Speaker #0Salut à toutes et à tous ! Alors aujourd'hui on va parler du grand mensonge des playlists sur les plateformes de streaming. Depuis l'explosion du streaming il y a une dizaine d'années, on nous répète que les playlists sont la nouvelle radio. On nous dit qu'être placé dans la bonne sélection Spotify, Deezer ou Apple Music, c'est le Graal pour un artiste indépendant. Les plateformes le clament haut et fort, nous aidons les artistes émergents à être entendus. Mais derrière ces promesses se cache une réalité beaucoup moins glamour. Les playlists éditoriales sont souvent inaccessibles, les playlisters privés qui vendent leur influence, avec souvent à la clé des fausses écoutes générées par des bots. Le système des playlists ressemble plus à une loterie truquée qu'à une chance équitable pour tous. Alors Spotify et Concert proposent aux artistes de soumettre leurs titres aux équipes éditoriales. Sur le papier, chaque chanson a sa chance d'être écoutée et peut-être même sélectionnée pour une playlist officielle. Mais en pratique, les portes restent souvent closes pour la majorité des musiciens. Pourquoi ? Tout simplement parce que les équipes éditoriales reçoivent des dizaines de milliers de propositions chaque jour. Donc les places sont extrêmement limitées. Et surtout, les artistes qui passent en priorité sont déjà soutenus par des labels, généralement des gros labels, des distributeurs bien connectés Merci. ou ont déjà fait parler d'eux ailleurs, sur différents médias, sur des réseaux sociaux par exemple. Le mythe de la chance égale pour tous un joli slogan marketing. Sans relais professionnels solides, vos chances d'entrer dans une playlist éditoriale sont proches de zéro. Face à ce verrouillage, un autre marché a vu le jour, les playlists indépendantes. Les particuliers créent leur propre sélection avec quelques milliers à plusieurs centaines de milliers d'abonnés et acceptent d'y placer des titres. moyennant un paiement alors que ça coûte combien généralement ça coûte entre 20 et 50 euros pour une petite playlist de niche plusieurs centaines pour les plus suivis mais attention rien ne garantit que votre chanson restera plus de quelques semaines ni que les abonnés écouteront vraiment votre morceau dans la plupart des cas c'est un coup d'épée dans l'eau quelques centaines d'écoutent beaucoup d'argent dépensé et peu de fans fidèles Et parfois, ça vire carrément à l'arnaque. Certains intermédiaires vendent des placements illusoires, vous payez, votre titre apparaît, puis disparaît au bout de quelques jours. Un autre piège sont les playlists fraudueuses, souvent alimentées par des bots. Ces playlists farms font semblant d'avoir des abonnés, mais derrière, personne n'écoute réellement votre musique. Les conséquences sont simples, vos chiffres montent artificiellement, mais personne n'écoute. Les algorithmes détectent les anomalies, votre morceau peut être supprimé, voire votre compte bloqué. Vous perdez du temps, de l'argent et votre crédibilité. Il y a encore des services peu scrupuleux qui vendent ce type de promotion garantie. En réalité, c'est de la fraude pure et simple. Alors, est-ce qu'il faut vraiment abandonner les playlists ? Pas forcément. Elles peuvent être un complément, mais il faut rester lucide. Elles ne transforment pas un artiste inconnu en star du jour au lendemain, ça c'est sûr. Elles profitent surtout aux majors et aux artistes déjà visibles. Pour les indépendants, elles offrent un petit boost d'écoute, rarement une vraie communauté. En résumé, une playlist peut donner un peu d'oxygène, mais elle ne remplace pas le travail de fond. Construire une fanbase, créer du lien, multiplier les canaux de diffusion, c'est ça qui fait vraiment la différence. Alors si les playlists ne sont pas la solution miracle, où concentrer son énergie ? Alors il faut construire sa communauté. Un fan fidèle vaut 1000 écoutes anonymes. Entretenez vos réseaux, votre mailing list, vos contacts directs. Il y a par exemple Bandcamp et ce type de plateforme équitable. Ça permet de vendre directement aux auditeurs avec une meilleure rémunération. Il y a les concerts, le live. Rien ne remplace la rencontre réelle avec le public. Il y a aussi des médias alternatifs, des web radios, des blogs spécialisés, des chaînes YouTube de niche qui souvent offrent une visibilité assez qualitative. Il y a aussi les collaborations. Travailler avec d'autres artistes, échanger vos publics, ça crée des projets communs. Ces alternatives demandent du temps et de l'effort, mais elles construisent réellement une base solide et durable. Le système des playlists est présenté comme un Eldorado, mais c'est souvent un mirage. D'ailleurs, derrière la promesse de découverte, il y a des portes fermées, des intermédiaires peu scrupuleux et parfois de la fraude. La bonne nouvelle, c'est que les artistes n'ont pas besoin de dépendre de ce système. Créer, partager, rencontrer et fidéliser son public, c'est ça qui compte au final. Les playlists peuvent être un petit plus, mais elles ne doivent jamais être le cœur de votre stratégie. Au fond, la vraie découverte ne se fait pas dans une case d'une playlist opaque. Elle naît dans la rencontre entre un artiste et un auditeur, dans une émotion partagée. Et ça, aucune playlist automatisée ne pourra jamais l'acheter. Merci d'avoir écouté cette capsule. Je vous dis à très vite pour la suite. A bientôt.