- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Salut à tous les sales petits potes. Alors, on se retrouve aujourd'hui parce qu'on a trouvé l'ultime sale bobine. Et cette ultime sale bobine, elle s'appelle Mad God et elle est sur Shadows. Alors, on se retrouve pour en parler toujours avec Sacha et Clément.
- Speaker #2
Bonjour. Bonjour.
- Speaker #1
Et Sacha, présente-nous un peu l'historique de... Cette étrangeté.
- Speaker #3
Cet objet filmique. Alors, Mad God, c'est un film en stop motion, donc en animation, enfin, animation pâte à modeler c'est un peu réducteur, mais en gros c'est un film animé en volume, de Phil Tippett. Alors vous savez pas forcément qui c'est, vous avez forcément vu son travail, parce que c'est une légende des effets spéciaux, et un spécialiste de la stop motion qui a fait la trilogie Star Wars originelle, Piranha, Starship Troop. Hoopers, Robocop, Terminator, il a fait une carrière incroyable. Et c'est le projet de sa vie. Il a commencé à la fin des années 80. 87, c'est ça. Il a arrêté pendant longtemps parce qu'avec les trucages numériques, il s'est dit que la stop motion, c'était un peu mort. Et il a fini par reprendre des années après avec un Kickstarter et l'assistance de beaucoup de bénévoles. Et il a fini par livrer... C'est vraiment un film somme. C'est vraiment un film absolu. Je pense que ça va être compliqué pour lui de faire un autre projet derrière parce que c'est... tellement radical que je ne sais pas ce qu'il pourrait raconter après ça. C'est un film stop-motion, mais avec d'autres techniques. Il y a un peu de numérique, il y a des acteurs en taille réelle qui sont incrus dans le film, il y a plein de techniques différentes qui se mélangent. Et tout ça au service d'une histoire très particulière. Je vais laisser à Clément la charge de résumer l'histoire de Mad God.
- Speaker #2
Mes collègues sont des traîtres parce qu'ils me laissent peut-être le truc le plus difficile. En fait, à part dire qu'au début, on a une représentation de la tour de Babel, Merci. une citation du Lévitique en générique, et puis ensuite on va suivre un soldat qui s'appelle l'Assassin, qui va descendre via un très très très très long ascenseur, capsule ascenseur, qui va descendre dans les profondeurs de on ne sait où, afin de poser une bombe, et bien je pense qu'à partir de là, ça ne sert à rien de résumer Mad God, vu que c'est un film finalement qui se laisse... C'est le genre de film où je pense que Euh... C'est pas grave de ne pas comprendre ce qui se passe, ou l'histoire, etc. C'est vraiment le film qui va jouer sur le ressenti, sur l'esthétique, sur les sentiments que les visuels vont procurer. Parce que je pense qu'essayer de trouver... On pourrait le comparer à une espèce d'Alice au Pays des Merveilles, ce qu'on disait pendant le visionnage, c'est Alice au Pays des Merveilles, mais dans une version cauchemardesque, parce qu'on va traverser des paysages absolument dantesques, dans le sens... littéral du terme qui vont représenter différents aspects de l'humanité la guerre l'industrialisation l'exploitation des hommes des animaux le tout en croisant des galeries de créatures absolument immonde et en même temps extrêmement fascinante c'est un film, je crois que c'est l'un des films les plus organiques que j'ai vu Ça suinte, ça chie, ça vomite, ça sanglant. Il y a une espèce de voyage, de catabase qui se fait au fur et à mesure. La catabase, c'est le voyage aux ancères, la descente aux ancères. Jusqu'à ce qu'à un moment donné, il y ait un twist. Et là, il va proposer quelque chose d'un peu différent. Et pareil, pour comprendre, bon courage, comme disait Julie tout à l'heure. C'est un peu... Il y a un peu une vibe Dark Soul Miyazaki, dans le sens où on nous présente des éléments, mais à nous de projeter ou de comprendre ce qui se passe. Je pense qu'on est plutôt dans l'idée de « je vais projeter ce que je pense avoir compris » . Il y a un peu de laissé-aller, même, que tu comparais à du David Lynch.
- Speaker #3
Ah ben, c'est sensoriel, en fait. C'est comme David Lynch. C'est des films, en fait, on les vit, c'est une expérience sensorielle. Et après, enfin moi je l'ai dit tout à l'heure en off, mais moi j'ai les 20 dernières minutes du film, j'avais la mâchoire décrochée, je regardais le truc, et j'ai pas vu le temps passer, même s'il est très court, c'est vraiment... C'est fascinant et après effectivement on peut s'amuser à faire des analyses etc. Mais vraiment c'est un film, il faut y aller avec le moins d'infos possible, il faut se le prendre dans la tête. Alors par contre, Trigger Warning, regardez-le quand vous êtes en forme, parce que c'est un film qui peut être très oppressant ou qui peut vraiment être une mauvaise expérience si vous n'êtes pas un petit peu préparé avant. Mais par contre, si vous êtes... Si vous êtes happé dedans, le film ne va pas vous lâcher. C'est vraiment fascinant. Pardon, du coup, j'étais...
- Speaker #1
Non, mais c'est ça. Moi, j'ai vraiment... C'est exactement ce que tu dis. Ça a été vraiment une expérience. Au-delà de ce que tu essaies de comprendre dans le film, c'est cet impact visuel et ce que ça crée chez toi. Moi, j'étais vraiment entre Dark Soul, je me baladais en Kylian et en regardant Bekskinski en train de peindre. Et c'est vraiment cet univers-là qui est très oppressant. Tu vois, je disais tout à l'heure que j'étais en train de lire un bouquin qui s'appelle « Héroes Macabres » . On est dedans. Plus macabres que « Héroes Macabres » . C'est assez... Moi, il y a des scènes qui m'ont marquée. Moi, il y a vraiment des... Je ne vais même pas parler de personnages, mais je vais parler d'espèces d'entités qui, visuellement, m'ont vraiment marquée. Ce film est... est imprimé dans ma rétine, pour le meilleur et pour le pire.
- Speaker #2
Il y a un côté un peu syndrome de Stendhal, c'est un espèce de vertige esthétique, mais un vertige esthétique qui va plutôt jouer sur le surréalisme, sur l'horreur, le body horror, où, comme tu dis, il y a la référence à Bekchinsky, je pense qu'il y a plein de choses. On a l'impression d'être dans un cauchemar vivant qui a été animé, parce qu'il y a des entités, c'est des bouts de corps qui n'ont absolument aucun sens qui suintent de partout il y a ces passages moi qui m'a beaucoup marqué le passage avec ces ouvriers qui sont créés à la chaîne à partir de des fécations d'entités géantes qu'on électrocute et qui sont sacrifiées qui meurent tous les uns après les autres de différentes manières assez absurde et inconséquente mais qui est vraiment une M... Que tu pourrais prendre comme une allégorie du prolétariat que l'on sacrifie et il y a le titre, il y a le titre qui est extrêmement mystérieux où on se demande à quoi ça se réfère finalement et en fait on sort du film, on n'a que des questions, on n'a que des interrogations mais il y a cette espèce de voyage où en fait c'est pas grave si on n'a pas de réponse c'est vraiment le film qui embrasse le... C'est un film qui embrasse vraiment la philosophie du cinéma, c'est-à-dire qu'on montre des choses. Et on ne dit pas ce que tu vois, et en fait c'est à toi de voir comment tu vas interpréter.
- Speaker #3
Parce qu'il y a un truc qu'on a omis de dire quand même, il n'y a pas de dialogue. C'est couillon, mais il y a zéro dialogue. Il y a des personnages qui parlent, mais c'est une espèce de babillage. C'est leur langage à eux, on ne comprend pas. Même quand c'est des vrais acteurs qui sont représentés comme des humains.
- Speaker #1
C'est la version langage des petits mignons.
- Speaker #3
C'est du yaourt périmé. Pour vous donner des repères esthétiques, on a parlé de Beksinski, parce qu'il y a vraiment ce côté surréalisme très très sombre, même sur les couleurs, sur le travail sur les textures, c'est très Beksinski. Pour le côté dantesque, le peintre préféré de Filtiped, c'est Jérôme Bosch. Du coup, à partir du moment où on s'essence, il y a... Bah oui, voilà. Et moi, il y a... Le chaos visuel,
- Speaker #1
parfois.
- Speaker #3
Ouais, c'est ça. Puis le côté représentation de l'enfer ou de l'absurdité du monde. Qui est très baroque,
- Speaker #2
finalement.
- Speaker #3
C'est ça. Et moi, les fameux ouvriers, ils m'ont beaucoup fait penser... Alors attention, là, c'est un truc de nerd d'histoire de l'art, mais ça m'a fait penser aux sculptures de Giacometti, ces espèces de bonhommes en métal très très minces, etc. Il y a plein de petits trucs comme ça, où on peut s'amuser à faire des liens. Et pour revenir sur ce que tu disais Clément, pour moi c'est un peu un test de Rorschach, c'est-à-dire que vous vous mettez devant ce truc-là, ça va forcément vous évoquer des choses. On a vraiment l'impression en fait que... Moi j'ai regardé le making-of, il y a un petit making-of de 10 minutes sur Youtube, si jamais vous voulez voir un petit peu comment ils ont fabriqué les choses, comment ça s'est construit, etc., qui est très très cool. Et en gros à un moment donné il y a la fille de T-Pet qui a réalisé le making-of, qui a participé au film, qui dit mais en fait le Mad God c'est mon père, c'est lui qui crée ce truc-là et c'est la psyché. On a vraiment l'impression dans la psyché de voir un peu l'inconscient de Fintiped. C'est pour ça que je dis que c'est un film où je me dis comment est-ce qu'on peut faire un truc après ça, parce que c'est tellement radical et complet. Parce qu'on a vraiment l'impression que c'est aussi son voyage à lui sur 40 ans quasiment de carrière de fou. C'est vraiment fascinant. Moi c'est vraiment le film où on peut s'amuser. Je pense que des mois après je vais me dire, oui mais ça me faisait penser à ça aussi. Il y a vraiment ce truc de... Mais on n'est pas dans l'accumulation bête et méchante. Non, il y a un fil logique. Voilà, c'est ça. On a vraiment l'impression qu'il a digéré toutes ces influences de toute sa carrière qui est énorme et on imagine qu'il a mangé des tonnes et des tonnes et des tonnes. tonnes de références artistiques. D'ailleurs, si vous voulez aller plus loin, il y a un documentaire réalisé par deux français qui est aussi sur Shadows, qui est Filtipet Rêve Fou, je crois, et qui est super intéressant. Ça dure une heure vingt, ça raconte toute sa carrière et franchement, c'est impressionnant. Et il parle un petit peu de Mad God. Le documentaire était fait avant, mais comme ça fait très longtemps que ça tourne, il y avait un côté un peu mystique de on voit des images, on voit des machins, on voit des trucs. Et ça a été une arlésienne pendant très très très longtemps. On a quand même la chance qu'il ait réussi à enfin finir le truc.
- Speaker #1
Mais ce qui est marrant quand même dans ce film, c'est que parfois, on a l'impression de comprendre. Tu vois, je me rappelle, à un moment donné, on a cette espèce de séquence où on a ces petits bonhommes là, tu sais, qui sont fouettés, on les voit ériger des pyramides. On voit à un moment donné le passage avec les bombes. Voilà, donc on est aux pyramides, après on est en 45. Et moi, il y avait vraiment cette... Cette impression dans la première moitié du long métrage, parce que je pense que c'est à peu près à la moitié où il y a ce basculement, j'avais cette impression qu'on avait cet assassin qu'on suit et qu'on va suivre à travers l'histoire et ensuite à travers les cercles de l'enfer. Et à chaque fois, ce qu'on n'a pas précisé aussi, c'est qu'il passe de salle en salle. Et à chaque fois, il y a une espèce de trappe et il descend en étage en dessous, il descend en étage en dessous, etc. Et donc, j'avais vraiment l'impression qu'il y a cette idée qui descend à travers l'histoire de l'estrade de l'humanité. Et ensuite opère ce basculement et là, j'ai vraiment plus l'impression de comprendre quoi que ce soit. Donc, j'ai fait un peu comme tu disais Sacha, j'ai décroché la mâchoire et j'ai arrêté de réfléchir.
- Speaker #3
Il y a une petite clé, je ne vais pas trop détailler, mais déjà, il ne fait quasiment rien. Dans le film, dans cette première moitié, il fait que... il se déplace en fait. On voit à la fin de cette première moitié qu'il avait un objectif, il pose une bombe. Et au moment où il le fait, le temps s'arrête. Et il y a un rapport avec la déconstruction du temps et de l'espace dans le film qui le rend aussi très hypnotique. Il y a tout ce rapport au temps, aux horloges, et au fait qu'elles s'arrêtent, qu'elles se ralentissent, etc. Je sais qu'il y a un long plan sur une horloge où... On voit les aiguilles qui sont de plus en plus lentes.
- Speaker #1
Ça, c'est quand il se fait disséquer, ça.
- Speaker #3
C'est ça, mais à partir du moment où il pose la bombe, les aiguilles de la bombe s'arrêtent, et là, il y a un espèce de truc, de basculement, le temps, c'est en train de s'effondrer sur lui-même. Et moi, je trouve qu'il y a une métaphore avec les bombes nucléaires. Moi, ça m'a fait penser, pour ceux qui ont vu la saison 3 de Twin Peaks, il y a un épisode qui est beaucoup centré sur une explosion nucléaire, et là, il y a une petite séquence comme ça, on va un peu à l'intérieur d'une explosion nucléaire, et pour moi, c'est un peu le truc de la matière, le temps et l'espace s'effondrent sur eux-mêmes, et c'est à partir de là que le film bascule dans autre chose. Désolé, je fais des gros tunnels, mais c'est mon film préféré depuis très longtemps.
- Speaker #2
Ce que je trouve incroyable, c'est que j'ai l'impression d'y retrouver un peu les thèmes du DC, de cet agent qui est un peu envoyé vraiment en dessous pour détruire quelque chose. Le récif de Steve. Alors oui, le récif de Steve. Vous le savez, j'adore les récifs de Steve. Parce que c'est un peu la base d'énormément de récifs. Puis qu'a dit que la popularisait dans sa littérature. Et justement, il y a ce moment où il y a cette espèce d'alchimiste, il a un petit aquarium dans lequel il a des petites bestioles qu'il nourrit, puis après il lâche une bestiole, etc. Et comme si c'était un dieu, lui aussi, qui créait, qui regardait ce qui se passe. Il y a un peu par sadisme, il nourrit la bestiole. Il y a ce moment où il y a toutes ces horloges qui sont entassées et aucune n'a la même temporalité, le même rythme. C'est extrêmement riche. mais Est-ce que je serais capable de vous dire qu'est-ce que ça veut dire ? Je pense que personne n'est capable, même pas Philippe Tipette, de dire... Mais je trouve ça génial. Je trouve que c'est le genre de film où j'ai envie de le remercier d'exister. Je pense que c'est le genre de film qui est extrêmement rare. On est vraiment face à un objet purement artistique dans lequel on...
- Speaker #3
Il n'y a pas de compromis.
- Speaker #2
Voilà, c'est ça. Il n'y a vraiment pas de compromis.
- Speaker #1
Et puis c'est tellement... Impressionnant de se dire que c'est du stop-motion. Il y a quand même ce truc où en fait, à un moment donné, quand tu acceptes totalement de lâcher et que tu acceptes le fait de ne pas comprendre, parce que moi au début j'ai essayé de me raccrocher comme j'ai l'habitude à un pseudo-histoire, un pseudo-scénario que j'ai essayé de me faire moi-même, à partir du moment où j'ai dit bon, c'est bon, ok, j'accepte, je décroche, et là tu peux t'intéresser juste... juste à l'esthétique et à ce que tu vois. Et quand tu te dis que c'est du stop motion, tu te dis que ce n'est pas possible. Le travail, il est...
- Speaker #3
C'est monumental.
- Speaker #1
Impressionnant. Je n'ai même pas les mots pour dire à quel point c'est un travail de dingue.
- Speaker #2
Il n'y a aucune concession dans qu'est-ce que je peux faire et qu'est-ce que je peux montrer. Et comment je vais le montrer et quelle durée je vais le montrer. Par exemple, le plan sur l'horloge qui est quasiment insupportable. Il y a la scène de dissection qui arrive au milieu du film qui... sur des plombouilles c'est Mary Poppins quoi c'est vraiment tout ça pour finir sur littéralement je suis désolé pour la rêve mais on n'arrête pas de la faire c'est littéralement la fin de Bloodborne la fin cachée de Bloodborne avec une créature qui est tout droit sortie d'un cauchemar de Miyazaki enfin non qui est un cauchemar plutôt qu'il y a une espèce de cauchemar plutôt de l'imaginaire européen qui est sûrement une des créatures les plus impressionnantes et les plus fascinantes que j'ai vues. On ne vous gâche pas la surprise. Et en plus, on la suit très longuement. Et là, on a une nouvelle descente, mais qui est moins horrifique, mais qui est presque merveilleuse. Où on franchit des seuils, où on croise de nouvelles entités, des statues. Et à un moment donné, il y a cette espèce de fœtus squelette qui jaillit, qui essaie de le suivre. C'est fascinant. Le moment, moi, là où j'étais complètement hypnotisé, j'ai trouvé ça absolument... génialissime mais voilà c'est un film effectivement il faut se laisser porter la salle des statues m'a marqué la salle des statues elle est très impressionnante elle a d'elle une aura très particulière et alors dans le côté descente dans le temps il y a cette très longue descente à un moment donné avec cette espèce de capsule qui relie à un film au début on a un peu une cité dystopique qui fait un peu penser à Matrix ou à une cité de fer de la première guerre mondiale non la première guerre on avait quelque chose qui est presque réaliste mais un peu quand même très science-fiction mécanique, puis ensuite on descend là on a l'impression de voir des strates effectivement géologiques on voit les autres dinosaures les âges de l'humanité il y a le crâne de géant du coup il y a vraiment ce truc de comme si tout l'imaginaire de l'humanité avait été réuni dans ce film là à un moment donné Merci. Le meilleur et le pire.
- Speaker #3
Surtout le pire. Mais moi, je trouve que, en fait, c'est très galvaudé de dire ça, mais moi, je pense que c'est un film visionnaire, mais dans le sens premier du mot visionnaire, c'est des visions. C'est vraiment, on a l'impression d'être dans la vision de quelqu'un sans filtre, etc. Et moi, je pense que ce qui permet cette sensation-là, pour moi, je pense qu'on ne peut pas faire ça autrement qu'en stop-motion. Parce que la stop-motion, ça crée une atmosphère, ça crée quelque chose de texturé, de très particulier.
- Speaker #1
De matériel, c'est ça.
- Speaker #3
Et c'est tangible. Ce qui est fou, c'est que c'est... Extrêmement étrange, les créatures ont vraiment des designs très bizarres, c'est plein de détails, de trucs, de plein de petites choses, et c'est extrêmement tangible, et c'est ça qui me trouve fascinant, c'est que ça crée comme une distorsion de la réalité, on se dit c'est réel, je pourrais toucher le film, et en même temps c'est un cauchemar. Donc c'est vraiment, je trouve que c'est pour ça que l'utilisation de la stop motion, elle est parfaite dans ce film-là, et moi j'ai vraiment l'impression d'avoir vu aussi un peu une histoire de la stop motion, parce que moi j'aime beaucoup ça, et du coup j'ai revu plein de trucs de droite à gauche, tu m'en parlais d'Alice au Pays des Merveilles, Et... Yann Svankmajer, qui est un réalisateur tchèque, qui avait fait sa version d'Alice au pied des marées, qui était très cauchemardesque. Il y a des moments avec ce truc de dévoration, de cycle sans fin, de dévoration, d'autodestruction. Il y a un moment où dans son Alice au pied des marées, il y a le lapin qui est ouvert, il se remet ses entrailles dessus, à l'intérieur de lui. Il y a vraiment des moments comme ça. Pour moi, c'est un film somme, c'est un film visionnaire. C'est un des trucs les plus radicaux que j'ai vus de ma vie.
- Speaker #1
Je suis très d'accord avec toi sur l'as. P. Matériel stop motion parce que tu mets ça en image de synthèse c'est ridicule ça n'a pas du tout cet effet poisseux viscéral que peut avoir le film qui fait l'impact que ça a sur le spectateur et c'est ce que j'ai regretté dans un registre très différent mais dans le cinéma d'horreur pendant des années depuis les années 2000 où on bouffe des images de synthèse à tir larigot alors que je veux dire tu prends prend des effets matériels. Evil Dead vaut bien mieux que... que toutes les images de synthèse qu'on a récemment.
- Speaker #2
Il y a le truc très organique. Comme vous dites, on peut palper vraiment le... Et même, parfois, on ne sent pas ce qu'on nous met devant les yeux. Il y a vraiment le côté... Je pense que l'impression n'est pas adéquate pour ça. Mais il y a un peu de Valais de l'étrange où tu te dis que c'est à la fois réel et pas réel. Il y a un peu de ça. L'inquiétante étrangeté. Oui, totalement. Où tu te dis qu'il y a un truc qui ne va pas. Après, il n'y a pas de...
- Speaker #1
Alors là, ce n'est pas juste inquiétant.
- Speaker #2
C'est rarement... J'ai rarement vu un film qui a décidé de... de ne jamais épargner son public. Ou je vous balance ça, à vous de faire avec et de dealer avec ce que vous allez ressentir. Et c'est pour ça que je dis que c'est vraiment une œuvre d'art au sens pur du terme. On sent qu'il n'y a pas de concession. C'est un film qui est un peu un peu qui se propose, et c'est à nous de l'accepter ou pas.
- Speaker #3
Il y a un truc, moi, qui, je pense, rend le film aussi un peu plus regardable, par contre, c'est la musique, que je trouve vraiment merveilleuse, de Dan O'Wool, qui a fait un super travail, et elle a vraiment ce côté un peu onirique, assez doux, souvent, même dans des moments très durs. Alors c'est une douceur un peu feutrée, mais il y a toujours ce côté un peu sombre, mais c'est pas une musique qui aurait pu être bruitiste, industrielle, etc., pour appuyer ce qu'il y a à l'image. Et comme elle est parfois en léger contrepoint, du coup je pense que ça rend l'expérience de visage un peu plus sympa. Vous pouvez l'écouter sans le film, elle est vraiment bien. Je l'ai refaite à un moment donné, je me demande quand je faisais mes petites recherches. Elle est vraiment très réussie. Il y a un peu de guitare, il y a plein d'instruments différents. Elle est vraiment très très bien faite et elle souligne très bien ce qu'il y a à l'image.
- Speaker #1
Ça je pense au travail sur le son aussi. J'ai en tête à un moment donné, quand on a tous ces petits personnages qui travaillent, qui sont créés à la chaîne, Et vous savez les espèces de monolithes qui volent et qui les écrasent là ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Et en fait, on a ce son des monolithes qui se déplacent, ça fait voum, voum. Et en fait, on a juste ce son-là. Et on voit au loin les petits personnages se faire écraser, mourir. Une vraie splash. Voilà. Et en fait, le travail sur le son. Le son design est extraordinaire. Voilà, les effets, les splashes, c'est extrêmement bien fait. Et le film, je ne sais pas encore quel type d'expérience j'en garde. Je ne sais pas pendant combien de temps je pourrais en faire des cauchemars, mais ça m'a marqué, ça m'a clairement marqué.
- Speaker #2
Alors moi j'ai quand même tenté une comparaison audacieuse. Le fait que le film est muet et donne tout ce qu'il a et nous laisse faire avec, c'est le genre de film qu'on pourrait comparer à des films de jeux de roski, mais sans la prétention intellectuelle. qui peut y avoir derrière. Pour le coup, Jodorowsky a tendance à en faire un peu trop. De toute façon, ça fait partie de son fond de commerce de créer ce personnage un peu chaman, un peu fantaste, etc. Où parfois, il y a des images qui sont absolument géniales et parfois, c'est très verbeux, très ésotérique pour pas grand-chose. Là, ce que j'aime bien dans le film, c'est vraiment, je vous laisse vous débrouiller avec ce que je vous donne.
- Speaker #1
C'est ça, totalement. C'est pour ça que je disais aussi, Au-delà du visuel, en fait, le côté Dark Souls, le côté tu débarques dans un univers que tu ne connais pas et on te dit, mais voilà, démerde-toi, c'est à toi de chercher les clés, de comprendre tout seul. Et donc, tu peux faire comme quand tu fais le jeu, en fait. Tu peux faire l'intégralité du jeu en te disant juste, oh, c'est joli, les boss sont difficiles. Et ou tu peux faire la démarche d'aller chercher, mais de comprendre à ta façon. Et c'est ça qui est extrêmement intéressant. C'est-à-dire qu'en fait, ils nous... En fait, il nous livre un long métrage que chacun peut s'approprier. Et là, on est vraiment dans cette expression de l'œuvre d'art qui vit à travers de ceux qui le regardent.
- Speaker #3
C'est une vraie marque de respect pour le public aussi, je trouve, de lui faire confiance, de dire voilà, je te donne ça, je pense que tu peux l'encaisser et je suis sûr que tu arriveras à en faire quelque chose d'intéressant. Ça, c'est vraiment appréciable. Et pour le coup, c'est un film qui a de la substance. littéralement, parce qu'il y a le côté tout organique et le son aussi, je trouve que, pour remonter sur ce que tu disais, ça renforce le côté extrêmement organique, parce qu'il est très très réussi, il y a des tonnes de petits sons différents, de les splashes, les machins, la dissection, il y a plein de petits bruits, enfin il y a un travail de dingue sur le son de design qui est monstrueux, mais de toute façon tout ce film a été un boulot, je pense inimaginable mais oui, complètement, moi je pense que c'est vraiment un film où, des années après, on peut y repenser et se dire que c'était quand même un moment Qu'on l'aime ou pas, d'ailleurs, je pense que ça reste un moment assez marquant. Je pense que quand on l'aime ou pas, il te marque. De toute façon,
- Speaker #1
il te marque.
- Speaker #3
Et oui, merci à Fintiped d'avoir fait ce truc-là après 40 ans, parce que comme ce que disait Clément, moi je suis juste très content que cette œuvre d'art, elle existe. Parce qu'elle est vraiment...
- Speaker #2
Et moi je me dis que c'est un film qui est un peu anachronique et qui va contre une tendance actuelle de... Les gens, ils ont besoin... Le public a besoin, ou les gens pensent que le public a besoin. Les producteurs pensent que le public a besoin de tout surexpliquer. Après, les gens sont très friands de vidéos, de l'or, d'univers, de tout expliquer, etc. Et en fait, ça montre que tu n'as pas besoin d'expliquer pour proposer quelque chose qui est complexe ou quelque chose qui va juste venir susciter chez toi une émotion, une expérience. Et en fait, c'est à partir de là que tu vas construire, toi, ta vision de l'œuvre. Tu n'as pas besoin d'une surexplication constante. Tu n'as pas besoin qu'on te dise. Ah non mais regarde là c'est les cercles de l'enfer etc. Il n'y a pas besoin d'explications. En fait c'est une oeuvre d'art parfois ça se ressent. Moi j'aime bien tout ce qui est explicatif. Je ne vais pas vous démon plaisir. Mais là vraiment c'est un puzzle où tu peux faire ce que tu veux.
- Speaker #1
Et je rembondis là-dessus parce que moi... Je suis très friande de ces vidéos, mais tu vois, c'est vraiment, comme tu dis, c'est pas dans l'idée de j'explique, c'est comme ça, mais je partage mes théories. Tu vois, là, je pensais récemment, là, je suis tombée dans l'univers extraordinaire des vidéos d'explication du lore de Minecraft, comme s'il y en avait un. Et ça me fascine. Et ça me fascine de voir les discussions entre les gens, cette recherche d'indices, mais qui est totalement indépendante. D'une vérité qui existerait, Minecraft c'est cette histoire. Non, les gens cherchent, ils se partagent des théories. Et là, il y a vraiment ça pour moi dans le film. On peut y voir tellement de choses que c'est hyper intéressant de proposer chacun sa vision des choses et de voir qu'en fait, il y a tellement d'angles différents sous lesquels tu peux le voir. Et c'est ça qui en fait sa richesse, je pense.
- Speaker #3
Mais moi, je pense qu'en fait, ce qui est intéressant, parce qu'il y a moyen d'avoir les deux, je pense. En fait, c'est pour ça que je t'avais dit, en fait, je pense que c'est un truc, il faut vraiment le regarder. Et après, tu tapes les trucs d'analyse. Et en fait, le problème de beaucoup de productions maintenant, c'est qu'en fait, l'aspect analyse, il se passe de l'expérience. C'est direct, paf, on ne propose pas une expérience intéressante. Donc, du coup, c'est l'analyse qui va devenir plus intéressante que l'oeuvre. Et ça, c'est un vrai problème. Après, je pense qu'il y a beaucoup de chefs-d'oeuvre du cinéma qu'on a retenu. tenues justement parce qu'ils allaient à contre-courant de ces trucs-là, parce que ce discours-là, je pense que les producteurs, ça fait des millions d'années qu'ils disent ça, que oui, le public, il va pas comprendre, il va pas machin, il va pas truc. Là, ça s'est intensifié parce que les plateformes veulent s'adapter au truc, les téléphones, etc. L'onniprésence des écrans, etc.
- Speaker #1
Parce qu'on te disait qu'il faut rappeler le scénario du film toutes les 25 minutes, sinon le spectateur est perdu.
- Speaker #3
Et puis ça permet aussi de rappeler qu'il y a une autre grosse influence majeure dont on a... qu'on n'a pas évoquées, mais en 2001, l'Odyssée de l'espace, il y a plusieurs moments où il y a des monolithes, il y en a un gros, etc. Et pareil, je pense que la fin,
- Speaker #1
surtout, je vous rappelle, avec ses couleurs, avec le Big Bang, il y a un moment un peu Big Bang,
- Speaker #3
où ça rappelle la fin de 2001, avec tout ce truc très psychédélique, etc. Et en fait, à un moment donné, à l'époque, je pense que ça aussi, c'était un truc qui allait tellement à contre-courant de tout ce qu'on imaginait, etc. Donc je pense qu'en fait... Peut-être que Mad God, c'est un film dont on va parler encore dans 30 ans, parce qu'on va se dire, regardez, à cette époque-là, ils ont fait un truc de fou, qui était ultra radical, et on va retenir ça, et peut-être qu'on va dire que c'était représentatif de l'époque, alors que pas tant que ça. Mais voilà, je pense qu'il y a un truc intéressant. Oui,
- Speaker #1
parce que l'esthétique, moi, il ne peut pas vieillir, en fait. Il y a vraiment ce côté comme ça, d'image de synthèse, comme ça ne peut pas vieillir.
- Speaker #3
C'est une technologie qui est très très dure, mais qui, effectivement, vieillit extrêmement bien.
- Speaker #2
Alors, je reviens à ma comparaison du jeu de Ruski, parce qu'il y a quand même un point sur lequel il se retrouve. On a quand même l'impression de voir une oeuvre d'artiste. Ah oui, totalement. C'est une oeuvre d'artiste qui n'a pas vocation de faire du chiffre, qui n'a pas vocation de plaire, qui existe juste. et après le public s'en empare et ça je trouve ça très très fort et je comprends la longueur du développement, la galère que ça a dû être le fait de porter un projet comme ça et que le fait qu'un projet comme ça existe moi je trouve ça incroyable le fait déjà d'avoir osé le faire que tu imagines ce projet là,
- Speaker #1
tu te dis ok et après tu te dis non mais attends,
- Speaker #3
j'imagine quelque chose d'irréalisable en fait complètement je crois qu'il avait fait une première moitié du film je crois tout seul Merci. Tout seul, quasiment. Vous imaginez le truc. Voilà. Et après, oui, il a fait appel à des bénévoles. Il faisait ça les week-ends. Enfin, c'est un truc de dingue, quoi. Il a engagé plein de petits gens. Alors, il y en a qui sont devenus depuis des animateurs de stop-motion, vraiment, mais qui ont commencé là, en fait, sur ce film-là. Et moi, ce que je trouve génial aussi, c'est qu'il n'est pas non plus hostile aux progrès et aux évolutions. Parce que déjà, il avait fait les épisodes du Jurassic Park où il y avait ce mélange animatronique et images de synthèse. Ça lui faisait beaucoup peur, l'image de synthèse, à une époque, à Fintipet. Et là, ils ont fait un petit segment du film en vert. Vous pouvez rentrer dans Mad God, si vous voulez. Oui, ça dure quelques minutes. Il y a un petit bout du film où ils ont pris chaque personnage, les machins, ils ont mis sur des fonds verts. Ils ont rajouté les décors derrière, ils les ont animés. Il y a un bout du film qui existe en VR. Moi j'ai trop envie de voir ça.
- Speaker #1
Moi j'ai pas du tout envie de rentrer dans le film. C'est rigolo là.
- Speaker #3
T'as pas envie de voir des gens chier sur le truc ?
- Speaker #2
C'est important de rappeler que c'est quand même un mec qui a fait les effets spéciaux parmi les plus gros blockbusters de leur génération. Il a tout changé. Et qui propose un film comme ça. C'est quelqu'un qui a été... Vraiment le fer de lance d'un cinéma d'exploitation, d'un cinéma blockbuster où tu vas récupérer des millions, etc. avec une démarche technique extrêmement poussée, une vraie réflexion dessus. Et en fait, qui à côté propose un Mad God qui, lui, va complètement à l'opposé des films sur lesquels il y a travail.
- Speaker #3
Moi je pense que c'est un peu la zicotomie du cinéma. Un art et c'est un artisanat. Lui c'est un artisan, lui il s'en fout un peu de la gloire. Clairement lui il travaille sur des films, il est juste content de pouvoir avoir des challenges, de faire des nouvelles choses, etc. D'aller toujours de plus en plus loin dans ce qu'il proposait. Voilà, de jouer avec des contraintes budgétaires compliquées. Il a bossé sur Robocop 1 et bon, il n'avait pas beaucoup de sous. Il a réussi à trouver, à créer des choses intéressantes. Mais par contre effectivement, je pense que lui il était juste content de participer à ce truc-là. Il a fait un travail extraordinaire. Et en même temps, à côté, il fait son petit truc. Et je trouve ça important de dire que même un film ultra commercial, ultra blockbuster, même encore aujourd'hui, il y a plein de petits finitipettes dedans, qui ont participé au truc, qui ont apporté chacun leurs petites compétences, etc. Et c'est de l'artisanat, c'est du travail, c'est du travail. C'est pas un truc immatériel qui sort de nulle part. Et oui, c'est intéressant d'avoir cette réflexion-là, parce que oui, effectivement, Mad God, c'est clairement pas le blockbuster mainstream. qu'on va voir tranquillement en famille le samedi soir.
- Speaker #2
Et qui finit par être un condensé de toutes les techniques qu'il a apprises. C'est ça qui est génial.
- Speaker #3
Il y a tout dedans.
- Speaker #2
Il y a toute sa carrière dedans.
- Speaker #3
C'est ça, il a tout résumé à l'intérieur. Il a rendu hommage à ses maîtres, Harry Rosen, Willis O'Brien, qui était le mec qui avait fait King Kong. Parce que King Kong, c'est un des premiers films où il y a de la stop motion. Le personnage de King Kong, il a animé en stop motion.
- Speaker #2
Oui, il y a ce moment où il y a deux cyclopes, deux géants un peu écaillus qui se tapent dessus. C'est Harry Rosen.
- Speaker #3
C'est le voyage de Simbad où il se tape dessus. regardez si jamais ça vous intéresse regardez les trucs de
- Speaker #1
Harry Husson c'est une énorme influence sur Guillermo del Toro plein de gens ont été marqués par ces films là donc voilà bon bah je pense qu'on a fait un petit peu le tour de cette ovnie Je ne sais pas, qu'est-ce que...
- Speaker #3
C'est une très très sale bobine.
- Speaker #1
Là, c'est peut-être une très très sale bobine.
- Speaker #2
Je pense que c'est un peu le buzz final des sales bobines. Tout ce qu'on vous conseille, c'est de faire l'expérience. Alors, bien sûr, si vous vous sentez de faire l'expérience, ce n'est pas un film que vous allez lancer comme ça, un dimanche après-midi. En qui vous louez la maison,
- Speaker #3
avec les gamins.
- Speaker #1
Surtout pas, surtout pas les enfants. Ça vous évitera des années de psychothérapie.
- Speaker #3
Si la vie s'appuie, après c'est chiant.
- Speaker #2
C'est une expérience, je comprends puisse avoir un peu de recul qu'on ait envie de reculer mais si vous le sentez, jetez-vous à l'eau vous allez découvrir une œuvre qui est absolument incroyable vraiment lâchez prise,
- Speaker #3
lâchez complètement prise ne prenez pas de substance avant de regarder le film surtout pas, surtout pas faites pas ça chez vous les enfants mais vraiment exactement lâchez prise si vous voulez vivre vraiment une expérience et vivre quelque chose devant un film en plus c'est une heure et demie Donc c'est pas très très long et franchement je pense que si vous êtes un peu client de ce genre de films un peu radicaux un peu étranges où on accepte le fait de pas comprendre immédiatement, foncez-y franchement vous regretterez pas c'est un des meilleurs films des 10-15 dernières années pour moi,
- Speaker #1
clairement Eh bien merci pour votre écoute les sales petits potes n'hésitez pas si vous avez vu le film à venir partager vos avis et vos impressions avec nous parce qu'on a vraiment envie de savoir ce que vous en avez pensé de peut-être même confronter nos interprétations alors juste on a dit que c'est disponible sur
- Speaker #2
Shadows mais c'est aussi disponible en DVD chez Carlotta c'est vrai,
- Speaker #3
DVD pour chez Carlotta et en complément sur Shadows vous avez aussi le petit documentaire sur Filtiped si vous voulez un peu mieux connaître sa carrière qui est très intéressant et bien merci à tous et à très bientôt les seuls petits potes à bientôt, bon voyage,
- Speaker #2
ciao