, ça aurait été Nathan, le héros. Et Lucas, son acolyte, son acolyte rigolo et loufoque. Et là, c'est un peu, c'est une inversion, justement, des rôles. Je mets en avant un peu plus, pour moi, le personnage qui est plus normal. C'est-à-dire qu'on a tous des doutes, surtout à l'adolescence, mais même en tant qu'adulte. Moi, je suis toujours percu de doutes. Des fois, je me pose la question, c'est quand est-ce qu'on devient adulte ? Même à mon âge. C'est toujours parce qu'on a l'image d'enfant, parce que c'est un adulte. Pour moi, mes parents, ils savaient tout sur tout, ils n'avaient aucun doute, aucune faille, c'était nickel. Je suis dit « Yes, alors ? »
- Speaker #2
Tu es adulte, ça y est.
- Speaker #1
Je ne suis toujours pas là. Je n'ai pas atteint ce niveau de perfection dans tout. Donc non, c'est cette quête-là, ces doutes-là, qui habitent les jeunes et même les moins jeunes. Je trouve que c'est plus réaliste et vecteur du monde.
- Speaker #0
aussi. D'ailleurs, est-ce que il y a... C'est une question forcément, oui, ou la réponse est oui, mais à quel niveau en fait, il y a de ta vie dans le cas ? Et où est-ce que tu t'identifies le plus, même si ça doit être un peu de toi partout ?
- Speaker #1
Alors, il y a de ma vie, non, pas vraiment. Encore une fois, c'est des sensations, des sentiments. Tu n'as pas représenté une personne dans un personnage ? Non, pas vraiment. On va dire que c'est plutôt... Cette chose était un peu... une discussion entre le moi adolescent qui est Lucas et le moi adulte qui est Nathan. C'est un peu une discussion interne, en fait, que je me fais. Un peu schizophrénique comme truc. Mais voilà, Nathan a plus d'expérience, il est plus posé, il a quand même des doutes, tout ça, et il va aider ce Lucas qui est vraiment, dans son adolescence, à fond, les deux pieds dedans. Et c'est un peu une discussion, c'est un peu deux facettes, un peu deux moments de ma vie, on va dire.
- Speaker #0
Et est-ce que le fait que dans la BD, Julie ait moins de place que dans le dessin animé, ça vient du fait que peut-être, étant un garçon toi-même, C'est plus compliqué de construire un personnage féminin avec les armes que tu as. Est-ce que c'est totalement inconscient ? Est-ce que ce n'est pas volontaire ?
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est délicat. Je pense vraiment qu'on pourrait être capable d'écrire un personnage féminin. Je ne vois pas trop le problème là-dessus. Effectivement, par contre, quand j'ai commencé Luca, je me suis mis dans la... On ne l'a jamais, Luca, et c'est le seul personnage qui est complètement transparent pour le lecteur. On le suit, il dit toujours ce qu'il fait, il n'a aucun secret pour le lecteur, ce qui n'est pas le cas des autres personnages. Donc je suis toujours dans ce prisme-là, qui est le prisme de Lucas. Et du coup, j'ai choisi cet axe-là, peut-être par légitimité un petit peu, c'est vrai que je ne me sens plus... En tout cas, je me sens 100% à l'aise, évidemment, à parler de Lucas, parce que comme je vous l'ai dit, c'est un peu moi, mes sensations, en tout cas, passées et présentes aussi. Et du coup, je me sens très à l'aise. Effectivement, peut-être qu'on se pose plus de questions quand on écrit. Surtout en ce moment, c'est un sujet et on marche un peu sur des oeufs des fois. Donc des fois, de l'ignorer, de dire je ne vais pas passer par ce prisme-là, c'est aussi plus simple, je dois l'admettre.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas forcément ce que tu as voulu faire. Non, pas du tout. Non, parce que je me pose la question, mais quand je regarde des œuvres et que je vois que des filles sont bien construites et faites par des hommes, je me demande toujours comment ils font. Parce que bien que ce soit très bien et très cool, il faut quand même bien connaître. de l'autre côté pour pouvoir faire le sexe opposé quand on écrit en fait. C'est ce que disait Flaubert.
- Speaker #2
Flaubert, il disait « Madame Bovary, c'est moi » . Et Flaubert, c'est Flaubert. En plus, c'était quand même à une autre époque. Donc moi, je suis toujours un peu aussi étonnée qu'on dise « t'es un garçon, tu vas écrire pour les garçons, t'es une fille, t'écris pour les filles » . Je trouve ça hyper réducteur parce qu'on a un truc qui s'appelle le cerveau, qui est génial, et le cerveau, il permet d'imaginer des trucs. Donc le cerveau de Bruno, il fonctionne très bien pour imaginer. Une fille, il y a des filles comme Chloé, dont on n'a pas trop parlé. Chloé, c'est la copine de Julie et elle voit un peu Claire en Lucas parce que personne ne sait qu'il a un copain fantôme. Chloé, elle est géniale, moi j'adore parce qu'elle est hyper drôle, elle est explosive et on peut aussi bien se reconnaître en Chloé qu'en Julie, qu'en Lucas, quand on est une fille lectrice ou un garçon lecteur. C'est ça d'ailleurs, c'est important parce que Lucas, c'est... C'est pas que pour les garçons la BD, le dessin animé, il est pas que pour les garçons, c'est des BD mixtes, sinon ça marcherait pas comme ça, et c'est une série mixte. Donc je pense qu'on est une fille, on peut aimer Lucas, on est un garçon, on peut aimer lire les Sisters, j'espère, sinon c'est triste.
- Speaker #0
Ça marche suffisamment pour qu'on se rende compte que...
- Speaker #2
Voilà, c'est ça. Voilà, c'est général. On se projette, en fait ce qui est chouette c'est de se projeter dans un personnage qui est bien construit.
- Speaker #0
Les filles de Dan.
- Speaker #2
Voilà, que ce soit... Même un papa, comme Dave. Donc, du moment qu'il est bien construit, qu'il est drôle. Moi, j'adore Ted Lasso. Je regarde Ted Lasso. Parce que Ted Lasso, c'est un homme, mais il est hyper sensible. Ça m'a pas mal inspirée pour la série Lucas parce que c'est quelqu'un... C'est un peu un producteur, son boulot. C'est aussi believe, motiver les gens et tout. Donc, c'est ces valeurs-là de sensibilité, d'humanité qui sont importantes dans les personnages. Que ce soit un garçon ou une fille... sauf si c'est un super héros ou on est dans Game of Thrones, il faut que ce soit un chevalier. Et encore, dans Game of Thrones, tu as une personne de chevalier féminin qui est géniale. Mais c'est d'abord... C'est l'extra. C'est quoi les valeurs du personnage ? Quelles sont ses motivations ? Et qu'on soit scénariste homme ou femme, producteur homme ou femme, auteur homme ou femme, je pense que ce cerveau est une magnifique machine pour nous aider à imaginer ce qu'on n'est pas.
- Speaker #0
Combien il y a d'épisodes au total dans cette saison ?
- Speaker #2
Il y en a 26, de 22 minutes.
- Speaker #0
Est-ce que vous imaginez la possibilité d'une deuxième saison en fonction de la réussite ? Ah non,
- Speaker #2
non, nous notre boulot c'est de continuer, sinon ça arrête très vite. Non, évidemment, on imagine la suite. Comme on vous l'a expliqué, on est au début des albums. Donc c'est l'équipe des Faucons, ils sont au lycée, etc. Déjà, assez vite, ils deviennent un peu plus, un peu meilleurs, ils deviennent les Phénix. Donc déjà, il y a des choses intéressantes à raconter. Et puis, il y a encore même des choses dans ce... Vous voyez, je ne vais pas révéler des trucs, mais il va se passer des choses à la fin de la saison 1 qui peuvent ouvrir. Sur une suite, il y a aussi une chose importante dans la série, c'est qu'on a planté des petites graines. Pour ceux qui aiment la BD, bien sûr, ils vont retrouver plein de choses. Ils vont retrouver ces petites graines et dire « Ah oui, on fait référence à tel personnage qui est dans telle BD » . Donc on a planté des choses. On n'a pas forcément voulu les développer là, parce que c'était l'idée de développer des choses dans une saison 2 et puis dans une saison 3. D'accord.
- Speaker #0
Donc c'est… Ok. Vous laissez la place.
- Speaker #2
Ah oui, tout à fait. Non seulement on laisse la place, mais...
- Speaker #0
C'est ce qu'on veut.
- Speaker #2
Ah ben oui.
- Speaker #0
Alors oui, quand est-ce que ça sort sur les chaînes et c'est quoi les créneaux de diffusion pour retrouver Lucas ?
- Speaker #2
Alors, c'est le 18 octobre sur TF1 à 9h05.
- Speaker #0
Dimanche.
- Speaker #2
Ce sera le dimanche, donc ce sera les dimanches, tous les dimanches. Et ensuite, on a aussi d'autres chaînes qui vont commencer à diffuser. Luca, donc on a eu la RTBF qui a commencé le 20 septembre, on a la RTS qui est là, je pense que vous êtes suivis en Suisse aussi, donc ils commenceront le 24 octobre, et puis après ça va se déployer dans le monde entier. Donc on est en train d'aller, là il y a le MIPCOM qui a lieu, qui commence la semaine prochaine, avec un distributeur international qui va mettre Luca vraiment sur tous les écrans du monde. Donc c'est l'idée que Lucas, qui est une BD, on va dire... commencent en France finissent en série animée et aussi en BD, puisqu'il y a eu d'autres sections.
- Speaker #0
Ça se vend un peu à l'étranger ?
- Speaker #2
En dehors de l'Europe,
- Speaker #1
j'entends. En dehors de l'Europe, très peu. Oui,
- Speaker #0
parce que je sais que la France, la Belgique et l'Espagne France, Belgique, il y a d'autres. Oui,
- Speaker #1
on a dépassé les 2 millions.
- Speaker #0
Eh bien, très bien. J'ai une dernière question conclusive, mais c'est possible que vous n'ayez pas de quoi répondre, mais je la pose parce que j'ai envie de faire ça maintenant. Est-ce qu'il y a un souvenir d'enfance ? Que vous avez oublié ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu'il y a un dessin animé ? Quelque chose que vous avez vu passer dans votre enfance, vous n'avez jamais remis la main dessus ?
- Speaker #2
Ah !
- Speaker #0
On va essayer de...
- Speaker #1
Parce que j'allais dire un souvenir oublié, je n'en ai plein. Oh, c'est grave ! Mais je les ai oubliés,
- Speaker #0
quoi ! Un souvenir dont on a les bribes, mais on ne sait plus.
- Speaker #2
Moi, j'ai pensé à un truc, parce que j'avais eu la question. Moi, je suis aussi génération pif.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Et il y avait la main de pif. Ça vous dit quelque chose ou pas, la main de pif ? Non,
- Speaker #0
mais je peux me renseigner.
- Speaker #2
Ok, la main de pif, c'était une main jaune, et dessus, il y avait marqué les enfants du monde, etc. Et c'est ce qui a inspiré Touche pas à mon pote.
- Speaker #0
À mon pote ?
- Speaker #2
Oui, Touche pas à mon pote.
- Speaker #0
C'est quoi ça ? Ah c'est...
- Speaker #2
SOS Racisme. Vous voyez ce que c'est SOS Racisme ?
- Speaker #0
Bah oui !
- Speaker #2
C'était une main, Touche pas à mon pote. Main jaune et Touche pas à mon pote.
- Speaker #0
Vous me faites savoir que là, du coup, Touche pas à mon pote, c'est peut-être un jeu de mots avec ça en fait. Avec Touche pas à mon pote.
- Speaker #2
Alors, Touche pas à mon pote. poste, c'est un jeu de mots, il ne touche pas à mon pote.
- Speaker #0
Qui vient de ce que vous dites là ? Oui,
- Speaker #2
c'est là où je me prends une sorte de mur. Évidemment, avant,
- Speaker #0
il ne touche pas à mon poste.
- Speaker #2
C'est un jeu de mots, il ne touche pas à mon pote qui était SOS raciste, Marlène Désir. C'était des choses très importantes à mon époque qu'on a tendance à oublier aujourd'hui. C'était un peu un symbole. qui venait d'une BD de pif et qui est devenue ensuite par le biais de toute une récupération politique positive un symbole antiracisme et voilà je pense que c'est des choses aujourd'hui par rapport à ce qu'on voit c'est important qu'on se redise que la BD, le dessin animé ça peut influencer ça peut changer des visions du monde ça peut amener des gens à se poser les bonnes questions et inspiré des générations donc après je pense que c'est des choses on se dit on fait des petits Mickey mais aussi bien votre boulot qui rappelle des souvenirs que ce qu'on fait, ce que fait Bruno ce qu'on fait nous dans le décennie ou ce qui existe dans la BD c'est des petites graines qu'on a envie de mettre dans la tête des enfants et des jeunes pour que plus tard ils se disent ah je me souviens de ça Ah, il y avait... Il y avait tel personnage que j'ai vu dans une BD et ça m'a inspiré. Lucas, ça m'a inspiré. Je vais faire gaffe au niveau de mes copains, au niveau de mon équipe. Le fair-play, c'est important.
- Speaker #0
Et puis même inconsciemment au film.
- Speaker #2
Inconsciemment. La façon dont Lucas se comporte. Il fait des tas de trucs qui ne sont pas cool. Il peut mentir et tout, comme tout le monde. Mais c'est un bon garçon. C'est-à-dire qu'il a des valeurs et il ne va jamais lâcher son équipe. Il va faire des choses pour les autres. Je pense qu'on fait des métiers, mine de rien, quand on touche à l'imaginaire des enfants, on fait des métiers où on a beaucoup de responsabilités. Donc ça me rappelait ça, la main de pif, dans notre vie aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour tout ce temps-là. J'espère que vous allez regarder le dessin animé qui sort dimanche. Qu'importe votre âge, parce que je pense que ça a des valeurs qui touchent à tout le monde. et puis, bon, moi, je suis... pas un bon exemple parce que je suis un enfant de 30 ans en fait, mais quand je regarde, je me dis que ça peut plaire vraiment même au-delà des enfants. Donc voilà, soyez devant TFOU Dimanche et devant la BD Vendredi. C'est ça. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci Cyril.