Description
Pour ce troisième épisode, place à une fiction chorale.
Le matin se lève sur la place de la mairie. La lumière est encore froide, les pavés gardent une humidité légère. D’ordinaire, à cette heure précise, on aperçoit la petite vieille assise sur sa chaise pliée, toujours au même endroit, juste à côté du kiosque. Elle est là chaque matin, sans exception. Aujourd’hui, son emplacement est vide.
À la place où elle s’installe d’habitude, un coussin rouge est posé bien droit sur le sol, comme si quelqu’un l’avait installé avec soin. Par dessus, un arrosoir métallique. Au fond de l’arrosoir, une carte à jouer. Une seule. La dame de pique.
La petite vieille n’est nulle part. Et personne ne sait pourquoi.
À partir de ce point de départ, les participantes de l’atelier se sont emparées de l’histoire en choisissant, chacune, une voix du village : un commerçant, un voisin, une élue, un habitué de la place, un chat, le curé... Chaque texte raconte la disparition à sa manière, depuis un point de vue singulier, avec ses soupçons, ses aveux, ses souvenirs, ses angles morts.
Ces récits ne disent pas toujours la même chose. Certains se contredisent, d’autres se répondent. Des détails apparaissent, se déplacent, s’effacent. On croit tenir une explication, puis elle se fissure. Comme dans un village, la vérité circule par fragments, par rumeurs, par silences, par loyautés.
“La dame de pique” devient alors plus qu’un indice. Un signe. Une provocation, peut-être. Et au fil des voix, une question demeure : que s’est-il vraiment passé ce matin-là, sur la place de la mairie ?
Bonne écoute.
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