- Speaker #0
Bienvenue dans le quatrième et dernier épisode de notre mini-série sur les troubles du neurodéveloppement. Aujourd'hui, on parle du trouble du développement de la coordination avec les étudiants en ergothérapie. Alors dis-moi Mélanie, c'est quoi le trouble développemental de la coordination ?
- Speaker #1
Eh bien, le trouble du développement de la coordination, aussi appelé TDC, était auparavant appelé dyspraxie et fait partie des troubles plus communément appelés dys avec la dyslexie ou la dyscalculie. C'est un trouble moteur complexe qui se définit par un retard dans les apprentissages moteurs et par des difficultés de coordination des mouvements en comparaison aux autres enfants du même âge.
- Speaker #0
Ok, et ça touche combien d'enfants en France ?
- Speaker #1
Le TDC touche en moyenne 5 à 6% des enfants. Concrètement, cela représente 1 à 2 enfants par classe. Et les garçons sont davantage touchés que les filles. Le diagnostic est possible à l'âge de 3 ans, mais il est beaucoup plus fréquent après l'âge de 5 ans.
- Speaker #0
Il est dû à quoi ce trouble ?
- Speaker #1
Tout ce qu'on sait, c'est que les origines sont encore très floues, mais la littérature explique qu'il y aurait des différences dans la structure et les fonctions cérébrales chez les enfants présentant un trouble du développement des coordinations par rapport aux enfants présentant un trouble d'itypique. Enfin, un développement d'itypique, pardon. Les facteurs de risque sont les mêmes pour l'ensemble de tous les troubles neurodéveloppementaux évoqués lors de l'épisode 1 de cette série.
- Speaker #0
Mais comment je sais si mon enfant a un TDC ?
- Speaker #1
Alors, le diagnostic devra, quoi qu'il en soit, être posé par un médecin. Mais il y a quelques signes d'alerte présents chez l'enfant. Tout d'abord, la maladresse, la lenteur ou un manque d'habileté qui entraîne des difficultés dans les activités de vie quotidiennes. L'enfant a du mal dans les nouvelles acquisitions motrices, comme organiser les étapes d'une action nouvelle par exemple. Et ces moments semblent désordonnés. Mais attention, les premières manifestations doivent survenir durant la petite enfance et elles ne peuvent pas être mieux expliquées par un autre trouble neurologique par exemple. Et c'est pour cela que la vie médicale est primordiale.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux me donner des exemples ?
- Speaker #1
Par exemple, votre enfant fait tomber très fréquemment des objets sans faire exprès. C'est vraiment l'exemple typique. Il est maladroit. C'est un enfant qui semble toujours mal s'y prendre pour faire quelque chose. Il organise mal son environnement, présente des difficultés à utiliser les outils divers, et le résultat est souvent approximatif. L'enfant peut également savoir le faire, mais il a besoin de beaucoup plus de temps que ses pères. Cela veut dire qu'il n'est pas efficace dans ses actions. Concrètement, les répercussions portent atteinte à la réalisation des activités de loisirs comme les jeux de balles, de ballons, où l'enfant a des difficultés à lancer, vider, attraper, mais aussi à faire du vélo par exemple. Dans les activités dites personnelles, également, l'enfant peut rencontrer des difficultés comme enfiler son t-shirt ou ses chaussettes, apprendre à faire ses lacets ou couper efficacement sa nourriture avec ses couverts. Enfin, dans les activités scolaires, qui sont très fréquemment impactées, Ça se caractérise par une mauvaise maîtrise des outils comme le stylo, les outils de géométrie ou les ciseaux.
- Speaker #0
Ok, merci. Et du coup, quelles sont les personnes qui peuvent voir ces signes chez mon enfant ?
- Speaker #1
Toutes les personnes en lien avec votre enfant qui le voient évoluer dans les activités motrices quotidiennement. Vous en tant que parents, les proches, famille, amis, les enfants, les enseignants et les éducateurs du sport par exemple dans les activités. extra-scolaires, les professionnels de la petite enfance, en crèche, les assistants maternels et les animateurs dans les centres de loisirs ou dans le périscolaire.
- Speaker #0
D'accord. Mais d'ailleurs, est-ce que le parcours de soins est le même pour tous les enfants TND ?
- Speaker #1
Oui, Lucie, bien sûr, avec l'anticipation du plan national 2023-2027 pour les troubles du neurodéveloppement, un parcours de soins est recommandé par l'HAS, la Haute Autorité de Santé, pour tous les TND, dont le TDC. Ce trouble peut nécessiter une prise en charge pluridisciplinaire avec des professionnels de santé, dont l'ergothérapeute.
- Speaker #0
Et toi alors, en tant qu'ergothérapeute, tu peux accompagner un enfant qui présente un TDC ?
- Speaker #1
Oui, en ergothérapie, il est important d'abord de déterminer l'impact des troubles dans la vie quotidienne afin de prioriser l'intervention avec l'enfant, sa famille, en fonction de ses besoins. Par exemple, l'approche coop a été conçue par les ergothérapeutes, accompagner ces enfants à définir leurs objectifs et elles consistent à séquencer les étapes et développer leurs habiletés autour de la mise en place de stratégies motrices, et donc de favoriser leur autonomie.
- Speaker #0
Et grandir avec un TDC, ça donne quoi ?
- Speaker #1
Dans certaines études, on retrouve la persistance de troubles moteurs à l'adolescence et à l'âge adulte, pouvant entraîner une limitation dans la réalisation des activités telles que la pratique d'activités physiques, ou bien pouvant limiter les interactions sociales. Cependant, plus un TDC est diagnostiqué tôt et plus les stratégies d'adaptation seront mises en place tôt, moins les conséquences seront notables dans le futur de l'enfant et dans sa vie d'adulte.
- Speaker #0
Eh bien, merci beaucoup Mélanie pour toutes ces informations. Nous espérons que par le biais de ces quatre épisodes, les jeunes parents inquiets pour leurs enfants auront pu trouver les informations pertinentes pour les orienter et les conduire vers des solutions thérapeutiques adaptées pour les accompagner. Belle journée à tous !
- Speaker #1
Merci.