Speaker #0L'art de dire stop sans te sentir coupable dans ta relation de couple, c'est le sujet de ce 92e épisode du podcast Les Chemins du Couple. Bienvenue sur le podcast Les Chemins du Couple. Je suis Céline Domecq, thérapeute et conférencière, experte dans la relation de couple depuis 2009. J'ai aidé et accompagné des milliers de personnes, que cela soit en ligne ou en cabinet. Ma mission... et de vous aider à vivre une relation de couple sereine et épanouie. Être heureux en couple, c'est possible pour tout le monde. Donc si vous cherchez à améliorer votre relation amoureuse, vous êtes au bon endroit. Mon objectif dans ce podcast est de vous apporter un nouveau regard sur la relation amoureuse, plus de connaissances, d'informations et surtout des conseils. Ce podcast hebdomadaire sera un soutien pour transformer vos difficultés en opportunités de vivre la relation amoureuse que vous voulez. mériter. Je vous souhaite de passer un très bon moment, démarrons ensemble ce nouvel épisode. Alors dans l'épisode précédent, j'ai commencé à explorer avec toi ce qui se passe lorsque la culpabilité commence à guider une relation. On a vu qu'elle n'est pas simplement une émotion partagère, mais c'est bien une lecture intérieure. Je crois que je suis responsable de ce que l'autre vit, je crois que j'ai mal fait, je crois que j'aurais dû anticiper, apaiser, mieux dire, mieux faire. Et à partir de cette lecture, tout un monde émotionnel de sentiments s'active à l'intérieur de toi. Et donc aujourd'hui, j'aimerais aller un petit peu plus loin, en regardant un endroit un peu plus précis où cette culpabilité se manifeste, souvent avec beaucoup de force, c'est le moment où il s'agit de dire non, de dire stop. Dire non peut sembler très simple pour certaines personnes, en apparence. C'est un mot court, clair, presque évident. Et pourtant, dans la vie intime, dans le couple, dans la famille, ce mot peut devenir extrêmement chargé. Parce que nous ne disons pas non dans le vide. Nous ne disons pas non à quelqu'un que nous aimons, à quelqu'un dont le regard compte, à quelqu'un avec qui nous voulons préserver le lien. Et c'est précisément parce que le lien est important que le non peut réveiller autant de culpabilité. Je vais commencer par une distinction très importante qui vient des recherches en psychologie du trauma, notamment dans les travaux du psychothérapeute américain Pete Walker. Pendant longtemps, on a identifié trois grandes réponses face à un stress relationnel. Le combat, la fuite, la sidération. Et Walker, lui, il ajoute une quatrième réponse qu'il appelle en anglais le « fun » , qu'on pourrait traduire par « se rendre plaisant » . Et cette réponse consiste à apaiser l'autre, à devenir agréable, à se conformer à ce qu'il attend de nous pour rester en sécurité dans le lien, dans la relation. Et le point essentiel, c'est que cette réponse n'est pas un trait de caractère, c'est une adaptation apprise souvent très tôt, dans des environnements où dire non n'était pas vraiment possible. Et ce que je trouve éclairant dans cette recherche, c'est qu'elle distingue clairement deux choses qu'on confond facilement. La gentillesse vraie repose sur des valeurs Je suis attentif à toi parce que je le choisis. Et le people pleasing lui repose sur la peur. Je suis disponible pour toi parce que ne pas l'être me semble dangereux. Vu de l'extérieur, les deux peuvent sembler identiques. Mais vu de l'intérieur, la différence est immense. Alors aujourd'hui, je veux vraiment qu'on regarde ensemble ce qui se joue quand nous avons du mal à dire non. Pourquoi ce nom réveille autant de culpabilité chez certaines femmes ? Pourquoi il vient toucher une valeur personnelle ? chez certains hommes et pourquoi apprendre à recevoir le nom de l'autre est tout aussi important que de savoir le poser. Parce qu'au fond, l'art de dire non sans se sentir coupable n'est pas l'art de devenir plus dur, c'est l'art d'aimer depuis un espace, une place plus claire. Donc si vous avez une femme, si tu as une femme qui a du mal à dire non, écoute bien cet épisode. Si tu as un mari, un homme qui a du mal à dire non, écoute bien cet épisode. Si vous vous reconnaissez et écoutez bien les épisodes, et si vous reconnaissez les personnes de votre entourage aussi, y compris d'ailleurs les enfants. Dans beaucoup de couples, le problème ne vient pas seulement du nom que l'on n'ose pas dire. Il vient aussi de tous les oui que l'on donne sans vraiment être en accord avec soi. Et ça, c'est une nuance très importante. Parce que vu de l'extérieur, le oui peut sembler généreux, souple, agréable. Et il peut donner l'impression que la relation fonctionne. que chacun fait des efforts, mais à l'intérieur, certains oui ont un goût très différent, et pour certains, un goût amer. Il y a des oui qui vont naître de véritable élan. Ils sont donnés avec présence, avec envie, avec un vrai consentement intérieur. Mais lorsque le oui demande un effort, il reste aligné. Parce qu'on a réfléchi sur cet alignement de dire oui. Et puis il y a les oui qu'on donne par peur. Peur de décevoir, peur de créer une tension, peur que l'autre se sente rejeté, peur de passer pour quelqu'un d'égoïste. Ces oui-là maintiennent une harmonie apparente. mais ils vont créer vraiment une tension intérieure. La personne accepte, mais quelque chose à l'intérieur d'elle se ferme. Elle sourit peut-être, elle participe peut-être, mais elle accumule silencieusement une fatigue, une frustration, une distance. Prenons un exemple concret. Une femme qui accepte chaque dimanche un long repas familial parce qu'elle comprend que c'est important pour son conjoint et pour les enfants dans ce qui a été transmis de les valeurs familiales chez elle. Enfin, chez elle, dans son environnement. Puis elle continue à dire oui parce qu'elle ne veut pas passer pour celle qui complique les habitudes. Mais en fait, à l'intérieur, elle sent qu'elle aurait besoin d'un dimanche plus calme. Elle ne le dit pas, ou alors elle le dit légèrement. Tellement légèrement que la personne ne le mesure pas, ne le comprend pas, ne l'entend pas. Progressivement, elle va devenir moins disponible, plus héritable, plus froide dans ces moments-là. Et son conjoint, lui, peut se dire qu'elle a changé, qu'elle ne fait plus d'efforts. Il ne voit pas que derrière ces oui répétés, Il y a un nom qui n'a jamais été dit. Côté homme, la mécanique est similaire. Un homme accepte toujours d'être disponible quand sa partenaire lui demande de l'aide. Une discussion, une attention particulière. Il veut être là, il veut être fiable. Mais il continue à dire oui, même quand il n'a plus d'espace à l'intérieur. Ou alors, ce oui devient lourd. Il est là physiquement, mais absent intérieurement. Il écoute, mais avec une tension. Il répond, mais avec moins de douceur. Et à force de ne jamais dire non clairement, il va finir par se retirer brutalement. Sa partenaire vit alors ce retrait comme une distance affective, alors qu'il vient peut-être juste d'une limite qu'il n'a jamais posée. Et c'est pour ça que le non a une fonction relationnelle importante. Parce que lorsqu'une personne ne peut pas dire non, son système finit par dire non autrement. Il le dit par la fatigue. par l'irritabilité, par le retrait, par les reproches, par une forme de fermeture. Et c'est là que le couple se trompe souvent de sujet. On croit que le problème est le manque d'amour, le manque de patience, le manque d'écoute, alors qu'au départ, il y avait simplement une limite, qu'il n'avait pas trouvé le droit d'exister. Un oui donné pour éviter la culpabilité protège peut-être le couple à court terme, mais il crée souvent une distance à long terme. Parce qu'en fait, il empêche l'autre de rencontrer notre vérité, notre monde intérieur. Dire non permet parfois, vraiment, de redevenir vrai, de redevenir soi-même. Chez certaines femmes, dire non vient toucher une zone très profonde. La peur d'être égoïste, dure, insuffisamment aimante ou pas assez disponible. Je dis bien certaines femmes parce qu'il ne s'agit jamais de généraliser. Et je le rappelle à nouveau... On parle de femmes et surtout d'énergie féminine. C'est-à-dire que les hommes peuvent se reconnaître là-dedans parce qu'ils ont une énergie féminine plus prononcée. Et les hommes vont se retrouver, les femmes vont se retrouver dans l'énergie et dans l'exemple masculin parce qu'elles ont une énergie plus masculine. Je reprécise à nouveau, tout au long de mes épisodes, je fonctionne comme ça. Et dans mon approche, je fonctionne comme ça. On ne fait pas la guerre des sexes. On ne parle pas d'hommes-femmes l'un contre l'autre. Au contraire, s'il vous plaît, on remet de l'harmonie. Avant de continuer cet épisode et de te partager encore plus d'informations, je m'arrête un instant pour te dire que j'ai créé une série de vidéos entièrement gratuites qui s'appellent les 3 saboteurs invisibles de ton couple. En 4 vidéos courtes, je te montre d'abord pourquoi tes efforts jusqu'ici n'ont pas suffi à faire bouger les choses alors que tu y as mis sûrement beaucoup d'énergie. Je te fais ensuite découvrir les 3 mécanismes invisibles qui font revenir la même scène, quel que soit le sujet. Et je te montre comment retrouver ta capacité d'agir sur ton couple, sur ta relation, même si pour l'instant, ton conjoint, ta conjointe, ne bouge pas et ne se remet pas en question. 4 vidéos plus un PDF récapitulatif pour t'aider, que tu sois un homme ou une femme. Et surtout, cette série est gratuite. Pour la recevoir, tu peux t'inscrire dès maintenant en cliquant sur le lien de la... description de cet épisode. Tu laisses simplement ton prénom et ton email et la première vidéo arrive immédiatement dans ta boîte email. Tu n'as qu'à cliquer et à t'inscrire. Maintenant, reprenons la suite de notre sujet. Donc, certaines femmes, certaines personnes dans l'énergie féminine ont tendance vraiment très tôt à prendre soin du lien, soin de la relation en s'adaptant, en sentant l'ambiance, en anticipant les besoins, en faisant attention aux mots, aux tons, aux moments. Et cette intelligence relationnelle peut être une richesse immense, mais lorsqu'elle est guidée par la culpabilité, elle peut devenir un enfermement. Et c'est là que la recherche dont je parlais en introduction devient très utile. Quand une femme a grandi dans un environnement où dire non, ce n'était pas vraiment possible, par exemple avec un parent imprévisible, ou dans une famille où l'autorité dominait, où le parent savait mieux que les enfants, où l'harmonie passait avant les besoins de chacun, son système a appris à se rendre plaisante pour rester en sécurité. C'est une adaptation très intelligente de l'enfance, mais à l'âge adulte, elle continue de fonctionner et elle peut empêcher. la femme de poser des limites, même quand le contexte a complètement changé. Le mécanisme est subtil. Au lieu de simplement tenir compte de l'autre, la femme se rend responsable de l'effet que sa limite pourrait produire. Elle n'observe plus seulement ce qu'elle ressent. Elle observe déjà ce que son non pourrait provoquer chez l'autre. Et alors, au lieu de poser une limite claire, elle commence à négocier intérieurement avec elle-même. Elle se dit que ce n'est pas si grave, qu'elle peut faire un effort. qu'elle devrait être plus souple, qu'elle ne va pas ajouter un problème de plus. Et parfois, elle finit par dire oui, alors que tout en elle disait qu'elle avait besoin de dire non. Et je pense aussi à une personne que j'ai accompagnée, qui, elle, dirigeait une petite agence avec une équipe d'une dizaine de personnes. Au travail, elle est capable de prendre des décisions difficiles, de recadrer quelqu'un, de refuser un client qui ne convient pas, de dire non. Mais à la maison, dès qu'il s'agissait de dire non à son mari ou à ses enfants, ou à sa belle-mère, quelque chose se bloquait. Et un jour, elle me disait, j'ai l'impression d'avoir deux personnalités. Au bureau, je sais où sont mes limites. Chez moi, je ne les trouve plus. Quand on a creusé ensemble, on a vu que sa difficulté était directement reliée à une enfance où sa propre mère lui faisait sentir par mille petites choses que dire non, c'était décevoir. Et donc, ce que ma cliente avait découvert, et ce que je vois souvent en accompagnement, c'est qu'à force de ne pas écouter ses limites, on finit par ne plus... Très bien savoir où elle se trouve. On ne dit pas j'ai besoin de repos. On explose parce qu'on n'en peut plus. On ne dit pas ce rythme ne me convient pas. On devient froide, silencieuse. On ne dit pas je ne suis pas disponible pour ça maintenant. On accepte. Puis on ressent de la tristesse ou une colère contre l'autre. Alors même que l'autre n'a peut-être jamais su ce qu'il se passait à l'intérieur. Et pour les femmes qui se reconnaissent dans ces difficultés, l'enjeu n'est pas de devenir plus dure. L'enjeu est de retrouver... le droit d'exister dans le lien, sans traduire chaque non, stop, limite en culpabilité. Dire non ne signifie pas aimer moins. Cela signifie cesser de confondre l'amour avec obligation d'être toujours disponible. Avant d'aller plus loin, je voudrais vous dire un mot. Si en m'écoutant aujourd'hui, vous reconnaissez ce mécanisme, cette difficulté à poser des limites, c'est oui que vous donnez en vous trahissant. Cette culpabilité qui revient dès que vous pensez à vous-même. Sachez que cette dynamique se cristallise souvent autour d'une question plus large. Est-ce que je reste ou est-ce que je pars ? Et j'ai construit un parcours dédié à cette question précise qui s'appelle le chemin partir ou rester. Je vous en parle plus en détail à la fin de cet épisode. Pour l'instant, continuons ensemble. Chez certains hommes, la difficulté à dire non prend souvent... une autre forme. Elle est reliée à la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être assez solide, assez fiable, assez présent. Beaucoup d'hommes ont appris à associer leurs valeurs à leur capacité à assurer. Assurer matériellement, professionnellement, dans les responsabilités, dans le couple, dans la famille. Trouver des solutions, être fiable, ne pas trop montrer de limites, ne pas devenir celui qui ne peut pas. Dans ce contexte, dire non peut être intérieurement très inconfortable parce que le non peut être vécu comme un aveu d'insuffisance. Un homme peut accepter une charge supplémentaire alors qu'il est épuisé parce qu'il veut rester celui sur qui on peut compter. Il peut accepter une discussion importante alors qu'il n'a plus l'espace mental pour être vraiment présent parce qu'il ne veut pas que sa femme, sa partenaire se sente abandonnée. Il peut accepter une demande familiale, un projet alors qu'il sent qu'intérieurement il sature. Et au départ, ça part d'une très bonne intention, très honorable. Il veut être là, il veut tenir sa place, il veut éviter de décevoir. Mais à force de dire oui, sans reconnaître ses propres limites, il peut finir par se fermer. Et cette fermeture est souvent mal comprise. Sa femme peut se dire qu'il devient distant, froid, moins impliqué. Alors qu'il est peut-être simplement à bout de disponibilité intérieure. Et là, elle voit le retrait. Mais elle ne voit pas tous les oui accumulés avant ce retrait. Je pense souvent Aussi, un autre homme que j'ai accompagné sur ce sujet, où lui, il était manager dans une PME industrielle. Un homme vraiment, un monde fait que d'hommes, où il faut poser les limites tous les jours, Et vraiment, dans ce contexte-là, au-delà, il n'aime pas déjà dire non, on l'avait bien compris, mais surtout, là, il n'a pas le choix. Donc, il prend et il dit non tous les jours. Et quand il fallait licencier, il le faisait. Quand il fallait refuser des contrats et négocier, il le faisait. Mais quand sa femme lui demandait quelque chose le dimanche après-midi, alors qu'il était rincé après sa semaine, en fait, il disait quand même oui. Et je repense toujours à cette histoire de tondre le jardin. Mais en fait, il est venu me voir à un moment donné parce qu'il devenait vraiment irritable, impatient, très sec. Et il ne comprenait pas ce qu'il se passait. On a regardé ensemble. On a compris qu'en fait... Tous les oui qu'il disait finissaient en fait par être de la culpabilité parce qu'il était agacé. Le non qu'il n'osait pas dire à sa femme, par exemple d'acheter un robot automatique et de se sacrifier entre guillemets quelques semaines pour pouvoir se payer le truc ton deux automatiquement, en fait il n'y arrivait pas et un jour il a juste explosé. Et le pire c'est qu'il explosait surtout sur les enfants. ou contre la famille, sur des détails qui n'étaient même pas en lien avec le foutu jardin qu'il fallait tendre. Donc, c'est là que la maturité relationnelle devient importante. Dire non ne retire rien à la solidité d'un homme. Au contraire, cela peut lui permettre aussi d'être plus présent, parce qu'il n'est plus obligé de tenir une disponibilité qui n'est pas réelle. Un homme qui peut dire non avec clarté ne quitte pas sa place. Il habite. sa place différemment. Il ne dit pas je ne veux pas être là pour toi, il peut se dire dans le fond je veux être là avec qualité. Mais pour cela je dois aussi reconnaître ce qui est possible pour moi maintenant. Et ça change beaucoup de choses. Parce qu'un nom mature, c'est pas un abandon, c'est une information sur une limite, sur un état intérieur, sur une disponibilité réelle. Et dans le couple, cette honnêteté peut être beaucoup plus sécurisante qu'un oui donné par devoir. et surtout s'il est suivi en plus par du retrait, de la fuite. Et donc pour les hommes qui se reconnaissent dans cette difficulté, l'enjeu n'est pas de devenir moins responsable, l'enjeu est de distinguer responsabilité et suradaptation. Être responsable, c'est aussi nommer ses limites avant qu'elles ne deviennent de la distance, de la colère ou de l'épuisement. Il me semble maintenant aussi essentiel d'aborder l'autre côté du sujet, parce que l'art de dire non ne concerne pas seulement la personne qui pose les limites. Il concerne aussi celle qui la reçoit. Dans un couple, un nom peut réveiller énormément de choses. Lorsque l'autre me dit non, je peux l'entendre à travers la situation présente, mais aussi je peux l'entendre à travers mon histoire. Moi, je sais que je déteste le nom, mais voilà, je le travaille encore, même après 15 ans d'expertise en vous accompagnant. Et parce que, en fait, tout simplement, ce nom vient toucher en moi quelque chose qui dépasse largement le moment lui-même. Donc un homme peut réveiller vraiment une peur de ne pas compter, une peur d'être abandonné, une peur d'être de trop, une peur de ne pas être prioritaire, une peur de ne pas être aimé, comme je l'espère, comme je le fantasme. Et lorsque ces peurs se réveillent, je peux transformer la limite de l'autre en une interprétation douloureuse. Il me dit non, donc je ne compte pas. Elle me dit non, donc elle ne m'aime plus. Il me dit non, donc je dérange. Mais ces interprétations ne sont pas toujours la réalité de ce que l'autre exprime. Parfois, un nom est simplement un nom. Un nom à un moment, un nom à une demande, un nom à une forme, mais pas au lien ni à la relation. Prenons un exemple. Une femme dit à son conjoint « Ce soir, je n'ai pas l'énergie de parler de ce sujet, j'ai besoin de repos. » Si lui entend cette phrase comme un rejet, il peut se fermer, lui reprocher de ne jamais être disponible. Mais s'il peut entendre ce que ce nom parle de l'état intérieur de sa femme et non de sa valeur à lui, il peut rester en lien. et peut même aller plus loin en disant « qu'est-ce que je peux faire pour que tu puisses récupérer un peu de l'énergie ? » Le sujet existe toujours. La discussion pourra avoir lieu. Mais ce soir-là, elle nomme une limite. À l'inverse, un homme peut dire à sa partenaire « je n'ai pas envie d'aller à ce dîner ce week-end. J'ai besoin d'un moment calme. » Si elle entend cela comme un désengagement, comme un manque d'investissement, elle peut se sentir seule, peu considérée. Mais si elle peut l'entendre, ce que ce nom parle d'un besoin de récupération, alors le dialogue... devient plus ouvert. Et elle aussi, elle peut peut-être se questionner sur l'organisation des week-ends, sur la semaine. Et on peut remettre beaucoup de choses à plat. Recevoir un nom demande aussi de regarder ce que ça vient toucher en soi. Si le nom de l'autre provoque une réaction très intense, il peut être intéressant d'observer ce que cette intensité raconte. Est-ce que ce nom réveille une ancienne blessure ? Est-ce qu'il réactive un sentiment d'abandon ? Est-ce que je l'entends comme une... condamnation de ma valeur. Et ici, je précise, je parle du nom posé comme une limite sincère, pas comme une manière de fuir, de punir ou de contrôler. Et ce nom-là mérite d'être entendu avec finesse. Parce qu'un couple où personne n'a le droit de dire non, devient vite étouffant. Et un couple où chaque nom est vécu comme un rejet, ça va devenir fragile. Et chacun finit par marcher sur des œufs. Pour recevoir un nom, c'est accepter que l'autre existe séparément de nous. C'est accepter qu'il y a un rythme, une limite. Un état intérieur qui ne correspond pas toujours à notre attente du moment. Et cela ne veut pas dire que l'amour disparaît. Au contraire, parfois, l'amour devient plus mature lorsqu'il peut supporter la différence. Ce que j'aimerais vraiment transmettre dans cet épisode, c'est que dire non peut parfois être un acte en faveur du lien, en faisant grandir le lien. Et je sais que cette phrase surprend toujours, parce que beaucoup de personnes associent le non à une fermeture. Mais en fait, dans sa forme la plus mature, le nom n'est pas l'opposé du lien. Au contraire, il peut protéger sa naqualité. Je vais en reparler aussi, mais un nom qu'on place à un enfant dans un cadre sécurise, renforce la confiance en lui. Et les recherches sur l'assertivité dans le couple le montrent très clairement. Dans les relations intimes, les limites ne sont pas des murs qui vont se séparer, ce sont des ponts. Elles permettent à chacun de dire oui avec authenticité. Non, et non sans peur en fait, parce qu'un oui qui ne peut jamais devenir non est parfois un oui enfermé. S'il n'a pas le droit d'être non, il n'est pas totalement libre. Il devient automatique, presque confondu avec notre rôle dans la relation. Mais si je peux dire non, alors mon oui devient plus clair, plus habité, plus choisi, plus conscient. Et cela change la... qualité du lien. Dans un couple, il est précieux de sentir que l'autre dit oui parce qu'il est réellement là, parce qu'il en a envie. Pas seulement pour éviter notre déception. De la même manière, il est précieux de pouvoir dire oui à l'autre sans ressentir que l'on s'abandonne soi-même. Le oui devient alors un mouvement de rencontre, pas un mouvement de renoncement silencieux. Bien sûr que dire non ne garantit pas que l'autre sera immédiatement confortable. L'autre peut être déçu, il peut avoir besoin d'un temps pour intégrer, il peut ressentir une frustration. Mais c'est précisément là que la culpabilité revient. Mais le fait que l'autre ressente quelque chose ne signifie pas automatiquement que le non est injuste. C'est une phrase importante que je voudrais que vous puissiez emporter avec vous. Dans beaucoup de couples, la culpabilité apparaît dès que l'autre est contrarié. Comme si la contrariété de l'autre prouvait que nous avons mal fait. Mais dans une relation adulte, l'autre peut être touché par notre limite. sans que cette limite soit mauvaise. Il peut y avoir deux réalités en même temps. Mon nom est juste pour moi et il est inconfortable pour toi. Ton inconfort mérite d'être entendu et ma limite mérite d'être respectée. Cette coexistence est au cœur de la maturité relationnelle. Le couple n'a pas besoin que chacun soit toujours d'accord, toujours disponible, toujours aligné sur le même rythme. Il a besoin que ces différences puissent être nommées sans devenir... immédiatement des menaces. Dire non avec maturité, c'est accepter que l'autre puisse être touché, tout en ne transformant pas automatiquement son inconfort en preuve que nous avons mal fait. Tout ce que nous venons de regarder, la difficulté de dire non au quotidien, les oui que l'on donne par culpabilité, la peur de décevoir, la peur de ne pas être à la hauteur, tout cela ne reste pas anecdotique. À force de ne pas... ne pas pouvoir dire non aux petites choses, on finit par ne plus pouvoir se positionner sur les grandes décisions. Et du coup, il y a une grande question que beaucoup de personnes portent en silence, parfois pendant des semaines, des mois, voire des années. C'est cette question, est-ce que je reste ou est-ce que je pars ? Est-ce que je sauve mon couple ou pas ? Si vous n'arrivez pas à dire non à un dimanche qui vous épuise, comment pourriez-vous dire stop à une relation ou oui, je sauve mon couple ? Si la culpabilité décide à votre place pour des choses simples, comment ne déciderait-elle pas à votre place ? pour des choses essentielles. C'est exactement ce que j'ai vu en séance pendant des années. La même culpabilité qui empêche les femmes et les hommes de poser des limites au quotidien. C'est celle qui les empêche aussi de répondre clairement à cette question. Elle brouille la lecture. Elle transforme une réflexion en boucle anxieuse qui tourne et qui tourne et qui tourne en rond. Et elle empêche aussi de sauver son couple. en pleine conscience. C'est pour cette raison que j'ai construit le chemin Partir ou Rester. C'est un parcours pensé pour celles et ceux qui se posent cette question, parfois depuis longtemps, et qui ont besoin d'un cadre clair pour commencer à y voir plus net. C'est pas un programme qui vous dit ce que vous devez faire, c'est un programme qui vous aide à sortir du brouillard, à différencier ce qui vous appartient à votre histoire, ce qui appartient à la relation actuelle, et ce qui dépend de la dynamique de couple. Trois parties, environ... 6 heures de contenu que vous allez pouvoir suivre à votre rythme. Si en m'écoutant et en écoutant cet épisode, vous avez senti que cette culpabilité du non se cristallise pour vous, autour de cette question qui est plus large, alors je vous invite vraiment à aller regarder le lien qui est en description. Et pour conclure, j'aimerais vous laisser avec cette idée. Dire non sans vous sentir coupable ne signifie pas être indifférent à l'autre. Cela signifie apprendre à distinguer la limite du rejet, la... clarté, de la brutalité, la responsabilité, de la culpabilité. Cela signifie reconnaître que vous pouvez aimer profondément quelqu'un sans être disponible à tout, tout le temps et de toutes les manières. Vous pouvez tenir compte de l'autre sans vous effacer. Vous pouvez être sensible à sa déception sans faire de cette déception une preuve que vous avez mal fait. Et lorsque le non trouve sa place, le oui devient extrêmement précieux. Parce qu'il n'est plus automatique. il n'est plus donné pour calmer la culpabilité. Ça devient un vrai oui, un oui choisi, un oui habité, un oui qui vient d'un endroit plus libre. Et je vous laisse avec cette réflexion. Et si apprendre à dire non sans vous sentir coupable, ce n'était pas apprendre à aimer moins, mais apprendre à aimer depuis une place plus claire, plus libre et plus vraie. On se retrouve dans un prochain épisode très rapidement. À très bientôt ! 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