- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans les coulisses de la formation, le podcast qui plonge dans le quotidien des dirigeants d'organismes de formation. Je suis Hugo Carpentier, développeur et aujourd'hui j'accueille Virginie Vier, dirigeante d'Adassa Campus. On va lever le voile sur la réalité du métier de dirigeant d'organismes de formation, son quotidien, ses choix, ses défis et son organisation. Mais juste avant ça, si vous êtes dirigeant d'un organisme de formation, que vous passez beaucoup de temps sur des tâches administratives, marketing ou commerciales, je peux peut-être vous aider à gagner du temps et automatiser certaines actions. Je vous propose un appel de consulting gratuit d'une heure pour voir si je peux vous être utile. Le lien est en description et on pourra analyser vos process pour voir où vous pouvez être plus efficace. Alors pour commencer Virginie, est-ce que tu peux te présenter et nous dire qui tu es aujourd'hui dans ton organisme de formation ?
- Speaker #1
Oui, bonjour à tous. Donc, Virginie Vier, je suis directrice du CFA Hormur, donc Adasa Campus. C'est un CFA et organisme de formation dans le champ du sport, de l'animation, du tourisme et plus généralement, on va dire, dans les métiers de l'économie sociale et solidaire. Nous sommes basés en Auvergne-Rhône-Alpes, plus précisément à Clermont-Ferrand.
- Speaker #0
Ok, super. Et avant d'être dirigeante d'un organisme de formation, qu'est-ce que tu faisais et puis à quel moment l'idée de reprendre ou de créer un organisme de formation a émergé ?
- Speaker #1
Alors, j'ai un petit peu d'expérience maintenant. J'ai commencé en tant que consultante bilan de compétences, puisqu'au départ, j'ai une formation de psychologue du travail. Donc, j'ai commencé sur la réalisation de bilans. de compétences, pardon, et puis naturellement, je me suis dirigée sur les structures plutôt liées à l'insertion, parce que j'ai toujours eu à cœur d'accompagner des publics dits fragiles, donc voilà, des publics spécifiques. J'ai aussi travaillé en mission locale et puis j'ai rencontré une structure de l'éducation populaire qui m'a embauchée au départ, consultante bilan de compétences, et puis j'ai évolué sur des mesures. spécifique. Alors, à l'époque, ça s'appelait encore AMPE. Ah oui,
- Speaker #0
d'accord.
- Speaker #1
Un peu âgé.
- Speaker #0
J'ai connu quand même. Maintenant,
- Speaker #1
France Travail, on accompagnait des demandeurs d'emploi et naturellement, dans cette association, j'ai pu avoir différents postes et petits... à petit, en me spécialisant sur la qualité, puisqu'on débutait l'énorme ISO 9001 à l'époque, avant Datadoc et toutes ces joyeusetés, mais ça existait déjà. Les OEMs étaient déjà organisés. La qualité n'est pas un sujet nouveau. Donc, on était déjà sur ces process, un petit peu de qualité, naturellement, de la coordination d'action, donc un peu de management. J'ai évolué comme ça pendant plus de 16 ans dans cette belle structure d'éducation populaire. J'ai ensuite voulu aller voir d'autres publics, notamment des stagiaires handicapés psy. J'ai été chef de service dans une structure du médico-social et puis ensuite un poste de direction. Parce que là, je me retrouvais coincée entre le management, j'étais vraiment manager intermédiaire et c'est assez compliqué, je le reconnais. Donc, je me suis dit, il faut y aller. Donc, j'ai sauté le pas et j'ai pris une direction d'une EMFR pendant quelques années. Et je suis revenue en Auvergne pour le poste à Adasa Campus, dans le fond du sport.
- Speaker #0
D'accord. Et Adasa ? Donc, ça intervient dans le champ du sport et concrètement, c'est vraiment un CFA hors mur, c'est ça ? C'est ce que tu disais ? Oui,
- Speaker #1
c'est une spécificité peut-être des CFA hors mur, pardon Hugo. Non, non,
- Speaker #0
c'est justement.
- Speaker #1
C'est vraiment de dire que nous, nous ne formons pas en direct les apprentis ou les stagiaires, on va dire le public. On délègue entièrement la formation. à des organismes de formation partenaires que nous appelons unités de formation par apprentissage. Vous m'en excuserez, mais je risque de dire UFA. Mais c'est ce que ça veut dire. Ce sont nos organismes partenaires, nos organismes de formation. Et le rôle d'un CFA hors mur, c'est vraiment de sécuriser la relation et le contrat d'apprentissage entre l'employeur, l'organisme de formation et le jeune. On est vraiment le back office, tout ce qu'on ne voit pas. et qui permet la réussite d'un bon parcours. La pédagogie reste la spécialité de l'organisme de formation. Nous, on est vraiment sur tout ce qui est juridique, financier, administratif. Et parfois, les relations plus compliquées, les relations RH qui ont été mal négociées ou pas suffisamment préparées en amont d'un contrat, puisque l'apprentissage, la particularité, c'est qu'on est sur un contrat de travail.
- Speaker #0
On l'oublie parfois,
- Speaker #1
mais c'est un salarié en formation.
- Speaker #0
Ok, et avant, comment tu imaginais justement ton quotidien de dirigeant avant de passer le cap ? Tu disais que tu as commencé comme consultante.
- Speaker #1
Est-ce que tu as eu des surprises ou c'est globalement ce que tu imaginais parce que tu as eu le temps de voir venir les choses ? On se prend tous les coups, en fait. Donc, c'est vraiment la place qui est pas… Ça forme. Ça forme et ça forge. Donc, ça, c'est, on va dire, c'est le positif. Donc, oui, j'imaginais qu'en ayant la direction d'un organisme de formation, qu'il soit CFA ou autre, eh bien, cette problématique, je ne l'aurais plus. Effectivement, la position de directeur ou directrice permet de faire passer des messages qu'on a du mal à faire passer. en étant manager intermédiaire. Ça passe beaucoup mieux quand on a le statut de directeur. Donc ça, c'est le point positif. Les choses que j'avais sûrement sous-estimées, alors là, je ne l'ai plus dans le hors-mur, mais quand j'étais directrice dans le réseau des MFR, c'était vraiment tout le travail sur le bâtiment parce qu'on gère aussi des bâtiments. Donc ça... Mes formations, je n'avais jamais préparé ça. J'avais des formations, ma vieille formation. Et puis après, tout au long de la vie, des formations management, un petit peu de commerce, du développement, de la relation, du juridique, encore de la gestion. Pas du bâtiment. Non, le bâtiment, c'est vraiment un métier à part entière. Donc ça, ça a été la grosse surprise et le gros challenge, vraiment. Alors, dans le CFA hors mur ou dans un OF classique, parce que nous sommes aussi OF classique, j'ai plus de surprises, hormis les textes de loi qui évoluent.
- Speaker #0
Qui changent, oui, ça c'est sûr. Il faut s'adapter tout le temps.
- Speaker #1
Donc, être en veille, s'adapter, et puis quelque chose qui me semble important au vu de tout ce qui nous arrive en termes de textes de loi. contre la fraude, ce qui est très, très bien. Je n'ai pas de souci avec ça. La mise en œuvre, on va voir. C'est vraiment de pouvoir compter aussi sur un réseau. Et l'avantage, c'est qu'en étant hors mur, on a un réseau de partenaires, d'organismes, de formations. Ensemble, c'est quand même plus facile d'affronter la tempête tout seul sur sa petite barque. Donc, faire partie d'un réseau ces temps-ci,
- Speaker #0
c'est pas mal. Ça peut être bien. OK, on note. Et avec le recul, quelle décision ou erreur tu as le plus appris dans ton parcours de dirigeante ? Donc, pas forcément chez Adasa, mais sur toute ta carrière de dirigeante.
- Speaker #1
La spécificité, alors là, c'est vraiment très lié à mes choix et à ma carrière. Moi, j'ai toujours été dans... dans l'ESS, donc dans les associations. La particularité de la gestion d'une association, c'est cette partie relation avec les élus et le conseil d'administration. Donc, on a le conseil d'administration d'un côté, on a les équipes de l'autre, on a la boutique à faire tourner. Alors, on ne la fait pas tourner seule, c'est ça, hors de question. Enfin, puis vraiment, moi, j'ai jamais eu, vraiment, j'ai toujours eu des équipes qui maîtrisaient. vraiment leur job, donc c'est déjà beaucoup plus facile. Mais cette relation avec le conseil d'administration, des élus qui sont parfois éloignés du quotidien, des équipes, de la réalité, du public qu'on reçoit et qui viennent avec leurs envies, parfois leurs ambitions, c'est parfois compliqué à gérer et donc j'ai pu parfois mal gérer cette relation. qui est assez dans le milieu associatif, on le dit toujours, le couple directeur-président ou directrice-président-président, tu me rapportes, s'il ne fonctionne pas. Ça ne fonctionne pas, je confirme. Je confirme. J'ai toujours maintenant, je fais attention aux relations avec les administrateurs parce que c'est quelque chose à ne pas sous-estimer et qui ne fait pas partie, on va dire, de la checklist du dirigeant d'organisme de formation.
- Speaker #0
Oui, c'est une particularité.
- Speaker #1
Mais en association, c'est vraiment le quotidien du... du directeur ou de la directrice.
- Speaker #0
Ok, ok, ok. Et qu'est-ce qui a eu le plus d'impact sur la structuration ou le développement de ton organisme de formation si tu as, je ne sais pas, fait des modifications ou vu des modifications ?
- Speaker #1
Alors, on a eu des modifications, mais qui sont liées au contexte économique, avec la perte d'unités de formation, donc de partenaires qui ont fait le choix avant que les différentes lois ne passent de nous quitter pour devenir CFA en dur. Donc voilà, ils ont quitté le réseau.
- Speaker #0
Ok. On ne peut pas les…
- Speaker #1
Non, non, absolument pas. Vraiment, un hors-mur, sa spécificité, c'est qu'il n'a pas de pouvoir de décision avec ses partenaires. C'est une relation partenariale. Donc à partir du moment où le contrat... renouvelé ou est rendu, on prend acte et on fait les choses. Donc ça, ça a été quelque chose qu'on a géré et justement là, on est en train de repartir, de reconstruire quelque chose avec les organismes partenaires et puis l'organisme de formation Adasa qui va jouer un rôle aussi important dans l'équilibre de notre écosystème.
- Speaker #0
Donc là, vous êtes en plein milieu d'un changement de direction.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Parce que moi, je prends le poste depuis, ça fait deux ans que je suis en poste. Donc, il y a eu, comme à chaque fois, c'est un bouleversement pour les équipes, pour les partenaires. Donc, ça a aussi joué sur le fait que des partenaires ne souhaitent pas continuer parce qu'on n'est pas sur la même… longueur d'onde. Enfin, voilà, une nouvelle direction arrive avec une feuille de route qui lui a été donnée, moi, en l'occurrence, par mon conseil d'administration. Et donc, effectivement, ça peut ne pas coller, mais ça permet aussi de refaire un diagnostic et que chaque directeur, quand il prend son poste, commence par faire un diagnostic. Ben oui. Ça, moi, je n'ai rien inventé. Et puis proposer des nouvelles actions et des nouvelles pistes de développement parce qu'effectivement, on est sur un champ hyper concurrentiel et il faut qu'on puisse se démarquer.
- Speaker #0
Les lois changent, les financements changent, il y a beaucoup de choses qui évoluent. Donc forcément, il faut adapter.
- Speaker #1
Le champ du sport est fortement impacté par la prochaine révision. On va parler technique. de secondes. Après, il y a une révision des niveaux de prise en charge financés par France Compétences, là, et très, très fortement impacté pour les métiers du sport et de l'animation. Donc, effectivement, il faut réfléchir, mutualiser ce qui peut être encore plus mutualisé. Alors, cette contrainte devient aussi un vrai chantier, mais qui est quand même... Moi, je sais que je préfère travailler comme ça parce que ça ouvre des projets qu'on n'avait pas imaginés. Parce que quand tout va bien, tout est confortable. Oui,
- Speaker #0
on ne change pas.
- Speaker #1
Non. Non. Là, pour le coup, il va falloir changer sûrement des choses qu'on avait l'habitude de faire, qu'on ne pourra plus faire. Parce qu'il y a des économies à faire à toutes les échelles pour tout le monde. Donc, ça nous oblige à rationaliser.
- Speaker #0
À sortir de sa zone de confort.
- Speaker #1
Exactement. Et à imaginer de nouvelles choses. Donc, c'est plutôt stylé.
- Speaker #0
Ok. Et aujourd'hui, justement, qu'est-ce qui te prend le plus de place dans la tête en tant que dirigeante d'un organisme de formation ? Si tu devais décrire quelque chose qui vraiment reste dans ta tête, auquel tu penses tout le temps ?
- Speaker #1
Le modèle économique.
- Speaker #0
Le modèle économique. Ok. C'est intéressant. Tu essaies de l'optimiser, tu le revois. Oui,
- Speaker #1
je le revois. Mais parce que là, c'est vraiment le contexte qui nous est imposé par les différentes lois et les différentes restrictions. Encore une fois, je n'ai pas... pas de débat là-dessus. C'est notre réalité. On s'adapte. On fait au mieux. Et moi, l'idée, c'est qu'on survive et qu'on soit renforcés de ce nouveau écosystème qui est contraint, mais qu'on fasse une force de ces contraintes et qu'on réfléchisse à des pistes qui sont exploitées, qu'on travaille différemment.
- Speaker #0
Comme tu dis, c'est un challenge et ça doit être stimulant aussi. Oui,
- Speaker #1
c'est stimulant, mais c'est un peu...
- Speaker #0
C'est fatiguant aussi, bien sûr. Et si on ouvre un petit peu les coulisses de ton agenda, à quoi ressemble une semaine type pour toi, s'il y en a une ?
- Speaker #1
Beaucoup de rendez-vous.
- Speaker #0
Oui, j'imagine, vu le nombre d'interactions que vous devez avoir.
- Speaker #1
Évidemment, énormément de rendez-vous. passer du coq à l'âne, c'est-à-dire que dans mon emploi du temps, normalement, je me réserve la journée du lundi pour travailler sur ma gestion. Donc, notre modèle économie, c'est là où je fais plutôt tout ce qui est compta, en plus des chiffres, etc. J'essaie au maximum le lundi de me bloquer, mais malheureusement, parfois, je ne peux pas parce que j'ai des rendez-vous qui se bloquent. Donc, on va dire le lundi, c'est plutôt ma journée préservée, mais qui est vraiment dédiée Voilà. Soit la stratégie du CFA, soit de l'OF, enfin, mais de ma structure, avec vraiment la partie compta. Et le reste de la semaine, c'est les rendez-vous avec les partenaires, c'est les rendez-vous avec les institutionnels, avec l'équipe. On fait de l'hybridation, donc on a tous ces projets aussi qu'on porte au niveau de la digitalisation de nos contenus de formation. des contenus de formation de nos unités. Voilà. Ça prend du temps. Rechercher des financements, ça prend du temps aussi. Donc ça, ça devient une activité. Et je me suis gardée la veille réglementaire et juridique. Ça, je garde parce que ça me permet déjà d'être hyper informée de tout ce qui se passe et de mesurer les impacts que ça a sur nous et nos partenaires.
- Speaker #0
Donc voilà,
- Speaker #1
le lundi, ma journée, compta, gestion. Et le vendredi, la journée, plutôt vendredi après-midi, veille réglementaire. Et donc, j'envoie un document à nos unités chaque vendredi. Et le reste de la semaine, ce matin, ça a été les équipes qui étaient avec notre métropole, sur des temps un petit peu dédiés pour qu'on puisse… être aussi repéré en tant que partenaire sur le territoire. Voilà, ça va être de l'analyse. Après, moi, j'ai jonglé avec deux unités de formation, mon président ce matin.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Voilà, c'est pas mal. Et puis, les webinaires, énormément de webinaires, parce qu'on l'a dit, il faut continuer toujours à se former et à s'informer. C'est des webinaires sur la gestion, mais bon. C'est trop compétent, donc on n'a pas le choix.
- Speaker #0
Ok, et justement, comment tu fais pour prioriser ? Parce qu'il y a pas mal de choses qui s'ajoutent, qui sont un peu urgentes. Est-ce que tu arrives à prioriser ?
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas si j'y arrive bien. Mais j'essaie. En fait, moi, j'utilise les IR, comme tu le vois. J'ai des IR qui m'accompagnent pour tout. Et effectivement, Effectivement, j'arrive à faire des points comme ça. Je me pose et je donne l'ensemble des dossiers à traiter et on voit les matrices priorités.
- Speaker #0
Oui, mais c'est une bonne déconc. Oui,
- Speaker #1
donc voilà. Mais ça, c'est plutôt dans mon temps du lundi. Oui,
- Speaker #0
justement sur la partie un peu stratégique.
- Speaker #1
Exactement. Qu'est-ce qui est important à faire ? Je partage mon agenda et en général, c'est bon. C'est même bien chargé. Mais du coup, ça me donne des priorités. Et comme ce matin, il y avait un petit déjeuner, mais c'était impossible au vu de mes autres dossiers à traiter qui sont vraiment prioritaires et importants, j'ai une équipe. Donc, c'est l'équipe. La directrice n'est pas seule à représenter l'organisme de formation. Heureusement.
- Speaker #0
Arriver à déléguer pour se décharger.
- Speaker #1
Oui, et encore une fois, on a une petite équipe, mais elle fonctionne bien. Donc, c'est facile. C'est relativement facile. On a tous des contraintes et des dossiers. Pour l'instant,
- Speaker #0
c'est sympa. OK. Et selon toi, qu'est-ce que les futurs dirigeants d'organismes de formation sous-estiment le plus avant de se lancer, comme tu as été dans les deux cas ? Est-ce que tu aurais un avis là-dessus ?
- Speaker #1
Ce qu'on sous-estime, je pense, c'est vraiment l'analyse de l'écosystème. Soit on évolue en interne et on prend la direction d'un organisme qu'on croit connaître. Mais en fait, quand on prend la direction, on se rend compte de plein de choses qu'on ne comprenait pas parce qu'on n'avait pas l'ensemble des éléments, parce que chaque poste a ses responsabilités. C'est plutôt pas mal que chacun reste dans sa zone d'expertise. ce n'est pas le souci. Mais effectivement, donc, bien comprendre son écosystème, essayer d'anticiper. Moi, je pense que j'essaie d'avoir une vision à moyen terme et long terme et ne pas être accrochée à un poste. On ne fait que passer, même faire un poste de direction. Et moi, je me suis toujours attachée à travailler pour mes structures. Moi, je fais partie à un moment donné de l'histoire. Mais c'est vraiment dans cette projection et cette capacité à se profiter. Mais vraiment, l'économique devient un… Oui, c'est vrai. Parce que franchement, là quand même, oui, ça va devenir quand même assez important. C'est des nouvelles grilles de lecture. C'est des grilles de lecture à avoir. Et quand on dépose un dossier, au même titre qu'on peut être sensible… à la responsabilité sociétale des organisations, on rajoute cette règle de lecture économique, juridique, réglementaire. Je suis dans les clous, je ne suis pas dans les clous. Mais il faut construire souvent les outils et ça fait une charge, un onglet supplémentaire.
- Speaker #0
Ça rajoute du boulot. Et est-ce qu'à un moment, tu t'es dit, j'arrête parce que c'est trop dur. Et si oui, qu'est-ce qui t'a fait continuer ? Donc là, dans tout ton parcours, pas forcément sur ton dernier poste.
- Speaker #1
Alors, à un moment, ça a été assez compliqué parce que surmenage, parce que quand on prend les choses à cœur, on les prend à cœur. Donc, on a beau savoir que ça n'est pas personnel, que tout ça, enfin, vous vous prenez tout en pleine face. Donc, parfois, franchement, le burn-out n'a pas été très, très loin. Ce qui m'a fait tenir, c'est ma famille. Moi, je suis très famille. Donc, un environnement, j'ai de la chance d'avoir une famille stable aussi, qui me soutient. Donc voilà, je pense qu'à ce moment-là, ça a été la famille. Et puis, être en mesure de rebondir sur une opportunité, de se dire, allez, on y retourne et on fait attention. Et on a tout ce qu'on n'a pas bien fait, tout ce qu'on n'a pas bien géré, on a en tête et on a de grandes erreurs.
- Speaker #0
Ben oui, j'imagine. Et justement, avec ton expérience, c'est quoi aujourd'hui ta vision d'un bon dirigeant d'organisme de formation, si tu devais en donner une ?
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il est bon, mais il me semble important de bien comprendre l'écosystème dans lequel l'organisme évolue.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
La barque. Partie management avec son équipe, c'est hyper important parce que seul, franchement, le directeur, il ne fera rien du tout. C'est un coup d'épée dans l'eau, donc ça ne sert à rien. Donc, il faut vraiment être en capacité d'embarquer son équipe. Si on n'est pas en capacité d'embarquer son équipe, je pense qu'il faut être assez lucide aussi et se dire, ce n'est pas grave. Moi, c'est un petit peu ce que je me suis dit. C'est qu'à un moment donné, j'ai été la personne qu'il fallait pour… enclencher quelque chose, mais pas aller jusqu'au bout. Je pense que ce qui est très important, c'est de bien se connaître. Moi, je connais mes faiblesses. Je sais où je ne suis pas très bonne. J'ai mes axes de progrès. Même à plus de 50 ans. Oui, on progresse. Après, c'est savoir où sont nos limites, bien s'entourer. Vraiment, il faut être hyper bien entouré, que ce soit du côté personnel, mais aussi du côté professionnel. et la définition c'est être rester humain enfin On est des humains, quel que soit le contexte. Moi, je ne suis pas comme ça. Oui,
- Speaker #0
il faut traiter les gens avec bienveillance, rester avec les humains, peu importe la pression.
- Speaker #1
C'est ça. Alors, c'est très compliqué parfois. Vraiment, je vous assure. Je t'assure que ce n'est vraiment pas facile, mais on n'est que des humains. Et moi, je le vois avec les jeunes. Je pense que notre génération, on n'a pas été élevés à se dire, si le boulot ne me convient pas, à un moment donné, j'ai le droit d'arrêter et de dire, ça ne va pas, je m'en vais. Nous, il fallait quasiment aller au travail.
- Speaker #0
Non, mais oui, ça a bien changé, c'est sûr.
- Speaker #1
Eh bien, on a eu tort. Donc ça, je l'ai toujours dit. C'est vrai, je pense que ça, c'est le bilan de compétences qui m'a formée comme ça. Le travail n'est pas là pour nous rendre malheureux. Donc, si à un moment donné, on se rend compte que notre travail nous rend malhormé, quel que soit le poste. Alors, c'est très facile à dire, mais je l'ai vécu et parfois, ce n'est pas facile à faire. Mais je pense qu'il faut aussi se dire, je ne suis plus à ma place et ce n'est pas grave, j'ai une place ailleurs. Et il faut commencer à aller chercher cet ailleurs. Et ça le fait aussi sur des postes de direction.
- Speaker #0
Ok, c'est intéressant, c'est bien de… De noter que peu importe le poste, des fois, on peut ne plus être à sa place. Il ne faut pas hésiter à changer, à trouver une autre voie.
- Speaker #1
En discuter avec des personnes, bien sûr, de confiance, parce qu'on est sur des situations délicates. Quand on souhaite quitter son poste, c'est parfois compliqué. Mais il y a quand même des structures, il y a des réseaux qui vous permettent de faire ça. Moi, je crois vraiment à la force du réseau. et du réseautage.
- Speaker #0
Ça revient très souvent, le réseau bien s'entourer. C'est l'humain, effectivement. On n'est que des humains. Et quand tu regardes les prochaines années, qu'est-ce qui va, selon toi, le plus challenger les dirigeants d'organismes de formation ?
- Speaker #1
Alors... Je ne sais pas, je vais peut-être plus parler de moi et de ma vision, parce que de façon générale, je sais que ce qui va nous impacter vraiment, c'est l'IA et tout ce qu'elle peut apporter, et donc enlever à une capacité humaine, clairement. Donc, il faut vraiment se former et bien en mesurer l'impact et avoir pareil. une éthique par rapport à nos utilisations. Le contexte économique, la jeune génération va nous impacter. Moi, je suis très contente et c'est tant mieux. C'est tant mieux parce que je trouve qu'ils apportent quelque chose que nous, on n'a pas eu et c'est très bien. Mais ça va bousculer les organisations. plus que les organismes de formation, mais vraiment les organisations au sens sociologique. Vraiment, ça va être bousculé parce qu'à la tête de ces organisations, vous avez des personnes de mon âge, voire encore un peu plus âgées et qui n'ont pas du tout été structurées mentalement pour réfléchir comme les jeunes. Et encore une fois, c'est tant mieux qu'il y ait cette... cette mixité, mais encore faut-il qu'on soit en mesure de l'accueillir.
- Speaker #0
Que tout le monde travaille ensemble, revoit sa manière de fonctionner, etc.
- Speaker #1
Oui, parce que ça va nous interroger. Mais vraiment, je me dis, l'impact le plus sur les organismes de formation, donc la digitalisation, la réduction des financements, qui va obliger chacun à se repositionner. Les démarches qualité qui peuvent être vraiment très différenciantes d'une structure à l'autre. On ne peut voir que la qualité sous le prisme administratif. Ou alors se dire, non, c'est vraiment une opportunité. J'ai ma roue qui fonctionne bien et je suis en permanence en amélioration.
- Speaker #0
Oui, il y a quand même quelques impacts non négligeables qui arrivent. Et je pense que ça arrive très vite, en fait.
- Speaker #1
Plus vite qu'on ne le croit, plus vite, c'est ça. Aussi, la difficulté, c'est d'arriver à absorber tous ces changements. Voilà, ça va vite, quoi.
- Speaker #0
J'ai un exemple concret. Donc, on discutait avec les organismes de formation partenaire. et donc nous on a un service dédié à la digitalisation et à l'hybridation. On est plutôt à l'aise avec ces sujets. Et les organismes étaient plutôt réfractaires à ce sujet parce que dans le champ du sport, de l'animation, de l'ESS, on est sur du main. Oui, mais il y a une réalité économique qui nous rattrape tous. Et puis, on peut faire de l'hybridation de façon très qualitative. Donc... Là, ce sont les jeunes de ces organismes de formation qui ont dit « Ah mais non, mais nous, on est super fans, on utilise ! »
- Speaker #1
Et oui, donc d'où l'impact aussi des jeunes ?
- Speaker #0
Le public, lui, est déjà plus prêt. Sur les impacts liés aux emplois, non, je crois qu'ils ne mesurent pas encore, mais c'est normal, ils ne sont pas formés, on ne les a pas, voilà. Ils ne voient pas les impacts, mais… Et on peut avoir des surprises avec nos publics et ce sont parfois nos publics qui nous obligent à nous réinventer aussi ou à accélérer des changements qu'on avait commencé à entreprendre.
- Speaker #1
Oui, c'est bien. C'est vrai que ça peut venir un peu de tous les côtés. Et pour finir sur une note optimiste, si un dirigeant d'organisme de formation écoute cet épisode et qu'il traverse... Une période un peu compliquée, qu'est-ce que tu aimerais lui dire ?
- Speaker #0
J'aimerais lui dire qu'il existe des solutions, qu'il existe des réseaux aussi qui peuvent être là pour le soutenir. On a des réseaux, alors encore une fois, je suis très ESS, mais il y a un syndicat d'employeurs, l'UDES, qui rassemble l'ensemble des employeurs de l'ESS qui peut aider. Ils ont une cellule SOS employeurs, donc il y a des... personnes qui sont là pour écouter, qui peuvent vraiment aider, c'est gratuit. Il y a vraiment beaucoup de dispositifs d'aide pour les dirigeants, parce que ce qu'on n'a pas dit, c'est que quoi qu'il arrive, un poste de directeur, c'est un poste solitaire. Même si on est hyper entouré et qu'on fait un métier où on est en relation en permanence, quand il faut prendre la décision, on est seul. Donc, Merci. Ça, on a oublié de le dire, mais c'est vrai qu'on est très, très entourés, mais on est quand même un peu seuls face à des décisions. Et un directeur ne doit pas rester seul et il doit pouvoir trouver du soutien. Je parle de l'UDES, mais je sais qu'il y en a tout plein dans tous les autres secteurs. Mais il ne faut pas hésiter et sinon, il faut me passer un coup de fil.
- Speaker #1
Ça marche, on le dit. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir écouté les coulisses de la formation. Si vous êtes un dirigeant d'organisme de formation et que vous voulez optimiser vos process pour libérer du temps chaque semaine, je le rappelle, n'hésitez pas à réserver votre appel gratuit. Le lien est en description. On mettra tous tes liens pour Adasa Campus. etc. Restez connectés pour découvrir d'autres parcours, expériences et conseils pratiques qui vous aideront à mieux gérer et développer votre organisme de formation. A très bientôt et encore merci Virginie.
- Speaker #0
A bientôt.