Speaker #0Et bonjour à tous, bienvenue, bienvenue, merci beaucoup de prendre quelques instants pour venir écouter mon premier podcast. Donc je vous souhaite à tous la bienvenue sur ma chaîne de podcast, Les mots du Phénix. Alors voilà, j'ai eu l'idée de créer cette chaîne un peu sur un coup de tête. Je réfléchissais depuis un moment à partager avec vous mon histoire, mon vécu et mon cheminement. Et je ne savais vraiment pas comment m'y prendre et cette semaine, je ne sais pas, l'idée des podcasts m'a fortement appelée au point que je me suis lancée, mais alors comme si c'était une évidence. Donc me voilà, vous le savez tous, dans la vie, malheureusement, on est confronté à des épreuves que l'on n'a clairement pas choisies. Et quand elles sont là, ces épreuves, on n'a pas tellement d'autres choix, il va falloir les affronter. d'une façon ou d'une autre coûte que coûte. Et on est tous forcément confrontés à un moment donné à des difficultés telles que ça peut être la perte d'un travail, la fin d'une relation amoureuse ou amicale qui nous chagrine profondément, des soucis de santé, ou même un membre de la famille qui est malade, mais aussi et majoritairement la perte d'un être cher. Donc dans un premier temps, je vais vous parler du drame qui a fait basculer ma vie du jour au lendemain, l'année de mes 30 ans et de comment moi j'ai affronté ça avec mes armes à ce moment-là. Beaucoup de personnes autour de moi me disent depuis 4 ans, non mais Noémie, il faut vraiment que tu racontes ton cheminement à toi et ton deuil, parce que c'est sûr, ça pourrait aider beaucoup de personnes. Et c'est vrai que quand les épreuves difficiles se présentent, on n'est clairement jamais préparé à ça. Et donc avec vous, j'ai envie de parler de résilience, de force intérieure et de reconstruction après l'épreuve. Je me présente, je m'appelle Noémie et j'ai 34 ans. Et le 19 décembre 2020, je suis devenue veuve à 30 ans. À travers des mots sincères et des récits intimes, Peut-être que, je ne sais pas, vous trouverez un souffle d'inspiration, une voix qui vous comprend, des clés pour avancer à votre rythme. Et dans les difficultés auxquelles vous faites face aujourd'hui, j'espère que tout ce que je vais vous partager vous apportera peut-être un petit quelque chose. Je dis toujours qu'il y a bel et bien le soleil derrière les nuages. Et moi, personnellement, j'ai retrouvé le soleil dans ma vie, peu à peu, au fil du temps, en m'écoutant et en avançant à mon rythme. Et du fond du cœur, je souhaite à tout le monde d'arriver à garder espoir et à tenir bon pour le retrouver, vous aussi, ce soleil. Parce qu'il ne s'est pas enfui, il est juste derrière les nuages et il n'est vraiment pas loin. Et pour ça, il faut seulement vous accrocher. Je sais que c'est dur. mais accrochez-vous. Si ces mots résonnent en vous, je vous invite à vous installer, à prendre une grande respiration et à vous laisser porter par les mots du phénix. Alors merci beaucoup d'être présent aujourd'hui pour écouter ce premier épisode qui sera suivi donc de toute une série de petits épisodes dans lesquels on va échanger ensemble tout autour de... de la reconstruction et de la résilience. Mais pour ça, il faut d'abord que je vous raconte mon histoire. Donc, le jour où tout a basculé pour moi. Donc, on est le 19 décembre 2020. Et à ce moment-là, je suis en couple depuis 14 ans avec mon compagnon, avec qui je vis dans notre maison, qu'on a acheté précisément un 19 décembre également. Donc, ça fait 7 ans qu'on vit ensemble et 14 ans... de relation. Avec mon compagnon, on n'a pas d'enfant et on n'a pas de projet bébé non plus. On a des projets voyages et des projets immobiliers, mais construire une famille, ce n'est pas dans nos projets puisque du coup, on n'est pas du tout porté sur ça et on se complète vraiment tous les deux et on se suffit à nous-mêmes, on est heureux à deux. Et donc, à ce moment-là, on mène une vie des plus banales et des plus épanouies. Tout va bien dans notre vie à tous les deux. Et donc le 19 décembre, comme vous pouvez le remarquer, c'est une semaine avant Noël. Et à ce moment-là, on est en période de couvre-feu. C'est-à-dire qu'à partir de 20h, on n'est plus du tout autorisé à quitter le domicile. Sauf pour les personnes qui travaillent bien évidemment. Donc comme c'est mon cas à ce moment-là, je travaille jusqu'à 21h. Donc j'ai le droit de sortir. Et mon compagnon étant à son compte, il gruge. Et il utilise un papier pour pouvoir rentrer à l'heure qu'il veut ce samedi-là. Et donc lui, il passe la journée avec des amis et voilà. La journée se passe et on échange des messages au cours de la journée. où je lui dis de penser à prévenir ses parents que le 24 décembre ils viendront manger à la maison. Et donc dans tout ça, on est en pleine euphorie de Noël, on prépare les cadeaux, on prépare les repas. Vraiment, on est dans la féerie la plus absolue et Noël arrive à grands pas. Je sais que moi, à ce moment-là, il me semble que j'ai emballé quasi tous les cadeaux des enfants et qu'il me reste peut-être 2-3 cadeaux à bricoler parce que j'avais confectionné 2-3 trucs de mes mains cette année-là. Et je sais qu'il me reste 2-3 bricoles à terminer. Et lui, je ne sais absolument pas où est-ce qu'il allait. Il en est dans sa liste de cadeaux ce jour-là. Donc voilà, moi, il faut savoir que je suis très... porté sur les fêtes de fin d'année, les fêtes en général. Mais c'est vrai que Noël, j'ai une affection très particulière pour Noël. C'est une période où vraiment je décore ma maison de fond en comble, je suis toute joie. J'adore célébrer Halloween, je décore ma maison moi-même avec des créations que j'ai créées. J'invite des amis à la maison à faire une soirée. Et le 31 octobre étant passé, Le 1er novembre au matin, j'ai déjà rangé toute la déco de Halloween et je suis déjà sur mon canapé avec le plaid, les grosses chaussettes, le petit chocolat chaud avec les marshmallows et les téléfilms de Noël. Je suis vraiment une très grande passionnée et mon entourage le sait pertinemment. Je suis la première qu'on tient informée quand il y a les téléfilms de Noël. Je suis toujours la première au courant, en vrai. Donc, on est dans la période de ma fête de l'année que je préfère le plus au monde. Et donc, ce jour-là, je vais travailler. Mon compagnon est avec des amis. Et le soir venu, en quittant le travail, je décide donc de l'appeler, savoir où est-ce qu'il est, s'il est déjà rentré ou pas. Et il s'avère qu'il est en route pour la maison. Et que comme il est déjà devant moi, normalement quand j'arrive chez moi, il sera là. Sauf qu'il n'en est rien, puisque quand j'arrive chez moi, je découvre très très rapidement que mon compagnon n'est pas à la maison. Dans un premier temps, je suis agacée et énervée. Très rapidement, en ayant ses amis au téléphone et en n'ayant pas de nouvelles de sa part, je comprends que quelque chose ne va pas. Donc je m'inquiète très très vite. Donc quand j'arrive chez moi, il est 21h30. Quand je commence à vraiment, vraiment m'inquiéter et à tirer la sonnette d'alarme, il est 22h15. Avec un ami, on se retrouve sur la route et on tente de joindre la gendarmerie, la police, qui ne nous donne absolument aucun élément pour nous rassurer dans un premier temps et qui limite nous envoie un peu balader. il ne nous daigne absolument pas de se déplacer. Pour eux, en fait, il n'y a pas lieu de paniquer à ce point. À tout moment, il va rentrer. Pour eux, à tout moment, il va rentrer. Sauf que s'il n'est pas avec moi et qu'il n'est pas avec ses amis et qu'il m'a dit qu'il allait rentrer et qu'il n'est pas rentré, c'est que je sais qu'il n'est pas rentré et qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Donc de là, on décide d'appeler les pompiers. Alors là, je tombe sur une dame qui est très gentille, qui est d'une bienveillance sans pareil et qui tente de me rassurer, mais qui malheureusement ne peut pas faire grand chose étant donné qu'il n'y a pas de victime pour qui se déplacer. Ils ne peuvent pas se déplacer pour m'aider à chercher quelqu'un en fait. Donc au final, je n'ai pas d'autre solution dans la panique d'appeler ma famille et mes amis. pour qu'ils viennent me donner un coup de main pour le chercher. Donc je rappelle qu'on est en période de couvre-feu depuis 20 ans, qu'on n'a absolument rien à faire dehors, que ma famille et mes amis n'ont pas non plus le droit de circuler comme ils vont le faire. Mais tout le monde le fait sans pression, sans hésitation. Donc voilà, ma famille et mes amis se rejoignent à peu près au même endroit. Et moi, je suis un peu à l'écart. Pourquoi ? Parce que je n'arrive pas à rester en place à ce moment-là. Je vais, je viens, je vais dans tous les sens. Je le cherche de partout et je ne le trouve pas. Et enfin, voilà, je suis dans un état de panique à ce moment-là. Et vient un moment où je suis arrêtée au bord de la route et une patrouille de gendarmerie passe par là et m'interpelle puisqu'évidemment, je n'ai rien à faire dehors à cette heure-ci. Donc, ils me demandent le pourquoi du commun et je leur explique la situation. Très vite, ils me disent qu'ils sont là pour ça, qu'en fait, ils ont été appelés justement pour une patrouille, pour voir ce qu'il en était. Et donc, à ce moment-là, ils me donnent des conseils et me posent des questions qui ne mènent absolument à rien, clairement, d'une inutilité sans nom, clairement. Je vous avoue que j'ai été très agacée par le comportement des gendarmes ce soir-là. Vient un moment où j'avais créé un groupe avec mes amis et ma famille pour qu'on puisse se joindre au cas où. Donc j'avais créé un groupe sur Messenger. Et à ce moment-là, je reçois un appel vocal sur Messenger, un appel groupé. Et donc quand je décroche, j'entends mes amis qui disent que ils viennent de retrouver mon compagnon, mais je n'ai... aucune information supplémentaire et je préfère raccrocher de peur d'entendre quelque chose que je ne suis pas du tout prête à entendre et que je, voilà, j'ai peur et donc je raccroche. Et donc, les gendarmes en parallèle viennent de monter leur vitre et de la rebaisser et en rebaissant leur vitre, me disent qu'ils viennent de recevoir un appel radio comme quoi mon compagnon a été retrouvé et qu'il faut que je les suive. Et pareil, ils ne me disent absolument rien. Donc là, je me retrouve dans une... Une position où je suis en plein questionnement. Je ne sais absolument rien de ce qu'il va advenir de la suite à ce moment-là. Qu'est-ce qui m'attend ? Et puis bon, je les suis. Je les suis, mais en catastrophe, on prend le chemin vers le lieu de l'accident, visiblement. Et donc, moi, je n'ai aucune idée de ce qu'il en est. Je ne sais même pas où est-ce que se trouve l'accident en fait. Donc on les suit et puis moi quand je suis dans la voiture, je décide de reprendre l'appel qui est en cours et de reprendre contact avec quelqu'un qui est sur les lieux parmi mes amis et ma famille. Et donc c'est mon beau-frère qui me répond et qui passe ensuite le téléphone à ma sœur. Les deux me disent de devenir très vite, donc je leur dis que j'arrive mais que je veux savoir ce qu'il en est. Et là ma sœur me dit Noémie, il faut juste que tu viennes. Non, non, mais en fait, je veux savoir ce qu'il en est. Donc, je commence à devenir assez virulente dans mes paroles, assez agressive à mettre la pression à ma soeur pour qu'elle me dise ce qu'il en est. Et à force, à force, elle ne peut que céder la pauvre et m'annoncer au téléphone que mon compagnon est décédé dans un accident de voiture. Donc, à ce moment-là, je ressens, mais alors, un déchirement. mais d'une profondeur et d'une violence innommable. Je ne peux même pas vous le décrire à quel point la déchirure que j'ai ressentie qui a traversé mon corps de ma tête à mes pieds en passant par mon cœur et mon ventre, cette déchirure est venue me foudroyer sur place au volant de ma voiture et je me mets à hurler. mais du plus profond de mes entrailles et du plus profond de mon âme, au point que je pense que ce jour-là, je me suis esquinté les cordes vocales. Je chante depuis que je suis jeune, depuis que je suis adolescente. J'aime chanter et j'ai toujours eu beaucoup de facilité à passer toutes les notes que je voulais. Et en fait, depuis ce jour, il y a une note. ou deux que je n'arrive absolument plus à passer c'est à dire qu'à ce moment là il n'y a que du de l'air qui sort je n'ai plus de son qui sort de ma bouche quand je chante par moments des notes qui que je ne peux plus atteindre et et je n'ai jamais été consulté un médecin mais je suis quasi certaine que je me suis fortement abîmé les cordes vocales à ce moment là donc c'est pour vous décrire à quel point le cri que j'ai pu pousser fut violent vraiment très violent, très profond et à la hauteur de la déchirure qui était à l'intérieur de moi, il fallait absolument que ça sorte. J'arrive donc sur les lieux de l'accident. Et donc je me gare un peu, clairement, n'importe comment, sur le bord de la route, je mets ma voiture à l'arrêt et je descends. Et à ce moment-là, je vois ma famille et mes amis qui m'attendent sur le bord de la route et qui m'empêchent de descendre pour aller sur le lieu précis de l'accident, le lieu où se trouve mon défunt compagnon. Et je n'ai pas... Et à ce moment-là, ma famille fait bien parce qu'en fait, je ne suis pas maître de moi-même. J'agis vraiment sous le coup de la folie et je suis déboussolée au plus haut point. Et quand je descends et je me jette sur chacun d'entre eux et je cherche au plus profond de leur regard une lueur d'espoir qui me dise Noémie, il va bien. Et en fait, malheureusement, à ce moment-là, à chaque regard que je croise, je ne vois que de la noirceur. de la tristesse, je ne vois que des regards abattus profondément. Et en fait, je comprends au fur et à mesure, à travers chaque regard que je suis, je comprends au fur et à mesure que c'est réel en fait. Non, non, on ne va pas m'annoncer une bonne nouvelle, bien au contraire, malheureusement tout le monde est là pour me rattraper, pour me tenir au cas où si je... je viens à m'effondrer je suis vraiment déboussolé je pars dans tous les sens je suis dans un état de sidération un état de choc un état de de panique je suis prise de vomissements quand je alors pour la petite anecdote pour la petite anecdote pardon quand je rigole trop j'ai tendance à à vomir et quand je pleure trop pareil j'ai tendance à vomir donc j'ai comment dire, un réflexe nauséeux très très sensible, et j'ai un problème diaphragme, ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien, mais voilà, je ne peux pas tomber dans l'excès, autant dans les rires que dans les pleurs, et à ce moment-là, je dois contenir mes pleurs, puisque sinon, si je pleure trop, je vais vomir et je vais suffoquer, et ça va aller mal, donc il faut vraiment que je me reprenne, donc je me reprends tant bien que mal, et c'est vrai que... À ce moment-là, à un moment donné, je m'assois dans ma voiture et je regarde mes amis autour de moi et je leur parle et je leur dis mais comment je vais faire ? Comment je vais faire sans lui ? C'est l'homme de ma vie, je ne peux pas imaginer sans lui. Et surtout, qu'est-ce qu'on a bien pu faire pour mériter une chose pareille ? Parce qu'autant lui que moi, on a toujours été des personnes droites, bienveillantes, qui ont toujours été gentilles, attentionnées et qui ont toujours... tout bien respecté, tout bien fait, on n'a jamais eu une once de méchanceté. À ce moment-là, on se dit, mais qu'est-ce qu'on a bien pu faire pour mériter une épreuve pareille ? Pourquoi ? Pourquoi nous, en fait ? On a toujours tout bien fait. Donc, je ne sais pas si vous, vous vous reconnaîtrez dans ce questionnement, si vous aussi, vous avez été déjà confrontés à cette injustice qui vient frapper dans les difficultés. En fait, on se dit, mais pourquoi nous ? Donc si vous avez envie d'échanger à ce sujet, n'hésitez pas. Je suis ouverte à la discussion sur tous les points que je vais pouvoir aborder durant ce premier podcast. Donc voilà, à ce moment-là, l'injustice vient me frapper de plein fouet et je suis dans l'incompréhension la plus totale. Il est vrai qu'avec mon compagnon, il y a eu des fois où on discutait. du décès, d'un éventuel deuil qu'on pourrait subir, autant lui que moi, face à la perte de l'un ou de l'autre. Et on se questionne toujours, je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, vous me direz, mais on se dit toujours, oh là là, mais si je perdais telle ou telle personne, mais mon Dieu, je ne m'en relèverai pas, mais mon Dieu, on s'imagine tellement plein de choses dans notre tête. On est aussi très... conditionnés par ce qu'on voit à la télévision, dans les séries, les films. Donc ça, c'était ma patronne qui m'avait fait remarquer ça, que c'est vrai que dans les séries, les films, on nous montre des images, c'est scénarisé, c'est surjoué par moments. Et en fait, le moment venu, quand les choses vous frappent à vous-même, on vit les choses totalement différemment de ce qu'on aurait pu l'imaginer. Donc c'est vrai qu'avec mon compagnon, On s'était déjà posé des questions et surtout on avait déjà parlé de ce qu'on souhaitait si jamais l'un de nous venait à décéder. Pour quelle raison on a abordé ce sujet ? Je ne sais combien de fois, je n'en ai absolument aucune idée. Est-ce que nos âmes savaient au fond d'elles-mêmes ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, ça m'a servi d'en avoir discuté avec lui. Ça m'a beaucoup servi. Pourquoi ? Parce que le moment venu, puisqu'évidemment, on ne s'attend pas à perdre un être cher à 30 ans, à ce qu'il décède à 31 ans. C'est impensable et effroyable comme scénario. Donc, bien évidemment que ce n'est pas quelque chose à quoi on pense. Et quand le moment se présente, là, pour le coup, nous, on était... plus ou moins un petit peu, en tout cas moi j'étais armée de savoir ce qu'il voulait. Donc du coup j'ai pu mettre en place ses obsèques avec tout ce qui pouvait le représenter et tout ce qu'il souhaitait bien évidemment. Donc la première nuit passe et donc bien évidemment je ne dors pas cette nuit-là. vient le moment de l'annoncer à ses parents qui fut un moment, je vous épargne les détails, qui fut un moment effroyable. Ça a été la pire chose que j'ai eu à faire de toute ma vie. Pour la suite, au bout de 48 heures, je n'ai pas dormi. Je passe donc une première nuit seule. Je dors chez mon papa, j'aménage chez mon papa pendant trois mois et je passe ma première nuit seule. en tête à tête avec moi-même dans la chambre dans laquelle j'ai vécu la fin de mon adolescence. Et je lis les messages que l'on m'a envoyés et c'est au fur et à mesure de leur lecture que je me rends compte dans la situation dans laquelle je suis. Donc je passe pas beaucoup de temps à dormir, peut-être entre 2 et 4 heures, un truc comme ça. Et en fait, quand je me réveille, je passe mon temps à... à lire et à pleurer. Et je lâche tout ce que j'ai dû contenir jusque-là depuis 48 heures. Ce matin-là, quand je vais me lever, avec le recul, j'ai la sensation de me voir enfiler comme une espèce de combinaison, une armure ou une seconde peau, ou je ne sais pas comment vous l'expliquer, mais je me vois enfiler comme une combinaison qui va venir me protéger. Et cette combinaison, c'est une façade. Et donc... À ce moment-là, je ne réalise pas que je viens d'enclencher le pilotage automatique. Donc certains d'entre vous doivent connaître ce que c'est. Le pilotage automatique, c'est qu'on verrouille toutes les vannes émotionnelles, de la tristesse en tout cas, et on passe en mode pilotage automatique et on fait les choses parce qu'il faut les faire. On fait les choses avec mécanisme et comme des petits robots. Voilà. Je vais me retrouver cette semaine qui est juste avant les obsèques. Donc, il faut savoir qu'il est décédé le 19 décembre. L'incinération n'aura lieu que le 23 décembre et le dépôt d'urne le 24 décembre. Je vous laisse imaginer l'ambiance. Clairement, on n'a pas envie de vivre une chose pareille à une période pareille. C'est impensable. et c'est vrai que cette semaine va être très longue, va être très lourde très pesante et donc je pense que c'est pour ça que j'ai enclenché le mode automatique sans m'en rendre compte clairement je n'ai pas décidé de me mettre dans ces conditions là ça s'est fait très naturellement et durant cette semaine qui va s'écouler, je vais passer mon temps à accueillir les gens qui vont venir lui rendre visite au funérarium. Je vais passer mon temps à les consoler, à les réconforter et à leur donner des mots de soutien et d'amour et de réconfort sans forcément lâcher des larmes. Je n'ai pas le souvenir de craquer. À chaque fois que quelqu'un vient le voir, je n'ai pas le souvenir de craquer. Voilà, je les accompagne. En fait, à ce moment-là, je deviens l'ami des amis qui viennent de perdre un ami. Je suis passée dans un autre... Je ne sais pas comment vous expliquer. Je switch. Je switch complètement. J'ai la sensation à ce moment-là d'être totalement quelqu'un d'autre en fait. Pas du tout celle qui est en deuil. Alors... Autant quand tout le monde est là, vraiment je suis en mode robot et quand je me retrouve seule avec lui dans la chambre funéraire, je craque et je m'effondre, c'est-à-dire que je m'allonge sur lui et je prie pour qu'il se réveille et qu'il me dise je vais bien et c'est dans ces moments-là que j'ai eu des petits moments d'effondrement. Et à chaque fois, il fallait que je me ressaisisse, puisque du coup, il y avait du monde à accueillir et à réconforter. Donc, j'ai pris sur moi. À chaque fois, j'ai pris sur moi. Durant toute cette semaine qui a été vraiment très pesante. Arrive donc le 23 décembre, le jour de l'incinération. Il y a le moment de la mise en bière. Et au moment de la mise en bière, on nous demande de quitter la salle. Pour la mise en bière, pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, la mise en bière, c'est quand on transfère le corps du défunt dans son cercueil. Et donc, à ce moment-là, on demande à tout le monde de quitter la salle. Et je m'enferme peut-être 5-10 minutes dans les WC publics. Et à ce moment-là, je me regarde dans le miroir et je me dis... Je me mets des petites gifles, vous savez, pas des gifles en mode réveille-toi, mais des gifles comme pour faire rosir ses joues. Et donc, je me mets des petites gifles parce que je viens de pleurer et pour me requinquer. Et je me regarde dans le miroir et à voix haute, je me dis Noémie, maintenant, c'est toi et moi. Et là, il va falloir y aller en fait. Et là, je suis à une phase, à un moment charnière. Et à ce moment-là, il faut que je... Vous savez cette scène dans Titanic, quand le bateau, la première partie du bateau a coulé et la dernière partie du bateau commence à se redresser. Et à ce moment-là, Jack dit à Rose, c'est le moment, il faut que tu prennes ta respiration, c'est le moment. Moi, je suis au bout de ce bateau et là, je me dis, c'est le moment. À cet instant... Je sais que quand je vais sortir de cette pièce, je vais vivre l'un des moments les plus durs, les plus difficiles que je vais devoir vivre, c'est dire adieu à l'amour de ma vie. Je vais le voir pour la dernière fois. Et là, je me dis Noémie, il faut que tu t'accroches. Là, c'est toi et moi contre le reste du monde et il ne faut pas que tu lâches en fait. Je ne sais pas si ça vous arrive par moment de vous parler à vous-même, de vous regarder dans le miroir et de vous encourager. Je pense que moi, honnêtement, ça m'a fait beaucoup de bien. J'ai toujours eu cette façon d'agir quand je ne vais pas bien, de me regarder dans le miroir et de m'engueuler ou de me parler. Je ne sais pas si certains d'entre vous le font, mais en tout cas, je vous invite, si vous y arrivez, parce que ce n'est pas facile de se regarder dans le miroir et de se parler à soi-même. Mais n'hésitez pas à vous donner des paroles d'encouragement. Parce qu'en fait, il n'y a que vous, à ce moment-là, qui savez ce que vous êtes en train de traverser. Et il faut vraiment que vous vous parliez à vous-même, que vous parliez à votre moi intérieur, et que vous vous encouragiez vous-même. Et moi, en tout cas, c'est ce que j'ai fait à ce moment-là. Et donc, le reste de la journée a été du même rythme. Donc, voilà. On arrive au moment des obsèques, donc on va à la salle d'incinération, on fait une cérémonie et durant cette cérémonie, on est en train d'enterrer quelqu'un qui a 31 ans. C'est quelqu'un qui connaît du monde et ce jour-là, malheureusement à cause du Covid, on n'a pas pu inviter. tout le monde, enfin pas invité, j'ai dit invité, mais pas du tout. Mais disons que quand on a fait l'annonce de la cérémonie d'obsèques, j'ai précisé qu'il ne pouvait pas y avoir plus de 70 personnes présentes dans la salle, et donc que malheureusement, il y a des personnes qui ne pourraient pas venir, et donc de laisser la priorité aux personnes les plus proches, ce qui a été amplement respecté, et je remercie tout le monde pour ça. J'en suis navrée. Mais voilà, c'était indépendant de notre volonté. Et c'est vrai que quand j'arrive à la salle de cérémonie, avant de rentrer dans la salle, je suis encore en mode automatique et j'accueille des gens, mais comme si j'étais la maître de cérémonie des obsèques de mon défunt compagnon, ou en tout cas de quelqu'un d'autre à ce moment-là, parce que je suis en train d'accueillir des gens que je ne connais pas, d'aller me présenter, de les réconforter. de cajoler un peu tout le monde. Et puis, bien évidemment, mes amis et ma famille me cajolent également. Mes amis et ma famille me réconfortent également. En fait, vraiment, je jongle entre les deux. Mais je me sens plus à même de donner de l'amour plutôt que d'en recevoir à ce moment-là. J'ai besoin d'être là pour les autres. Pourquoi ? Je n'en sais rien. C'est quelque chose qui me fait du bien à ce moment-là. Et donc, on rentre dans cette salle de cérémonie et il y a une immense photo de lui sur la diapositive et son cercueil repose devant. Et à ce moment-là, en fait, passe une chanson qui a été choisie par l'un de ses amis, une chanson que mon compagnon adorait, de Francky Vincent. Alors, à un moment donné, on n'est pas en train d'enterrer à la chanson. Un papy qui a 90 ans, on est en train d'enterrer un jeune homme plein de vie, plein de peps, qui adorait danser, qui adorait manger, qui adorait boire, qui adorait vivre en fait tout simplement, qui adorait la vie. Et il est hors de question pour moi que cette cérémonie soit triste au possible en fait. Je vais prendre le temps de lire une lettre que je lui ai écrite. Je prévois bien évidemment que ma cousine soit à mes côtés à ce moment-là parce que je ne sais absolument pas comment je vais réagir une fois debout à lire tous ces mots à voix haute. Il s'avère que finalement, je tiens bon. Je craque plus ou moins, mais je tiens bon. Et quand cette musique commence, c'est un Frankie Vincent, quoi. J'ai les épaules qui se mettent naturellement à gigoter. Et en fait, je me lève et j'invite ses amis à danser avec moi et avec lui. Et ce moment, pour moi, il était précieux. Certains pourraient, voilà, peut-être n'ont pas compris, mais moi, pour moi, et pour toutes celles et ceux qui connaissaient mon compagnon, c'était de la joie, en fait, de pouvoir faire une dernière danse à ses côtés. Voilà. Donc, tout ça, en fait, je vous le raconte, c'est pas évident, c'est pas facile, c'est très intime. Mais je vous le raconte pour vous dire, ne vous empêchez jamais de vivre tout ce que vous avez envie de vivre de la façon dont vous le souhaitez. En fait, c'est propre à chacun, c'est propre à vous-même. Moi, personnellement, je n'avais pas du tout programmé que j'allais me lever et danser. C'est sur le moment, c'est ce que j'ai ressenti et je l'ai vécu tout simplement, en fait. Donc, quoi que vous ayez... envie de faire dans les moments les plus difficiles, même si c'est danser tout seul dans votre salon le soir parce que ça ne va pas et vous avez envie de lâcher prise, mais levez-vous et dansez seul dans votre salon le soir. Moi, je l'ai fait et ça m'a fait du bien. En fait, je vous dis tout ça pour que vous preniez conscience que tout ce que vous ressentez, il faut le vivre, tout simplement. Et que ce soit de la peine, que ce soit de la tristesse, des pleurs, mais aussi les rires, même si c'est dans des moments où c'est peut-être pas adapté, mais en fait on s'en fiche, on s'en fiche, parce que moi je sais que j'ai rendu le plus beau des hommages à mon compagnon ce jour-là, et voilà, on est parti sur une dernière danse, et donc la cérémonie prend fin, et le dépôt dur ne n'aura lieu que le lendemain matin, quand la cérémonie prend fin, encore une fois je prends à nouveau le temps, d'aller voir les gens qui étaient là pour lui et les remercier et leur transmettre encore une fois un message de réconfort et d'amour en lien avec ce que mon compagnon pouvait bien penser de ces personnes-là. Et j'espère en tout cas qu'à ce moment-là, ça leur a fait du bien. Donc, vous l'aurez compris, durant toute cette semaine, durant toute cette cérémonie, je fais preuve d'une force, je ne sais clairement pas d'où elle sort. Elle faisait visiblement bien partie de moi, mais je n'en avais aucune idée, je ne connaissais pas du tout son existence. Et il faut savoir que toute cette journée, ma famille était clairement sur le qui-vive, prête à me rattraper. en cas d'effondrement, mais à ce moment-là, clairement, il n'en est rien. Il faut savoir que je suis une personne très sensible, très susceptible, avec beaucoup d'empathie. Et en fait, je me rends compte que là, face à l'épreuve, pourtant j'ai déjà perdu ma grand-mère, mon grand-père, et pour moi, ça a été un effondrement. Mais je n'ai pas du tout vécu les choses de la même façon. Et pourtant, Dieu seul sait à quel point ma grand-mère, c'était la prunelle de mes yeux. Je ne pouvais pas imaginer un seul instant la force qui m'habitait et à quel point elle allait me porter. Et je pense que ça, honnêtement, c'est grâce à lui que j'ai réussi à tenir bon tout du long. Parce que déjà, je pense que c'est grâce à son amour, à l'amour qu'on se portait mutuellement. Mais en plus de ça... C'est quelqu'un qui m'a forgée, qui m'a endurcie quand je l'ai rencontrée. C'est vrai que j'étais une chouineuse de première. J'ai été harcelée à l'école. J'ai vécu vraiment assez isolée en général à l'école. On me mettait très souvent de côté. J'étais un peu le vilain petit canard. Je n'avais clairement pas de caractère. Je me laissais tout le temps marcher sur les pieds. Et vraiment, je pleurais très souvent. J'étais la chouineuse de première. toute condition, clairement. Donc, comment vous dire que quand une chose pareille vient vous frapper et que du coup, c'est vrai que ma famille et mes amis connaissaient cette facette-là de moi, cette fille qui se laisse tout le temps marcher dessus et qui s'effondre pour tout et pour rien. Et en fait, là, elle est restée sur le qui-vive tout le long de la journée et au final, ben... Ça a été, quoi. Ça a été et j'ai tenu bon. Et en fait, ça, je vous le dis parce que je pense qu'on est tous dotés d'une force au fond de soi. Et je vous invite tous, quand vous traversez des épreuves difficiles comme ça, à prendre un temps, à vous poser en tête à tête avec vous-même et à peser le pour et le contre et à vous dire, je vais y arriver, en fait, à vous donner des paroles d'encouragement parce que je suis... persuadé que vous allez y arriver parce que vraiment si moi je les fais je crois en vous je crois en vous pour arriver à le faire vous aussi et donc on est le lendemain on est le 24 décembre et donc c'est le jour du dépôt d'urne donc le tableau clairement pendant que tout le monde est en train de faire cuire la dinde à la maison à la dinde ou le rôti au four Nous, on est en train de déposer l'urne de mon compagnon au cimetière. Donc, on est en petit comité. Il y a quelques personnes qui sont venues nous rejoindre qui n'ont pas pu être présentes la veille pour l'incinération, pour la cérémonie d'obsèques. Et c'est vrai que là, voilà, c'est lunaire. On est au cimetière en train de déposer l'urne. Le 24 décembre, jamais je n'aurais pensé vivre une telle situation dans des... d'une telle période, c'est improbable. Donc on fait une espèce de petite cérémonie au cimetière et puis bon, ben voilà quoi, c'est fini. Vient le moment où c'est fini, tout ça est fini. Et je ne me souviens absolument plus de comment s'est passé le reste de la journée. Je sais tout simplement que le soir venu, je vous rappelle qu'on est toujours en période de couvre-feu, donc on ne peut pas aller... chez papi et mamie pour aller manger la dinde, c'est déconseillé. Et donc, on avait déjà décidé de ne pas faire Noël tous ensemble, le réveillon, il me semble, mais qu'on le ferait le 25 midi, tous ensemble. Donc, le 24 soir, je ne me retrouve quand même pas seule. Je vais manger, enfin, manger, c'est un grand mot. Je vais passer la soirée chez ma petite sœur qui m'avait préparé quelques toasts. Et à ce moment-là, je finis de confectionner le dernier cadeau qu'il me reste à confectionner de mémé, le cadeau de ma maman, en un sac où dessus j'avais fait une petite inscription en tricotin. Et donc il fallait que je le finalise avant le lendemain. Et puisque du coup, depuis une semaine, tout ça, c'était en pause et que malgré tout, on prévoit quand même de fêter Noël. On a quand même sept enfants dans la famille. J'ai sept neveux et nièces. Donc. À ce moment-là, il n'y en a que trois d'entre eux qui sont au courant de la situation. Les petits, on ne leur dit pas. Ils sont beaucoup trop jeunes. Et puis, on n'a pas envie d'éteindre la magie de Noël à ce moment-là. Donc, on prend tout sur nous et on fait attention à ce qu'on dit devant les enfants. Et on fait quand même Noël pour les petits. Et donc, ce soir-là, je suis chez ma sœur. On est en train de finir la confection de ce cadeau. Et... et je reçois des messages, tout le monde est à table en famille ou je ne sais quoi et tout le monde m'envoie des messages de soutien, d'amour, des pensées et ça me touche profondément et à chaque message que je reçois je craque et en parallèle je mange 2-3 toasts de foie gras mais pas plus et puis donc à un moment donné on va chez la belle-sœur de ma sœur qui habite vraiment la porte à côté. Et les enfants, dans leur famille, dans la famille de sa belle-sœur, ouvrent leurs cadeaux le 24 au soir. Je ne sais même plus ce qu'il se passe à ce moment-là. Je sais que je suis assise sur le canapé, je les regarde ouvrir le cadeau, mais je ne me souviens absolument plus du tout de mon état à ce moment-là. Je pense que j'étais quand même éteinte. Et de mémoire, je sais que... Voilà, je... Je tente de garder le sourire, mais c'est dur. C'est vraiment dur. Et donc, le lendemain matin, on prévoit donc pour midi de manger chez ma tante, chez qui on se rend tous ensemble. Donc là, il n'y a plus de couvre-feu, donc on peut faire un peu ce qu'on veut. Donc, on va manger tous en famille chez ma tante. Là, pareil, je ne sais absolument pas de quoi est fait le repas. Il me semble que c'était juste un apéro-dinatoire. C'est toujours pareil, il faut cacher mes émotions et faire attention à ce qu'on dit devant les plus jeunes enfants qui vont ouvrir leurs cadeaux. Je ne me souviens absolument plus de l'ouverture des cadeaux là non plus et ni du repas en fait. La journée se passe et je pense que je suis là sans être là. Je suis assommée par la situation et je n'ai pas... Je n'ai pas d'autre choix que de faire figuration et bonne figure. En vrai, j'aurais pu rentrer chez moi et rester enfermée dans ma chambre, mais je préférais être dans un endroit qui me remplisse quand même le cœur d'amour, parce qu'à ce moment-là, c'est ce dont j'avais le plus besoin. Et mes petits neveux et nièces, ça m'émeut un peu de raconter tout ça, parce que les enfants sont dotés d'une sensibilité qu'on ne... qu'on ne soupçonne pas. Ils voient les choses et ils les ressentent. Je vous en parle avec la voix qui tremble, je suis désolée. Et c'est vrai que mes neveux et nièces, à ce moment-là, ils ont été exceptionnels, parce que même ceux qui ne savaient pas, voyaient que je n'allais pas bien. Et ils sont venus me faire des bisous et des câlins. Et ça m'a fait beaucoup de bien. Donc, ça, c'est pour vous dire aussi que quand vous n'allez pas bien, ne restez pas enfermés chez vous, ça ne sert à rien. Prenez du temps, bien sûr, pour vous retrouver en tête à tête avec vous-même et pour encaisser ce qu'il y a à encaisser. Parce qu'il faut encaisser. À un moment donné, on a besoin d'être seul, on a besoin de digérer. On a besoin de mettre son cerveau et son cœur en accord. Et voilà, ça c'est hyper important de le faire. Mais après, pour le reste du temps, entourez-vous de gens qui vous aiment. Et en fait, qui vous donne de l'amour. Et il n'y a rien de plus précieux quand on ne va pas bien, de prendre soin de soi. Si on n'y arrive pas à le faire soi-même, il faut aller voir les amis et la famille. Ils le feront très bien pour vous. Ensuite, je décide ce jour-là de mettre une publication sur Facebook où je dis à mon entourage, aux personnes que j'ai en contact sur les réseaux, de profiter des leurs, malgré tout. Parce que je sais qu'en fait, mon histoire est venue frapper tous les foyers, des personnes qui me connaissent. Je sais que j'ai été... On est venu me voir et on m'a dit, Noémie, tu as été le sujet à notre table. On a beaucoup pensé à toi, en fait. Et encore une fois, ça m'émeut. Et en tout cas, voilà, ça me touche profondément de voir à quel point... Je compte dans le cœur des gens, donc je vous remercie tous pour tout ça, ceux qui m'écoutent et qui me connaissent. Et je sais que ce jour-là, j'avais mis une publication où je souhaitais à tout le monde de profiter des leurs, parce qu'on ne sait jamais s'il va manquer quelqu'un au Noël d'après, on ne sait jamais si c'est le dernier Noël qu'on passe ensemble, on ne sait jamais si c'est le dernier baiser que l'on donne à quelqu'un que l'on aime, on ne sait jamais que tout peut s'arrêter. La minute qui suit, vraiment. Moi, c'est vrai que depuis ce drame, je vis la vie, mais en ayant conscience que demain, tout peut s'arrêter, en fait. On le sait, on le sait, mais on ne s'en rend vraiment pas compte. Et quand ça vous frappe, et que la vie, elle vient vous arracher quelqu'un à qui vous tenez profondément, que vous aimez. Et là, en l'occurrence, pour moi, c'était l'amour de ma vie. Je n'ai jamais osé imaginer ma vie sans lui. C'était mon premier amour, c'était mon tout, c'était mon meilleur ami. Quand on vient vous arracher votre cœur comme ça, je vous jure que la vie, vous la voyez différemment et vous vivez pleinement, vous faites tout ce que vous avez envie. Surtout, vous savez, je reviens sur cette histoire d'injustice. J'ai toujours tout bien fait dans ma vie, mais aujourd'hui, croyez-moi, si j'ai envie de faire quelque chose et qu'on peut éventuellement être amené à me juger sur ce quelque chose, j'en ai clairement rien à faire. parce que je sais que demain tout peut s'arrêter et qu'au moins quand je partirai, je serai partie en ayant fait tout ce que je voulais. Voilà. Et sans remords en fait. Vraiment. J'ai envie de vivre pleinement, au maximum. Et je vous souhaite à tous d'arriver à remonter la pente et à prendre conscience que oui, la vie elle est dure par moments. La vie, elle vous impose des épreuves et... qu'on n'aurait jamais pensé, imaginé, devoir vivre un jour. Mais quoi qu'il en soit, après tout, une fois que la tempête, elle est passée, vous vous dites, vous regardez en arrière et vous vous dites, waouh, je me suis relevée de ça quand même. Comment j'ai fait ? Je me suis relevée de ça, mais en avant, je vais kiffer ma vie maintenant. Et franchement, je donne, j'ai vraiment envie que, une fois que vous aurez traversé votre tempête, que vous arriviez à vivre les choses pleinement et sans restrictions, clairement. Donc voilà, ce premier épisode touche à sa fin. J'espère vraiment que tout ce que j'ai pu aborder en lien avec mon histoire a pu peut-être résonner chez... certains d'entre vous, et peut-être que certaines de mes paroles vous ont fait du bien, et vous ont donné quand même le courage de continuer à avancer. Donc c'était qu'un premier épisode, j'ai prévu de vous raconter encore tout plein de choses. La prochaine fois, on parlera du vide et de l'incompréhension, et comment j'ai vécu les premières semaines face au deuil. et les émotions les plus intenses que j'ai pu ressentir. Et puis bon, petit à petit, après on abordera ensuite, il fallait bien évidemment que je vous raconte d'abord mon histoire pour ensuite aborder la suite et vous parler de la résilience et du cheminement vers la renaissance, la reprise de confiance en soi et la reconstruction. Et j'ai hâte de vous raconter tout ça parce que clairement, ce drame ne me définit clairement pas. Mais en tout cas, il est venu révéler quelque chose. Il est venu me révéler à moi-même. Donc, j'ai hâte de vous raconter la suite. En tout cas, je vous remercie du fond du cœur d'avoir été présent pour m'écouter. Parce que je vous parle depuis quasi 50 minutes. Donc, merci à tous ceux qui sont encore là à la fin de ce podcast. Je vous dis à très bientôt, je vous embrasse très fort et à très vite sur les mots du phénix.