- Speaker #0
Tu t'es senti à un moment donné prisonnier de ta propre voix ?
- Speaker #1
Prisonnier oui et non, mais il y a des moments où tu te dis en fait est-ce que ça reflète vraiment ce que j'ai envie de faire au quotidien ? Est-ce que je capitalise bien sur ma zone d'énergie ? Est-ce que la direction dans laquelle je me prends est 100% alignée avec ce que je veux faire ? Il y a une phrase de Naval Ravikant qui est sortie à un moment qui disait en fait l'intelligence elle se mesure à réussir à atteindre tes objectifs. C'est juste simple.
- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui, je suis ravie d'accueillir quelqu'un qui fait partie de ces entrepreneurs qu'on adore suivre, autant pour leur vision que pour leur humilité. Nicolas Finet, cofondateur de Sortlist et actuellement CEO. Sortlist, c'est une scale-up belge qui a complètement transformé La façon dont les entreprises trouvent leurs agences et leurs partenaires marketing. Et derrière cette aventure, il y a un entrepreneur qui parle vrai. Sur LinkedIn, Nicolas partage sans filtre les coulisses du scaling, les doutes, les décisions difficiles, mais aussi l'humour qui fait du bien dans un monde où parfois on se prend un petit peu trop au sérieux. On va parler entrepreneuriat, culture, leadership, productivité, bref le vrai terrain. Nicolas, merci d'être là.
- Speaker #1
Merci Stéphanie.
- Speaker #0
Écoute, avec grand plaisir. On va commencer par le début. Sortlist, quelle est l'histoire derrière le projet ?
- Speaker #1
C'est une vaste question. L'histoire derrière le projet, c'est qu'on a commencé à sortir des études. Tendance à dire qu'on est des street entrepreneurs. Je crois qu'il y a différents moyens d'entreprendre. D'abord, il y en a qui vont dans le corporate, qui sont bien formés, et qui se disent « Ok, maintenant que je suis bien formé, je peux faire le grand saut » . Et puis il y a les street entrepreneurs qui commencent dans la street avec des clients en face, qui viennent tester une offre, qui viennent tester un service et qui se prennent des coups du brutal. Nous on a été dans le brutal direct, on a sorti des études et on s'est rendu compte qu'en fait il y avait un gros problème sur le marché, c'était le digital arrivait, les entreprises devaient s'adapter et on voyait plein de boîtes qui étaient super bon dans leur domaine, dans le service, le produit qu'elles offraient, mais qui se retrouvaient confrontées à un marché qui était global avec la compète qui venait un peu de partout. et qui était perdu. Bon tu le sais toi, quand tu es perdu dans un monde digital, tu as besoin de trouver les bonnes personnes, donc tu dois recruter. Mais il y a un autre moyen, c'est de bien s'entourer avec des boîtes de services. Et donc c'est vers ça qu'on a été, donc on a commencé à le faire nous-mêmes, faire du matchmaking, de dire ok, on faisait des diagnostics dans les boîtes, tu as un problème en acquisition, on a une bonne boîte derrière, on va faire le matchmaking. Puis on s'est rendu compte qu'en fait c'était cool de le faire en mode artisanal, mais qu'on avait une passion pour la tech, et puis on a commencé à développer une plateforme qui... Elle est partie d'une chambre d'étudiants, après des bureaux un peu partout, maintenant on est dans une centaine de pays. Et là, on a vécu des hauts, des bas, des levées de fonds, des grosses phases de recrutement, des phases où on a downsizé, des phases de rachat de boîtes. On a racheté une troisième boîte il y a deux semaines, donc c'est une aventure multifacette. En fonction de ce qui t'intéresse, on peut rebondir sur les sujets.
- Speaker #0
Alors, on est en quelle année pour la création ?
- Speaker #1
2014.
- Speaker #0
Ok. Si ta première année devait ressembler à une scène de film, ce serait quoi comme scène de film ?
- Speaker #1
Oui, c'est chaotique. Je ne sais pas quel film. Je peux t'expliquer une scène et peut-être que tu penseras à des films. Mais en fait, c'était une période de travail non-stop, une hygiène de vie qui n'était pas dingue parce qu'on était dans le taf de A à Z. Pas de femme, pas d'enfant, pas de mortgage. Comme on dit, on ne se payait rien. Donc en fait, moi, j'étais dans une coloc. où j'avais loué, c'était même pas une chambre, c'était genre un espèce de débarras quoi, et je louais le moins possible et je faisais que bosser quoi, et je sortais avec des, j'ai fait Solvay et au moment où je sortais le week-end, c'était avec mes potes qui gagnaient bien leur vie, moi j'étais en mode j'avais pas d'argent etc, et donc je revenais à chaque fois dans cette chambre là, je bossais, je bossais, je traînais sur des forums un peu shady parce que ce qu'on s'était rendu compte c'est que pour attirer des clients il fallait faire du SEO, parce que c'était un truc dans notre plateforme. Et je passais mes nuits à geeker, mes matins à geeker dans cette fameuse chambre. Et ça, ça a duré quand même un an ou deux avant qu'on puisse, je crois que ça a mis un an ou deux, avant qu'on puisse commencer à se payer 700 euros, 800 euros, ce qui nous permettait juste de survivre. Et puis après, on a commencé à avoir des premiers clients qui nous ont payés. Et step by step, on a commencé à sortir un peu de ce... avoir une vie plus ou moins normale. Mais c'était ça, en fait, c'était vraiment... Ça pourrait faire Harry Potter un peu, tu vois, dans la petite cloison. On pourrait dire ça, oui.
- Speaker #0
Tu as connu un petit peu, on va dire, toutes les étapes du scaling. Voilà, les galères, les pivots, l'excitation, l'enthousiasme, la peur. Enfin, on est passé un peu par toutes les phases. Qu'est-ce qu'on ne dit pas assez sur le scaling, d'après toi ? Bon, moi, je vois plein de postes LinkedIn en ce moment, sur comment faire 100 000 euros en 3 jours, tu vois. Ah oui,
- Speaker #1
les boîtes qui sont passées à 10 millions en 18 mois.
- Speaker #0
Très connues.
- Speaker #1
Je pense qu'en fait, il y a une version romantique, romancée du scaling, c'est genre la panacée, c'est trop bien. Et tu vois les romans, comme tu vois sur LinkedIn tout le temps. Bien sûr. Le truc, c'est que, je pense qu'il y a un truc qui est toujours clair, c'est que... ceux qui font pas de scaling ont envie de scaling et ceux qui font du scaling ont envie de bootstrap ce que je veux dire par là c'est que t'es jamais content avec ce que t'as et l'herbe est toujours plus verte ailleurs, moi il y a des moments dans le scaling où même on est une phase d'accélération de malade, où tu commences à regarder les boîtes bootstrap et tu te dis putain c'est pas mal en fait, beaucoup de liberté il y a moins d'actionnaires, moins de reporting et à l'inverse quoi, je pense que ce qu'on dit pas c'est qu'il faut faire attention à la version romancée, de toute façon c'est difficile peu importe le chemin qu'on... qu'on choisit dans le bootstrap, dans le scaling. Ce qu'on ne dit pas assez, c'est qu'on mange du sable. C'est difficile tous les jours. Mais je pense qu'en fait, peu importe le chemin, on mange du sable quoi qu'il arrive.
- Speaker #0
En bootstrap, il n'est pas beaucoup plus facile.
- Speaker #1
Je pense que clairement.
- Speaker #0
On peut débattre. J'ai lu quelque part que tu as dit « Scaler, c'est apprendre à renoncer » . Tu as appris à renoncer à quoi exactement ?
- Speaker #1
En fait, le truc, c'est que je renonce à beaucoup de choses. Parce que j'ai un ADN d'entrepreneur de base et mon cerveau, il fuse. J'ai des idées, des trucs, je me réveille le matin. Maintenant, j'ai une règle. Et je pense, évidemment, je ne suis pas le seul là-dedans. Toi, tu dois l'avoir aussi. Et donc, avant de renoncer, disons que j'ai mis un premier filtre, un buffer. Avant de renoncer, disons que j'ai une idée. J'ai un premier filtre qui est, je canalise, j'ai un espèce de backlog de ce que j'ai en tête. j'ai appris à... dans un premier temps me canaliser 24, 48 heures, peut-être un peu plus longtemps avant d'externaliser l'idée, le prochain projet, etc. Ça c'est un premier filtre et après j'apprends à écouter de ce qui est bon, de ce qui n'est pas bon. Mais je pense que j'ai appris avec les années à beaucoup plus dire non et de trouver beaucoup plus de valeur dans la simplicité, le fait de retourner à l'essentiel, de trim, de vraiment retirer tout ce qui n'est pas bon. Mais en fait constamment le choix c'est de dire non, spécialement depuis que je suis passé CEO il y a 7 mois. En fait je me retrouve que avec les décisions au bout de la chaîne qui sont par définition merdiques, où il n'y a pas un oui ou un non, où tu dois renoncer beaucoup pour la plupart des décisions. Et je pense que c'est un muscle à travailler le non, tu dois le voir souvent.
- Speaker #0
Effectivement, c'est un muscle.
- Speaker #1
C'est un muscle qui fait mal à travailler.
- Speaker #0
On apprend avec les années, mais ça reste toujours compliqué. Si tu compares le Nicolas de 2014 et le Nicolas d'aujourd'hui, qu'est-ce qui a changé ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a beaucoup d'expériences dans plein d'échecs, plein de choses qui n'ont pas bien fonctionné. Mais je pense dans la dalle. Le fait d'avoir faim dans l'ambition. Donc,
- Speaker #0
tu as plus faim aujourd'hui ou il y a dix ans ?
- Speaker #1
En fait, je me pose la question. En tout cas, je pense que j'ai un niveau d'ambition, un niveau de faim qui est aussi fort, qui se matérialise maintenant, qui est couplé avec beaucoup plus d'expérience, beaucoup plus d'erreurs et qui me permet de bien canaliser cette faim.
- Speaker #0
Le futur du recrutement, c'est Wigley. Vous en avez sûrement entendu parler, le monde du recrutement change vite. Avec Wigley, l'idée n'est pas de remplacer les recruteurs, mais de l'aider à aller plus loin. C'est une plateforme qui combine AI et intelligence humaine pour trouver les bons talents plus vite et plus juste. Franchement, si vous recrutez sans Wigli, vous ratez une longueur d'avance.
- Speaker #1
Mais par contre, sur ce niveau d'ambition, ce niveau de fin, ça n'a pas été une ligne stable ou une ligne qui va vers le haut. Je ne saurais pas dire si je suis plus haut. J'ai l'impression que je suis plus haut. Mais clairement, si tu prends les 10 ans, il y a eu des phases un peu plus d'âme en termes d'ambition, en termes de fin, de conquête, etc. Et c'est notamment ce qui s'est passé au plus d'un an où en fait après dix ans de boîte tu dis est-ce que j'ai encore la dalle, est-ce que j'ai encore l'ambition de passer de l'étape à laquelle on est, qui est au moins de 10 millions, à se dire ok est-ce que j'ai encore la dalle dans ce cadre-ci de boîte d'arriver à 50, 100 etc. Et là c'est des questionnements que tu te poses en continu et ça fait partie d'aligner l'ambition avec le cadre dans lequel... et la particularité quand t'es entrepreneur, c'est qu'a priori, à priori, t'es plus ou moins dans le contrôle de quel cadre tu te mets et qu'est-ce que t'as envie de faire, mais c'est pas toujours le cas. Parfois t'es prisonnier de ta propre boîte, et ça c'est un truc que je voulais éviter.
- Speaker #0
Tu t'es senti à un moment donné prisonnier de ta propre boîte ?
- Speaker #1
Oui, en fait, je pense, prisonnier oui et non, mais il y a des moments où tu te dis, en fait, est-ce que ça reflète vraiment ce que j'ai envie de faire au quotidien ? Est-ce que je capitalise bien sur ma zone d'énergie ? Est-ce que la direction qu'on prend, est-ce qu'elle est 100% alignée avec ce que je veux faire ? Et il y a un truc, il y a plein de... de phrases que tu vois passer à Ausha droite sur LinkedIn, etc. Il y a une phrase de Naval Ravikant qui est sortie à un moment, qui disait en fait l'intelligence, elle se mesure à réussir à atteindre tes objectifs. Et c'est juste simple. Et je pense que cette phrase-là m'a fait réaliser que pour atteindre tes objectifs, dans un premier temps, il faut comprendre quels sont les objectifs que tu te mets personnellement. Et je trouve qu'autant c'est très clair dans une boîte de se dire mon objectif, il est d'atteindre ce chiffre d'affaires-là, il est d'arriver à... Closer ce client-là, développer ce type de produit. Autant je pense que dans l'entrepreneuriat, de manière générale, et c'est valable pour n'importe quel individu, les objectifs personnels dans son développement de qu'est-ce qu'on veut, au niveau pro, au niveau perso, au niveau de ce qui nous anime, on se perd souvent en cours de route. Et moi, c'était mon cas de me dire, en fait, attends, je me suis laissé emporter par cette croissance, par ces défis, etc. Et puis, en fait, à un moment, tu look back et tu te dis, mais est-ce que ça me convient ? Est-ce que je suis la bonne personne ? Et en fait, je trouve... Les journées, elles passent rapidement, t'as l'impression, mais en fait, t'es vite à 10 ans. Et les années, elles passent lentement. Et on ne fait jamais ce look back un peu. Par contre, dans ton business, tu vas faire tes rapports trimestriels, rapports annuels, etc. Mais sur ta vie perso, tu ne le fais pas souvent. Et nous, l'étape des 10 ans, c'est un moment où tu te dis, en fait, c'est une étape à marquer. Est-ce que ça me convient toujours bien, etc. Et là, depuis qu'il y a eu ce changement, mon niveau, ma dalle et mon ambition, elle est revenue dans un truc assez intense.
- Speaker #0
mais donc attends parce que alors L'évolution de ton rôle au sein de Sortlist, tu as eu quoi comme type de fonction avant d'être CEO ?
- Speaker #1
En fait, dès le début, tu fais un peu tout. Tu fais tout ce qu'il faut.
- Speaker #0
Tu es au four et au moulin.
- Speaker #1
Surtout ce que les autres ne veulent pas faire. Exact. Moi, ce qui a marqué pas mal le parcours, c'est que mon rôle dans l'entreprise a beaucoup évolué. Il a toujours été lié à ce qui m'animait, ce qui était la croissance. Du coup, l'international, développer l'international, faire monter le chiffre d'affaires là-bas, attirer plus de clients, etc. On peut dans une grande phase, mais à un moment donné, c'est clair que quand tu as des investisseurs externes qui mettent beaucoup d'argent, quand tu commences à arriver à une centaine d'employés, là, tu as besoin d'une structure et chacun reste, tu deviens de plus en plus dans ton couloir, tu as l'indo et en fait, ça commence à être problématique pour l'orgue, que tu commences à être un peu plus transversal, etc. Donc là, en fait... Au début tu fais un peu de tout, je me rappelle les premières expansions c'était le billet de Thalys, dormir dans des vieux AirBnB, aller closer 15 clients sur la journée, revenir dormir quelques heures puis repartir etc. Puis ça s'est un peu plus rythmé où je suis plus resté dans ma ligne, je gérais vraiment le marketing et la croissance quoi. Et puis le changement de rôle, ça s'est passé il y a 7 mois et c'était une vision un peu plus transversale où j'ai repris un peu plus... plus la strat de manière générale, c'est dans quelle industrie on veut s'inscrire, dans quel paysage, quel type de boîte, dans quel milieu compétitif on veut s'inscrire. Ce qui est totalement différent parce que là, en fait, mon rôle, il est de définir quelle vague on va surfer. Et là, avant, je devais surfer une vague qui avait été définie dans la strat. Et moi, je reste assez convaincu que les boîtes qui cartonnent, la vague que tu vas surfer, elle est aussi et même plus importante que... pour niveau de surf. Et souvent, les gens, ils surfent à du 8 sur 10, mais sur une vague à du 3 sur 10. Alors qu'en fait, ils devraient se mettre sur une vague à 8 sur 10 et exécuter à du 2 et ils seraient beaucoup plus loin.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est vrai. Décision facile, difficile d'autonomer comme CEO avec tes associés ou vraiment ultra naturelle ?
- Speaker #1
Non, c'est un parcours de nouveau, c'est un parcours humain, donc avec toutes ses facettes. On a commencé les discussions, je pense que c'est ultra sain en tant que nous, on est quatre fondateurs, d'avoir des points réguliers. Je pense qu'en fait, quand on a créé la boîte il y a dix ans, on était différents en tant que personnes, en tant qu'on ne savait pas nos zones de génie, on ne savait pas ce qui nous animait. On avait un parcours de vie qui était très similaire parce qu'on sortait des études et d'attites. Après, tu commences à avoir des enfants, tu commences à avoir d'autres décisions. On a toujours eu des moments où on faisait un... Founders thing, on faisait le point de dire ok est-ce qu'on est encore aligné, qu'est-ce qui nous anime ? Et là l'étape des 10 ans c'est de dire ok comment est-ce qu'on en est ? C'est pas toujours facile mais je pense en fait de nouveau il n'y a rien de facile, c'est un peu tu vois glander dans ton canap' c'est pas facile parce qu'après t'as des maladies. C'est jamais facile. Aller à la salle de sport c'est pas facile non plus donc il y a ces conversations là je pense avec... l'une ou l'autre sensibilité. Moi, je ne partais pas dans ces conversations-là en mode « je veux avoir ces conversations-là pour devenir CEO de la boîte » . Ce qui m'anime n'est pas forcément le rôle, et je suis tout à fait OK avec le fait de me dire « maintenant, dans six mois, dans un an, dans deux ans, je ne suis plus la bonne personne pour la boîte » . Je suis totalement OK par rapport à ça. Ce qui m'anime beaucoup plus, c'est avoir un alignement avec quelles sont mes forces et quelles sont les étapes de la boîte, mais je suis totalement OK de me dire en fait… Dans six mois, dans un an, dans dix ans, il faudra quelqu'un d'autre. Et je pense que de nouveau, ça revient avec ce qu'on a besoin, quels sont nos objectifs personnels. Mais ce n'était pas une étape facile, parce que l'air de rien, ça touche un peu à un changement de rôle, un changement de routine. C'est un processus de transformation. Et en fait, quand il y a une transformation, il y a une réaction qui n'est pas... Ça crée de la friction. Mais ça s'est passé naturellement. On est encore quatre dans la boîte. On a fait cette étape-là.
- Speaker #0
Et comment a réagi l'ensemble des équipes ? Ça a été une surprise ? Ou alors ils s'y attendaient quand même ?
- Speaker #1
Non, pas vraiment de surprise. Au moment de l'annonce, il y a un questionnement parce que nouveau CEO, c'est une nouvelle stratégie, c'est une nouvelle organisation, c'est des changements qui arrivent. Je pense que ce qui a été compliqué, c'est qu'au moment de la prise de fonction, Tu as une première étape de retourner au marché. Je n'ai jamais été vraiment éloigné du marché, mais tu retournes au marché en allant voir des clients, tu retournes au marché en allant regarder l'environnement compétitif, donc d'autres boîtes, etc. Et tu ne sors pas un document stratégique ou une stratégie de boîte en deux semaines. Donc il y a une espèce de battement, et c'est ça le plus compliqué je pense pour les équipes, de se dire qu'il y a une décision qui est actée, et en fait la strat va arriver, il y a eu tout un exercice stratégique, donc dans une timeline, et tu as un battement de deux mois. Et en fait les équipes en attendant les deux mois continuent business as usual en sachant qu'il y a quelque chose qui va arriver. Et là c'était le plus compliqué. Par contre le rôle à proprement parler je pense qu'il y avait de la confiance, le fait que les gens ils sentent un peu tes forces, tes faiblesses, ça avait l'air assez naturel pour eux, ils l'ont compris. Mais par contre l'inconfort avant la strat et qu'on la déploie, c'était un passage un peu touchy de dire ok mais à quoi va ressembler la boîte ? Quelle direction va prendre la boîte ? Est-ce que pour tous les... tous les collaborateurs, de se dire est-ce que je vais me retrouver dans ce projet-là, parce que c'est un truc qui va me driver pour les prochaines années. Là, il y a un inconfort quand même dans l'organisation. Et l'air de rien, tu vois, on m'a toujours dit, tu vas changer de rôle, pour toi ça ne va rien changer. Pour moi, ça ne change rien fondamentalement, mais les gens vont te regarder autrement, ils vont rigoler à toutes tes blagues, ils vont...
- Speaker #0
C'est bien, tu es un public !
- Speaker #1
Maintenant, il y a un public, quoi. Mais je n'ai pas le sentiment que ça s'est vraiment passé. Mais je reste vigilant par rapport à ça, de me dire qu'il y a quand même un statut, qu'on le veut ou non, il y a le poids des mots. Tu ne peux pas dire la même chose. Et ça, c'est un truc à apprivoiser et faire des erreurs aussi. Parfois, tu envoies des trucs qui te paraissent anodins, sans filtre, et tu vois qu'en fait, ça déclenche des explosions. Tu es fait boule de neige. Oui.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, juste pour rappel, Sortlist représente combien de personnes et a une présence dans combien de pays ?
- Speaker #1
Là maintenant il y a une septantaine de personnes qu'on a regroupées dans plusieurs hubs. Donc tu as un hub en Belgique, tu as un hub à Madrid et tu as un hub à Madagascar, avec parfois des gens qui gravitent autour des hubs qui sont en remote. Là tu as une septantaine de personnes. Et de ces hubs on gère un peu plus de 100 pays. Et donc généralement, là maintenant tu as un bureau à Bruxelles qui est beaucoup plus orienté produit, qui est beaucoup plus orienté, tu as le management qui est là. quelques équipes commerciales aussi. À Madrid, c'est purement commercial. Enfin, une équipe sales à fond. Parce que il y a des gens internationaux, je ne sais pas pourquoi, mais ils préfèrent aller bosser au soleil avec une vie pas cher, etc. C'est un truc de Bruxelles, on ne sait pas trop pourquoi. Mais ouais, centaines de pays, 70 personnes. Et ça, à nouveau, c'est nouveau parce que dans l'histoire de la boîte... Dans l'ambition que je te parlais, la dalle, moi j'avais un rêve, c'était d'aller mettre les drapeaux dans toutes les capitales. Et donc on a commencé à mettre un bureau à Paris, on avait un bureau à Rotterdam, on a racheté une boîte en Espagne, donc on avait le bureau de Madrid, on a racheté une boîte en Allemagne, on avait le bureau de Munich. Et il y avait un espèce de trip de se dire on a un bureau dans toutes les grosses capitales. Mais c'était assez lié à notre modèle où on avait une mini-entreprise locale. Et après, on s'est rendu compte qu'il fallait mieux centraliser sur les métiers et que les hubs, c'était beaucoup plus efficient en termes de cours, en termes de culture d'entreprise aussi. Il y avait beaucoup d'avantages. Mais ça, c'est un peu le statut.
- Speaker #0
OK. Du coup, ça correspond plus ou moins, il me semble, je n'ai pas les dettes, à... Alors... pas tes débuts parce que tu publiais déjà un petit peu avant, mais vraiment une consistance, une routine qui s'installe tout doucement sur LinkedIn.
- Speaker #1
Tout doucement, oui.
- Speaker #0
Tout doucement, de manière authentique. Tu expliques un petit peu ton parcours en tant que CEO. Régulièrement, tu as vulnérabilité par rapport à des choses qui se passent.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
D'où te vient cette idée ?
- Speaker #1
En fait, il y a un premier point, c'était purement business. Tu vois, tu commences à te dire, ok, nous on a développé une machine SEO, les gens tapent des requêtes, ils arrivent sur le site. Et puis, il y a un truc qui me dérangeait, c'était d'avoir une grosse dépendance au canal SEO. Et donc, purement de manière opportuniste, je me dis, ok, tu regardes les autres canaux, tiens, LinkedIn, ok, Personal Brand, tu commences à explorer. Mais ça, c'est un cheminement de quelques années. Au début, tu vois le truc, tu vois que ça a l'air de prendre, mais tu le vois avant de commencer à toi-même poster, tu te dis « Ok, je vais peut-être attendre, etc. » Et au début, j'ai fait des essais-erreurs, j'ai fait plein de faux départs. Donc il y a deux ans, tu commences à tester, tu te dis « Ok, je vais me chauffer pendant trois semaines. » Et après trois semaines, tu es là « Ok, j'en peux plus. » Et je trouve que ce qui était compliqué, c'est que tu vis ta vie en mode poste. Il y a un truc qui t'arrive et tu te dis « Tiens, ça c'est un bon poste, etc. » Et là où j'ai vraiment commencé, c'était en janvier de cette année où je me suis dit ok je vais commencer à poster de manière régulière, j'essaie de me dire ok je vais poster deux trois fois. Et en fait c'est venu de manière assez naturelle. Il y en a beaucoup qui me demandent ok est-ce que c'est une équipe qui écrit, comment tu es lancé ? Pour moi c'est devenu de manière assez naturelle parce que j'ai une... je me dis parfois que je suis un étudiant du business et en fait je lis des bouquins, j'écoute des podcasts, je me forme de manière générale. C'est assez naturel et partager ce que je lis et faire le lien avec ma propre expérience, c'est un truc que je fais déjà autour de moi avec les équipes et tout ça. Et en fait, c'est assez naturel de me dire, j'ai des idées, je vais les dropper. Je n'ai pas eu de déclic à un moment donné, si ce n'est, je vais essayer de poster trois fois par semaine, le plus longtemps possible. Et là, ça fait un an, plus ou moins, ça va faire un an. Et après, tu es nourri des retours. Tu vois, par exemple, il y a plein de gens qui disent « Ok, je vois tes postes » . Ce qui a un gras, je trouve, par rapport à ça, c'est qu'il y en a beaucoup qui disent « Je vois tes postes » . Ça crée beaucoup de valeur, mais qui ne vont jamais engager avec tes postes ou qui ne vont jamais te le dire vraiment.
- Speaker #0
Le monde du recrutement change. Et non, l'IA ne remplacera pas les recruteurs, elle les rend bien meilleurs. Wiggly, c'est la plateforme qui combine le pouvoir de l'IA et l'intelligence humaine pour sourcer, matcher et engager les bons talents plus vite. Si vous recrutez aujourd'hui sans Weebly, vous recrutez à l'ancienne. Découvrez comment recruter sur Weebly.io 99% des personnes ne vont jamais interagir et c'est ce qu'on appelle toujours les acteurs passifs mais ce sont probablement tes meilleurs clients.
- Speaker #1
Mais c'est ça qui est compliqué quoi. Et le flop il est dur aussi quoi. Tu te dis de nouveau, tu sais pas prédire ce qui va fonctionner quoi. Je pense que c'est la routine qui est intéressante. Et alors, il y a un truc, il y a eu quand même un déclic, c'est que cet été, je suis parti dans une... dans un espèce de bootcamp, j'étais invité par un entrepreneur en France, et sur place, t'avais beaucoup de créateurs, mais des créateurs, chaîne YouTube à 900 000 abonnés, compte Insta à 50, 100, etc. Et en fait, je posais la question, de dire, ok, en fait, comment est-ce que moi je devrais faire, qu'est-ce que vous me conseillez, et il y avait plusieurs leçons par rapport à ça. La première, il disait, en fait, dans la création, Il y a plein de formats possibles, tu peux faire des podcasts, tu peux faire des shorts, tu peux faire des posts LinkedIn, tu peux faire... peu importe. Mais la règle qu'il disait c'est qu'il faut que tu trouves un canal où tu as l'impression de jouer. Et c'est pas un truc où tu te dis, moi si tu mets un format que j'ai pas envie de faire, ça va vraiment être compliqué. Par contre un post LinkedIn c'est un truc, ok je le fais de toute façon, j'explique les choses, j'ai l'impression de jouer, j'ai pas l'impression de bosser, je le fais en dehors, je le fais dans mon canap, etc. Et il disait que ça c'était le premier point qui était important. Et le deuxième point, c'est juste long term. Et en fait, de nouveau, c'est l'effet composé qui va faire le boulot. Et la plupart de ces gars, tu les vois à 100 000, 800 000, 900 000. La réalité, c'est qu'ils ont commencé il y a 10 ans ou il y a 5 ans. Et qu'en fait, ils ont posté tous les jours pendant 5 ans. Et à un moment, c'était des courbes comme ça. Et quand ils me parlaient de l'impact business qu'ils ont eu, tout ce que ça avait débloqué, c'était un peu un no-brainer de dire, OK, continue, fais-le et va step by step.
- Speaker #0
En tout cas, j'adore lire tes posts.
- Speaker #1
Ah bah merci.
- Speaker #0
Déjà parce qu'ils sont très, comme on dit en anglais, relatable. Quand je lis tes histoires, souvent... T'as vécu la même chose. Exactement. Avant, je lis, j'ai l'impression d'être avec toi dans l'histoire. Franchement, ultra sympa. Donc continue comme ça.
- Speaker #1
Merci, c'est bien.
- Speaker #0
Continue tes routines. Tu te lancerais pas un peu dans les vidéos ?
- Speaker #1
Ouais, vidéo, on a lancé un podcast là. Vidéo, j'y pense. De nouveau, il faut regarder, je n'ai pas encore testé. Tu vois dans la tech, il y a le product market fit, je pense que... Le people channel fit, il est important. Et je ne sais pas si j'ai un fit avec les vidéos short, etc. Mais je pense que c'est un truc à tester. De nouveau, quand tu ne le testes pas, tu ne sais pas. Mais je crois que je vais tester en 2026. J'aurais besoin de tes conseils. On le ferait.
- Speaker #0
En fait, je vais te dire la même chose que ce que tu as entendu, c'est la consistance, de ne pas réfléchir au début. Moi, souvent, j'entends des personnes qui se lancent, qui après trois postes me disent « Non, mais j'ai arrêté, ça ne fonctionne pas. »
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui, en fait, je t'explique, il va falloir que tu y ailles pendant 2-3 ans. Parce que si tu crois qu'au moment où tu veux que ça fonctionne, tu commences à publier et ça fonctionne, ça n'est pas une équation gagnante. Donc, il faut faire très attention à ce genre d'amalgame où les gens pensent aussi, les chaînes YouTube, les MrBeast et tout ça, où tu te dis tellement facile.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Non, pas tellement facile.
- Speaker #1
Ouais, et ce qui est cool avec les MrBeast, c'est que tu retournes sur ses premières vidéos et tu vois que c'est la miseur totale. Mais par contre, sur les trucs de vidéos, d'y aller, il faut se chauffer. Toi, tu te commites à un an ou tu te dis je teste et puis je vois ce qui se passe ?
- Speaker #0
Je teste.
- Speaker #1
Et je pense que c'est ça le mindset de tester.
- Speaker #0
Comme tu dis, c'est comme le sport, c'est une discipline. C'est-à-dire que contre vents et marées, je le fais. Et je ne réfléchis pas trop aux résultats que ça va donner à court terme. C'est l'addition de toutes les vidéos. Mais je sais que ce n'est pas une vidéo, comme on disait juste avant en off, qui va fonctionner. Quand on a une qui part, comme tu parlais de la tienne, en fait, il faut que ça parte plusieurs fois pour commencer à avoir une vraie consistance. C'est l'histoire des pics.
- Speaker #1
En fait, tu dois aller jusqu'au prochain pic, step by step.
- Speaker #0
Et créer des pics de plus en plus fréquents. Comment tu vois l'évolution du marché, parce que tu es quand même en plein de l'an toi, l'évolution du marché du marketing, des agences, en particulier avec l'IA. Alors là tu viens de racheter d'ailleurs Overloop. Comment tu vois cette évolution ? Tout d'abord l'évolution du marché dans sa globalité et puis forcément l'évolution de surlist.
- Speaker #1
Oui ce qu'on voit c'est que c'est un C'est un marché qui, on ne va pas se mentir, est ultra compliqué.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
En fait, il y a 10 ans, il y a eu le digital qui est arrivé et ça a eu un effet sur le business qui était... On n'est pas revenu en arrière et là, tu as l'IA qui est arrivé. Moi, je pense que sur l'IA, l'arrivée de l'IA, elle accélère tout et les changements en 6 mois, ils sont ce qu'on voyait auparavant en 3 ans. Et en fait, ce que je vois sur le marché, c'est que dans le marché du service de manière générale, c'est qu'il y a toujours la compétition qui peut venir de nulle part. Et tu as des gens qui émergent maintenant, tu vois, dans plusieurs segments, dans le web, mais peu importe. En fait, je crois que tous les métiers du service, tu mets des génies ou des gars un peu seniors avec une bonne équipe IA, qui se font leurs petits agents et qui bossent avec des IA. Ils peuvent avoir le même effet que des boîtes plutôt historiques de 10, 20 personnes, etc. Et donc, je trouve que tu vois qu'il y a beaucoup plus de nouveaux entrants qui arrivent. Et donc, il y a une compétition qui est vachement accrue. Couplé avec tous les facteurs économiques qu'il y a maintenant, où tu as des cycles de décision, on le voit sur nos clients, c'est qu'avant, tu envoyais des offres. Tu avais une réponse dans le mois ou dans les semaines. Aujourd'hui, les cycles de décision du côté des entreprises qui achètent du service, tu es passé de un mois il y a deux ans à des six mois. Parfois, tu n'as pas de réponse, etc. Et puis, tu as une pression sur les marges à fond, où maintenant, ça coûte moins cher de produire, de faire certains aspects, où du coup, tu te retrouves avec des business qui sont squeezés parce qu'il y a beaucoup plus de compétition, les buying cycles sont de plus en plus longs, et puis tu as une pression sur les marges. Et donc ça, ce métier, c'est particulièrement vrai dans le service. Et tu vois qu'il y a des boîtes qui sont à l'agonie. Il y a des gars qui surfent la vague de nouveau. Tu vois des gens qui sortent de nulle part. Les fameuses histoires de 0 à 10 millions en 24 mois. Il y a des histoires comme ça dans le service. Et donc je pense que c'est un marché qui va, en termes de taille de marché, qui va continuer à grandir. Je pense que les boîtes, elles auront toujours envie de s'entourer. Par contre, en termes de...
- Speaker #0
typologie du marché, qui est présent et qui est plus présent, il va y avoir une rotation qui est massive et je pense qu'on ne voit pas encore tout ce qui se passe. C'est un peu comme quand tu regardes l'état du business maintenant avec l'économie, tu vois les faillites, on ne les voit pas, on voit les chiffres qui augmentent, mais ça s'accélère de dingue. Et je pense que dans le milieu du service, c'est d'autant plus compliqué. Et par rapport à ce marché qui est compliqué, nous, du côté de Sortlist, on a deux missions. C'est un, aider les entreprises à trouver les bons prestataires de services. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que... On ne peut pas proposer à une entreprise de bosser avec une boîte de service qui a six mois de la mort, parce qu'on ne fait pas notre boulot de mise en relation. Mais de l'autre côté, au niveau des boîtes de service, ce qu'on fait et ce qu'on a toujours fait, c'est qu'on leur permet d'attirer des nouveaux clients. Et ça, on l'a toujours fait de manière historique, parce que dans la mise en relation, on fait de la mise en relation, donc on attire des clients directement. Dans notre visibilité, on attire des visiteurs sur leur site. Et maintenant, dans ce monde qui est de plus en plus imprédictible, et c'est là que vient l'acquisition d'Overloop, c'est qu'on veut non seulement permettre aux prestataires de services d'avoir du business inbound, mais avec Overloop, de faire en sorte qu'ils puissent tous les jours aller chercher eux-mêmes des nouveaux clients. Et donc en gros, l'ambition par rapport à ce monde du service, c'est que ceux qui vont réussir, c'est ceux qui vont pouvoir de manière consistante créer un pipeline de nouveaux clients, de manière consistante faire du new business. Pour être sûr que même si les délais augmentent, ils ne tombent pas quand il y a un client qui part. La plupart des boîtes de service, ça paraît basique, mais la plupart des boîtes de service, ils sont à deux ou trois clients qui partent, ils mettent la clé sous le paillasson. Donc ils ne sont pas du tout proactifs et là on amène de la proactivité. Et donc là le but c'est vraiment de devenir un moteur d'acquisition client pour toutes les boîtes de service. Et donc attirer des leads directement, attirer des clics, mais aussi leur offrir les outils. Avec Overloop, ce qui est assez dingue, c'est que c'est une IA qui est basée sur une base de données de 540 millions de comptes LinkedIn, avec les e-mails, souvent les numéros de téléphone. L'IA va prendre le nom de ton business, va comprendre quel pain point tu résous, qui sont tes clients et ton client idéal. Va aller chercher dans la base de données qui tu dois contacter, qui ressemble à tes clients actuels ou les clients que tu pourrais aider. Et puis en un clic, va générer des campagnes. qui vont performer via LinkedIn et via email. En gros, en un clic, tu mets ton site, il va comprendre qui tu cherches et va t'aider à comment les approcher. Donc, tu as tes campagnes qui sont prêtes à prospecter directement.
- Speaker #1
C'est dingue. Je ne les connaissais pas du tout. Ce sont des belges ?
- Speaker #0
Oui, ce sont des belges qui s'appelaient Prospect.io avant. Et avant, c'était le truc, tu uploadais ta liste de contacts. D-mail, tu sais, t'achetais les bases de données et puis eux ils faisaient, ils étaient spécialisés dans l'emailing, tu faisais les relances automatiques, ce qui il y a dix ans était une révolution. Et ils ont rebrandé il y a deux, trois ans, et il y a vraiment un an où ils ont fait le switch vers l'IA, où ils ont mis tout, enfin tout tourne sur l'IA, sur la détection de qui tu es, de qui tu recherches, de comment chercher la base de données, comment faire les séquences, etc. Et ça reste par contre si tu prends l'outil Overloop tout seul, tu le plug, dès demain en fait il prospecte, donc toi tu fais des podcasts, il va prospecter pour toi. Mais il y a un truc, c'est que tu prospectes quand même dans le bottin. Ce que je veux dire par là, c'est que disons que tu veux cibler les scale-up, il va prendre une liste de scale-up et il va commencer par le premier de la liste et arriver au dernier. Ça tombe ton client et il est en plein milieu. Et c'est là que la puissance est avec Sortlist, c'est que nous on détecte des signaux d'achat, parce qu'on a 700 000 visiteurs par mois sur nos sites. Et donc, Comment on les attire ces visiteurs ? C'est qu'on sait qui est à la recherche d'agences SO à Paris, parce qu'on arrive à détecter via l'adresse IP quelles sont les sociétés qu'on a détectées là-dessus. Et donc tu sais, si tu es une agence SO, tu sais voir que Decathlon est à la recherche, et puis avec Overloop, tu les contacts direct. Donc tu as un système automatisé qui permet de boucler la boucle.
- Speaker #1
Incroyable. Du coup, l'avenir de Sortlist, tu le vois comment sur... sur les cinq prochaines années ?
- Speaker #0
Je le vois beau, évidemment. Non,
- Speaker #1
sorti de 2030, ressemble à quoi ?
- Speaker #0
2030, je vois, en fait, dans le positionnement du produit, je pense qu'on veut continuer à créer un produit tech qui est capable de répondre aux besoins de toute boîte de service, peu importe où elle est dans le monde, et pas uniquement celle où on arrive à tirer du trafic. Donc, ça, c'est un premier point. En fait, ce marché du service, c'est un marché en triard, donc il est énorme. Et là-dessus, en termes de produits, ce qu'on veut, c'est juste d'avoir le produit le plus simple possible pour permettre d'allumer le moteur de génération de clients. Ça, c'est un point. Et en termes de croissance, pour moi, on est encore au premier jour. On approche les 10 millions d'ARR, mais on est encore au premier jour. Je pense que ce n'est pas impossible d'arriver aux 50, d'arriver aux 100 millions. Sachant qu'on est dans une catégorie de software qui est le sales enablement, le new business, et où il y a des acteurs qui font facile 40, 50 millions, les plus belles boîtes du secteur sont valorisées plusieurs milliards et certaines même font un milliard de chiffre d'affaires annuel. Et on sait tous qu'entre la valorisation et le vrai chiffre d'affaires, il y a un pas. Et donc on target une énorme industrie avec une typologie de software qui est aussi énorme. Je ne vois plus vraiment de limite. Là où avant, dans le segment marketplace de mise en relation qui était très dépendant à Google, il y avait pour moi des limites, on pouvait passer à 10, 20 millions, ce qui fait des très belles boîtes. Mais l'avenir, je le vois dans la conquête d'aller chercher et d'aller gagner dans cette catégorie software et surtout sur cette niche de services.
- Speaker #1
Et donc encore plus international aussi.
- Speaker #0
Oui, 100%.
- Speaker #1
Tu vas partir de la Belgique ?
- Speaker #0
Je ne suis pas sûr que je suis prêt à faire le pas. Peut-être. On parlait de Madrid, du soleil, etc. Pourquoi pas ?
- Speaker #1
La vie au soleil est plus douce, Nico. Oui, je sais.
- Speaker #0
Il y a Dubaï. À chaque fois qu'on parle de Dubaï, du système, de tout ce qui se passe à Dubaï, ça me donne envie. Ce qui est plus compliqué, c'est avec les enfants, avec trois enfants, avec une femme médecin. C'est plus ça qui me bloque aujourd'hui que ma volonté d'aller voir un peu ce qui se passe ailleurs. C'est une négociation dans laquelle, à la maison, je ne serai pas le... la personne à convaincre.
- Speaker #1
Bon, écoute, on peut en discuter. Moi, une de mes toutes bonnes copines à Dubaï, je ne sais pas dans quelle spécialité elle est, mais une de mes toutes bonnes copines est dermatologue liégeoise.
- Speaker #0
Donc c'est possible.
- Speaker #1
Je pense que pour rien le monde ne revient en Belgique.
- Speaker #0
Il faudra en discuter.
- Speaker #1
Et les enfants aussi. On en discutera à l'automne. Trop bien. Bon, et toi, personnellement, du coup, qu'est-ce qui t'excite le plus pour la suite ?
- Speaker #0
Moi, là, je remange, je rebois, je ressortisse.
- Speaker #1
Ça se voit, ça se voit.
- Speaker #0
Et en fait, j'ai un niveau d'excitation par rapport à ça qui est ultra fort. De nouveau, l'ambition, le feu intérieur, il est vraiment très fort par rapport à ça. Moi, ce que je me souhaite, c'est juste de continuer à me lever le matin et de me dire, en fait, j'ai envie de... Enfin, je suis... Je suis content que mon alarme sonne et que je vais me mettre au boulot, et que je vais avoir des projets cools. Pour moi, c'est le plus important. On parle de rôle, on parle de tous ces aspects-là. Ce n'est pas ce qui m'importe le plus. Mais de nouveau, mon benchmark, il est si sur une période d'un mois, j'ai beaucoup plus envie de rebobiner ma journée que de la diliter, c'est que je suis au bon endroit. Pour le moment, 95%, je ne dirais pas 100%, parce qu'il y a toujours des merdes tout le temps. J'ai beaucoup plus envie de rebobiner ma journée parce que c'était pas spécialement facile, c'est parfois et souvent quand même difficile, mais il y a un aspect d'apprentissage, il y a un aspect de conquête, il y a un aspect de bosser avec les bonnes personnes aussi, de l'équipe avec qui on bosse qui pour moi me chauffe à fond et donc j'ai pourvu que ça dure.
- Speaker #1
Écoute, de nouveau, je ne peux être qu'alignée avec toi, c'est pas facile mais c'est les challenges aussi. qui rendent quand même cette vie entrepreneuriale assez unique et extraordinaire. Trois dernières petites questions pour toi. Un livre qui t'a vraiment aidé à entreprendre ?
- Speaker #0
J'en ai plein. Là, le livre que je suis en train de lire, il est passionnant. Ça s'appelle Dealmaker. C'est un private equity guy qui est self-made. En fait, il explique son enfance et tout. C'est le gars, problème psychologique, bazar. Il a fini par lancer le plus gros private equity, ça s'appelle Terra Firma, et il explique son histoire, etc. Et ce qui est assez dingue, c'est qu'en fait, tu te rends compte qu'il a commencé de rien, qu'il a levé, je crois, le deuxième fonds. Là, je suis à l'étape du deuxième fonds, c'était 3 milliards de fonds, je pense, un peu plus. Et le gars est parti de rien. Et donc, je trouve qu'en fait, je suis très biographie de gars business, etc. Parce qu'en fait, tu te rends compte qu'il n'y a personne qui est né avec ça. En lui, il n'y a personne qui est né... Avec un business à reprendre et à juste améliorer, il y a beaucoup de difficultés, etc. Moi, ça m'inspire à fond de ne pas refaire les mêmes erreurs. Je préfère les lire et essayer de ne pas les refaire. Bon, ça n'empêche pas l'autre. Donc celui-là, il est vraiment cool. Je suis en train de le lire. Après, dans mon top 3, il y a un truc qui est plus perso, qui est Die with Zero. Ça, c'est Bill Perkins qui a écrit ça. C'est plus une philosophie de l'argent, quoi, qui est mourir avec zéro. C'est comment tu dépenses ton argent par rapport aux phases de vie. Il y a un concept qui est clé là-dessus, c'est qu'il dit qu'il y a des memory dividends, et donc il pousse beaucoup plus à... Avoir les investissements dans des expériences comme des investissements, parce qu'il dit en fait à chaque expérience que tu fais, dans ta mémoire, tu vas revivre cette expérience-là après 6 mois, après 1 an, après 2 ans. Et donc disons que tu veux te faire des vacances de dingue et tu veux partir à l'île Maurice, tu vas dire ouais ça me fait un peu mal de sortir ce cash-là, mais la réalité c'est qu'en fait 1 an après, 2 ans après, 10 ans après, tu vas encore surfer sur ces dividendes d'expérience que tu as eus. Et donc sa philosophie, il est de dire en fait si tu investis dans ces expériences-là, elles vont s'additionner. et ton bonheur va augmenter au fur et à mesure. Ça, c'est un bon truc. L'almaniac de Naval Ravikant, il est vraiment cool parce que c'est des philosophies de vie, etc. Et puis un troisième...
- Speaker #1
Tu en as déjà dit trois.
- Speaker #0
J'en ai déjà dit trois, c'est bon.
- Speaker #1
C'est du Ferra Firma.
- Speaker #0
Oui, Dealmaker.
- Speaker #1
L'Eye with Zero. L'almaniac.
- Speaker #0
L'almaniac.
- Speaker #2
On parle beaucoup d'automatisation, mais au fond, le recrutement reste une histoire de personnes. Et c'est exactement ce que fait Wiggly. Rapprocher la tech et l'humain. Une AI qui aide à mieux comprendre les gens. Pas à les remplacer.
- Speaker #1
Top. Alright. Une erreur que tu referais parce qu'elle t'a trop appris ?
- Speaker #0
C'est compliqué ça.
- Speaker #1
L'erreur à refaire.
- Speaker #0
C'est compliqué ça.
- Speaker #1
Allez, c'est juste entre nous.
- Speaker #0
En fait, je fais plein d'erreurs tout le temps. Je partirais plus du principe de...
- Speaker #1
Une erreur globale.
- Speaker #0
Ouais, c'est compliqué quoi. Je peux faire un joker ou pas ?
- Speaker #1
Je réfléchis. Je passe à la suivante.
- Speaker #0
Et c'est pas parce que je dis ça que je fais pas d'erreur.
- Speaker #1
Non mais attends, attends. Si tu n'étais pas entrepreneur, tu ferais quoi ?
- Speaker #0
Franchement, c'est compliqué. Je crois que je serais quand même dans le business. Parce qu'il y a un truc qui m'anime dans le business. Tu peux me parler de n'importe quel business, n'importe quel secteur, je veux juste m'enflammer. Je pense que, et je me pose pas mal la question de... Souvent tu as des gens, tu les vois dans la boîte, ils ont un personnage, ils sont dans la boîte et puis ils reviennent chez eux. Quand personne ne regarde, c'est une personne totalement différente. Moi, quand il n'y a pas de spotlight, quand il n'y a personne autour de moi, j'ai une zone d'énergie dans la famille, évidemment, dans tout cet environnement-là. Mais me plonger dans ces livres business, vraiment d'aller écouter les histoires entrepreneuriales de business, etc., c'est vraiment un truc que je fais quand personne n'est dans la pièce. Je me suis pas mal posé la question de dire ok si je devais prendre ma retraite demain, qu'est-ce que je ferais de mes journées ? Il y a beaucoup évidemment lié famille etc. Mais je pense qu'il y a un truc de lire, de me nourrir, de faire des choses. Après tu vas me dire ça c'est de l'entrepreneuriat. Mais je pense que je resterais un étudiant du business quoi. Peut-être que je pourrais être conseiller, peut-être que je pourrais travailler pour une autre personne potentiellement. J'ai pas de dogme par rapport au fait que ce soit moi à la charge, enfin au lead ou pas. Je crois que je resterai quand même dans le business parce que c'est juste un truc qui... C'est une passion et je n'ai pas l'impression de travailler quand je le fais, j'ai l'impression de jouer. Et je pense que quand tu arrives à trouver ce truc-là où tu n'as pas l'impression de travailler mais de jouer, pour moi c'est ce qui est important. Peut-être que je jouerai ça en devenant agriculteur, en faisant d'autres choses, mais j'ai mieux utilisé mes mains en tapant sur un clavier que faire d'autres choses.
- Speaker #1
Ok, super. Une erreur que tu referais ? Est-ce qu'elle t'a trop appris ou pas ? on la zappe il y en a plein, franchement il y en a plein j'essaie de réfléchir à cette semaine tu m'enverras un whatsapp on pourra le mettre dans les notes de l'épisode on le mettra dans les notes Nico un tout grand merci pour cet échange tu as cette capacité rare de parler d'entrepreneuriat avec humour et authenticité ça a été du pur bonheur de t'avoir ici et à tous mes auditeurs je vous dis à très bientôt, bonne journée merci Merci Nicolas pour cet échange. Tu as cette capacité rare de parler d'entrepreneuriat sans bullshit, avec de l'humour et énormément de lucidité. Et je pense que ça fait du bien à beaucoup de monde, surtout à moi. Merci à toutes et à tous d'avoir écouté cet épisode. Si ça vous a plu, partagez-le, envoyez-le à un ami entrepreneur et on se retrouve très bientôt pour une nouvelle conversation inspirante. Bonne journée.