- Speaker #0
Ceci est un podcast des chaires Mutations agricoles et agriculture aux féminins de l'École supérieure des agricultures, réalisé dans le cadre de l'exposition Femmes et agriculture. Un projet qui vise à mettre à l'honneur des femmes œuvrant pour l'agriculture, qu'elles soient issues ou non de ce milieu. Je suis Annie Sigwalt, enseignante chercheuse en sociologie à l'École supérieure des agricultures et vous allez découvrir le parcours de Lisa Vaconsin. Bonne écoute ! Au moment de l'entretien, Lisa Vaconsin a 22 ans. Elle est élève ingénieure agronome en quatrième année de formation sur un cursus de 5 ans à l'École supérieure des agricultures à Angers. Elle a choisi de s'impliquer dans le projet Femmes en agriculture en réalisant son stage Recherche et Innovation au sein de la chaire Mutation Agricole. Elle a donc été accueillie et encadrée par les membres du Laboratoire de Sciences Sociales de l'ESA, le LARESS, pendant 13 semaines. Elle nous révèle d'abord le milieu dans lequel elle a grandi et le rapport qu'elle avait alors à l'agriculture.
- Speaker #1
J'ai grandi avec ce petit frère et mes deux parents dans la périphérie du Mans, en Sarthe. Mes parents sont issus d'un milieu assez privilégié. Mes parents travaillent dans des grosses boîtes où ils sont cadres. Et je n'ai jamais eu de lien avec le milieu agricole. C'est vrai que je ne connaissais pas, je n'ai pas grandi. dans une école vraiment rurale, enfin voilà j'étais vraiment en périphérie du Mans. Donc l'agriculture c'est pas forcément partie de mon quotidien, j'ai pas grandi avec des amis, fils et filles d'agriculteurs, d'agricultrices. Oui, même au lycée l'agriculture, ça ne faisait pas partie de ma vie jusqu'à ce que j'arrive à l'ESA, justement, ou peut-être un petit peu avant même. En tout cas, ce n'était pas une chose, je ne me posais pas la question, c'était inconscient, je pense, comme tout le monde, de dire, oui, l'agriculture a produit ma nourriture, etc. Mais voilà, je ne connaissais pas le milieu agricole.
- Speaker #0
Au cours de son enfance et de son adolescence, Lisa pratique beaucoup d'activités artistiques telles que la danse moderne jazz, le piano, la guitare, le chant, le dessin et la peinture. Pour autant, elle privilégie un parcours scientifique au lycée car elle a toujours préféré les sciences et notamment les sciences de la vie et de la terre. En parallèle, petit à petit, elle est sensibilisée aux questions environnementales.
- Speaker #1
Je me rappelle, c'était en seconde, il y a eu la création d'un mouvement qui s'appelle On est prêt. Et c'était, si je me rappelle bien, des personnalités publiques, beaucoup de youtubeurs et de youtubeuses, il me semble, qui en fait ont créé une organisation, si on peut dire, où pendant, il me semble que c'était tous les jours pendant un ou deux mois, ils postaient sur Instagram des petits défis à faire pour changer un peu ses habitudes et avoir un mode de vie plus durable. C'est par ce biais-là que je me suis intéressée à l'environnement et que j'ai commencé à questionner ma consommation et mon mode de vie. Et à partir de ce moment-là, je me suis beaucoup engagée. Et notamment, j'ai fait énormément changer mes parents. J'ai instauré plein de choses dans la maison. On mange beaucoup moins de viande maintenant. Ma mère, ça fait des années maintenant qu'elle fait du vrac. Elle essaie de faire du zéro déchet. Ils ne prennent plus l'avion. Enfin bref, plein de choses comme ça. C'est très bien d'oeuvrer à son échelle, mais bon au fur et à mesure, je me suis aussi un peu plus inscrite dans des mouvements un peu plus collectifs.
- Speaker #0
Son engagement se poursuit alors qu'elle est au lycée, en participant à des manifestations lancées par Greta Thunberg, une jeune activiste écologique suédoise mondialement connue. Ces manifestations portent le nom de Friday for Future.
- Speaker #1
C'est Greta Thunberg qui avait instauré ce mouvement où tous les vendredis elle séchait l'école pour camper, ça devait être ça, devant les mairies, les préfectures, etc. pour en fait revendiquer le fait que les décisionnaires devaient se bouger pour le climat. Donc, une ou deux fois par an, en France en tout cas il y avait des grandes manifestations à organiser des vendredis donc moi je séchais les cours pour aller aux manifestations. Tu as séché les cours ! Mais l'avantage c'est que du coup mes parents étaient d'accord parce que ils considéraient que c'était un bon engagement donc voilà et donc je me rappelle enfin par rapport à la question je me rappelle que c'est la première chose qui a marqué en fait ma culture politique on va dire enfin ma conscience politique et sociale C'est vraiment ces événements-là.
- Speaker #0
Cet engagement pour l'écologie et l'environnement se poursuit pour Lisa au moment de choisir une orientation pour ses études supérieures.
- Speaker #1
Alors du coup c'était en première au moment, enfin c'est devenu très progressivement puisqu'en première au moment des choix où on commençait à nous dire qu'il fallait commencer à réfléchir à l'orientation, après lycée, parcoursup, tout ça. Et en fait, moi, je me rappelle que j'avais vu, je ne sais plus comment ça s'appelait, mais un documentaire avec Al Gore, notamment, qui est un monsieur qui a énormément travaillé à sensibiliser les grandes entreprises à l'environnement. Et je me rappelle que quand je regardais le documentaire, je me suis dit « En fait, c'est ça que je veux faire ! » Je veux travailler, enfin, en fait, je suis engagée dans l'environnement et du coup, je vais aller travailler dedans, je vais faire mes études et voilà.
- Speaker #0
Lisa commence par faire une classe préparatoire BCPST, Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre, au lycée agricole du Frennes à Angers. Cette année d'études lui demande beaucoup de travail et l'agriculture ne fait pas encore partie des sujets abordés. Cette année de préparation de concours ne lui plaît pas car cela génère pour elle beaucoup de stress et elle décide en cours d'année de postuler pour entrer à l'ESA dans un parcours de formation d'ingénieur agronome.
- Speaker #1
Et donc, pour rentrer à l'ESA, on devait faire un stage en exploitation agricole. Et donc, j'ai fait mon stage pendant un mois dans un élevage bovin-viande, pas loin de chez moi. Et donc, c'est là que vraiment je suis rentrée dans le milieu agricole. Et je me rappelle, avec le recul, ça me fait bizarre parce que je suis arrivée et je me rappelle, je faisais des questions. Je me demandais, mais c'est quoi la PAC ? Ça veut dire quoi un GAEC ? Enfin, c'était des choses qui étaient complètement inconnues pour moi. et en fait à partir du moment où je me suis renseignée et à côtoyer aussi à l'école des gens qui sont agriculteurs ou agricultrices en allant visiter des exploitations, en discutant avec des camarades qui sont aussi fils et filles d'agriculteurs et d'agricultrices. Je me suis rendu compte qu'en fait l'agriculture était omniprésente dans ma vie. Le stage Agri m'a permis de me rendre compte concrètement sur le terrain qu'est-ce que c'était l'agriculture. Après, je me suis dit que c'était très bien, mais je pense que je ne serai jamais agricultrice. J'admire énormément les agriculteurs et les agricultrices, mais je sais que ce n'est pas un métier qui est pour moi.
- Speaker #0
Pourtant, ses débuts à l'ESA sont difficiles. Elle qui est venue à l'agriculture avec un parcours militant vers l'écologie, elle découvre des étudiants qui n'ont pas du tout le même rapport à l'environnement, qui n'ont pas le même intérêt qu'elle pour une évolution de l'agriculture vers des pratiques durables.
- Speaker #1
Alors moi, avant d'aller à l'ESA, j'étais entourée que de gens qui pensaient comme moi, qui étaient très justice sociale, environnement, qui prônaient la durabilité, etc. Je suis arrivée à l'ESA dans un milieu où j'étais entourée de gens qui faisaient beaucoup de bruit. Je ne dirais pas que c'est la majorité, mais des gens qui faisaient du bruit et qui, eux, étaient très fermés d'esprit. Prôner une agriculture intensive, conventionnelle, qui, pour le dire grossièrement, n'en avait rien à foutre de l'environnement. Et j'ai très mal vécu au début. Moi, pour dire les premiers mois, je me suis demandé si j'allais rester parce que je ne pouvais pas rester entourée de gens qui pensaient comme ça. Ça m'attignait beaucoup. Et au final, j'ai réussi à créer un entourage de gens. Je ne vais pas dire bienveillant parce que les joueurs des autres n'est pas malveillant, mais en tout cas de gens qui pensent un peu comme moi ou en tout cas me créent une safe place entre guillemets. Et aujourd'hui je ne regrette pas du tout d'être restée parce que franchement je pense que c'est hyper important de côtoyer des gens qui ne pensent pas comme nous et de se confronter à des discours opposés.
- Speaker #0
Au fil des années, Lisa se construit un parcours scolaire axé sur l'environnement et l'agriculture. En troisième année, elle choisit de suivre le parcours agronomie comportant une sous-option environnement. En quatrième année, elle choisit de se spécialiser en environnement et elle part faire un semestre d'études en Erasmus à Vienne, en Autriche, où elle creuse davantage le sujet de manière sociologique et historique. Toujours en quatrième année, son parcours prévoit un stage dédié à la découverte du monde de la recherche, à réaliser dans un laboratoire ou dans un centre d'expérimentation. Le sujet des femmes en agriculture, proposé comme thème de stage par la chaire Mutation agricole, l'intéresse. Et après un entretien avec Soazig DI BIANCO, enseignante chercheuse en sociologie et titulaire de cette chaire, elle décide de s'y impliquer.
- Speaker #1
Et donc j'ai fait un entretien avec Soazig et quand elle m'a expliqué en quoi consistait le stage, je me suis dit que ce stage a été créé pour moi. Enfin voilà, de faire des podcasts, de travailler en sociologie, etc. Je me suis dit, c'est incroyable, c'est vraiment ce que je veux faire. Et je n'ai pas trop pensé au fait que ça n'avait pas de lien avec l'environnement, mais je me suis lancée et j'ai été prise et j'étais très contente.
- Speaker #0
Le stage de Lisa démarre au mois de juin 2025 et comme dans tout stage recherche et innovation, on lui demande de faire des recherches bibliographiques et de rédiger une synthèse des articles qu'elle a pu repérer pour faire le point sur le sujet, ici celui choisi par la chaire sur l'évolution de la place des femmes en agriculture.
- Speaker #1
Alors déjà j'ai commencé par faire une socio-histoire. C'est donc un document qui mélange la sociologie et l'histoire. Et donc c'était sur le thème de l'évolution de la place des femmes en agriculture. donc j'ai un peu repris des dates clés comme par exemple le premier statut pour les agricultrices en 1980 tout en apportant l'aspect sociologique avec des lectures de sociologues comme Alice Barthez ou Sabrina Da Hache par exemple. C'est un mix entre ces deux disciplines. J'ai commencé par ça, ce qui m'a fait vraiment me rendre compte que j'aimais beaucoup la sociologie. Parce que, par exemple, c'est tout un travail bibliographique qui, d'habitude, a tendance à saouler la plupart des étudiants. On ne va pas se mentir, quand on doit lire 15 papiers, etc., ce n'est pas ce qui fait le plus plaisir. Je me rappelle que je repoussais un peu cette tâche. Et au final, quand je m'y suis mise, j'ai adoré.
- Speaker #0
Lisa poursuit son travail en préparant concrètement les entretiens qu'on lui demande de réaliser. Pour cela, elle établit d'abord une liste de femmes qui seraient potentiellement intéressantes à interroger en respectant les consignes données quant à la diversité des profils de ces femmes en termes d'âge, de métier et de rapport à l'agriculture. Elle rédige aussi des mini-portraits qui lui permettent d'avoir quelques informations clés sur ces femmes. Vient ensuite la partie pratique de son stage.
- Speaker #1
Après j'ai écrit un guide d'entretien, ce qui était intéressant parce qu'on avait déjà travaillé sur ça en deuxième année, mais c'est vrai que là de faire un guide d'entretien, de partir de zéro, sur un sujet aussi qui me tient à cœur, j'ai aussi un peu plus compris les tenants et les aboutissants du guide d'entretien justement. Et puis après j'ai dû prendre contact avec les différentes femmes que je voulais interroger. Donc j'ai un peu développé cet aspect d'être à l'aise en appelant au téléphone notamment, ce qui n'était pas toujours le cas avant, mais au final ça se passe très bien et maintenant je n'ai plus de soucis avec ça je pense.
- Speaker #0
Ça y est, Lisa est prête à partir sur le terrain. Elle a au cours de son stage cinq entretiens à réaliser et pour son premier rendez-vous, elle choisit une agricultrice bretonne, Anne-Marie Crolet, une syndicaliste agricole très connue dans les années 1980, dont vous pourrez retrouver le podcast sur notre chaîne.
- Speaker #1
Je sais que le premier entretien était un peu difficile de se mettre dans la posture de sociologue et de recadrer aussi l'entretien quand l'enquêté commence à partir dans tous les sens, c'était difficile. Et puis c'était impressionnant pour moi aussi de faire cet exercice-là. Mais au fur et à mesure, je pense que je me suis mieux débrouillée, j'ai compris ce qu'il fallait faire, etc.
- Speaker #0
Après le terrain avec ses entretiens en face à face, Lisa effectue tout un travail d'analyse et de mise en forme afin de construire les scénarios des podcasts demandés.
- Speaker #1
Après il y a toute la rédaction, la semi-retranscription et puis rédiger des scripts de podcasts. C'était hyper intéressant ça aussi parce que maintenant je n'écoute plus les podcasts pareil, j'ai l'impression que je prends conscience vraiment de tous les petits détails, la musique, comment ils ont monté le podcast, etc. C'est intéressant.
- Speaker #0
Lorsqu'on l'interroge sur la façon dont ce stage a pu la faire progresser, Lisa relève qu'elle a pris confiance en elle, notamment pour être à l'aise au téléphone avec des inconnus. Elle s'est aussi habituée au langage des sociologues, à leur tournure de phrases, qui diffèrent de celles des sciences dites dures, plus pragmatiques, avec lesquelles elle était davantage familiarisée auparavant. Elle regrette aussi de ne pas avoir réussi à contacter certaines femmes avec lesquelles elle aurait aimé échanger. Mais au final, elle est plutôt contente de son expérience.
- Speaker #1
En fait, ce stage c'était aussi entre guillemets un test, parce que c'est vrai qu'on a eu quelques cours de socio à l'ESA, que j'avais adoré, après c'était quelques heures en deuxième année et un petit peu en troisième année. C'était un test pour voir est-ce que vraiment la sociologie, j'aimais vraiment ça, est-ce que j'étais à l'aise avec les méthodes, je suis certaine de dire que ça me plaît. Et donc maintenant, par exemple pour le stage de fin d'études, je sais que je veux avoir une partie sociologique dans le stage, si ce n'est faire un stage complet en sociologie, en ayant bien sûr une partie un peu environnement qui est présent avec le cursus que j'ai suivi. J'espère que ce stage va pouvoir m'ouvrir des portes par la suite en disant que j'arrive avec un certain bagage. Petit bagage, mais un bagage quand même.
- Speaker #0
Pour une future ingénieure agronome, le sujet du stage de Lisa était particulièrement original. Même si elle a pu moduler le stage en proposant par exemple d'aller interviewer des femmes particulièrement investies sur les sujets environnementaux, Son étude se focalise en particulier sur la place des femmes en agriculture et dans notre société. Il était donc intéressant de lui demander comment elle se situait sur cette question. Voici sa réponse.
- Speaker #1
Moi je me considère comme féministe.
- Speaker #0
Depuis quand ?
- Speaker #1
J'ai envie de dire depuis toujours, mais... Parce que ma maman, elle m'a élevée comme ça aussi. Enfin, je sais que... Par exemple, si je prends l'exemple de mes parents, c'est ma mère qui gagnait plus que mon père. J'estime qu'il y avait une égalité dans les tâches ménagères. Par exemple, moi, j'ai toujours vu mon père cuisiner, faire le ménage avec ma mère. Quand il fallait venir nous chercher à l'école, c'était une fois sur deux, entre guillemets, donc voilà. Après oui, du coup c'est des réflexions que quand j'ai commencé à m'intéresser au sujet de justice sociale, ça faisait partie forcément de ces sujets-là. Et c'est vrai que quand je me renseigne et que je vois ce qui se passe dans d'autres pays ou même dans notre propre pays, il y a des choses qui me révoltent. Je sais que c'est un sujet auquel je pense depuis longtemps.
- Speaker #0
Même sans faire partie d'associations féministes, Lisa se renseigne beaucoup, en écoutant des podcasts, en allant à des conférences, en regardant des documentaires ou en lisant. Elle a l'habitude de participer aux grandes manifestations féministes, comme celle du 25 novembre, qui est la journée internationale de sensibilisation contre les VSS, les violences sexistes et sexuelles, ou encore le 8 mars, qui est la journée internationale des droits des femmes. Elle en parle aussi beaucoup avec son entourage, en les informant et en les éduquant à sa façon. Cet engagement se poursuit dans sa vie scolaire avec le BDE, le Bureau des élèves de l'ESA.
- Speaker #1
Je sais que j'ai fait partie de la commission égalité de l'ESA la première année. Donc en fait c'était le BDE qui a mis en place cette commission pour essayer d'apporter un petit peu d'équité, à l'ESA, par exemple quand il y avait des journées, par exemple le 25 novembre, la journée internationale de sensibilisation contre les violences sexistes et sexuelles, on faisait des petits posts sur Instagram en donnant quelques chiffres, en disant pourquoi c'était important, etc. On a organisé à la fin de l'année une conférence sur le sujet des femmes en agriculture.
- Speaker #0
Cette conférence, organisée en contactant Anne Dumonnet-Lecas, spécialiste des médias agricoles, Et Karine Pionetti, anthropologue de l'environnement, vale à l'équipe d'organisation beaucoup de retours positifs. Si elle est fière des actions réalisées, à son échelle et collectivement, Lisa garde les pieds sur terre. Son cheminement l'amène à garder un regard critique au sujet des femmes, mais aussi au sujet de l'environnement, et elle continue à participer, quand elle le peut, au soutien de causes environnementales et de justice sociale.
- Speaker #1
En fait, en étant étudiante, Je n'ai pas l'impression de faire grand chose, je vis ma petite vie d'étudiante comme beaucoup, etc. Mais en même temps, quand je prends du recul des fois sur ce que je fais, je me dis que je suis assez fière de moi. De me battre pour les causes qui me semblent justes et aussi de vachement parler avec mon entourage, et je sais qu'il n'y a pas longtemps, il y a un ami qui m'a dit qu'il me considérait comme un puits de savoir sur certains sujets. Et ça m'a fait trop plaisir parce qu'il y a moi des personnes justement que je considère comme des puits de savoir sur certains sujets et que j'admire.
- Speaker #0
Pour clore cet entretien, nous lui avons demandé quel message elle aimerait faire passer aux femmes et aux hommes, et en particulier à ceux de sa génération.
- Speaker #1
Moi je dirais qu'il ne faut pas se culpabiliser. C'est quelque chose que j'essaye d'intégrer au fur et à mesure dans mon quotidien. Enfin de me dire qu'il faut qu'on arrête de se culpabiliser, de se dire qu'on ne fait pas assez, etc. En fait, il faut faire ce dont on est capable. Mentalement, physiquement, on n'a pas toujours la disponibilité de faire des grandes choses. Il faut arrêter de se comparer, surtout avec les réseaux sociaux, on a accès à des personnes formidables, que je ne dénire absolument pas. Par exemple, quand on voit des figures comme Camille Etienne, ou moi je suis beaucoup une dessinatrice qui s'appelle Shtam. Et c'est vrai que c'est des gens que j'admire, des femmes en tout cas, que j'admire. Et comparé à elles, je me dis, je ne fais rien. Et en fait, là par exemple, de parler pendant ce podcast, je me dis, mais si, en fait, je suis plein de choses. Et donc je pense qu'il faut arrêter de se comparer et faire ce qu'on peut faire avec les clés qu'on a. Parce que malheureusement, on n'est pas tous avec les mêmes clés en main. On n'a pas tous le même bagage, etc. Il y en a qui partent de plus loin. Et donc, essayer de faire ce qu'on peut et d'être fière de donner son maximum. Et des fois, son maximum est plus bas que... une autre personne, mais en tout cas c'est ton maximum à toi et il faut que tu en sois fière
- Speaker #0
Et bien voilà, ce podcast vous a raconté le parcours de Lisa Vaconsin, 22 ans élève ingénieur agronome à l'école supérieure des agricultures et son stage au laboratoire de science sociale de l'ESA qui lui a donné l'occasion de contribuer à la préparation de cette série de podcasts sur les femmes et l'agriculture Vous pouvez retrouver tous les podcasts de l'exposition Femmes et agriculture sur le site de la chaire Mutation agricole de l'École supérieure des agricultures. Merci de votre écoute et à bientôt !