- Julia POTTIER
Et en réalité, ce n'est pas Parcoursup qui crée le stress, c'est le fait d'y arriver sans boussole. Laisser le droit à l'erreur aussi. Parce que Parcoursup, ce n'est pas une épreuve à réussir, c'est une étape à traverser. Parfois, il n'y a pas besoin que vous ayez toutes les réponses, que vous connaissiez tous les métiers ou que vous connaissiez toutes les filières.
- Julien DAUZATS
Bienvenue dans Les parents en pleine tempête, le podcast sans filtre qui donne enfin la parole à tous les parents pour qui l'orientation de leurs enfants est une vraie galère. Peu importe le milieu, le niveau, le lycée, doute qui sert le ventre, galère du quotidien. espoir qui vacille, on parle de tout, en vrai, des témoignages, des conseils concrets et zéro jugement. Installez-vous, traverse la tempête ensemble, c'est parti. Pour ce nouvel épisode, on va vous parler d'un sujet qui préoccupe particulièrement les parents et les jeunes, Parcoursup pour beaucoup de parents c'est un moment de bascule, on voit son enfant stressé, parfois silencieux, parfois perdu et en tant que parent on doute. Parcoursup c'est souvent vécu comme une machine à laver, ça tourne vite, ça fait du bruit. On ne comprend pas toujours tous les boutons et on a surtout peur que quelque chose se casse. Aujourd'hui, on va ouvrir cette machine, regarder comment elle fonctionne et surtout, comment, en tant que parent, on peut trouver des solutions simples et efficaces pour accompagner son enfant. Pour vous aider, j'ai le plaisir de recevoir une experte de Parcoursup, Julia Potier, de l'association Créer ton avenir. Bonjour Julia.
- Julia POTTIER
Bonjour Julien.
- Julien DAUZATS
Julia, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Julia POTTIER
Oui, avec plaisir. Bonjour à tous. Je suis Julia Pottier, je travaille à l'association Crée ton avenir, qui oeuvre depuis 2013 dans l'orientation des collégiens et des lycéens. Et puis moi, je suis donc la responsable du pôle solution orientation, qui propose des actions directement en faveur des familles, donc des ateliers pour les jeunes et puis des accompagnements pour les parents pour justement réussir à trouver leur place et à accompagner sereinement leurs jeunes sur tous ces sujets d'orientation.
- Julien DAUZATS
D'accord, et vous accompagnez combien de jeunes par an ?
- Julia POTTIER
Alors on accompagne à peu près en moyenne 6 000 jeunes par an, tous dispositifs confondus depuis 2013. Sachant qu'on est agréé par l'éducation nationale, on est membre du réseau ONISEP et on accompagne aussi les professeurs principaux dans les établissements scolaires pour les aider à mener à bien ces missions d'orientation.
- Julien DAUZATS
Donc une mission assez large. Alors maintenant, on va rentrer dans le vif du sujet, Julia, la première question que j'ai à te poser, c'est si tu devais expliquer simplement Parcoursup, tu leur dirais quoi ?
- Julia POTTIER
Alors j'ai entendu que tu comparais Parcoursup à une grosse machine à laver. C'est quand même pas une machine qui décide à la place des jeunes, Parcoursup. C'est une plateforme tout simplement qui met en relation des voeux et des formations selon des règles qui sont connues à l'avance. Parcoursup, simplement, c'est une plateforme d'enregistrement, de sélection dans l'enseignement supérieur. Donc déjà, pour commencer, à quoi ça sert Parcoursup ? À consulter la liste des établissements, les formations dans les établissements et puis les attendus des établissements. Il y a peu près, on va dire, un peu plus de 23 000 formations de l'enseignement supérieur qui sont référencées, autour de 10 000 formations en apprentissage. Au point de vue du jeune, à quoi sert cette plateforme ? En plus de la consultation, à sélectionner les vœux, sélectionner les formations, candidater en argumentant, gérer le suivi de ces candidatures, examiner des candidatures et prendre connaissance de la sélection qui se fait, on parle beaucoup de l'algorithme Parcoursup, mais il y a aussi derrière des commissions, des vraies personnes qui examinent les candidatures des jeunes. Et évidemment, les jeunes et les familles peuvent utiliser la plateforme pour suivre l'évolution des candidatures et être informés sur toute la durée du calendrier. Là, ça y est, la plateforme a ouvert depuis la semaine dernière. Donc là, les jeunes peuvent saisir leurs vœux jusqu'au 12 mars, sachant qu'après, on entre dans une deuxième phase de confirmation des vœux et d'argumentation, qui est très importante et qu'il ne faut pas négliger, mais je pense qu'on va en reparler un petit peu après.
- Julien DAUZATS
C'est ça, on va en reparler juste après. C'est vrai que moi, j'utilise souvent le terme machine à laver parce que c'est vrai qu'en tant que parent, c'est un moment quand même assez compliqué. Et on va en parler, on se pose quand même beaucoup de questions, c'est quand même assez stressant. Et puis, on ne sait pas toujours à la fin quels résultats on va obtenir. Donc, c'est pour ça que je parle souvent de machine à laver parce qu'on a un outil qui est quand même assez important. Et c'est vrai qu'ils rassemblent l'ensemble des lycéens de France, donc il y a des volumes très importants qui seront gérés. Et c'est vrai que derrière, on a l'impression qu'il n'y a pas d'humains. Alors tu nous rassures un peu parce que tu me dis qu'il y a quand même un traitement aussi humain derrière au-delà de l'algorithme. Mais c'est vrai que pour un certain nombre de parents, dès qu'on entend Parcoursup, tout de suite, on voit un warning et tous nos amis nous disent « Mais attends, Parcoursup, oh là là, qu'est-ce que c'est ce truc-là encore ? » Et comment on va réussir à y faire face ?
- Julia POTTIER
Tout le monde y entre en même temps, mais avec des niveaux de préparation qui sont très différents. En réalité, ce n'est pas Parcoursup qui crée le stress, c'est le fait d'y arriver sans boussole. Notre rôle, je parle de professionnels, mais je parle aussi du rôle des parents, c'est de donner cette boussole aux jeunes pour leur permettre de préparer Parcoursup, d'être dans l'anticipation et de les rendre capables d'expliciter leurs choix, parce qu'ils n'y sont pas forcément préparés au moment où ils sont confrontés effectivement à l'ouverture de la plateforme.
- Julien DAUZATS
C'est ça. Et dans ce podcast, on va vous donner tous les conseils. On va vous donner cette boussole et Julia va nous expliquer comment fonctionne cette boussole pour réussir à répondre à Parcoursup. Alors, la question que j'allais te poser, c'est, nous sommes actuellement dans la phase où je formule mes voeux et je finalise mon dossier, comme ça s'appelle. Qu'est-ce qui fait vraiment la différence maintenant ou qu'est-ce qui peut faire vraiment la différence pour toi ?
- Julia POTTIER
Pour tous les parents, c'est d'anticiper finalement dès la fin du collège, en réfléchissant à ses choix d'orientation dès la troisième. Il n'est évidemment pas trop tard pour se poser les bonnes questions. Donc, notre méthodologie, en fait, c'est vraiment axé sur permettre aux jeunes de faire des choix qui soient autonomes, qui soient éclairés, épanouissants et sécurisants pour leur avenir. Et donc, le premier travail à faire par le jeune, aider de sa famille, c'est un gros travail sur, finalement, la connaissance de soi. parce que le pur scolaire qui va entrer en compte, pour qu'un jeune sélectionne la formation qui va le plus lui correspondre, il faut évidemment tenir compte des notes, les matières ont réussi, ont réussi moins, ce qu'on aime, ce qu'on aime moins. Mais l'idée, c'est aussi d'amener le jeune à porter un autre regard sur lui-même, de faire un pas de côté pour voir quels sont les critères qui font qu'ils sont en dehors du pur scolaire, c'est-à-dire ses loisirs, ses passions, les engagements citoyens qu'ils peuvent avoir très tôt, tenir compte de leurs compétences aussi, en sortant du purement scolaire, encore une fois, parce que c'est vrai qu'à la lecture des bulletins scolaires, alors qu'aujourd'hui, dans le monde de l'entreprise, on parle beaucoup des compétences psychosociales, par exemple, c'est vrai que ce n'est pas quelque chose du tout qui ressort à la lecture des bulletins. Et donc, les jeunes ont souvent peu conscience de l'importance et du nombre de compétences différents. Enfin, voilà, qu'ils arrivent à faire un travail comme ça pour mieux se connaître et pour déterminer à la fois la formation qui va le mieux leur correspondre et avoir des critères pour choisir cette formation et choisir leurs établissements. Parce que Parcoursup, c'est quoi ? C'est domaine, filière, établissement. Donc, commencer par faire un gros travail de recherche et d'exploration autour des domaines professionnels. Donc, il y a peu près 35 domaines qui existent. Sticker ceux qui peuvent ou pas leur correspondre en prenant l'habitude d'argumenter systématiquement, parce que c'est ce qu'on leur demande aussi dans Parcoursup. Et puis, derrière ces formations-là, aller voir un peu plus précisément ce qu'il y a derrière en termes de métier, parce qu'il y a beaucoup de méconnaissances, voir des préconçues entre certains domaines et certains métiers. Là, souvent, c'est l'occasion de découvrir des métiers, évidemment, qu'ils ne connaissent pas, pour savoir là où ils veulent aller. Et une fois que cette partie de domaine métier va être au clair, ça va être trouver quel est le chemin pour y aller. Donc, quelle filière de formation choisir. Donc là encore, se poser la question, quelle est la filière qui va le mieux correspondre au projet du jeune, mais à son profil, parce qu'il y a plusieurs manières d'arriver finalement au même résultat. Une fois que ça c'est à peu près au clair, c'est là qu'on va être vraiment dans la préparation des vœux par consul, c'est-à-dire aller faire des choix de formation dans des établissements, parce que c'est ça, les vœux Parcoursup, c'est une formation dans un établissement, ou une formation dans plusieurs établissements, parce que c'est ce qu'on va appeler les vœux multiples. Donc déterminer ses critères pour choisir ses établissements, parce que le jeune, il se rend souvent compte qu'en fait, une même formation peut être donnée dans des établissements différents. Et puis de se confronter évidemment aussi aux critères de sélection des établissements, puisque l'idée, c'est quand même d'être dans une approche réaliste des choses pour optimiser ses chances que ça matche au moment des résultats de Parcoursup.
- Julien DAUZATS
C'est ça donc. Finalement, il y a quand même pas mal de points à traiter, pour répondre au mieux à ses voeux et à son dossier. Petit conseil pour les parents qui n'auraient pas fait cette étape en amont, au collège, en seconde ou en première, avec des stages, etc. Ils n'ont pas pu éventuellement se documenter et approfondir ces choix de métier. Aujourd'hui, vous avez un outil qui est aussi formidable, qui sont les outils IA qu'on utilise tous les jours, que ce soit ChatGPT, Gemmini, Mistral IA, ces outils ils vont vous permettre aussi de vous donner quelques idées en fait de métiers d'avenir et aujourd'hui on sait que les métiers d'avenir ils sont sur l'utilisation aussi de l'IA dans vos métiers au quotidien et surtout le conseil que je veux donner à tous les parents évitez de mettre vos enfants dans des formations histoire de l'art langue étrangère marketing communication il n'y a plus de boulot dans ces secteurs là donc petit conseil essayez de vous renseigner au maximum sur ces métiers-là qui sont en plein développement. Et puis, après, trouver le bon établissement et la bonne formation qui correspond. Le petit conseil, ou en tout cas le petit warning que je pourrais dire aux parents, arrêtez de mettre vos enfants dans des filières bouchées parce qu'aujourd'hui, ils n'auront pas de boulot à la sortie.
- Julia POTTIER
Je peux juste rajouter, c'est quand même une évolution de la plateforme Parcoursup, c'est que maintenant, il y a possibilité, par formation, d'aller consulter et aller déboucher concrètement des jeunes qui ont suivi telle ou telle formation dans tel ou tel établissement, de voir à la sortie de leur formation, au niveau marché du travail, comment ils ont pu se positionner. Donc ça, ça peut servir aussi à donner une information sur effectivement la pertinence ou pas de suivre telle ou telle voie et de s'engager dans telle ou telle filière de formation post-bac.
- Julien DAUZATS
En tout cas, merci Julia pour cet élément, parce que c'est important. Et vous avez en plus cette information sur Parcoursup de pouvoir savoir, comme nous l'a dit Julia, savoir si derrière cette formation permet d'accéder à un emploi ou pas. Parce que le but quand même d'une formation, c'est aussi de rentrer après par la suite sur le marché du travail, donc si on peut voir s'il y a des débouchés ou pas, c'est quand même pas mal. Maintenant, la question que je voulais te poser, pour beaucoup de parents, au-delà du dossier, c'est quelle est la place et quelle place je prends dans le cadre de Parcoursup ? Est-ce que c'est aujourd'hui Parcoursup, c'est l'orientation des parents pour les enfants, ou c'est aujourd'hui Parcoursup, c'est en tant que parent, j'accompagne mon enfant ? Parce que bien souvent, on a envie de prendre la main sur son enfant, et comme on l'a vu dans un certain nombre d'études, aujourd'hui, on pourra aussi nous en parler après par la suite, mais globalement, on va dire qu'il n'y a plus de 80% des jeunes qui choisissent une formation via leurs parents. Et donc voilà, la question que je voulais poser, c'est comment aider son enfant sans le freiner, ni prendre de décisions à sa place ?
- Julia POTTIER
Alors effectivement, comme tu viens de le dire, c'est un questionnement qui concerne beaucoup de parents. Là, il y a justement une étude qui vient de sortir, à laquelle on a participé avec l'APEL, qui est une grande fédération de parents d'élèves. Et c'est vraiment l'information qui est ressortie, très intéressante, mais qui ne nous a pas surpris, c'est que 80% des parents, leur première préoccupation face à ces sujets d'orientation, mais c'est comment je dois me positionner, quelle est ma place, quel est mon rôle ? Parce qu'effectivement, souvent l'occasion de débats fort intéressants qu'on peut avoir d'ailleurs avec les différentes parties prenantes autour de cette question, mais au fait, qui fait les choix d'orientation ? Quand nous on fait les salons d'étudiants, on voit, on a les parents qui viennent avec le jeune qui est plus ou moins à l'aise, plus ou moins concerné par le sujet, alors que pourtant, c'est bien de son avenir dont il s'agit, et nous notre positionnement, c'est bien de considérer que c'est le jeune qui doit faire ses choix puisque c'est bien son avenir dont il s'agit. Mais ça ne veut pas dire que pour autant, le parent doit être complètement au retrait, bien au contraire. On aime bien dire, nous, chez Crée ton d'Avenir, que le rôle du parent, c'est de se placer dans une posture de défi par rapport à son jeune, de soutien et de mise en projet. Alors défi, pourquoi ? Parce que ce n'est pas toujours facile de mobiliser son jeune autour de ces sujets-là. Donc, prendre l'habitude de le questionner, sur son orientation, sur ses choix, sur là où il en est dans son projet. Ne serait-ce que lui poser la question, est-ce que vous avez déjà pensé à demander à votre jeune ? Mais au fait, on n'en a jamais parlé, mais qu'est-ce que tu attends de moi par rapport à ton orientation ? Voilà, d'essayer de mettre les choses à plat pour savoir qui fait quoi dans tout ce parcours qui peut être long et un peu tumultueux. Ça va être le challenger, le jeune, le driver, le soutenir. aussi l'encourager, lui donner confiance en lui, lui permettre d'avancer avec méthode, c'est-à-dire un petit peu faire un point sur les options disponibles, sur ses préférences, sur quelles pourraient être les contraintes, les difficultés. On parlait de l'idée de cette notion de débouché. Il peut y avoir des contraintes en termes de géographie, en termes de budget, en termes de début. Je ne sais pas trop si je veux partir pour des études courtes, des études longues. Donc, commencer à anticiper aussi, C'est-à-dire parce que finalement si je pars pour des études courtes, quelles pourraient être après les possibilités pour réintégrer un parcours plus long ? Quelles seraient les passerelles qui pourraient exister si finalement ça ne se passe pas comme je veux, si je change d'avis ? Enfin voilà, lui permettre d'avancer avec méthode, lui permettant d'explorer, lui permettant d'anticiper, et lui permettre évidemment de faire des choix qui soient sécurisés.
- Julien DAUZATS
Souvent aussi ce qui est délicat en tant que parent, c'est de se dire, on a un jeune qui ne connaît pas du tout le monde de l'entreprise, et c'est normal parce qu'il a son âge, il n'a pas l'expérience que peuvent avoir aussi les parents. Et c'est toujours difficile de dire, tiens, à un moment donné, en tant qu'enfant ou en tant que jeune, de dire, là, je dois choisir un avenir professionnel, mais moi, je n'en sais rien du tout. Là, je suis au lycée. On n'a quasiment jamais vu ce qu'était une entreprise. On a très, très peu parlé. J'ai fait un stage d'une semaine, deux stages d'une semaine. Et pour lui, c'est quand même quelque chose d'assez vague. Et c'est même pour le jeune, un peu angoissant. C'est vrai que la posture est compliquée. Aussi, entre les aspirations du jeune, qui a une vision très courte, ou peu de vision du monde de l'entreprise, et les parents qui ont peut-être une vision un petit peu plus large.
- Julia POTTIER
C'est ça. Le jeune, on lui demande de faire beaucoup de choix, on lui demande de se projeter beaucoup dans l'avenir, alors qu'on sait que pour prendre des décisions avec les rêves, il faut être dans un équilibre entre l'émotion, la raison, l'intuition. C'est pour ça aussi qu'il a autant besoin d'être encadré, que ce soit par ses enseignants, par ses parents. par des professionnels, c'est que du coup, tout ça, c'est compliqué.
- Julien DAUZATS
Et au niveau de l'association, les jeunes, ils peuvent aussi vous contacter ou pas ? Ou les parents ?
- Julia POTTIER
Alors, ils peuvent nous contacter, bien évidemment. Nous, c'est vraiment notre combat d'accompagner ces jeunes pour leur permettre que leur orientation se passe du mieux possible. On peut conseiller les jeunes directement, dès la cinquième, je veux dire, dès la mi-collège. Puis les parents, à la fois, ils peuvent nous contacter pour savoir un petit peu, avoir des éléments, justement de méthodologie, comment entrer en discussion avec leurs jeunes sur le sujet. Puis ils peuvent aussi nous rejoindre sur les réseaux. En fait, on est en train de développer une communauté de parents que j'aime à dire solidaire et bienveillante pour échanger à la fois sur la parentalité d'adolescents, mais surtout aussi se communiquer les bonnes infos, les bons tips autour de ces sujets d'orientation. Dire, moi j'habite sur tel territoire, je sais qu'il y a telle entreprise qui organise tel événement ou tel établissement qui organise telle porte ouverte. et pour mutualiser un peu les informations. Je sais qu'il y a tel webinaire qui est donné tel jour sur LinkedIn, le lien pour s'inscrire. L'idée, c'est vraiment d'échanger, de se soutenir et de se passer à partager un maximum d'informations pour ne pas se sentir isolé et tout seul dans sa galère.
- Julien DAUZATS
Ok, parfait. Pour des parents qui ont peur pour l'avenir de leurs enfants, parce qu'on sait que Parcoursup, c'est quelque chose d'angoissant et que, globalement, on a peur que tout se joue à ce moment-là lors de la formulation des vœux. Si on ne réussit pas à Parcoursup, ça va avoir un impact. peut-être assez fort sur l'avenir de nos enfants. Qu'est-ce que tu pourrais leur dire aux parents ?
- Julia POTTIER
Pour dédramatiser un peu aussi, c'est que les parents ont toujours peur d'en faire trop ou de ne pas en faire assez, sachant que la pression parentale, déjà, elle est rarement intentionnelle, qui aide vraiment, ce n'est pas, on l'a dit, de décider à la place du jeune, mais vraiment, c'est d'adopter cette posture de guide, aider son jeune à mettre des mots sur ses choix, sécuriser le cadre, on va dire sans imposer la direction, acceptée aussi. que le doute, ça fait partie du processus. Laisser le droit à l'erreur aussi, à son jeune.
- Julien DAUZATS
Ça, c'est quelque chose qui est important pour rebondir à ce que tu viens de dire. Le droit à l'erreur. Votre enfant est jeune, il a le droit de se tromper. Et même, je veux dire, en tant qu'adulte, par moment, on peut faire aussi des choix professionnels qui ne sont pas forcément les bons choix. Donc, le droit à l'erreur. Tout le monde a le droit, en tout cas, à ce droit à l'erreur.
- Julia POTTIER
Le droit à l'erreur, c'est donner confiance à son jeune, lui faire comprendre qu'il est capable, en fait, de faire ses propres choix et en lui montrant que vous êtes là. Faire des choix, ça s'apprend. Et c'est pour ça que dans cet apprentissage-là, les parents ont un rôle clé. Donc pour aider leur enfant, l'idée c'est de l'aider à structurer sa réflexion, assumer ses choix, gagner en autonomie. Quand les choses sont claires sur cette posture-là, la pression abaisse, comme chez le jeune. C'est vraiment l'idée, c'est de lui apprendre et lui permettre d'apprendre à choisir.
- Julien DAUZATS
En préparant cette émission, tu nous parlais aussi des passerelles. Là aussi, c'est quelque chose qui est important, qui permet en tout cas de se dire si à un moment donné, je n'ai pas eu mes voeux ou si ce n'est pas passer comme je l'ai souhaité, il y a des passerelles qui existent. Voilà, exactement. Parce qu'en SUP, ce n'est pas une épreuve à réussir, c'est une étape à traverser. Pour dédramatiser, déculpabiliser les parents, en fait, on pourrait dire que votre enfant n'a pas besoin que vous ayez toutes les réponses, que vous connaissiez tous les métiers ou que vous connaissiez toutes les filières. Il a vraiment besoin d'avoir ce cadre rassurant et du temps pour réfléchir et la confiance nécessaire pour apprendre à choisir. Et c'est pour ça que tout ce travail structurant autour de la méthode... savoir explorer, aller chercher, trier l'information, anticiper encore une fois les difficultés et toujours se dire qu'effectivement, par rapport à nous, à notre époque, moi je suis maman aussi de collégienne et lycéenne, il y avait beaucoup moins de passerelles qu'aujourd'hui. Aujourd'hui, il y a énormément de passerelles qui existent et c'est extrêmement rassurant à la fois pour les jeunes et les parents de se dire qu'effectivement, on peut changer d'avis à un moment donné, mais plus je vais l'avoir anticipé, plus je vais l'avoir réfléchi en amont. plus cette évolution après va pouvoir se faire sereinement. Donc prendre le temps vraiment d'aller chercher l'information en allant. Utiliser la plateforme Parcoursup. Parcoursup, on peut l'utiliser dès la seconde, on n'est pas obligé d'attendre. Au contraire, même pas attendre la terminale pour aller consulter les formations. Dès la seconde, les jeunes, ils ont un accès. Ils peuvent aller commencer à consulter les critères des formations, les critères des établissements, l'organisation des enseignements. Et quelles erreurs vois-tu le plus souvent chez les parents ou les jeunes à ce moment-là ?
- Julia POTTIER
L'erreur déjà c'est d'attendre la terminale parce qu'en fait, notamment dans les critères de formation, si vous allez consulter sur Parcoursup, vous verrez que les choix de spécialité que le jeune va avoir fait vont avoir un impact assez significatif. ses chances d'être reçues dans telle ou telle formation.
- Julien DAUZATS
Et moi, j'ajouterais par rapport aussi à ce que tu viens de dire, une erreur aussi qu'on voit assez souvent dans le choix des formations, c'est de se dire, j'ai mon enfant, je ne sais pas, par exemple, qui est bon élève et je ne vais mettre que les meilleures classes préparatoires, mettre que les meilleures écoles, etc. Et c'est vraiment de dire aux parents, mettez en tout cas dans les premiers choix, on va dire les choix les plus importants pour vous, mais mettez aussi des choix, on va dire, de deuxième niveau qui vous permettent au moins d'accéder aussi à une formation, parce que forcément, plus vous allez rentrer sur des filières sélectives, moins il y a de place, plus il y a de candidats. Et donc, vous pouvez vous retrouver à la fin avec aucun choix accepté parce que vous n'avez mis que des formations très recherchées ou des formations qui nécessitent d'avoir un dossier particulier. Oui, parce qu'aujourd'hui, on parle de filières sélectives ou non sélectives. En grande majorité maintenant, des formations deviennent sélectives. On a même maintenant des formations à l'université qui le deviennent parce qu'elles sont très demandées. Donc vraiment, le jeune a le droit à 10 vœux. Sachant que dans les vœux, il y a des vœux simples et des vœux multiples. Donc un vœu simple, c'est une formation dans un établissement. Un vœu multiple, c'est une même formation dans plusieurs établissements. Donc ça, vous avez le droit à 20 sous-vœux. Vraiment, complétez tous les vœux et sous-vœux pour effectivement optimiser vos chances d'avoir quelque chose. Ne serait-ce que ça, d'avoir quelque chose qui va pouvoir correspondre au jeune au moment des résultats par poursuite. Pas focaliser seulement sur le choix premier, j'allais dire, sur le vœu numéro un idéal du jeune, mais avoir des plans B et des plans C. Alors les plans B et les plans C, ça peut être d'autres filières qui vont pouvoir correspondre au projet du jeune, qui vont pouvoir l'emmener au même résultat que là où il voulait aller initialement, mais aussi dire si finalement je ne vais pas avoir été pris dans la filière d'origine dans laquelle je souhaitais être inscrit, justement réfléchir à ces fameuses passerelles dire ben voilà je sais que pour arriver au métier que j'ai ciblé peut-être que ça va pas se passer exactement selon le déroulé que j'avais initialement prévu en termes de formation mais je sais que pourrais en choisissant telle ou telle autre formation ben finalement après rebifurquer et arriver au même résultat mais vraiment remplir, renseigner tous les vœux On arrive à la fin de cet épisode Quel message essentiel aimerais-tu laisser aux parents qui nous écoutent en pleine tempête Parcoursup ?
- Julia POTTIER
Déjà, respirer. C'est pas un verdict, comme on disait, c'est un processus. Alors ça peut être exigeant, il faut dire que c'est extrêmement formateur pour votre jeune, mais vraiment essayer de faire de cette période-là qui peut être effectivement source de tension. Poser les bases d'une relation nouvelle avec votre jeune. Votre jeune, il grandit. Alors ça peut faire peur, cette notion d'émancipation du jeune, mais faites-lui confiance, faites-lui confiance. Échanger, poser les choses clairement, discuter. des difficultés, des doutes, des contraintes. Et vraiment, posez-vous en tant que duo, binôme, partenaire, gagnant-gagnant. C'est vraiment l'occasion pour vous de poser les bases d'une relation nouvelle avec vos jeunes. Donc, j'allais dire, saisissez cette chance. Et puis, si vous avez des questions, des doutes sur la formulation des vœux, sur ce qu'est un vœu, si vous avez besoin d'aller un peu plus en détail, sur le détail des formations, savoir comment avoir plus d'informations sur justement la reconnaissance des diplômes, le contenu des formations, les contextes d'enseignement dans les établissements et que vous avez du mal à vous y retrouver avec Parcoursup parce que c'est une plateforme qui est très bien faite, mais qui est très dense. Et c'est vrai que quand on n'a pas les clés, on peut s'y perdre un petit peu, surtout quand on est dans l'urgence, quand le calendrier est déjà bien avancé. Comme ça, n'hésitez pas à nous contacter et on s'efforcera de vous accompagner et de vous donner des éléments de réponse au maximum et faire en sorte que tout se passe au mieux pour votre enfant.
- Julien DAUZATS
En tout cas, merci, Julia, pour ton intervention.
- Julia POTTIER
Merci à toi Julien.
- Julien DAUZATS
Et on vous dit à bientôt.