- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans les coulisses de la formation, le podcast qui plonge dans le quotidien des dirigeants d'organismes de formation. Je suis Hugo Carpentier, développeur, et aujourd'hui j'accueille Nicolas Esclapès, directeur des opérations chez Essica. On va lever le voile sur la réalité du métier de dirigeant d'organismes de formation, son quotidien, ses choix, ses défis et son organisation. Mais juste avant ça, si vous êtes dirigeant d'un organisme de formation et que vous passez beaucoup de temps sur des tâches administratives, marketing ou commerciales, je peux peut-être vous aider à gagner du temps et automater certaines actions. Je vous propose un appel de consulting gratuit d'une heure pour voir si je peux vous être utile. Le lien est en description et on pourra analyser vos process pour voir où vous pouvez être plus efficace. Alors, pour commencer, Nicolas, est-ce que tu peux te présenter et nous dire qui tu es aujourd'hui dans ton organisme de formation ?
- Speaker #1
Tout à fait. Bonjour, Hugo.
- Speaker #0
Bonjour. Moi,
- Speaker #1
je suis Nicolas Esclapèze et je suis directeur de ESICA. Donc, ESICA, organisme de conseil. et de formation professionnelle continue.
- Speaker #0
Ok. Et avant d'être dirigeant de cet organisme de formation, qu'est-ce que tu faisais et à quel moment l'idée de créer ou de reprendre un organisme t'est venue ?
- Speaker #1
Alors, quand je présente mon parcours professionnel, moi, je considère que j'ai deux moments clés dans mon parcours, deux phases, si je puis dire, deux cycles. Un premier où j'étais dans le tourisme. Ça a du sens de le dire parce que j'ai travaillé notamment dans le team building. Quand on fait du team building, forcément, on est amené à faire de l'animation. C'était l'organisation d'incentives pour les entreprises. On fait de l'animation, on est animateur de formation, on se retrouve devant les publics. Évidemment, l'idée, c'est d'avoir un côté ludique, sympa, autour d'un programme de loisirs. Au fil du temps, je te parle de ça, c'était il y a plus d'un temps. Au fil du temps, il y a plus de 20 ans, quand j'étais dans ce moment-là, on voyait déjà l'orientation des entreprises qui passait quelque part d'organisation de grandes carnaises d'entreprises, ou en tout cas de vrais moments très festifs, à forcément des moments durant lesquels on voulait vraiment avoir du sens, créer du sens, qu'on s'adonnait vraiment du sens dans ce qu'on faisait. On ne va pas encore parler de pédagogie à ce stade, mais en tout cas, créer quelque chose qui soit porteur de valeur. Et c'est là où de plus en plus les programmes évoluaient. On a commencé à parler de RSE, on a commencé à intégrer bon nombre de paramètres dans les entreprises à ce moment-là. Et moi, c'est ce qui m'a donné l'envie finalement de m'orienter vers la formation. C'est parce qu'à ce stade-là et à ce moment-là, je me suis vraiment rendu compte qu'on pouvait donner une portée pédagogique finalement à ces programmes d'animation. Et pour moi, un formateur reste aussi quand même, malgré tout, toujours un animateur. avec une expertise, même animateur aussi. Et c'est ce qui m'a, on va dire, orienté vers la formation. Donc après, je ne sais pas si on rentre un peu dans le détail de mon parcours, mais en tout cas, pour ce qui est vraiment de cette orientation, à ce moment, c'est ce moment-là. Moi, j'ai vu quelqu'un animer, et quand je l'ai vu animer sur la communication managériale, quelque part, je me suis dit, mais c'est vraiment ça que je veux faire, parce que je l'ai vu vraiment faire des programmes d'animation. avec en même temps vraiment une portée pédagogique très bien construite. Et je me suis dit, c'est ce que je veux faire. Donc, ça m'a quelque part ensuite orienté vers la formation professionnelle continue avec plusieurs étapes dans mon parcours dans la formation au sens large, puisque ça fait maintenant un peu plus de dix ans que je suis dans ce secteur.
- Speaker #0
Ok, donc c'est le côté un petit peu dynamique, animation aussi, avec bien sûr une visée pédagogique. Est-ce que tu as commencé en tant que formateur avant d'être directeur des opérations chez SICA ou tu as eu directement un poste de direction ?
- Speaker #1
J'ai eu plusieurs étapes en effet. La première, ça a été pendant presque cinq ans. J'ai été indépendant, formateur, justement sur les matières de communication managériale, sur le marketing, sur le management. Et j'ai intervenu dans tel effort auprès des entreprises, mais également auprès d'écoles d'enseignement supérieur privé. Et donc en tant qu'indépendant. Puis ensuite, j'ai eu l'envie, le besoin même, je dirais, de me refondre dans un collectif. Parce que quand on est indépendant, il y a plein de bonnes choses. Mais ce qui peut parfois être un peu la limite, c'est dans son développement justement d'entreprise, on a parfois un plafond vert, on va dire. Et donc pour ces raisons-là, et puis aussi parce que j'avais besoin de... de me refondre dans un collectif. de retrouver une dynamique quelque part d'échange. J'ai donc intégré une entreprise, un organisme de formation spécialisée dans le réglementaire. Je me suis occupé du développement, puis ensuite j'ai été directeur. Tout ça a duré à peu près cinq ans. Et puis ensuite, en termes de développement, il est arrivé un petit peu un moment dans lequel, en termes de perspective de développement, il est arrivé un petit peu, on va dire, à maturité. Et c'est la raison pour laquelle j'ai intégré ensuite ESICA. Pour tout dire, je me suis fait un petit projet par la direction d'enseignement supérieur entre deux. Et ensuite, j'ai intégré ESICA. Ça fait maintenant un an et demi quasiment que je suis chez ESICA. Et donc, je suis directeur de cet organisme de formation.
- Speaker #0
D'accord. Et quand tu as commencé, justement, comment tu imaginais un petit peu ton quotidien ? de dirigeant et en quoi la réalité est un petit peu différente aujourd'hui, si elle l'est ?
- Speaker #1
En fait, au-delà de dirigeant, j'ai tendance à plutôt employer le terme d'entrepreneur. En tout cas, c'est comme ça que je perçois la notion de dirigeant. Et comme le fil conducteur de tout ce que j'ai pu faire a toujours été orienté développement, Pour moi, le quotidien a toujours été, quelque part, articulé autour de plein de choses, une forme de polyvalence, être un peu sur tous les fronts, une capacité de pouvoir gérer plusieurs choses à la fois. Maintenant, je dirais qu'avec l'expérience et le temps, ce que j'ai peut-être le plus compris ou assimilé de plus en plus en tant que dirigeant, c'est effectivement cette capacité à être avec les autres, avec son équipe. Justement, ne pas être dans un côté direction, mais plus accompagnement avec les autres. Et en fait, on fait rien sans adhésion, sans créer de l'adhésion. Donc, il faut pouvoir inscrire un collectif. Et quand je dis ça, c'est avec tout ce que ça peut contraindre et être subi à difficulté parce que c'est loin d'être un peu l'enflève tranquille.
- Speaker #0
mais oui ça c'est vraiment important c'est peut-être là-dessus en tout cas que j'ai le plus appris dans mon parcours et justement quelle a été ta première vraie difficulté par rapport à ça peut-être le côté créer du lien pas être juste un supérieur hiérarchique je sais pas ou une autre difficulté que t'as eu à ce poste
- Speaker #1
En fait, la difficulté quand tu prends un poste de dirigeant ou directeur, c'est que tu vas être amené à conduire du changement. Et quand tu fais cette conduite du changement, ce qui est souvent difficile, c'est de créer l'adhésion. Et parfois, c'est aussi accepter la non-adhésion. Et elle est tout à fait acceptable. Et tu peux tout à fait comprendre que dans une équipe, à des personnes. Quand tu arrives, tu as ton projet, ta vision, ta manière d'aborder les choses. Et tu veux bien évidemment faire en sorte que tout le monde puisse s'y retrouver, mais tout le monde ne s'y retrouve pas toujours forcément. Et ça fait aussi partie de la vie de dirigeant. Et c'est ce qui est parfois aussi un peu difficile à accepter parce que toi, quand tu arrives avec de la bienveillance, de l'envie de bien faire en tout cas, tu te rends compte quand même que le fait de vouloir quelque part... jamais imposé, mais en tout cas, amener les personnes dans la direction que toi, tu penses être la vision au projet d'entreprise, c'est le management et c'est toute la complexité de l'exercice. Et c'est ce qui fait que certains vont être avec toi dans cette dynamique, etc. Et puis, il y a d'autres personnes qui, à un moment donné, vont parfois vouloir orienter différemment leur chemin ou leur parcours. Tu t'as fait s'entendre, mais en fait… C'est cet équilibre et à un moment donné, quand même réussir, parce que c'est là ton enjeu, à collectivement réussir à engager les personnes, à les intégrer dans le projet et à les amener quelque part vers la vision que toi tu as du chemin ou de la vision que tu as dans ton projet.
- Speaker #0
Ça peut se faire progressivement, il ne faut pas se décourager si au début tout le monde n'est pas avec toi sur le projet ou sur un changement.
- Speaker #1
On s'apprend du temps et ça doit se faire aussi dans le respect toujours de l'existant et de ce qui se fait. Mais ça ne doit quand même pas non plus contraindre l'évolution. On a envie de vouloir faire évoluer les choses, surtout aujourd'hui où on traverse une période dans laquelle il y a tellement de choses qui se passent. dans nos environnements respectifs que c'est important.
- Speaker #0
Et justement, avec le recul, quelles décisions ou erreurs tu as le plus appris dans ton parcours jusque-là ? Si tu en as une où tu penses à vraiment quelque chose que tu n'aurais pas forcément bien fait ou que tu ferais différemment aujourd'hui ?
- Speaker #1
Il y en a vraiment beaucoup. Il faut penser les mots. Non, mais je pense Je pense que souvent, ce qu'on peut faire maladroitement, je vais dire ça comme ça, c'est fort d'un enthousiasme débordant, vouloir quelque part imposer, mais presque, en tout cas être aux forces de proposition et vouloir absolument être force de conviction sur un sujet et peut-être pas suffisamment être quand même aussi dans, quelque part, l'écoute en tout cas. l'approche de ce que l'autre a proposé. Et ça, c'est un travail, je dirais, quelque part, de tous les jours. C'est-à-dire que c'est quelque chose, je pense que tout dirigeant, en tout cas, doit se poser ce genre de questions. Et c'est un vrai chemin qu'on fait. Je pense que je me suis quand même un peu amélioré par rapport à il y a 20 ans quand j'ai démarré en tant que manager. Mais je suis encore probablement pas tout à fait... finit par avoir un temps. Oui, c'est un travail. C'est vrai que c'est un vrai chemin et c'est peut-être ce dont on se rend le moins compte quand on a des fonctions managériales. C'est qu'au départ, on arrive avec beaucoup de certitude, mais de plus en plus, on se rend compte quand même qu'avant toute chose, le management, c'est de la remise en question, c'est de la compréhension et c'est de la transition et de l'évolution.
- Speaker #0
Ok, et justement, qu'est-ce qui a eu le plus d'impact sur la structuration et le développement au sein de ton organisme de formation ? Par exemple, une décision que tu aurais pu prendre ou un changement que tu aurais pu opérer et où tu t'es dit que ça a pas mal d'impact et que tu aurais pu le faire avant ?
- Speaker #1
Ça me donnait l'occasion de présenter un peu SICA. SICA a 30 ans d'existence. La fonction de l'entreprise, c'est la fusion de trois entités qui avaient chacune sa spécialité. Et quand je suis arrivé, ce qui était un petit peu difficile, c'était la lisibilité de l'offre. Bien faire comprendre quelle était notre identité en termes d'offres, de propositions d'ailleurs, de ce qu'on savait faire, ce qu'on peut apporter aux entreprises. Bien qu'on avait évidemment un socle extrêmement... solide de confiance et d'entreprise avec lesquelles on travaille depuis de nombreuses années, cette lisibilité-là, elle avait un vrai travail à faire. Donc, on y a beaucoup travaillé. Pour ça, on a pris des décisions fortes, stratégiques, avec pour certains volets au Business Unit, on a décidé d'arrêter certaines Business Units pour mieux travailler les autres et puis pour consolider un certain nombre de pôles d'expertise. Et donc aujourd'hui, ce qui nous rend fiers collectivement, c'est notamment une offre aujourd'hui avec un site internet tout neuf, tout beau, sur lequel on a su vraiment donner de nous et qui nous ressemble. Et sur lequel, en fait, on a effectivement dans notre offre aujourd'hui notre proposition de valeur qui est assez claire et où on peut du coup bâtir et construire avec les clients ce qu'on sait faire de mieux. Mais en même temps, ça a été aussi peut-être le challenge le plus difficile à relever, en tout cas celui qui était plus ambitieux quand je suis arrivé. C'était cette transformation un petit peu, je dirais, quelque part, ou cette évolution, tout en respectant évidemment tout le travail qui a été fait en Allemagne et c'est vraiment par beaucoup de dialogues, notamment avec le fondateur, avec le président, mais aussi avec les équipes. Et puis, je pense que ce dont on peut être fier aujourd'hui, c'est effectivement que quand on regarde ce qu'on fait et comme on avance, on est collectivement en phase.
- Speaker #0
Ok, super. Et justement, si on ouvre aussi les coulisses de ton agenda, à quoi ressemble une semaine type pour toi et qu'est-ce qui te prend le plus de place, en tout cas, dans ton agenda ?
- Speaker #1
Alors justement, tu t'en doutes, je pense, mais une semaine, c'est souvent beaucoup de choses. Alors effectivement, nous, la façon dont on articule l'organisme, c'est ton métier en plus, donc ça va te parler, c'est effectivement le côté front et back-office, on va dire. Donc un côté quand même qui est très... justement marketing de l'offre et le côté commercial et ensuite j'allais dire à partir du moment où le client est avec nous à ce moment là l'onboarding et la capacité à pouvoir survivre une expérience de formation qui va être la plus durable possible et donc à partir de ce moment là l'intégrer dans le process ce que j'articule je suis plus orienté opérationnellement Bon. côté marketing commercial j'ai à mes côtés un responsable de formation qui lui gère justement tout l'aspect beaucoup plus structurant donc Calliope pour ne pas me nommer mais aussi tout l'aspect vraiment administratif mais pas seulement également expérentiel du client quand il est vraiment sur dans le dispositif intérieur, dans le dispositif de formation. Et moi, en fait, ma semaine, ça va être de jongler sur un petit peu toutes ces fonctions, certaines d'un point de vue très opérationnel, et pour d'autres, d'un côté beaucoup plus pilote, sur lequel on va me faire de la remontée d'infos, et moi, je vais piloter ça. Et ça, effectivement, ça rythme bien 5 journées, au moins.
- Speaker #0
et comment tu fais concrètement pour prioriser justement quand on est un peu sur tous les fronts, quand tout semble urgent, est-ce qu'on y arrive ou alors on fait un petit peu comme on peut ?
- Speaker #1
en fait on doit surtout gérer plus qu'on peut, c'est presque une obligation de le faire ça passe en fait par un agenda qu'il faut quand même au maximum respecter déléguer quand même effectivement une priorisation des tâches justement et ça aussi c'était un travail qu'on a fait de bien aborder le périmètre de chaque collaborateur chacun demande de l'équipe vraiment que chacun soit dans son périmètre réussir à huiler j'allais dire quelque part un petit peu les process faire en sorte que ce soit pas que de l'écrit mais quelque chose qui fasse que À partir d'un certain temps, tout le monde sait quand est-ce qu'il prend la main, quand est-ce qu'il laisse la main, que ça se fasse un peu comme une équipe de foot sur un terrain. On doit savoir passer le ballon au bon moment pour être efficace. Et donc, effectivement, après, ça passe par des choses assez classiques qui sont déjà bien respectées sur l'agenda. Tenir les créneaux, ne pas s'éterniser en réunion, mais faire en sorte que... que ce soit des vrais moments de co-construction, des bons travails avec un bon jour et une finalité au bout de la règle. Oui, ici. Et puis, après, évidemment, il y a quand même aussi beaucoup de choses qui sont dans l'informel parce que c'est quand même là qu'on crée aussi et on fait pas mal de choses. Mais sur le principe, en tout cas, ça tient quand même à des choses assez classiques, si je puis dire, qui organisent la planification et de la planification.
- Speaker #0
Et justement, qu'est-ce qui te prend le plus d'énergie aujourd'hui et que tu n'aurais pas forcément imaginé au départ avant d'avoir ce poste ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si je ne l'avais pas imaginé, mais après aujourd'hui, c'est vrai que ce qui prend de l'énergie, c'est la conquête aussi. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est dans un marché de la formation Merci. totale transformation. On le vit tous. Donc ça, ça fait beaucoup réfléchir l'ADN. Ça fait réfléchir sur qu'est-ce qu'on fait, comment on le fait, pourquoi on le fait. Et donc, c'est là-dessus où ça prend beaucoup d'énergie et beaucoup de temps. C'est quand même sans cesse d'articuler, de bien mettre en place. notre mission, ce pourquoi on est là. Et ça c'est vrai que c'est important de le remémorer ou l'ancrer. régulièrement. Assez souvent, c'est vite fait de se disperser ou d'aller dans plein de directions et c'est de canaliser tout ça.
- Speaker #0
Et justement, qu'est-ce qui challenge selon toi aujourd'hui les dirigeants d'organismes de formation ? Tu parlais de changement, de transition. Est-ce que ça va être le fait qu'il y ait de moins en moins de... de financement ou l'arrivée de technologies comme l'IA ? Quels sont les plus gros challenges actuellement et que les futurs dirigeants vont devoir solutionner ou auxquels vont devoir répondre les futurs dirigeants ?
- Speaker #1
Déjà, tu en as relevé deux.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qui, à mon sens, sont clairement deux fondamentaux. Tu as tout à fait raison. Je te rejoins mille fois. Déjà, le financement. Il y a un vrai sujet. Et c'est aussi pour ça qu'aujourd'hui, nous, on réfléchit de plus en plus des programmes qui sont, si possible, en tout cas, le plus hermétique, de réfléchir à la formation comme non pas une formation financée, mais une formation à valeur ajoutée. On peut forcément réfléchir obligatoirement au côté du financement. Ça, c'est très important. Et en fait, c'est peut-être une des mutations les plus importantes pour le secteur de la formation au sens large aujourd'hui. Parce qu'on voit bien qu'avec le plafonnement du CPF, parce qu'on voit bien qu'avec aujourd'hui un plan de développement des compétences réduit année après année, il y a un vrai gel des financements qui fait qu'on doit se réinventer. et apporter une offre de valeur. S'il fait ce que le client s'est dit, je ne viens pas chercher pour du financement, mais je viens chercher parce que j'ai une vraie transformation durable dans mon entreprise et je vais aller chercher de la performance. Ça, c'est effectivement extrêmement important et tu as vraiment raison de le souligner. Je te rejoins également sur les mutations technologiques et l'intelligence artificielle, la digitalisation. Aujourd'hui, on a bien vu qu'il y a un an, il y a eu un rade-marée et en fait ce rade-marée aujourd'hui quelque part on est un peu dans le moment où on se demande un peu qu'est-ce qu'on fait avec cette matière il y a un an il y avait je pense qu'il y a eu un peu le côté culturel c'est à dire qu'en fait il y a eu une espèce d'acceptation culturelle généralisée qui fait que tout le monde a accepté que l'IA était là et qu'elle faisait partie de notre environnement Mais aujourd'hui, on est dans le sujet du qu'est-ce qu'on en fait réellement ? Est-ce que ça peut vraiment être efficient ? Est-ce que ça peut vraiment nous faire gagner du temps ? Comment est-ce qu'on va mettre en place des outils ? Et là, c'est très hétérogène parce qu'il y a des entreprises qui s'en sont finalement encore à la culturation, là où d'autres vont beaucoup plus loin. Et quelque part aussi, il y a des vraies questions à se poser sur notre métier de formateur et d'organisme de formation. Comment est-ce qu'on va finalement avancer avec tout ça ? Et peut-être après, le dernier point stratégique, effectivement, mais ça rejoint les deux, en fait, tout ce qu'on s'est dit avant, c'est comment on pilote aujourd'hui la formation pour en faire un vrai levier de stratégie dans ce pays, se positionner par rapport à ça. Donc oui, clairement, la formation professionnelle de Montigny aujourd'hui, elle est en train de prendre un vrai virage. Et il faut savoir prendre ce virage-là avec une situation environnementale, qui n'est pas toujours que favorable, mais dont il faut au contraire quand même se dire que ça peut être un levier pour faire bouger et faire annoncer plein de choses.
- Speaker #0
Ok. De toute façon, c'est les sujets qui reviennent principalement. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on est... Plus dans l'optimisation, voilà, au final, on va peut-être vers une privatisation de la formation parce que, bon, ça dépendra moins des financements publics. Et donc, il faut que les gens acceptent de payer aussi d'eux-mêmes et de se former. Bon, c'est beaucoup plus accepté dans d'autres pays. En France, c'est peut-être un peu plus nouveau, mais c'est vrai qu'on tend vers ça. Et donc, ça fait pas mal de challenges et de défis à relever. Et justement, est-ce qu'il y a un moment où tu t'es dit, j'arrête ? Et si oui, qu'est-ce qui t'a fait continuer ? Parce que voilà, on sait que c'est assez difficile d'être un dirigeant d'un organisme de formation.
- Speaker #1
Écoute, je n'ai jamais eu vraiment le temps de me dire je vais m'arrêter, ça clairement pas. Par contre, après, oui, en fait, c'est vrai qu'on est animé par une forme quand même de... Je ne sais pas si c'est une passion, mais en tout cas, on est animé par un engagement, plutôt. Quand on est en formation, parce qu'être en formation, c'est quand même aussi être en mission. C'est important ce qu'on fait. Et tu vois, il y a vraiment cette notion d'utilité. qui aujourd'hui est aussi un vrai sujet. Je pense qu'en fait, on se paye peut-être aussi un peu aujourd'hui un historique où malheureusement, il y a eu dans le monde de la formation, on parle d'il y a quelques années, pour ne pas dire de nombreuses années, mais enfin quand même, il y a eu toute une période durant laquelle on faisait des formations pour faire des formations, on faisait des heures. Parfois, c'est encore le cas, mais de moins en moins. Et en tout cas, je pense qu'aujourd'hui, il y a énormément de RH. qui se positionne quand même beaucoup plus dans une logique de construction d'un programme qui va devoir apporter quelque chose. Et donc, il y a vraiment cette notion d'utilité qui est là. Mais donc, il y a une vraie notion de mission et d'engagement. Et de ce fait-là, si tu veux, moi, c'est ce qui m'anime, c'est ce qui fait que je vais pouvoir faire ce que je fais, parce qu'en fait, on fait beaucoup de choses quand on est dans la formation. On crée, on processe, on manage. Parfois, on peut animer aussi. Dans tous les cas, on va aussi proposer l'offre et la valeur. Pour toutes ces raisons, je n'ai jamais vraiment eu envie de m'arrêter. Par contre, c'est vrai qu'on peut être amené parfois à se peser un peu et à réfléchir à ce qu'il y a à faire et à mieux faire. Mais non, je suis super. En tout cas, encore aujourd'hui, tant mieux. Je suis très motivé dans ce secteur-là. On a quand même un beau métier.
- Speaker #0
Justement, généralement, je finis sur une note positive en demandant ce que tu aimerais dire à quelqu'un qui traverse une période difficile. Mais je crois que tu l'as dit, c'est se rattacher à ce qui fait la valeur de votre métier, l'utilité, le goût pour la formation et cette mission qui vous anime. Je pense que tu l'as assez dit. Et peut-être une dernière question pour finir, ce serait quelle serait ta vision d'un bon dirigeant d'organisme de formation ? Si tu avais des conseils à donner à quelqu'un peut-être qui se lance ou qui est sur le début, quelle qualité il faut avoir ? Tu parlais d'écoute pour entraîner les gens, adhérer, créer de l'adhésion. est-ce que tu as une vision que tu aimerais partager ? d'un bon dirigeant d'organisme de formation ?
- Speaker #1
Un bon dirigeant, c'est quand même déjà quelqu'un qui connaît bien les dispositifs, parce que malgré tout, il y en a beaucoup, qui connaît quand même aussi bien la réglementation, parce qu'en fait, c'est vrai qu'en formation, il y a beaucoup de nouveaux entrants, des personnes qui vont aller vers la formation sans obligatoirement, on va dire, on connaît vraiment tout l'environnement réglementaire. qui s'y rattachent, les dispositifs, c'est quand même important parce que c'est notre matière, malgré tout. Après, il y a aussi une question de positionnement. Je pense que quelqu'un qui rentre dans la formation, c'est important qu'elle sache quand même dans cette jeu comment elle veut se positionner dans son offre par rapport aux autres. Quelle est la manière dont elle veut procéder. poser son offre de valeur et puis pour ce qui est vraiment après du management aujourd'hui en fait on a un référentiel qualité qui s'appelle Kamiopi, tu connais ? et quelque part Kamiopi dit beaucoup de choses il dit beaucoup de bonnes choses là où malheureusement ça peut être repris c'est que Kamiopi on coche des cases malheureusement souvent mais si en fait on l'appréhende on le prend au sens de la matière première, c'est-à-dire quelque part la qualité et sur chacun des points comment est-ce que je le fais, pourquoi je le fais et comment je le dispense si on le prend de cette manière-là pour le coup, ça peut être un bon outil et je dirais que c'est comme ça qu'on peut aussi manager en reprenant l'essentiel de tout ce qu'on doit faire et bien faire et de le faire avec ce côté alors. c'est du coup un peu plus que Normizot 9001 tu vois mais à portée de la Normizot 9001 dans le camion-piste c'est à dire quand je fais un autopositionnement qu'est-ce que je réfléchis comme question pour qu'un autopositionnement soit un vrai bon autopositionnement et en quoi il va être intéressant dans le questionnement que le stagiaire va avoir et dans mon process ou ma méthode quand je fais de l'évaluation à froid qu'est-ce que je m'en fasse pour que ce soit durable dans l'ancrage et l'apprentissage des salariés donc en fait si le futur dirigeant quelque part met tout ça dans... dans son panier ou dans son escarcelle, je pense qu'il arrivera quand même à naviguer pas mal dans le secteur.
- Speaker #0
Ok, super. Merci pour ce conseil et cette vision. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir écouté cet épisode des coulisses de la formation. Si vous êtes dirigeant d'un organisme de formation et que vous voulez optimiser vos process pour libérer du temps chaque semaine, je le rappelle, pensez à réserver votre appel gratuit. Le lien est en description. On mettra aussi tous les liens de ton organisme de formation, Essica. Restez connectés pour découvrir d'autres parcours, expériences et conseils pratiques qui vous aideront à mieux gérer et développer votre organisme de formation. A très bientôt et encore merci Nicolas.
- Speaker #1
Merci Hugo.